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Société - Page 6

  • Courir ou pas au milieu des tombes ?

    La cérémonie donnée pour commémorer la bataille de Verdun a engendré bien des commentaires outrés. J'ai du mal à me faire un avis. Je ne suis pas certain que la mise en scène choisie soit la meilleure manière de rendre hommage aux morts de Verdun, mais je ne pense pas non plus que le gouvernement socialiste ait eu l'intention d'outrager leur mémoire. Je pense que les jeunes venus célébrer ces moments tragiques de l'histoire de notre pays étaient sincères. Nous ne sommes ni la première ni la dernière civilisation à imager et scénariser de grands événements. Achille donne des jeux, dans l'Iliade, pour rendre gloire à Patrocle. C'est le caractère sacré de ces jeux qui leur donne leur force. les Étrusques fêtaient la disparition de leurs proches et disposaient objets et peintures de manière à ce que les défunts puissent commencer leur seconde vie au mieux.

    On peut juger les choix esthétiques de la cérémonie discutables mais la qualifier de grotesque et accuser le gouvernement de faire du spectacle me paraît une outrance. 

    Je préfère quant à moi une mise en scène, même ratée, qui dénonce les horreurs de la guerre quelles qu'en soient les victimes que l'hommage rendu à un commandement militaire qui n'a eu de cesse que de considérer son infanterie comme de la chair à canon et de lui faire tirer dessus. Ce procès-là n'est toujours pas fait, au demeurant.

    Dernier point : la première et la deuxième guerre mondiale ne sont pas de même nature. Se réjouir de la victoire de Verdun a un caractère offensant envers nos amis allemands, plus d'un siècle après et alors que la réconciliation est désormais vivace. S'il y a quelque chose de grotesque, c'est cela. Il y a eu du nationalisme des deux côtés. L'attitude la France, après cette guerre, qui s'est montrée intransigeante, a largement contribué à exacerber les tensions en Allemagne quand Américains et Britanniques faisaient valoir sagement qu'il fallait désormais songer à laisser ce pays se redresser.

    On a les mythes qu'on veut, et, sur cette période, en France, nous sommes bien loin de les avoir déconstruits.

    Bref, cette histoire de course est un faux débat.

  • Racaille dans un RER C à Juvisy : une victime se défend. Mort pour avoir agressé un homme de 64 ans.

    Je ne supporte plus la manière dont la presse faisande l'information dès qu'il y a une légitime défense dans une agression. Par jeunisme imbécile, boboisme laxiste, les titres de presse mentent dans toutes les histoires de sécurité.

    Dans une rame de RER C, à Juvisy, un pauvre gars de 64 ans a demandé à dix racailles de ne pas fumer dans le wagon, ce qui est tout à fait normal. Ils lui ont tapé dessus les fumiers. Mais pas de pot pour les racailles, il s'est défendu et il en a planté un.

    Et voilà la presse gaucho-laxiste toute larmoyante de compassion pour le pauvre jeune mort pour avoir fumé une cigarette dans un train. C'est le titre qu'on a trouvé d'abord. 

    Mais c'est complètement faux. Mensonger et malhonnête.

    L'agresseur est mort pour avoir attaqué à dix contre un un vieil homme qui s'est défendu. Et franchement, je n'irai pas pleurer sur sa tombe. 

     

  • Le meilleur ami d'Israël ? Le développement palestinien...

    Je ne comprends pas la politique de Benjamin Netanyahou en Cisjordanie. Elle est contre-productive et idiote. Il fallait prouver depuis le début des accords d'Oslo aux Palestiniens que la paix leur était profitable. Mahmoud Abbas avait eu la sagesse de prolonger des accords entre Autorité Palestinienne et État d'Israël. Il fallait en retour cesser toute forme d'implantations en Cisjordanie, accorder plus de droits aux Cisjordaniens et promouvoir le développement économique dans ces territoires. 

    Au lieu de cela Netanyahou, le Likoud et leurs alliés ultra-conservateurs et ultra-religieux ont tout gâché. Ils ont continué à coloniser la Cisjordanie et ont donné des miettes de pain à la population poussant les plus instables vers le radicalisme.

    J'ai énormément d'affection et de sympathie pour Israël mais pas pour ses dirigeants actuels. Il existe pourtant une formation politique, Kadima, les centristes locaux, et un leader, Tzipi Livni, qui ont formulé des idées assez proches de celles que j'expose ici. Hélas, Kadima s'est écroulé quand Tzipi Livni n'a pas été réélue à sa tête. Cette dernière a alors fondé Hatnuah et participé un temps à un gouvernement de coalition, jusqu'à 2014 mais a sagement refusé de définir constitutionnellement Israël comme un État juif ce qui a lui a valu d'être éjectée par Netanyahou.

    Aux dernières législatives Hatnuah et le parti travailliste se sont alliés, formant l'Union Sioniste. Ils ont obtenu un score honorable de 18.7% mais pas suffisant pour faire basculer le pouvoir.

    Pour la petite histoire, Tzipi Livni est un assez étrange personnage : c'est une végétarienne affichée qui agit politiquement pour la défense animale. Elle a obtenu l'interdiction de production de foie gras en Israël et est assez mal vue de certains groupes de pression de l'agro-alimentaire. 

    Pour en revenir à mon sujet initial, il existe pourtant quelques espoirs : fin 2015, par exemple, Israël, la Jordanie et l'Autorité Palestinienne ont signé l'accord Red-Dead qui a pour objet la création et l'exploitation commune d'une usine de dessalement au bord de la Mer Morte.

    Pour les amateurs d'huile d'olive (j'en fais partie) je signale cette initiative économique remarquable : Oil for peace (lien ici). Alors déjà, l'huile est bio, ce qui est un bon point pour elle, mais surtout c'est une huile d'olive élaborée conjointement par des producteurs israéliens et palestiniens.

    Moi, j'ai foi dans le commerce et les échanges économiques. Je tends à penser qu'ils apportent la paix. Je pense que c'est par cette voie que la paix se fera un jour entre Israël et la Palestine et que les deux pays pourront coexister librement et pacifiquement. Si on veut aider, plutôt que de soutenir les associations politisées et douteuses qui sèment la division, achetons les produits de ceux qui construisent la paix, c'est ainsi que nous serons leurs meilleurs alliés.

     

  • Lanceur d'alerte, vraiment ?

    Je ne mets pas tous les lanceurs d'alerte dans le même sac. Si je me réfère à l'article de wikipedia qui porte sur le sujet, la plupart de ceux qui sont cités en exemple sont des gens estimables qui ont rendu service à l'humanité.

    Quand il s'agit de dangers sanitaires et environnementaux, de mise en danger de la vie d'autrui, de traite humaine, de comportements dégradants et inhumains, bien sûr que de dénoncer les mensonges et les exactions est un acte de courage.

    Quand ce sont, en revanche, de viles motivations idéologiques, les considérations morales cachent juste la soif de revanche et le désir de briller. J'ai les plus grandes préventions contre les "lanceurs d'alerte" médiatiques,  particulièrement quand il s'agit d'individus isolés qui se prennent pour des justiciers.

    Je n'ai par exemple aucune sympathie pour Antoine Deltour, dans l'affaire Luxleaks. Mieux, je suis bien content qu'il se prenne un procès dans sa face. Que penser d'un type qui balance les informations personnelles d'une série d'individus en pâture à l'opinion, qui trahit la confiance de son entreprise et, par suite, de clients envers lesquels il est engagé ? Tout ça, même pas pour de l'argent (non que ce soit bien beau) mais simplement par "conviction" anticapitaliste...

    Les Assange, les Snowden et compagnie n'ont rien apporté à l'humanité avec leurs révélations. Il paraît que la NSA capte des milliards de méga-octets de conversations téléphoniques. Très bien. Qui traite ces informations ? Personne, parce que les informaticiens un peu sensés savent que c'est impossible. Les justifications de Snowden dénotent en réalité un ego narcissique qui cherche à se faire mousser au maximum en se faisant passer pour un justicier. Assange n'est pas mieux : son wikileaks ne contient rien, n'a amélioré en rien le sort de l'humanité. On n'y trouve que des cancaneries de compères et de commères des cafés diplomatiques. Des choses royalement inintéressantes. D'ailleurs, les effets de wikileaks sur la diplomatie internationale sont très exactement au niveau du zéro absolu.

     Il y a dans ces gens-là quelque chose qui ressort du revenge porn, bombe atomique sale du raté.

     

  • Les intentions de Bayrou

    Je parcours de temps à autre le blog du CREC (Centre de Recherche et d'Étude sur le Centrisme) mais je le trouve la plupart du temps décevant. Alexandre Vatimbella a une dent contre Bayrou pour une raison que j'ignore et il lui prête systématiquement des calculs politiques et des arrière-pensées. J'avoue que c'est assez pénible : le nom du blog invite à croire qu'on est sur un site sérieux, pas un espace d'aigreur et de règlements de compte. Il n'y a pas d'ailleurs, d'analyse objective là où il y a de l'aigreur.

    C'est sidérant de vouloir à tout prix que Bayrou attende la chute de Juppé pour se lancer. Bayrou est un homme honnête, avec une éthique et des principes, chose devenue rare en politique. S'il dit qu'il est prêt à soutenir Juppé et souhaite sa victoire, il est sincère.

    Les soupçons n'entachent que ceux qui les formulent.

    Ce n'est pas très malin de la part de Fillon d'avoir assuré que Bayrou le soutiendrait s'il était vainqueur. En réalité, nul ne le sait. Quand Bayrou prend une décision, il cherche l'intérêt général, et, par-dessus tout, celui du pays qui lui est cher : la France.

    Lui supposer des calculs politiciens ne repose sur aucun élément avéré. Seulement une légende que des imbéciles ont construite de toutes pièces à propos de l'élection présidentielle.

    Bayrou représente un courant de pensée en France qu'absolument personne d'autre n'incarne. Il est le visage d'un centrisme à la fois tribunicien et modéré, une synthèse en principe impossible mais qu'il a réussi à effectuer. 

    Pas de mollesse de sa part, pas d'idées délavées et sans épaisseur mais au contraire, une pensée riche, profonde, originale, des intuitions lumineuses que personne d'autre n'a.

    Et puis surtout, le courage. Bayrou ne cherche jamais à saisir le sens du vent. Jamais de populisme facile, chez lui. Même si une idée, une pensée, est impopulaire, mais qu'il la pense juste, il la porte et la soutient. Et il ne tombe jamais dans la facilité de désigner des coupables et des bouc-émissaires, ce que fait à peu près tout le reste de la sphère politique. Rien que pour cela, c'est un homme estimable, et, par les temps qui courent, quand je considère les divisions qui nous menacent, c'est un homme précieux.

    Le CREC devrait y réfléchir, de temps en temps...

  • Réfugiés : et si la France écoutait Marielle de Sarnez ?

    Sur la question des filières d'immigration et des admissions de réfugiés, Marielle de Sarnez a une position constante (et de bon sens) depuis toujours (en tout cas, au moins depuis que je la connais).

    C'est l'absence de filières sûres et légales qui provoque une flux de réfugiés dans des conditions effroyables sur le sol européen.

    Ce que propose Marielle de Sarnez est simplement le bon sens : que l'Europe établisse des représentations partout où il y a des exils massifs et donc des demandes d'asile à prévoir. On construit des bureaux au Liban, en zone kurde en Syrie ou en Irak, en Turquie, bref, partout où il y a un grand nombre de candidats à l'émigration et on traite les dossiers sur place.

    Si on est logique, on le fait tous ensembles, nous les Européens, à défaut, au moins ceux qui seront d'accord pour cette procédure. Et si on veut aider les réfugiés à vivre décemment, on organise des systèmes de sanitaires, de la distribution d'eau, et on recrute des gens valables parmi les réfugiés pour protéger les femmes (bon, tout cela, c'est moi qui l'ajoute à la proposition initiale de Marielle de Sarnez - et de l'ADLE et du MoDem qui la soutiennent).

    L'Europe ne peut déléguer son droit d'asile aux pays qui l'entourent. Elle doit, au contraire, assumer son droit d'asile, l'harmoniser, réformer enfin Dublin, et gérer des voies d'accès légales et sûres pour les réfugiés syriens, comme l'a fait récemment le Canada par exemple.

    Voilà, ça me paraît le moins.

  • Projet éducatif des Républicains, pas si mal mais...

    Les Républicains ont eu la bonne idée de rendre public leur programme pour l'Éducation  (cliquer sur ce lien). J'ai vu que Jean-Paul Brighelli en avait fait une critique dans Le Point.

    Comme beaucoup de programmes, il a le défaut de survoler le sujet et n'évoque pas en chiffres clairs les intentions du parti. Toutefois, j'y lis avec satisfaction qu'il prévoit d'abroger la scandaleuse réforme du collège et de restituer à l'allemand et aux langues anciennes leur place. Il y a un certain nombre de principes qui sont réaffirmés sur l'autorité des maîtres, la sécurité, et cetera. Bon, ça ne mange pas de pain, et de mon point de vue, ce ne sont que des mots, donc, ce n'est pas ce qui m'intéresse en priorité.

    J'ai vu que les Républicains veulent revoir la formation des enseignants, dégager les délires pédagogiques et confier leur formation aux universités. Je ne vais pas m'en plaindre, mais je trouve que ce point justifierait une réflexion d'une autre ampleur. Je ne comprends pas pourquoi ni la psychologie, ni l'orthophonie ne font leur entrée dans le corpus du cursus des enseignants. Cela me semble central d'en avoir plus que des notions quand on enseigne. Et je ne parle pas de stages-bidon à la petite semaine mais d'une formation sur l'ensemble de l'année. Je vais le suggérer au MoDem.

    Les Républicains s'inquiètent des enfants qui sont le plus en difficulté à l'arrivée en CP. Très bien, mais il faudrait peut-être songer à ce qu'il se passe avant, c'est à dire en Maternelle. Tous les partis ne jurent que par les fondamentaux de la lecture, mais, pour ma part, je pense que le problème de fond, c'est le vocabulaire. C'est sur ce point, plus encore que sur le graphisme, qu'il faudrait se concentrer en maternelle. L'objectif est de donner à tous les enfants les moyens de comprendre ce qu'ils entendent.

    Je vois qu'il y a un souci de laisser une certaine autonomie au collège. Il faudrait voir en quoi elle consiste exactement. Je juge sage de ne pas imposer de méthodes pédagogiques et de privilégier l'efficacité. A voir à la pratique du pouvoir, les mots, c'est toujours facile de les semer. 

    Bonne initiative, cependant, de laisser aux écoles, aux communes et, peut-être aux collèges, le pouvoir d'organiser leurs rythmes scolaires. Sage décision. Principe de subsidiarité, il faut toujours faire confiance à l'échelon le plus pertinent.

    Accroître le temps de présence des enseignants, voilà qui me fait doucement rire. Avec quel argent ? La seule solution, c'est d'augmenter les volants d'heures supplémentaires et de proposer aux enseignants qui le veulent de participer à des dispositifs de suivi des élèves. 25% de temps en plus pour tous les enseignants, cela me semble irréaliste ; si déjà les Républicains parvenaient à organiser des études dignes de ce nom, à des horaires décents et pertinents, sur l'ensemble du territoire, ce serait déjà très beau.

    Il y a quelques autres propositions qui m'ont doucement fait rigoler. Pauvres militaires. Ils ont peut-être autre chose à faire que de s'occuper des adolescents pré-délinquants, ce que méditent les Républicains. C'est une idée qui revient souvent. Désolé, mais ce n'est pas leur job. La question de l'impunité est liée intimement au fonctionnement de la justice et aux moyens qu'on lui donne. Pas la peine de chercher midi à quatorze heures, il faut commencer par cela. Je n'ai pas encore étudié le projet des Républicains sur la sécurité, mais je fais le faire.

    Il existe un dispositif qui fonctionne bien pour les élèves perturbateurs du secondaire : on les appelle les classe-relais. Puisque les Républicains de veulent pas faire d'idéologie, qu'ils les étendent. Leur projet de créer des établissements de réinsertion scolaire, genre centres éducatifs fermés, me laisse sceptique.

    Penchons-nous sur les Universités. C'est clair, les Républicains veulent la peau du bac, qui ne doit plus être qu'un simple diplôme de fin d'études du secondaire. Ce que je retiens de leurs propositions, c'est que les Républicains veulent laisser les Universités augmenter leurs droits d'inscription et effectuer une sélection. Je lis notamment que les Universités exigeraient la validation de pré-requis. Au moins, ça a le mérite d'être clair.

    Je trouve une bonne chose l'idée d'un Open Data du supérieur qui permettrait aux étudiants d'examiner les taux de satisfaction des étudiants ainsi que l'insertion professionnelle des filières. Pour le reste, je trouve qu'il n'y a pas grand chose de neuf dans leur projet.

     Conclusion, pas mal, et nettement mieux que les idées d'Alain Juppé cet été, mais sans génie. J'espère que le MoDem fera nettement mieux, surtout après l'horrifiant programme des jeunes de l'UDI...

  • Boycotter les marques qui proposent des vêtements "islamiques" ? Absurde.

    J'avoue avoir connu Élizabeth Badinter nettement mieux inspirée. Voyons : elle suggère de boycotter les marques de vêtements qui proposent des tenues islamiques, c'est à dire conformes aux canons des régimes intégristes et autoritaires. Je pense qu'Élizabeth Badinter fait une très grande erreur d'analyse.

    Si la mode s'en mêle, particulièrement les créateurs, je peux lui garantir que ce ne sera pas le rigorisme qui va gagner...

    Le principe moteur de la mode et des marques, c'est de toujours pousser à la singularité (en apparence, tout du moins) et pour cela, elles doivent tôt ou tard se démarquer. En réalité, si les religieux acceptent la venue des modes chez eux, en Iran, en Arabie Saoudite, ailleurs, ils creuseront leur tombe, et on ne peut que s'en réjouir.

    François Bayrou, et je salue sa grande sagacité, s'est fait manifestement la même réflexion que moi, bien qu'en termes moins directs.

    «Il y a des moments où j’ai l’impression qu'en Occident, nous ne regardons que nous-mêmes. Il y a des centaines de millions de femmes dans le monde qui vivent selon les coutumes qu’on appelle l'islam, ou islamique - je ne sais pas si les deux mots on le même sens. Elles vivent comme ça dans leurs sociétés à elles. Eh bien, que la mode s’y intéresse, comment voulez-vous que ça ne soit pas le cas ? Du fait que la mode s’y intéresse, peut-être y a-t-il une ouverture, une autre manière de voir les choses ? Quelque chose qui n’est plus seulement dans l’enfermement ? Moi, c’est une polémique que je ne comprends pas bien

    Franchement, on ne saurait mieux dire.

    Les marques ne sont pas irresponsables, elles sont futées et s'engouffrent dans le moindre espace de liberté pour faire leur commerce. Le mauvais signe, ce n'est pas quand la mode s'en mêle, c'est au contraire quand elle disparaît.

  • Si peu de bio, en France ?

    Je suis assez estomaqué de constater, quand je me rends dans des grandes surfaces, que la plupart des produits frais bio ne sont pas cultivés en France. Et que l'on ne me dise pas que c'est un problème de climat, une très large part d'entre eux venant de Belgique, d'Italie ou d'Espagne.

    Quand on trouve des légumes biologiques, s'il s'agit d'aliments de consommation courante, ils sont insipides au possible. 

    On peut toujours se rabattre sur des centrales de productions locales, type ruches ou AMAP, mais il n'y a là aucune garantie de qualité gustative ni d'absence de pesticides. On sait seulement que le circuit de distribution est court, ce qui est une maigre consolation pour les papilles gustatives.

    Je ne comprends pas ce qui coince : les grosses exploitations coûtent des fortunes en investissements, machines, engrais de toutes sortes pour un prix de vente misérable. Pourquoi les agriculteurs ne se reconvertissent pas dans l'agriculture biologique alors que la demande ne cesse de croître sur ce terrain et que les scandales sanitaires qui se succèdent lui assure une publicité renouvelée et gratuite ?

    Il me semble que c'était dans le programme de l'ADLE (donc forcément du MoDem qui en est membre) que de proposer un recentrage des financements de la PAC sur l'agriculture biologique, et je pense avoir entendu Marielle de Sarnez soutenir cette position. L'idéal serait en fait de concentrer les aides en question vers la reconversion en s'assurant que les agriculteurs puissent tous se reconvertir avec un revenu décent à la clef.

    J'appartiens, en tout cas, à un segment de clientèle pas satisfait par l'offre actuelle. Je souhaite de la qualité, du bio, du made in France si possible en circuits courts, et je ne trouve pas cette combinaison quelle que soit la chaîne testée (biocoop, naturalia, marchés, primeurs, petites, moyennes et grandes surfaces, épiceries électroniques avec livraison...).

    L'agriculture, voilà un sujet de choix sur lequel réfléchir. J'engage les centristes, et particulièrement le MoDem, mon parti, à y réfléchir et à développer un programme sophistiqué mais efficace, d'autant qu'il est contingent de la sécurité sanitaire et par là, de la santé.

  • Loi El Khomri : je ne vois pas l'intérêt du salarié.

    Je regarde les compte-rendus de la presse sur la loi El Khomri et j'avoue ne pas y voir d'intérêt pour les salariés, bien au contraire. Si on modifie le droit du travail, il faut que ce soit gagnant-gagnant comme aimait à le dire Ségolène Royal en 2007. Ce n'est pas du tout ce que je constate.

    - La possibilité pour les entreprises de réduire la majoration des heures supplémentaires revient ni plus ni moins à baisser les revenus de ceux qui vivent grâce à leur salaire et des heures supplémentaires. Bref, travailler plus pour gagner moins. Bravo les Socialistes.

    - Cela fait un bon moment que je pense que les 35 heures ne sont pas un problème et que les cadres débordés qui leur doivent de pouvoir se reposer de temps à autre les méritent bien. J'ai l'impression que ce projet précarise davantage encore les employés des petites entreprises.

    - J'admets qu'une entreprise puisse se trouver contrainte de licencier pour des motifs économiques mais beaucoup moins qu'on déroule un tapis rouge aux licenciements abusifs.

    Je retiens en revanche un aspect plutôt positif : le contrat de professionnalisation. Pour des personnes qui sont sans diplômes ni qualifications, en chômage de longue durée, cela peut être intéressant de se voir reconnu des qualifications "pratiques", pas forcément identifiées au répertoire national des certifications professionnelles mais utilisables sur le marché de l'emploi.

    J'ai du mal à bien circonscrire le reste et ne le commenterai donc pas. Manifestement, à gauche, elle passe vraiment de travers...