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lundi, 20 octobre 2014

Kobané : ouf, il y a les Kurdes et l'Amérique !

Bien joué, camarades Américains ! Les USA ont largué du matériel militaire  aux PYD, les Kurdes de Syrie (Socialistes et laïcs) tandis qu'ils continuent les sorties aériennes contre Daesh.

J'ai bien aimé de quelle manière la presse a rapporté les derniers contacts entre les USA et la Turquie sur ce largage. La Turquie a été informée des intentions américaines et de son importance pour le Président Obama. Je vous fais la traduction ?

La Turquie énervait sérieusement l'Amérique à laisser écraser les Kurdes par Daesh, voire à favoriser les combattants islamistes. Du coup, l'Amérique a cessé de demander son avis à la Turquie et l'a mise devant le fait accompli sans utiliser le territoire turc.

Plus inquiétant pour les Turcs, et ils feraient bien d'y réfléchir : les USA ont pris contact directement avec les PYD, cette branche armée du PKK en territoire syrien que la Turquie honnit. 

De plus, l'image de ce parti change dans le monde entier car les Kurdes se couvrent de gloire à Konabé par leur courage. Je peux d'ailleurs donner un exemple très éclairant de ce changement : jusqu'à peu, j'avais une mauvaise opinion du PKK. Mais de les avoirs vus à l'oeuvre, de considérer la place qu'ils accordent aux femmes, d'observer avec quelle détermination ils combattent les déments de l'EIIL m'a fait changer d'avis à leur égard.

Cela dit, je ne suis pas devenu une oie blanche pour autant : le PKK a été impliqué dans pas mal d'opérations d'extorsion de fonds et ne me semble pas vraiment clair avec le narco-trafic. Il va devoir sérieusement évoluer s'il veut vraiment pouvoir s'asseoir à la table de la démocratie et devenir un interlocuteur crédible.

En tout cas, pour l'instant, je le redis, ses unités syriennes sont admirables à Konabé.

jeudi, 29 mai 2014

BNP : les Américains méritent une méga-claque dans la gueule

L'amende infligée par les USA à la BNP est inadmissible à plusieurs titres. J'essaie d'expliquer l'affaire simplement. Le gouvernement américain considère avoir un droit de regard discrétionnaire sur chaque dollar utilisé dans le monde sous prétexte qu'ils ont émis les dollars. Dans notre affaire la BNP a réalisé des transactions dans des pays sous embargo américain en utilisant des dollars. Du coup, les USA veulent infliger à la BNP une amende monumentale de près de 10 milliards de dollars.

Les salauds.

Pourquoi ? Primo parce que les transactions réalisées par la BNP sont conformes a) au droit français b) au droit européen c) au droit international (ce n'est pas moi qui le dis mais le directeur de la Banque de France, Christian Noyer himself !) . Secundo, s'il s'était agi d'une banque chinoise, on parie quoi que les Américains se seraient couchés ?

Donc, en gros, la pax americana, c'est l'imposition du droit américain au reste du monde. Voilà qui augure bien de ce que va contenir le Traité Transatlantique.

Cette affaire est emblématique. Le gouvernement français devrait monter au créneau, évidemment, mais bien plus encore l'Union Européenne.

Les Américains nous considèrent comme des sous-merdes. C'est la loi de la jungle. La BNP veut développer ses activités outre-atlantique alors en échange, l'Amérique la rançonne sous des prétextes fallacieux. Si une Europe unie envoyait chier les USA en les menaçant de mesures commerciales de rétorsion majeures, on peut supposer que l'Amérique baisserait d'un ton.

Sans vouloir en ajouter une couche, politique, la France dont rêve le FN, isolée de tous ses alliés, n'aurait plus qu'à aller à la niche faute de faire le poids.

Cette affaire illustre et justifie pleinement tout ce que MoDem et UDI ont cherché à mettre en avant au cours de la récente campagne électorale : l'absolue, l'impérieuse nécessité de disposer d'un gouvernement européen unifié capable de défendre nos intérêts.

21:59 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (53) | Tags : bnp, usa |  Facebook | | |

dimanche, 18 décembre 2011

La guerre des drones a-t-elle commencé ?

Je viens de finir la très bonne chronique de décembre d'EGEA. Il me semble qu'il pose également  avec pertinence la question du devenir des avions et de leur remplacement progressif par des drones.

En somme, en dehors du bombardement, l'avion ne semble plus avoir d'utilité comme unité de "corps à corps". Les duels aériens appartiennent pour l'instant à un passé révolu. La question que je me pose, à considérer l'évolution des drones, pour lesquels, d'après EGEA, on forme désormais plus d'opérateurs que de pilotes d'avions de chasse, c'est ce qu'il va advenir de la guerre aérienne. Fini les avions U2 du temps de la guerre froide. En Iran, c'est un drone qui s'est crashé.

Seules deux armées semblent avoir véritablement opéré le tournant stratégique des guerres futures : bombes à guidage laser, missiles "intelligents", "drones", sur toutes ces nouvelles armes, Israël et les USA sont en avance. 

Bien sûr, Dassault tente bien de produire des drones à son tour, mais on comprend que cette société est clairement aidée industriellement par des entreprises israéliennes, bien plus avancées, et de plus, le dernier vote du Sénat laisse apparaître clairement une distorsion importante entre le coût et de la qualité de la chose.

Nous sommes pourtant face à des choix difficiles : se doter du Reaper, le drone américain, c'est donner à nos forces armées du matériel d'une qualité supérieure, mais c'est de l'autre côté renoncer progressivement à continuer à entretenir une industrie militaire indépendante. N'est-ce pas d'ailleurs inéluctable, à terme ? Je me pose parfois la question.

Et puis il y a la question budgétaire : chaque modèle français coûte de 50 à 75% de plus que chaque modèle américain, et on parle là d'appareils dont le coût se chiffre en centaines de millions d'euros.

L'inconvénient, c'est qu'il n'y a pas de mises en concurrence entre industriels français, et qu'au final, on est dans la configuration la pire : un monopole privé sur un marché d'État. Dassault comptant sur ses relais dans les gouvernements et à l'Assemblée Nationale n'éprouve nullement le besoin d'être compétitif. C'est ainsi que l'on arrive à ne vendre aucun rafale, en dépit des qualités intrinsèques de l'appareil, et à produire des drones dépassés, onéreux et peu efficaces, du moins pour nos besoins (de conception israélienne, ils sont prévus pour des observations sur petite distance).

A l'heure actuelle, l'Europe ne dispose d'aucun drone en propre. Il existe en revanche deux projets concurrents : celui de Dassault et celui d'EADS. Mais voilà, EADS a opéré un rapprochement avec des industriels turcs. Je n'ai pour ma part aucune confiance en la Turquie d'Erdogan. Ce pays ne fait pas partie de l'Union européenne, et, compte tenu de l'irresponsabilité de son dirigeant, je n'imagine pas qu'un tel pays puisse disposer d'un matériel aussi sensible.

Le chemin vers l'autonomie est donc fort long : chaque marché national est trop petit pour développer une filière. Sans une Europe de la Défense avec des armes communes, il semble bien que nous soyons condamnés à dépendre du savoir-faire américain, d'autant que nous ne pouvons envisager de jouer avec la vie de nos soldats.

Voilà des questions qui mériteraient d'inspirer nos candidats à l'élection présidentielle. Je sais que le MoDem et François Bayrou sont favorables à une Défense européenne, au contraire d'un parti comme le FN qui prône une défense purement nationale. Côté UMP, on chante l'Europe tout en accordant généreusement contrat sur contrat à Dassault. Il n'y a donc pas de stratégie clairement définie à l'heure actuelle, au sein des partis politiques, sur la défense que nous voulons. Avant d'élire un nouveau président, la question mériterait pourtant de s'inviter dans la campagne. La doctrine de chaque parti est d'autant plus indigente qu'elle se limite aux déclarations d'intention : réintégrer ou non l'OTAN, construire ou non une défense européenne, et cetera...Quid des moyens d'y parvenir ? Voilà qui mériterait un exposé et des pistes exhaustives, pourtant !...

jeudi, 22 septembre 2011

J'étais kapo, euh non pardon, juge en Géorgie américaine...

C'est terrible, dans un pays, quand le justice est rendue par des petits kapos à la petite semaine en mal de pouvoir. Petits kapos mais gros cons. Pourquoi Troy Davis a-t-il été exécuté cette nuit ? Parce que les petits kapos géorgiens qui se prennent pour Judge Dredd voulaient prouver au monde entier que la justice de l'état de Géorgie est indépendante et qu'ils n'en ont rien à foutre des pressions internationales.

Au fond, ils s'en foutaient bien que Troy Davis soit coupable (ce qui me paraît au passage peu probable au vu du dossier) ou innocent. Ils voulaient faire un exemple. Comme les Iraniens, les Chinois ou encore les Saoudiens, pays réputés pour la "douceur" de leurs moeurs judiciaires s'il en est...

Cela dit les abolitionnistes s'y prennent très mal, particulièrement les abolitionnistes européens. Ils ne comprennent pas deux choses :

a) les USA sont un pays fédéral avec une histoire fédérale et des États fédérés très jaloux de leurs prérogatives.

b) la justice américaine est totalement indépendante du pouvoir politique.

Le petit b ne cesse de nous étonner, surtout nous autres Français, habitués à une perturbation continuelle du politique sur le judiciaire.

Donc, en Amérique, ce n'est pas sur le terrain politique mais sur le terrain judiciaire qu'il faut mener en priorité le combat contre la peine de mort.

L'Amérique est un pays de droit (au sens latin du mot) : c'est la loi et le droit qui comptent, pas les droits universels tels que la Révolution française les a définis.

Vous voulez mettre fin à la peine de mort ? Trouvez une faille juridique, les gars, et attaquez-vous à la législation de chaque état fédéré.

Le reste c'est de l'agit-prop : ça marche bien sur les campus des facs françaises, dans les émissions à succès du show-bizz, mais ça laisse de marbre les Judge Dredd américains.

Si vous voulez flinguer la peine de mort en Amérique, il faut engager un gars comme Brafman, l'avocat qui a sauvé la peau de DSK, pour étudier la législation de chaque état et trouver la faille. Bon, évidemment, cela coûte très cher...

L'autre élément qui peut commencer à convaincre les Américains, c'est que leur peine de mort, avec les divers recours et procédures, elle commence à leur coûter vraiment cher. Faudrait pas non plus qu'ils décident de simplifier les procédures pour faire des économies, me direz-vous, mais cette dernière option m'étonnerait de leur part : les Américains sont bien trop sourcilleux quant au droit pour s'amuser à lésiner avec. 

Bref, les grandes campagnes internationales, les kapos, ça ne les fait pas reculer, ça les excite...

mardi, 03 mai 2011

Kadhafi : l'OTAN will survive...

La lutte est rude en Libye. L'insurrection doit apprendre le langage des armes et elle paie cher cet enseignement. Misrata est une ville martyre : Kadhafi fait tout pour tenter de provoquer l'agonie de ce qu'il y reste de population, allant jusqu'à miner le port.

Malgré tout, même si l'expédition militaire ne ressemble en rien à l'avancée éclair des forces rebelles au début de la révolution, elle n'en finira pas moins par porter ses fruits.

La bataille des airs est une guerre d'usure : elle ne détruit les forces ennemies que petit à petit. Toutefois, comme elle dispose d'un véritable relais au sol, fût-il encore bien inexpérimenté, on peut penser qu'elle finira par faire tomber Kadhafi et ses séides. Je ne puis que renvoyer à la fine analyse d'Olivier Kempf (Blogue géostratégique EGEA) à ce sujet.

L'OTAN sait qu'elle doit à tout prix éviter l'erreur fatale de toucher des populations civiles. Pour l'instant, elle se tire de cette embûche avec honneur.

Il faut aussi dire que ce sont les Anglais et les Français qui mènent la danse et assurent l'essentiel de l'opération avec leurs aviations. Or, ces deux peuples ont l'expérience des bombardements. Je veux dire par là qu'ils les ont vécus dans leur chair pendant la Seconde Guerre Mondiale. Les pilotes britanniques en particulier sont réputés prendre plus de risques pour ne pas toucher de civils en passant à basse altitude. C'est pour cela qu'ils avaient subi plus de pertes en 1991 en Irak, d'ailleurs.

On peut donc penser que pouvoirs politiques et état-majors français et britanniques sont très soucieux d'épargner les populations civiles. Bien sûr, Kadhafi dispose d'un certain soutien de la Tripolitaine, mais, dès lors que les forces alliées et les rebelles prendront bien soin de ne pas exercer de représailles ni de frappes contre les populations civiles, on peut espérer que ce soutien s'érode au fil du temps.

Le temps ne joue pas en faveur de Kadhafi. Il devra l'admettre tôt ou tard. Ses troupes se sont certes adaptées aux frappes de l'OTAN en apprenant à se disperser rapidement puis à se reformer au moment des attaques, mais les ressources de Kadhafi ne sont pas infinies.

L'inconvénient, évidemment, c'est que les moyens que les alliés mettent en oeuvre ne sont pas immenses. Même si les Anglais et les Français engagent des forces qui sont loin d'être négligeables, elles sont très minces (voir ce qu'en dit O.Kempf sur son blogue)  au regard des ressources nécessaires pour une campagne rapide, ce qui a contraint les Américains à revenir dans le jeu.

Néanmoins, à terme, je suis convaincu que la France et l'Angleterre en particulier auront gagné un prestige considérable en agissant comme elles ont décidé de le faire depuis le début de cette révolution.

mardi, 16 novembre 2010

Peine de mort, le moment ou jamais d'en finir !

Je viens de prendre connaissance d'une information énorme : si le sondage dont Le Monde rend compte est exact, Obama a une occasion unique d'en finir avec la peine de mort aux USA.

On voit souvent les Américains comme de fervents partisans de la Loi du Talion et accrocs aux chaises électriques et aux injections létales ? Eh bien rien n'est plus faux, apparemment.

70% des Américains seraient favorables à un remplacement de la peine de mort par une perpétuité réelle avec ou sans possibilité de sortie.

Obama tient sa chance d'entrer dans l'histoire : le Président qui abolirait la peine de mort aux USA. Je ne dis pas que c'est facile à faire, surtout avec les Républicains majoritaires au Congrès, et également si l'on considère que les États disposent de pouvoirs discrétionnaires ou presque sur le sujet.

Mais voilà, quand un tel mouvement traverse l'opinion, il ne faut surtout pas le laisser échapper. Des dizaines et des dizaines d'innocents ont succombé après des procès iniques, bâclés, scandaleux, bien souvent.

Il y a eu un appel du Conseil des Droits de l'homme de l'ONU basé à Genève pour abolir la peine de mort la semaine dernière. Bon, pas évident, parce que ce qui fait tache, là-dedans, c'est de devoir écouter les recommandations d'états comme la Lybie, le Pakistan ou encore l'Arabie Saoudite. 

Mais les USA devraient passer outre la composition de ce Conseil et entrer de plein pied dans le concert des nations civilisées une bonne fois pour toutes...

23:46 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : usa, peine de mort |  Facebook | | |

mardi, 09 novembre 2010

Retour à l'or ?

Aurélien Véron s'inquiète des velléités de la FED américaine : Obama crée artificiellement, sans aucune contrepartie des centaines de milliards de dollars : pas de surproduction de biens ou de services derrière, mais uniquement à effet d'acheter des bons du trésor américain au fur et à mesure que les USA gonflent leur déficit. A vrai dire, côté européen, je me demande aussi d'où la Banque Centrale européenne tire les fonds qui lui sont nécessaires pour racheter les titres de la dette grecque...

Entre une Chine, seconde puissance mondiale, qui sous-évalue outrageusement sa monnaie, et une Amérique, première puissance mondiale, tentée par une très forte poussée inflationniste avec pour issue une dévaluation rampante de sa monnaie, le désordre monétaire pourrait s'installer dans le monde entier.

De nombreux pays s'inquiètent de cette évolution, et l'idée de remplacer définitivement le dollar comme monnaie de réserve fait son chemin.

A l'heure actuelle, les banques nationales complètent leurs réserves de change avec des DTS (Droits de tirage spéciaux) : ces actifs appuient leur valeur sur un panier de quatre grandes devises, nécessairement convertibles puisque les DTS sont échangeables contre des devises librement utilisables. Le FMI a créé les DTS en 1969.

A l'origine, le DTS valait 0.88 grammes d'or fin, mais il a été remplacé par un panier de monnaies comprenant le dollar, la livre sterling, le yen et l'euro. 

La dernière réévaluation des DTS a eu lieu en novembre 2005, or on en revoit la composition tous les cinq ans. Nous y sommes donc.

Robert Zoellick, le Président de la Banque Mondiale vient de balancer un très gros pavé dans la marre : il propose ni plus ni moins de revenir à l'étalon-or. Zoellick prend simplement acte de faits patents : en période de crise, l'or demeure une valeur refuge. Or, il flambe, actuellement. Il suggère donc la mise en place d'un système dont l'or serait le point de référence, impliquant les monnaies des économies les plus puissantes de la planète, c'est à dire le dollar, l'euro, le yuan et le yen.

Ça va être sportif au G20 : convaincre la Chine de rendre sa monnaie convertible, cela me paraît très très difficile, tant ce pays est soucieux de contrôler de A jusqu'à Z son développement économique.

Quant à l'or, il me semble que Zoellick a surtout voulu, à quelques jours du sommet du G20, tirer la sonnette d'alarme. Réintroduire l'or dans le système monétaire international rendrait ce dernier dépendant de la production de ce minerai et donnerait un poids très important aux pays producteurs d'or, inégalement répartis sur la planète.

Toutefois, comme l'or est un bon indicateur des tendances des marchés, le réintroduire comme élément de référence (mais pas le seul !) pourrait permettre aux banques centrales d'en surveiller l'évolution des cours, alors qu'à l'heure actuelle, ce sont seulement les prix des biens qui les amènent à évaluer l'inflation.

Il convient toutefois de demeurer extrêmement prudent ; j'en ai fait état dans mon Or des fous : c'est une chose de disposer de réserves d'or en dur, c'en est une autre d'échanger des dollars contre des titres adossés à l'or ! Je reprends ce que je disais début septembre :

Nombre de ces titres n'ont pas de contrepartie. Le marché financier a donc produit ce que l'auteur appelle des junk-securities, c'est à dire des placements censés être sûrs qui ne valent rien : si jamais le marché s'affole et réalise qu'il n'existe pas les stocks d'or suffisants pour couvrir la demande en produits dérivés, il risque de revendre des titres qui ne vaudront plus rien, au risque d'une catastrophe financière. La valeur papier serait 200 fois supérieure à la valeur matérielle !

Il y a là, me semble-t-il, les ingrédients d'une crise de même type que celle des subprimes.

Zoellick appelle enfin Chine et USA à agir, la première en développant davantage sa demande intérieure et en contrôlant à un niveau acceptable ses exportations, les seconds en réduisant leur dette. Ce que l'on constate, in fine, c'est que les deux principales puissances économiques mondiales mettent en danger le reste de la planète par égoïsme. L'Europe va devoir faire entendre sa voix, et cela ne va pas être simple. Espérons que Nicolas Sarkozy sera à la hauteur des enjeux qui attendent la nouvelle présidence du G20, car la diplomatie devra être de haut vol pour trouver des issues satisfaisantes.

A lire : un point de vue de Libertas (pas le même que le mien) sur la pertinence de l'or comme monnaie naturelle.

dimanche, 03 octobre 2010

Commerce mondial, ça va péter...

Accrocheur et gauchiste à souhait mon titre de billet, non ? Converti au Grand Soir ? A la logorrhée anti-capitaliste ? Pas du tout les amis. Non, je viens juste de tomber sur le dernier billet d'Écho politique. Or, que lis-je chez Lolik ? Que le Congrès américain vient de voter une loi qui permet aux USA de frapper d'une taxe compensatoire les exportations à destination du territoire américain en provenance d'un pays où la monnaie serait notoirement sous-évaluée.

Autant le dire tout de suite, c'est une déclaration de guerre en bonne et due forme envers la Chine avec menace d'usage d'armes fiscales de destruction massive.

Je comprends bien l'intention, mais, si les Américains rentrent dans ce jeu-là, c'est la fin du relatif système de libre-échange qui régit le commerce mondial à l'heure actuelle et de toutes les institutions qui édictent des règles, à commencer par l'OMC.

Echo Politique se réjouit de cette décision et invite l'Europe à en faire autant, voyant dans l'euro l'instrument de notre propre oppression. Écho politique a la mémoire courte. Les barrières protectionnistes décidées unilatéralement sont l'une des pires catastrophes qui puissent frapper le commerce mondiale. 

Elles ont, au milieu du XXème siècle, contribué à faire basculer une partie du monde dans la barbarie.

Si de grandes institutions ont été érigées, OMC, FMI, Union Européenne, c'est entre autres pour ne plus verser dans le grave travers de voir des pays faire cavaliers seuls au mépris de toute coopération internationale.

Il y a entre les USA et la Chine un équilibre de la terreur qui peut faire basculer le monde dans une grave récession à tout moment : l'un peut en effet frapper les produits chinois, comme il l'a fait pour le Japon par le passé, de fortes taxes, l'autre peut jouer à revendre les bons du trésor américain qu'il détient.

Les grandes institutions, si souvent décriées, sont pourtant un effort pour tenter de mettre en place sinon un gouvernement mondial du moins des outils de régulation à l'échelle mondiale.

La solution du chacun pour soi à laquelle renvoie Lolik serait une calamité pour l'humanité.

J'entends ses remarques sur le régime chinois autoritaire, mais, si pressions il doit y avoir, elles doivent l'être de manière concertée et sans marcher sur le droit commercial international.

07:28 Publié dans Economie, International | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : usa, chine, monnaie |  Facebook | | |

samedi, 19 juin 2010

Superpuissance des États-Unis ? (sujet d'histoire 2010)

Sympa, finalement, le bac ; c'est un occasion de plonger dans des réflexions intéressantes. Au bac S, il y avait un sujet savoureux : « La superpuissance des Etats-Unis et ses manifestations dans l’espace mondial ». Bon, je ne suis pas vraiment qualifié pour tenter de traiter un tel sujet, mais une chose me saute aux yeux, dans ce domaine, c'est l'évidence du paradoxe que vivent les USA.

Première puissance, militaire, politique, économique et culturelle, copiés partout sur la planète, aimés ou détestés, leur pouvoir se manifeste aux quatre coins de la planète, mais jamais de manière univoque.

Ainsi, dans le domaine géopolitique, l'absence de contre-poids a généré une multitude de conflits régionaux sur lesquels, faute d'effet de balancier, il est difficile d'exercer des actions efficaces.

Première puissance économique, mais pays le plus endetté du monde et dont la dette ne repose que sur l'équilibre d'une terreur : premiers acheteurs de la planète, l'économie de leurs créanciers dépend de leur consommation. C'est bien la raison pour laquelle la Chine, qui regorge de bons du trésor américain se garde bien d'en agiter la revente comme autant d'épouvantails.

Première puissance culturelle, mais ceux-là même qui portent des jeans dans nombre de pays du Moyen-Orient brûlent dans le même élan le drapeau américain.

Première puissance idéologique, mais, dans le monde entier, libéralisme et capitalisme qui sont les deux mamelles auxquelles se nourrit l'Amérique sont battus en brèche.

Ce serait long de faire une dissertation sur le sujet, mais pour ma part, je n'aurais jamais évoqué les manifestations de la super-puissance américaine sans signaler systématiquement les réactions qu'elle engendre.

Partout le monde entier attend les USA, et leur reproche soit une inaction soit un surcroît d'activité politique, économique, militaire ou culturelle.

La Superpuissance américaine ne peut se permettre d'être neutre ou en repos, et en même temps, le moindre de ses mouvements excite la moitié de la planète...

In fine, c'est la capacité à survivre à ces contradictions et à les gérer qui fait des USA une super-puissance qui a survécu jusqu'à nos jours. La voie est pourtant étroite, et près du Capitole, il y a la roche tarpéienne. Sans ennemi de prédilection, il est plus difficile de faire son chemin.

Quand Athènes est tombé, la puissance de Sparte qui avait frappé la Grèce pendant un siècle ne mit pas trente ans à tomber.

mercredi, 27 mai 2009

La crise des États couve

Je ne vais pas aller discuter avec Hashtable d'Allègre, je sens que cela va être le sujet qui fâche ; nous n'avons absolument pas le même avis sur le mammouth laineux. Mais,  Hashtable propose tout de même dans sa note de s'intéresser aux choses sérieuses, et comme il suit assidûment l'actualité financière, il nous apprend que la célébrissime mais très sérieuse agence de notation Standard&Poor's envisage de dégrader la notation de la dette souveraine des Britanniques. Ce que ne dit pas H16, mais il le pense évidemment très fort, c'est que sur les marchés, cela a été une panique générale pendant toute la fin de semaine. Les cambistes, à la limite, l'Angleterre, ils s'en foutent, mais ils ont très rapidement pensé que l'agence pourrait bien faire la même chose pour les USA. Et pourtant, j'ai lu ici-même (faut que je retrouve qui) les écrits de quelqu'un m'assurant qu'il était impossible que la notation de pays comme l'Allemagne ou les USA passe en dessous de AAA...CQFD ?

Un tel danger (les États se retrouveraient à devoir emprunter à des taux très supérieurs avec un risque d'asphyxie financière à court terme faute de liquités ou à la suite d'effondrements budgétaires des états les plus fragiles) doit absolument être anticipé. A l'heure actuelle, seul le MoDem parmi les partis politiques français, semble en avoir pris la mesure : l'emprunt européen, aux yeux du MoDem doit être solidaire justement pour assurer aux états les plus faibles la garantie de cette notation et donc des taux plus bas. Alors, évidemment, il y a une autre solution (et à tous les coups, Hashtable y pense très très très fort même s'il se garde bien de le dire haut et fort) : ne pas emprunter, laisser le marché éliminer les canards boîteux, comme dirait Barre. Sauf que là, ça pourrait faire très très mal. Parce que Barre, à l'époque, quand il évoquait les canards boîteux en question, c'était de quelques PME qu'il parlait. Là, il s'agit d'États tout entiers ! Je ne vous raconte pas les réductions de poste, l'abandon d'un certain nombre de services d'intérêt général et tutti quanti pour parvenir à équilibrer les budgets. Et les dégâts dans la société. Je suis libéral, mais je n'ai pas la même confiance que H16 en la capacité des marchés à parvenir à s'auto-réguler. Pour l'instant, il me semble plus prudent de s'appuyer sur une intervention des États, à condition qu'elle soit concertée ! Dans le cas contraire, ce serait encore pire que pas d'intervention du tout.