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jeudi, 24 février 2011

Pauvre bonhomme Chabert

Dans la collection des Balzac, en voilà encore un autre que je viens de finir, juste avant d'entamer le Lys dans la Vallée : le Colonel Chabert. Pauvre vieux.

Je me suis longtemps demandé, au fil de ma lecture, s'il parviendrait à faire enfin reconnaître son identité ou non. Je me suis même demandé pendant un temps si sa femme n'était pas sincère : après tout, la demande du vieil homme pouvait sembler incongrue si le colonel Chabert était censé être mort, d'autant que son vieillissement accéléré avait achevé d'en faire un autre homme.

Et puis non. C'était bien lui. Homme droit face à une femme sans scrupules. Sans scrupules ? Allez savoir...Jamais Balzac ne présente les choses sous cet aspect, ou du moins, uniquement dans la bouche de la Comtesse de Féraud ; et même ainsi, il en fait un subterfuge pour mieux tromper le colonel Chabert. La question méritait pourtant d'être posée, et, c'est tout à son honneur, Chabert qui n'avait jamais voulu autre chose que de récupérer son identité, qu'on la reconnaisse, du moins, était tout prêt à laisser, par amour et délicatesse, sa femme vivre sa seconde vie.

Balzac a préféré faire de cette femme un monstre, prête à faire disparaître le colonel une fois sa déclaration écrite de renonciation à son identité entre ses mains. C'est tellement plus agréable de passer du statut de Rose Chapotel à celui de Comtesse d'une famille reconnue...

Dialectique de l'être et de l'avoir : le colonel ne cherche qu'à être ce qu'il est déjà, pas plus, quand les autres veulent avoir toujours davantage, à commencer par Rose.

07:43 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : balzac, chabert, être, avoir, morale |  Facebook | | |

Commentaires

Quel superbe portrait de femme, que celui de la comtesse ! Dans le genre pire (si je puis dire), je ne vois guère que la Cousine Bette. Et encore, ça se discute.

Écrit par : Didier Goux | jeudi, 24 février 2011

Ah, les récits des campagnes napoléoniennes ... autant de souvenirs qui ont structuré les foyers campagnards au sein de la France rurale du XIXe siècle pendant au moins deux générations. Pour repérer l'impact de la gloire napoléonienne, il n'est que de lire les récits de Martin Nadaud, maçon creusois, qui sera député républicain à l'Assemblée législative aux début de la IIIe République. Une légende qui court sur plus d'un demi-siècle et dont Balzac a fait son miel en son temps. Mais revenons au titre : Rose est probablement une pimbêche, exempte d'une certaine délicatesse. Visiblement, cette pauvre dame manque à foison d'intelligence et de subtilité, sauf lorsque l'on se place dans sa perspective, assez grossière somme toute, qui est de se débarrasser du pauvre Chabert. Le colonel n'a conservé en héritage que ses souvenirs mais, comme vous dites, il demeure effectivement authentique. La belle Rose cherche sans doute jusqu'à la fin de ses jours à briller de ses mille feux, amoindrie qu'elle sera peut être au fil du temps par l'aigreur de ses fastes. Sur le champ de la création littéraire, le jugement que porte Balzac sur Rose me fait songer à celui, bien réel, que portait Saint-Simon sur la princesse de Sévigné : un "rond de cuir" blanchi sous le harnais ...

Écrit par : Jourdan | vendredi, 25 février 2011

J'adore ce livre ... tellement réaliste sur l'humanitude ! La belle Rose qui cherche avant toute chose à se protéger, c'est pas très joli, mais franchement ... le notaire dans tout ça ! hein ? Très belle fresque hélas encore d'actualité.

Écrit par : Mirabelle | samedi, 26 février 2011

@Didier Goux
La Cousine Bette est dans mes tablettes. Je vous dis ce que j'en pense dès que je l'ai lu. Je l'avais commencé il y a fort longtemps (au moins 20 ans) mais sans dépasser les premières pages. Pour l'instant, la fière Henriette accapare toute mon attention...
Quant à la comtesse, j'avoue mon hésitation. Son comportement avec ses enfants montre aussi qu'elle est capable d'amour. Pas un monstre à 100%, dans ces conditions...Et puis si le calcul que l'avoué prête au Comte est tenable, le fait est que son nouveau mari ne vaut pas mieux qu'elle...
@Mirabelle
A protéger aussi ses enfants...
@Jourdan
Je la crois au contraire très intelligente...

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 27 février 2011

@L'hérétique,
Rose ? Intelligente, probablement; carriériste, c'est presque incontestable; Une merveille de subtilité ? Je ne crois pas, franchement.

Écrit par : Jourdan | lundi, 28 février 2011

@L'hérétique,
Rose ? Intelligente, probablement; carriériste, c'est presque incontestable; Une merveille de subtilité ? Je ne crois pas, franchement.

Écrit par : Jourdan | lundi, 28 février 2011

@L'hérétique,
Rose ? Intelligente, probablement; carriériste, c'est presque incontestable; Une merveille de subtilité ? Je ne crois pas, franchement.

Écrit par : Jourdan | lundi, 28 février 2011

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