dimanche, 04 mai 2008

Rapport sur le Grand Paris

Le sénateur UMp Philippe Dallier a rendu un rapport très complet sur le Grand Paris. En voici la synthèse.

Ce que j'ai compris, c'est qu'il propose de fusionner les quatre départements d'île de France en une collectivité territoriale unique. Mais je m'interroge : il reconnaît que la fusion de la région avec les départements est improbable et en même temps il veut créer une collectivité à la taille exacte de la Région. Je ne vois pas comment il n'y aurait pas automatiquement double-emploi.

Si j'ai bien compris, au début, cette collectivité fonctionnerait comme un Conseil Général. Bizarre : le point 22 prévoit un contrat Grand Paris/Etat/Région. En fait, le Grand Paris n'aurait que quelques compétences, mais pas toutes celles de la Région. Il aurait un statut à part, avec un Président et une majorité élue au suffrage universel et au scrutin majoritaire. 

Sur ce second point, je suis à 100% contre. Le Grand Paris doit être l'affaire de tous, et, dans ces conditions, il faut au contraire une proportionnelle intégrale avec des seuils de représentatitvité, en veillant à ce que cela ne tourne pas au lobbying, évidemment. 

On trouve un blog sur le site du Sénat sur le sujet. A mon avis, les débats ne font que commencer. Pas de commentaires pour l'instant, mais il est vrai que seule la Presse et quelques néo-centristes se sont emparés du sujet.

Je sais que Marielle de Sarnez s'intéresse de très près à la question, puisqu'elle a choisi de ne pas accepter de présidence de commission de Bertrand Delanoë afin de se consacrer prioritairement au groupe de travail sur le Grand Paris.

A vrai dire, c'est l'UDF la première qui a lancé cette idée, reprise ensuite simultanément par le MoDem et le Nouveau centre. 

vendredi, 25 avril 2008

Prospero Delanoë et l'effet papillon

Un changement de sens de circulation dans une ruelle de Paris, un rétrécissement de voie sur une grande avenue, ce qu'affectionnent particulièrement Delanoë et ses alliés verts,  peuvent provoquer un embouteillage structurel à la sortie d'Orélans, à plus de 150 kilomètres de là. C'est l'effet papillon version bobo-parisien. A vrai dire, les bobos parisiens et leur plus éminent représentant se fichent bien des soucis des masses suburbaines. Sub en latin, ça signifie "sous, dessous". Donc, les masses suburbaines étant "sous" l'aristocratie bobo parisienne, peu importe leur sort. On leur demande juste de venir faire de la couleur pour faire "social", ou encore "mixé" dans la capitale. Sans doute cela donne-t-il une tonalité exotique de meilleur aloi pour faire la fête sur Paris-Plages.

Cette ironique disgression n'en dévoile pas moins une problématique de fond qui agite désormais la plupart des états-majors politiques : le Grand Paris.

Sauf, que le Grand Paris, avant tout pharaonique projet, cela commence déjà par cela : prendre en considération l'impact de ses propres mesures sur une couronne complètement imbriquée dans la cité.

Le problème, c'est que ce n'est pas du tout ainsi que Bertrand Delanoë a géré Paris pendant 6 années, et que son programme de 2007 ne laisse pas présager un changement de cap. Tôt ou tard, les Parisiens finiront pas payer les pots cassés en banlieue, mais ce sera peut-être trop tard. 

Cela me rappelle une nouvelle fameuse d'Edgar Allan Poe, intitulée le Masque de la Mort Rouge. Un scénariste talentueux en a fait une animation remarquable sur la Toile.

Que les socialistes, roses ou rouges méditent simplement cet extrait, traduit par Charles Baudelaire ; il n'est pas sans renvoyer à une réalité tout à fait actuelle...

Mais le prince Prospero était heureux, et intrépide, et sagace. Quand ses domaines furent à moitié dépeuplés, il convoqua un millier d'amis vigoureux et allègres de coeur, choisis parmi les chevaliers et les dames de sa cour, et se fit avec eux une retraite profonde dans une de ses abbayes fortifiées. C'était un vaste et magnifique bâtiment, une création du prince, d'un goût excentrique et cependant grandiose. Un mur épais et haut lui faisait une ceinture. Ce mur avait des portes de fer. Les courtisans, une fois entrés, se servirent de fourneaux et de solides marteaux pour souder les verrous. Ils résolurent de se barricader contre les impulsions soudaines du désespoir extérieur et de fermer toute issue aux frénésies du dedans. L'abbaye fut largement approvisionnée. Grâce à ces précautions, les courtisans pouvaient jeter le défi à la contagion. Le monde extérieur s'arrangerait comme il pourrait. En attendant, c'était folie de s'affliger ou de penser. Le prince avait pourvu à tous le moyens de plaisir. Il y avait des bouffons, il y avait des improvisateurs, des danseurs, des musiciens, il y avait le beau sous toutes ses formes, il y avait le vin. En dedans, il y avait toutes ces belles choses et la sécurité. Au-dehors, la Mort Rouge. 

Ce fut vers la fin du cinquième ou sixième mois de sa retraite, et pendant que le fléau sévissait au-dehors avec le plus de rage, que le prince Prospero gratifia ses mille amis d'un bal masqué de la plus insolite magnificence.

lundi, 21 janvier 2008

Les fractures parisiennes

Marielle de Sarnez, candidate du Mouvement Démocrate à la mairie de Paris, a réaffirmé lundi sa volonté de "lutter contre la fracture parisienne, cette "fracture sociologique, géographique, politique, électorale" existe aussi bien entre l'est et l'ouest de la capitale, qu'entre Paris et sa banlieue, a-t-elle souligné à l'occasion de la présentation à la presse les 20 têtes de liste du MoDem aux municipales.

La candidate du Mouvement Démocrate à Paris a réaffirmé son soutien au projet de "Grand Paris" et à la création d'une "continuité urbaine entre Paris et sa banlieue" estimant que "la meilleure façon d'y parvenir n'est pas de planter des tours de logements le long du périphérique" ajoutant : "Même si une ville doit bouger", "des gestes architecturaux forts ne sont pas forcément des tours totems de 250 mètres", a jugé la députée européenne.

"Pour moi, contrairement à l'UMP, au président de la République et au PS, les élections municipales ne sont pas un enjeu de politique nationale, partisane. Elles sont un enjeu de politique locale", a par ailleurs souligné Marielle de Sarnez, qui présentera son projet pour Paris dans les semaines à venir.

Présentant les têtes de listes qui porteront le projet démocrate dans les 20 arrondissements parisiens, Marielle de Sarnez a souligné : Cette équipe comporte trois ex-Verts, 12 femmes et fait une place à la "diversité" y compris "sociologique".

dimanche, 13 janvier 2008

Un nom pour chaque arrondissement de Paris

b0ea25c0f4852ed75ad42ad86e17cce3.jpgJe lisais récemment la synthèse des contributions des internautes réalisée par Marielle de Sarnez et son équipe sur son blog, et portais en particulier mon attention sur la gouvernance.

Or, je lis une contribution très intéressante de deux sympathisants du MoDem, car elle est astucieuse et ne mange pas de pain. Je le copie ici :

« Pour humaniser les niveaux administratifs, renforcer le sentiment d’appartenance des Parisiens à leur lieu de vie, et développer la démocratie locale, Claire, soutenue par Charles, émet une proposition originale : estimant « difficile de s’identifier à un chiffre », elle propose de « redonner vie aux noms des arrondissements » : Vaugirard, Batignolles, etc. moyennant quelques adaptations. À l’appui de cette mesure «simple et peu coûteuse », elle souligne que le Grand Paris devant effacer la frontière entre Paris et son agglomération, « donner des noms aux arrondissements sera un symbole fort. Sur une carte il n’y aura plus des chiffres d’un coté du périph et des noms de l’autre. Il n’y aura plus un Paris et ses vingt sections dominant une ribambelle de petites communes, mais un Paris riche d’arrondissements ayant une identité à taille équivalente aux villes de banlieues. On passera de Vaugirard à Issy, de la Villette à Pantin… ».
Bravo, le « Grand Paris » est vraiment en marche dans les esprits ! Votre proposition porte des symboles forts. »

Très bien vu, en effet, et je souscris tout à fait à la remarque finale de Marielle de Sarnez. J'aime beaucoup l'idée d'un Paris où l'on ne dit plus "j'habite dans le 15ème" mais plutôt, "j'habite Vaugirard, oui, là-bas, juste à côté d'Issy" :-)

L'idée me plaît bien, et le Grand Paris vu ainsi ne manque pas d'allure. 

vendredi, 28 décembre 2007

Le label Grand Paris

Voici le troisième et dernier billet directement issu des travaux de recherche de Denis Barras et Catherine Mouradian, deux membres du groupe Attractivité de Paris de l'UDF pendant les années 2006 et 2007. Nous avons vu dans un précédent billet quel rôle Catherine et Denis attribuaient aux CCI dans l'idée d'une nouvelle gouvernance économique de Paris, et leur insertion dans une sorte de hub dont l'objet était de regrouper et classer l'information à destination des entreprises souhaitant s'implanter à Paris.

 Ce projet ne serait pas complet sans le développement d'une opération de communication de grande envergure : c'est ce que Catherine Mouradian et Denis Barras ont imaginé, et cela, bien avant que le concept n'aboutisse dans la presse. Pour mémoire, rappelons que Didier Bariani et Marielle de Sarnez ont promu au Conseil de Paris, cette idée de longue date au sein de l'UDF. Mais c'est le travail de ces deux acteurs du groupe Attractivité de Paris qui a donné corps à l'idée. Gageons que nombre des développements que l'on trouve dans cette analyse figureront au final dans le projet parisien du MoDem.

L’utilité du Label

Aujourd’hui, il existe plusieurs labels qualité garantissant la qualité d’un produit ou d’un service.
Voici quelques exemples :
· « Label Tourisme et Handicap », sous l’impulsion du Ministère en charge du Tourisme
· « Label Bienvenue en France », initiative gouvernementale visant à regrouper sous un référentiel
national les divers labels existant pour accroître la visibilité et la qualité de l’offre touristique…
· « Label UBIFrance » décerné par l’agence française pour le développement les entreprises françaises
à l’International (subventions, promotion…).
· Et en vrac, divers labels sectoriels ou locaux ; « Label CNIL », « Label CNRS », « Label ville Internet », « Label du Commerce équitable », etc…

Ces labels sont nécessaires à la classification de l’ensemble des offres. Pourtant l’on constate que certains labels visent le même objectif tout en étant attribué par des organismes différents.
Par exemple, nous pourrions nous étonner de la différenciation du label Bienvenue en France de celui de Tourisme et Handicap ou de celui des entreprises françaises à l’Internationale alors que tous visent à promouvoir la qualité Française, celle d’un pays très moderne et convivial !
Au niveau régional, nous devons travailler à une présentation d’ensemble de l’offre ; tous les jours des initiatives locales créatrices d’activité économique ou visant à l’amélioration de la qualité de la vie voient le jour et restent limitées à une maigre promotion locale alors que certaines pourraient incitées à des implantations d’entreprises si seulement l’information était plus largement diffusée.
Ainsi il paraîtrait judicieux de créer un Label Grand Paris qui aurait l’avantage de limiter naturellement la multiplication pléthorique de micro labels afin de véritablement rendre plus visible l’identité et les spécificités franciliennes. Ce Label offrira une ouverture promotionnelle concrète aux initiatives locales et permettra aussi, indirectement, de rationaliser plus facilement l’octroi de certaines subventions et ainsi de mieux gérer une part de l’argent public.

Un Label, une Charte en liaison avec le HUB

Constituer un HUB tel que nous l’avons décrit précédemment implique que nous présentions une offre claire des diverses opportunités régionales économiques et sociales et la mise en réseau des acteurs locaux afin de faciliter la vie de chacun. Le Label garantit à la fois l’accompagnement et le contrôle des initiatives.

  • Création d’un Comité Indépendant éventuellement au sein de la CCI du Grand Paris, constitué de citoyens et de représentants des principales institutions de l’IDF, de l’entreprise et du tourisme qui sera chargé de la rédaction d’une Charte et l’attribution du Label.
  • La Charte et l’octroi du Label devra permettre la mise en valeur de toutes initiatives visant à la promotion du Grand Paris tant vis-à-vis de l’étranger que vis-à-vis de toutes personnes souhaitant vivre ou travailler en IDF, faciliter l’accès à l’information.
  • Le Label devra favoriser tant le respect de la qualité de la vie (accueil, handicap, aide à la personne…) que la qualité et la valeur économique des activités à promouvoir en IDF ; faciliter l’implantation économique et préserver la diversité de l’offre de service étant des spécificités parisiennes à valoriser.
  • L’attribution du Label sera matérialisée par l’affichage d’un logo chez le bénéficiaire
  • Présence d’un relais local dans chaque Mairie ou au sein du guichet local de la CCI Grand Paris, chargé de l’information, auprès du Comité, des initiatives locales afin qu’elles soient éventuellement labellisées puis enregistrées au sein du HUB et apparaître sur le site Internet de ce dernier.
  • Le Label Grand Paris concernera essentiellement l’activité économique liée à la promotion de l’Ile de France mais le HUB reprendra toutes les informations touristiques et celles concernant la vie du citoyen (sociale et administrative).

Conclusion

Certes, l’on pourrait considérer comme impossible un tel projet « Concept du Grand Paris + portail unique + label » pour des raisons politiques ; nous avons tous constaté la difficulté de faire travailler ensemble des élus de partis différents ou des organismes souvent frileux ou démotivés préoccupés seulement par l’immédiateté d’une obligation professionnelle.
Pourtant la concurrence des grandes agglomérations étrangères est réelle et même certaines agglomérations françaises commencent à avoir vraie image de marque à l’international faisant passer Paris au second plan sur bien des domaines ; un comble pour la grande capitale culturelle et économique qu’est Paris !
Notons que sur bien des projets, l’idée du Grand Paris émerge (changement du nom de l’aéroport de Roissy, extension de la notion « Université de Paris » et de bien d’autres initiatives citées tout au long de notre analyse « Attractivité de Paris » (Paris place financière, etc...).
Pour toutes ces raisons, il paraît indispensable de travailler à construire l’image du Grand Paris, mettre en valeur tout son potentiel sans attendre que tout un ensemble d’initiatives locales, non valorisées, ne voient automatiquement le jour face à l’évolution naturelle des exigences économiques et sociales pour finir par complètement opacifier l’intérêt de notre région.
Nous pensons que bon nombre de Franciliens sont conscient de la nécessité de motiver l’activité économique en facilitant son accès et en généralisant son information cela passe autant par l’augmentation des transports en commun, par l’animation de la vie locale que par la valorisation de l’ensemble des opportunités afin de soutenir le rayonnement de notre région en France et à l’étranger.
Les outils promotionnels que sont le concept du Grand Paris et la création du portail unique nous paraissent indispensables à la réalisation d’une stratégie marketing active et ouverte au bénéfice de notre région.

vendredi, 23 novembre 2007

Paris, place financière ?

Les représentations habituelles de Paris l'associent souvent à la fête et à la culture, le "gai Paris" pour reprendre une expression usitée au début du siècle.

Seulement, voilà, cette image a vécu, et, aujourd'hui, une ville moderne, c'est bien plus qu'une ville dont la notoriété ne repose que sur des manifestations festives (au demeurant plus ou moins réussie).

d3f2037f0fbfc6a5605269ac8cea06be.jpgVéritable tour de force que celui auquel se livre Valérie Sachs, ex-candidate aux législatives dans le 16ème arrondissement de Paris. Pendant deux années, elle a patiemment enquêté, après avoir réuni un groupe restreint autour de sa démarche, pour établit un diagnostic nuancé lais sans concession de l'attractivité de Paris dans le monde.

A la suite de ce diagnostic (qui doit également beaucoup aux adhérents de l'UDF) elle a établi, avec l'aide d'adhérents MoDem et UDF, une série de neuf propositions afin d'améliorer de la statut de la Capitale et d'y relancer l'activité économique.

 Elle récapitule sur son site neuf propositions en argumentant (voir sur son site) chacune d'entre elles :

1.Paris doit devenir une place efficiente pour le business et la Ville de Paris doit communiquer avec les outils du XXIe siècle.
2.Penser la place financière dans l’optique « Grand Paris » ou « Paris Métropole », sachant que Paris et la Défense centralisent la quasi-totalité des acteurs du secteur et y pérenniser sa localisation.
3.Maximiser la vitalité et la compétitivité du secteur « Finance »
4.Un « world-class centre » de la finance globale : du programme diplômant haut de gamme internationalement reconnu aux formations professionnelles diplômantes
5.Favoriser la mise en place d’incubateurs universitaires
6.Inciter les particuliers à investir dans les jeunes entreprises
7.Créer une zone financière internationale spéciale
8.Multiplier les effets cluster
9.La maîtrise de l’anglais, priorité « municipale »