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dimanche, 19 février 2012

HADOPI a été efficace. ACTA le prochain round ?

Quand je pense au concert de récriminations qui a suivi la mise en place de la loi HADOPI, en mon for intérieur, difficile de m'empêcher de ricaner abondamment.

Ne disaient-ils pas que cette loi n'empêcherait pas le téléchargement illégal ? Tout faux. Il s'est littéralement effondré. Et c'était à prévoir. Il allait de soi que seuls les usagers avancés, voire experts d'Internet tenteraient de contourner la loi au risque de prendre une amende et de se voir couper la connexion.

Le plus drôle, au fond, dans cette histoire, et  je compte ACTA au nombre des épisodes, ce sont les hypocrisies de tout bord.

Les utilisateurs font de l'agit-prop sur la Toile, brandissent des grands concepts comme la liberté ou encore la neutralité du net, mettent en avant des théories fumeuses, mais n'aspirent au fond qu'à continuer à télécharger sans payer le moindre droit. Le comble, au final, c'est de consommer les produits des grandes compagnies et autres Majors qu'ils conchient tous les jours.

Mais ce n'est pas tout : de l'autre côté, les "artistes" et le star-système dans son ensemble véhicule depuis longtemps l'idéologie libertaire du laisser-faire en moquant et dégradant régulièrement tous les symboles de l'ordre et de la loi. Or, les voilà à se prendre dans la gueule le boomerang des valeurs qu'ils propagent depuis plusieurs décennies. Touchés au portefeuille, ils pleurnichent et sollicitent l'assistance des mêmes pouvoirs publics qu'ils traitent plus bas que terre en temps ordinaire devant leurs fans. Le plus drôle, c'est de les voir fermer leur gueule face à leur public "libertarisé" mais venir couiner en douce auprès des éléments influents de la classe politique pour s'assurer de conserver leur gagne-pain.

Bref, les premiers sont bien les dignes clients des seconds.

Quant aux tentatives de faire appel à la charité publique sur la Toile, elles ont fait long feu : tous ceux qui ont essayé se sont ramassés en beauté. Les naïfs. L'internaute est rapiat au possible. La culture du "gratuit" a fait des ravages. Quand il fait un généreux versement de quelques centimes d'euros, il croit encore avoir réglé son écot.

On peut percer via My Major Company, mais certainement pas se faire produire par la gentille coopérative des Samaritains de la Licence Globale. C'est juste un moyen supplémentaire d'attirer l'attention des gros producteurs.

La Licence Globale, revenons-y : une sorte de collectivisation globale de la production des oeuvres. Tout le monde paie pour tout le monde. Sauf qu'il y a un problème d'équation : tout le monde paie, mais...pas pour tout le monde. Pour quelques uns seulement. Au fond, la Licence Globale est une sorte de super-impôt collectiviste. Un de plus.

Dans cette histoire, ne nous trompons pas : chacun défend ses intérêts, et rien d'autre. Il n'y a nulle morale, nul principe, nul éthique généreuse. Absolument rien de tout cela.

Les utilisateurs cherchent simplement à ne pas payer. A fortiori ceux qui se prennent pour l'avant-garde de la Toile et invoquent les droits de l'homme pour leur combat mercantile.

Les producteurs mènent une guerre honteuse : non parce qu'elle serait illégitime, amais parce qu'ils en ont honte, et pour cause, ils ne récoltent que ce qu'ils ont semé.

ACTA, l'actuel accord en discussion entre les pays occidentaux pour contrer la contrefaçon émergente recèle bien des dangers. Mais ne nous y trompons pas : à l'exception de quelques esprits à la fois éclairés et honnêtes, tous ceux qui le conspuent sont motivés avant tout par la crainte égoïste de se faire alpaguer quand ils téléchargent illégalement ou achètent un produit contrefait.

Aucune autre motivation que l'intérêt personnel, in fine.

dimanche, 05 juillet 2009

LOPSI, un alien est dans vos entrailles électroniques !

Tout d'abord, pour prendre conscience clairement des effets de l'Alien une fois qu'il s'est logé dans les entrailles de votre ordinateur, un salutaire et nécessaire tour chez Hashtable qui nous en fait une présentation avec des images et un scénario singulièrement suggestifs. Toute ressemblance avec l'un des succès les plus fameux des films d'anticipation serait le pur fruit du hasard.

La LOPSI 2 (loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure) m'inspire une grande défiance : c'est d'ailleurs une erreur, à mon sens, de la comparer à Hadopi. La loi autorise l'introduction par la force publique d'un cheval de Troie pour capter les données qui figurent dans un ordinateur, y compris au moment de la saisie d'un texte. En théorie, seuls les crimes et délits suivants seraient concernés par la loi : terrorisme, pédophilie, meurtre, torture, trafic d’armes et de stupéfiants, enlèvement, séquestration, proxénétisme, extorsion, fausse monnaie, blanchiment et aide à l’entrée et séjour d’un étranger. Ah, évidemment, tout ceci se fera sans l'accord de l'heureux possesseur de l'ordinateur.

Il y a certains aspects que j'approuve, comme la mise en place du logiciel Périclès, par exemple mais je n'aime pas l'idée que l'État puisse venir fouiner sans préavis dans un ordinateur privé. Si j'approuve le renforcement de moyens pour lutter contre la délinquance, il ne faudrait pas que cette dernière devienne un prétexte pour surveiller et espionner ce que font et disent les citoyens. Je ne sais pas pourquoi, mais je parie que des dérapages sont à prévoir. Je n'aime pas du tout la mention "aide à l'entrée et séjour d'un étranger" dans le tas, par exemple. Assimiler cela à de la grande délinquance ou du crime donne une bonne idée des dérapages que je vois déjà venir, surtout quand on a un président dont les mesures ne surfent que sur l'évènementiel...

Ce n'est plus la boîte de Pandore que l'on ouvre, là, mais la boîte des pandores, avec tout ce que cela peut générer comme maux et comme entraves pour les libertés individuelles.

14:51 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : lopsi, hadopi, liberté |  Facebook | | |

jeudi, 14 mai 2009

Fait chier, Hadopi !

Sérieux, je commence à en avoir ras-le c... d'Hadopi. Hadopi par-ci, Hadopi par là, on ne parle plus que d'Hadopi sur tous les flux. Pas moyen d'ouvrir le flux d'une blog-roll ou d'un agrégateur sans être submergé d'Hadopi dans tous les sens. Surtout que les Français, Hadopi, c'est leur dernier souci. Personnellement, ce que je n'aime pas , c'est le principe de mouchards sur des machines, et je trouve intelligent l'argument de faire valoir que leur multiplication va générer une masse critique d'utilisateurs, et donc, de développeurs pour contourner les tentatives de contrôle, mais, mis à part ça, j'ai l'impression qu'il y a comme une campagne d'une minorité active sur la Toile pour tenter de dézinguer Hadopi. Et derrière, qu'est-ce qu'il y a au fond ? Le refus de payer aux artistes et créateurs leur dû au motif que les géants du star-system font suffisamment de fric. Argument fourre-tout qui permet de dire tout et n'importe quoi et ignore évidemment toutes les petites boîtes de production. Et même ainsi, argument pré alter-marxiste, car il induit que faire du fric, comme d'hab, c'est mal. Moi, je trouve que c'est bien de faire du fric. Et si la minorité active trouve que c'est mal, eh bien elle n'a qu'à ne pas acheter les disques des maisons de disques visées. On ne peut pas critiquer le consumérisme et l'univers capitaliste et en même réclamer de pouvoir se goinfrer et d'yper-consommer à tous crins.

Il y  aussi la promotion d'un prétendu "nouveau modèle" dont personne n'est capable de donner ne serait-ce que les prémisses de son fonctionnement en termes d'efficacité. Il faudrait que les artistes se financent via la publicité sur Internet, ou au bon vouloir des utilisateurs (cela a un nom, ça s'appelle de la mendicité !) ou je ne sais par quelle autre baliverne.

Ah, et puis il y a ceux qui disent que le téléchargement illégal, c'est une fatalité. Alors comme c'est une fatalité, il faut en prendre acte et laisser faire. En gros, dès lors qu'un phénomène devient répandu, il est forcément légitime. Voilà l'argument. Hideux. Je laisse aux lecteurs le soin d'apprécier les conséquences de l'application d'un tel raisonnement à l'éthique, au droit et à la morale.

Bref, on lit tout un tas d'arguments plus foireux les uns que les autres, tout cela s'agrégeant, sous l'effet de la meute, en une boule de neige qui est beaucoup plus grosse que ce qu'elle est en réalité. En somme, c'est du lobbying dans la plus pure tradition du lobbying à l'américaine, mais, en fait, en pire. Les élus qui expriment leur avis sont traqués, on les traite de tous les noms quand ils ne vont pas dans le sens de la meute, on publie leurs noms, et on parle d'assassins de la liberté. Faudrait peut-être pas pousser. Je n'aime pas cette loi, je la trouvemême mauvaise, mais les arguments des anti-hadopi sont loin de me convaincre et je ne les trouve  pas meilleurs. Au moins les pro-hadopi ont-ils à mes yeux l'éthique de leur côté.

In fine, on ne parle plus que d'Hadopi, alors qu'Hadopi, c'est le dernier souci des Français actuellement. Alors Hadopi un peu, ça va un moment, mais hadopi en boucle depuis plusieurs semaines, ça commence à bien faire...Il n'y a pas qu'Hadopi dans la vie.

09:48 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : hadopi |  Facebook | | |

vendredi, 03 avril 2009

Les élus MoDem et Hadopi

Je viens de faire un détour par le blog d'Antonin et d'y lire le coup de gueule qu'il publie à propos des élus de la nation et d'Hadopi. Antonin semble en particulier déçu de l'absence et du quasi-silence des élus MoDem sur la loi Hadopi.

Je crois qu'il y a quiproquo (attention, toutefois, je ne donne que mon interprétation). Si les élus MoDem ne participent pas à ce vote, à mon avis, c'est qu'ils approuvent le principe de la sanction du piratage mais pas les modalités d'application qui figurent dans la loi.

Au demeurant, c'est aussi mon avis. Ce qui me déplaît dans cette loi, c'est qu'elle passe par-dessus le pouvoir judiciaire et qu'elle est propice à toutes les déviations. Mais on peut aussi supposer que les moyens de contrôle et de régulation s'améliorent avec les errements et le temps.

Personnellement, je n'ai jamais rien téléchargé d'illégal. A vrai dire, non seulement par principe, mais aussi par trouille de me retrouver avec un virus mortel pour ma machine, ne sachant pas estimer la fiabilité et la sécurité de ma source. Je ne trouve pas normal de priver autrui du fruit de son travail. Je ne m'associerai pas au réseau des pirates, et je ne me retrouve pas dans les diverses critiques contre cette loi. Je ne trouve pas liberticide de protéger la créatrion, et je ne vois donc pas pourquoi Rubin déclare par exemple cette loi liberticide ni le rapport avec le cumul des mandats (une autre histoire). En revanche, je trouve liberticide le fait de pouvoir condamner quelqu'un sur des indices trop faibles. Techniquement, j'imagine qu'il doit être possible pour un pirate de générer des IP à volonté (ne serait-ce qu'en passant par un proxy au Kazakstan ou ailleurs, par exemple) voire, pour les meilleurs, de pirater les adresses Ip d'autres ordinateurs (par exemple, d'en faire des zombies). Voilà pourquoi je n'aurais pas voté cette loi non plus. Parce que les aspects techniques ne me convainquent et me semblent présenter des dangers pour les libertés individuelles et pour la présomption d'innocence.

Mais sanctionner qui s'empare de la propriété d'autrui, cela ne me gêne pas plus que cela. Je pense que pas mal d'élus ne se sont pas déplacés, pris entre deux feux : d'un côté, ils souhaiteraient protéger la création, de l'autre les dispositions de la loi les gênent. Il ne faut toutefois pas faire de plan sur la comète. Compte-tenu des faiblesses intrinsèques de la loi, une prompte jurisprudence aura tôt fait d'anéantir les premiers excès s'il devait s'avérer que des innocents et non des coupables en soient victimes.

Pour en revenir aux élus MoDem, il y a un entretien avec Jean-Luc Benhamias sur le sujet qui me paraît assez clairement correspondre à la position officielle du MoDem. Cet entretien éclairera certainement mes observations. Bayrou observait également sur RMC, tout récemment, que le téléchargement légal devrait être la voie, tout en critiquant la loi.

 

 

23:35 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : hadopi, modem |  Facebook | | |

jeudi, 19 juin 2008

Loi HADOPI, je suis pour !

C'est marrant, ça : sur la Toile, on fait tout un foin de la fameuse loi HADOPI, en hurlant au loup, à la privation de liberté, au crime contre le droit, et cetera...

Vois pas ce qu'elle a de mal, moi, cette loi HADOPI. Cela m'apparaît normal de sanctionner les voleurs, et d'ailleurs, je trouve que les sanctions sont très mesurées. Je rappelle ce qu'en dit l'AFP :

En 2006, un milliard de fichiers piratés d'oeuvres musicales et audiovisuelles ont été échangés dans l'hexagone.

Pour lutter contre ce phénomène, le projet de loi crée une Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur l'internet (Hadopi), que les ayants droit pourront saisir s'ils constatent que leurs oeuvres font l'objet d'un téléchargement illicite.

L'Hadopi enverra alors un premier avertissement par courriel puis un second par lettre recommandée pour demander à l'internaute de cesser. "Cela sera massif. Des milliers de mails seront envoyés chaque semaine" par l'Hadopi, a averti Mme Albanel.

Après cette phase préventive et pédagogique, l'autorité administrative pourra passer aux sanctions si le téléchargement illégal persiste. L'internaute risquera une suspension de trois mois à un an de son accès à internet. Sauf s'il accepte une transaction et s'engage par écrit à ne pas recommencer, auquel cas la coupure ne sera plus que de un à trois mois.

Et c'est ça qui provoque un concert de glapissements sur la Toile ? Moi, la loi HADOPI, je vote pour. Marrant, d'ailleurs : on entend toujours les mêmes arguments : la technologie évolue toujours plus vite, les vrais pirates vont passer au travers, et cetera...Ah bon ? Il y ades vrais pirates et des faux pirates ? Un délit demeure un délit, et point à la ligne. Il peut être plus ou moins étendu, mais son étendue ne justifie pas de le requalifier. Ensuite, le problème de la technologie, c'est un problème technique, pas juridique. Pas de valeur, donc.

C'est incroyable la mauvaise foi ambiante. Il y a tout de même un aspect que je voudrais soulever : si les artistes ne parviennent plus à vivre de ce qu'ils produisent, les sources se tariront, et progressivement, les amateurs remplaceront les professionnels. Ce n'est pas politiquement correct, ce que je vais dire, mais le fait est qu'en moyenne, les professionnels sont meilleurs que les amateurs. On verra donc une nuée de "génies en herbe" s'abattre sur la Toile, se voyant désormais en nouvelles icônes de la "piracy-society", et le règne de la médiocrité s'étendra alors sur toute la création artistique. Actuellement, dans la musique et plus généralement la création artistique, il y a beaucoup de merdes. Mais bientôt, il ne pourrait plus y avoir que de la merde, et encore, même pas de bonne qualité...

Albanel a donc raison de s'entêter, car sa loi a le mérite de créer un cadre juridique. On pourra toujours l'améliorer ensuite à l'essai.

(je vais encore me faire plein de nouveaux amis, moi, je le sens, si cet article est lu et/ou relayé...)