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mercredi, 01 août 2012

Mauvais marché...

On s'imagine toujours le marché comme la quintessence de la tradition française, la garantie d'une qualité révolue : raté, caramba. Il n'en est rien.

Disposant de plus de temps depuis peu, je m'y rends régulièrement. Et je peste. Les marchands ignorent absolument tout de ce qu'ils vendent, et, pire encore, vous bonimentent absolument n'importe quoi.

Fruits et légumes ? Ils viennent de gros centres et se ressemblent tous. On peut avoir un coup de chance de temps à autre mais c'est rare. Rien qu'hier, j'ai été heureux :-) Un marchand de légumes vendant de vraies variétés de tomates, avec du goût, et pas seulement : des fraises si sucrées (et en plus sans traitement) et gouteuses que je n'avais pas souvenir d'en avoir goinffré de semblables par le passé. J'ai fait une razzia et me suis renseigné sur ses marchés de prédilection.

Deux jours avant, j'avais trouvé un étal avec une certification AB. C'est une garantie de pouvoir laisser mes petits manger les fruits avec la peau sans ingérer un délirant cocktail de produits chimiques, mais pas de goût.

Au moins le producteur bio savait-il qu'il vendait des variétés ordinaires. En règle générale, le maître des lieux vous explique doctement que sa bretonne, sa corse ou toute région est excellente. Ceci ne signifie strictement rien et parfois, ils ignorent purement et simplement l'existence de variétés, constant simplement des différences de goût.

Côté textile, malheureux, n'achetez jamais sur les marchés : soit votre interlocuteur vous garantit française une pièce qui ne l'est plus depuis longtemps ou ne l'a jamais été, soit il vous regarde fièrement vous invitant à lire l'étiquette. Hier, il y en avait une prête à me vendre sa magnifique collection "certification européenne" en me regardant d'un oeil torve.

Je vais oser un raccourci : plus le temps s'accélère, plus on demande à ceux qui travaillent de faire vite plutôt que bien, plus la qualité de ce qu'ils font s'en ressent. 

Les artisans disent et font n'importe quoi à quelques exceptions près désormais. Il en va de même pour les garagistes. Les enfants à l'école écrivent n'importe comment, n'importe quoi et généralement comme des cochons. Ils disent aussi n'importe quoi dans les cours avec une somme d'approximations extraordinaire.

C'est le fonctionnement même de notre société : tout ce qui la constitue s'y adapte. Toujours plus de consumérisme, donc, plus vite, et, du coup, toujours moins de qualité. Point d'orgue du consumérisme, le low-cost, le discount, derniers-nés des experts en marketing.

La gauche tout en écrasant d'impôts le citoyen s'accomode d'un monde qui n'est ni libéral ni socialiste. Partout les forces vivent des marchés s'y concentrent, et partout les procédures sont toujours plus d'obstacles à la libre-entreprise. 

Les libéraux ne songent qu'à mettre à terre le droit du travail et ne se préoccupent que des taxes ou une société hyper-indivualiste au lieu de repenser un monde libre dans sa globalité.

Et tout ce monde-là au nom du progrès pousse au changement incessant au prix d'une pression de plus en plus écrasante sur ceux qui travaillent.

Les cadres français en particulier, plus encore que dans les autres pays, par imitation servile et imbécile d'un modèle qui n'est pas le nôtre, sont pressurisés au-delà de toute mesure. Leurs 35 heures ne sont qu'une illusion. L'émergence d'internet permet de les contacter à toute heure tout au long de l'année.

Tout cela va mal finir. La gauche de la gauche rêve d'une révolution pour remplacer le rêve consumériste par la "qualité" soviétique. 

Il est très difficile pour le citoyen de résister à l'énorme pression consumériste. Et pourtant, chacun, à son échelle, doit le faire autant qu'il le peut. C'est la seule issue.

Achetez local, équitable, bio avec certification, dans des AMAP, made in France ou à défaut fabriqué par nos voisins autant que cela vous est possible. Exigez la qualité plutôt que la rapidité (d'ailleurs, au final, très souvent, on finit par avoir de la m... dans un temps qui s'étire, je pense particulièrement à l'artisannat, parce que votre interlocuteur a voulu satisfaire trop de "marchés" en même temps...). Soutenons les Max Havelaar, les AB, les origines France garantie, les coopératives agricoles, les Class actions autant que nous le pouvons. Favorisons les filières courtes.

Bref imposons le monde que vous voulons avec notre argent car in fine, le bout de la chaîne, c'est le consommateur, et sans lui, rien n'est possible.

17:07 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : travail, marché |  Facebook | | |

Commentaires

Se renseigner auprès des mairies peut peut-être aider. Je connais à Toulouse un marché où les vendeurs sont des producteurs qui vendent leur production. Le choix n'est pas aussi grand que dans les marchés "industriels", mais les fruits et légumes sont bien meilleurs.

Écrit par : melianos | mercredi, 01 août 2012

Saison touristique l'été, alors effectivement l'héré, il est propice à "l'attrapage de couillons" comme l'égypte et nous-meme l'avons vécu et vivons toujours.
Sur la plupart des marchés Landais, Bretons Basques, Provencaux ou Corses.
En ce qui concerne l'égypte, j'ai vu au fil des années les évolutions, le bétonnage des berges du Nil, la disparition des pépinnières le bordant et la place laissée à l'artisanat local (devenu made in Asia), le seul marché au Caire ou survivait le fabriqué local a subit un attentat très marquant pour les esprits...Une place devant une église^^^.
Certes, pour les touristes les guides les dirigent vers certains lieux de "productions locales :o))) ". Rhalala...:(((

Écrit par : Martine | mercredi, 01 août 2012

Rhooo, le Kag toujours aussi à coté de la plaque...Croyez-vous que les femmes ne soient pas capables de harcèlement elles aussi?
Croyez-en ma grande expérience en termes de vécu:
Certains hommes peuvent harceler: les femmes, mais d'autres les hommes, parfois pour certains, les deux.
Mais aussi:
Certaines femmes peuvent harceler, les hommes, mais d'autres les femmes, parfois pour certaines,les deux.
Ainsi va de la nature humaine...

Écrit par : Martine | mercredi, 01 août 2012

Si je peux me permettre : "pressurés", pas "pressurisés"... ;-)

Écrit par : Ch. Romain | jeudi, 02 août 2012

Excellent plaidoyer M. L'Héré! On sent que cela vient du cœur. :P

Écrit par : Didier | vendredi, 03 août 2012

La vraie tristesse c'est pas de produire de la merde, c'est que certains soient économiquement obligés de la consommer.
Sans discount je n'aurais pas les moyens de manger passé le 15 du mois, pourtant je travail.

Dire qu'on nous a vendu le capitalisme en nous disant que la concurrence permettrait aux bons produits de supplanter les mauvais ... raté on dirait.

Tu parles des garagistes, moi je te dirais de t'intéresser à leur condition. Pour exemple j'ai un ami qui travaillait chez Renault. Formé en alternance par l'entreprise, diplôme en poche, 7 ans d'ancienneté (en comptant l'apprentissage), et il gagnait 900€ par mois (comme touts ses collègues du reste).
Il est sensé travailler consciencieusement dans ces conditions ? Je veux dire, les mal-façons c'est aux frais de l'entreprise après tout.
Y en a même certains dans ce garage qui arnaquent les clients pour racheter des voitures en bon état au prix d'épaves et encaisser la plus-value à la revente, et le patron laisse faire ça lui évite de se faire assigner aux prud'hommes trop souvent, il ouvre même le garage le samedi pour qu'ils puissent travailler au noir ...

Tant qu'on traitera les gens comme des chiens ils se comporteront comme tel.

Écrit par : skunker | dimanche, 05 août 2012

"imposons le monde que vous voulons avec notre argent car in fine, le bout de la chaîne, c'est le consommateur, et sans lui, rien n'est possible"

I am liberal (European meaning) and I approve this message !

Écrit par : Le Parisien Libéral | dimanche, 05 août 2012

Ces commercants bonimenteurs que vous denoncez, sachez qu'ils sont la car votre municipalite leur a donne un emplacement.

Tout en etant liberal et en votant avec votre porte-monnaie, vous pouvez egalement en toucher mot a un conseiller municipal qui pourra se montrer un peu plus exigeant avant d'attribuer des emplacements a des commercants indelicats...

Il faut de tout: des produits de bases abordables et d'autres plus luxueux. Mais en ce qui concerne la bouffe, tout devrait etre bon pour la sante.

Écrit par : Davidchatou | lundi, 06 août 2012

super ... j'ai trop aime l'article.

Écrit par : films documentaires | mardi, 07 août 2012

Très intéressant comme article, merci !

Écrit par : kamagra | mardi, 07 août 2012

Les commentaires sont fermés.