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mercredi, 22 octobre 2014

Noisy-le-sec : cesserons-nous de protéger les délinquants ?

L'article assez complet de Mediapart m'a permis de prendre connaissance des faits survenus à Noisy-le-Sec au mois d'avril 2012. Pour mémoire, un délinquant multirécidiviste avait été repéré et pris en chasse par des policiers. Celui-ci avait fui et un officier de police avait fini par lui tirer à plusieurs reprises dessus.

Ce que l'article de Mediapart établit c'est que le délinquant en question a lâché dans sa fuite une grenade factice et un étui d'arme de poing. Peut-on imaginer dans de telles circonstances qu'un policier cherche à vérifier si des armes sont factices ou non ? Je ne le pense pas, surtout quand on sait qu'on a affaire à un individu recherché pour vols avec violences répétés.

Envoyer en cour d'assises le policier concerné est tout simplement odieux. On dédouane systématiquement les délinquants dans notre pays en leur offrant des protections dont leurs victimes ne bénéficient pas.

Il est grand temps de réfléchir à la notion de légitime défense et aux missions que l'on affecte ou non aux forces de l'ordre. 

Si un individu se montre régulièrement dangereux, il doit savoir qu'il peut être abattu s'il ne se rend pas aux forces de police quand elles viennent l'interpeller. On ferait mieux d'acter une bonne fois pour toutes cela dans la loi, de rendre publique cette règle en lui donnant le plus de publicité possible et je pense qu'il y aurait moins de délits de fuite et du coup moins d'accidents.

C'est l'impunité qui donne des ailes aux délinquants. Celui-là a perdu la vie. C'est regrettable mais tout délinquant violent doit savoir que c'est un risque auquel il s'expose quand la police le recherche et qu'il refuse d'obtempérer.

Damien Saboundjan a fait son travail et la mort d'Amine Bentounsi est avant tout la conséquence de ses actes passés, de sa fuite, et de la menace potentielle qu'il représentait (les policiers pouvaient le croire armé de grenades et/ou d'autres armes). Si la loi permet de condamner Damien Saboundjan dans les circonstances rapportées par l'article de Mediapart, alors il faut changer la loi.

mercredi, 11 août 2010

Légitime défense ou pas ?

Jeudi dernier, un homme âgé de 73 ans a tiré sur deux cambrioleuses qui s'étaient introduites dans sa maison. Il a été incarcéré pour tentative d'homicide volontaire. Les deux cambrioleuses sont mineures. Dans l'histoire, ce n'est pas la minorité qui me gêne en soi, on ne va pas demander une fiche d'état-civil à des cambrioleurs pris sur le fait, mais deux choses :

a) ce sont des femmes, des jeunes filles, même : j'ai peut-être été trop marqué par la littérature courtoise, mais l'idée de tirer sur une femme ou une jeune fille m'est assez insupportable. Confronté à une situation similaire, je ne le ferais vraiment qu'en dernier recours, c'est à dire avec une menace sur la vie de mes proches ou sur la mienne. Pour être honnête, s'il s'était agi de deux garçons de 15-16 ans, je n'aurais pas cillé plus que cela. Mais là, deux jeunes filles...

b) les deux jeunes filles n'étaient pas armées.

Il faudrait déterminer les circonstances précises : a-t-il vu ou non qu'il s'agissait de jeunes filles ? Ont-elles ou non esquissé des gestes de menace ? Le cambriolage s'est déroulé en journée, donc ni pénombre ni obscurité pour masquer des traits. Il a appelé la police (saine réaction). Il avait été cambriolé déjà trois fois. J'aimerais bien savoir au bout de combien de temps elle est arrivée et ce que les policiers lui ont dit au téléphone, par ailleurs. Parce qu'évidemment, s'il y avait des individus dans sa propriété et une menace potentielle et que la police ne vient pas...

Qu'a-t-il cherché à faire exactement ?

Si je comprends bien le code pénal et ce qu'il dit sur la légitime défense, c'est qu'il serait incarcéré parce qu'il aurait cherché à tuer, pas à blesser mais bien à tuer, les deux cambrioleuses.

C'est cela qu'il faut établir. Un cambriolage est bien sûr un délit, mais on ne peut banaliser un homicide volontaire. La loi est très claire. Je ne suis pas certain qu'il soit nécessaire d'incarcérer le tireur dont le profil est tout de même quelque peu éloigné du multirécidiviste.  Mais je pense que Marine Le pen et Lionnel Luca devraient être bien plus prudents dans leurs déclarations : si cet homicide est volontaire avec cibles identitfiées sans, que de façon nette, il y ait eu menace, l'incarcération n'est pas abusive.

mardi, 27 juillet 2010

Grenoble, la police fait son travail

Je vois sur la Toile beaucoup d'internautes s'indigner de l'apparente absence de réaction de la force publique après les menaces qui pèsent sur des policiers de la BAC. L'ami hashtable, notamment, titre sur la peur panique de la place Beauvau. A sa place, je ne m'avancerais pas à une conclusion aussi hâtive.

Éric Le Douaron, le nouveau préfet de l'Isère, est loin d'être un débutant. Ce n'est pas parce que la police ne fait rien de visible qu'elle n'agit pas. Il me semble, au contraire, que sa stratégie prudente n'est pas mauvaise. Pas de déclarations à l'emporte-pièces, pas de grands moulinets, mais de l'action. Je suis à peu près certain que pendant que la racaille s'imagine avoir flanqué la trouille à la force publique, dans l'ombre, le renseignement opère pour tenter d'identifier les auteurs des menaces.

Mettre les familles en sécurité est une bonne chose. Ouf ! Enfin un chef de police qui ne considère pas ses troupes comme de la chair à canon.

Sur le terrain, des choses se passent, avec des saisies d'armes. Ce qui compte, in fine, ce ne sont pas les déclarations de quelques voyous, mais l'issue des enquêtes. Ce serait un beau coup que d'attraper les auteurs des menaces et leur coller plusieurs années de prison pour menaces de mort aggravées. Patience, patience, pour une fois, les méthodes de ce super-préfet me donnent plutôt confiance.

A gauche, on a une curieuse manière de relater l'histoire de Karim Boudouda, le braqueur d'un casino. Manifestement, il aura échappé à mon privilégié favori qu'un homme armé est un homme dangereux dès lors qu'il vient d'utiliser son arme (donc de menacer de mort) pour commettre un délit. Le privilégié fait comme si Karim Boudouda avait fait l'objet d'une exécution en bonne et due forme. Quelle confusion des genres ! Comment peut-on comparer la peine de mort et l'exercice de la protection des citoyens par la police ?! Non, Privilégié, dans des circonstances extrêmes comme celles-là, les forces de police doivent trancher. Un homme dangereux doit être arrêté à tout prix, sa vie en fût-elle le prix s'il n'y a pas d'autres solutions. Le respect de la loi demeure la meilleure des assurances-vie, je le maintiens.

Bien sûr, il est malheureux que ce jeune homme ait payé de sa vie ses errements, et toute personne censée aurait souhaité une autre issue pour lui, et en fait, ce que je déplore à notre époque hyper-technologique, c'est notre incapacité à munir les forces de sécurité d'armes incapacitantes et/ou neutralisantes plutôt que d'armes létales. Les forces de police ne devraient pas être amenées à devoir opérer de tels choix. A défaut, il n'en reste pas moins que ce sont l'ordre et la sécurité des personnes qui doivent être privilégiés s'il y a danger mortel.