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blogues

  • Du rififi au top politique d'e-buzzing

    L'un de mes jeux favoris, à chaque début de mois, c'est de faire mon quarté-quinté plus du top e-buzzing des blogues politiques. Généralement, je suis bon dans les pronostics.

    Par exemple, ce mois-ci, il va y avoir une révolution. PMA va descendre à la 4ème place du classement, tandis que le blogue d'Éva Joly et celui du tovaritch Gauche de Combat prendront respectivement les 2ème et 1ère places. Pensez donc : l'un et l'autre dépassent 300 points, avec un pic à près de 350 pour le Comrad Gauche de Combat. La pravdasphère n'en tient pas moins la corde avec  quelques blogues qui franchissent le cap des 200 points.

    J'aurais pu titrer splendeur et misère des blogues : je tendais à penser récemment que leur temps était fini, et d'ailleurs, l'un des plus emblématiques de la grande époque ferme. C'en est fini de Diner's room. Cela ne nous rajeunit pas.

    Mais dans le même temps, la presse courtise les blogueurs les plus influents. Europe 1 avec son lab,  Taddeï avec son ring, Anne Sainclair avec son Huffington, L'express, le Nouvel Obs avec son plus, Marianne de longue date, et, tout récemment, un agrégateur de news pour mobile et smartphone courtisent les blogueurs, leur proposent parfois des contrats et les glissent en une de leur webzine.

    Pourtant, je ressens, pour ma part, un tassement significatif de l'audience des blogueurs. J'oscille pour ma part entre 15 000 et 20 000 visiteurs uniques mensuels (données hautetfort) depuis trois quatre mois. C'est mon audience "naturelle" dès lors que j'écris un à deux billets par jour. Mais ce que je constate, c'est qu'en dépit des liens d'autres blogueurs qui peuvent affluer vers mon blog, leur apport en audience est devenu complètement marginal à l'exception de PMA et de Hashtable qui m'apportent aux alentours de 1%  de mes visites chacun.

    Marianne2, en revanche, tient désormais une place considérable puisque 15% de mes visites proviennent de cette revue en ligne. J'ai un peu moins de 30% d'accès direct, un peu plus de 30% pour google (mais 1.5% seulement pour google actualités !) et je vois en revanche monter en puissance facebook et twitter qui m'amènent à eux deux près de 7-8% de trafic. A une ou deux exceptions près, la plupart des autres blogueurs ne m'amènent pas plus de 0.2% de visites.

    Il n'en a pas toujours été ainsi. Autrefois, on cherchait le lien du blogue influent tant il faisait croître le trafic. Aujourd'hui, il n'a d'impact que sur les classements de blogues. 

    Ce sont ces trajectoires divergentes qui ont trompé, à mon avis, ceux qui voyaient dans les blogues un nouvel eldorado, et au premier chef Pierre Chappaz (mais Vendredi est tombé dans le même panneau). L'échec de wikio, c'est précisément de s'être laissé prendre à l'illusion de blogues qui se liaient entre eux sans jamais confirmer par l'audience ce qu'ils étaient censés porter en termes d'influence. Associer twitter à l'évaluation de leur poids s'est avéré bien trop tardif et insuffisant (et Facebook ?). 

    Il a été une politique de wikio d'abandonner la comptabilité des blogrolls puis  de refuser de prendre en compte les liens d'une partie des pure-players. Moi, je crois qu'il faut tout considérer si l'on veut être exhaustif, et, pour ce qui concerne les blogrolls, particulièrement celles qui sont dynamiques. Prenez Didier Goux (que Le monde vient de classer à ma grande hilarité comme blogue de gauche) : figurer dans sa blogroll, c'est l'assurance de recevoir au moins 250 à 300 visites supplémentaires chaque semaine.

    Considérons fdesouche (tiens, il est en panne ce soir), le site emblématique de la fachosphère, c'est à l'évidence le seul blogue véritablement influent que je connaisse : un lien chez eux, c'est 2000 à 3000 visiteurs dans la journée au minimum. Pourtant, ni Didier Goux ni fdesouche ne figurent dans la base de liens d'e-buzzing. Ce serait pourtant nécessaire.

    Bref, à trop vouloir distinguer influence et audience sous prétexte que la seconde était trop complexe à appréhender, on a noyé le bébé avec l'eau du bain.

    S'il fallait vraiment établir le classement des blogues politiques les plus influents de France, il ne serait pas celui qui figure actuellement au top d'e-buzzing, et, sans doute bien moins mono-colore. Le FN et ses soutiens y feraient certainement une entrée en force. Nicolas Dupont Saint-Aignan figurerait sans doute au côté de Mélenchon dans le top10, et des icônes comme Koz et peut-être Authueil pourraient réintégrer le top 20.

    Il reste, à la fin, et pour se consoler, le plaisir de bloguer. Parce que bloguer, c'est aussi beaucoup et avant tout un jeu. Je le prends, en tout cas, comme tel, pour ma part, même si je suis conscient des incidences de ce que j'écris dans le monde réel.

    Si les blogueurs étaient des financiers, nul doute qu'ils nous auraient mis au point la troisième génération de subprimes, tant ils excellent à s'introduire dans les failles de tout système de classification pour mieux le travestir et le falsifier. Mais...c'est sans doute aussi la règle du jeu :-)

  • Quel impact auront les blogues sur l'élection présidentielle ?

    Difficile de mesurer l'impact des blogues politiques pour la campagne à venir. J'aurais envie de répondre en faisant mienne la devise du Comptoir de la Comète :  

    «nous étions accoudés, là, calmement. Nous refaisions le monde. Soudain, j'ai levé un oeil vers la rue ; ce monde tournait sans nous

    En réalité, très rares sont les blogues qui ont vraiment impacté la sphère politique : je me souviens tout de même d'une réponse de Raffarin à Versac  en janvier 2008 et j'ai observé que fdesouche disposait d'une fiche wikipedia en raison de sa célébrité. Mais Versac a fermé son blogue et celui qu'il a rouvert est bien plus confidentiel. Quelques blogueurs s'associent aux médias en ligne, mais au fond, ils ne font pas l'actualité.

    Les blogues sont davantage des briques de réseaux sociaux que des îlots autonomes, désormais. Bien sûr, les plus gros d'entre eux disposent d'une certaine audience, mais à l'échelle de l'hexagone, elle est confidentielle. On dit d'ailleurs leur nombre en régression.

    Je tends à penser qu'au fond, ce sont les médias traditionnels qui façonnent l'actualité. Les blogues auraient vocation à générer du contenu, des débats d'idées, de préférence de fond, mais il semble, au fil du temps, qu'ils aient délaissé ce terrain-là. Ce ne sont plus, en définitive, que des terrains de jeux pour gens avertis et convaincus. Ce resserrement sur un lectorat averti explique par exemple l'échec du projet wikio, pourtant unique en Europe.

    Le fait que la blogosphère soit devenue quasiment monocolore n'aide évidemment pas son expansion. 

    En 2007, j'aurais dit qu'à défaut de compter, la blogosphère était une position stratégique qu'il fallait tenir. Mais en 2012, nous n'en sommes même plus là. Elle est sans doute quantité négligeable à tous points de vue. Tout juste sert-elle à alimenter quelques journalistes webs en quête d'inspiration.

    Lueur d'espoir dans cette atmosphère bien sombre, le blogue demeure pourtant un moyen de communiquer privilégié propice aux échanges conviviaux (ou non). Ils peuvent jouer un rôle local non négligeable comme ont pu le prouver des blogues comme celui de Christophe Grébert à Puteaux ou plus ponctuellement, Alter Écho à Hénin Beaumont, Paris 16 Info dans le 16ème arrondissement de Paris.

  • Ça va valser au wikio politique de novembre 2010

    Accrochez-vous, accrocs du wikio politique : je me suis livré à mes petits calculs, et ça va drôlement tanguer ce mois-ci. Je pense ne pas trop me tromper en proposant le classement suivant :

    1. Partageons mon avis

    2. Sarkofrance

    3. Chistophe Ginisty sur le Post

    4. Hashtable

    5. Coucou de claviers

    6. Lyonnitudes

    7. Intox2007

    8. Yann Savidan

    9. A perdre la raison

    10. Seb Musset

    11. Birenbaum

    12. Une autre vie

    13. Coulisses de Sarkofrance

    14. Bah

    15. Des pas perdus

    16. l'hérétique

    17. Richard III

    18. Piratages

    19. BRP

    20. Rimbus

    J'ai la flemme de calculer exactement la suite, mais ça va bouger pas mal aussi derrière. Birenbaum chutant à la 11ème place, cela peut surprendre certains. Pas moi. Je l'ai dit, c'est un journaliste, un éditeur, mais pas vraiment un blogueur politique. Il ne se lie que très épisodiquement avec les autres blogueurs. Il ne pouvait pas rester à la seconde place longtemps. Christophe Ginisty, c'est un revenant. Mais pas avec son blogue personnel ! avec celui que le Post lui a donné comme invité au temps où il était encore membre du MoDem. Pour ce mois-ci, c'est à l'évidence un effet twitter. Il n'a que 7 backlinks. Rien ne me ravit plus que de voir mon affreux libéral favori rappliquer à la 4ème place. Déchaînez-vous, blogueurs gauchistes de tous les pays. Voilà un libéral, un vrai, un pur de dur, qui honnit l'état et les syndicats, conspue la protection sociale,idolâtre Hayek (même s'il n'en parle jamais) et pisse à la raie des gauchistes :-D Il évolue aussi sur un authentique forum libéral où les gauchistes sont traités comme tout bon libéral estime qu'on doit les traiter : en les virant à coups de pied au c.. Soyons juste : il ne s'agit que des gauchistes revendicatifs et propagandistes qui sont ainsi jetés, là-bas...Belle et étonnante performance de Lyonnitudes qui parvient à la 6ème place alors qu'il s'agit d'un blogue d'abord local. Ce n'est toutefois pas la 1ère fois qu'un tel phénomène se produit au classement wikio. Je n'ai pas trop de remarques pour le reste, hormis pour la 20ème place pour laquelle je ne suis pas sûr de ma prévision.

    Je ne mets pas de lien pour éviter de fausser mon propre classement : dans le cas contraire, cela pourrait faire bouger quelques blogs de quelques places : par exemple, Lyonnitudes et Intox2007 sont tous les deux à 107 et des poussières.

    Tiens, je mériterais bien de devenir consultant politique chez wikio, avec toute la peine que je me donne pour observer à loupe ou presque l'évolution des blogues politiques :-)

  • Ça débloque ou ça débloque ?

    Ces derniers temps, je lis plusieurs notes de blogues annonçant des ralentissements de publication, voire des fermetures temporaires et pas des moindres. Ce sont tour à tour Marc Vasseur, Intox2007, hypos,  Luc Mandret pour en citer dont la notoriété, au moins dans la sphère politique, est reconnue. D'autres se sont posés la question (Toréador, Skeptikos) ou sont devenus très épisodiques (Unique et Commun, Nelly Margoton, le Crapaud du Marais). Ce phénomène avait connu une première salve avec la quasi-disparition des blogs de Quitterie Delmas et de Versac. Le phénomène est ample et touche très largement les blogues. Tout récemment, c'est celui de Life's Good qui annonçait un sommeil prolongé. Je ne vais pas faire un tour d'horizon, il serait bien long, mais le fait est que j'ai vu bien plus de fermetures que d'ouvertures de blogues ces trois dernières années.

    Est-ce cette épidémie qui a amené Jean Véronis à écrire un billet sur la mort des blogues ? Il se réfère à un autre billet, celui de Pierre Chappaz, dont l'analyse est intéressante. Véronis observe un changement de sociologie des blogueurs, devenue désormais adulte d'où des modifications de comportements. Mais l'une des clefs réside à mon avis dans les remarques de Pierre Chappaz sur la teneur des informations transmises sur les blogs ; pendant longtemps, futile, utile et agréable se confondaient dans un même espace ; l'émergence des réseaux sociaux, facebook, twitter, a entraîné une absorption générale du bruit dans ces nouveaux canaux, d'où la disparition des fameux skyblogs que Véronis assimile à raison comme un essartz primitif de réseau social pour adolescents. L'information, elle est demeurée sur les blogues, twitter et facebook servant désormais de relais plutôt que de sources d'information.

    Côté politique, certains blogueurs ont renoncé à bloguer, mais pas à communiquer : Marc Vasseur, Intox2007 continuent à s'exprimer largement sur twitter, Quitterie Delmas est active sur facebook, par exemple. Côté politique, j'ai lu aussi que certains blogueurs renonçaient par désespoir d'agir sur l'action politique de nos gouvernants. Ce désespoir-là est à mon avis une erreur : s'ils regrettent que nos blogues ne puissent revenir sur le résultats d'élections, je crois qu'ils se bercent d'illusions en espérant que le contraire soit possible. Les blogues peuvent avoir une action parce qu'ils sont suivis par plusieurs journalistes et par une petite partie de la classe politique ; en ce sens, ils s'apparentent davantage à des think thank. Sans pour autant que leur lectorat soit négligeable , ils ne feront pas l'opinion, c'est évident, mais ils peuvent y participer et mettre à jour des difficultés de la société française jusque là ignorées.

    Il suffit parfois de quelques blogues qui se mettent en réseau, avec des propositions simples et pragmatiques, un thème clair et quelques relais pour qu'un écho se produise au sein de la société civile et de la classe politique. A la mi-2008, avec quelques blogueurs (nous devions être 6 ou 7 au total) nous avons relayé les inquiétudes grandissantes des scientifiques et des apiculteurs à propos du devenir des abeilles. A la suite de nos billets, la presse écrite d'abord, puis télévisée ensuite, a relayé ces inquiétudes, et un monsieur abeille a alors été nommé au mois de septembre qui a suivi. Nos bloques ont certainement contribué à populariser ces inquiétudes aux côtés des associations qui faisaient valoir leurs craintes depuis plusieurs années.

    En revanche, s'il s'agit de demander la démission d'un président de la République et de faire de l'agit-prop, je crois les blogues assez peu efficaces, en effet...