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mardi, 28 avril 2009

MoDem-LibDems, rencontre au sommet en Angleterre !

En direct de notre envoyé spécial, Arnaud Hoyois (Quindi),  à Londres (photos très sympa sur le site du MoDem UK) :

Elections Européennes : Rencontre au sommet MoDem - LibDems ou la Convergence Franco-Britannique

François Bayrou rencontrait Nick Clegg, président des Libéraux Démocrates (LibDems), hier à Londres lors d'une réunion avec les français de l'étranger dans un Collège Britannique (Goodenaugh College - London House) à l'initiative du MoDem UK et Irlande1, et son président Guilhem Nègre. Cette rencontre avec les français de l'étranger complétait une visite à Londres où il aura aussi pu discuter avec les étudiants de la London School of Economics and Political Science (LSE) et visiter, en compagnie de Nick Clegg, le quartier écologique de Bed Zed à Hackbridge dans la banlieue sud de la ville2. Pendant les échanges avec la salle à London House, François Bayrou et Nick Clegg auront signalé tout le respect qu'ils avaient l'un pour l'autre, et démontré la convergence de vues entre les deux membres de l'Alliance des Démocrates et Libéraux pour l'Europe (ADLE3), ainsi que leur divergences sur des éléments de politique nationale, qu'ils indiquent être une composante fondamentale de l'UE, sa diversité. Etaient aussi présents plusieurs têtes de liste MoDem aux élections européennes dont Marielle de Sarnez, Nathalie Griesbeck, Jean-Marie Beaupuy , et leurs homologues britanniques des LibDems, dont la Baronne Sarah Ludford4, seule élue LibDem à Londres du parlement sortant.

Lors de sa présentation en début de réunion, François Bayrou aura insisté sur les atouts considérables de son homologue britannique, « jeune, charismatique et responsable, devant lui permettre de changer le profil de la politique britannique ». Tout comme en France, le Royaume-Uni souffre d'une bipolarisation excessive de sa politique nationale, (même si cela est moins marqué qu'en France au vu du dernier scrutin municipal5), ce que François Bayrou résume, non sans humour, au « choix entre deux erreurs ». Il poursuit en précisant qu'il existe une convergence de vues importante entre les deux partis sur les points essentiels, notamment ceux concernant les liens entre les hommes et leurs systèmes économiques et politiques, tout en notant que des divergences existent aussi, pour l'essentiel liées à des visions politiques nationales (libertés, OTAN, adhésions à l'UE), « ce qui est légitime ».

Nick Clegg poursuivra la partie présentation dans un français impeccable. Il se dit « grand fan de François Bayrou », ce qui est « a given » (donnée factuelle). Même s'il y a toujours des nuances entre deux pays et deux cultures politiques différentes, plusieurs grands thèmes les unissent : toute réforme économique liée à la crise actuelle, doit aussi s'accompagner d'une réforme politique ; le manque de transparence du système économique est lié au manque de transparence du système politique ; « les risques liés à un monde globalisé (économiques, écologiques, diverses formes de criminalités sans frontières) doivent nous mener à trouver des solutions ensemble, y compris au niveau supranational ». Dans ce dernier domaine il rappelle le principe « there is safety in numbers » (plus on est nombreux, moins on court de risques), du choix simple entre ceux qui souhaitent une réponse européenne aux défis du monde globalisé, et ceux qui ne comprennent pas cela, dont les conservateurs britanniques.

Les deux têtes de listes pour Paris et Londres, Marielle de Sarnez et Sarah Ludford, poursuivront, l'une insistant sur l'importance de ce type de réunion consacrée aux questions européennes à l'heure où les crises se succèdent, de l'importance de la solidarité européenne avec les pays en développement, et la nécessaire promotion d'un monde multipolaire où l'UE aurait toute sa place, l'autre sur le besoin de combattre le protectionnisme, qui aura fait des ravages lors des crises précédentes, et du besoin de parler d'une même voix auprès des institutions financières internationales.

La réunion se transforme alors en une série de questions-réponses avec les français de l'étranger et les britanniques présents à London House :

  • L'adhésion de la Turquie : François Bayrou insiste tout d'abord sur la définition nécessaire de la nature de l'UE, une vision continentale faite d'une structure devant servir à promouvoir nos intérêts et nos valeurs, ou la vision plus britannique qui correspond uniquement à un marché commun et une zone de droit européenne. Par ailleurs, la période probatoire actuelle, où la Turquie ne répond pas aux critères d'adhésion, demeure, et la question de sa pleine adhésion reste donc encore ouverte. Il avoue sa préférence pour un partenariat entre l'UE et la Turquie, mais reconnait que c'est une des nuances entre la vision européenne française et britannique. Il suggère de continuer à y réfléchir, sans en faire un sujet de querelles, en respectant tous les acteurs du processus d'adhésion. Il rappelle une anecdote où Jean-Claude Casanova, directeur de la revue Commentaires, rencontrait l'ancien Secrétaire d'Etat américain, Henry Kissinger, qui lui fera ce commentaire au sujet de l'adhésion de la Turquie à l'UE: « si j'étais européen, je serai contre, mais je suis américain, donc je suis pour ».

 

Nick Clegg préfèrera lui une réponse empreinte du « pragmatisme anglo-saxon ». La grande question pour l'UE ne doit pas être sa définition, mais plutôt la démonstration de ses aspects bénéfiques concrets pour les citoyens européens. Elle doit encore gagner « la bataille des cœurs » et démontrer qu'elle un facteur considérable de prospérité et stabilité. Elle représente pourtant aujourd'hui « une des réponses les plus sophistiquées aux défis de la mondialisation ».* Plus spécifiquement sur la Turquie, les LibDems ont l'ambition de faire entrer la Turquie dans l'UE compte tenu des valeurs communes de tolérance, justice et stabilité, mais cela n'est pas d'actualité. Il précise qu'il s'agit avant tout d'un refus de créer de nouvelles barrières culturelles en EUrope, et du constat que la dernière vague d'adhésions aura permis d'étendre la culture de la démocratie, des droits de l'homme et du pluralisme à l'est du continent, l'UE est ainsi un fantastique catalyseur de valeurs démocratiques.

 

  • L'Euro : les LibDems pensent toujours que l'adhésion du Royaume-Uni sera nécessaire après consultation populaire par voie de référendum, même si le contexte politique britannique ne s'y prête pas compte tenu des instabilités liées à la crise économique et financière. Les autres partis politiques britanniques considèrent que la question a été tranchée, mais Nick Clegg pense que la question reviendra au devant de la scène.

 

  • La Crise Financière : François Bayrou précise que le MoDem et les LibDems sont les deux mouvements les plus européens de leurs systèmes politiques nationaux respectifs. Les questions universelles liées à la crise économique et financière exigent des réponses communes. Deux assurances doivent être données aux électeurs européens : d'une part la protection de leur identité par l'Union, réitérant la devise et la nature de l'UE, qui mettent la diversité et le pluralisme au centre de notre action, d'autre part la transparence nécessaire, la démocratisation inévitable d'une Union qui serait amenée à peser dans les affaires du monde. Dans le premier cas, François Bayrou illustre son propos sur la diversité en précisant avec humour «Je suis très anglophile, je trouve les anglais totalement fous, et c'est délicieux », « je suis un amoureux de Kipling, probablement un des plus grands romanciers de ce siècle » (il profite du lieu pour citer le livre Stalky & Co.6 sur la vie de jeunes garçons dans un collège britannique). Dans le deuxième cas, celui de la transparence, François Bayrou rappelle deux des préconisations du MoDem pour la campagne européenne : toute décision par des institutions européennes doit être précédée d'une période de trois mois pendant laquelle une information doit être mise à disposition des citoyens européens, toutes les délibérations du Conseil Européen doivent être rendues publiques afin d'éviter le double langage entre Bruxelles et les capitales nationales ( « c'est la faute à Bruxelles »).

 

Marielle de Sarnez complètera le propos sur la crise en soulignant le manque de réponse commune de l'UE, le plan de relance européen n'étant qu'une addition de plans nationaux qui manquent d'ambition.  Les conséquences de ce manque d'ambition se font déjà ressentir avec des millions d'européens qui se retrouvent au chômage, un manque de concertation sur les aides nécessaires pour les PME, aux secteurs les plus touchés comme l'automobile, les grands travaux que pourrait lancer l'Union, ainsi que le principe d'une relance centrée sur le développement durable, et les requêtes d'aides de certains pays de l'Union qui sont traitées par le FMI plutôt que l'UE. Elle considère que le président de la Commission Européenne, José Manuel Durão Barroso, n'est pas à la hauteur des enjeux actuels.

  • La Réforme Politique de l'Europe : François Bayrou précise qu'il n'est pas un fan des traités de 450 pages qui ne sont ni lus ni compris par la majorité des citoyens, et qu'il n'est « pas ému » par le Traité de Lisbonne, contrairement à de nombreux pro-européens convaincus qu'il s'agit d'un grand pas pour l'UE. Plus qu'une réforme des textes, il prône une « réforme des têtes » qui devrait permettre de débattre des questions essentielles et universelles à l'échelon européen (il donne l'exemple de la Guerre d'Irak qui aurait pu être l'occasion d'un grand débat européen mettant en avant les convergences de vues transnationales), plutôt que de détails techniques (la fabrication du vin Rosé, l'extension des paris en ligne, etc.).

Nick Clegg insiste pour sa part sur le rôle historique de l'Union, une des plus grandes réussites politiques de la deuxième moitié du XXème siècle et de ce début de XXIème siècle. Cependant, les leçons des crises économiques précédentes doivent être prises en compte : la xénophobie, le populisme, le protectionnisme, l'insularité ont tous régulièrement suivi ces crises. Une des clés de cette élection au Royaume-Uni pour les pro-européens, doit être la mise en avant des valeurs d'ouverture, d'optimisme et d'interdépendance pour contrer ces tentations historiques.

 

  • Les Partis Politiques Européens, est-ce une bonne idée ? est-ce faisable: Pour François Bayrou, la constitution de familles politiques à l'échelle continentale est forcément une bonne chose, mais cela doit passer par l'émergence de plusieurs familles (et pas uniquement deux qui se partagent les postes et placent des apparatchiks à la tête du parlement européen), plus fédératrices et plus nuancées. Pour Marielle de Sarnez, ces familles politiques européennes créent une vie politique européenne. Elle propose que lors de futurs scrutins, 10% des députés européens soient élus dans une grande circonscription continentale unique, rendant ainsi plus visibles les grands courants politiques transeuropéens.

 

  • Politique Agricole Commune  (PAC): Plutôt qu'une plus grande concurrence et une organisation des quotas, François Bayrou prône une plus grande organisation des marchés. Ce qui était impossible hier (lois de la nature sur le ratio production / vente) l'est devenu aujourd'hui (diversification des consommations de produits agricoles vers les secteurs industriels ou énergétiques sous forme de biomasse). Les subventions auront aussi créé une culture de dépendance et des problèmes de développement avec les subventions aux exportations. Il s'agit donc de passer vers une « organisation raisonnable des marchés » répondant aux possibilités nouvelles de cette diversification et au x besoins de préservation du tissu agricole européen.

 

Sur la part considérable du budget européen consacrée à la PAC, Marielle de Sarnez précisera que cela demeure dérisoire au vu du montant global de ce budget, comparable au déficit budgétaire français. Cependant, elle souhaite voir une augmentation de ce budget qui améliorerait la PAC en insistant sur le développement durable, et en limitant les subventions aux exportations (de même que cela serait nécessaire aux Etats-Unis), mais aussi qui consacrerait plus de fonds à la recherche européenne, au développement énergétique, etc .

 

Jean-Marie Beaupuy, spécialiste de ces questions au Parlement Européen et candidat MoDem dans la région Massif Central - Centre7, précisera qu'au-delà des marchés et de l'environnement, le point central de cette question ce sont les agriculteurs eux-mêmes. François Bayrou complètera le propos en spécifiant que lorsqu'une agriculture disparaît, elle ne se recompose pas, c'est une donnée culturelle qu'il ne faut pas négliger.

 

  • Politique de Santé : Sur la plus grande convergence des systèmes de santé européens, François Bayrou signalera que chaque pays a sa propre logique historique. Il peut ainsi être très dangereux de changer de logique sans réflexion préalable sur les conséquences potentielles. Cela ne doit cependant pas empêcher de voir les problèmes croissants du système de santé français, avec des listes d'attentes devenues considérables pour consulter certains spécialistes.

 

  • Les Organisations Supranationales : Plutôt que le mot supranational, qui peut sous-entendre que cela se fait en dehors des communautés établies de citoyens, et en évitant le mot fédéral qui a des connotations d'autorité suprême dans certains cercles (l'inverse de l'origine du mot qui exprimait une communauté citoyenne), François Bayrou reformulera le concept sous la forme de « démarche coopérative », en insistant sur la transparence nécessaire de cette coopération pour les citoyens.

 

  • Les positions de l'ADLE sur la crise climatique  et Copenhague : Marielle de Sarnez note que les positions de l'ADLE et des Verts sont les plus en pointe sur les questions environnementales, notamment grâce aux LibDems au sein de l'ADLE. Même si l'UE a donné son accord sur le principe des trois fois 20%, Marielle de Sarnez considère que cela est insuffisant, surtout pour ce qui est de la réduction des Gaz à Effet de Serre qui peuvent s'effectuer par échange de quotas.

 

  • L'aide au développement : Marielle de Sarnez précise que même si l'UE est le premier contributeur à l'aide au développement cela est insuffisant au vu des objectifs du millénaire et de la pauvreté croissante dans certains pays en développement. Elle insiste sur le nécessaire regard des effets de cette aide pour réduire la pauvreté, en toute vraisemblance, cette aide ne va pas suffisamment dans les bonne poches. Ces politiques doivent aussi être repensées en intégrant le pillage des ressources naturelles par les européens, les américains et les chinois, qui empêchent un développement structuré de ces pays.

 

  • La Présidence de la Commission Européenne : selon François Bayrou et Marielle de Sarnez, José Manuel Durão Barroso ne peut être le candidat unique à ce poste, cela doit faire l'objet d'un débat. Jean-Marie Beaupuy précisera que Barroso est trop à la remorque des Etats, sans dynamique propre fixant des orientations communautaires. François Bayrou propose deux candidats pour ce poste, deux hommes qui « pourraient faire d'excellents présidents de la Commission », « un jeune ancien » qui aura eu le mérite de tenir le gouvernement belge pendant huit ans, Guy Verhofstadt, et un « vieux sage », l'italien Mario Monti, commissaire européen entre 1994 et 2004, président de l'Université Bocconi, et responsable du Think Tank Bruegel8.

 

L'impression de l'auteur : c'est la première fois que j'ai l'occasion de voir personnellement François Bayrou à l'extérieur de l'hexagone. L'impression persistante que m'aura laissé cette soirée à Londres, aura été de voir un homme heureux de vivre la diversité européenne, que ce soit avec les français de l'étranger, les britanniques venus l'entendre, les étudiants d'une des écoles les plus prestigieuses du pays, les habitants des quartiers périphériques de la ville. Aussi à l'aise avec les citoyens européens, qu'il l'est avec les citoyens français et ceux des Pyrénées Atlantiques, aussi à l'aise parmi ses homologues européens, qu'il peut l'être avec les hommes et femmes politiques français. L'homme a décidément le gravitas, le charisme, et la disponibilité des grands Hommes d'Etat, à l'échelle française et européenne.

De même, avoir l'occasion de voir les candidats MoDem aux européennes dans leur environnement de travail naturel, celui de la discussion et du partage d'analyses entre députés de nationalités différentes, sur des sujets de la plus haute importance, en maximisant la transparence, dans leurs échanges et leurs préconisations, m'a convaincu qu'une campagne européenne, traitant du fond et non uniquement de la forme,  est bien en cours grâce aux efforts considérables des candidats de l'ADLE. Les médias traditionnels ne le reflètent pas, et c'est bien dommage.

Dernière réflexion : les députés MoDem et LibDems auront démontré tout au long de la soirée la convergence de vues franco-britannique, là où aucune autre famille politique pouvant exercer des responsabilités gouvernementales dans ces deux pays (PS-New Labour / UMP - Conservatives) n'aurait réussi à le faire.

Comme promis à l'Hérétique, ceci est un compte-rendu non officiel de la réunion de Londres (seul le prononcé fait foi).

Arnaud Hoyois (devenu récemment résident au Royaume-Uni)

www.quindiblog.eu

 

* Si Claudio Pirrone (Skeptikos9) me lit, qu'il sache que malgré ses racines italiennes, il a une convergence de vues totale avec les LibDems en termes de stratégie électorale (le pragmatisme commun entre son lieu de résidence en Bretagne et la Grande-Bretagne ?)

1 http://www.mouvementdemocrate.org.uk/

2 http://www.lefigaro.fr/politique/2009/04/28/01002-2009042...

3 http://www.alde.eu/fr/

4 http://www.sarahludfordmep.org.uk/

5 http://www.quindiblog.eu/log/2008/05/quindi-la-triad.html

6 http://en.wikipedia.org/wiki/Stalky_%26_Co.

7 http://europe.lesdemocrates.fr/jean-marie-beaupuy/

8 http://www.bruegel.org/

9 http://skeptikos.dremm.net/

 

mardi, 21 avril 2009

Que faire pour nos ouvriers et notre industrie ?

Il ne se passe pas un jour ou presque sans que j'entende parler de licenciements. L'industrie plus que tous les autres secteurs est touchée. Ce sont des milliers d'ouvriers et d'employés qui passent ainsi à la trappe. Et quand je pense à eux, je suis pâle. Comment les aider ? Que faire ? J'imagine ceux qui viennent d'acquérir leur maison sur emprunt et qui vont devoir la revendre dans l'actuel marasme immobilier. Et ceux qui viennent de mettre au monde un enfant. Et ceux qui ont une personne à charge, père, mère, et cetera...ou qui voudraient payer les études de leurs enfants. Bref, il y a un drame humain qui se joue à chaque fois et auquel je ne sais qu'apporter comme réponse en dehors des bonnes paroles convenues. Les séquestrations ? j'y vois surtout l'énergie du désespoir de ceux qui ont tout perdu. Imaginez-vous un instant : vous aviez une situation, un emploi sûr, qui ne payait pas si mal, vous aviez 26 ans de boutique, et du jour au lendemain, vous voilà débarqué parce que votre entreprise perd de l'argent, ne vend plus ou a besoin de reconstituer ses marges.

Mais qu'est-ce qu'ils vont faire tous ces gens-là, sans emploi ? La seule perspective, me semble-t-il, c'est de relancer globalement la machine, d'où l'idée du MoDem d'un grand emprunt européen de 3% du budget de l'Union pour soutenir l'activité économique. Je pense que le plan de Sarkozy et Fillon essaie de sauver les meubles en tentant de conserver vivante l'industrie automobile et en colmatant le navire qui fait eau de toutes parts avec ce qu'il y a sous la main (c'est à dire pas grand chose).

Le chômage qui va exploser aggravera dans des proportions délirantes les déficits des comptes sociaux. Balladur et Séguin, qui sont désormais relativement dégagés de la politique politicienne, l'ont compris et n'hésitent désormais plus à annoncer sans fard qu'il faudra accroître les impôts. Oui, mais sur qui ? Sur les bénéfices des entreprises déjà fragilisées ? le gouvernement s'y refuse. A raison. Ce serait briser le moindre espoir de reprise via leur compétitivité ! sur les particuliers ? Baisse de la demande intérieure assurée. Or, la demande intérieur soutient l'activité autant que les exportations.

Réorienter toutes les aides publiques et la fiscalité vers les nouvelles industries et énergies, comme le suggère Corine Lepage ? Certes, bonne idée, mais en combien de temps ? Une telle mutation ne peut se produire que sur plusieurs années, et les dommages collatéraux sont inévitables ! Et que deviendront les ouvriers qui produisaient des moteurs diesel si du jour au lendemain on leur demande de fabriquer un moteur à hydrogène et qu'ils ne savent pas le faire ? Que se passera-t-il si l'amorce d'une nouvelle consommation durable ne prend pas ?

Pour ma part, quitte à taxer quelque chose, autant que ce soient les services, et de préférence ceux qui ne peuvent être délocalisés (pas de risque de concurrence ainsi). Jean Peyrelevade, conseiller économique de François Bayrou, observe dans son livre, l'échec historique de Nicolas Sarkozy, que c'est l'industrie qui apporte la plus forte valeur ajoutée. C'est donc elle qui peut le plus sûrement financer notre croissance économique.

Pour développer les nouvelles énergies et la croissance verte, idéalement, il nous faudrait une sorte de MITI vert, à l'instar de ce qu'a fait le Japon dans les années 70 et 80 pour le développement de son industrie de pointe. Une sorte de super-ministère qui rachète de manière systématique tous les brevets innovants et les met à disposition moyennant des coûts abordables et flexibles à un tissu de PME oeuvrant dans les secteurs ad hoc.

Et pour nos ouvriers, il faudrait que nos Pôle-emploi centralisent les demandes de l'industrie et s'adressent au CNAM ou à des CFA pour des formations courtes accélérées. On pourrait imaginer un système où dans un bassin industriel, les entreprises feraient remonter des demandes de formation au pôle-emploi qui répercuteraient alors sur les CFA et les CNAM les besoins. Tout ceci pourrait être organisé au niveau de la Région, comme le suggérait Christian Blanc dans la Croissance ou le Chaos.

J'ai lu enfin la tribune de Dominique de Villepin dans le Figaro, dont je partage pas mal de points de vue (pas tous) mais, je me suis arrêté sur sa proposition de lancer une politique industrielle commune. Cela m'intéresse, parce que je me demande si ce n'est pas le prochain défi de l'Europe. Je ne pense pas que la PAC pourrait exactement servir de modèle pour une telle initiative, mais, elle a montré la voie puisque les Européens ont su s'unir pour la maintenir des origines jusqu'à nos jours.

Cela dit, pour revenir au plus près des préoccupations de nos concitoyens, je citerai ce que disait très justement Robert Rochefort, directeur du CREDOC et tête de liste MoDem aux élections européennes lors de la convention du MoDem "la France et l'Europe face à la crise"

Finalement, pour beaucoup de Français des classes moyennes, l'image qu'ils ont aujourd'hui de notre société, c'est celle d'un train tiré par une locomotive poussive, qui n'a pas l'énergie que l'on aimerait qu'elle ait et, dans ce train il y a des wagons et ces wagons représentent la structuration économico-sociale.  La structuration sociale de notre société dans le premier wagon qui est juste derrière la locomotive, c'est le wagon "première classe". C'est un wagon dans lequel cela ne se passe pas trop mal. Les plats servis sont encore tout à fait succulents. C'est évidemment, dans le contexte actuel, le wagon de ceux qui, grâce au bouclier fiscal, se sont faits rembourser plus de 360 000 €. Dans tout le reste du train, il y a les wagons des classes moyennes, des classes intermédiaires et, enfin, il y a les wagons des pauvres. [...] Finalement, la question qui préoccupe beaucoup de nos concitoyens, c'est de savoir si le train va lâcher progressivement les wagons qui sont ceux, d'abord en queue du train, puis un peu moins en queue et, selon la position où l'on est, que l'on occupe dans ces catégories moyennes, est-ce que l'on va être dans un wagon qui va être lâché avec le train qui va continuer sans ce wagon-là ?

Robert Rochefort a je crois très exactement résumé le questionnement de fond des Français. Ce devrait être à mon avis la priorité absolue de tous les partis que de répondre en priorité à ce questionnement à l'occasion des élections européennes.

mardi, 14 avril 2009

Et si la France devenait le cabinet médical de l'Europe ?

18.02.2009-Patients-rights-web.jpgJe trouve que l'ADLE, groupe politique auquel appartient le MoDem, promeut des campagnes à l'échelle européenne de très grande qualité et très importantes pour les citoyens européens. Bien entendu, le MoDem relaie de telles campagnes et s'y associe. Il existe, dans le domaine des soins, par exemple, de fortes disparités en Europe. Ceci amène les citoyens européens à parfois tenter de trouver des soins de qualité dans d'autres pays que le leur et veulent que ces soins soient remboursés par leur caisse d'assurance maladie nationale.

Le droit aux soins de santé est un droit fondamental. L'ADLE a beaucoup travaillé pour des lois donnant droit aux patients à être soignés partout dans l'Union Européenne.

Afin que nous Européens soyons plus conscients de nos droits en tant que patients, le groupe ADLE a lancé un nouveau site web multi langues.

Dans une Europe unie, les patients devraient avoir accès à des traitements médicaux dans un autre Etat Membre sans avoir à se soucier des coûts, de la sécurité ou de la qualité. Ceci n'est pas encore le cas avec des règles complexes et incertitudes légales qui empêchent les citoyens d'aller à l'étranger pour être traités. Cependant, la Cour Européenne de Justice a statué que s'il n'est possible d'obtenir un traitement dans un délai acceptable au sein du système de santé national, les citoyens européens sont autorisés à chercher un traitement dans un autre Etat Membre. Le but de la campagne ADLE est de soutenir les citoyens européens à réclamer ce droit.

Un nombre croissant de patients européens se rendent à l’étranger pour y être traités et veulent bénéficier d’un remboursement de leurs systèmes de santé nationaux. Selon les estimations de la Commission, 1% des patients européens tout au plus cherchent un traitement dans un autre pays.

Il n’existe pas encore de règles européennes communes dans le domaine des droits des patients. Celles-ci se trouvent en cours d’élaboration. En attendant leur mise en place, les principes suivants sont d’application.

Il arrive fréquemment que le système de santé national refuse de rembourser ce traitement à l’étranger. Plusieurs patients ont par conséquent soumis leur dossier à la Cour de justice des Communautés européennes ou aux tribunaux nationaux afin d’en évaluer la pertinence. Dans plusieurs cas, les patients ont obtenu satisfaction auprès de la Cour de justice ou d’un tribunal national et ont, à ce titre, bénéficié du remboursement des frais médicaux à l’étranger. La Cour de justice a notamment conclu que dans l’impossibilité de bénéficier d’un traitement «dans un délai raisonnable» dans le cadre du système national, c’est-à-dire au terme d’une période d’attente acceptable, le patient a le droit d’être traité dans un autre État membre.

Il importe par conséquent d’informer les citoyens européens de la possibilité d’être soignés dans un autre pays de l’Union européenne au cas où leur médecin et leur système de santé national refuseraient de les envoyer en traitement à l’étranger
.

En juillet 2008, la commissaire Européen libéral Androulla Vassiliou a proposé un avant-projet de directive relative aux soins de santé transfrontaliers. Cette directive donnerait aux patients le droit à des soins non hospitaliers dans d'autres Etats Membres au même degré que dans leur propre état. Ils n'auraient besoin d'aucune autorisation préalable et seraient remboursés par leur propre système de sécurité sociale. Les patients seraient aussi autorisés à choisir des soins hospitaliers dans un autre Etat Membre et en obtenir le remboursement mais dans ce cas-ci l'Etat pourrait demander une autorisation préalable.

Le groupe ADLE a accueilli favorablement cette proposition comme un premier pas important vers un espace européen  ouvert pour les patients. L'avant projet de directive sera à présent soigneusement examiné par le Parlement Européen.

Cependant les patients européens ne doivent pas attendre à ce que la directive soit appliquée. Les droits européens des patients, tels qu'ils ont cours aujourd'hui, sont disponibles sur le site web ADLE.

Les efforts d'ADLE de créer une base légale pour les soins de santé transfrontaliers dans l'Union Européenne sont soutenus par une pétition sur ce site web Depuis que la Commission Européenne a rendu sa proposition sur les droits transfrontaliers des patients, l'objectif de cette pétition a été atteint. L'ADLE voudrait remercier tous ceux qui l'ont signée.

Le matériel se rapportant à l'étape précédente de la campagne ADLE qui a mené à la proposition de la Commission peut être trouvé ici: Campagne ADLE sur les droits des patients.

Pour plus de renseignement concernant la directive relative aux soins de santé transfrontaliers, on peut visiter le site web de la Commission.

Le 18 février dernier, l'ADLE organisait une conférence sur les droits des patients dans une Europe disparate. Je n'en ai pas encore les conclusions, mais dès que j'aurai accès au compte-rendu de cette conférence, je ne manquerai pas de le faire connaître à mes lecteurs. Il y a là un enjeu de taille, y compris commercial, au demeurant, car la qualité des soins français étant reconnue, ce pourrait être une excellente opportunité pour nous autres Français d'équilibrer nos comptes. Ceci suppose, évidemment, de continuer à soutenir en France une médecine de qualité.

12:36 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : europe, soins, médecine, france, modem, adle |  Facebook | | |

lundi, 02 mars 2009

En 40 ils beuglaient Vive Pétain et en 45 ils tondirent des femmes...

Je vois que l'on en parle sur pas mal de blogs, bonne occasion de lâcher ma note moi aussi sur ce sujet qui me tient à coeur depuis longtemps. Le scandale des femmes tondues est à mettre en relation avec le statut de la France en 1945. De Gaulle a été un très grand illusionniste : il a réussi à faire passer la France pour un état belligérant et résistant, alors que les Français furent longtemps et essentiellement des collaborateurs passifs. Ils acclamaient Pétain par millions en 1940, et Pétain demeura longtemps populaire.

Dans toutes les guerres, on trouve toujours des Résistants de la dernière heure. Ceux qui n'ont rien fait sont les plus violents envers ceux que l'on désigne à la vindicte. Les Papon, les Klaus Barbie and co s'en sont sortis (tout du moins, pendant longtemps), et bien d'autres criminels anonymes ( Faut-il compter le nombre de dénonciations ?) dont l'histoire ne retiendra jamais le nom ni ne fera le jugement. Mais des femmes qui s'étaient simplement contentées d'avoir un bébé ou de fricoter avec l'ennemi furent, elles, l'objet de la haine d'une populace d'autant plus revancharde qu'elle n'avait participé quasiment en rien à l'effort de guerre contre l'ennemi nazi.

La France n'osera jamais réhabiliter les "Tondues" (il ne s'agit pas non plus d'en faire des héroïnes mais simplement de les remettre à la place qui était la leur, c'est à dire ni pire ni meilleure que l'écrasante majorité des Français). Parce que pour les réhabiliter totalement, il faudra répondre à quelques questions gênantes, et notamment faire tomber le mythe de la grande Résistance française.

Les résistants ne furent nombreux qu'une fois la victoire assurée. Les vrais Résistants, ceux qui entrèrent dans la lutte dès l'année 1940, furent une minorité. C'est elle qui sauva l'honneur de la France et qui permit la naissance du mythe.

vendredi, 12 décembre 2008

Relance : la France va-t-elle trouver des prêteurs ?

Je reviens du blog Objectif liberté avec une grande inquiétude. A vrai dire, je me pose la même question que l'auteur du blog : tous ces plans de relance sont bien gentils, mais comment les gouvernements européens, dont la France à la situation financière dégradée vont-ils trouver de l'argent sur des marchés rendus très méfiants par la crise du crédit ? Or, j'apprends par Objectif Liberté que l'Allemagne, pays pourtant de bonne réputation, a eu toutes les peines du monde à lever un emprunt de 7 milliards d'euros ! Or d'après Objectif Liberté, les Allemands ne sont pas seuls à éprouver des difficultés. Les Hollandais aussi ! Et comme l'Amérique va également lancer son plan de relance, elle va à tous les coups chercher des capitaux. Je crains un encombrement fatal, et un service de la dette qui explosera littéralement, contraignant la France à des réductions budgétaires sans précédent.

Tout ceci va mal finir. Les différents gouvernements s'obstient à creuser les déficits depuis deux décennies. Seul Bayrou lors des présidentielles avait fait de la dette un objectif majeur. Nicolas Sarkozy s'est contenté d'en récupérer la thématique pour finalement continuer à creuser les déficits. Nous n'avons actuellement ni les moyens de faire des dépenses nouvelles ni ceux de consentir des crédits d'impôts supplémentaires. En réalité, comme le prône Jean Peyrelevade dans son livre Nicolas Sarkozy, l'erreur historique, pour retrouver des marges, il faudrait à la fois alourdir la fiscalité et réduire les dépenses. Comme je le disais hier, nous avons raté une occasion historique avec le pétrole.

On est mal...La France va finir comme l'Argentine il y a une dizaine d'années. Personne ne veut y croire parce que la France se prend pour un grand pays et se voit indéfiniment solvable, mais le marché des capitaux, faute de liquidités, pourrait bien finir par considérer les choses d'un tout autre oeil...

12:31 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : bayrou, emprunt, dette, france |  Facebook | | |

vendredi, 05 décembre 2008

RFI menacée !

J'écoutais France Culture ce matin, et j'ai appris que RFI risquait d'être anéantie. En effet, le gouvernement a en projet de supprimer les émissions en pas moins de dix langues (dont le chinois !!!) et redéployer RFI exclusivement sur l'Afrique, parce que c'est là que la France est la plus présente. Quelle erreur ! Pire, quelle faute ! En une période où le pouvoir chinois filtre la Toile, les émissions hertziennes ont vocation à pouvoir relayer la voix de la liberté. Et la Russie est-elle si démocratique qu'il soit inutile d'y informer les démocrates ? A quoi a-t-il servi à un Montesquieu d'écrire les lettres persannes il y a plus de 250 ans si c'est pour supprimer le persan ? Corollairement et inévitablement, tous les experts qui étaient associés à ces émissions vont fatalement s'amuir, voir disparaître, or, dans un monde multipolaire comme le nôtre, ce n'est vraiment pas heureux.

Plus généralement, est-ce ainsi que notre gouvernement compte étendre l'influence française dans le monde ? émissions en plusieurs langues, établissements scolaires à l'étranger, centres culturels, petit à petit, c'est tous les instruments de la francophonie que les gouvernements de droite ont mis par terre depuis 2002. C'est curieux, je suis de centre-droit, mais, depuis plusieurs années, il m'est impossible de voter pour la droite tant ce qu'elle fait à la France est inadmissible. Et ce n'est pas demain que cela risque de changer, quand, chaque jour, j'entends ce que je j'entends et je vois ce que je vois !

A lire sur le sujet, parce que le Monde Diplomatique est généralement bien informé, et que l'article éclaire bien des choses, RFI en version française.

jeudi, 16 octobre 2008

La Marseillaise est dépassée, je vote pour Lamartine !

Le débat est survenu dans les commentaires de mon billet précédent, la Marseillaise sifflée. Un intervenant trouve cet hymne vieillot et particulièrement agressif. En fait, je juge les paroles ridicules et dépassées , et enfin, en contradiction flagrante avec nos idéaux. Quant au sang impur qui devrait abreuver nos sillons, il ouvre la porte aux interprétations les plus hasardeuses.

Alphonse de Lamartine a écrit une Marseillaise de la Paix superbe : je vais la citer ici. Je suis très favorable à ce que l'on adopte son texte, bien plus poétique et pacifique. De plus, au titre de mon engagement politique, j'en serais d'autant plus fier que je considère Alphonse de Lamartine comme l'un des pères de la Démocratie chrétienne et sociale, dont le MoDem est justement l'un des héritiers. Il reste à trouver bien sûr la musique adaptée, à moins que le poème de Lamartine ne s'adapte à la musique actuelle, mais je suppose que des tentatives ont été faites déjà.

J'ajoute que la version de Lamartine est d'autant plus heureuse qu'elle s'adapte particulièrement bien à l'amitié franco-allemande.

Je serais enchanté qu'une initiative parte de plusieurs blogs démocrates, mais pas seulement, les blogs de droite et de gauche sont les bienvenus, afin de promouvoir cette alternative.

Roule libre et superbe entre tes larges rives,
Rhin, Nil de l’Occident, coupe des nations !
Et des peuples assis qui boivent tes eaux vives
Emporte les défis et les ambitions !
Il ne tachera plus le cristal de ton onde,
Le sang rouge du Franc, le sang bleu du Germain;
Ils ne crouleront plus sous le caisson qui gronde,
Ces ponts qu’un peuple à l’autre étend comme une main!
Les bombes et l’obus, arc-en-ciel des batailles,
Ne viendront plus s’éteindre en sifflant sur tes bords?;
L’enfant ne verra plus, du haut de tes murailles,
Flotter ces poitrails blonds qui perdent leurs entrailles,
Ni sortir des flots ces bras morts? !

Roule libre et limpide, en répétant l’image
De tes vieux forts verdis sous leurs lierres épais,
Qui froncent tes rochers, comme un dernier nuage
Fronce encor les sourcils sur un visage en paix? !
Ces navires vivants dont la vapeur est l’âme
Déploieront sur ton cours la crinière du feu? ;
L’écume à coups pressés jaillira sous la rame ;
La fumée en courant lèchera ton ciel bleu.
Le chant des passagers, que ton doux roulis berce,
Des sept langues d’Europe étourdira tes flots,
Les uns tendant leurs mains avides de commerce,
Les autres allant voir, aux monts où Dieu te verse,
Dans quel nid le fleuve est éclos.

Roule libre et béni? ! Ce Dieu qui fond la voûte
Où la main d’un enfant pourrait te contenir,
Ne grossit pas ainsi ta merveilleuse goutte
Pour diviser ses fils, mais pour les réunir? !
Pourquoi nous disputer la montagne ou la plaine? ?
Notre tente est légère, un vent va l’enlever? ;
La table où nous rompons le pain est encor pleine,
Que la mort, par nos noms, nous dit de nous lever? !
Quand le sillon finit, le soc le multiplie ;
Aucun œil du soleil ne tarit les rayons ;
Sous le flot des épis la terre inculte plie :
Le linceul, pour couvrir la race ensevelie,
Manque-t-il donc aux nations ?

Roule libre et splendide à travers nos ruines,
Fleuve d’Arminius, du Gaulois, du Germain? !
Charlemagne et César, campés sur tes collines,
T’ont bu sans t’épuiser dans le creux de leur main.
Et pourquoi nous haïr, et mettre entre les races
Ces bornes ou ces eaux qu’abhorre l’œil de Dieu? ?
De frontières au ciel voyons-nous quelques traces? ?
Sa voûte a-t-elle un mur, une borne, un milieu? ?
Nations, mot pompeux pour dire barbarie,
L’amour s’arrête-t-il où s’arrêtent vos pas? ?
Déchirez ces drapeaux?; une autre voix vous crie :
«?L’égoïsme et la haine ont seuls une patrie ;
La fraternité n’en a pas? ! ?»

Roule libre et royal entre nous tous, ô fleuve !
Et ne t’informe pas, dans ton cours fécondant,
Si ceux que ton flot porte ou que ton urne abreuve
Regardent sur tes bords l’aurore ou l’occident.
Ce ne sont plus des mers, des degrés, des rivières,
Qui bornent l’héritage entre l’humanité? :
Les bornes des esprits sont leurs seules frontières? ;
Le monde en s’éclairant s’élève à l’unité.
Ma patrie est partout où rayonne la France,
Où son génie éclate aux regards éblouis !
Chacun est du climat de son intelligence? ;
Je suis concitoyen de tout homme qui pense? :
La vérité, c’est mon pays? !

Roule libre et paisible entre ces fortes races
Dont ton flot frémissant trempa l’âme et l’acier,
Et que leur vieux courroux, dans le lit que tu traces,
Fonde au soleil du siècle avec l’eau du glacier?!
Vivent les noble fils de la grave Allemagne? !
Le sang-froid de leurs fronts couvre un foyer ardent?;
Chevaliers tombés rois des mains de Charlemagne,
Leurs chefs sont les Nestors des conseils d’Occident.
Leur langue a les grands plis du manteau d’une reine,
La pensée y descend dans un vague profond? ;
Leur cœur sûr est semblable au puits de la sirène,
Où tout ce que l’on jette, amour, bienfait ou haine,
Ne remonte jamais du fond.

Roule libre et fidèle entre tes nobles arches,
Ô fleuve féodal, calme mais indompté? !
Verdis le sceptre aimé de tes rois patriarches :
Le joug que l’on choisit est encor liberté.
Et vivent les essaims de la ruche de France,
Avant-garde de Dieu, qui devancent ses pas !
Comme des voyageurs qui vivent d’espérance,
Ils vont semant la terre, et ne moissonnent pas?.?.?.
Le sol qu’ils ont touché germe fécond et libre?;
Ils sauvent sans salaire, ils blessent sans remord?:
Fiers enfants, de leur cœur l’impatiente fibre
Est la corde de l’arc où toujours leur main vibre
Pour lancer l’idée ou la mort? !

Roule libre, et bénis ces deux sangs dans ta course ;
Souviens-toi pour eux tous de la main d’où tu sors :
L’aigle et le fier taureau boivent l’onde à ta source ;
Que l’homme approche l’homme, et qu’il boive aux deux bords !
Amis, voyez là-bas? ! - La terre est grande et plane? !
L’Orient délaissé s’y déroule au soleil? ;
L’espace y lasse en vain la lente caravane,
La solitude y dort son immense sommeil !
Là, des peuples taris ont laissé leurs lits vides? ;
Là, d’empires poudreux les sillons sont couverts :
Là, comme un stylet d’or, l’ombre des Pyramides
Mesure l’heure morte à des sables livides
Sur le cadran nu des déserts? !

Roule libre à ces mers où va mourir l’Euphrate,
Des artères du globe enlace le réseau? ;
Rends l’herbe et la toison à cette glèbe ingrate? :
Que l’homme soit un peuple et les fleuves une eau !
Débordement armé des nations trop pleines,
Au souffle de l’aurore envolés les premiers,
Jettons les blonds essaims des familles humaines
Autour des nœuds du cèdre et du tronc des palmiers !
Allons, comme Joseph, comme ses onze frères,
Vers les limons du Nil que labourait Apis,
Trouvant de leurs sillons les moissons trop légères,
S’en allèrent jadis aux terres étrangères
Et revinrent courbés d’épis !

Roule libre, et descends des Alpes étoilées
L’arbre pyramidal pour nous tailler nos mâts,
Et le chanvre et le lin de tes grasses vallées ;
Tes sapins sont les ponts qui joignent les climats.
Allons-y, mais sans perdre un frère dans la marche,
Sans vendre à l’oppresseur un peuple gémissant,
Sans montrer au retour aux yeux du patriarche,
Au lieu d’un fils qu’il aime, une robe de sang?!
Rapportons-en le blé, l’or, la laine et la soie,
Avec la liberté, fruit qui germe en tout lieu?;
Et tissons de repos, d’alliance et de joie
L’étendard sympathique où le monde déploie
L’unité, ce blason de Dieu !

Roule libre, et grossis tes ondes printanières,
Pour écumer d’ivresse autour de tes roseaux? :
Et que les sept couleurs qui teignent nos bannières,
Arc-en-ciel de la paix, serpentent dans tes eaux !

dimanche, 06 avril 2008

OTAN : Bayrou inquiet des choix du président

François Bayrou a estimé jeudi sur France Culture que la France était en train de perdre son indépendance avec le retour dans le commandement militaire intégré de l'Otan annoncé par le président Nicolas Sarkozy. "La période où la France était indocile est derrière nous". "Il y a 42 ans que le général de Gaulle a pris la décision de quitter le commandement intégré de l'Otan. La France a gagné en 42 ans une liberté de parole qui nous a permis par exemple de dire non au moment de la guerre en Irak".

"Cette indépendance, cette liberté-là, c'est quelque chose de précieux pour notre pays qu'on est en train de perdre dans l'élan vers l'alignement que Nicolas Sarkozy incarne depuis longtemps et dont je ne crois pas qu'il soit conforme à l'histoire, au génie de notre pays, et pas non plus à la volonté des Français", a-t-il insisté.
François Bayrou a également noté que "ce rapprochement avec l'Otan intervient dans le moment même où en Allemagne le gouvernement manifeste beaucoup
d'indépendance. Dans le temps même où l'Allemagne se rapprochait de cette position d'indépendance de la France, nous, nous faisons le choix inverse en disant que ça va nous permettre de bâtir une défense européenne. Je ne crois pas que ce soit le juste chemin".

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samedi, 06 octobre 2007

Coupe du monde de Rugby : la France en demi-finale

Je suis sympa, je pense aussi à ceux qui s'intéressent au rugby parmi ceux qui passent sur mon blog.

La France est en demi-finale, elle a battu les All Blacks néo-zélandais 20 à18. J'ai encore du mal à y croire, je ne donnais pas 1% de chances aux Français de passer... 

vendredi, 10 août 2007

Immigration : le "zèle" des préfectures.

Nous l'appellerons Alice. Elle est jeune (28 ans environ) francophone (au point que l'on ne la distingue pas d'un française native) diplômée, mais est de nationalité étrangère.
Elle vit à Paris depuis longtemps, son grand-père était un haut-fonctionnaire pour la République Française, sa mère, bien que de nationalité étrangère, doit venir chercher régulièrement son extrait de naissance à Nantes dès qu'elle une formalité administrative à accomplir dans son pays, et sa soeur, sa tante et son compagnon sont français.

Elle a initialement créé une entreprise avec son père, mais un grave problème de santé a affecté ce dernier si bien que l'enteprise n'a pu se développer.
Elle avait le statut de commerçant dans cette entreprise, et, du coup, elle voudrait changer de statut pour pouvoir devenir salariée afin de travailler ailleurs.
Mais manifestement, on lui fait les pires misères à la préfecture de Paris, en lui demandant de disposer a priori d'un revenu de plus de 2500 euros par mois : elle dispose d'une offre d'emploi pour un salaire brut de plus de 2000 euros (il faut préciser que son niveau de diplôme est de bac+5) et en sus une partie variable.

Et pourtant, elle n'obtient pas gain de cause. Pire, comme elle atend le renouvellement de sa carte de séjour, elle ne peut porusuivre son action qui est très simpe en réalité : voir figurer "salarié" à la place de "commerçant" sur sa carte. Difficile de ne pas fortement soupçonner quelque petit fonctionnaire mesquin, étroit, et trop heureux d'exercer à bon compte son maigre pouvoir, de faire de l'obstruction gratuite.

Il faut dire que les arrestations sommaires et les déclarations tout au long de la campagne de l'actuel président et de son ministre de l'Intérieur ne peuvent qu'avoir donné des ailes à de zélés petits fonctionnaires pressés d'obtenir de l'avancement. Son cas est symptômatique de l'ambiance détestable que les récents décrets sur l'immigration font régner désormais chez tous ceux qui n'ont pas la nationalité française, fussent-ils parfaitement francophones et férus de culture française.

De plus, il semble que la préfecture de Police de Paris exige désormais de toute entreprise qu'elle vérifie d'abord à l'ANPE si elle trouve un profil de demandeur d'emploi français qui corresponde au poste recherché. Et si ce profil existe, elle impose qu'il soit recruté. Depuis quand la préfecture de police a-t-elle vocation à disposer de pouvoirs sur la liberté de commercer ?

Si j'étais chef d'entreprise, je serais ulcéré par une telle demande de la préfecture et porterais séance-tenante le document devant le tribunal ad hoc pour vérifier sa validité juridique. Si je suis chef d'entreprise, je recrute en fonction des compétences que je désire avoir pour mon entreprise, et non en fonction des desiderata de messieurs Sarkozy et Hortefeux

C'est une atteinte insupportable à la liberté des chefs d'entreprise d'employer qui bon leur semble

Ces petits fonctionnaires imbus d'eux-mêmes et zélés sont sans doute de la même espèce que ceux qui tamponnaient les formulaires des wagons de déportés pendant la Seconde guerre mondiale. Certes, la situation n'est nullement comparable, mais l'attitude de soumission au chef inhérente à cette fonction demeure envers et contre tout.

La France se construit avec son immigration zéro (car il faut donner son vrai nom à la pseudo-immigration économique dont Nicolas Sarkozy se faisait le chantre) et ses mesures vexatoires et humiliantes répétées envers les jeunes diplômés des pays étrangers, une image détestable dont le caractère négatif va croissant

Je pourrais ajouter qu'Alice se verrait bien demander la nationalité française, car, elle a presque toujours vécu en France, et sur le fond, se sent davantage française que de sa nationalité, mais, Alice n'ose pas faire cette demande, car elle n'estime avoir aucune chance de l'obtenir. Et pourtant, Alice connaît à l'évidence bien mieux la France et sa culture qu'une large majorité de Français...

Alice envisage de regagner son pays d'origine, puis, plus tard, de gagner un pays plus accueillant, l'Amérique ou l'Angleterre, par exemple, où l'on accueille avec plus de courtoisie les jeunes diplômées intelligentes et compétentes. En France on crache dessus, malheureusement. 

Je m'adresse aussi à mes lecteurs : que pensent-ils de cette situation ? Leur semble-t-elle normale ? Y-a-t-il un abus de pouvoir manifeste, voire anguille sous roche avec une éventuelle irrégularité du fonctionnaire zélé ? Si tel est le cas, comment obtenir gain de cause pour Alice et sanctionner le naboléon local afin qu'il se pisse dessus de trouille, car à titre personnel, j'aurais plaisir à ce que la peur change de camp.