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samedi, 03 octobre 2015

Haro sur le baudet Morano

Je suis toujours stupéfié par l'effet de meute du landernau médiatique chaque fois que se profile une bonne occasion de s'indigner chez les gens d'entre-soi. Le problème c'est que tous ces individus ne perçoivent pas à quel point l'opinion se contrefiche, au fond, de leurs ridicules polémiques.

Contrairement à ce que dit Bruno Roger-Petit Nadine Morano évoquait le Général de Gaulle pour faire valoir à peu près la même opinion que ce dernier.

Il est évidemment absurde d'évoquer une race alors que les biologistes ont désormais établi qu'il n'en reste plus qu'une dans l'espèce humaine, c'est un point incontestable.

En revanche, ce que voulait poser Nadine Morano sur la table avec sa maladresse coutumière, c'est la question de la composition de la France et de son identité.

Dans de nombreux pays la présence de communautés très différentes aboutit à de fortes tensions ou même des guerres civiles sauf quand ces communautés ont construit ensemble et volontairement leur nation comme c'est le cas des USA.

Compte-tenu de la structure de nos soldes migratoires il est donc pertinent de s'interroger sur l'origine culturelle, religieuse, sociale et géographique de ceux qui veulent s'établir chez nous.

Si l'accueil de réfugiés ne souffre pas de distinction (nous avons signé une convention sur les réfugiés politiques), d'autant que NKM a très brillamment démontré que c'étaient ceux qui s'intégraient le mieux, il n'est pas anodin de s'interroger sur les autres et le faire en amont me semble essentiel. Ce n'est pas à la première génération mais souvent à la deuxième ou la troisième que ceux qui sont issus des migrations se posent la question de leurs origines.

Nous sommes un pays judéo-chrétien, c'est vrai, Nadine Morano a raison, et j'ajouterai que le socialisme avec ses rêves d'égalité  est l'avatar laïc le plus direct du christianisme. Nous sommes de culture européenne, et, plus largement occidentale et démocratique, encore un fait évident.

Quand nous absorbons des populations, nous avons tout intérêt à avoir présentes à l'esprit ces données au lieu de chercher à les occulter comme le fait actuellement la gauche et une très large partie de l'intelligentsia, sous prétexte que les valeurs démocratiques et laïques s'imposeraient par génération spontanée (donc sans histoire) et comme une évidence culturelle et morale.

 

mercredi, 15 février 2012

Vanneste est un abruti, mais il a historiquement raison.

Je n'ai nulle intention de défendre Vanneste dont les déclarations ne tiennent qu'à des objectifs malveillants envers la communauté homosexuelle. Mais attention : il ne s'agit pas non plus de réécrire l'histoire. Ce qu'il a fait valoir est historiquement parfaitement vrai.

Il y a eu 100 000 homosexuels fichés par le IIIème Reich environ. Mais en déportés proprement dits, aux alentours d'une trentaine de milliers environ (les chiffres font l'objet de variations assez importantes). Dans les camps de concentration,  ils ne représentaient que 0.2% des internés. En revanche, ils y étaient traités avec une dureté implacable, affectés aux tâches les plus dures et très mal considérés par les autres détenus d'autant que les Kapos et SS se laissaient eux-mêmes aller à leurs propres penchants en plaçant sous leur protection de jeunes détenus pour bénéficier de leurs faveurs.

Toutefois, comparés au 1.5 à 2 millions d'homosexuels en Allemagne à l'époque, cette minorité peut assez peu inquiétée, au regard des autres.

En France, Vichy n'organisa jamais la déportation des homosexuels. A vrai dire, les Nazis ne le demandaient pas et considéraient l'homosexualité comme une déviation dangereuse au regard de leurs objectifs raciaux mais absolument pas dérangeante chez les autres.

Très peu de femmes furent inquiétées pour leur homosexualité y compris dans le IIIème Reich.

Au final, Vanneste ne ment pas, je cite ses propos :

Il y a la fameuse légende de la déportation des homosexuels. Il faut être très clair là aussi. Manifestement Himmler avait un compte personnel à régler avec les homosexuels. En Allemagne, il y a eu la répression des homosexuels et la déportation qui a conduit à à peu près 30 000 déportés. Et il n'y en a pas eu ailleurs. Et notamment en dehors des trois départements annexés, il n'y a pas eu de déportation des homosexuels en France.

C'est bien en effet Himmler qui s'est focalisé sur l'homosexualité. Ce qui ne va pas, c'est le contexte : on comprend très bien où veut en venir Vanneste. Il n'est absolument pas à la recherche d'une vérité historique, il essaie par tous les moyens de discréditer l'homosexualité. Ce n'est pas pour ces propos-ci que l'UMP devrait le virer mais pour l'ensemble de ce qu'il balance sur la communauté homosexuelle.

Pour ceux qui veulent disposer d'une information claire, je conseille l'excellent article de Florence Tamagne, historienne et enseignante à l'Université de Lille. Elle connaît son sujet. Cela sera l'occasion pour Cécile Duflot de compléter le vide abyssal qui lui sert de culture puisqu'elle s'est empressée de huler au négationnisme.

samedi, 19 juin 2010

Superpuissance des États-Unis ? (sujet d'histoire 2010)

Sympa, finalement, le bac ; c'est un occasion de plonger dans des réflexions intéressantes. Au bac S, il y avait un sujet savoureux : « La superpuissance des Etats-Unis et ses manifestations dans l’espace mondial ». Bon, je ne suis pas vraiment qualifié pour tenter de traiter un tel sujet, mais une chose me saute aux yeux, dans ce domaine, c'est l'évidence du paradoxe que vivent les USA.

Première puissance, militaire, politique, économique et culturelle, copiés partout sur la planète, aimés ou détestés, leur pouvoir se manifeste aux quatre coins de la planète, mais jamais de manière univoque.

Ainsi, dans le domaine géopolitique, l'absence de contre-poids a généré une multitude de conflits régionaux sur lesquels, faute d'effet de balancier, il est difficile d'exercer des actions efficaces.

Première puissance économique, mais pays le plus endetté du monde et dont la dette ne repose que sur l'équilibre d'une terreur : premiers acheteurs de la planète, l'économie de leurs créanciers dépend de leur consommation. C'est bien la raison pour laquelle la Chine, qui regorge de bons du trésor américain se garde bien d'en agiter la revente comme autant d'épouvantails.

Première puissance culturelle, mais ceux-là même qui portent des jeans dans nombre de pays du Moyen-Orient brûlent dans le même élan le drapeau américain.

Première puissance idéologique, mais, dans le monde entier, libéralisme et capitalisme qui sont les deux mamelles auxquelles se nourrit l'Amérique sont battus en brèche.

Ce serait long de faire une dissertation sur le sujet, mais pour ma part, je n'aurais jamais évoqué les manifestations de la super-puissance américaine sans signaler systématiquement les réactions qu'elle engendre.

Partout le monde entier attend les USA, et leur reproche soit une inaction soit un surcroît d'activité politique, économique, militaire ou culturelle.

La Superpuissance américaine ne peut se permettre d'être neutre ou en repos, et en même temps, le moindre de ses mouvements excite la moitié de la planète...

In fine, c'est la capacité à survivre à ces contradictions et à les gérer qui fait des USA une super-puissance qui a survécu jusqu'à nos jours. La voie est pourtant étroite, et près du Capitole, il y a la roche tarpéienne. Sans ennemi de prédilection, il est plus difficile de faire son chemin.

Quand Athènes est tombé, la puissance de Sparte qui avait frappé la Grèce pendant un siècle ne mit pas trente ans à tomber.

dimanche, 21 mars 2010

Back to the future

Tiens, Aymeric Pontier se demande ce que je ferai si je disposais d'une machine à remonter le temps. Déjà, je me garderai de me rendre dans le futur, si ce n'est pour me procurer trivialement les numéros gagnants du loto (je sais c'est gagne-petit, petit bourgeois et mesquin, mais je revendique toutes ces qualités, en plus de celle d'être droitier et capitaliste). Je laisserai donc tranquille le futur. En revanche, du côté du passé, éclaircir certains mystères de l'histoire me serait une tentation quasi-irrésistible. Je serais assez curieux de comprendre, par exemple, comment les Égyptiens et les Incas sont parvenus à dresser leurs pyramides : nul doute que j'irais discrètement faire un tour à l'aube de la fondation de Teotihuacan ou de la construction de la Pyramide de Cheops.

Je crois que je ne résisterais pas non plus à la tentation d'aller à la rencontre des deux individus les plus célèbres de l'histoire du monde, c'est à dire Jésus de Nazareth d'abord, et Mahomet, ensuite, pour les voir de mes yeux et parler avec eux si possible. Il y en a un que j'aurais également plaisir à rencontrer, c'est Homère. Par curiosité, un coup de levier supplémentaire, et hop, j'irais tapoter le museau d'un brontosaure. Ah, et ouis tant que j'y suis, un sculpteur de génie : Antonio Canova. Non seulement pour ses statues de jeunes déesses, mais surtout pour faire la connaissance de ses modèles, miam, miam, miam :-)

Autre curiosité insatiable : il n'existe plus qu'une seule race humaine, l'homo sapiens sapiens. J'aurais été curieux de connaître quelques Néanderthal.

En fait, je pense que j'aurais vite fait de mettre en panne cette machine à force de l'utiliser...Maintenant, si je devais rester bloqué sur une époque, comme l'imagine le Privilégié, je crois que je calerais le levier et le compte-tour temporel au 20 mars 2010, c'est à dire au moment où j'écris cette note. Pas d'époque meilleure que la mienne !

C'est une chaîne, alors évidemment, je vais taguer quelques blogueurs : Vincent, Isabelle, André, Criticus, Nicolas, un des Bills, Claudio Aurélien Véron, Thierry, Laurent , Françoise , Mirabelle et Lomig.

 

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vendredi, 19 février 2010

Information politique introuvable

S'il y a quelque chose qui est ardue à réaliser, j'ai noté, depuis que j'ai ouvert ce blogue, c'est de parvenir à trouver ce que proposaient partis politiques et candidats aux différentes élections précédentes, tout du moins, quand il s'agit de la même élection. Pendant les Européennes, j'ai eu toutes les peines du monde à trouver ne serait-ce qu'un embryon de programme de l'UDF en 2004, par exemple, et je ne parle même pas des autres partis. Pour les municipales, pareil en 2008. Et pas mieux cette année pour les régionales. On parvient tant bien que mal à trouver de petites choses sur wikipedia, sur des fichiers oubliés datant de Mathusalem, mais la plupart du temps, il est très difficile de faire aboutir une recherche. Il nous faudrait une sorte de Mémoire Vive politique, capable de comparer les promesses d'aujourd'hui à celles d'hier, et, par suite, qui permette de d'effectuer des bilans de mandature objectifs.

Finalement, entre l'histoire et l'actualité, il y a une sorte de No man's land mouvant, puisqu'il se déplace au fur et à mesure que le temps s'écoule, dans lequel il n'est pas aisé de trouver des repères.

lundi, 23 novembre 2009

Châtel, tu te fous de mon identité nationale ?

Pas de répit avec l'actualité : je deviens un forçat du billet. Je viens d'apprendre sur le blog l'Atelier des icônes (merci à juju41 de m'avoir signalé l'info) que le sieur Luc Châtel, présumé Ministre de l'Éducation Nationale, n'avait rien trouvé de mieux, pour promouvoir l'identité nationale à l'école que de supprimer l'Histoire et la Géographie du tronc commun des classes de première et terminale scientifiques.

C'est du foutage de gueule en bonne et due forme : s'il y a bien quelque chose qui participe de l'identité d'une nation, c'est bien son histoire, pour le compte. C'est d'ailleurs d'autant plus grave que les programmes de 1ère et terminale portent sur le monde contemporain, seconde guerre mondiale incluse, si je ne m'abuse.

Il ne faut pas laisser Châtel et Sarkozy détruire notre identité nationale en supprimant l'un de ses piliers les plus essentiels. Ce qui m'énerve, c'est l'hypocrisie avec laquelle l'omni-président et son sbire manipulent les symboles pour mieux entuber les Français et la communauté éducative ensuite. On s'en fout de la lettre de Guy Môcquet, si plus personne en France ne comprend un jour pourquoi le nazisme a vu le jour en Allemagne ! On s'en fout des commémorations en tout genre, si plus personne en France ne sait ce qu'est un goulag !

Sarko, Châtel, vos inquiétudes sur l'identité des électeurs du Front National (sont-ils des électeurs de droite égarés ou non ?) on s'en fout ! Nous, ce qu'on veut, c'est que vous nous laissiez au minimum l'identité de la France dans l'état dans lequel vous l'avez trouvée !

lundi, 09 novembre 2009

Sarkozy et Daily motion meilleurs que les Soviets ?

S'il y a bien quelque chose que je déteste, c'est quand les États s'occupent de vouloir écrire et réécrire l'histoire : on comprend aisément que cela m'indispose encore plus quand c'est un président de la République qui la revoit à son profit exclusif. Je reviens de chez Abadinte, un blogueur social-démocrate : il a lui-même remarqué les incohérences relevées par des journalistes à propos de la prétendue journée du 09 novembre 1989 par Nicolas Sarkozy. Celui-ci aurait passé sa journée à Berlin après avoir été averti le 09 novembre au matin, or, les médias ouest-allemands n'ont commencé à évoquer l'ouverture du mur qu'à partir de 20h00.

En réalité, ce n'est que le 10 novembre que Nicolas Sarkozy, en compagnie d'Alain Juppé, ont rejoint Berlin : Abadinte s'est un peu précipité en affirmant que Juppé et Sarkozy étaient des menteurs : ils se sont bien rendus à Berlin, mais le 10...Cela dit, Alain Juppé évoque aussi le 09 novembre sur son blog, mais il ne parle que du 09 au soir. D'autres sources laissent entendre que ce serait le 16 novembre qu'Aain Juppé se serait rendu à Berlin.

Bref, sans épiloguer, cette information est manifestement faisandée à la gloire de notre lider maximo, images à l'appui : jusqu'ici, cela avait été l'apanage des régimes totalitaires, Corée du Nord, régimes communistes de la guerre froide, de réécrire l'histoire, mais je vois qu'en France, il y a une histoire officielle et une histoire officieuse.

Le problème, c'est que cette manie ne touche pas seulement les strates de la majorité actuelle, mais que c'est une tendance quelque peu répandue, en toute impunité dans notre société. Je ne peux pas dire que j'ai de la proximité politique avec Jean Robin, auteur occasionnel chez Criticus, taulier du blog Tatamis, mais il se trouve qu'il a récemment levé un lièvre gênant, et que depuis, comme par hasard, pas moyen de faire connaître sa vérité. L'une des figures de la repentance, l'écrivain Claude Ribbe, aurait aussi été la plume du Général Aussaresses, qui avait avoué avoir pratiqué la torture en Algérie. Pas vraiment le même monde...Interrogé par Jean Robin lors d'une cérémonie organisée par not'bon maire, à nous autres Parisiens, Bertrand Delanoë, il a refusé de répondre. Tatamis a voulu publier la vidéo du reportage sur Daily Motion, mais, à deux reprises, s'est vu retirer cette dernière. Nouvelle tentative chez wat.tv, même effet ! Résultat des courses, il a du finalement la faire héberger aux USA.

Moi, j'aimerais bien avoir des explications de Daily Motion et de Wat.tv, d'autant que j'ai visualisé la dite vidéo, sur un serveur américain, donc, et que je ne vois en aucune manière ce qu'elle pourrait comporter de diffamatoire. Je juge grave que des choses de cette sorte puissent se produire en France, sans que personne ne s'en émeuve. Peut-être est-ce un hasard, mais j'observe aussi que l'État est tout récemment rentré dans le Conseil d'administration de Daily Motion.

La gouvernement a récemment lancé une grande campagne d'éducation aux médias, rapport à l'appui : il faudrait ajouter un chapitre sur les options de contournement des censures et réécritures diverses de l'information...

samedi, 07 novembre 2009

Des communistes pro-staliniens, ça existe encore !

Hallucinant : je viens de faire une découverte avec l'un de mes commentateurs sur mon blog : il s'agit d'un communiste. Un vrai. Par exemple, sur son blog, à propos du mur de Berlin et de la RDA on lit ceci :

Rien à notre connaissance, dans les présentations caricaturales qui ont été proposées jusqu’ici dans les médias, ne permet aux Français de savoir que la division de l'Allemagne résulta du refus des Occidentaux d'accepter la proposition soviétique de mettre en place une Allemagne unifiée, démilitarisée et sérieusement dénazifiée. Rien qui permette de comprendre que le "mur" fut une réponse tardive de la RDA et du camp socialiste à la tentative permanente de l'Occident de déstabiliser l'Allemagne socialiste.

En fait, cela figure dans une lettre adressée au président du CSA par le Comité Internationaliste pour la Solidarité de Classe. Une authentique demande de révisionnisme historique dans la plus pure tradition communiste. Au fait, parmi les signataires, il y a Margot Honecker, militante anti-nazie, ex-ministre de l’Education nationale de la RDA. Honecker, vous savez, c'est le nom de son père : celui qui voulait faire tirer sur la foule des manifestants, en 1989...

Tiens d'ailleurs, notre militant néo-stalinien va se joindre au rassemblement pour la révolution d'Octobre, qui se tient ce 7 novembre place Stalingrad à Paris. Il fait évidemment partie de ceux qui ne se réjouissent pas de la chute du Mur de Berlin.

 

10:29 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (37) | Tags : rda, histoire, communisme, soviet |  Facebook | | |

lundi, 04 mai 2009

Abus de pouvoir, le sens de l'histoire

J'ai entamé la lecture du livre de François Bayrou, Abus de pouvoir. Une première remarque, tout d'abord : je le trouve bien mieux écrit que tous ses livres précédents, et de loin. Contrairement à Projet d'espoir qui avait été écrit dans l'urgence et en 2 mois (le style s'en était fortement ressenti) ce livre-là, François Bayrou le mûrit depuis des mois.

Une seconde remarque, ensuite : comme d'habitude, la presse se jette sur quelques passages qu'elle défigure et qu'elle se renvoie en échos sans prendre la peine d'effectuer une lecture complète de l'ouvrage. Par exemple, le terme fameux d'enfant barbare dont il affuble Sarkozy, il s'en explique, mais qui a pris la peine d'en lire les précisions ? Barbare, chez Bayrou, ne renvoie pas à une acception morale du terme, comme on pet l'entendre quand on parle du Gang de Barbares et de son taré de chef, Youssouf Fofana, mais à l'acception qu'en font les Gréco-Romains. Nicolas Sarkozy est barbare non parce qu'il serait inhumain ou cruel, mais en ce qu'il méprise et ignore les fondations culturelles et morales de la France. En tentant de lui imposer un modèle qui lui est fondamentalement étranger, il fait oeuvre de barbarie civilisationnelle. Voilà ce qu'entend par là François Bayrou. Et rien d'autre. Ce n'est pas une insulte ni une attaque personnelle, comme l'ont voulu une large part des commentateurs.

Mais ce qui m'a particulièrement intéressé, au point où j'en suis, du moins, c'est le savant mélange de religiosité, de science historique et de psychologie qui caractérise la pensée de Bayrou dès qu'il évoque la France. Il observe ainsi que la blessure ignorée d'une génération atteint méchamment les générations suivantes. Que le père ou la mère soient blessés d'un grand secret, et les enfants ou même les descendants, ne pourront se délivrer du mal qui les empoisonnent qu'en le dévoilant par leur propre analyse.

J'aime beaucoup cette idée, parce que je crois profondément qu'elle est la pierre angulaire qui permet de comprendre les peuples. Comme le dit Bayrou citant dans la foulée de sa pensée le prophète Ézéchiel, les parents mangeront des raisins verts et les dents des enfants en seront agacés.

Paradoxalement, la Bible dit par la suite exactement le contraire avec Jérémie citant Ézéchiel : les parents mangeront des raisins verts et les dents des enfants en seront agacés. Mais chacun paiera pour ses fautes. Tout homme qui mangera des raisins verts, ses dents, à lui, seront agacées. Et c'est sans doute l'erreur de ceux qui imaginent que Sarkozy n'est et ne sera jamais qu'un épiphénomène. Tout comme l'esprit d'un individu, la conscience d'un peuple se souvient, et de même que chez l'individu, le souvenir inconscient prend des formes étranges, parfois terribles, les méandres de l'inconscient collectif d'un peuple peuvent être parfois inquiétants.

Je ne suis pas étonné que Bayrou ait été si sensible à la question de la dette pendant la campagne présidentielle. Son inquiétude principale, c'était de ne pas laisser aux générations futures un fardeau impossible à porter. On retrouve Ézéchiel. Et les apports de la psychanalyse. Que l'on ne s'y trompe pas : il y a là une véritable conception de l'histoire. Même si l'on s'abstient de dire ce que l'on fait, et c'est bien ce que Bayrou reproche à Sarkozy, les choses se perpétuent malgré tout via l'inconscient collectif.

Plus simplement, c'est la méthode historique de Thucydide qui transparaît aussi en filigrane, derrière le propos de Bayrou : « Si l'on veut voir clair dans les événements passés et dans ceux qui, à l'avenir, en vertu du caractère humain qui est le leur, présenteront des similitudes ou des analogies, qu'alors, on les juge utiles, et cela suffira : ils constituent un trésor pour toujours (κτῆμα ἐς αἰει), plutôt qu'une production d'apparat pour un auditoire du moment » (I, XXII, 4).

On comprend mieux l'indignation de Bayrou quand il évoque le projet de Sarkozy de créer un musée de l'Histoire de France. Pour Bayrou, l'histoire de France, c'est la France ! pas une chose que l'on peut muséifier ! pas, comme le dit Thucydide, en somme, une production d'apparat pour un auditoire du moment...

Je pourrais développer longuement encore mon propos, mais, ce que je vise à conclure, et que la critique ne comprend pas, c'est que ce livre n'est pas un brûlot politique : il va bien au-delà.

 

samedi, 07 juin 2008

Adolf Hitler dans un musée de cire ?

C'est le Figaro qui l'évoquait dernièrement, dans un article du 04 juin 2008 : Adolf Hitler revient à Berlin, mais...sous forme de statue de cire dans un musée !

Je crois qu'il est plus néfaste d'occulter une période de l'Histoire parce qu'elle est honteuse, que de l'exposer. Ce qui gêne, sur le fond, c'est l'empreinte sanglante encore récente qu'il a laissé dans l'Histoire. Les Romains ne procédaient pas autrement quand ils voulaient rayer jusqu'au souvenir d'un dirigeant politique dont ils avaient trop souffert. Ils appelaient cela une Damnatio memoriae. La damnatio memoriæ est un ensemble de condamnations post mortem à l'oubli votée par le Sénat romain à l'encontre d'un personnage politique. Elles consistent par exemple en l'annulation de ses honneurs, l'effacement de son nom sur les inscriptions publiques, la déclaration de son anniversaire comme jour néfaste ou le renversement de ses statues.

Parmi les empereurs soumis à cette punition, on ne trouve pas les moindres des psychopathes :

- Caligula, Néron, Domitien, Commode, Héliogabale, qui se distinguèrent tous par leurs crimes, leur sadisme et leur cruauté. On peut aisément imaginer que dans 1000 ans, un individu comme Hitler viendra prendre sa place dans le panthéon des horreurs aux côtés de ces malades mentaux, car aujourd'hui, il ne nous viendrait pas à l'esprit d'interdire une exposition sur l'un de ces empereurs. Mais entre-temps, presque 2000 ans ont passé...

La plaie est encore trop vive, et avec elle toute l'émotion dont elle est le vecteur, empêchant ainsi la distance nécessaire au regard historique. Il nous faudra sans doute des centaines d'années, au moins, pour admettre de porter un regard moins troublé sur ces millions de voix qui se sont tues dans l'horreur des camps de concentration.

Le personnage est donc incontournable, et l'émotion qu'il génère également. Mais on peut en revanche mettre à profit cette émotion pour informer et proposer des analyses. Le musée de Madame Tussauds pourrait par exemple mettre en place des visites guidées avec un historien connaisseur du domaine (pourquoi pas des étudiants en histoire ?) chargés d'expliciter cette période noire de l'histoire de l'humanité.

Même si Hitler est né en Autriche, et a gouverné l'Allemagne, il n'appartient, en réalité, plus à ces deux nations, mais est rentré dans le patrimoine criminel de l'Histoire de l'Humanité, pour autant qu'il en existât un.

 Il faudrait montrer comment la rencontre d'un peintre raté élevé par un beau-père violent et d'une société patriarcale et largement pré-anti-sémite du XIXème siècle en Europe,  particulièrement en Autriche et en Prusse,  ont pu produire un cocktail aussi explosif. Le drame, c'est que des Hitler, il y en avait sans doute plusieurs, dans ces temps troublés, non seulement plusieurs, mais surtout, bien plus qu'en temps normal,  et que le malheur veut que l'un d'entre eux a percé...

Or, cette éclosion n'est pas un accident de l'Histoire : c'en est au contraire un évènement majeur. "accidit" en latin, signifie "ce qui se produit par hasard", tandis qu' "evenit" signifie ce qui survient en raison d'une cause. Par cette étymologie, on comprend la différence entre un accident et un évènement. 

C'est cette dimension qu'il convient de conserver présente à l'esprit quand on évoque un tel personnage.

 

 

 

00:22 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : hitler, histoire |  Facebook | | |