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  • J'ai le droit de dire tout le mal que je pense des religions

    Ce que vient d'adopter le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU est tout simplement inadmissible. Une religion n'est pas un individu. Je ne suis pas prêt à reconnaître des droits humains à une spiritualité. Les droits humains ne concernent que les humains.

    L'ONU déconne complètement. C'est grave ! L'honneur est sauf, les pays de l'UE ont voté contre. Le Chili et le Canada aussi. Et c'est le Pakistan qui a déposé l'amendement. L'un des pays les plus rétrogrades de la planète, l'un des plus liberticides aussi. C'est qui les c....ards qui ont voté oui à cet amendement ?

    Copie du communiqué de Reporters sans frontières...


    La notion de diffamation des religions officiellement adoptée par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, Reporters sans frontières est scandalisée

    Reporters sans frontières dénonce, une nouvelle fois, l’incapacité du Conseil des droits de l’homme des Nations unies à défendre les valeurs contenues dans la Déclaration universelle des droits de l’homme.

    « Le Conseil vient de porter un coup sévère à la liberté d’expression qu’il est censé défendre. En votant une résolution qui cherche à étouffer la critique de la religion musulmane, l’instance des Nations unies vient de montrer, une fois encore, son incapacité à lutter efficacement pour la défense des droits de l’homme », a déclaré Reporters sans frontières.

    « Cette résolution est scandaleuse. Sous prétexte de lutter contre les discriminations, elle s’en prend aux médias qui ‘visent des symboles religieux et des personnes sacrées’. Notamment dans la religion musulmane. En clair, les Nations unies demandent aux médias de ne plus critiquer les religions, et notamment l’islam au nom de la lutte contre l’incitation à la haine. C’est inacceptable pour tous ceux qui ont à cœur de défendre la liberté d’expression et ceux qui luttent contre les discriminations », a ajouté l’organisation.

    « L’ONU est sur une pente glissante dangereuse pour la liberté d’opinion. Toutes les libertés doivent être défendues avec la même force. Il n’est pas acceptable que les Nations unies prennent parti de manière si outrancière pour une liberté au détriment d’une autre. Cela va à l’encontre de tous les principes constitutifs de cette organisation », a conclu Reporters sans frontières.

    Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, réuni à Genève, en Suisse, a voté, le 26 mars 2009, une résolution sur la mise en place du programme d’action de la conférence de Durban sur la lutte contre le racisme. Ce texte, soumis par le Pakistan au nom de l’Organisation de la conférence islamique, a été adopté par 23 voix pour, 11 contre (les pays de l’Union européenne, le Canada, le Chili) et 13 abstentions.

    Ce texte exhorte notamment les Etats membres des Nations unies à prendre des mesures pour lutter contre « des actes de haine, de discrimination et d’intimidation qui résultent de la diffamation des religions ». Le document « déplore l’utilisation des médias électroniques, audiovisuels et imprimés, y compris Internet, pour (...) viser des symboles religieux et des personnes sacrées ». La résolution précise également que le Conseil des droits de l’homme est « alarmé par l’inaction de certains Etats à combattre les pratiques discriminatoires et rappelle le besoin de combattre réellement la diffamation de toutes les religions en général, et de l’islam et des musulmans en particulier ».

  • L'occidentalisme n'est pas un humanisme

    Criticus vient de créer un nouveau réseau qui porte le doux nom de Renovatio Occidentalis. Si je n'ai pas l'intention de lui tomber à bras raccourcis comme une partie de la blogosphère, je n'en pas moins été troublé par la charte  et par le fait que trois des membres fondateurs de LHC sur cinqs y participent, comme Rubin. Je m'interroge, du coup, sur la pertinence du réseau LHC puisque l'Occidentalisme s'oppose radicalement, à mes yeux, et au libéralisme, et à l'humanisme. Il ne reste que l'esprit critique...

    Je pense, en revanche, qu'il est imprudent d'associer la charte de ce réseau à une pense d'extrême-droite. Le seul, me semble-t-il, à avoir produit une analyse très juste de la nature et des contradictions de ce nouveau réseau, c'est  Torédaor.

    En particulier, je pense que Criticus passe complètement à côté de son sujet avec sa crise des valeurs. Facile à démontrer :

    Crise de l'éducation ? Il n'y a jamais eu autant d'individus instruits en Europe et en Amérique ! Crise familiale ? Non, Criticus : c'est le modèle familial traditionnel qui connaît une mutation avec notamment la libération des moeurs (les hommes et les femmes ne sont plus contraints de vivre ensemble) et l'effondrement du poids moral des religions. Crise de la culture ? Jamais autant d'individus n'y ont eu accès. Jamais autant d'individus ne se sont rendus dans les musées. Jamais dans l'histoire de l'humanité autant de livres n'ont été imprimés. Et jamais encore les canons de la littérature classique de l'Europe et de l'Amérique n'ont été à ce point accessibles et lus. Le développement de l'obésité ? C'est un problème alimentaire et surtout, de mémoire génétique : jamais dans l'histoire de l'humanité, dans nos régions, on avait à ce point mangé à notre faim. Les obèses d'aujourd'hui sont les survivors du temps des cavernes : en ces temps-là, on ne savait pas de quoi demain serait fait, alors on stockait...Le corps n'a pas encore perdu cette habitude. La bombance générale est tellement récente qu'il n'a pas eu encore le temps de s'adapter...Perte des valeurs morales ? 60 ans de paix quasi-ininterrompue en Europe ! Plus de disccussions sur le droit qu'il n'y en a jamais eu. Jamais, en France, par exemple, les faibles n'avaient à ce point disposé d'un semblable système de protection et de solidarité.

    Il y a des turbulences, dans notre société, sans nul doute du consumérisme (mais c'est le propre des sociétés marchandes que moi je salue comme les plus avancées) et certainement des difficultés d'ajustement entre nos aspirations morales et le système économique dans lequel nous vivons (c'est bien le sens du modèle humaniste Bayrou) mais certainement pas une crise des valeurs. La crise des valeurs, on l'a connu dans les années 30 au XIXème siècle, et on a vu ce que cela donnait avec l'émergence des totalistarismes. Pour l'instant, je trouve que l'Europe s'en sort bien. Elle est même parvenue à museler une majorité d'extrême-droite en Autriche et à la contraindre à respecter à peu près les standards démocratiques de l'Europe. Pas mal, non ? Ce que je concèderai à Criticus, en revanche, c'est que la France ne va pas super bien : 15 à 20% pour l'extrême-gauche et la gauche extrême, 10 à 15% pour la droite extrême et l'extrême-droite, oui, ça, c'est de la mauvaise santé et sans doute une crise de la démocratie.

    Bref, pour la crise que dénonce Criticus, je la réfute en bloc. Quant à son association de nations occidentales, rien ne tient ou presque, et Toréador en a très bien observé les contradictions. J'en relève quelques unes supplémentaires sous forme de scoop, puisque j'ai eu l'occasion de discuter avec Criticus sur son projet :

    Sur le fond, c'est surtout les nations catholiques (y compris les anglicans) , protestantes et juives dont il souhaite l'union. Il estime que les orthodoxes n'ont pas la même culture. Ceci exclut de son alliance non seulement une large part des pays d'Europe orientale mais également la Grèce elle-même ! Comment se réclamer dans ces condtions de l'héritage gréco-latin ? Criticus s'est toujours réclamé du néo-conservatisme. Je crois qu'il a achevé le bout de chemin qui lui restait à parcourir. Toréador a très bien fait le lien : en fait, le projet de Criticus n'est ni plus ni moins l'importation d'une idéologie venue du néo-conservatisme américain mais appliquée à l'Europe. En somme, quelque chose qui n'existe pas. Comme si on créait un réseau de faucons Républicains en Europe. On reconnaît en effet leur idéologie. Effectivement pas raciste, mais culturaliste et différentialiste.

    Il n'y a rien, là-dedans, qui s'approche ni de près ni de loin de l'humanisme. La vocation universelle de l'humanisme est aux antipodes exacts d'une telle vision. Il n'y a pas non plus grand chose, là-dedans, qui ait un rapport avec le libéralisme. A vrai dire, lors d'une discussion à la suite de mon billet, la liberté est une femme, Criticus déclarait qu'au 18 Brumaire, il se serait engagé derrière Napoléon Bonaparte et non du côté des libéraux comme Madame de Staël qui récusait la personnalisation grandissante du pouvoir, l'absolutisme et la régression des libertés. Criticus n'est donc ni un libéral, ni un humaniste. Je suis surpris de retrouver LOmiG dans ce réseau. Je l'ai vu comme un libéral pur de dur, mais à la réflexion, c'est plutôt un libéral conservateur. Peut-être est-il aussi pollué par le choc des civilisations qui sous-tend sa réflexion sur l'Islam. Ce choc-là n'a rien ni de libéral, ni d'humaniste.

    Il ne suffit pas de se réclamer de la démocratie et du libre-échange marachand pour faire d'un individu un libéral. Je reprends la très bonne introduction de Wikipedia et la cite :

    Le libéralisme est un courant de pensée de philosophie politique, né d'une opposition à l'absolutisme et au droit divin dans l’Europe des Lumières (XVIIIe siècle), qui affirme la primauté des principes de liberté et de responsabilité individuelles sur le pouvoir du souverain. Il repose sur l’idée que chaque être humain possède des droits fondamentaux qu'aucun pouvoir ne peut violer. En conséquence, les libéraux veulent limiter les obligations imposées à la société par le pouvoir politique, au profit du libre choix de chaque individu.

    Le libéralisme repose sur un précepte moral qui s'oppose à l'assujettissement de l'individu, d'où découlent une philosophie et une organisation de la vie en société permettant à chaque individu de jouir d'un maximum de liberté, notamment en matière économique. Pour la plupart des libéraux, la dichotomie entre « libéralisme économique » et « libéralisme politique » n'existe donc pas, puisqu'il s'agit de l'application d’une même doctrine philosophique dans des domaines différents.

    Au sens large, le libéralisme prône une société fondée sur la liberté d'expression des individus dans le respect du droit et du libre échange des idées. Elle doit joindre d'une part dans le domaine économique, l'initiative privée, la libre concurrence et son corollaire l'économie de marché, d'autre part, des pouvoirs politique et économique bien encadrés par la loi et les contre-pouvoirs. Cela suppose idéalement un État centré sur ses fonctions régaliennes, élu par le peuple et responsable devant lui, transparent et soumis à une constitution garantissant les droits des minorités
    .

    Les convergences entre l'Occidentalisme et cette définition-là sont assez limitées...Pour ma part, je crois en l'homme et j'ai déjà eu l'occasion de faire de l'Antigone de Sophocle l'étendard de cette conviction. Je reprendrai à nouveau simplement ce que disent les vieillards de Thèbes :

    Premier demi-choeur

    Beaucoup de choses sont admirables, mais rien n’est plus admirable que l’homme. Il est porté par le Notos orageux à travers la sombre mer, au milieu de flots qui grondent autour de lui ; il dompte, d’année en année, sous les socs tranchants, la plus puissante des Déesses, Gaia, immortelle et infatigable, et il la retourne à l’aide du cheval.

    Second demi-choeur

    L’homme, plein d’adresse, enveloppe, dans ses filets faits de cordes, la race des légers oiseaux et les bêtes sauvages et la génération marine de la mer ; et il asservit par ses ruses la bête farouche des montagnes ; et il met sous le joug le cheval chevelu et l’infatigable taureau montagnard, et il les contraint de courber le cou.

    Premier demi-choeur

    Il s’est donné la parole et la pensée rapide et les lois des cités, et il a mis ses demeures à l’abri des gelées et des pluies fâcheuses. Ingénieux en tout, il ne manque jamais de prévoyance en ce qui concerne l’avenir. Il n’y a que le Hadès auquel il ne puisse échapper, mais il a trouvé des remèdes aux maladies dangereuses.

    Second demi-choeur

    Plus intelligent en inventions diverses qu’on ne peut l’espérer, il fait tantôt le bien, tantôt le mal, violant les lois de la patrie et le droit sacré des Dieux. Celui qui excelle dans la Ville mérite d’en être rejeté, quand, par audace, il agit honteusement. Que je n’aie ni le même toit, ni les mêmes pensées que celui qui agit ainsi ! Par un prodige incroyable, ce ne peut être Antigonè, bien que ce soit elle que je vois. Ô malheureuse fille du malheureux Oedipe, qu’y a-t-il ? Ceux-ci t’amènent-ils pour avoir méprisé la loi royale et avoir osé une action insensée ?

    Antigone , Second stasimon vers 332 à 383 de Sophocle (Traduction : Leconte de Lisle)

    Voilà : ce magnifique passage, y compris l'arrivée d'Antigone illustre à merveille l'idée que je me fais de l'être humain. J'en profite pour jeter un pavé dans la marre, mais il est sans doute nécessaire : peut-être serait-il bon d'élargir le comité directeur du réseau LHC afin d'en assurer une représentativité meilleure. Le départ de Rubin est tout de même troublant. J'espère qu'il sera possible de le faire revenir sur sa décision. J'en profite pour inviter les néo-occidentalistes à se défier d'éventuelles candidatures à leur réseau. Comme je l'ai dit à Criticus, il y a un risque non négligeable de voir rappliquer pas mal d'authentiques fachos. Par ailleurs, il y a eu une réaction chez les Trois bills qui ne me semblait pas si stupide que cela, celle de "pas perdus" se demandant s'il ne s'agissait pas là d'une version moderne du Club de l'Horloge. Ce club existe toujours au demeurant. Rappelons qu'il avait pour vocation d'être un pont entre la droite et l'extrême-droite. On n'en est pas là, mais le risque de glisser vers quelque chose de similaire est grand, d'autant que le Club de l'Horloge proposait une synthèse entre nationalisme et libéralisme , synthèse aussi absurde qu'idiote à mes yeux, tant ces deux pensées sont irréconciliables. Cricitus a rejeté catégoriquement le nationalisme dans sa charte, mais pas pour de bonnes raisons : uniquement parce qu'ils diviseraient les nations occidentales. En somme, on peut donc voir son Occidentalisme comme une sorte de nationalisme de niveau supérieur...

  • Viol légalisé ? Ouste, Karzaï !

    L'information a fait à peu près le tour de la Toile : en Afghanistan, on légalise le viol conjugal et la pédophilie institutionnelle. En effet, Hamid Karzaï, par démagogie et par couardise électorale, s'apprête à faire passer dans les textes une loi Hazâra qui interdit à une épouse de se refuser à son mari et qui permet à un père ou un grand-père de marier une fillette de 9 ans à un homme mûr.

    Quand je découvre ce genre d'informations, à vrai dire, je plonge dans un certain désarroi. Nous pouvons, sur nos blogs, toujours tempêter et faire du bruit, en réalité, l'impact sur le gouvernement afghan est à peu près nul. Là-bas, on est à 100 000 lieues d'Internet. Quant à nos gouvernements européens et occidentaux, je pense bien sûr qu'ils sont scandalisés et on ne peut les soupçonner de demeurer sans réactions.

    En réalité, je pense qu'il suffit, et que nous n'avons plus à soutenir ce pantin de Karzaï. Ma déception est à la mesure de l'immense espoir qu'il avait fait naître dans le monde. Je le voyais en homme intelligent et avisé, il était parvenu à convoquer une loyya Jirgâ, et puis finalement, je le découvre un politicien de la pire espèce. Son gouvernement est corrompu jusqu'à la moëlle et son autorité ne s'étend pas au-delà de Kaboul.

    Les Afghanes, les Afghans, nous-mêmes, je crois que nous n'en aurons jamais fini de pleurer la mort de Massoud. Quel homme, quel chef remarquable eût eu alors l'Afghanistan !

    Le pire, c'est que je ne vois pas quelle solution de remplacement à Karzaï en Afghanistan. L'avenir de ce pays est trouble.

    Je voudrais, à défaut, établir un parallèle. Si une loi semblable existe chez les Hazaras, c'est qu'on y considère les femmes comme moins que rien, des esclaves justes bonnes à satisfaire les pulsions sexuelles des mâles. Cela ne vous rappelle pas quelque chose ? Sale pute en Hazara, je crois que cela se dit "o-rel-san" ou quelque chose dans le genre...La liberté est un bien précieux, plus encore pour les femmes que les hommes, tant partout on la menace de l'en priver. L'Afghanistan, c'est le règne des "o-rel-san" qui ont crû et se sont multipliés. Voilà pourquoi il faut leur mener une lutte sans merci. Ce pauvre type serait sans doute très à son aise là-bas.

    Les Hazaras, en tant que chiites sont régulièrement en proie aux attaques des Talibans qui les considèrent comme des cibles prioritaires. Ce qui est fâcheux, c'est qu'au Pakistan (ils y sont aussi) les Hazaras ont généralement un bon niveau d'éducation. Il me semble, sur cette loi criminelle qu'il faudrait obtenir l'intervention d'un religieux ayant une autorité reconnue. Autre solution, demander une médiation de l'Iran.

    Aux dernières nouvelles, la loi semblait prendre le chemin d'amendements mélioratifs puisque l'âge du mariage avait été repoussé à 16 ans et que la femme pouvait donner des excuses légitimes pour refuser une relation sexuelle à son mari. Mais tout ce qui a été obtenu l'a été sous la pression des gouvernements occidentaux et de l'ONU. Karzaï n'y est pour rien. Ni son assemblée qui a voté ces saloperies sans sourciller.

    Karzaï est vraiment un minable : il achète la paix sociale aux Hazaras avec des concessions de m.... Il ferait mieux d'inscrire dans la loi la fin des discriminations envers les Hazaras (elles durent depuis près de 10 siècles). Bref, pour l'instant, ce type ne fait pas mieux que les Talibans. C'est à pleurer.

  • Jacques Chirac soutiendrait-il Corinne Lepage ?

    ça y ressemble fort, j'ai l'impression. Je le tiens de Serge Brière qui le tient lui-même d'une vidéo filmée par rue89. Jacques Chirac a dit texto «j'approuve tout ce que dit Corine Lepage». Je pense qu'en tant que président, il a eu l'occasion d'évaluer la qualité et la compétence de Corine Lepage quand elle était ministre d'Alain Juppé.

  • Universités, la vision de Bayrou

    Bayrou répondait dans le journal Le Monde aux questions de deux journalistes. J'ai particulièrement apprécié ce qu'il dit sur les Universités.

    «Depuis le début, j'ai averti des difficultés que cette loi allait rencontrer. Les universités ont-elles besoin d'autonomie ? Evidemment, oui. Elles ont besoin de respirer, d'être débarrassées de contraintes bureaucratiques et centralisatrices excessives. Mais doit-on transformer cette autonomie en concurrence entre universités ? Cela ne sera pas accepté. L'université française s'est construite sur le principe de l'unité, avec équivalence des diplômes sur l'ensemble du territoire, évaluation nationale, recrutements par concours. Une autonomie qui impliquerait que chaque établissement ait la maîtrise du choix des étudiants, des enseignants, de leurs salaires, des droits d'inscription, cela ne passera pas.»

    Rappelons simplement ce que Bayrou disait sur l'Université pendant la campagne présidentielle, ça fait du bien...

    « Je veux défendre le modèle universitaire français. S’il n’est pas question de toucher au statut national des diplômes, la question du degré d’autonomie des universités est posée, en particulier pour les budgets de recherche.


    Par ailleurs, la gouvernance des universités est à revoir, en démocratisant son fonctionnement et en promouvant les fonctions d’encadrement. Il faut également poser la question de la relation entre l’université et les grandes écoles, avec pour objectif de marier les qualités des unes et les qualités de l’autre.

    Aujourd’hui, quelque 40 % des élèves échouent en première année à l’université, car la rupture est trop brutale entre le lycée et l’enseignement supérieur. Je propose de faire de la terminale une propédeutique - une préparation à l’enseignement supérieur - ce qui va de pair avec le semestre d’orientation à l’entrée de l’université.

    L’université a besoin de tuteurs, de répétiteurs, de moniteurs, d’interlocuteurs des étudiants débutants, de bibliothécaires aussi, toute une gamme de soutiens qui rendraient l’université accueillante, en échange de bourses convenables qui changeraient la vie de beaucoup d’étudiants, et celle de leur famille. Il s’agit d’un changement en profondeur de la qualité de vie sur les campus : au lieu d’un lieu de grande solitude, il s’agit d’en faire un lieu coopératif.

    Et cela ne se fera pas sans un pacte d’investissement sur l’enseignement supérieur, signé de manière responsable, trans-partisane, sur dix ans, et qui porte l’investissement par étudiant au niveau de la moyenne des pays performants de l’OCDE : ce qui signifie un objectif de doublement en dix ans. »

  • Jacqueline Gourault défend l'innovation technologique

    J'ai bien apprécié la récente intervention de Jacqueline Gourault, sénatrice MoDem au Sénat à propos des équipementiers automobiles.

    Comme notre collègue l’a rappelé, les difficultés des équipementiers automobiles sont visibles sur le terrain, et l’annonce de la baisse des ventes par les constructeurs automobiles de 13 % au mois de février ne fait que renforcer notre crainte.

    Par ailleurs, vous savez, mes chers collègues, que le grand salon automobile de Londres, qui devait se tenir en 2010, vient d’être annulé. La conjoncture est donc de plus en plus angoissante. [...]

    À Blois se trouvent les entreprises Valéo, HPI et Delphi. Cette dernière, spécialisée dans l’injecteur automobile pour les moteurs diesel, vient de mettre au point, grâce au laboratoire de recherche et développement situé également à Blois, un nouvel injecteur, le piézo. M. Devedjian, ministre chargé de la mise en œuvre du plan de relance, a visité récemment le site de cette entreprise et a souligné l’importance du laboratoire susvisé et les espoirs fondés sur cet injecteur.

    Monsieur le secrétaire d’État, nous avons des inquiétudes. La société Delphi a utilisé toutes les mesures mises à sa disposition ; elle a mis fin aux contrats provisoires et à l’emploi d’intérimaires, a eu recours au chômage partiel et elle a même demandé à certains salariés de prendre leurs vacances à une période donnée. Cependant, la mise en place des nouvelles lignes de production du nouvel injecteur se heurte à certaines difficultés. Selon certaines rumeurs, cette production pourrait être délocalisée, d’autant que certains équipementiers ont tendance à rejoindre des constructeurs installés depuis quelques années en Europe centrale ou orientale. Plus de 2 500 salariés sont concernés dans l’agglomération blésoise.

    Le fonds stratégique d’investissement, mis en place par le Gouvernement, concernera-t-il cette entreprise ? Nous n’avons que peu d’informations sur ce point. Monsieur le secrétaire d’État, je vous saurais gré de me donner des précisions à ce sujet.

    Quelques petites précisions techniques pour les ignares (j'en fais partie). De ce que j'ai compris, c'est une sorte d'accumulateur alimenté par une pompe dans lequel on stocke du du diesel sous pression ( jusqu'à 2000 bar). L'avantage c'est qu'il permet d'injecter quand on veut et plusieurs fois : c'est une sorte de vanne reliée au common rail que l'on vient ouvrir quand on souhaite injecter (du carburant).

    La technologie piezo utilise la propriété de certains matériaux comme le quartz de s'allonger ou de se contracter quand on leur impose une charge électrique : un injecteur direct  commanderait directement l'ouverture ( de la chambre de combustion ?) permettant de vaporiser à volonté du carburant.

    Bon, comme j'ai trouvé toutes ces infos sont sur la toile et que je ne suis pas un expert de la chose, euh...si je devais résumer, la technologie de Delphi permet de supprimer des étapes dans l'injection du carburant et de doser ce dernier bien plus subtilement, ce qui permet de réduire sensiblement la consommation...

     

  • Les élus MoDem et Hadopi

    Je viens de faire un détour par le blog d'Antonin et d'y lire le coup de gueule qu'il publie à propos des élus de la nation et d'Hadopi. Antonin semble en particulier déçu de l'absence et du quasi-silence des élus MoDem sur la loi Hadopi.

    Je crois qu'il y a quiproquo (attention, toutefois, je ne donne que mon interprétation). Si les élus MoDem ne participent pas à ce vote, à mon avis, c'est qu'ils approuvent le principe de la sanction du piratage mais pas les modalités d'application qui figurent dans la loi.

    Au demeurant, c'est aussi mon avis. Ce qui me déplaît dans cette loi, c'est qu'elle passe par-dessus le pouvoir judiciaire et qu'elle est propice à toutes les déviations. Mais on peut aussi supposer que les moyens de contrôle et de régulation s'améliorent avec les errements et le temps.

    Personnellement, je n'ai jamais rien téléchargé d'illégal. A vrai dire, non seulement par principe, mais aussi par trouille de me retrouver avec un virus mortel pour ma machine, ne sachant pas estimer la fiabilité et la sécurité de ma source. Je ne trouve pas normal de priver autrui du fruit de son travail. Je ne m'associerai pas au réseau des pirates, et je ne me retrouve pas dans les diverses critiques contre cette loi. Je ne trouve pas liberticide de protéger la créatrion, et je ne vois donc pas pourquoi Rubin déclare par exemple cette loi liberticide ni le rapport avec le cumul des mandats (une autre histoire). En revanche, je trouve liberticide le fait de pouvoir condamner quelqu'un sur des indices trop faibles. Techniquement, j'imagine qu'il doit être possible pour un pirate de générer des IP à volonté (ne serait-ce qu'en passant par un proxy au Kazakstan ou ailleurs, par exemple) voire, pour les meilleurs, de pirater les adresses Ip d'autres ordinateurs (par exemple, d'en faire des zombies). Voilà pourquoi je n'aurais pas voté cette loi non plus. Parce que les aspects techniques ne me convainquent et me semblent présenter des dangers pour les libertés individuelles et pour la présomption d'innocence.

    Mais sanctionner qui s'empare de la propriété d'autrui, cela ne me gêne pas plus que cela. Je pense que pas mal d'élus ne se sont pas déplacés, pris entre deux feux : d'un côté, ils souhaiteraient protéger la création, de l'autre les dispositions de la loi les gênent. Il ne faut toutefois pas faire de plan sur la comète. Compte-tenu des faiblesses intrinsèques de la loi, une prompte jurisprudence aura tôt fait d'anéantir les premiers excès s'il devait s'avérer que des innocents et non des coupables en soient victimes.

    Pour en revenir aux élus MoDem, il y a un entretien avec Jean-Luc Benhamias sur le sujet qui me paraît assez clairement correspondre à la position officielle du MoDem. Cet entretien éclairera certainement mes observations. Bayrou observait également sur RMC, tout récemment, que le téléchargement légal devrait être la voie, tout en critiquant la loi.

     

     

  • Un chouette gouvernement

    J'avais pris connaissance du vote organisé par RMC et le quotidien Métro, mais je n'en avais pas eu les résultats finaux. Mais je viens de passer chez Michel Hinard qui en a présenté une courte synthèse.

    Cela donne une équipe vraiment très sympa : Bayrou premier ministre mais aussi des ministres qui me plaisent beaucoup. Jugez plutôt du résultat final :

    Les Ministres :

    • Economie : Dominique Strauss-Kahn
    • Intérieur : Manuel Valls
    • Santé : Patrick Pelloux
    • Culture : Bernard Pivot
    • Justice : Robert Badinter
    • Education : Ségolène Royal
    • Affaires étrangères : Dominique de Villepin
    • Ecologie : Nathalie Kosciusko-Morizet 
    • Intégration : Rama Yade
    • Sports : Yannik Noah

    Je suis toutefois très réservé sur Ségolène Royal à l'éducation. A vrai dire, je m'étais abstenu lorsque j'avais regardé les trois candidats en lice tant ils me déplaisaient à peu près tous. A vrai dire, Claude Allègre et Luc Ferry étant à mes yeux les pires ministres de l'éducation que la France ait connu, il n'y avait finalement peut-être pas trop le choix...

  • Accueil dans les écoles lors des grèves

    436638224.jpgQuand Xavier Darcos a fait passer son SMA, il y a quelque chose qui m'a étonné. Je ne comprends pas pourquoi un tel pataquès alors qu'il existait déjà des dispositifs adéquats par le passé. En lisant les récents compte-rendus des débats au Sénat, je suis tombé sur une intervention de Jacqueline Gourault, sénatrice MoDem, qui illustre bien ce que je pense de la chose. Il ne s'agit pas de monter au créneau et de huler à l'atteinte au droit de grève comme certains à gauche, mais tout simplement de constater que les mairies et les écoles se débrouillaient très bien jusque là. Ce que Jacqueline Gourault observe, finalement, c'est qu'il n'était nul besoin de légiférer. Les élus savent très bien se débrouiller tout seul. Je livre ici ses observations :

    Monsieur le ministre, vous le savez, je n’ai pas voté la loi instituant un droit d’accueil pour les élèves des écoles maternelles et élémentaires pendant le temps scolaire ; je m’en étais alors expliquée.

    Après avoir écouté vos propos, j’aimerais revenir sur quelques points.

    Le fil rouge des réflexions en cours sur la réforme des collectivités territoriales, qu’il s’agisse de celles du comité Balladur ou de celles du groupe de travail sénatorial dont je fais moi-même partie, c’est la diversité des territoires. Il ressort du rapport du comité Balladur qu’il n’est pas possible d’appliquer les mêmes recettes partout sur le territoire, indistinctement à toutes les communes quelle que soit leur taille. Je m’étonne donc que l’on ne puisse reprendre ce principe lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre telle ou telle loi ou telle ou telle méthode d’organisation.

    Tout à l'heure, vous avez dit qu’il ne saurait y avoir l’école de la ville et l’école de la campagne. Justement, je crois, pour ma part, qu’il faut s’appuyer sur cette diversité française pour répondre aux besoins des collectivités, car on ne peut apporter une réponse similaire dans les grandes métropoles et dans les très petites communes. Je souhaitais donc vous rendre attentif à cet élément du rapport Balladur.

    Par ailleurs, selon vous, les associations d’élus auraient demandé ce service d’accueil en cas de grève. Je tiens à faire remarquer au passage qu’il n’existe d’ailleurs qu’une seule association réunissant tous les maires, même si elle comprend différentes branches. Quoi qu’il en soit, personne n’a jamais demandé un service minimum d’accueil. Vous l’avez institué dans les circonstances que vous connaissez encore mieux que moi !

    Pour ma part, j’ai toujours proposé, en tant que maire, un service minimum d’accueil en cas de grève lorsque c’était nécessaire. Les élus savent se débrouiller et répondre aux besoins de leurs concitoyens
    .

    Ainsi, lorsqu’un instituteur, sur les six ou sept instituteurs que comptait l’école, faisait en grève, on répartissait les enfants dans les autres classes.  Quand il y avait davantage de grévistes, on mettait en place un service de garderie, avec des personnes compétentes, afin d’aider les parents. Maintenant, pour assurer le service d’accueil, on prend presque la première personne venue pour garder les enfants, alors que, dans d’autres circonstances, il faut prévoir pratiquement un accompagnateur pour cinq enfants lors d’une sortie en bus ! Franchement, il y a là quelque chose d’un peu choquant !

    Personnellement, je ne suis pas contre l’aide aux parents, au contraire, puisque je l’ai toujours fait ! Mais je ne comprends pas les raisons pour lesquelles on veut légiférer pour tout organiser au niveau central plutôt que de laisser les élus, dans cette République décentralisée – une décentralisation d’ailleurs consacrée par la Constitution –, s’organiser sur le terrain. Pourquoi ne pas reconnaître le savoir-faire des élus ? Vous avez demandé aux inspecteurs d’académie d’aider les maires. Mais enfin, monsieur le ministre, nous sommes assez grands pour organiser un service de ce genre !

    Je vous le dis franchement, j’ai mis en place le SMA dans ma commune, parce que je suis respectueuse de la loi, mais la procédure est bien compliquée. Alors que tout se faisait très simplement auparavant, je suis maintenant obligée d’envoyer des fax ici et là, de communiquer l’identité des personnes qui gardent les enfants, leur nom, leur numéro de téléphone. J’irai même jusqu’à dire que c’est presque une usine à gaz que vous avez montée
    !

  • Barack Obama invite Nathalie Griesbeck !

    1725594271.jpgVendredi 3 avril, Nathalie Griesbeck, Députée européenne Grand Est (MoDem - ADLE)  et Colonel de réserve de l'Armée de l'Air française, rencontrera le Président des Etats-Unis d'Amérique, Barack Obama, dans le cadre d'une réunion organisée en marge du Sommet de l'OTAN et qui se tiendra à Strasbourg/Kehl.

    Alors qu'elle saluait au mois de novembre dernier la victoire du nouveau Président des Etats Unis, y voyant un formidable signe d'espoir de "renforcement du dialogue entre les Américains et les Européens, en particulier sur le changement climatique et la régulation financière", Nathalie Griesbeck comptera parmi les personnalités invitées par le Président américain.

    Seule députée européenne de son groupe politique à avoir été conviée par le Président Obama en raison des liens étroits et constants qu'elle entretient avec les autorités américaines, Nathalie Griesbeck espère avoir l'occasion d'interpeller le Président américain pour lui rappeler ses attentes et ses espoirs afin que l'Homme soit constamment au cœur de nos préoccupations et de nos décisions.

    Rappelant que le Mouvement Démocrate "bataille" pour faire admettre qu'un nouveau modèle de société soit possible, Nathalie Griesbeck espère obtenir des engagements en faveur d'une réforme de la régulation financière internationale, ainsi qu'en faveur de la lutte contre le changement climatique.