Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

vendredi, 02 septembre 2011

Tu vas arrêter de fumer, Paillé ?

Gentil toutou à son Sarko, allez, aux pieds, Paillé ! N'a pas eu son nonos et n'essaie de mordre ? Tsss, allez, va chercher la baballe !

Finalement, la question, c'est de savoir si on a ou non les lieutenants qu'on mérite...Sarkozy a Lefebvre et Borloo...Paillé !

Paillé (au fait lisez sa biographie édifiante sur wikipedia pour mieux vous faire une idée du personnage) ne sait plus quoi dire pour exister politiquement. Sans doute essaie-t-il de bien se faire voir de son nouveau maître Jean-Louis (va-s-y, Rex, mords, mords, mon bon toutou, mords-le, le François !).

Donc, sa nouvelle psychose hallucinatoire, c'est le deal secret entre Sarkozy et Bayrou. Franchement, lecteur sain d''esprit, qui n'a fumé ni cable, ni haschich, ni consommé aucune forme de substance psychotrope, imagines-tu un seul instant que François Bayrou dont l'opposition constante au maître de l'Élysée est patente, puisse avoir passé un accord avec un homme auquel tout l'oppose ?

Borloo ne parvient pas à percer dans les sondages en intentions de vote alors qu'il se voyait déjà négociant son entrée à Matignon en 2012 et du coup, ses potes tentent le tout pour le tout pour relancer la machine enrayée.

Enfin : faut pas prendre les Français pour des andouilles ! Tenter de faire passer Borloo pour l'opposant et Bayrou pour le gentil collaborateur de Sarkozy, fallait oser. Mais bon, vous savez qui, pour paraphraser une formule fameuse d'un film d'Audiard, ça ose tout...

07:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : paillé, borloo, bayrou, sarkozy |  Facebook | | |

lundi, 29 août 2011

Les promesses ont un coût Martine...

Martine Aubry multiplie les interventions pour assurer à qui voudra l'entendre le rétablissement des moyens dans les divers corps de la fonction publique : culture, enseignement, et maintenant police et gendarmerie.

Oh, en soi, je n'ai pas d'objections à ce que l'on rétablisse les postes supprimés par Sarkozy pour la police et la gendarmerie. Évidemment, ça me fait rire quand j'entends un socialiste assurer qu'il/elle sera la président/la présidente de la sécurité en France. Leur laxisme dans ce domaine est si consubstantiel que je n'y crois pas un seul instant. Toutefois, on ne saura faire pire que Sarkozy qui confond moulinets de bras et politique de répression.

Pour revenir à Martine Aubry, il y a autre chose qu'elle ne semble pas avoir percuté : nous disposerons pour les prochaines années de moyens limités. Je l'entends tous les jours faire des promesses alors qu'il faudrait faire des choix. 

Je suis d'accord pour donner plus à la police, mais on prend où les moyens ? Et quand je parle de prendre, c'est d'un budget de la fonction publique qu'il s'agit.

C'est comme la culture : c'est quoi la culture ? Moi aussi je peux être une association culturelle demain et devenir une vraie sangsue de fonds publics. J'ai déjà dit que bien des associations ne prospéraient que par la dépense publique. Il vaudrait mieux une politique qui préparerait un terrain favorable à une privatisation partielle. Regardez le Musée Rodin, par exemple : il prévoit d'ores et déjà des manifestations privées dans ses locaux et espaces. Il y a donc une politique d'ouverture au privé possible dans les musées. On peut imaginer des fondations (cela marche très bien à Jersey) à condition évidemment de leur proposer une fiscalité attractive.

Cela dit, les musées, c'est certainement ce que je protégerais le plus, à titre personnel, comme candidat à la Présidence de la République. En revanche, continuer à dépenser des monceaux de fric pour France 2 et compagnie, ça fait un peu mal au coeur. On devrait avoir une chaîne publique ainsi que ses extensions régionales (France 3 c'est très bien), une seconde à la rigieur, et le reste, hop, au privé.

Revenons à la police : augmenter les effectifs, c'est bien, mais il faut aussi que le marériel soit adapté, que les prisons soient étendues et que les juges disposent de véritables moyens (notamment pour le suivi judiciaire) ; et pour assurer la cohérence du tout, il faut évidemment une vraie volonté politique.

Mais bon, là encore, ce sont des choix budgétaires. On sait que la délinquance coûte des dizaines de milliards d'euros au bas mot chaque année. Se donner les moyens de pratiquer une vraie politique de répression, cela suppose une volonté qui sorte de la doxa ordinaire de la classe politique...

19:28 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : aubry, délinquance, culture |  Facebook | | |

jeudi, 25 août 2011

Borloo et Bayrou pourraient s'allier, mais...

Laureline Dupont de Marianne a constaté à peu près les mêmes choses que moi : il y a une comptabilité presque parfaite entre les propositions de Bayrou et celles de Borloo. En fait, elle va même plus loin que moi : elle pense que Borloo a lu Bayrou. Les centristes sont généralement gens pragmatiques, et cela ne m'étonne guère qu'ils se rejoignent dans nombre de domaine. En ce qui concerne le transfert de la protection sociale sur la TVA, je rappelle même que Borloo avait fait la proposition en juin 2007 ce qui avait eu le don de provoquer l'ire de l'UMP et de Nicolas Sarkozy. On y arrive pourtant.

Je l'ai déjà dit ici, s'il n'y avait François Bayrou, je voterais sans doute pour Jean-Louis Borloo. 

Non, ce qui me gêne avec Borloo, ce ne sont pas les idées. C'est la crédibilité. Il avait l'occasion, en 2007, de soutenir le programme de l'UDF et de Bayrou qui était peu ou prou ce qu'il défend à l'heure actuelle. Il avait même reçu une lettre de supplication de la plus grande partie des cadres du Parti Radical ainsi que des jeunes radicaux. Il n'en a rien fait. Je le redis, son rôle dans l'affaire Tapie et ses relations avec l'individu m'inspirent la plus grande méfiance. Je n'ai pas observé d'impact significatif de sa part dans le gouvernement Fillon depuis 2007. En revanche, j'ai bien pris note que c'est son recalement qui sa sonné pour lui l'heure de la charge contre son ami Nicolas.

Plus fâcheux : Jean-Louis Borloo, à l'inverse de François Bayrou, annonce par avance son ralliement non à une majorité d'idées, mais à une majorité politique, puisque d'ores et déjà, c'est l'UMP qui bénéficiera de son appel à report au second tour.

C'est triste. Borloo et Bayrou se barrent la route l'un à l'autre. Hélas, les centristes authentiques le savent, et Arthuis l'a finement observé : sans indépendance, pas de crédibilité. Je connais Bayrou. Il est sincère. Tout son livre est orienté vers la volonté de créer un arc politique central. C'est cette majorité d'idées qui l'intéresse et non sa personne comme sont toujours pressés de le déclarer les zélotes qui font profession de l'enfoncer. Si Borloo faisait le choix de l'indépendance (mais il en est incapable) je pense que Bayrou serait prêt à s'effacer pour laisser au meilleur centriste et à la démocratie sociale les chances de réaliser le score le meilleur.

En tout cas, je me réjouis de ce que les idées de Bayrou fassent leur chemin. Sur la dette, par exemple et la nécessaire réduction des déficits. Il fait le bon choix en décidant de soutenir la Règle d'or. 60% des Français en approuvent d'ailleurs le principe.

Aussi bien Borloo que Bayrou ont raison en admettant de longue date le principe de se ranger à une TVA (Borloo) ou une CSG (Bayrou) sociale pour financer notre protection. A gauche, on se couvre de ridicule en jurant que les riches paieront. C'est en dizaines voire en centaines de milliards que se chiffrent nos besoins de financement pour notre protection sociale. Taxer les 80 000 Français les plus riches ne rapporte pas même 1/2 milliard de dollars. On peut bien sûr (il le faut) réduire le train de vie de l'État, mais il va falloir trouver autre chose que le seul non-remplacement des départs à la retraite. Comme l'observe François Bayrou, dans son 2012 État d'urgence, dans l'Éducation Nationale ils n'ont pas même rapporte le demi-milliard.

La réalité est en fait la suivante : pour combler nos déficits, soit il faut sabrer très sérieusement nos dépenses, c'est à dire appliquer des recettes néo-libérales dans toute leur rigueur, soit taxer la richesse comme des brutes, comme le prône la gauche de la gauche. Dans les deux cas, on obtiendrait des résultats catastrophiques, soit dans le domaine social soit dans le domaine économique.

Quand aux solutions souverainiste et nationaliste, elles explosent le connomètre : se retirer de l'euro et laisser galoper l'inflation ou créer de la monnaie à tire-larigot c'est un billet aller sans retour vers la ruine de notre pays à commencer par les petits épargnants qui par sécurité ont pris des bons du trésor et autres obligations d'État. Il ne suffit pas de faire des dessins sur un joli morceau de papier pour régler une dépense : il faut que le morceau de papier soit assis sur une crédibilité (industrielle, économique, financière, budgétaire) mais ce léger détail ne semble pas avoir frappé plus que cela nos souverainistes.

Bref, Bayrou a inventé un concept politique intéressant, il y a un an : l'espoir crédible. Je pense que c'est le créneau naturel du centrisme et de la démocratie sociale, dont il est lui-même le réprésentant le plus crédible, n'en déplaise à Borloo et ses partisans. C'est dans cette niche (pas fiscale) qu'il faut s'engouffrer et tenter de l'élargir. Enfin, je ne crois pas qu'il faille compter sur l'UMP (comme le fait Borloo) ou le PS (comme le pensent certains militants du MoDem) pour mener cette politique. *

Il n'y a d'espoir qu'au centre de l'Échiquier politique et c'est ici que se joueront exclusivement les coups gagnants...

16:34 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : bayrou, borloo, dette |  Facebook | | |

lundi, 22 août 2011

Règle d'or : la voter ou non ?

Romain, comme un certain nombre de socialistes l'a mauvaise : le gouvernement demande à l'opposition de voter la fameuse règle d'or. C'est quoi au fait ? Dans le domaine budgétaire, il s'agit simplement d'inscrire dans la Constitution l'objectif de retour à l'équilibre des finances publiques.

Rendons à César ce qui est à César : la couverture médiatique a tout de même (soigneusement ?) omis de préciser que le Nouveau Centre la demande depuis trois années cette règle d'or budgétaire. J'avais été invité à leur congrès en mai 2008 et je me souviens très bien d'avoir entendu Charles de Courson l'évoquer longuement. L'idée allait dans le droit fil des projets de réduction des déficits qui figuraient dans le programme de Bayrou et de l'UDF en 2007. Côté MoDem, Robert Rochefort soulève un lièvre intéressant : il propose d'en adopter le principe à l'échelle européenne. Une idée qui séduirait certainement nos amis Allemands, à n'en pas douter.

Le grand argument des Socialistes, en fait, pour voter contre la règle d'or du gouvernement, c'est de dire qu'ils ne vont pas jouer les pompiers alors que l'Incendiaire fait joujou avec des mèches depuis quatre ans. C'est vrai. Mais les Socialistes oublient juste qu'ils ont largement étalé la poudre et l'amadou quand ils étaient au pouvoir. Comme tout le monde depuis 35 ans. 

De la même manière, le gouvernement aurait le plus grand intérêt à adopter un profil bas. Il ne faudrait pas non plus que cette Règle d'or devienne un prétexte pour valider des budgets iniques. 

Pour ma part, j' y vois un intérêt certain : elle contraindra opposition et pouvoir à dialoguer. Trop de déductions fiscales à sens unique ? On peut en appeler aux Sages pour décréter le budget inconstitutionnel. Des recettes supplémentaires allouées au train de vie plutôt qu'au désendettement ? Même chose. Dès lors que le projet de loi précise clairement qu'il écarte les dépenses d'investissement de cette obligation budgétaire automatique, il me semble que c'est une loi qui va dans le bon sens.

Je pense que les Socialistes ne devraient pas repousser si prématurément un vote positif. D'une part, ils ne donneraient pas une image de grande responsabilité ainsi, et d'autre part, ils se priveraient certainement d'une arme qui peut se retourner en leur faveur.

De toutes façons, il faut bien se le dire : ce que la Règle d'Or ne fera pas, les marchés le feront pour nous. Ils ne continueront pas à admettre indéfiniment nos déficits structurels. Mieux vaut prendre les devants. Et pour les contempteurs des marchés et de la finance, qu'ils sachent que la meilleure manière de leur clouer le bec, c'est d'être vertueux, d'autant que ne plus dépendre de bailleurs étrangers est un avantage géostratégique qui concerne également notre diplomatie et notre défense...

En ce sens Bayrou fait bien d'approuver ce projet. J'espère que les Socialistes sauront bien peser le pour et le contre. Il n'y a pas que des désavantages pour eux, dans cette loi.

Minc doit apprendre à lire

Bayrou fixe comme priorité dans son 2012 État d'urgence 100% de jeunes enfants maîtrisant la lecture à l'issue du CM2. Je propose un avenant pour les intellectuels grisonnants et pétris de morgue. J'ai lu la critique de Minc dans le dernier numéro du Point. Quel âne ! Le voilà à se lancer dans une diatribe contre Bayrou faisant valoir que ce dernier promeut un protectionnisme à l'échelle européenne.

Quand on critique un livre, on est prié de le lire. Dans le chapitre "démondialisation", Bayrou dit très exactement l'inverse. Il dénonce l'illusion dangereuse du protectionnisme, y compris à l'échelle européenne. 

Il y a même mieux en fait : page 40, un sous-titre intitulé "le mirage du protectionnisme européen"

Il n'y aura pas de protectionnisme français [...]. Encore moins y-aura-t-il une protectinnisme européen.[...].Ils sentent bien que le protectionnisme national n'est pas défendable et plus de saison. Y ajouter l'adjectif «européen» c'est éluder l'accusation de connivence avec le Front National.

Bayrou fait alors observer que c'est une duperie que de proposer un programme auquel plus d'un de nos voisins ne saurait donner son assentiment : imagine-t-on l'Allemagne, pays exportateur s'il en est, se ranger à une telle idée ? Ou encore la Grande-Bretagne, patire d'origine du libre-échangisme ? Bref, ceux qui défendent cette thèse savent qu'ils mentent et racontent n'importe quoi, à commencer par le Front National. C'est en substance ce que Bayrou relève dans le paragraphe que je cite. On ne saurait être plus explicite.

Minc est vraiment nul. Peut-être malhonnête, même. Allez savoir pourquoi, mais j'ai la forte intuition qu'il n'a pas lu l'ouvrage. Il a du se contenter d'organes et d'articles de presse. Or, de tous les articles parus, y compris sur la Toile, je suis le seul à avoir relevé la charge de Bayrou contre le protectionnisme. Conclusion collatérale, Minc ne lit pas mon blogue...

En tout cas, on ne pouvait pas rater ce point de vue sur lequel Bayrou insiste. Alors, Alain Minc : analphabète ou malhonnête ?

09:45 Publié dans Economie, Europe, Politique | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : bayrou, minc |  Facebook | | |

mercredi, 17 août 2011

Etat d'urgence, la dernière séance !

Nous vivons un thriller planétaire dont nous ne cessons de mesurer chaque jour l’ampleur. Il y pleut des cadavres. Si la première victime a été grecque, il semble bien que le peuple hellène n’aura pas le monopole de la tragédie. Ibères, Lusitaniens, habitants de la verte Erin jusqu’à ceux du Nouveau Monde, tous tombent comme les épis qui ploient sous le poids d’une faux au temps des moissons. De Trieste jusqu’aux confins de la botte, c’est l’Italie qui gémit à son tour sous le regard inquiet du génie français. Ah, la France ! Parlons en ! C’est elle, sans doute, la prochaine victime en dépit des mantras savants que se complaisent à réciter ses dirigeants.

Il y a état d’urgence et cette cause-là vaut bien d’y consacrer un livre. François Bayrou vient de le faire.

J’ai disposé en avant-première de l’ouvrage (privilège de blogueur centriste...).

Nous vivons à l’heure actuelle la crise qui a été annoncée au lendemain même de celle des banques : la crise des dettes publiques. La France, avec ses records enfoncés ces dernières années y est aux premières loges.

La dette, Bayrou en a longuement parlé en 2007. Le danger mortel qu’il annonçait s’est répandu sur les économies occidentales. Pour moi dont l’inquiétude grandit à proportion de la gangrène qui gagne notre économie, toutes les solutions viables sont bonnes à prendre. C’est donc avec le plus vif intérêt que j’ai pris connaissance des propositions du Président du MoDem.

Plus que jamais François Bayrou ne voit d’autres solutions que d’équilibrer nos budgets pour sortir de la nasse. Notre déficit primaire (hors charge de la dette) s’établit à 5,5% de notre PIB. En somme si nous ne pouvions plus emprunter, nous ne pourrions plus payer nos fonctionnaires.
Pour retrouver l’équilibre il faut que l’addition de nos économies et de nos ressources dégage 100 milliards d’euros. Bayrou établit ses comptes de la manière suivante :
- récupération d’un quart des niches fiscales (Bayrou juge démagogique la proposition socialiste qui table sur sur 50 des des 80 milliards des niches : elles recouvrent des réalités très (trop!) diverses ! Certes le bouclier fiscal mais aussi le crédit impôt-recherche, l’avantage fiscal pour aide à personne et tant d’autres encore). 20 milliards, donc.
- 2 points de TVA supplémentaires doivent pouvoir fournir les 20 milliards suivants. 40 milliards.
- En augmentant l’Impôt sur le Revenu (Tranches supplémentaires) et en revoyant la taxation des successions, on peut espérer 5 milliards. 45 milliards.
- Assurances-maladie, retraites et plus généralement budgets sociaux doivent être optimisés afin de dégager les 15 milliards suivants. 60 milliards.
- L’Etat doit continuer à diminuer ses interventions et baisser son train de vie. Les collectivités locales doivent être responsabilisées et gérer plus directement leur fiscalité afin de limiter les transferts avec l’Etat. 20 milliards à trouver dans tout cela, cela donne 80 milliards. Il en manque encore 20...

Bayrou estime que ce sont là les maxima que l’on puisse puiser. Promettre la lune comme on le fait à gauche (taxer les riches) ou à droite (dégraisser l’Etat) ne correspond à rien de sérieux. Les vingt milliards manquant ne peuvent être trouvés que dans un accroissement de la richesse nationale. C’est cet accroissement-là qui est l’objet principal du livre de Bayrou (l’éducation ne vient qu’en second), ce que Bayrou appelle le “produire en France”.

Très pédagogiquement, il débarrasse ses lecteurs d’une illusion dangereuse : la démondialisation.

Plutôt que d’espérer pouvoir s’enfermer dans nos frontières, Bayrou préfère voir la France se battre pour ériger des règles justes, une mondialisation loyale. Le protectionnisme, s’accrût-il jusqu’aux contours de l’Europe, est un leurre dangereux.  Même si notre balance commerciale est mise à mal nous demeurons un pays exportateur. Le doter de barrières douanières unilatérales aurait un effet dévastateur sur notre économie car  nos partenaires commerciaux ne manqueraient pas d’agir de même. Ni l’URSS n’a gagné la guerre froide ni la Corée du Nord n’est un état riche ou puissant (NDLR : témoignage édifiant à lire dans le Géo de ce mois d’août 2011 sur ce dernier pays) et pourtant, voilà des états qui ont été ou sont encore protectionnistes à l’excès. Le problème n’est pas la concurrence mais la concurrence déloyale.
Par exemple, les  normes européennes ne doivent pas valoir pour les producteurs européens mais pour tous les produits vendus sur le marché européen. Voilà qui empêcherait de très grosses entreprises de contourner contraintes environnementales ou sociales en produisant dans des pays où elles n’existent pas puis en revendant après coup sur le territoire européen.
De même, un pays ne devrait pas pouvoir décréter unilatéralement la valeur relative de sa monnaie dès lors qu’il utilise les règles du commerce international pour vendre ses productions.
C’est au niveau de grandes organisations internationales comme l’OMC qu’il faut lutter pour promouvoir une concurrence juste (NDLR : comme le fait Marielle de Sarnez au Parlement européen, par exemple).

Depuis une dizaine d’années nos déficits commerciaux suivent le chemin de nos déficits budgétaires : ils dérapent toujours plus, privant notre pays de précieuses ressources. C’est donc sur notre sol qu’il s’agit de relancer nos productions. Il n’existe certes pas de solutions miracle mais il nous reste des leviers qu’il demeure possible d’activer.

a) L’automatisation des productions permet ainsi  de contourner les écarts de coûts salariaux comme critères déterminants de rentabilité. Elle facilite donc l’implantation de la production sur le sol français.

b) C’est l’offre plutôt que la demande qu’il faut soutenir à l’heure actuelle : dans une économie ouverte comme la nôtre, et en l’état de notre appareil productif, une relance par la demande reviendrait à stimuler les productions allemande ou chinoise, tant nos importations en biens de consommation sont importantes.
Une économie administrée n’est pas la solution pour Bayrou : ce n’est  ni le rôle ni la compétence d’un Etat de ses mêler des grands équilibres de la production. Il se défie du dirigisme mais croit l’Etat dans son rôle quand il incite ou facilite.
c) Sans définir une stratégie nationale l’Etat pourrait permettre aux différents acteurs économiques d’en dresser les contours ; une sorte de Commissariat au Plan qui les réunirait et les informerait (sur certaines OPA hostiles dont le seul but est de capter le carnet de commandes d’un concurrent puis de l’éliminer une fois la prédation accomplie, par exemple).
Le fonds stratégique mis en place par Sarkozy et le gouvernement Fillon va à cet égard dans le bon sens mais doit être élargi et servir à bon escient : pas à soutenir les copains ou les très grosses entreprises mais être orienté vers les PME, particulièrement les jeunes pousses.

d) Appeler les consommateurs à la rescousse
Un véritable effort implique la nation toute entière. Convenablement informés, les Français consommateurs peuvent devenir les soutiens actifs des Français producteurs. Mais pour cela, il faut créer un label “Produit en France” indiquant précisément en pourcentage la production issue de notre sol. Aux associations de consommateurs, professionnels et salariés d’en contrôler la fiabilité. Il ne s’agit pas pour autant de mener le combat contre les composants importés : ils sont une chance pour les pays qui les produisent et une opportunité de baisses de coûts pour nos entreprises. Il en va tout autrement de la délocalisation d’un produit.

e) Simplification fiscale et juridique
Les cadres juridiques qui régissent l’activité entrepreneuriale sont d’authentiques labyrhintes : Thésée y perdrait son fil d’Ariane. Niches fiscales et sociales, normes complexes et changeantes, tout contribue à favoriser les très grosses entreprises disposant de cabinets juridiques tandis que les PME sont conduites à errer dans leur dédale. Une iniquité de plus qu’il convient de corriger par une nuit du 4 août des privilèges indus et des formulaires surnuméraires.

f) Basculement des charges sociales
Il y a une injustice dans notre pays : tous les Français bénéficient de la même protection mais seuls les salariés et les entreprises la paient. Si l’avantage profite à toute la nation, c’est également à elle de le financer. Tous les revenus sans exception doivent contribuer : salaires, entreprises, revenus du capital, assurances, retraites... Un impôt comme la CSG qui touche tout le monde et tous les revenus pourrait pourvoir à ce financement. De ce fait, les marges plus importantes, particulièrement dans l’industrie, favoriseraient l’investissement dans la recherche et le développement (NDLR : Jean Peyrelevade observait dans son livre l’erreur historique de Nicolas Sarkozy que l’industrie française avait les marges les plus faibles d’Europe).

In fine toutes ces idées ne prétendent pas à la vérité universelle, et à vrai dire, ma relation est loin d’être exhaustive (il faut lire le livre de Bayrou en entier), mais elles méritent une discussion et des débats et ouvrent la voie à une politique de reconquête. En France l’on s’accorde aisément sur l’abstraction mais dès qu’il s’agit de la réalité, de la matière qui fait la vie, il n’y a plus personne.

Pourtant, l’important, c’est de vouloir...

samedi, 06 août 2011

Ben alors ? Le MoDem est si proche....

J'avoue mon étonnement quand je considère les vues exprimées par nombre de proches, d'amis ou de simples connaissances qui votent socialistes: sur la plupart des questions économiques le programme et les déclarations du MoDem ne dépareillent pas... Je me demande parfois s'ils savent bien pour quoi ils votent exactement...
A vrai dire nous sommes assez rarement d'accord sur pas mal de points (sécurité,justice,armée) mais cela n'est guère étonnant : le MoDem est au centre-gauche et moi au centre-droit...
Si l'on ne votait que sur la base des idées et des programmes, le MoDem réaliserait certainement aux alentours de 15-20% des suffrages, cela correspond à son étiage idéologique qui mord largement sur la gauche et sur le centre.

22:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (40) |  Facebook | | |

samedi, 30 juillet 2011

Brunerie, l'accueillir ou pas ?

Les médias ont fait état de la volonté de Maxime Brunerie, auteur d'une tentative d'assassinat manqué contre Jacques Chirac, d'adhérer au MoDem et de soutenir Bayrou.

Juste après l'épisode norvégien, ça ne donne pas vraiment envie. Maxime Brunerie a tout de même assidûment fréquenté le MNR de Mégret, les groupes néo-nazis et j'en passe.

Certes, je crois, jusqu'à un certain degré, à la rédemption, mais tout de même...

Il est vrai, toutefois, que Maxime Brunerie, en 2001, cherchait, paraît-il, une mort glorieuse, espérant finir sous les balles des services de sécurité présidentiels. Je conçois que l'on puisse verser dans de dangereuses formes de mal-être, mais les choix politiques, dans des circonstances et un état semblables, traduisent tout de même quelque chose d'inquiétant sur le fond.

J'ai notamment lu son entretien sur Atlantico : j'aimerais savoir ce qui l'attire exactement au MoDem...Brunerie dit être attaché avant toutes choses à la Nation et à la Tradition, le tout avec une majuscule à chaque mot. Le MoDem a bien des attachements, mais je ne crois pas que ces deux-là lui soient une priorité.

Je n'ai pas lu son livre et ne le connais que par les extraits qui figurent sur la Toile et ce qu'en disent différents médias. Ce que je comprends, c'est qu'il a fait une partie du chemin, mais pas encore l'autre. Par exemple, il en semble pas conscient de tout ce qu'il doit au maire de Courcouronnes, qui a tout fait pour sa réinsertion. Il a en revanche vu de près ce qu'était l'infâme univers carcéral dans lequel la France mélange allègrement violeurs, pédophiles, braqueurs, voleurs et cetera, comme s'il n'y avait pas de différences de nature entre les différents crimes et délits qui les ont amené en prison.

Au passage, j'en profite pour faire une parenthèse : j'entends souvent que les criminels où les mineurs que l'on envoie en prison en ressortent plus durs. De ce fait, les bonnes âmes en concluent qu'il ne faut pas envoyer les mineurs délinquants en prison. La conclusion logique à laquelle j'arrive, moi, ce n'est pas qu'il faut supprimer la prison, mais la réformer. Une prison à visage humain, qui trie clairement les criminels et les délinquants tout en prévoyant les moyens de réinsertion des moins endurcis dans le mal est la condition sine qua non d'une politique de répression réussie. Tout comme la prévention, la répression nécessite des moyens importants. C'est le genre de chose qu'un Guéant, un Hortefeux, un Sarkozy, ou encore tous les trublions de la droite populaire (sans parler du FN) ne semblent vraiment pas avoir compris...

Revenons à Brunerie : il ne me semble pas mûr pour l'action politique. Je regrette l'impulsivité (une fois de plus, c'en est agaçant...) de Bayrou qui aurait du se garder de décréter qu'il n'y avait pas de place pour les déséquilibrés au MoDem. Franchement, si je cherche, je vais en trouver d'autres, moi au MoDem, même s'il y en a certainement moins qu'il y a deux ans. Soyons honnête : c'est une marque de fabrique du militantisme et de la politique que de fourbir les partis en déséquilibrés plus ou moins prononcés. Il y en a dans tous les partis...Ça n'était pas très chrétien, en somme, d'accueillir ainsi la demande de Brunerie.

Je pense que nous devrions lui faire une réponse circonstanciée et ne pas lui refuser un entretien, de manière à ce qu'il réalise qu'il est encore bien loin de la ligne politique du MoDem, à l'heure actuelle.

00:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (40) | Tags : modem, brunerie |  Facebook | | |

vendredi, 29 juillet 2011

Mon pauvre Nicolas...

Quand je dis mon pauvre Nicolas, je ne parle pas de lui, ni même de lui, mais de ce malheureux Hulot. IL avait cru devenir membre d'un parti d'écologistes, il est tombé dans un traquenard d'extrême-gauche, le vrai fonds de commerce des Verts en France.

Il faut dire qu'on aura une bonne idée de l'ambiance de la campagne, quelque peu saumâtre, quand on aura appris que Nicolas Hulot s'est pris une assiette de déchets sur la tête lors d'un meeting en interne avec les militants verts. Et pour mieux cerner le Robespierre norvégien en jupon qui va les représenter, il faut savoir qu'elle a formellement refusé de condamner cette agression.

Bref, Hulot s'épanche, et on le comprend...

15:38 Publié dans écologie, Politique | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : joly, hulot |  Facebook | | |

mardi, 26 juillet 2011

Visionnaires...

Je viens de prendre connaissance chez Marianne des dernières notes sur l'école de Brighelli et de Bah? ; Brighelli renvoie à un écrit de l'association Sauvez les Lettres de 2003.

Rien à dire. Ils ont été visionnaires (Sauvez les lettres, je veux dire). Ce qui impressionne quand on considère la chose, c'est qu'on croit régulièrement avoir touché le fond puis on se rend compte que non, on n'a pas fini de repousser les limites.

Il y a trois axes qui devraient guider toute perspective pour l'Éducation Nationale.

a) s'appuyer sur deux piliers : l'excellence et la remédiation. 

Les pédagogols et les adeptes du benchmarking, de la compétence et autres conneries ont réussi à flinguer la remédiation en proposant toujours plus de merde et de ludique aux "apprenants". Mais maintenant, ils rêvent de dégommer aussi l'excellence. 

J'ai été stupéfié après la publication des enquêtes PISA qu'il n'y ait personne dans la presse spécialisée pour observer que le niveau de nos meilleurs élèves baissait aussi. Si la France n'était déjà plus capable d'offrir de vraies perspectives aux plus faibles, au moins avait-elle conservé cette qualité d'être capable de former des élites. On aurait pu au moins s'en réjouir, mais cela gêne les pédagogols, tout imprégnés de marxisme qu'ils sont, et les libéraux en peau de lapin parce que tout ce qui n'a pas une utilité immédiate doit être écarté. Or, il se trouve que l'excellence ne se bâtit pas sur l'utile mais au contraire sur le "superflu". C'est même là sa marque de fabrique. Il me semblait pourtant qu'il y avait dans le libéralisme un idéal de développement personnel, or, quand on examine de près le programme éducatif des libéraux français, c'est à pleurer : du pédagogol dans le texte. La seule chose, c'est qu'ils veulent introduire la concurrence entre les écoles et même dans le recrutement des profs (pas forcément une mauvaise idée, d'ailleurs, ce dernier point : les choses se passeraient bien mieux dans les écoles, collèges et lycées si chefs d'établissement et enseignants se choisissaient les uns les autres). Je lis donc chez eux les mêmes conneries qu'ailleurs.

b) assurer des conditions d'enseignement et d'instruction optimales pour le plus grand nombre.

Ceci suppose un recrutement de qualité pas les contrats à la c... de Châtel et encore moins la masterisation qui est une vaste fumisterie, mais aussi un environnement favorable. L'environnement favorable, c'est dégager des établissements scolaires les éléments qui en empêchent le fonctionnement normal. Il faudra évidemment trouver un parcours adapté pour les dits éléments, allant du centre éducatif à la prison pour mineurs en bonne et due forme avec suivi judiciaire si nécessaire.

c) permettre la diversité et l'innovation sans étranglement par les moyens

Jusqu'à un certain point, les établissements devraient être libres de définir leur pédagogie et même de personnaliser l'enseignement des discplines selon les profils d'élève. Il faudrait d'ailleurs sortir du "tout école". L'école ne valorise que certaines qualités seulement et abrase tout le reste. Le collège "unique" ne doit donc plus être le lieu exclusif de l'instruction. Les centres d'apprentis les plus performants doivent devenir des labels de qualité, ce qui suppose d'avoir aussi un oeil sur les formateurs. On ne devrait pas pouvoir s'improviser formateur dans un CFA et un tel statut devrait faire l'objet d'un concours spécifique.

Les projets d'établissement sont de la fumisterie en l'état, mais si on laissait une vraie liberté aux établissements, ils pourraient devenir le fer de lance de cette diversité. Cela suppose évidemment de ne pas étrangler les collèges et les lycées en leur retirant des moyens puis de venir la bouche en coeur expliquer à leurs équipes qu'elles sont libres.

La diversité, c'est aussi le maintien d'une grande diversité d'enseignements, à commencer, comme l'observait Sauver les lettres, par l'allemand, le latin et le grec, qui sont les lieux traditionnels de la rigueur de et l'excellence.

J'avais au départ un 4ème axe en tête, mais pas moyen de m'en rappeler. Tant pis, ce sera pour un autre billet. Et puis de toutes façons, je radote largement, je dis à peu près toujours les mêmes choses ici...

17:51 Publié dans Education, Politique | Lien permanent | Commentaires (39) | Tags : école |  Facebook | | |