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lundi, 15 février 2010

Le vrai danger, c'est la Dette, pas le vil spéculateur !

Il y a quelque chose qui me frappe quand je lis et j'écoute la presse : partout on dénonce le vil koulak spéculateur, l'infâme trader, le banquier capitaliste sans vergogne près à ronger le vertueux état jusqu'à la moëlle, mais, bordell de m... : ce qui menace la stabilité du monde entier, autrement plus que les errements supposés ou réels de certaines banques, subprimes y compris, c'est la dette des États, nom de Dieu ! Oui, la dette ! Tiens, justement de retour de l'antre des libéraux, je viens de tomber sur une information explosive : l'agence Moody's vient de mettre en garde les USA, s'ils ne stabilisent pas leur endettement, ils courent le risque de voir leur note, actuellement AAA, dégradée. Et on ferait mieux de faire gaffe, en France : Fitch Ratings estime que Grande Bretagne, Espagne et France, parmi les pays notés AAA sont les plus vulnérables et donc candidats immédiats à la dégradation. Dans une période de grande méfiance, cela peut avoir des conséquences dramatiques, parce que la part de budget consacré à la dette va exploser. Terminés les promesses du sieur Sarkozy, les aides de toutes sortes, les grands emprunts et compagnie... On saura aussi que toutes promesses de dépenses nouvelles venant des partis politiques n'auront absolument aucune chance d'être réalisées.

On devrait inventer le concept de crime économique. Un crime économique, par exemple, c'est quand vous dissimulez sciemment les aspects les plus sombres de votre compatibilité pour faire croire que vous êtes solvable. C'est ce que la Grèce a fait avec la complicité de banques qui lui ont fourni les outils financiers pour le faire, mais c'est aussi ce que la France fait en ne provisionnant pas les retraites par répartition.

Une fois encore, je constate que seul Bayrou tire (en vain) la sonnette d'alarme, et, depuis un moment... DSK s'interdit peut-être des commentaires sur la politique nationale, mais en tant que directeur du FMI, il n'ignore rien des mouvements qui agitent les marchés financiers et donc du danger mortel qui guette la France. Quelqu'un l'a entendu ? Pas moi, en tout cas... Je donne quitus à ce pauvre Alain Lambert de prêcher dans le désert depuis un moment sur le sujet, mais j'ai l'impression que ces derniers temps il baisse les bras. Enfin, récemment, il au moins posé dans les bons termes la question fondamentale de savoir qui finance quoi en France. Je n'ai pas grande estime pour Luc Ferry, ministre nul à l'éducation sous Chirac, mais, récemment, je dois reconnaître qu'il a été très bon sur le libéralisme, la politique compassionnelle et le courage politique.

Pour revenir sur notre dette, voici un petit billet qui va faire comprendre à ceux qui le liront ce qui les attend...

Bref, comme le dit souvent un affreux libéral bien connu des amateurs éclairés de la blogosphère politique, ce pays est foutu...

16:38 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : dette, france, bayrou |  Facebook | | |

mercredi, 10 février 2010

Grèce/France, Bayrou a bien raison !

Non, Monsieur Migaud, François Bayrou a bien raison de comparer l'état de la France et celui de la Grèce. Décevant de voir l'un des deux pères de la LOLF jouer le rôle du pompier incendiaire. C'est bien parce que Bayrou est un homme responsable, un vrai homme d'État, qu'il nous met en garde contre le danger mortel qui nous guette tous.  Un jour viendra, et, je crains qu'il ne soit proche, où le peuple français réalisera soudain que c'est en vain, en prêchant dans le désert, que François Bayrou l'avait prévenu. Seulement, si c'est trop tard...Ni les avertissements répétés de Cassandre, qui a vu venir le danger de très loin, dès le retour de Pâris à Troie, ni la méfiance de Laocoôn, prudent devant le piège du Cheval fabriqué par Ulysse et Epeios, n'ont pu empêcher la chute d'une Troie trop confiante.

Oh que oui, nous avons une épée de Damoclès qui pèse sur nos têtes. Et elle ne tient plus qu'à un fil. Damoclès a eu la chance de n'être que mis à l'épreuve par Denys de Syracuse, mais nous, oui, nous Français, c'est bien menace aussi insidieuse que néfaste qui est prête à fondre sur nous, avec d'autant plus de force et de vitesse que nous serons encore frappés de stupeur quand il sera déjà trop tard.

Est-ce l'habitude d'avoir creusé les déficits, eux aussi ? C'est tout de même fort de voir un député socialiste voler au secours de l'impéritie sarkozyste...

23:47 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : bayrou, dette, grèce, france, migaud |  Facebook | | |

mercredi, 18 novembre 2009

Mondial, la France se qualifie contre l'Eire

La France ira finalement en Afrique du Sud, mais vraiment pas avec la manière. Elle a égalisé dans les prolongations (104ème minute) sur un but de Gallas, servi par un centre d'Henry. L'inconvénient, c'est que la réception de la balle a manifestement été contrôlée de la main. L'arbitre n'a rien vu. Les Irlandais, qui n'ont pas démérité, ne méritaient pas ça...

Chapeau à la Grèce, un pays que j'aime beaucoup, qui s'est qualifiée en Ukraine. Je suis content de les savoir qualifiés, les Grecs !

23:44 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : football, mondial, eire, france, grèce |  Facebook | | |

mercredi, 21 octobre 2009

Krombach, bientôt une affaire d'États ?

J'ai souvent l'occasion de dire en quel état déliquescent est notre justice, mais l'épisode suivant passe les bornes : comment se fait-il qu'en France, il faille qu'un père, à plus de 70 ans, soit contraint de ligoter une crapule et de l'amener sur le territoire français pour obtenir justice ?

La fille d'André Bamberski, Kalinka, a été empoisonnée, et d'après Le Monde peut-être abusée. Pourquoi le justice allemande a-t-elle classé l'affaire sans suites ? Krombach a été poursuivi dans une affaire de viol sur mineure en 1997 (il avait violé sous anesthésie une adolescente de 16 ans !) : pourquoi n'a-t-il pris que du sursis ? Pourquoi en 1995 l'ambassade d'Allemagne est-il intervenu pour tenter de faire repousser le procès ? Et pourquoi, 7 années plus tard y-avait-il à nouveau une intervention de la diplomatie allemande auprès du procureur de Paris ?

De quelles protections mysérieuses bénéficie Krombach ? Pourquoi alors qu'il existe des conventions entre France et Allemagne ce dernier pays a-t-il toujours refusé de l'extrader, notamment après sa condamnation en 1995 ?

Pourquoi ne dispose-t-on que sur Wikipedia d'éléments précis sur la mort de Kalinka ?

Le médecin légiste qui a examiné le corps de Kalinka ne s’est pas prononcé sur les causes exactes de sa mort. Il a constaté des traces de sang frais sur les parties génitales, une déchirure de la vulve et la présence de substances blanchâtres dans le vagin, qu’il n’a pas pris la peine de faire analyser. Si aucune expertise toxicologique n’a été pratiquée, le légiste avait toutefois qualifié d’étranges et de grotesques les injections de différents produits pratiquées par le docteur Krombach pour réanimer Kalinka, alors que son corps se trouvait déjà en état de rigidité cadavérique. À la suite de cette autopsie, le parquet de Kempten a classé l’affaire le 17 août 1982.

Pourquoi la France s'est-elle refusé à délivrer un mandat international ?

Cet homme a bénéficié de soutiens extraordinaires, considérables, tant en Allemagne qu’en France ! Lorsque je me suis inquiété de savoir où en était la procédure, le procureur général de l’époque, Jean-François Burgelin, m’a clairement dit avoir reçu des instructions de la Chancellerie pour que le mandat d’arrêt international ne soit pas diffusé et qu’il reste au dossier. C’est un scandale absolu ! Le pouvoir politique a donné instruction au pouvoir judiciaire de mettre son chapeau sur le dossier ! (témoignage de Maître Gibault, avocat d'André Bamberski en 1995)

Jacques Toubon était Garde des Sceaux à cette époque : que peut-il apporter comme témoignage sur le sujet ? Et Élisabeth Guigou, et Marylise Lebanchu qui lui ont succédé ? J'escompte bien (et très certainement l'association Justice pour Kalinka également) que Michèle Alliot-Marie va désormais faire ce pour quoi elle a reçu mandat des Français : faire en sorte que justice soit rendue.

Et je finis par la question la plus lancinante mais aussi qui me met hors de moi : pourquoi est-ce André Bamberski qui est aujourd'hui sous contrôle judiciaire et menacé de prison ?!

mardi, 29 septembre 2009

Kouchner, Mitterrand, démissions !

Bernard Kouchner et Frédéric Mitterrand couvrent d'opprobre la France en demandant la libération de Roman Polanski. Que cela signifie-t-il ? Cela veut dire qu'on dispose d'une immunité quand on est oscarisé jusqu'à la moëlle ? Cela veut dire qu'on est au-dessus des lois quand on est le pote du landernau politico-médiatique ? Et quel silence de nos élites ! Il y a eu enfin une réaction en provenance de Daniel Cohn-Bendit, qui a estimé, à raison, qu'il y avait tout de même un problème de justice dans cette affaire.

Sur le fond, d'ailleurs, le plus logique serait que le monde politique ne s'en mêle pas et laisse la justice suivre son cours. Mais il est vrai qu'en France, le pouvoir judiciaire n'est pas indépendant, et qu'on a l'habitude de révoquer à volonté les magistrats. Pas en Amérique. S'il y a bien un pays où la justice est indépendante, c'est bien ce pays. Alors, certes, elle y fait souvent mal son boulot, je ne compte pas le nombre d'enquêtes bâclées et d'erreurs judiciaires, mais elle a ce mérite de considérer que tout citoyen est égal devant la loi. Et ça, je peux vous garantir que les Américains, ils y tiennent : vous pouvez vous appeler Monsieur Star-system, là-bas, ils s'en foutent : si vous devez faire 350 ans de prison parce que vous êtes coupable, vous les ferez.

Je trouve encore plus incroyable et grotesque que le parti majoritaire en France, l'UMP, se permette un communiqué officiel sur ce sujet. Mais on vit où, là ? Je ne parle même pas de la définition de l'inacceptable de Costa Gavras, jugeant plus inacceptable l'arrestation d'un Polanski en fuite et accusé de viol que les faits eux-mêmes. Pas grave : elle avait l'air d'avoir 25 ans, selon Gavras. Bien sûr. Bien sûr, cela justifie la drogue, le champagne et l'abus sexuel...

Le show biz et les people ne se sentent plus dans le monde entier : ils se croient tout permis, à l'abri des lois et du commun des mortels. Et Sarkozy qui suit "attentivement" ce dossier. Mais il n'a rien à suivre, nom de D... cela ne le regarde pas. Pas son job. Il ferait mieux de s'occuper des problèmes des gens, pas des petits soucis des people épinglés par la justice américaine pour leur forfait. J'hallucine quand j'entends de la bouche de Harvey Weinstein, grand producteur à Hollywood, les propos suivants :

« Avec le directeur du festival de Cannes, nous appelons tous les cinéastes américains à faire du lobbying contre cette décision. Polanski a payé, il a fait son temps. Un contrat a été passé, et le juge a outrepassé ce contrat. Moi même j’enverrai un mail a chaque personne que je connais. Et nous avons le soutien de Nicolas Sarkozy ». J'espère bien qu'il va démentir !

Aujourd'hui, franchement, j'ai la haine. Une vraie haine. Si je pouvais beugler "pendons-les, pendons-les tous", je le ferai. A la far west, tiens...

vendredi, 03 juillet 2009

TVA sociale, quel modèle pour la France ?

J'ai évoqué dans une note récente à propos de notre pharaonique dette la piste de la TVA sociale pour apurer nos comptes sociaux. Florian, notre émissaire démocrate au Danemark a eu l'excellente idée de publier une note de synthèse sur l'expérience danoise dans ce domaine. Je constate qu'il parvient aux mêmes conclusions que moi, après analyse de ce choix, c'est qu'il faut associer deux autres mutations profondes à la TVA sociale pour qu'elle soit efficace :

a) une refonte complète et cohérente de la fiscalité

b) un rétablissement prononcé de la compétitivité des entreprises.

Nous vivons à crédit depuis trop longtemps, et, au demeurant, je finis par avancer l'idée qu'une dette insoutenable contribue à générer une croissance insoutenable également. S'il n'associe pas les deux, Florian s'attache à faire de la dette soutenable une priorité politique et économique. Hélas, elle n'est pas à l'ordre du jour dans notre pays...

06:30 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : tva, social, danemark, france |  Facebook | | |

jeudi, 28 mai 2009

God save the Queen !

Quel impair ! J'ai été frappé de stupeur d'apprendre que la Reine d'Angleterre n'avait pas été invitée aux célébrations du débarquement du 06 juin. Sarkozy l'a oubliée ou bien ce n'est pas rentable électoralement ? Je m'associe évidemment à l'ami Toréador pour inviter nos amis Anglais à venir nous rendre visite ce jour-là afin que nous puissions leur témoigner notre reconnaissance. Cela me sidère, tout de même : la France libre n'a tenu pendant la seconde guerre mondiale que par le seul soutien des Anglais ; quand les Américains rêvaient de mettre de Gaulle sur la touche, ils se sont avérés des appuis sans faille. C'est grâce à eux, également, que la France a obtenu une place au Conseil de Sécurité de l'ONU, place pour laquelle aucun de ses faits et gestes pendant la guerre ne méritaient qu'elle l'eût. Et les Canadiens ? Par deux fois ils sont venus mourir sur le sol français pour sauver notre pays qui leur était lointain dans une guerre qui ne les concernait ni de loin ni de près.

Luc Châtel a déclaré que le 06 juin était d'abord une cérémonie franco-américaine et qu'il était de tradition que le Président des USA s'y rende la première année de son mandat. Et alors ? Cela justifie de se comporter en goujats ? L'Angleterre avait-elle moins supporté l'effort de guerre, et toute seule de surcroît, pendant un temps, pendant le conflit, elle qui en sortit définitivement exsangue à son issue ? N'était-elle pas aux côtés des Américains pour nous défendre, ce 06 juin 1944 ?

De ceux qui moururent ce jour-là sur les plages du débarquement, un quart était britannique, et leurs corps reposent désormais sous le sol normand.

God save the Queen, Queen Elizabeth ! Thank you for all and welcome in France !

mercredi, 20 mai 2009

Ils ne veulent pas que Nous, l'Europe, nous parlions de la France

On refait à Bayrou et au MoDem le coup de la présidentielle : Les Verts, le PS, l'UMP assurent que nous n'avons pas de programme, au MoDem. Eh bien le MoDem a décidé de l'envoyer à tous ses militants ainsi qu'aux principaux chefs des autres partis. Nous attendons bien sûr la réciproque. Mieux, Cohn-Bendit nous accuse de réduire la campagne européenne à une dimension strictement nationale. Eh bien quoi qu'ils disent, nous ne céderons pas et nous continuerons à parler de la France.

Enfin, il y a une troisième canonnade et ne croyez pas que je m'éloigne du sujet, j'y suis en plein dedans. Il y a ceux, totalement inattendus à mes yeux, c'est-à-dire ceux du Parti au pouvoir et leurs alliés subreptices, du parti Vert, puisqu'ils soutiennent la même thèse dans le même but, qui est de nous expliquer qu'il ne faudrait surtout pas, dans cette campagne européenne, parler de la France. Que la droite française nous explique que la France serait interdite de séjour dans la campagne des élections européennes, il y a là, quelque chose qui est si attentatoire à ses principes et à ses valeurs, que je veux croire que beaucoup entendront qu'il est juste qu'un grand parti français, créateur de l'idée européenne, décide que le sujet européen est en même temps un sujet français, que le sujet français est en même temps un sujet européen, et que nous n'avons jamais voulu construire l'Europe pour effacer la France, que nous avons voulu construire l'Europe pour donner à la France toutes les chances de son avenir. Nous parlerons de France en même temps que nous parlerons d'Europe, même si cela ne leur plaît pas.

François Bayrou à Montpellier le 17 mai 2009

Je vais me répéter, mais je renvoie à nouveau aux analyses de la commission démocrate "identités et valeurs de l'Europe" que je citais avant- hier.

L’abolition de l’Etat-nation n’est ni un aspect de l’identité ni une valeur, c’est un projet politique d’extrême gauche. Le fédéralisme et l’intégration totale des Etats dans l’Union n’est pareillement qu’une utopie partagée par la seule élite pro européenne, autrement dit une infime minorité de la population européenne.

Au cœur de l’identité européenne, plongeant son origine dans les racines de notre histoire, nous ne trouvons pas la fédération et l’intérêt commun, nous trouvons la patrie. Les cités grecques, les tribus italiques, les pays gaulois, partout s’est affirmée la division sur une portion de territoire aussi limitée que la péninsule européenne. Cela témoigne d’un attachement à la localité qui fait partie de l’âme européenne. Ce ne sont que les exigences de la politique qui ont conduit à l’augmentation de ces ensembles mais il n’y a jamais eu substitution (ou alors avec violence et en de rares occasions, la France ici faisant figure d’exception).

Aucune politique européenne ne peut ni ne doit se faire contre les Etats-nations. La régionalisation de l’Europe pour des motifs économiques ou de coopération ne doit pas exciter les prétentions d’entités infranationales. Cela ne signifie pas pour autant que l’Europe doit nier l’existence de particularismes locaux. Elle doit en tenir compte, et elle doit le faire par une action combinée des Etats eux-mêmes qui doivent pouvoir avancer sereinement sur le terrain éminemment risqué des libertés locales.

Mais ce qui vient d’être dit a son revers. Aucun Etat européen quel qu’il soit ne peut espérer avoir d’influence, de poids ou de crédit suffisant en faisant « cavalier seul ». Il y a des domaines où l’économie d’échelle peut profiter à tous les Etats, quitte à s’en remettre dans une plus grande mesure aux aspects communautaires et démocratiques de l’Union (moins d’unanimité, plus de Parlement). Le passage de l’échelle étatique (et la concurrence interétatique) à l’échelle européenne (et la coopération entre européens) constitue dans de nombreux domaines une exigence d’efficacité, voire de maintien du statut de l’Europe.

15:47 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : france, europe, identité, modem, bayrou |  Facebook | | |

lundi, 18 mai 2009

L'Europe, c'est Nous !

europe.jpgJ'ai beaucoup aimé la déclaration de François Bayrou, rappelant tout récemment que l'Europe, ce n'est pas une commission, mais nous. Oui, nous, les Français. C'est très important qu'il y ait quelqu'un pour le dire, dans cette campagne européenne, parce qu'il faut réaffirmer notre appartenance commune à la sphère européenne, et que, le principal obstacle, à l'heure actuelle, c'est le sentiment d'éloignement qui existe entre le citoyen français et son Europe. Oui, l'Europe, c'est nous, elle est à nous, il faut le marteler. Ne nous en laissons pas priver. L'Europe c'est nous, je le vois bien comme slogan de campagne pour le Mouvement Démocrate.

On est en fait, au coeur même de l'enjeu de l'identité européenne. En effet, comment se sentir européen quand l'Europe semble lointaine au coeur ? La réflexion du MoDem sur l'identité européenne a conduit le groupe thématique ad hoc à tenter d'en définir les contours et le projet, mais l'affirmation de cette dernière ne sera pas suffisant pour que l'Européen se l'approprie quand bien même il en aurait une conscience diffuse. Marielle de Sarnez l'a d'ailleurs bien senti dans son dictionnaire pour aimer l'Europe puisqu'elle en rappelle les fondamentaux. Cette réflexion est par exemple complètement absente du programme des Verts. Europe-écologie se contente d'affirmer que nous ne pouvons plus penser "franco-français". Le Manifeste du Parti Socialiste Européen n'en touche pas davantage mot. J'ai consulté le projet de l'UMP en l'état, il ne s'y intéresse pas plus. Libertas ? Rien non plus (pas étonnant, à vrai dire, pour des Souverainistes). Et rien non plus dans le programme du NPA.

La réflexion sur l'identité de l'Europe est, il faut se rendre à l'évidence, une spécificité du MoDem. Et pourtant : elle est si importante !  l'Europe est à nous, car rien n'est plus nocif  qu'un sentiment de dépossession. C'est ce dernier qui génère l'impuissance diffuse qui amollit et désespère les citoyens.

L'inconvénient, c'est que les États communiquent peu sur l'Europe, ou alors toujours une fois que le fait (quand ce n'est pas le forfait) est accompli. Les parlementaires européens informent également peu de leur action à quelques exceptions près. Anne Laperouze, par exemple, a un site actif et mis à jour depuis l'année 2006. Gérard Onesta, un Vert, a toujours tenu informé le public de son action depuis qu'il est député européen, utilisant très tôt la Toile. Alain Lamassoure (UMP) a ouvert un forum dès 2006 sur son site pour répondre aux questions des citoyens et favoriser le débat. Jean-Luc Benhamias (MoDem) présente son travail depuis février 2005 également. Mais, ils ne sont sur le fond guère nombreux à ouvrir un débat vraiment public sur les questions qui touchent l'Europe, et l'audience de ces sites  demeure au total plutôt confidentielle.

Il y a toujours comme une ambiguité entre les Français et l'Europe. Ambiguité que François Bayrou voudrait bien lever. Il déclarait ainsi hier, à Montpellier lors d'une convention du MoDem sur le modèle européen : Nous n'avons jamais voulu construire l'Europe pour effacer la France.

Il se trouve que j'ai eu accès aux documents secrets du groupe Identités et Valeurs de l'Europe (hé hé !) et que je suis tombé sur un écrit d'un militant qui ressemble furieusement aux propos de Bayrou :

L’abolition de l’Etat-nation n’est ni un aspect de l’identité ni une valeur, c’est un projet politique d’extrême gauche. Le fédéralisme et l’intégration totale des Etats dans l’Union n’est pareillement qu’une utopie partagée par la seule élite pro européenne, autrement dit une infime minorité de la population européenne.

Au cœur de l’identité européenne, plongeant son origine dans les racines de notre histoire, nous ne trouvons pas la fédération et l’intérêt commun, nous trouvons la patrie. Les cités grecques, les tribus italiques, les pays gaulois, partout s’est affirmée la division sur une portion de territoire aussi limitée que la péninsule européenne. Cela témoigne d’un attachement à la localité qui fait partie de l’âme européenne. Ce ne sont que les exigences de la politique qui ont conduit à l’augmentation de ces ensembles mais il n’y a jamais eu substitution (ou alors avec violence et en de rares occasions, la France ici faisant figure d’exception).

Aucune politique européenne ne peut ni ne doit se faire contre les Etats-nations. La régionalisation de l’Europe pour des motifs économiques ou de coopération ne doit pas exciter les prétentions d’entités infranationales. Cela ne signifie pas pour autant que l’Europe doit nier l’existence de particularismes locaux. Elle doit en tenir compte, et elle doit le faire par une action combinée des Etats eux-mêmes qui doivent pouvoir avancer sereinement sur le terrain éminemment risqué des libertés locales.

Mais ce qui vient d’être dit a son revers. Aucun Etat européen quel qu’il soit ne peut espérer avoir d’influence, de poids ou de crédit suffisant en faisant « cavalier seul ». Il y a des domaines où l’économie d’échelle peut profiter à tous les Etats, quitte à s’en remettre dans une plus grande mesure aux aspects communautaires et démocratiques de l’Union (moins d’unanimité, plus de Parlement). Le passage de l’échelle étatique (et la concurrence interétatique) à l’échelle européenne (et la coopération entre européens) constitue dans de nombreux domaines une exigence d’efficacité, voire de maintien du statut de l’Europe.

Y'en a, hein, dans la tête des militants MoDem ? Ça cogite, là-dedans ! Il me semble, en tout cas, qu'il a touché du doigt une problématique essentielle. Tant que les directives de l'Europe seront perçues comme des Oukases venues d'un pays exotique, clairement, l'Europe suscitera un sentiment de rejet. Mais en même temps, aucune proposition française ne saurait avoir de force sans l'assentiment de l'Europe. Il y a là une solidarité nécessaire. Sauf qu'il n'est pas suffisant de disposer de l'assentiment des gouvernements. Il faut aussi avoir celui des peuples. L'absentionnisme est général en Europe, pas qu'en France, parce que les citoyens ne se sentent pas consultés. Tout apparaît toujours comme des décisions de Commissions plus ou moins occultes, alors que ce sont les accords entre les États qui sont à l'origine de la plupart des directives, et souvent, si elles sont moins dévastatrices que telles qu'elles sont concoctées dans le secret des cabinets présidentiels ou ministériels, c'est parce que le Parlement Européen s'en empare, s'indignant  fréquemment de la duplicité des États, et amende les textes.

Le Parlement Européen est en réalité notre vigie et notre sauvegarde sans que bien souvent nous le sachions. Voilà pourquoi cela compte d'envoyer là-bas des députés concernés par l'Europe, qui ont envie d'y siéger, et de savoir sur quels critères nous les y envoyons, notamment ce qu'ils vont soutenir ou non. Les euro-députés sont nos garants, in fine. Et si nous voulons avoir part aux décisions, établir notre acte de propriété de l'Europe, c'est à eux qu'il faudra s'en remettre.

mercredi, 29 avril 2009

Démocraties parfaites et imparfaites

Sacré boulot que celui réalisé par l'EIU (Economist Intelligence Unit) : ils ont réalisé un classement mondial de la démocratie, distinguant les démocraties parfaites, les démocraties imparfaites, les régimes hybrides et les régimes autoritaires. Ouf, on a eu chaud : il n'y a que 30 démocraties parfaites, et on figure au 25ème rang, en France ! L'EIU distingue 5 catégories pour établir son classement : processus électoral et pluralisme, libertés civiles, fonctionnement du gouvernement, participation politique et culture politique.

Comme le précise le rapport, «Free and fair elections and civil liberties are necessary conditions for democracy, but they are unlikely to be sufficient for a full and consolidated democracy if unaccompanied by transparent and at least minimally efficient government, sufficient political participation and a supportive democratic political culture ». Des élections libres et justes et des libertés civiles, c'est bien, mais pas suffisant si pas accompagné d'un gouvernement un minimum efficient et de transparence, d'une participation aux élections correcte et d'un véritable soutien culturel à la démocratie dans le pays. Bons critères, je trouve. 30 nations vivent en démocratie parfaite, 50 en démocratie imparfaite, 36 en régime hybride et 51 en régime autoritaire.

Chapeau à la Suède qui est la reine de la démocratie. Et en France, où cela cloche ? eh bien cela cloche quant à l'efficience du gouvernement (7.5/10 seulement) et pour la participation (6.67) ; on a trop d'abstention aux élections. Et notre culture démocratique n'est qu'à 7.5. Ça craint quand même pas mal, je trouve...En tout cas, cher lecteur, sache que l'Uruguay (rang 23) ou Malte (rang 16) sont devant la France. Dans ces 30 pays, seules l'Italie et la République Tchèque font moins bien que nous en efficience gouvernementale...Sauf que l'Italie est passé du statut de démocratie imparfaite en 2006 à démocratie parfaite en 2008, elle est donc dans un processus d'amélioration.Et je ne compte pas les démocraties imparfaites qui sont devant nous...Israël serait éligible, parmi les démocraties imparfaites aux 30 premières places,et même mieux, si ce pays n'était pas littéralement plombé par le sort réservé aux libertés civiles...L'Estonie aussi, mais là, c'est à cause des très forts taux d'abstention.

Le document observe une détérioration des scores en Europe de l'Ouest, liée à l'émergence grandissante de partis politiques d'extrême-droite, en Hollande et en Autriche surtout. En Afrique du Nord, c'est le règne de l'autoritarisme, de même qu'en Asie centrale. A noter que les Territoires Palestiniens sont passés du statut de démocratie imparfaite à régime hybride, en particulier à cause de la prise de contrôle de Gaza par le Hamas.

A propos de l'Italie, en dépit de la mainmise de Berlusconi sur les médias, le pays a amélioré son statut parce que l'EIU estime que les élections ont été transparentes et pluralistes à tous points de vue. Saluons la Corée du Sud qui passe de démocratie imparfaite à démocratie parfaite.

La méthodologie employée pour analyser le caractère démocratique des régimes est intéressante mais en parler relèverait d'un autre billet. Le mieux, en fait, est que le flemmard que je suis lance un défi à quelques blogueurs qu'il connaît, qu'il sait intéressés par le sujet, et enfin capables de relever le dit défi.

Par exemple, tout à fait au hasard...Fred de Démocraties sans frontières (il ne peut pas rater un sujet comme celui-là) et Fra Quindi, ambassadeur plénipotentiaire du Vatican Démocrate :-) Ce qui serait sympa, c'est qu'un des membres de l'Échiquier s'y colle aussi...Mais comme j'aime bien élargir les défis, je lance le gant et souflette les Kiwis, LHC et les Lefts Blogs pour commenter eux aussi ce document : que chaque réseau envoie l'un de ses héros (héraults ?) et que le plus retors meilleur gagne !

15:14 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : démocratie, france |  Facebook | | |