Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« L'Europe a bon dos, une fois de plus ! | Page d'accueil | Un référendum européen pour l'Europe »

jeudi, 19 juin 2008

Loi HADOPI, je suis pour !

C'est marrant, ça : sur la Toile, on fait tout un foin de la fameuse loi HADOPI, en hurlant au loup, à la privation de liberté, au crime contre le droit, et cetera...

Vois pas ce qu'elle a de mal, moi, cette loi HADOPI. Cela m'apparaît normal de sanctionner les voleurs, et d'ailleurs, je trouve que les sanctions sont très mesurées. Je rappelle ce qu'en dit l'AFP :

En 2006, un milliard de fichiers piratés d'oeuvres musicales et audiovisuelles ont été échangés dans l'hexagone.

Pour lutter contre ce phénomène, le projet de loi crée une Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur l'internet (Hadopi), que les ayants droit pourront saisir s'ils constatent que leurs oeuvres font l'objet d'un téléchargement illicite.

L'Hadopi enverra alors un premier avertissement par courriel puis un second par lettre recommandée pour demander à l'internaute de cesser. "Cela sera massif. Des milliers de mails seront envoyés chaque semaine" par l'Hadopi, a averti Mme Albanel.

Après cette phase préventive et pédagogique, l'autorité administrative pourra passer aux sanctions si le téléchargement illégal persiste. L'internaute risquera une suspension de trois mois à un an de son accès à internet. Sauf s'il accepte une transaction et s'engage par écrit à ne pas recommencer, auquel cas la coupure ne sera plus que de un à trois mois.

Et c'est ça qui provoque un concert de glapissements sur la Toile ? Moi, la loi HADOPI, je vote pour. Marrant, d'ailleurs : on entend toujours les mêmes arguments : la technologie évolue toujours plus vite, les vrais pirates vont passer au travers, et cetera...Ah bon ? Il y ades vrais pirates et des faux pirates ? Un délit demeure un délit, et point à la ligne. Il peut être plus ou moins étendu, mais son étendue ne justifie pas de le requalifier. Ensuite, le problème de la technologie, c'est un problème technique, pas juridique. Pas de valeur, donc.

C'est incroyable la mauvaise foi ambiante. Il y a tout de même un aspect que je voudrais soulever : si les artistes ne parviennent plus à vivre de ce qu'ils produisent, les sources se tariront, et progressivement, les amateurs remplaceront les professionnels. Ce n'est pas politiquement correct, ce que je vais dire, mais le fait est qu'en moyenne, les professionnels sont meilleurs que les amateurs. On verra donc une nuée de "génies en herbe" s'abattre sur la Toile, se voyant désormais en nouvelles icônes de la "piracy-society", et le règne de la médiocrité s'étendra alors sur toute la création artistique. Actuellement, dans la musique et plus généralement la création artistique, il y a beaucoup de merdes. Mais bientôt, il ne pourrait plus y avoir que de la merde, et encore, même pas de bonne qualité...

Albanel a donc raison de s'entêter, car sa loi a le mérite de créer un cadre juridique. On pourra toujours l'améliorer ensuite à l'essai.

(je vais encore me faire plein de nouveaux amis, moi, je le sens, si cet article est lu et/ou relayé...)

 

10:34 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : hadopi, téléchargement illégal, piraterie, albanel, art, musique, films | |  Facebook | | | |

Commentaires

juste 2 liens :

http://www.numerama.com/magazine/9872-Riposte-gradue-o-seront-les-preuves.html
http://dmca.cs.washington.edu/uwcse_dmca_tr.pdf

ça fait vraiment froid dans le dos....

après lecture, je ne vois pas comment on peut toujours être pour cette "loi".

Écrit par : kyle | jeudi, 19 juin 2008

ça n'a rien de convaincant. Ce que disent vos liens, c'est que les procédés techniques d'identification ne sont pas au point. Ok, mais cela n'enlève rien à l'idée elle-même. Il faut juste trouver d'autres procédés techniques.

Écrit par : L'hérétique | jeudi, 19 juin 2008

justement : comment peut-on faire passer une loi si les procédés techniques, jamais abordés, ne sont pas au point ?

qui va trouver "d'autres procédés" ?

Écrit par : kyle | jeudi, 19 juin 2008

@ Kyle
Bonne question, mais c'est un problème technique, pas juridique.

Écrit par : L'hérétique | jeudi, 19 juin 2008

et pour les industries du jeux vidéo et du logiciel, rien n'est prévu ? ils ne sont jamais conviés :
- pour les redevances de copie privé
- pour contrer la copie de leur oeuvres

et pourtant, ils ont été les 1° à souffrir de la copie illégale !
parle-t-on d'eux en ce moment ?

non. je pense que le lobby des éditeurs de logiciel est bien moins puissant que ceux de la musique et des films.
(ou alors ils ont réussi à prendre le tournant internet ?)

rien que pour cela, je suis contre cette loi !

Écrit par : kyle | jeudi, 19 juin 2008

Hors de la question technique et des éventuelles privations de liberté (effectivement cheval de bataille des "excessifs" contres), c'est surtout une question de modèle économique.

Internet, le peer to peer, sont des chances de convertir un modèle économique pour permettre 2 choses :
- une rentabilité égale ou supérieure
- une diffusion beaucoup plus universelle de la culture

Il y avait donc 2 choix :
- Rester sur le modèle précédent, en fin de vie. Seule solution : la répression. Les gagnants : les maisons de disque, et encore.... ça m'étonnerait très fortement qu'ils y gagnent beaucoup. C'est à mon avis refuser la réalité qui est un modèle économique plus dynamique, plus adapté à son temps.
- Miser sur le nouveau modèle : étudier toutes les possibilités de "licence globale", les divers modèles souvent audacieux qui sont proposés. Les gagnants : artistes et consommateurs/citoyens.

Voilà : pas de "scandale", mais un choix déplorable.

Écrit par : Kaloo | jeudi, 19 juin 2008

Je ne sais pas trop pour la loi Hadopi.

F. Mitterand a dit : "En politique il vaut mieux un mauvais professionnel
qu'un bon amateur". Peut-être avait-il raison.

Par contre en Art, en particulier pour les arts dits mineurs (comme la chanson), ne vaut-il pas mieux un bon amateur qu'un mauvais professionel ou
même qu'un bon professionnel.

La vague yéyé des années 60 a été extrêmment favorisée par le fait que
sur les radios tous les jours (à "Salut les Copains" notamment) passaient
des nouveautés "amateurs ou professionels" et au Golf Drouot n'importe
quel chanteur pouvait aller sur scène, il devait juste s'en aller si on le
sifflait.

Pour les articles dans les blogs (pas ici bien sûr ...) je suis frappé du fait
que les commentaires sont souvent plus judicieux que l'article lui même.

L'Art n'est-il pas une chose trop sérieuse pour être confié à des
professionnels (du marketing en fait).

Écrit par : Luc | jeudi, 19 juin 2008

Je suis tout à fait d'accord

Pas forcement sur la loi, que je ne connais pas, mais sur le principe.

Le piratage ce n'est pas une bonne chose. Je suis pour le principe de la propriété intellectuelle. J'encourage bien sûr le libre, et j'utilise presque uniquement des logiciels libres, mais je ne pirate pas.

Il est malhonnête de dire que c'est nous priver de liberté. Il faut juste réfléchir à des méthodes de mise à disposition des oeuvres profitable à tous, par exemple des sites permettant d'écouter la musique avec des publicités qui s'affichent et dont les profits sont reversés aux professionels

Écrit par : vincent15 | jeudi, 19 juin 2008

tout le monde pirate, c'est un combat d'arrière garde. Les artistes se rattrapent assez sur les concerts. En plus ça fait connaître leur zik...

Quant aux films, ça n'empêchera pas d'aller au ciné. Après c'est vrai qu'on attend plus à ce qu'il passe à la télé.

Vraiment, ce ne sont pas ces gens-là que je vais plaindre. S'ils avaient accepté le concept de licence globale...

Écrit par : Le Petit Grognard | jeudi, 19 juin 2008

Avant même de savoir si cette loi peut sauver ou non la "culture" - ce n'est pas parce que je pourrai plus télécharger de la merde que je vais me mettre à en acheter... - je ne peux pas défendre cette loi qui, c'est une première, implique une présomption de culpabilité pratiquement irréversible de l'usager accusé de téléchargement illégal. Ceci, quel que soit le sujet traité par une loi, est inacceptable.


"Actuellement, dans la musique et plus généralement la création artistique, il y a beaucoup de merdes."

Pas du tout d'accord, à moins de ne regarder que le dessus de l'iceberg, qui correspond à ce qu'on peut voire et entendre à la télé, à la radio, dans tout grand réseau de diffusion, et ou effectivement le niveau est très souvent déplorable.
Mais quand on considère l'ensemble de la création artistique, quand on est curieux, qu'on sort, qu'on fouine, qu'on creuse, on constate qu'il n'y a jamais eu autant de créativité, de diversité et de qualité.

Écrit par : Aurélien | jeudi, 19 juin 2008

d'accord avec le Grognard.

comme d'hab ;-)

et sinon, allez voir ce lien : http://www.quechoisir.org/Position.jsp;jsessionid=1DD7CE761B78CD8B96E99B527F06BC9D.tomcat2?id=Ressources:Positions:6B56A2415566834CC125746C0047D40D&catcss=MUL402

Écrit par : MIP | jeudi, 19 juin 2008

L'Hérétique, tu as bien souvent des avis très pertinents mais quelques fois, comme dans ce billet, tu te plantes en beauté.

Ce qui est en jeu avec cette loi ne concerne la création artistique qu'à la marge. Il est avant tout question des libertés les plus élémentaires de chacun d'entre nous.

Va lire par exemple chez KaG : http://www.lantredekag.fr/index.php/?2008/05/23/614-chuuuuuuut-on-nous-ecoute

Écrit par : Oaz | jeudi, 19 juin 2008

(Merci Oaz)

Tu as (@l'Hérétique) effectivement un métro de retard sur la question.
Le "piratage" est à une telle échelle que vouloir légiférer en ce sens sera voué à l'échec.
Au mieux cela va calmer le "petit pirate" comme ceux que je vois au café le matin et qui télécharge des... séries qui passent à la TV.
Le "vrai" pirate, celui qui sait avancer masqué, télécharger là où ça arrive vite et proprement, continuera à le faire, et c'est celui là qu'on trouve parfois à revendre dans les cours des bahuts ou au taff.

Au delà de ça, cette loi est, effectivement, un gros risque pour nos libertés individuelles, d'autant que nos FAI sont INCAPABLES de gérer une situation où il faut "creuser" et enquêter. Au moindre doute, ils frappent (voir une anecdote que j'ai faite hier).

Pour terminer, j'ai 41 ans.
J'ai "piraté" pour la première fois il y a plus de 30 ans.
Successivement :
les K7 audio de musique, puis de jeux pour mon C64, puis vidéo, puis avec des disquettes, puis avec des CD et enfin via internet.
Bilans ?
J'ai arreté.
Est ce que j'achète des disques ?
Non...
Est ce que vais au cinoche ?
De temps en temps...
La qualité de ce qu'on nous sert étant de pire en pire, même gratuitement, je n'en veux pas.
Et acheter la énième compil de Gaisbourg ou de Queen, ben... Je vois pas trop l'utilité.
Par contre, viens à la maison, tu trouveras des VHS, des DVD, des CD et des jeux.
J'en ai toujours acheté selon mon pouvoir d'achat et mes gouts et non pas selon ce qui était dispo sur la toile.

(Pour finir, je me demande quelle sera ta réaction si un jour on te coupe internet parce que tu as piraté sans le savoir...)

J'oubliais :
Certains FAI sont quand même à hurler de rire de cynisme.
Pendant des années les arguments de Free (parmi d'autres) concernaient la vitesse de téléchargement et le débit...

Tiens, et encore une :
Internet est un tremplin pour les artistes. Un formidable tremplin.
Et ce sont eux qui comptent, pas les producteurs.

Écrit par : KaG | jeudi, 19 juin 2008

@ tous

Il faut faire des distinguos, évidemment. Je ne suis pas non plus un fanatique de la loi, et il faut distinguer les peccadilles (quelques copies privées) de la délinquance organisée. Mais il n'en reste pas moins que le droit d'auteur est une liberté fondamentale, et que pour ma part, j'y suis très attaché. Or c'est le droit d'auteur que la loi HADOPI cherche à protéger...
CQFD

Écrit par : L'hérétique | vendredi, 20 juin 2008

Attention sortez les violons !
"La loi Hadopi protège le droit d'auteur" "le droit d'auteur est une liberté fondamentale"
Il va falloir amender la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, alors !

Non. La propriété intellectuelle, du moins pour la partie patrimoniale, n'est là que pour garantir un équilibre entre deux droits, celui de l'auteur de l'oeuvre et celui du destinataire de l'oeuvre (c'est à dire tout le monde).

Par ailleurs, concernant les "peccadilles", j'écoutais Albanel ce matin chez Bourdin qui lui faisait remarquer que désormais avec les accès wifi un peu partout, il était illusoire de coincer les délinquants les plus malins.
La ministre de l'inculture numérique lui a répondu que ce n'était pas le but de cette loi que de s'attaquer aux "gros". Selon elle, le but principal est d'en finir avec la banalisation du téléchargement en dehors des "offres légales" pour amener les consommateurs vers celles-ci.

Finalement, la seule différence entre le modèle de rémunération des artistes préconisé par le gouvernement actuel et une licence globale c'est que :
- dans le cas de la licence globale, on a une offre illimitée financée par une taxe reversée directment aux artistes
- dans la vision de la loi hadopi, on a diverses offres légales illimitées fournies par les majors dont une petite portion revient aux artistes

Écrit par : Oaz | vendredi, 20 juin 2008

J'avais oublié de te dire que le titre de ton billet me fait furieusement penser au titre d'une chanson de Sardou...

Écrit par : Oaz | vendredi, 20 juin 2008

@ Oaz

eh oh, tu ne crois pas que tu pousses, là, avec ta comparaison ? Pour le reste, je suis d'accord avec ta notion d'équilibre entre deux droits. Justement, la loi hadopi me paraît très raisonnable (on est loi de la peine de mort, hmmm ?)

Écrit par : L'hérétique | vendredi, 20 juin 2008

je suis d'accord ac Oaz et Kag (il faut dire qu'ils maitrisent le sujet). Après l'hérétique tu aurais raison de me dire "bonjour le juriste" !
Mais vois-tu c'est un combat d'arrière garde. Petit message aux jeunes passant des oraux de concours : n'avouez jamais que vous avez "piraté" un pote l'a fait, la question étant posée simplement. Il a dit "tout le monde le fait" (ce qui est vrai) et un membre du jury (qui devait probablement le faire lui aussi) a répondu : "et vous osez vouloir être fonctionnaire ?"
Quelle hypocrisie quand on voit que les plus grands centres de deal de shit sont près des écoles de police ;-)

Écrit par : Le Petit Grognard | vendredi, 20 juin 2008

@l'hérétique,
Oui je sais la "comparaison" est vraiment limite mais c'est ce qui a involontairement traversé mon esprit !

Là où la loi hadopi n'est pas raisonnable c'est quelle autorise la mort numérique d'une personne pour des faits qui n'ont rien de très grave...
Ce n'est pas un crime (au sens légal) de télécharger quelques morceaux de musique que l'on n'aurait pas acheté.

La surveillance permanente des faits et gestes numériques et la suppression de l'accès à Internet sont incroyablement disproportionnées.

Si un enfant vole un paquet de bonbon au supermarché, va-t-on interdire à ses parents l'accès à tous les supermarchés pour leur faire savoir qu'ils auraient dû mieux s'occuper de leur progéniture ?...

Écrit par : Oaz | samedi, 21 juin 2008

Écrire un commentaire