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lundi, 28 février 2011

Atlantico, c'est parti !

Tiens tiens : en lisant l'Nicolas, je viens de découvrir un nouveau pure-player, comme on dit outre-Atlantique, sur la Toile française : Atlantico. Y'a du beau monde, là-bas, si l'on considère les premières signatures d'articles. On y trouve même, au milieu des philosophes et essayistes divers, mon affreux libéral favori.

Évidemment, j'ai tout de suite pensé à Slate, et fait la comparaison. Altantico tombe à mon avis dans un travers qui touche largement les autres pure-players (Rue89, Mediapart, par exemple) : les unes sont convenues. Pas de sujet décalé ni de titre qui accroche pour la première page. L'accent est bien trop mis sur la politique, si bien que l'on peine à déterminer la valeur ajoutée de la Une. Il y a un peu de people et de l'insolite pour pondérer l'ensemble et des titres dans la tradition des sites et blogues de gauche pour attirer le chaland, c'est à dire, en somme, rien de bien nouveau sur le fond... Le ton réplique la sorte d'apostrophe au bon peuple, la recherche du coup et du titre fumants qui caractérisent nos blogues et la presse en ligne française dans son ensemble. Bref, d'Atlantico à Slate, le chemin sera long... Tenez, par exemple, le jour où je trouverai un article comme celui-là «Engager un mercenaire, combien ça coûte ?», on pourra considérer qu'Atlantico pourra commencer à rivaliser avec Slate.

Allons, courage camarades ! il va falloir faire encore des efforts pour me donner l'envie de chercher Atlantico dans un moteur de recherche ou encore d'en taper l'url.

Le syndrome Galliano

Il y a au moins un avantage dans le gigantesque open-space que génère l'addition de l'Internet et de la téléphonie mobile : les vicissitudes du star-system ne peuvent plus bénéficier de l'immunité à laquelle les individus qui le forment sont habitués.

Galliano et ses injures (antisémites ou non) me font penser au comportement de Delarue il y a quelques mois de cela dans un avion avec une jeune femme.

Ces gars-là se croient tout-puissants. Ils pensent que rien ne peut les atteindre et se permettent du mépris et des insultes envers les gens ordinaires que nous sommes, nous qui les faisons vivre.

Écoutez ce pauvre type expliquer qu'il "aime Hitler", c'est édifiant. The Sun est un bon gros tabloïd populiste anglais, mais il a quelques qualités : il n'a pas nos pudeurs avec les élites, et il a balancé la vidéo qui enfonce Galliano. Il n'est pas prêt de reprendre les commandes de la maison Dior, celui-là.

Galliano va sans doute disparaître du monde de la mode. Il restera juste bon à figurer sur un stand de fête pour skinheads ou de néo-nazis américains.

Il aura ajouté le mensonge à l'ignominie. Dès le départ, connaissant un peu les habitudes de ce monde pourri, j'ai senti qu'il mentait. Le bar a bien essayé de le couvrir pour ne pas faire tache, mais c'est râpé, a téléphonie mobile est passée par là. 

On se dit vraiment qu'il n'y a plus que cela pour les arrêter, ces pourris.

dimanche, 27 février 2011

Juppé aux affaires étrangères ? Bonne nouvelle !

Des rumeurs de plus en plus insistantes font état de la nomination prochaine d'Alain Juppé à la tête des affaires étrangères, puisqu'il paraît acté que Michèle Alliot-Marie va partir. Il conserverait de surcroît la Défense, situation inédite dans l'histoire de notre Vème République.

Bonne nouvelle de mon point de vue : j'ai conservé le meilleur souvenir de la gestion des affaires étrangères par Alain Juppé. Je sais que c'est un homme qui ne sacrifie pas les principes, tout en promouvant une diplomatie efficace.

A vrai dire, il va devoir s'adapter à une nouvelle donne mondiale : les révoltes successives dans les pays arabes vont redistribuer les cartes dans une large portion du monde de manière tout à fait inattendue. La question que tout le monde se pose, du moins en Europe, c'est de découvrir ce qui émergera des décombres des despotismes : démocraties ? théocraties ? régimes militaires ? Personne ne peut le dire avec certitude, même si les armées semblent avoir pris fait et cause pour les peuples, dans l'ensemble, et que les islamistes, Al Qada en tête, ont été pris de cours par des révolutions qui à aucun moment ne se sont réclamées d'Allah et encore moins des fous de Dieu... 

Comme le dit Alain Juppé, tout en invitant à la vigilance, et si les peuples arabes réussissaient ? Ce n'est pas le seul défi que devra relever le maire de Bordeaux : l'affaire Florence Cassez, les otages en Afghanistan, le désengagement ou non de ce pays, le délitement européen, les relations avec la Chine, le déclin de l'influence française, particulièrement en Afrique...

Il restera à Alain Juppé la difficile tâche d'effacer les relents brouillons de l'agitation sarkozyste. Juppé est une forte tête, mais saura-t-il faire entendre sa voix ? L'avenir seul le dira...

jeudi, 24 février 2011

Pauvre bonhomme Chabert

Dans la collection des Balzac, en voilà encore un autre que je viens de finir, juste avant d'entamer le Lys dans la Vallée : le Colonel Chabert. Pauvre vieux.

Je me suis longtemps demandé, au fil de ma lecture, s'il parviendrait à faire enfin reconnaître son identité ou non. Je me suis même demandé pendant un temps si sa femme n'était pas sincère : après tout, la demande du vieil homme pouvait sembler incongrue si le colonel Chabert était censé être mort, d'autant que son vieillissement accéléré avait achevé d'en faire un autre homme.

Et puis non. C'était bien lui. Homme droit face à une femme sans scrupules. Sans scrupules ? Allez savoir...Jamais Balzac ne présente les choses sous cet aspect, ou du moins, uniquement dans la bouche de la Comtesse de Féraud ; et même ainsi, il en fait un subterfuge pour mieux tromper le colonel Chabert. La question méritait pourtant d'être posée, et, c'est tout à son honneur, Chabert qui n'avait jamais voulu autre chose que de récupérer son identité, qu'on la reconnaisse, du moins, était tout prêt à laisser, par amour et délicatesse, sa femme vivre sa seconde vie.

Balzac a préféré faire de cette femme un monstre, prête à faire disparaître le colonel une fois sa déclaration écrite de renonciation à son identité entre ses mains. C'est tellement plus agréable de passer du statut de Rose Chapotel à celui de Comtesse d'une famille reconnue...

Dialectique de l'être et de l'avoir : le colonel ne cherche qu'à être ce qu'il est déjà, pas plus, quand les autres veulent avoir toujours davantage, à commencer par Rose.

07:43 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : balzac, chabert, être, avoir, morale |  Facebook | | |

mercredi, 23 février 2011

Le militant

Souvenez-vous, il y a un petit peu plus d'un an, il était venu donner son avis sur le militantisme au MoDem. J'avais repris son commentaire et l'avait publié, puis, l'article avait été à son tour repris par Marianne. Eh bien un citoyen comme les autres est revenu pour compléter son propos. Le voici en exclusivité :-)

Presque un an après avoir publié ce billet (écrit d'une traite un soir sous le coup de la surprise après avoir découvert l'étrange blog du "chevalier orange" comme une réponse au positionnement "à charge" de cet ex militant devenu adversaire acharné et compulsif du leader et du parti qu'il encensait encore quelques mois auparavant), relayé à ma grande surprise par de nombreux blogs et sur Marianne je repasse sur cette page afin de préciser un de mes propos qui a été mal perçu à l'époque. Sans doute largement par ma faute (maladresse de formulation). Je n'ai jamais pensé un instant qu'un militant ne devait pas "penser", bien au contraire il incarne le chaudron d'ou les futures idées du mouvement jailliront voir même l'avenir de celui-ci si ce militant décidait de gravir les échelons vers des candidatures. Mon point de vue est qu'un militant ne peut espérer voir toutes ses idées entendues rapidement par la direction et ce pour une raison simple, des militants il y en a des milliers au MoDem (et leurs idées sont toutes différentes et souvent contradictoires), si le bureau directeur ou François Bayrou devaient prendre en compte chacune d'entre elles (déjà rien que toutes les enregistrer) le mouvement serait tout simplement ingouvernable et il ne possède de surcroît pas encore la structure pour le faire. Le MoDem à la chance d'avoir un leader clair, et aspirationnel qui exprime une vision de la société des valeurs, c'est une chance, il ne fonctionne pas encore tout à fait comme le PS ou tout le monde s'exprime via des cellules et des courants jusqu'a la cacophonie et la contradiction et qui ne trouve sa ligne qu'après d'interminables négociations et compromis. Si ce type d'organisation est sans doute plus démocratique et adaptée aux périodes de "beaux temps il devient un handicap dans la tempête ou il faut que quelqu'un tranche et fasse avancer le bateau contre vents et marées rapidement et selon une ligne claire perceptible par le fond de l'électorat (le PS n'en a plus). Bref, les militants du MoDem qui déversent leurs idées (forcément brillantes) sur le net ou dans d'interminables réunions et qui se laissent aller à la frustration quelques mois plus tard car celles ci ne sont pas immédiatement reprises par "la haut" doivent apprendre ....la patience et l'opiniâtreté, qui sont sans doute les vertus les plus importantes en politique (demandez à Chirac ou Mitterrand). Pour le reste et pour le quotidien le "militant" doit aussi et surtout se consacrer au militantisme et à l'organisation.. pas toujours drôle mais incontournable et formateur. Toutes mes excuses donc si mes propos ont choqué certains pour le reste je conserve le même point de vue sur François Bayrou qu'il y a un an.

07:53 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : modem, bayrou, ps, militantisme |  Facebook | | |

mardi, 22 février 2011

Les retraités participeront-ils au financement de la dépendance ?

Compte tenu de l’ampleur des dépenses actuelles – sans parler de celles à venir – et de la dégradation des comptes sociaux, compte tenu également de l’effet 'différé' de certaines réformes proposées – la mise en place d’une assurance n’aura des effets qu’à moyen terme –, des recettes nouvelles devront être affectées à la prise en charge de la perte d’autonomie.

Cependant, la charge de cet effort ne saurait, à mon avis, peser sur les seules générations actuelles d’actifs. Au moment où la réforme des retraites a principalement fait supporter l’effort sur les actifs, il convient – j’ai déjà eu l’occasion de le dire – d’engager une réflexion sur l’augmentation de l’effort contributif des retraités aux dépenses liées au de vieillissement de la Nation.
En effet, le niveau de vie moyen de ces derniers s’est considérablement amélioré depuis les années 1970. Si l’on prend en compte les revenus du patrimoine, les placements financiers et immobiliers et les loyers non versés par les retraités propriétaires, leur niveau de vie moyen apparaît même comme légèrement supérieur à celui des actifs.

Dans cette perspective, certains avantages fiscaux dont ils bénéficient pourraient être aujourd’hui révisés, notamment le taux réduit de CSG sur les pensions.

J’avais déposé un amendement en ce sens dans le cadre du projet de loi de financement pour 2011 qui préservait les 'petites pensions' : je proposais que le taux de la CSG ne soit relevé que pour les personnes imposées au taux de 6,6 pour cent. Les personnes exonérées de CSG sur leurs pensions, ou bénéficiant du taux réduit de 3,8 pour cent, n’étaient pas concernées. Cette mesure aurait conduit à un surcroît de recettes de près de 1,7 milliard d’euros.

Cette piste ne pourra pas, je pense, être écartée, car il me semble particulièrement légitime de demander un effort à toute la population, à l’heure où le Parlement vient d’accepter non seulement d’utiliser de manière anticipée le Fonds de réserve des retraites (FRR), mais aussi de prolonger de quatre années la durée de vie de la Caisse d’amortissement de la dette sociale ; à l’heure où le Parlement vient donc de reporter sur les générations futures une charge qu’il souhaitait encore pleinement assumer il y a 5 ans.

Le texte n'est pas de moi. Il est de Jean-Jacques Jégou, sénateur MoDem et spécialiste du financement de la solidarité. Mais comme je n'ai pas grand chose à ajouter au propos, j'en reprends les éléments les plus significatifs ici.

lundi, 21 février 2011

Il faudra bien chiffrer le programme du FN...

Étonnants, ces sondages qui donnent Marine Le pen à près de 20% d'intentions de vote. Il viendra pourtant bien un moment où il faudra chiffrer le programme politique et économique du Front National, et là, ça fera mal. La seule sortie de l'euro engendrera des millions d'euros (donc des milliards de franc) rien que pour fabriquer puis réintrroduire la nouvelle monnaie. Il faudra rétablir des bureaux de change partout. Notre déficit se creusera pour une autre raison très simple : sans la garantie de l'Europe et de l'euro, nos prêteurs ne nous consentiront pas les mêmes taux d'intérêt. Les agences dégraderont évidemment notre note sur les marchés financiers. De ce fait, la charge de l'emprunt grimpera vertigineusement. Le FN n'a ura alors d'autre choix que de tailler dans le vif de toutes les dépenses sociales, et pas seulement : dans celles d'infrastructures également. Plus de médecins, plus de gendarmes dans les campagnes, plus de lignes régionales, des écoles fermées dans les petits villages, des allocations partout réduites à leur portion congrue.

Et, bien évidemment, les premières victimes de ce désastre seront ceux qui auront voté pour Marine Le pen. 

Je vois de temps en temps des militants ou sympathisants du FN passer sur le blogue : ils sont incapables de la moindre argumentation économique. Les plus lucides d'entre eux savent très bien que leur patrone ment et qu'ils iraient dans le mur s'ils n'appliquaient ne serait-ce que 10% de ce que leur programmpe prévoit...

07:33 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (33) | Tags : fn |  Facebook | | |

dimanche, 20 février 2011

Réhabilitons Félix (un peu)

Je n'épargnerai rien à mes lecteurs : ils sauront tout (enfin, du moins tout ce que moi j'en pense) du Lys dans la vallée d'Honoré de Balzac. Je fais bien de relire ce livre. J'avais vraiment tout oublié... J'ai été dur avec Félix, je l'ai accusé d'égocentrisme parce qu'il parlait beaucoup de lui. Rendons-lui hommage : ses boquets de fleurs composés avec l'attention particulière d'un compositeur méditant sa symphonie méritent l'admiration et surtout, prouve sa capacité à se dépasser pour l'objet de son amour. Au passage époustouflant Balzac qui énumère en virtuose tout ce que les champs et les prés comptent de plantes à fleurs. J'ai laissé entendre que Félix était surtout en contemplation de lui-même, mais je corrige : il est sincèrement amoureux d'Henriette, puisqu'il est prêt à tous les sacrifices pour elle, même de se faire prêtre.

Je me suis aussi intéressé à ses rapports avec les deux enfants d'Henriette, Madeleine et Jacques. Ils l'attendrissent, mais, est-ce le cas pour ce qu'ils sont ou simplement parce qu'ils sont les enfants d'Henriette ? Félix dit dans un premier temps que tout ce qui est proche d'Henriette mérite attention et amour. J'ai donc d'abord eu le sentiment que les enfants étaient objetisés. Mais par la suite, on sent dans les rapports que Félix entretient avec eux qu'une certaine forme d'autonomie (toute relative, toutefois) se forme entre eux, dans leurs relations. A ce stade-là, toutefois, si Henriette périssait, il est assez probable que les enfants retourneraient à leur statut d'objets d'Henriette. Toute proportion gardée, je vais faire un parallèle qui va faire bondir les puristes : dans la série de JK Rowling, Severus Rogue n'a de l'attention (bien cachée) pour Harry Potter que parce qu'il  a été amoureux de sa mère. Peut-être est-ce dans cette catégorie qu'il faudrait chercher au cas où Henriette périrait, encore que Félix est bien plus tendre et sentimental que Sévérus...

14:22 Publié dans Culture, Lectures | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : balzac, harry potter |  Facebook | | |

L'écriture de Justine

Je crois que je n'en ai pas fini de commenter les deux livres de Justine Lévy, Rien de grave et Mauvaise fille. J'ai écrit dans ma note précédente sur Mauvaise fille que je trouvais l'écriture de Justine hachée. J'y ai bien réfléchi. En fait, quand j'ai tourné les premières pages de Rien de grave, j'ai eu la sensation bizarre de tomber sur une sorte de Petit Nicolas tragique et féminin.

L'écriture de Justine Lévy réplique l'expression d'un enfant ou d'une adolescente. Je me suis demandé pourquoi, me doutant qu'une jeune femme aussi talentueuse ne pouvait avoir que fait sciemment ce choix d'écriture, et finalement, je crois avoir trouvé la réponse. Elle est à mi-chemin, j'en ai la sensation, des sentiments qui agitent Justine et de sa création littéraire propre.

Dans ses deux récits autobiographiques, Justine apparaît toujours comme une jeune fille qui peine à prendre des décisions, et surtout, qui ne se vit pas comme une adulte libérée de ses parents. Je ne dirais pas qu'ils l'ont enchaînée d'une manière ou d'une autre, cela je ne peux le savoir, mais elle, à l'évidence, a bien du mal à voler de ses propres ailes ; non pas matériellement ou physiquement, mais psychiquement. Ses parents, son papa, sa maman, demeurent les références absolues de son logiciel.

Du coup, je ne comprends son écriture que par le refus (ou la difficulté, du moins) à assumer un développement psychique et psychologique pleinement adulte. Or, franchir le seuil qui sépare définitivement l'enfant du parent (sans pour autant que les liens soient brisés) devient une nécessité avec la maternité. Il est difficile de se positionner comme mère (ou comme père) quand on est encore par trop l'enfant de ses parents. D'ailleurs, c'est quasiment ce qu'écrit Justine à la dernière page de son roman à propos de sa mère : il fallait qu'elle meure pour me laisser être mère à mon tour.

J'ai relu la fin de Mauvaise fille ; ce n'est pas encore une certitude, mais j'ai eu l'impression d'une évolution du style. Une ponctuation plus correcte, des négations entières, moins de ruptures de construction et d'ellipses, tout ce qui contribue à générer une atmosphère stressante, tout au long des deux ouvrages, avec ces phrases qui se succèdent et se bousculent, les unes à la suite des autres, sans laisser au lecteur le temps de physiquement respirer.

J'avoue attendre avec la plus grande impatience le prochain livre de Justine Lévy. J'espère qu'elle continuera à relater sa passionnante et riche existence. Peu de livres m'ont marqué autant que les deux siens.

samedi, 19 février 2011

Sarkozy face au FN, populismes...

Il y a un truc que Sarkozy n'a pas compris avec le FN : 2007, c'est terminé. Il a fait une fois le coup aux électeurs et sympathisants de ce parti, mais là, c'est fichu après ses échecs patents. Sarkozy veut donc concurrencer le Front National en évoquant l'Islam ou la sécurité ? Ou encore l'immigration ? Le multi-culturalisme ? Il ferait mieux de se taire. Voilà un homme qui a naturalisé 200 000 étrangers par an depuis le début de son mandat, a continué à alimenter le regroupement familial, tout en chassant, dans le même temps, de braves gens aspirant vraiment à l'intégration : je me souviens encore de ce jeune garçon qui avait sauté du 1er étage pour échapper à la police et qui cumulait à l'école les premiers prix d'orthographe française. Incapable qui fait tout l'inverse de ce qu'il faudrait faire...

Marine Le pen se réjouissait hier de ce que l'UMP marche dans ses traces : en effet, le parti présidentiel va lui tracer un sillon inespéré. Je ne dis pas qu'il faut esquiver les sujets qui fâchent : il faut avoir des réponses claires, nettes et fermes dans ce domaine, mais pas la peine d'en rajouter non plus dans la surenchère (surtout de mots) alors qu'il y a moyen d'attaquer le FN sur ses points faibles (son programme économique, son programme social).

Je l'ai déjà écrit, sous la houlette de Marine Le pen, le FN a quasiment achevé sa mutation en parti populiste. Partout en Europe, les partis populistes sont devenus puissants. Des remèdes efficaces contre la progression de leur gangrène n'ont pas encore été trouvés par les autres forces politiques. Il y avait à ce sujet un débat intéressant dans les pages du quotidien Le Monde.

Baverez dit une chose qui me paraît intéressante : il faut insister sur le fait que ce n'est pas l'économie qui dirige la politique, mais l'inverse, car le populisme se nourrit justement de la première impression. C'est aussi mon sentiment.

Il est ensuite très important de ne pas prêter le flanc aux collusions de toutes sortes. Sur ce point, j'ai une entière confiance en Bayrou. Éviter les "Siècles" et autres think tanks et réseaux destinés à imposer leurs vues à la société toute entière, mais pas seulement : la sphère médiatique est insupportable d'arrogance aux yeux de beaucoup de Français. La presse est déconsidérée, intellectuels et journalistes fournissant le fouet pour se faire battre la plupart du temps.

La corde populiste, ils sont nombreux à vouloir en user, Sarkozy le premier. Toute la difficulté, c'est de distinguer ce qui ressort de la rhétorique populiste (tous pourris, c'est la faute des juges, des immigrés, les cheminots, les enseignants sont des privilégiés) et la dénonciation d'authentiques abus de pouvoir. Une fois cette distinction faite, on comprend mieux ce qui sépare des Mélenchon ou Le pen d'un Bayrou...