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mardi, 28 avril 2009

MoDem-LibDems, rencontre au sommet en Angleterre !

En direct de notre envoyé spécial, Arnaud Hoyois (Quindi),  à Londres (photos très sympa sur le site du MoDem UK) :

Elections Européennes : Rencontre au sommet MoDem - LibDems ou la Convergence Franco-Britannique

François Bayrou rencontrait Nick Clegg, président des Libéraux Démocrates (LibDems), hier à Londres lors d'une réunion avec les français de l'étranger dans un Collège Britannique (Goodenaugh College - London House) à l'initiative du MoDem UK et Irlande1, et son président Guilhem Nègre. Cette rencontre avec les français de l'étranger complétait une visite à Londres où il aura aussi pu discuter avec les étudiants de la London School of Economics and Political Science (LSE) et visiter, en compagnie de Nick Clegg, le quartier écologique de Bed Zed à Hackbridge dans la banlieue sud de la ville2. Pendant les échanges avec la salle à London House, François Bayrou et Nick Clegg auront signalé tout le respect qu'ils avaient l'un pour l'autre, et démontré la convergence de vues entre les deux membres de l'Alliance des Démocrates et Libéraux pour l'Europe (ADLE3), ainsi que leur divergences sur des éléments de politique nationale, qu'ils indiquent être une composante fondamentale de l'UE, sa diversité. Etaient aussi présents plusieurs têtes de liste MoDem aux élections européennes dont Marielle de Sarnez, Nathalie Griesbeck, Jean-Marie Beaupuy , et leurs homologues britanniques des LibDems, dont la Baronne Sarah Ludford4, seule élue LibDem à Londres du parlement sortant.

Lors de sa présentation en début de réunion, François Bayrou aura insisté sur les atouts considérables de son homologue britannique, « jeune, charismatique et responsable, devant lui permettre de changer le profil de la politique britannique ». Tout comme en France, le Royaume-Uni souffre d'une bipolarisation excessive de sa politique nationale, (même si cela est moins marqué qu'en France au vu du dernier scrutin municipal5), ce que François Bayrou résume, non sans humour, au « choix entre deux erreurs ». Il poursuit en précisant qu'il existe une convergence de vues importante entre les deux partis sur les points essentiels, notamment ceux concernant les liens entre les hommes et leurs systèmes économiques et politiques, tout en notant que des divergences existent aussi, pour l'essentiel liées à des visions politiques nationales (libertés, OTAN, adhésions à l'UE), « ce qui est légitime ».

Nick Clegg poursuivra la partie présentation dans un français impeccable. Il se dit « grand fan de François Bayrou », ce qui est « a given » (donnée factuelle). Même s'il y a toujours des nuances entre deux pays et deux cultures politiques différentes, plusieurs grands thèmes les unissent : toute réforme économique liée à la crise actuelle, doit aussi s'accompagner d'une réforme politique ; le manque de transparence du système économique est lié au manque de transparence du système politique ; « les risques liés à un monde globalisé (économiques, écologiques, diverses formes de criminalités sans frontières) doivent nous mener à trouver des solutions ensemble, y compris au niveau supranational ». Dans ce dernier domaine il rappelle le principe « there is safety in numbers » (plus on est nombreux, moins on court de risques), du choix simple entre ceux qui souhaitent une réponse européenne aux défis du monde globalisé, et ceux qui ne comprennent pas cela, dont les conservateurs britanniques.

Les deux têtes de listes pour Paris et Londres, Marielle de Sarnez et Sarah Ludford, poursuivront, l'une insistant sur l'importance de ce type de réunion consacrée aux questions européennes à l'heure où les crises se succèdent, de l'importance de la solidarité européenne avec les pays en développement, et la nécessaire promotion d'un monde multipolaire où l'UE aurait toute sa place, l'autre sur le besoin de combattre le protectionnisme, qui aura fait des ravages lors des crises précédentes, et du besoin de parler d'une même voix auprès des institutions financières internationales.

La réunion se transforme alors en une série de questions-réponses avec les français de l'étranger et les britanniques présents à London House :

  • L'adhésion de la Turquie : François Bayrou insiste tout d'abord sur la définition nécessaire de la nature de l'UE, une vision continentale faite d'une structure devant servir à promouvoir nos intérêts et nos valeurs, ou la vision plus britannique qui correspond uniquement à un marché commun et une zone de droit européenne. Par ailleurs, la période probatoire actuelle, où la Turquie ne répond pas aux critères d'adhésion, demeure, et la question de sa pleine adhésion reste donc encore ouverte. Il avoue sa préférence pour un partenariat entre l'UE et la Turquie, mais reconnait que c'est une des nuances entre la vision européenne française et britannique. Il suggère de continuer à y réfléchir, sans en faire un sujet de querelles, en respectant tous les acteurs du processus d'adhésion. Il rappelle une anecdote où Jean-Claude Casanova, directeur de la revue Commentaires, rencontrait l'ancien Secrétaire d'Etat américain, Henry Kissinger, qui lui fera ce commentaire au sujet de l'adhésion de la Turquie à l'UE: « si j'étais européen, je serai contre, mais je suis américain, donc je suis pour ».

 

Nick Clegg préfèrera lui une réponse empreinte du « pragmatisme anglo-saxon ». La grande question pour l'UE ne doit pas être sa définition, mais plutôt la démonstration de ses aspects bénéfiques concrets pour les citoyens européens. Elle doit encore gagner « la bataille des cœurs » et démontrer qu'elle un facteur considérable de prospérité et stabilité. Elle représente pourtant aujourd'hui « une des réponses les plus sophistiquées aux défis de la mondialisation ».* Plus spécifiquement sur la Turquie, les LibDems ont l'ambition de faire entrer la Turquie dans l'UE compte tenu des valeurs communes de tolérance, justice et stabilité, mais cela n'est pas d'actualité. Il précise qu'il s'agit avant tout d'un refus de créer de nouvelles barrières culturelles en EUrope, et du constat que la dernière vague d'adhésions aura permis d'étendre la culture de la démocratie, des droits de l'homme et du pluralisme à l'est du continent, l'UE est ainsi un fantastique catalyseur de valeurs démocratiques.

 

  • L'Euro : les LibDems pensent toujours que l'adhésion du Royaume-Uni sera nécessaire après consultation populaire par voie de référendum, même si le contexte politique britannique ne s'y prête pas compte tenu des instabilités liées à la crise économique et financière. Les autres partis politiques britanniques considèrent que la question a été tranchée, mais Nick Clegg pense que la question reviendra au devant de la scène.

 

  • La Crise Financière : François Bayrou précise que le MoDem et les LibDems sont les deux mouvements les plus européens de leurs systèmes politiques nationaux respectifs. Les questions universelles liées à la crise économique et financière exigent des réponses communes. Deux assurances doivent être données aux électeurs européens : d'une part la protection de leur identité par l'Union, réitérant la devise et la nature de l'UE, qui mettent la diversité et le pluralisme au centre de notre action, d'autre part la transparence nécessaire, la démocratisation inévitable d'une Union qui serait amenée à peser dans les affaires du monde. Dans le premier cas, François Bayrou illustre son propos sur la diversité en précisant avec humour «Je suis très anglophile, je trouve les anglais totalement fous, et c'est délicieux », « je suis un amoureux de Kipling, probablement un des plus grands romanciers de ce siècle » (il profite du lieu pour citer le livre Stalky & Co.6 sur la vie de jeunes garçons dans un collège britannique). Dans le deuxième cas, celui de la transparence, François Bayrou rappelle deux des préconisations du MoDem pour la campagne européenne : toute décision par des institutions européennes doit être précédée d'une période de trois mois pendant laquelle une information doit être mise à disposition des citoyens européens, toutes les délibérations du Conseil Européen doivent être rendues publiques afin d'éviter le double langage entre Bruxelles et les capitales nationales ( « c'est la faute à Bruxelles »).

 

Marielle de Sarnez complètera le propos sur la crise en soulignant le manque de réponse commune de l'UE, le plan de relance européen n'étant qu'une addition de plans nationaux qui manquent d'ambition.  Les conséquences de ce manque d'ambition se font déjà ressentir avec des millions d'européens qui se retrouvent au chômage, un manque de concertation sur les aides nécessaires pour les PME, aux secteurs les plus touchés comme l'automobile, les grands travaux que pourrait lancer l'Union, ainsi que le principe d'une relance centrée sur le développement durable, et les requêtes d'aides de certains pays de l'Union qui sont traitées par le FMI plutôt que l'UE. Elle considère que le président de la Commission Européenne, José Manuel Durão Barroso, n'est pas à la hauteur des enjeux actuels.

  • La Réforme Politique de l'Europe : François Bayrou précise qu'il n'est pas un fan des traités de 450 pages qui ne sont ni lus ni compris par la majorité des citoyens, et qu'il n'est « pas ému » par le Traité de Lisbonne, contrairement à de nombreux pro-européens convaincus qu'il s'agit d'un grand pas pour l'UE. Plus qu'une réforme des textes, il prône une « réforme des têtes » qui devrait permettre de débattre des questions essentielles et universelles à l'échelon européen (il donne l'exemple de la Guerre d'Irak qui aurait pu être l'occasion d'un grand débat européen mettant en avant les convergences de vues transnationales), plutôt que de détails techniques (la fabrication du vin Rosé, l'extension des paris en ligne, etc.).

Nick Clegg insiste pour sa part sur le rôle historique de l'Union, une des plus grandes réussites politiques de la deuxième moitié du XXème siècle et de ce début de XXIème siècle. Cependant, les leçons des crises économiques précédentes doivent être prises en compte : la xénophobie, le populisme, le protectionnisme, l'insularité ont tous régulièrement suivi ces crises. Une des clés de cette élection au Royaume-Uni pour les pro-européens, doit être la mise en avant des valeurs d'ouverture, d'optimisme et d'interdépendance pour contrer ces tentations historiques.

 

  • Les Partis Politiques Européens, est-ce une bonne idée ? est-ce faisable: Pour François Bayrou, la constitution de familles politiques à l'échelle continentale est forcément une bonne chose, mais cela doit passer par l'émergence de plusieurs familles (et pas uniquement deux qui se partagent les postes et placent des apparatchiks à la tête du parlement européen), plus fédératrices et plus nuancées. Pour Marielle de Sarnez, ces familles politiques européennes créent une vie politique européenne. Elle propose que lors de futurs scrutins, 10% des députés européens soient élus dans une grande circonscription continentale unique, rendant ainsi plus visibles les grands courants politiques transeuropéens.

 

  • Politique Agricole Commune  (PAC): Plutôt qu'une plus grande concurrence et une organisation des quotas, François Bayrou prône une plus grande organisation des marchés. Ce qui était impossible hier (lois de la nature sur le ratio production / vente) l'est devenu aujourd'hui (diversification des consommations de produits agricoles vers les secteurs industriels ou énergétiques sous forme de biomasse). Les subventions auront aussi créé une culture de dépendance et des problèmes de développement avec les subventions aux exportations. Il s'agit donc de passer vers une « organisation raisonnable des marchés » répondant aux possibilités nouvelles de cette diversification et au x besoins de préservation du tissu agricole européen.

 

Sur la part considérable du budget européen consacrée à la PAC, Marielle de Sarnez précisera que cela demeure dérisoire au vu du montant global de ce budget, comparable au déficit budgétaire français. Cependant, elle souhaite voir une augmentation de ce budget qui améliorerait la PAC en insistant sur le développement durable, et en limitant les subventions aux exportations (de même que cela serait nécessaire aux Etats-Unis), mais aussi qui consacrerait plus de fonds à la recherche européenne, au développement énergétique, etc .

 

Jean-Marie Beaupuy, spécialiste de ces questions au Parlement Européen et candidat MoDem dans la région Massif Central - Centre7, précisera qu'au-delà des marchés et de l'environnement, le point central de cette question ce sont les agriculteurs eux-mêmes. François Bayrou complètera le propos en spécifiant que lorsqu'une agriculture disparaît, elle ne se recompose pas, c'est une donnée culturelle qu'il ne faut pas négliger.

 

  • Politique de Santé : Sur la plus grande convergence des systèmes de santé européens, François Bayrou signalera que chaque pays a sa propre logique historique. Il peut ainsi être très dangereux de changer de logique sans réflexion préalable sur les conséquences potentielles. Cela ne doit cependant pas empêcher de voir les problèmes croissants du système de santé français, avec des listes d'attentes devenues considérables pour consulter certains spécialistes.

 

  • Les Organisations Supranationales : Plutôt que le mot supranational, qui peut sous-entendre que cela se fait en dehors des communautés établies de citoyens, et en évitant le mot fédéral qui a des connotations d'autorité suprême dans certains cercles (l'inverse de l'origine du mot qui exprimait une communauté citoyenne), François Bayrou reformulera le concept sous la forme de « démarche coopérative », en insistant sur la transparence nécessaire de cette coopération pour les citoyens.

 

  • Les positions de l'ADLE sur la crise climatique  et Copenhague : Marielle de Sarnez note que les positions de l'ADLE et des Verts sont les plus en pointe sur les questions environnementales, notamment grâce aux LibDems au sein de l'ADLE. Même si l'UE a donné son accord sur le principe des trois fois 20%, Marielle de Sarnez considère que cela est insuffisant, surtout pour ce qui est de la réduction des Gaz à Effet de Serre qui peuvent s'effectuer par échange de quotas.

 

  • L'aide au développement : Marielle de Sarnez précise que même si l'UE est le premier contributeur à l'aide au développement cela est insuffisant au vu des objectifs du millénaire et de la pauvreté croissante dans certains pays en développement. Elle insiste sur le nécessaire regard des effets de cette aide pour réduire la pauvreté, en toute vraisemblance, cette aide ne va pas suffisamment dans les bonne poches. Ces politiques doivent aussi être repensées en intégrant le pillage des ressources naturelles par les européens, les américains et les chinois, qui empêchent un développement structuré de ces pays.

 

  • La Présidence de la Commission Européenne : selon François Bayrou et Marielle de Sarnez, José Manuel Durão Barroso ne peut être le candidat unique à ce poste, cela doit faire l'objet d'un débat. Jean-Marie Beaupuy précisera que Barroso est trop à la remorque des Etats, sans dynamique propre fixant des orientations communautaires. François Bayrou propose deux candidats pour ce poste, deux hommes qui « pourraient faire d'excellents présidents de la Commission », « un jeune ancien » qui aura eu le mérite de tenir le gouvernement belge pendant huit ans, Guy Verhofstadt, et un « vieux sage », l'italien Mario Monti, commissaire européen entre 1994 et 2004, président de l'Université Bocconi, et responsable du Think Tank Bruegel8.

 

L'impression de l'auteur : c'est la première fois que j'ai l'occasion de voir personnellement François Bayrou à l'extérieur de l'hexagone. L'impression persistante que m'aura laissé cette soirée à Londres, aura été de voir un homme heureux de vivre la diversité européenne, que ce soit avec les français de l'étranger, les britanniques venus l'entendre, les étudiants d'une des écoles les plus prestigieuses du pays, les habitants des quartiers périphériques de la ville. Aussi à l'aise avec les citoyens européens, qu'il l'est avec les citoyens français et ceux des Pyrénées Atlantiques, aussi à l'aise parmi ses homologues européens, qu'il peut l'être avec les hommes et femmes politiques français. L'homme a décidément le gravitas, le charisme, et la disponibilité des grands Hommes d'Etat, à l'échelle française et européenne.

De même, avoir l'occasion de voir les candidats MoDem aux européennes dans leur environnement de travail naturel, celui de la discussion et du partage d'analyses entre députés de nationalités différentes, sur des sujets de la plus haute importance, en maximisant la transparence, dans leurs échanges et leurs préconisations, m'a convaincu qu'une campagne européenne, traitant du fond et non uniquement de la forme,  est bien en cours grâce aux efforts considérables des candidats de l'ADLE. Les médias traditionnels ne le reflètent pas, et c'est bien dommage.

Dernière réflexion : les députés MoDem et LibDems auront démontré tout au long de la soirée la convergence de vues franco-britannique, là où aucune autre famille politique pouvant exercer des responsabilités gouvernementales dans ces deux pays (PS-New Labour / UMP - Conservatives) n'aurait réussi à le faire.

Comme promis à l'Hérétique, ceci est un compte-rendu non officiel de la réunion de Londres (seul le prononcé fait foi).

Arnaud Hoyois (devenu récemment résident au Royaume-Uni)

www.quindiblog.eu

 

* Si Claudio Pirrone (Skeptikos9) me lit, qu'il sache que malgré ses racines italiennes, il a une convergence de vues totale avec les LibDems en termes de stratégie électorale (le pragmatisme commun entre son lieu de résidence en Bretagne et la Grande-Bretagne ?)

1 http://www.mouvementdemocrate.org.uk/

2 http://www.lefigaro.fr/politique/2009/04/28/01002-2009042...

3 http://www.alde.eu/fr/

4 http://www.sarahludfordmep.org.uk/

5 http://www.quindiblog.eu/log/2008/05/quindi-la-triad.html

6 http://en.wikipedia.org/wiki/Stalky_%26_Co.

7 http://europe.lesdemocrates.fr/jean-marie-beaupuy/

8 http://www.bruegel.org/

9 http://skeptikos.dremm.net/

 

Commentaires

Merci tout d'abord à Arnaud pour ce compte rendu.

Je suis assez d'accord sur la position du libdems en faveur de la Turquie et tout le paragraphe :
" La grande question pour l'UE ne doit pas être sa définition, mais plutôt la démonstration de ses aspects bénéfiques concrets pour les citoyens européens. Elle doit encore gagner « la bataille des cœurs » et démontrer qu'elle un facteur considérable de prospérité et stabilité. Elle représente pourtant aujourd'hui « une des réponses les plus sophistiquées aux défis de la mondialisation ».* Plus spécifiquement sur la Turquie, les LibDems ont l'ambition de faire entrer la Turquie dans l'UE compte tenu des valeurs communes de tolérance, justice et stabilité, mais cela n'est pas d'actualité. Il précise qu'il s'agit avant tout d'un refus de créer de nouvelles barrières culturelles en EUrope, et du constat que la dernière vague d'adhésions aura permis d'étendre la culture de la démocratie, des droits de l'homme et du pluralisme à l'est du continent, l'UE est ainsi un fantastique catalyseur de valeurs démocratiques."

Je ne vois pas pourquoi il serait inopportun de parler d'état supranational ou d'état fédéral? Ça ne me choque pas , vu que je suis fédéraliste.... Parler "de démarche coopérative" ce n'est pas très clair quand il s'agit de développer l'europe politique ou d'améliorer l'incarnation d'une idée ou de personnalités qui font grandement défaut actuellement,car ce manque de lisibilité ne fait ni aimer l'europe par certains européens, ni de tenter de les faire s'informer plus sérieusement(certains sondages le démontrent bien)

pour le reste, je suis assez ok avec les propos des intervenants de tous bords

Écrit par : europium | mardi, 28 avril 2009

@ europium
C'est marrant, j'ai regardé les points de vue des lib-dems, ils sont souvent plus à gauche que le Labour !

Écrit par : L'hérétique | mardi, 28 avril 2009

c'est sympa :)

Écrit par : voyance | mardi, 28 avril 2009

@L'hérétique

le labour ou plutôt le New labour est considéré par beaucoup d'observateurs comme étant un parti de centre droit. Ça fait belle lurette que la gauche anglaise en a fini avec le "dogmatisme à papa" et qu'ils ont adopté une attitude pragmatique de gouvernance.

Écrit par : europium | mardi, 28 avril 2009

Super compte-rendu, Arnaud, merci (et merci à l'Hérétique). Je peux repiquer le texte sur France démocrate un de ces jours ?

Écrit par : FrédéricLN | mardi, 28 avril 2009

@ Fred,
eh, oh, j'ai passé un accord EXCLUSIF avec Arnaud pour avoir ce compte-rendu.
Mais, dans ma grande bonté, tu es autorisé à le reprendre sur France Démocrate, sans omettre de citer la source, bien entendu :-)

Écrit par : L'hérétique | mardi, 28 avril 2009

@ Fred: no problem, c'est fait pour ça (si les médias traditionnels ne reprennent que très peu ces étapes de campagne, à nous de faire du buzz).

@ Europium: moi non plus, je ne suis pas fan de "démarche coopérative", même si je comprends les problèmes d'interprétation que peuvent poser les mots "supranational" et "fédéral". Dans le deuxième cas, une délégation de pouvoir par le bas (subsidiarité) s'est transformée en une mainmise du haut (je crois qu'on a été rattrapés par la culture populaire américaine et dans une moindre mesure, allemande, de même que l'insularité britannique, et faute d'éducation sur ces sujets, ce sont pour l'essentiel les connotations négatives qui sont restées dans l'inconscient collectif). Je suis aussi fédéraliste, mais j'admets que nous devons trouver de nouveaux éléments de langage pour faire passer l'idée.

Écrit par : Arnaudh | mercredi, 29 avril 2009

Dans un monde globalisé, les citoyens européens demandent plus d'Europe car ils sont conscients que face aux anciennes puissances et celles qui émergent il n'y a que l'UE qui pourra faire le poids.

Cependant le manque d'incarnation et le manque de communication font qu'ils n'arrivent pas à comprendre le fonctionnement de l'UE tout en reconnaissant son importance ce qui est un paradoxe.....

Dans un monde globalisé la notion d'état supranational est l'avenir et il est quand même étonnant qu'on ne puisse employer ce terme(ou un proche comme fédéral) alors que des élections démocratiques y sont organisées, alors que le pouvoir du PE ne fait qu'augmenter, alors que 70% des lois nationales proviennent de directives européennes. Si le TDL est ratifié( sans doute fin 2009), au premier janvier 2010 le PE aura encore plus de pouvoir et en particulier en matière budgétaire. Il est quand même dès lors stupéfiant de pas appeler "un chat un chat" et de tenter de dévolopper une terminologie encore plus complexe.

Le grand problème vient du fait que les états(et les partis politiques dans leur totalité) ne font pas l'effort d'explication nécessaire pour faire avancer les choses car la dualité pouvoir de l'UE/pouvoir national les gênent( logique carriériste). On voit bien que l'enjeu des européennes est vidé de son sens par la "renationalisation"(dixit Cohn Bendit) du discours européen. les politiques qui ont des visées lointaines préfèrent se taper dessus plutôt que d'avoir un débat sur les vrais enjeux européens car ils ont peur de trop légitimer l'UE(donc de perdre une partie de leur pouvoir) tout en sachant que s'ils arrivent au pouvoir ils auront besoin de cette europe "sans visage" ce qui la aussi est un paradoxe!!!!!

Écrit par : europium | mercredi, 29 avril 2009

@ europium
D'accord en tous points avec vous, europium. Mais pour faire accepter la supra-nationalité, il faudra en effet du temps. Ce seul mot fait peur...

Écrit par : L'Hérétique | mercredi, 29 avril 2009

Personne de parle de supra-nationalité. Une état supranational ou fédéral ne doit en aucun cas remettre en cause les identités régionales ou nationales. Il faut parler d'identité(s?) européenne(s?) à développer ou à renforcer.

les pays qui ont un système de gouvernance fédérale ne parlent pas d'identité fédérale mais d'identité nationale....

Pour l'instant l'UE est un OPNI (objet politique non identité, définition de Delors) qui a réussi à développer une organisation politique et économique de façon démocratique( à laquelle bon nombre de pays veulent adhérer), de plus sans faire la guerre ce qui est une première dans l'histoire de l'humanité....il est toujours utile de le rappeler!

D'ailleurs les journalistes devraient poser comme première question à tous les candidats aux européennes : quelle est pour vous la définition politique de l'UE? ça serait intéressant d'entendre leur réponse....

Écrit par : europium | mercredi, 29 avril 2009

@ Arnaud, L'hérétique : voilà qui est fait, merci !

Écrit par : FrédéricLN | vendredi, 01 mai 2009

Salut Arnaud, comme tu vois je te lis :-)

Je dois dire que cela ne m'étonne guère : comme tu sais bien je suis né politiquement avec l'ELDR, dont les lib-dems sont la colonne vertébrale.

J'ai un profond respect pour leur démarche, qui est difficile : ils pourraient se positionner en faiseurs de rois mais ils préfèrent la cohérence au prix d'avoir moins d'élus (pour l'instant)

Il faut dire que le système électoral à un seul tour contribue à mettre l'accent sur l'identité de chaque force politique plutôt que sur les capacités à rassembler au delà de son camp.

Enjoy ;-)

Écrit par : Claudio Pirrone | samedi, 02 mai 2009

D'accord en tous points avec vous, europium. Mais pour faire accepter la supra-nationalité, il faudra en effet du temps. Ce seul mot fait peur...

Écrit par : voyance | samedi, 04 septembre 2010

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