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dimanche, 09 juin 2013

On célèbre le terrorisme au jeu de paume ?

J'ai dû me pincer pour le croire : il y a une exposition au musée du Jeu de Paume à Paris actuellement qui présente l'oeuvre d'une artiste palestinienne.

Cette dernière a voulu présenter la manière dont les Palestiniens ordinaires, mais aussi parfois les autorités palestiniennes, ont voulu préserver la mémoire de leurs martyrs ces dix dernières années. Tout du moins, c'est ainsi que les appelle Ahlam Shibli.

Le principe pourrait être acceptable s'il ne se trouvait pas que parmi les dits martyrs, on comptait un nombre non négligeable d'individus qui ont tenté de canarder des civils généralement dans des opérations kamikazes.

Par exemple une des photographies représete Osama Buchkar, un membre du FDLP qui a tué 3 personnes et en a blessé 59 autres le 19 mai 2002 sur un marché le 19 mai 2002 à Netanya. La légende de la photo indique seulement : «il accomplit une mission de martyr à Netanya» ... Tu parles d'une mission...

Associer des crimes contre des civils à de la résistance ne me paraît pas acceptable. Ahlam Shibli se montre curieusement beaucoup plus soucieuse de la distinction entre les diverses causes lorsqu'elle dénonce l'assimilation dans la commémoration française en une même célébration la mémoire des résistants et celle des soldats coloniaux. 

En ce qui concerne les résistants français, ils ne s'en sont jamais pris aux civils mais toujours à l'armée d'occupation exclusivement. Les "martyrs" palestiniens d'Ahlam Shibli ne peuvent en dire autant.

Finira-t-on un jour par exposer un reportage photo sur les martyrs du 11 septembre aux USA ? Sur ceux d'In Anemas en Algérie avec son cortège d'innocents froidement assassinés ?

Accepter de telles expositions, sans aucune contextualisation, est un parti-pris idéologique tout à fait significatif de tout ce petit monde interlope associant la gauche bien-pensante, les alternatifs et anti-capitalistes de tout poil, une partie de la droite souverainiste et, bien sûr, les extémistes des deux camps, droite et gauche. Il faudrait ajouter à cela un présuppose arabophile et islamophile symptomatique de tout ce petit monde là...

23:39 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : musée du jeu de paume, terrorisme | |  Facebook | | | |

jeudi, 17 janvier 2013

Quand l'Europe sera seule face au terrorisme

Je crois vraiment qu'en dehors des Français et de quelques eurodéputés (Particulièrement Marielle de Sarnez et plus généralement ceux de l'ADLE), nos compatriotes continentaux ne comprennent pas les enjeux profonds de la guerre qui se déroule au Mali.

Pendant des années l'Amérique a joué les gendarmes du monde au Proche-Orient laissant la France, au temps de la françafrique gérer les choses en Afrique subsaharienne. 

Si les USA se sont longtemps occupés de géopolitique dans cette région du monde c'est que leurs approvisionnements énergétiques trouvaient là plusieurs de leurs sources principales.

A l'heure actuelle, la révolution des gaz de schiste en Amérique pourrait bien changer la donne et plus vite qu'on ne le croit. Si les USA deviennent premiers producteurs mondiaux et atteignent l'auto-suffisance énergétique qui peut croire un seul instant qu'ils viendront s'embourber dans des guerres qui ne les concerneront plus ? Ils se retireront des affaires et les Européens se retrouveront en première ligne.

La France vient d'empêcher in extremis le Mali de devenir une plaque tournante du terrorisme : si les djihadistes s'étaient emparés de Bamako il aurait été extrêmement difficile de reprendre la ville par la suite et cela aurait coûté des centaines de morts au bas mot côté français. 

Mais la France n'a pas le dos assez solide pour jouer les gendarmes ne serait-ce que d'une région du monde. L'Europe attend lâchement qu'elle fasse le boulot en poussant un ouf de soulagement.

Marielle de Sarnez et François Bayrou déplorent à juste titre l'absence d'une défense et d'une armée européennes. Aujourd'hui, en fait de défense, on ne compte en Europe que des électrons isolés et les gouvernements européens utilisent généralement la défense comme variable d'ajustement budgétaire   pour financer leur protection sociale.

En France, pendant que le Qatar assure panem et circenses avec son PSG il nous détourne de ses véritables agissements au Mali entre autres. Rien d'étonnant à ce qu'il n'ait pas vu d'un bon oeil notre intervention sur ce qu'il s'apprêtait à considérer comme ses nouvelles late-bandes.

A vrai dire, comme d'autres, je me suis laissé abuser dans le passé, sur ce blog, par l'apparence libérale et lisse qu'offre le pouvoir qatari avec sa chaîne d'information où tout semble pouvoir se dire mais je suis revenu de cette opinion erronée. J'en donne (pour une fois) quitus à Marine Le pen qui mettait en garde contre l'influence grandissante de ce pays chez nous et que j'ai (sur ce coup-là) conspuée à tort.

En tout état de cause cette guerre au Mali n'est pas française mais européenne. Que comptent faire les Européens ? Attendre que l'Islam radical occupe la totalité de l'Afrique avec la bénédiction de puissants états pétroliers ? Les USA ont longtemps joué avec le feu et s'en sont mordus les doigt un certain 11 septembre 2001. Nous devrions apprendre de l'expérience des autres.

En France, on conchie les fédéralistes européens en les soupçonnant de vouloir jeter à bas les nations. Sans verser dans cette extrémité il est pourtant évident qu'il ne saurait exister d'Europe puissante et déterminée sans l'unification d'un certain nombre d'institutions aujourd'hui nationales.

La situation qui prévaut actuellement au Mali d'abord puis aux abords de l'Algérie en est une illustration aussi éclatante que fâcheuse...

15:20 Publié dans Europe, International | Lien permanent | Commentaires (35) | Tags : europe, sarnez, mali, terrorisme, qatar | |  Facebook | | | |

vendredi, 15 avril 2011

Les islamistes n'auront pas d'états d'âme

Des parents américains se sont montrés scandalisés après une fouille au corps (enfin, avec palpations) de leur petite fille de six ans. Je pense qu'il faut être clair : ce que l'on peut contester, c'est le manque de pédagogie de la douanière qui s'est occupée de la fouille. Elle aurait du lui expliquer que ces contrôles étaient nécessaires non parce qu'ils étaient dirigés contre elle, mais parce qu'il fallait que d'éventuels criminels comprennent qu'ils ne pourraient pas utiliser l'innoncence des enfants pour commettre leurs forfaits. Voilà ce qu'il fallait lui dire. 

Mais cela étant établi, il faut bien comprendre que les islamistes intégristes (ou encore les zélateurs fanatiques de certaines sectes millénaristes) n'auront aucun état d'âme à utiliser des enfants et à les faire exploser s'ils peuvent dissimuler une bombe ainsi. Absolument aucun quand on considère les atrocités infâmes qu'ils commettent envers des enfants là où ils tiennent les rênes du pouvoir.

15:24 Publié dans International, Société | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : terrorisme, contrôle | |  Facebook | | | |

jeudi, 29 juillet 2010

Ce qu'Al Qaeda cherche à détruire au Niger

Michel Germaneau appartenait à une association humanitaire : Enmilal. L'objet principal de cette association est la scolarisation des enfants, et, autant que faire se peut, des petites filles.enmilal.jpg

Il me semble que la photo est éloquente.

J'espère qu'elle pourra inspirer d'éventuels soutiens et/ou admirateurs en herbe de cette mouvance qui résideraient en France.

L'école comporte cinq pièces, deux douches et des toilettes ainsi que deux grandes salles (une pour la classe, une pour le dortoir), une pièce pour l'instituteur, une pour la cuisine et une pour le stockage des denrées alimentaires. Elle est équipée d'un tableau, de matériel de cuisine, de mobilier de dortoir et de bureaux bancs réalisés par le centre d'handicapés d'Agadez (malheureusement détruit par des inondations en août 2009).

Enmilal a un projet global pour le village où elle intervient. Outre la réparation du dispensaire endommagé par des intempéries, elle projette à court-terme de mettre en place du micro-crédit pour les familles les plus pauvres (achat d'animaux puis remboursement par les premières naissances), de construire un nouveau puits et de développer un jardin potager pour l'école.

A moyen terme, elle voudrait doter le village de panneaux solaires suffisants pour alimenter un réfrigérateur capable de conserver des médicaments puis construire un local qui servirait de banque céréalière pour organiser la production.

Un vrai projet de développement économique en terre touarègue en somme. Vogue haleine qui vient de réaliser un billet remarquable sur une petite histoire du terrorisme voudrait se garder de tout jugement moral en s'attachant à ne considérer que le résultat final des actions terroristes au regard de celui d'une guerre conventionnelle. Depuis l'Éthique d'Aristote, on intègre désormais un paramètre d'intentionnalité pour juger du caractère criminel ou non de telle ou telle action. La guerre fait plus de morts, plus de destructions, sans aucun doute, mais, en dehors des guerres terroristes, elle ne vise pas spécifiquement des écoles ou des hôpitaux. Le terrorisme est une marque distinctive qui s'applique à un ensemble d'actions. Ce n'est pas une guerre en tant que telle, mais une catégorie logique,  de type caractéristique, qui peut, le cas échéant, qualifier une guerre. La comparaison entre la guerre et le terrorisme revient donc, in fine, à comparer grammaticalement un nom et un adjectif, ce qui n'est pas cohérent.

09:17 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : intégrisme, islamisme, terrorisme, al qaeda, al qaida | |  Facebook | | | |

lundi, 13 octobre 2008

Fallait-il extrader Marina Petrella ?

Voilà une affaire dans laquelle il est très difficile d'édicter un point de vue ferme et définitif tant des logiques différentes se téléscopent. Marina Petrella a assurément commis des crimes très graves, entre 1977 et 1982, et je me mets à la place des femmes ou des enfants qui termineront ou ont terminé leur existence sans père ni mari (ou compagnon). Comment faire un deuil si justice ne leur est pas rendue ? Je conçoisn très bien que ces familles considèrent la décision finale de Nicolas Sarkozy comme un déni de justice.

Ensuite, l'Italie est un pays ami et démocratique. Nous savons très bien que Marina Petrella ne sera pas malmenée, et que les Italiens prendront soin de sa santé. De plus, toute la classe politique sans exception aucune réclame son extradition.

Songeons, en France, aux crimes de Carlos pour bien comprendre comment l'Italie considère les Brigades Rouges.

Mais, d'un autre côté, Marina Petrella s'est tenue à carreau depuis plus de 25 ans. Elle a refait son existence, et a montré une volonté claire de rompre avec les racines du terrorisme. Miterrand avait fait preuve d'un certain pragmatisme en échangeant l'asile politique contre la reconciation au terrorisme, excluant toutefois les crimes de sang du champ d'application de sa proposition.

Je pense que Marina Petrella devrait au minimum présenter ses excuses aux familles de ses victimes, et leur parler pour leur expliquer la mécanique infernale qui l'a entraînée dans le terrorisme le plus meurtrier et sanglant.

Maintenant, est-ce que le fait qu'elle finisse son existence en croupissant dans un cachot, en proie à un cancer qui la ronge, apporte un plus à la justice, je n'en suis pas convaincu.

Je pense que Nicolas Sarkozy a longuement réfléchi pour prendre sa décision. Ce qui est regrettable, ce sont les tergiversations : il eût fallu éviter de prendre une décision trop tôt pour en changer ensuite. Mais, on ne peut tenir rigueur de ce changement à un homme qui prend le temps de la réflexion. J'avoue que je ne sais vraiment pas ce que j'aurais fait à sa place.

 

 

10:53 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : petrella, sarkozy, italie, justice, brigades, rouges, terrorisme | |  Facebook | | | |

mercredi, 24 septembre 2008

Al Qaeda peut-il prendre le contrôle du Pakistan ?

Les nouvelles ne me paraissent pas rassurantes au Pakistan : ce pays a longtemps joué avec le feu en encourageant en sous-main les Talibans en Afghanistan, persuadé que l'Amérique finirait par lâcher prise un jour là-bas. Seulement voilà, prisonnier de leur double-jeu, dans les zones tribales pachtounes, de nouveaux chefs sont apparus, cette fois liés directement à Al Qaeda et aux Talibans. Ces nouveaux chefs sont à la tête de groupes que l'ISI, les services secrets pakistanais, ne contrôlent plus. Ce sont eux qui ont mandaté l'assassinat de Benazir Bhutto. C'est eux contre lesquels se battent désormais les troupes pakistanaises. Ils ont probablement commandité l'attentat terroriste du Marriott hôtel à Islamabad. Si jamais ils devaient progresser au point de devenir la force majoritaire au Pakistan, l'inéluctable question du contrôle de l'armement nucléaire se poserait. On ne peut laisser à des fous aussi sanguinaires que dangereux le doit sur la détente de l'arme nucléaire. Dans un tel cas de figure, il n'y aurait plus d'autres solutions qu'une intervention militaire massive de la communauté internationale, quel qu'en soit le coût.

Les deux tenants de l'alternative, vis-à-vis des Talibans est claire, et c'est Arnaud Hoyois (Quindi) qui l'a exposé dans une réponse à Edwy Plenel, sur MediaPart :

C'est aussi le cas de votre différenciation des forces à vocation stabilisatrice de celles à vocation offensive (au sein de l'ISAF et non d'"Enduring Freedom"). L'une n'est pas possible sans l'autre, les talibans ne resteront pas cloitrés sur une partie du territoire s'ils ne sont pas contrés militairement (avec les pertes que cela représente). Ou alors, nous parlons d'un règlement institutionnel nouveau, d'un mandat de stabilisation nouveau, intégrant les talibans dans un cadre plus large, il faut le préciser, et pas éviter cette question pourtant essentielle pour l'avenir de l'Afghanistan. Des négociations ont d'ailleurs lieu avec les Talibans (et non Al Qaïda) sur le terrain avec les services de renseignement européens, les responsables de la PESD et l'ONU.

Dans la suite de l'article, il détaille toutes les conséquences très lourdes qu'entraînerait le fait de laisser la main à des éléments incontrôlés et incontrôlables en Afghanistan. Et il y cite notamment la déstabilisation du Pakistan. Cet article a été écrit le 09 septembre 2008, et les faits semblent bien lui avoir donné raison...

10:55 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (27) | Tags : pakistan, terrorisme, taliban, al qaeda | |  Facebook | | | |