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samedi, 31 juillet 2010

Sécurité, l'Esprit des lois...

Nicolas Sarkozy s'est montré fort disert quant aux mesures qu'il escomptait prendre pour juguler la délinquance. A vrai dire, de nombreux aspects de ses déclarations m'ont laissé perplexe. J'ai du mal à imaginer que l'on revienne sur une nationalité une fois acquise. J'avais proposé ici-même une phase transitoire (nationalité à points), mais, une fois cette dernière obtenue, elle devrait être irrévocable quel que soit le délit ou le crime commis si crime ou délit il doit y avoir. D'ailleurs, aucun pays n'accepterait ensuite de récupérer des criminels ou des délinquants qu'on aurait déchu de leur nationalité. Une fois devenu français, l'individu délinquant devient notre problème à nous, Français.

On peut en revanche éviter d'en arriver là en conditionnant l'obtention de la nationalité française. Elle ne devrait en effet plus être automatique à la majorité, c'est mon avis depuis longtemps.

Plusieurs rapports concordent pour observer la part prépondérante d'individus d'origine immigrée (mais de nationalité française) dans les phénomènes de délinquance. Rien qu'en Isère, un rapport de 2004 établissait que deux tiers des mineurs délinquants étaient d'origine étrangère alors même que la proportion d'immigrés n'était en 2004 que de 6.1% dans le département. Toutefois, même ainsi, et sans verser dans l'angélisme anti-stigmatisation des diverses organisations des droits de l'homme (largement discréditées, par ailleurs), ne pas oublier que la délinquance demeure le fait d'une petite minorité, y compris au sein de la population immigrée. Il ne faudrait pas faire payer aux gens tranquilles les exactions de la racaille.

Nicolas Sarkozy ne semble avoir de yeux que pour les seuls dépositaires de la force publique, puisqu'il ne réagit qu'aux seules agressions contre ces derniers. Et les autres Français ?

Je pense, comme Bayrou, que l'on pourrait obtenir des résultats satisfaisants simplement en appliquant les lois existantes. Bayrou soulève par ailleurs des objections pertinentes :

On n'a pas besoin de lois nouvelles chaque semaine, ou de propos guerriers non suivis d'effet, on a besoin de faire appliquer les lois qui existent déjà et qui sont bafouées tous les jours. Les Français savent bien que la délinquance qui progresse, les agressions, les incivilités, les vols, les voitures brûlées, ne relèvent pas de lois d'exception. Elles relèvent d'un État présent, proche, qui se fait respecter, d'un retour du sens civique, d'une prévention efficace, de sanctions rapides, dissuasives, éducatives quand on le peut encore, d'un retour de l'État partout où s'installent des zones de non-droit, d'une police, d'une gendarmerie et d'une justice qui aient sur le long terme les moyens de leur action.

[...]En focalisant sur la seule immigration le discours sur l’insécurité, on cherche à introduire un signe « égale » entre l’une et l’autre. Au risque de bien des dérives : qu’est-ce qu’un Français d’origine étrangère ? À partir de quelle génération ? Que fait-on de ceux qui sont nés en France ? Pour nous, la loi et la sanction, même rigoureuses, doivent être les mêmes pour tout le monde, sans distinction d’origine, ou de situation sociale.

Le Président du MoDem me paraît parler le langage de la raison et du bon sens, celui-là même qui émane également de l'ouvrage majeur de Montesquieu, l'Esprit des lois. Plus que d'une justice à deux vitesses, c'est d'une justice efficace dont la France a besoin.

vendredi, 30 juillet 2010

La Taverne des Poètes

Depuis quelques temps, mon grand souci blogosphérique, c'est de trouver de nouvelles sources d'informations, et, tant qu'à faire de nouveaux blogues. Exercice difficile et prenant s'il en est. On a vite fait de s'installer dans une sorte de petit confort léthargique où un train-train quotidien et comateux vient peu à peu appesantir la pensée. Farfouillant et furetant, je suis allé explorer la plate-forme du MoDem, lesdemocrates.fr d'où avait surgi un grand nombre de blogues en mars 2010. Bon, reconnaissons-le, le temps et la lassitude ont fait leur effet, il y a comme un souffle qui est retombé. Un souffle ? un soufflé, devrais-je dire. Ou alors un soufflet, allez savoir...

Mais du coup, la crème est restée. Cela fait un petit moment que je suis la Taverne des Poètes (qui écrivait sur AgoraVox par le passé, au demeurant) et je me marre bien.

Voilà un blogueur qui a pris le parti, entre deux billets en prose, de commenter l'actualité en vers. Cela donne quelques morceaux simples mais amusants , comme celui-ci, par exemple :

Peut-être avec “paradis d’or”
Ou bien avec “chasse au tchador”,
Avec la “boîte de Pandore”,
L’évocation des miradors.

Avec quoi rime “prince d’Andorre”
*?
Avec “l’argent n’a pas d’odor”,
“adorateur du veau d’or” ?
Et pour le fiston un “pont d’or” ?

Avec “Alberto Contador”,
Avec le blason qu’on redore,
Ou plutôt avec “Poulidor” ?
La rime est drôle et je l’adore.

On m’souffle dans les corridors
Cett’ rime pour le prince d’Andorre :
“Acteur, charognard et condor (en un seul mot)
Du Théâtre du Mogador” !

D’aucuns disent avec “matador”,
“toréador” et puis “cador”.
Et, pire, avec Dark Vador !
Aux journalistes : “Couché médor !”

Je dis, moi, avec “inodore”,
Et “méfiez-vous de l’eau qui dort”.
Je sais que le silence est d’or,
J’aurais pas dû, ces rimes en “dor”

Bon, évidemment, le poète a parfois la rime facile, les miradors, faut pas pousser non plus, mais indéniablement, il a le pied musical. Il a les travers de cette génération de militants démocrates née avec le centrisme tribunicien de Bayrou, c'est à dire un goût peu pondéré pour la contestation (Sarkozy est forcément un tyran), la dénonciation (les vilaines banques), le discours solidaire (les "aidants" apportent de la valeur ajoutée à la croissance), et cetera. Mais chez lui, on se cultive (ça fait du bien dans ce monde de blogueurs brutes ) et en plus il publie régulièrement.

NDLR * Pour information, tout Président de la République Française devient automatiquement Prince d'Andorre.

11:01 Publié dans Blog, Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : blog, politique, sarkozy, modem |  Facebook | | |

Qu'est-ce que la presse peut être mesquine, parfois...

Décidément, je me dis parfois que nous avons la presse que nous méritons. En Angleterre, on a cru passionnant d'épiloguer sur le jeu de Carla Bruni dans le dernier film de Woddy Allen. Ce dernier a la réputation d'être méticuleux. Alors 5, 10, 15, 35 ou 100 fois, qu'est-ce que cela peut bien faire...

J'vous jure, des fois, ils n'ont vraiment que ça à f...

Huit bébés tués, c'est de la folie !

Huit bébés assassinés à la naissance à Vilers le Tertre. Quelle horreur ! Quand j'apprends par la presse ce genre de nouvelles, j'ai l'impression d'encaisser un 35 tonnes dans la face.

Terrible aussi pour les deux filles aînées de la coupable des meurtres. Il s'agit d'une aide-soignante, mère de deux grandes filles de 20 ans. Comment pour elles, ne pas désormais devoir affronter la lancinante interrogation du "pourquoi pas nous " ? Sa forte corpulence lui a permis de dissimuler ses grossesses, jusqu'à son mari, charpentier et conseiller municipal, qui ne s'est rendu compte de rien.

J'ai écouté ce qu'en dit le psychiatre Roland Coutanceau sur France-info, et mon intuition personnelle m'amène à ressentir quelque chose d'assez similaire à son analyse.

La grossesse n'est pas seulement un phénomène physique. C'est également un processus psychique et psychologique. Le foetus, l'enfant à naître, grandit dans l'esprit en même temps qu'il se développe dans le corps. Cette femme, comme d'autres, hélas, avant elle, a vécu une grossesse physique, à l'évidence, mais pas de grossesse mentale avec les huit enfants qu'elle a tués.

C'est la distorsion entre les deux grossesses qui serait susceptible d'avoir provoqué un choc psychologique fort chez cette femme. Faute d'admettre la réalité mentale de ces enfants, elle les tués. Elle les a tués physiquement parce qu'elle les avait déjà tués mentalement.

Je cite souvent Maria Montessori pour sa vision extraordinaire de l'enfant, embryon spirituel qui se développe suivant le plan secret et miraculeux de sa propre nature. L'absence totale de conscience de la présence de cet embryon-là, voilà qui explique, hélas, l'absence de sentiments et de barrières de la meurtrière.

Pour prendre conscience de ses actes, il va lui falloir retracer les chemins complets de ces huit vies. La condamnation judiciaire est probablement la première étape, fût-elle pour elle la prison à vie.

jeudi, 29 juillet 2010

L'orthographe

Pas moyen d'écrire une note sans coller une faute d'orthographe, au moins au premier jet. Désespérant. Si je ne rouvre pas mes notes, régulièrement, je les vois comporter des fautes, généralement d'accord, çà et là. Les fautes lexicales, c'est beaucoup plus rare. A vrai dire, très maigre consolation, je ne suis sans doute pas le seul. Tenez, prenez le site d'orthographe le plus relayé pour faire des dictées (que j'utilise abondamment pour entraîner mon aîné), ladictee.fr : jetez un oeil aux dictées de CM1, et, particulièrement, sur la correction du troisième texte sur les habits neufs de l'empereur (dictée n°19). Je vous le donne dans le mille, il y a une faute dans la correction..."et l'empereur voulu (!) la voir" à la place de "et l'empereur voulut la voir".

Je me demande ce qu'il faut comme qualités exactement pour ne pas faire d'erreurs d'orthographe. J'ai l'impression que c'est une question d'attention portée au texte, d'observation et de continuité dans la tâche d'écriture. Lire énormément ne suffit pas. Cela permet peut-être d'assurer l'orthographe lexicale, mais pas l'orthographe grammaticale.

En fait, j'ai l'impression qu'on écrit sans fautes un texte comme on range et nettoie bien une chambre, sans laisser de poussières sur le sol ni d'objets qui traîneraient en surface. Est-ce qu'il faut s'occuper du nettoyage chez soi tous les jours pour s'exercer ? C'est bien possible. Les processus mentaux en oeuvre pour assurer la correction de l'orthographe sont multiples. Il faut penser au moins intuitivement les relations justes entre les mots, de la même manière que l'oeil infaillible ajuste la taille de la boîte ou de l'objet à la place qui demeure dans l'étagère. Finalement, c'est une question de sens de l'observation.

On écrit aussi quand on a une vision claire des acteurs que l'on met en scène. Qui agit, qui fait l'action, comment se caractérise-t-elle ? A ce moment-là, seulement, on peut appliquer le genre et le nombre.

Après, la conscience claire des catégories grammaticales permet certainement d'éviter des confusions de nature entre les mots, et donc de désinences à appliquer.

Enfin, la connaissance des conjugaisons parachève une orthographe sûre.

Dans tous les cas de figure, ce sont, je le crois, à peu près toujours les mêmes fautes que l'on commet. C'est donc par l'entraînement régulier que l'on peut espérer acquérir les automatismes adéquats.

Ce qu'Al Qaeda cherche à détruire au Niger

Michel Germaneau appartenait à une association humanitaire : Enmilal. L'objet principal de cette association est la scolarisation des enfants, et, autant que faire se peut, des petites filles.enmilal.jpg

Il me semble que la photo est éloquente.

J'espère qu'elle pourra inspirer d'éventuels soutiens et/ou admirateurs en herbe de cette mouvance qui résideraient en France.

L'école comporte cinq pièces, deux douches et des toilettes ainsi que deux grandes salles (une pour la classe, une pour le dortoir), une pièce pour l'instituteur, une pour la cuisine et une pour le stockage des denrées alimentaires. Elle est équipée d'un tableau, de matériel de cuisine, de mobilier de dortoir et de bureaux bancs réalisés par le centre d'handicapés d'Agadez (malheureusement détruit par des inondations en août 2009).

Enmilal a un projet global pour le village où elle intervient. Outre la réparation du dispensaire endommagé par des intempéries, elle projette à court-terme de mettre en place du micro-crédit pour les familles les plus pauvres (achat d'animaux puis remboursement par les premières naissances), de construire un nouveau puits et de développer un jardin potager pour l'école.

A moyen terme, elle voudrait doter le village de panneaux solaires suffisants pour alimenter un réfrigérateur capable de conserver des médicaments puis construire un local qui servirait de banque céréalière pour organiser la production.

Un vrai projet de développement économique en terre touarègue en somme. Vogue haleine qui vient de réaliser un billet remarquable sur une petite histoire du terrorisme voudrait se garder de tout jugement moral en s'attachant à ne considérer que le résultat final des actions terroristes au regard de celui d'une guerre conventionnelle. Depuis l'Éthique d'Aristote, on intègre désormais un paramètre d'intentionnalité pour juger du caractère criminel ou non de telle ou telle action. La guerre fait plus de morts, plus de destructions, sans aucun doute, mais, en dehors des guerres terroristes, elle ne vise pas spécifiquement des écoles ou des hôpitaux. Le terrorisme est une marque distinctive qui s'applique à un ensemble d'actions. Ce n'est pas une guerre en tant que telle, mais une catégorie logique,  de type caractéristique, qui peut, le cas échéant, qualifier une guerre. La comparaison entre la guerre et le terrorisme revient donc, in fine, à comparer grammaticalement un nom et un adjectif, ce qui n'est pas cohérent.

mercredi, 28 juillet 2010

Expulsion à la Courneuve : AUCUNE violence policière

A la suite d'un billet de Corto, j'ai visualisé une vidéo amateur censée montrer des violences policières à a Courneuve. Le contexte est le suivant : des immigrés en situation irrégulière squattaient illégalement des locaux d'habitation. Des policiers les ont donc expulsé des lieux puisqu'ils refusaient de partir d'eux-même. Rien que de normal.

Alors évidemment, il s'est trouvé une hyène pour filmer la scène en espérant le geste de trop qui avaliserait le célèbre slogan CRS/SS. Raté caramba. Pas un geste de trop dans cette opération.

J'y ai vu en tout cas des individus hystériques poussant des hurlements pour tenter de faire croire à une expulsion brutale, au moins une femme avec un jeune enfant se laissant tomber sur celui-ci alors qu'elle est tirée par des policiers, mais pour ces derniers, je constate qu'ils ont procédé avec patience et douceur, sans aucune forme de brutalité. Au fait, la femme qui donne des coups de pied au CRS, à 2mn30, elle joue à quoi, alors qu'elle se rend tout de même compte qu'elle a son bébé sur le dos ? Il est cool, le CRS, en face, il se contente de lui répondre "frappe pas". Elle se roule dessus sans vergogne pour se débattre, et c'est un CRS qui vient in extremis récupérer l'enfant et le mettre à l'abri !

Corto semble saisi et se demande comment on en est arrivé là. Arrivé où ? Des gens en situation irrégulière occupent des lieux illégalement. Ils refusent toute forme de négociation (d'ailleurs, je ne vois pas pourquoi les pouvoirs publics devraient négocier sur l'application de la loi). La force publique intervient avec beaucoup de réserve. Aucun incident n'est à déplorer, en dépit des résistances et de quelques provocations. Où est le problème ? Ah, un détail : la femme enceinte a par la suite été amenée à l'hôpital Avicenne de Bobigny, et, pour un temps limité, plusieurs familles ont été relogées dans des hôtels.

Ah, si, un problème, j'en vois un : le titre de la vidéo et la vidéo elle-même, tous deux réalisés avec l'espoir de discréditer la police et toute régulation des occupations illégales et de l'immigration clandestine. On pourrait évidemment espérer que l'auteur ait voulu mettre en évidence la distorsion entre le titre et les faits, mais bon, ne rêvons, pas c'est optimiste. En tout cas, moi, personne ne me fera verser ne serait-ce qu'une demi-larme sur cette scène.


Une expulsion à La Courneuve : des violences policières
envoyé par toff48. - L'info internationale vidéo.

Cool avec le stress, les banques...

Je me suis demandé ce que comportaient comme hypothèses basses le coup de stress que se sont infligées récemment 91 banques européennes. J'en sais désormais un peu plus grâce à l'excellent Cercle des Échos. Primo, le scénario ne prévoyait pas que comme en 2008, les banques ne se fissent plus confiance au point d'engendrer une grave crise de liquidités. Deuxio, aucune hypothèse de défaillance d'une dette souveraine ; non que les testeurs se soient dit qu'un état européen pouvait faillir, mais plutôt qu'ils se sont imaginés que le FMI ou la BCE y pourvoiraient d'une manière ou une autre, ce qui n'a rien d'une évidence. Tertio, les hypothèses de récession sont résolument "optimistes.

Quelques autres nouvelles quelque peu inquiétantes figurent dans l'article de Mory Doré. Les accords de Bâle prévoyaient de resserrer la réglementation pour les banques. Or, j'apprends que les banques n'auront pas à tenir compte de la solvabilité de leurs filiales pour pour calculer leurs propres ratios...

Bref, je comprends mieux que les marchés, généralement mieux informés que le citoyen ordinaire, soient demeurés de marbre...

Le mieux, in fine, c'est encore de lire l'article, technique, il est vrai, du blogue que je cite en référence...

14:27 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : banque, bâle, stress |  Facebook | | |

Petits hôpitaux et idées noires...

Dans le programme politique du MoDem, la santé figure comme l'un des trois principaux biens supérieurs qui doivent être à tout prix préservés.  Or, je vois que Roselyne Bachelot, suivant évidemment le plan du gouvernement, prévoit la fermeture de plus de 50 blocs opératoires dans les petits hôpitaux.

Cela me fait penser à une planche humoristique et morbide du dessinateur Franquin. On y voit un ministre guilleret s'extasiant de ses derniers achats d'armes. Tout à sa joie, il traverse la rue sans regarder et se fait renverser par une automobile. Hélas pour lui, les budgets des hôpitaux ont été sacrifiés et faute de bloc de réanimation, il décède.

Je ne partage pas l'antimilitarisme souvent facile de Franquin, en revanche, le jour où un ministre se fera renverser dans une petite ville et qu'il n'y aura plus de bloc opératoire pour l'opérer d'urgence, il sera trop tard pour le regretter.

Alors il y a certes un répit, puisque Roselyne Bachelot a pour l'instant reporté ces fermetures, mais l'objectif demeure, avec une démarche perverse : Nicolas Sarkozy a subtilement expliqué qu'on ne fermait pas les hôpitaux mais des services. Urgences pédiatriques de Saint-Vincent de Paul, à Paris, par exemple (c'est fait depuis avant-hier soir...). Oh, pour rendre compte des fermetures annoncées, c'est assez simple : tapez donc "fermeture hôpitaux" sur google blogs, c'est édifiant ! Les blogues de province, petits ou grands s'en font un écho saisissant. Mais, à votre avis, que se produit-il quand on a fermé le dernier service d'un hôpital ? Eh bien il ferme. A part cela, bien sûr, on ne ferme pas les hôpitaux...

Les fanatiques de l'IFRAP s'en réjouissent ; avec des arguments pour le moins fallacieux, mais repris par le gouvernement, évidemment : il paraîtrait que le geste des chirurgiens serait moins sûr quand ils opèrent peu. Ah. Vive les rythmes stakhanovistes pour les chirurgiens, alors. C'est sûr qu'en multipliant les actes opératoires à des rythmes infernaux la sécurité des services de chirurgie va s'améliorer, c'est évident. Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre... L'autre argument, c'est de dire que les petits blocs ne peuvent suivre le progrès et deviennent dangereux. Ah. a) mieux vaut quelque chose que rien b) pour des actes "ordinaires" de chirurgie, le bloc laser ou l'IRM n'est peut-être pas non plus nécessaire...

L'IFRAP analyse l'efficacité des politiques publiques depuis 1985, mais qui a songé à analyser l'efficacité de l'IFRAP, qui vit, au demeurant, pour une large part, du crédit d'impôts accordé par l'État, comme c'est le cas de toute association reconnue d'utilité publique ?...

Un débat qui ne devrait pas manquer d'intéresser le blogueur Voguehaleine, que je sais très impliqué dans la préservation des services de santé.

11:54 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : santé, hôpitaux |  Facebook | | |

mardi, 27 juillet 2010

Grenoble, la police fait son travail

Je vois sur la Toile beaucoup d'internautes s'indigner de l'apparente absence de réaction de la force publique après les menaces qui pèsent sur des policiers de la BAC. L'ami hashtable, notamment, titre sur la peur panique de la place Beauvau. A sa place, je ne m'avancerais pas à une conclusion aussi hâtive.

Éric Le Douaron, le nouveau préfet de l'Isère, est loin d'être un débutant. Ce n'est pas parce que la police ne fait rien de visible qu'elle n'agit pas. Il me semble, au contraire, que sa stratégie prudente n'est pas mauvaise. Pas de déclarations à l'emporte-pièces, pas de grands moulinets, mais de l'action. Je suis à peu près certain que pendant que la racaille s'imagine avoir flanqué la trouille à la force publique, dans l'ombre, le renseignement opère pour tenter d'identifier les auteurs des menaces.

Mettre les familles en sécurité est une bonne chose. Ouf ! Enfin un chef de police qui ne considère pas ses troupes comme de la chair à canon.

Sur le terrain, des choses se passent, avec des saisies d'armes. Ce qui compte, in fine, ce ne sont pas les déclarations de quelques voyous, mais l'issue des enquêtes. Ce serait un beau coup que d'attraper les auteurs des menaces et leur coller plusieurs années de prison pour menaces de mort aggravées. Patience, patience, pour une fois, les méthodes de ce super-préfet me donnent plutôt confiance.

A gauche, on a une curieuse manière de relater l'histoire de Karim Boudouda, le braqueur d'un casino. Manifestement, il aura échappé à mon privilégié favori qu'un homme armé est un homme dangereux dès lors qu'il vient d'utiliser son arme (donc de menacer de mort) pour commettre un délit. Le privilégié fait comme si Karim Boudouda avait fait l'objet d'une exécution en bonne et due forme. Quelle confusion des genres ! Comment peut-on comparer la peine de mort et l'exercice de la protection des citoyens par la police ?! Non, Privilégié, dans des circonstances extrêmes comme celles-là, les forces de police doivent trancher. Un homme dangereux doit être arrêté à tout prix, sa vie en fût-elle le prix s'il n'y a pas d'autres solutions. Le respect de la loi demeure la meilleure des assurances-vie, je le maintiens.

Bien sûr, il est malheureux que ce jeune homme ait payé de sa vie ses errements, et toute personne censée aurait souhaité une autre issue pour lui, et en fait, ce que je déplore à notre époque hyper-technologique, c'est notre incapacité à munir les forces de sécurité d'armes incapacitantes et/ou neutralisantes plutôt que d'armes létales. Les forces de police ne devraient pas être amenées à devoir opérer de tels choix. A défaut, il n'en reste pas moins que ce sont l'ordre et la sécurité des personnes qui doivent être privilégiés s'il y a danger mortel.