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samedi, 27 juillet 2013

Le Grand Paris ? Mais pour quoi faire ?

J'ai pendant longtemps été favorable à un élargissement de Paris, mais, depuis quelque temps, ma réflexion a évolué et je me pose des questions.

J'ai lu l'avis de Philippe de Malakoff sur ce sujet et j'avoue mon étonnement : il observe avec justesse que l'intercommunalité est un monstre antidémocratique qui prive les communes de leurs pouvoirs régaliens et craint, comme Jean-Christophe Lagarde, de voir ces dernières dépossédées de toutes leurs prérogatives.

Il admet donc implicitement, tout comme moi, que le Grand Paris est un nouvel avatar de la centralisation dont l'objet final sera de satelliser toutes les petites communes avoisinantes.

Je suis de plus en plus sceptique avec le "Big is beautiful", dont Bayrou dénonçait avec justesse la prégnance il y a trois ans.

Il n'y a jamais eu de décentralisation en France, mais seulement la reconstitution de fiefs et de baronnies dont l'origine plonge en réalité dans l'Ancien Régime.

Le Canard enchaîné se gaussait il y a quelques années de l'intercommunalité dont l'objectif initial avait été de rationnaliser les coûts mais qui avait fini par générer des dépenses somptuaires parce qu'à plusieurs, on a plus de moyens fiscaux et plus d'idées pour dépenser l'argent du contribuable en projets pharaoniques.

Je ne suis plus trop sûr d'être favorable au Grand Paris : imaginer un Delanoë ou une Hidalogo puissance 10 est cauchamardesque. Les maires de la petite couronne seraient réduits au rôle de maires d'arrondissements parisiens, c'est à dire celui de potiches.

J'ai lu aussi le rapport Dailler : le sénateur désire au fond un chef de file et il le dit explicitement, même s'il admet ne pas écarter l'hypothèse d'une émancipation des maires d'arrondissement comme le proposait Morizet, l'ancien sénateur-maire de Boulogne-Billancourt. Baguet qui reprend cette position me paraît dire des choses justes même si je ne suis pas dupe : chaque baron cherche évidemment avant tout à préserver sa baronnie...

Bien sûr, je suis hostile à l'éparpillement des responsabilités, mais pas moins à la concentration des pouvoirs. Or, c'est c'est que proposent tous les partisans du Grand Paris sans exception. L'élection au suffrage universel d'un Président du Grand Paris (qui ne se fera jamais car aucun politique n'aura le crain d'aller jusqu'au bout et de le proposer vraiment) n'y changerait rien.

J'ai fait un tour sur le blogue Association Grand Paris et les derniers articles recensés montre que je ne suis pas le seul à craindre le jacobinisme.

La journaliste de Libération Sybille Vncendon, même si elle est favorable au Grand Paris me semble avoir assez bien mis en évidence les deux lignes qui s'affrontent autour du Grand Paris. On peut parier, hélas, que ce sera la jacobine qui s'imposera.

Si le Grand Paris devait se mettre en place, je serais plus disposé à placer ma confiance dans des personnalités politiques comme Marielle de Sarnez ou Jean-François Martins, ou encore, à l'UDI, Chrisian Saint-Étienne, dont je connais le respect pour les corps intermédiaires.

Jean-François Martins appelle avec justesse à un grand Paris concret plutôt qu'institutionnel souhaitant que demain, un habitant du 14e puisse aller faire du sport à Montrouge, poser ses enfants à la crèche à Malakoff s’il travaille et pourquoi pas, demander une demande de logement à Ivry.

Si j'agrée pleinement ces priorités, je n'écarterais pas pour autant la question institutionnelle car elle fixe les modalités de la gouvernance.

Plus généralement, toutes nos institutions souffrent d'un déficit croissant de démocratie, et, quand je parle de démocratie, j'entends bien la démocratie directe, c'est à dire la possibilité pour les citoyens de voir représentées leurs opinions. Le Grand Paris pourrait être une pierre de plus au même titre que Bruxelles et l'Europe font converger la colère de nombre de Français et citoyens européens désormais.

Défions-nous des machins, du centralisme, et plus encore de ceux qui prétendent écrire notre destinée et déterminer notre bonheur à notre place.

J'engage le MoDem à reconsidérer ses positions traditionnelles sur le Grand Paris et à mettre en perspective les enjeux : la priorité, ce n'est pas le Grand Paris, mais la vie des gens. La vie des gens, des Parisiens, des Franciiens, ce qu'ils pensent, c'est ça la démocratie. Et pas autre chose. Pas les décisions d'énarques, de polytechniciens, de commissaires ou de journalistes bien en cour.

12:47 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : grand paris |  Facebook | | |

Commentaires

Je me permets de préciser ma position.

http://philippegibault.wordpress.com/2013/07/28/finissons-en-avec-sud-de-seine-et-misons-enfin-sur-un-grand-paris-democratique/

Cordialement

Écrit par : Phil | dimanche, 28 juillet 2013

Je complète encore ma position. Je pense que le Grand Paris doit se faire avec une simplification du millefeuille français, dont la suppression du département.

http://philippegibault.wordpress.com/2013/07/30/le-grand-paris-democratique-doit-se-faire-avec-une-remise-a-plat-du-millefeuille-francais/

Écrit par : Phil | mardi, 30 juillet 2013

Il y a quelques mois, la municipalité parisienne a décide de fermer des voies sur berges.
Cette décision a eu plus d'effets sur la circulation en banlieue que dans Paris.

Le grand Paris existe déjà, il suffit de tout simplement d'ouvrir les yeux, nous passons d'une ville à l'autre sans s'en apercevoir s'il n'y avait pas les panneaux pour nous en avertir. Chacun dans sa petite ( ou moyenne, ou grande ) commune gère s'en voir avec le voisin ( j'ai le souvenir de la décision de rendre une rue à sens unique sur le territoire d'une commune au grand dam de la municipalité voisine dans laquelle se prolonge cette voie).
Il faudra bien harmoniser le tout un jour ou l'autre.
C'est out simplement du bon sens.

Et comme nous avons l’expérience des interco, nous savons ce qu'il ne faudra pas faire que ce soit en terme de démocratie qu'en terme d’empilement administratif.

Écrit par : Teo Torriatte | mardi, 06 août 2013

@Teo
sur l'intercommunalité, c'est exactement ce que dit Phil.

Écrit par : l'hérétique | mardi, 06 août 2013

"Ce qui serait extraordinaire serait d'améliorer l'ordinaire".
Groupe Descartes dans sa contribution à la consultation sur le Grand Paris dont je vous recommande la lecture.

Écrit par : B | mardi, 06 août 2013

Les commentaires sont fermés.