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mercredi, 30 avril 2008

Un brevet pour Ben Ali ? je rêve !

Alors là, je trouve que le Président de la République, Nicolas Sarkozy, mérite de recevoir le dernier rapport d'Amnesty International en double exemplaire au moins. Un pour lui, l'autre pour son hôte, afin que l'un et l'autre consultent la page Tunisie.

Je conçois tout à fait que les visites de chefs d'état à chefs d'état soient nécessaires, mais ce n'est pas une raison pour trop en faire. La manière dont Ben Ali lutte contre ses opposants, et pas seulement contre les islamistes au demeurant, est indigne, avec notamment un usage massif et atroce de la torture ainsi qu'une négation presque systématique des droits les plus élémentaires de la défense.

Combien de dictateurs souvent très brutaux faudra-t-il encore que la France loue, sous l'ère Sarkozy ? C'est ça, sa nouvelle politique ? 

On pouvait féliciter le chef d'état tunisien sur une série de choses, mais certainement pas sur les droits de l'homme. Moi aussi je me sens dans le camp des amis de la Tunisie, et je ne suis pas du tout sûr que Nicolas Sarkozy ait rendu service aux Tunisiens, en la circonstance. 

J'espère que les élus du MoDem vont rapidement réagir, puisque pour l'instant, seul un député PS, Pierre Moscovici, a interpelé le Président. 

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mardi, 29 avril 2008

Abeilles en danger !

Enfin je vais chanter le peuple industrieux
Qui recueille le miel, ce doux présent des cieux.
Mécène, daigne encor sourire à mes abeilles.
Dans ces petits objets que de grandes merveilles !

Géorgiques, livre IV , Virgile,  (traduction par l'Abbé Delille)

C'est en ces termes que le poète latin Virgile chante les plus ingénieux insectes de la création. Sauf que ces sympathiques bestioles sont en danger, et que les amateurs de miel devront bientôt se contenter de miel de synthèse au train où vont les choses. 

En fait, il y a de plus en plus d'abeilles en ville (en raison des températures clémentes et des zones vertes aux floraisons diversifiées) et de moins en moins à la campagne. On produit donc de plus en plus de miel de ville ! Ces petites bêtes sont pourtant tout à fait nécessaires dans les campagnes.

L'UNAF a lancé un projet "l'abeille, sentinelle de l'environnement" afin de soutenir la protection de ces braves petites bêtes. Moi je propose que le MoDem devienne partenaire et adopte un rucher qu'on pourrait placer au 133 rue de l'Université. Ce serait sympa comme tout, et on pourrait faire des dégustations de miel !

En fait, ce sont les monocultures et les pesticides qui contribuent à éradiquer progressivement les abeilles en milieu rural. Sans compte les "mauvaises herbes" que l'on arrache à tour de bras, mais qui sont très appréciées des petites butineuses.

J'en profite pour préciser qu'à l'heure actuelle, la loi sur les OGM ne prend absolument pas en compte les abeilles : ces petits insectes se déplacent, eux, et quand ils butinent, se fichent bien de savoir si la fleur sur laquelle ils sont est modifiée ou non. Bref, une raison de plus d'avoir voté contre ce texte.

Alors hip hip hip...bzzzzz pour les abeilles, et, si vous en voyez, ne les tuez surtout pas, mais permettez-leur délicatement de sortir. Et si vous les aimez, sachez qu'elles apprécient particulièrement le thym. En tout cas, les Romains truffaient les jardins à, rûchers de thym, et je les crois suffisamment bons apiculteurs pour avoir réfléchi à la chose. A preuve le livre entrier que Virgile leur consacre !!!

 


Afghanistan, Philippe Nogrix exprime ses doutes

1592235994.jpgPour mémoire, Philippe Nogrix, sénateur UDF-MoDem, est un membre de la commission des affaires étrangères du Sénat. Il a exprimé le 03 avril dernier dans une tribune ses interrogations sur l'engagement français en Afghanistan.

Comme quoi, Quindi et moi ne sommes pas les seuls à nous interroger au MoDem à ce sujet... Je constate qu'il observe, comme Quindi, que c'est le Soft power qui a le plus de chances de produire quelque chose en Afghanistan, et notamment la recostruction.

 

La France va renforcer sa présence en Afghanistan.

Le Président de la République vient de l'annoncer. On peut regretter que le Parlement ait été placé devant le fait accompli. D'autant plus que cette décision n'est pas anodine.

Depuis 2001, la France participe à l'opération menée en Afghanistan, par l'OTAN sur mandat de l'ONU, contre Al Qaïda et les talibans. Cependant, sa participation est bien moindre que celle de nos voisins anglais ou allemands. Aujourd'hui, 1700 soldats français sont déployés en Afghanistan, sur un total de 60 000 hommes.

Ce seront 700 soldats français supplémentaires qui y seront envoyés. Autrement dit, la France va augmenter sa présence de plus de 40 %.

C'est une inflexion lourde de conséquences. 
      Des conséquences humaines d'abord. En Afghanistan, les troupes sont confrontées à une véritable guerre. La vie des hommes est en jeu. 
      Des enjeux budgétaires ensuite : cet envoi pourrait faire exploser le budget des " opérations extérieures ". 
      Enfin, l'enjeu est géostratégique : une inflexion majeure des positions françaises sur la scène internationale semble se dessiner par-delà la seule question afghane.

Au regard de ces trois enjeux, les tenants et les aboutissants du renforcement de la présence française en Afghanistan n'apparaissent absolument pas clairement. Là est le problème. 
    Pourquoi envoyer 700 hommes supplémentaires ? Cette décision ne correspond pas à une demande de nos alliés. La France agit de manière unilatérale.
     Alors quel est l'objectif ? 
     Pacifier le pays et lutter contre le terrorisme, dit-on. Oui, mais alors, les spectres du Vietnam ou de l'Irak ressurgissent : depuis 7 ans que nous sommes là-bas, les choses se sont-elles améliorées ? Non. Le conflit paraît s'enliser. Le seul moyen pour réussir la transition de la guerre à la paix réside dans le développement et la reconstruction. Mais, la France jouera-t-elle cette carte ? Pas sûr du tout. Si son contingent d'hommes augmente, en revanche, ce ne semble pas être le cas de son aide financière.

Etait-il opportun, dans ces conditions, d'envoyer ces 700 hommes supplémentaires ? Ce ne paraît pas être le cas pour plusieurs raisons. 
     Premièrement, des raisons logistiques. Où trouver les soldats requis ?
     Deuxièmement, cette décision pourrait compromettre les autres engagements que nous avons pris auprès de nos alliés de pouvoir déployer des troupes en cas de crise urgente. 
     Troisièmement, la raison budgétaire : 700 hommes de plus, ce pourrait être 50 millions d'euros supplémentaires sur un poste " opérations extérieures " qui a déjà explosé. Où sera trouvée cette somme ?

Une seule raison paraît vraiment justifier la décision présidentielle : elle entre dans le cadre d'une inflexion majeure de notre positionnement géostratégique. La France se serait engagée dans un profond " glissement atlantiste ". Pour preuve : les 700 soldats français supplémentaires seront déployés dans l'Est de l'Afghanistan où a lieu la guerre contre les positions frontalières d'Al Qaïda, auprès des troupes US.

Ainsi, toutes les interrogations que nous avons évoquées aboutissent à des questions plus fondamentales : jusqu'où ira le glissement atlantiste de la France ? Qu'en penseront nos partenaires européens ? N'était-ce pas le moment de reparler d'engagement concerté ? Autant de questions qui restent sans réponses.

 

 

lundi, 28 avril 2008

Velib et la loi de l'offre et de la demande

Assez amusante, mais pas idiote, cette proposition que rapporte Maître Eolas à propos des stations de velib pleines et vides : c'est  l'économiste Pierre-Yves Geoffard qui la fait dans le quotidien Libération du 08 octobre2007. Son idée est très simple et très libérale : faisons jouer sur les places de velib la loi de l'offre et la demande ! Plus il y a de places vides, moins vous payez votre course, ou plus vous bénéficiez de bonus. A l'inverse, Moins il y a de places vides, plus vous payez votre course, et vous n'avez de toutes façons pas de bonus. Bien vu. Ainsi, par le jeu de la rareté, on peut espérer que le marché des places vides et des places pleines se régulent naturellement.

Ce serait assez tentant de traiter cette proposition dans un modèle praxéologique, et notamment de définir quelles opportunités sont saisies par les usagers concernés, et quelle est également la quantité d'information disponible pour ces derniers, ou encore, comment par tâtonnements successifs, ils construisent leur carte mentale des places de velib libres ou non selon les endroits.

En tout cas, ce n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd, à témoin l'idée géniale de stations-bonus développée par Annick Le petit, adjointe PS chargée des déplacements et transports auprès de not'bon maire, Prospero Delanoë sur le blog du velib... 

Comme le relève avec humour Maître Eolas, heureusement que l'application en est bureaucratique, parce que sinon, ça aurait risqué de marcher

13:19 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : velib, delanoe, le petit, station, bonus |  Facebook | | |

dimanche, 27 avril 2008

Le Pen ne sait plus quoi faire pour exister...

Jean-Marie Le Pen s'est fait remarquer, une fois encore, par ses propos outranciers et indignes sur l'histoire de la seconde guerre mondiale et le sort fait aux déportés, dont il nie la souffrance.

La réalité, je crois, surtout, c'est que le Front National s'est effondré aux dernières élections, et que le mouvement continue. Alors Jean-Marie Le Pen essaie de créer un "évènement", espérant désespérément braquer les projecteurs sur lui.

Si l'instrumentalisation d'un sujet grave n'était pas odieuse, en cette circonstance, on pourrait se demander ce qui l'emporte, entre le misérable et le ridicule, dans cette tentative avortée.

Jean-Marie Le Pen pourrait passer quelques temps en prison, mais en réalité, personne ne s'en émeuvra. Et demain, les médias l'auront à nouveau oublié... 

Médicaments : solution d'économie

Il y a tout de même une chose qui m'a toujours étonné : on parle d'économies nécessaires sur le budget de la santé, et, pendant ce temps, des monceaux de médicaments non utilisés dorment chez la plupart des particuliers.

Pourquoi ? Parce que l'on est contraint d'acheter des boîtes et des boîtes et encore des boîtes de comprimés, au lieu de pouvoir commander la quantité nécessaire exacte à la suite de la prescription des médecins.

Pourquoi n'est- il pas possible d'acheter son médicament au comprimé près, au lieu de devoir prendre une boîte entière ?

Il me semble qu'il y a là pourtant un gisement d'économies tout à fait évident ! 

08:30 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : santé, médicament |  Facebook | | |

samedi, 26 avril 2008

MoDem : les commissions parisiennes redémarrent

Le programme parisien du MoDem a été élaboré par de nombreux adhérents, réunis en commissions. On sait ce qu'a été finalement le résultat du MoDem à Paris, un peu plus de 9% des voix, dans un contexte de désaffection électorale (abstention importante) et d'une vague de gauche.

Le rôle des commissions va donc évoluer. Certes, il s'agit de préparer 2014, mais surtout de se montrer vigilant, et de proposer en cours de mandature des solutions alternatives aux Parisiens, solutions qui seront portées par Marielle de Sarnez au Conseil de Paris, et par les porte-parole qui émergeront dans la capitale. 

Trois militants chapeautent l'organisation actuelle des commissions afin de les coordonner :

248618492.jpg393352299.jpg1655302280.jpgCéline Alléaume , Christelle de Crémiers et Lionel Corre. C'est donc avec eux qu'il conviendra de prendre contact pour travailler au sein de ces commissions. Toutefois, de nombreuses sections locales du MoDem se sont également remises à l'ouvrage, et il est bien sûr possible d'oeuvrer dans un arrondissement uniquement. A vrai dire, les points chauds ne manquent pas. Je ne les ai pas tous répertoriés, mais, dans le 16ème, par exemple, l'intention de construire au beau milieu du Parc Sainte-Perrine devrait attirer notre attention, d'autant que nous pouvons avoir des convergences avec les Verts sur ce sujet, et dans le 15ème arrondissement, ce sont les excès du nouveau centre Beaugrenelle auxquels nous devons prendre garde. Autre thème : progressivement, la mairie de Paris essaie de transformer les Jardins de la Ville de Paris en crèches afin de remplir son quota de promesses. Il ne faut absolument pas laisser faire cela, tant ces écoles à la pédagogie particulière et à l'encadrement exceptionnel sont une chance pour les enfants qui ne rentrent pas immédiatement dans le moule scolaire.

Je cite ces trois exemples, mais il y en a d'autres. Dans le domaine de la finance, Paris n'est plus qu'une place régionale, désormais, et elle continue de dégringoler la pente, or, ce sont près de 400 000 emplois en île de France qui vont être concernés sur les prochaines années dans le secteur bancaire en raison des départs à la retraite. Il ne s'agirait pas que ces  emplois partent avec leurs actuels titulaires...

Oui, nous avons beaucoup à faire ; nous pouvons être déçus de nos résultats, soupirer en songeant que Paris en a repris pour 6 années de gestion socialiste, mais il faut tenir et apparaître comme une force de proposition et de vigilance orange. 

Voici donc les dates des prochaines réunions des commissions :

Les réunions se tiendront à 19h30 au 133bis, rue de l’Université, 75007 Paris aux dates suivantes:

    * Lundi 28 avril : Commission Éducation et Culture
      Groupes : Éducation, Jeunesse & Vie étudiante, Sport, Culture, Patrimoine

    * Mardi 29 avril : Commission Développement économique, entreprises et nouvelles technologies
      Groupes : Entreprises, Attractivité, Emploi, Commerce & Artisanat, Innovation et nouvelles technologies

    * Mardi 6 mai : Commission Aménagements urbains et développement durable
      Groupes : Transports, Urbanisme, Environnement, Développement Durable

    * Mardi 13 mai : Commission Démocratie et Finances Locales et Commission Grand Paris
      Groupes : Institutions, Finances Locales, Démocratie Locale, Grand Paris

    * Mercredi 14 mai : Commission Solidarités et Société
      Groupes : Diversité, Familles, Santé, Seniors, Logement

Crise alimentaire : l'occasion ou jamais !

Des émeutes de la faim éclatent dans les pays les plus pauvres, tandis que dans les pays les plus riches eux-mêmes, les poubelles et leurs déchets commencent à faire l'objet d'âpres disputes parmi les miséreux.

Il y a donc urgence à relancer la production agricole partout dans le monde. Certes, la sécheresse ou plus généralement les intempéries, ont frappé en nombre de points de la planète.

Pourtant, il y a là une occasion inespérée pour plusieurs pays émergents, l'Afrique en particulier, de lancer enfin un plan de grande ampleur de développement des surfaces agricoles. Ceci ne doit évidemment pas se faire au détriment des forêts. 

Le FMI pourrait jouer un rôle positif en favorisant des financements d'envergure dans ce domaine. Il faut en revanche que ce soient les pays producteurs qui réalisent des bénéfices, et pas uniquement quelques multi-nationales de l'agro-alimentaire.

Un bon modèle de développement pourrait être celui du commerce équitable, avec des critères certifiés par des organismes du type Max Havelar.

Nous pouvons faire d'un malheur un bien, mais cela supppose de s'engager et de ne pas se contenter de mener une politique de redistribution des surplus, réflexe habituel des pays occidentaux, mais qui ne font qu'anesthésier temporairement la douleur sans pour autant en supprimer le cause.

J'espère que dans ce domaine, le MoDem mènera une réflexion de fond avec des propositions concrètes, car le sujet est grave et engage l'avenir de la planète toute entière. 

François Bayrou, lorss du colloque de l'UDF du 11 février 2006, sur l'agriculture et les territoire ruraux, avait posé les bases d'une autre organisation de l'agriculture des payx émergents :

Et le troisième impératif d’une politique agricole, c’est le maintien d’un tissu dense d’agriculteurs.

[...]

Mais c’est une exigence vitale pour le tiers-monde ! Je voudrais vous rappeler les chiffres, si souvent ignorés. Il y a 1,3 milliards de paysans sur la planète. Parmi eux, moins de 30 millions sont mécanisés, disposent d’un tracteur. 250 millions ont une bête de somme. Ce qui veut dire qu’un milliard d’entre eux n’ont que leurs bras pour survivre et quelques outils araires. Ce qui explique que plus d’un milliard d’entre eux vivent avec moins d’un dollar par jour !


La situation de l’agriculture mondiale qui les arrache aujourd’hui à leur terre pour les contraindre à rejoindre les bidonvilles des mégapoles misérables, par exemple en Afrique, est une catastrophe à l’échelle de l’humanité. Ce n’est pas seulement l’Afrique, mais la planète entière qui s’en trouve déséquilibrée. Les vagues d’immigration ne sont qu’une des conséquences en chaîne de cette misère du déracinement, les grandes pandémies, la drogue, en seront évidemment d’autres. Et la vue des images des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, ou la situation de Mayotte, de la Guyanne, de la Guadeloupe disent chacune à leur manière cette catastrophe humanitaire.

Or l’organisation actuelle des marchés agricole mondiaux ne permet pas d’envisager le retour à l’équilibre.

Dans l’organisation actuelle des marchés, il y a deux victimes : les agriculteurs des pays socialement avancés, qui ne survivent que par des aides publiques (primes en Europe, marketing loan aux Etats-Unis), qui coûtent cher à la collectivité et effondrent artificiellement les prix de marché. On arrive donc au paradoxe que les agricultures de ces pays voient les producteurs les plus compétitifs vendre leur production céréalière à des prix inférieurs de 20 ou 30 % à leurs coûts de revient. Ceux-là sont la première victime. Et à l’autre bout de l’échelle les deuxièmes victimes sont les agriculteurs du tiers-monde écrasés sans pitié, mourant de faim, et obligés d’abandonner leur terre.
Le seul modèle agricole réellement adapté à cette organisation des marchés, ce sont les pays du groupe de Cairns, disposant d’immenses surfaces disponibles, d’un prix du foncier très bas, de capitaux illimités pour une mécanisation à outrance, et du coût du travail qualifié très bas. Mais tout cela qui est puissant, fait une production agricole, mais pas un tissu d’agriculteurs pour la planète !


Contrairement aux orientations actuelles, que l’Europe et le tiers-monde subissent sans réaction (les pays en développement se croyant à tort représentés par de puissants producteurs comme le Brésil), on doit donc militer pour une autre politique agricole non seulement en Europe, mais dans le monde.

Le libre-échange est bon, il est nécessaire, il est vital. Mais le libre-échange doit concerner des zones de production agricoles relativement homogènes, comme le marché commun agricole a protégé et ressuscité l’agriculture européenne après la deuxième guerre mondiale.

Les marchés du tiers-monde doivent être protégés au bénéfice des producteurs du tiers-monde. Le monde socialement développé doit organiser ses productions pour que le niveau des prix soit un niveau des prix rémunérateur pour le producteur, sans que l’on soit obligé de passer par l’artifice des aides publiques qui effondrent les prix de marché et désespèrent les agriculteurs. Les productions excédentaires doivent trouver les débouchés nouveaux des biocarburants et de l’agrochimie. À l’intérieur de ces grandes zones (quatre ou cinq) de la planète, le libre-échange est souhaitable et il doit être favorisé. À l’intérieur de ces zones homogènes, la disparition des aides stupides est parfaitement négociable. Et dans les zones du monde des productions massives (le groupe de Cairns) on doit inviter les pays, comme le Brésil a commencé à le faire avec une grande lucidité et une grande prescience, à consacrer à ces productions agro-industrielles tous les surplus dont ils inondent les marchés mondiaux.

Cette organisation nouvelle du monde est donc un immense effort politique.

Un tel effort prendra des années de construction politique. Elle exige que la France en prenne la tête. Elle exige que la France convainque les autres pays européens. Elle exige que l’Europe porte ce message à l’OMC. Il s’agit, au sens propre, d’une révolution, d’un changement d’orientation majeur, d’un modèle nouveau à faire partager.

Quand je vois ce qu'il se passe actuellement, cela me paraît très actuel et très adapté, comme propos... 

vendredi, 25 avril 2008

Prospero Delanoë et l'effet papillon

Un changement de sens de circulation dans une ruelle de Paris, un rétrécissement de voie sur une grande avenue, ce qu'affectionnent particulièrement Delanoë et ses alliés verts,  peuvent provoquer un embouteillage structurel à la sortie d'Orélans, à plus de 150 kilomètres de là. C'est l'effet papillon version bobo-parisien. A vrai dire, les bobos parisiens et leur plus éminent représentant se fichent bien des soucis des masses suburbaines. Sub en latin, ça signifie "sous, dessous". Donc, les masses suburbaines étant "sous" l'aristocratie bobo parisienne, peu importe leur sort. On leur demande juste de venir faire de la couleur pour faire "social", ou encore "mixé" dans la capitale. Sans doute cela donne-t-il une tonalité exotique de meilleur aloi pour faire la fête sur Paris-Plages.

Cette ironique disgression n'en dévoile pas moins une problématique de fond qui agite désormais la plupart des états-majors politiques : le Grand Paris.

Sauf, que le Grand Paris, avant tout pharaonique projet, cela commence déjà par cela : prendre en considération l'impact de ses propres mesures sur une couronne complètement imbriquée dans la cité.

Le problème, c'est que ce n'est pas du tout ainsi que Bertrand Delanoë a géré Paris pendant 6 années, et que son programme de 2007 ne laisse pas présager un changement de cap. Tôt ou tard, les Parisiens finiront pas payer les pots cassés en banlieue, mais ce sera peut-être trop tard. 

Cela me rappelle une nouvelle fameuse d'Edgar Allan Poe, intitulée le Masque de la Mort Rouge. Un scénariste talentueux en a fait une animation remarquable sur la Toile.

Que les socialistes, roses ou rouges méditent simplement cet extrait, traduit par Charles Baudelaire ; il n'est pas sans renvoyer à une réalité tout à fait actuelle...

Mais le prince Prospero était heureux, et intrépide, et sagace. Quand ses domaines furent à moitié dépeuplés, il convoqua un millier d'amis vigoureux et allègres de coeur, choisis parmi les chevaliers et les dames de sa cour, et se fit avec eux une retraite profonde dans une de ses abbayes fortifiées. C'était un vaste et magnifique bâtiment, une création du prince, d'un goût excentrique et cependant grandiose. Un mur épais et haut lui faisait une ceinture. Ce mur avait des portes de fer. Les courtisans, une fois entrés, se servirent de fourneaux et de solides marteaux pour souder les verrous. Ils résolurent de se barricader contre les impulsions soudaines du désespoir extérieur et de fermer toute issue aux frénésies du dedans. L'abbaye fut largement approvisionnée. Grâce à ces précautions, les courtisans pouvaient jeter le défi à la contagion. Le monde extérieur s'arrangerait comme il pourrait. En attendant, c'était folie de s'affliger ou de penser. Le prince avait pourvu à tous le moyens de plaisir. Il y avait des bouffons, il y avait des improvisateurs, des danseurs, des musiciens, il y avait le beau sous toutes ses formes, il y avait le vin. En dedans, il y avait toutes ces belles choses et la sécurité. Au-dehors, la Mort Rouge. 

Ce fut vers la fin du cinquième ou sixième mois de sa retraite, et pendant que le fléau sévissait au-dehors avec le plus de rage, que le prince Prospero gratifia ses mille amis d'un bal masqué de la plus insolite magnificence.

jeudi, 24 avril 2008

Quel OTAN pour la France et l'Europe ?

J'ai lu l'excellente note  de Quindi du 11 avril 2008 sur l'OTAN, et cela m'amène à en vulgariser certains aspects ; bien sûr, je ne répéterai pas exactement ce qu'a écrit Quindi, je crois que ce sur ce point il est inimitable, et, si j'ai assez de connaissances en diplomatie et relations internationales pour suivre ses billets, je n'en ai pas assez pour fournir des analyses d'une qualité comparable.

Ce qui m'a intéressé dans sa problématique, c'est un aspect particulier qui ne constitue pas à soi seul l'essence de l'article : ce sont les relations entre OTAN et Europe dans l'hypothèse où la France réintègre bien l'OTAN, ce que souhaite, rappelons-le, Nicolas Sarkozy. 

Quindi évoque opportunément la Politique Européenne de Sécurité et de Défense, mais omet de préciser clairement de quoi il s'agit. La PESD est un projet européen disposant d'instruments et de matériels civils et militaires afin de mener des opérations militaires pour le compte de l'Union Européenne. Les forces sont fournies de manière discrétionnaire par les états membres qui le veulent bien.

Or, Nicolas Sarkozy a invoqué la nécessité d'une meilleure communication entre l'Union Européenne et l'OTAN via la PESD pour justifier le ralliement  de la France à l'OTAN.

François Bayrou, en refusant catégoriquement le réintégration de la France au sein de l'OTAN,  s'est à mon avis avancé un peu trop vite sur ce terrain : ce qui compte, à mon sens, c'est la finalité de l'action, et pas forcément l'action elle-même : si cette réintégration dans l'OTAN conduit à renforcer d'autant plus le rôle de l'OTAN pour l'Europe, je ne la crois pas souhaitable, et Bayrou a raison. Mais, si, en raison des articulations nécessaires entre OTAN et PESD, elle amène, comme le propose Hervé Morin, le Ministre de la Défense, à rendre le centre opérationnel européen permanent, à créer un budget de la défense européen,  à investir pour un système satellitaire européen et à former les armées des états membres qui le souhaitent, alors cette réintégration mérite d'être examinée avec plus d'attention.

Les deux principaux pays responsables de la PESD sont l'Angleterre et la France. Or, leur position ne se superposent pas exactement : la Grande-Bretagne estime inutile un centre européen permanent puisque l'OTAN met à disposition des centres régionaux.

Nous avons eu des divergences , et nous en avons encore, avec le Nouveau Centre. Mais, rappelons-le, le MoDem et le Nouveau Centre s'abreuvent à la même fontaine. Il me semble que sur ce sujet spécifique, la position d'Hervé Morin mérite d'être soutenue, et me paraît bien plus acceptable que l'atlantisme plus ou moins ouvert de Nicolas Sarkozy. Il précise sa pensée dans l'émission Question d'info du 08 avril dernier, et je pense que son point de vue mérite d'être au moins lu.