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mardi, 01 juin 2010

Français, pleure sur les décombres de ton école...

Il y a parfois de ces nouvelles qui sont telles que je ne sais plus quoi dire. Je savais que ce gouvernement n'accordait pas d'importance à l'éducation, mais en fait, c'est pire que cela : il la considère comme une variable d'ajustement.

Plus généralement, les enfants sont son dernier souci : diminution du taux d'encadrement dans les crèches, suppression de l'école à deux ans, suppression des réseaux d'aide aux enfants en difficulté, suppression des psychologues scolaires, augmentation des effectifs par classe en primaire et au collège, réduction de la carte des formations, y compris professionnelles, au lycée...

On ne compte plus les dégâts. Et tout cela, sans entreprendre une seule réforme audacieuse : maintien du collège unique, absence d'autonomie des établissements scolaires, bac bientôt unique...

Je ne parviens plus à compter le nombre de fois où je me dis que cette majorité ne doit pas repasser au pouvoir en 2012...Elle n'a vraiment rien à offrir aux Français.

 

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dimanche, 23 mai 2010

FCPE, PEEP, APEL même combat crasse ...

Quand je dis que le clivage droite-gauche n'a plus aucune pertinence dès qu'il s'agit d'éducation, je crois que je suis à chaque coup en-dessous de la réalité. La dernière lubie des associations de parents d'élèves, dans un suprême bêlement de béatitude, c'est de faire disparaître tout système de notation de l'éducation nationale parce que cela serait stigmatisant pour les élèves. Dans les hautes sphères de l'APEL, de la PEEP et de la FCPE, on rêve d'un bisounoursland où "tout le monde il serait égal et il serait heureux, même que ce serait vachement épanouissant pour les enfants"...Des baffes, oui...Hashtable relève à juste titre que tout effort pour empêcher une saine émulation entre les élèves les poussera à mettre au point d'eux-mêmes de nouveaux marqueurs. Mais sur le fond, cette polémique est ridicule et dit bien l'état de décrépitude de ces associations parentales qui en sont à s'aligner sur les thèses les plus ridicules des experts ès sciences de l'éducation. En 2006, le collectif Sauvez les Lettres avait fait un sort aux thèses saugrenues du "chercheur Antibi", sur lesquelles s'appuient aujourd'hui nos joyeux parents.

Il faut lire Antidote pour découvrir les tenants et les aboutissants de la proposition. On apprend, à la lecture de son billet, qu'il n'existe plus de différences, désormais, entre les thèses de Gabriel Cohn-Bendit, chef de file du pédagogisme libertaire (ceux qui lisent mon blogue savent à quel point je l'aime d'une affection folle, celui-là) et celles de l'UMP. Eh oui, d'après Antidote, un député UMP, acquis aux sciences de l'éducation qu'il enseigne, aurait même qualifié de traumatisantes les notes...Antidote médite un billet à son sujet : on l'attend avec impatience !

Pour comprendre le degré de déliquescence de la technostructure de l'Éducation Nationale, il faut simplement lire les déboires de  Natacha Polony avec un  inspecteur d'académie du secondaire. Édifiant.

Les notes et la stigmatisation des élèves n'ont rien à voir : en réalité, c'est l'usage qu'en font ou non les enseignants qui peut s'avérer stigmatisant. La stigmatisation n'est pas affaire de note, mais d'attitude et de comportement. En principe, chaque note donnée à un élève est censée être personnelle et s'établit dans un contrat de confiance entre maître et disciple. Elle ne concerne pas les autres et ne devrait donc pas être dite à voix haute. Libre à l'élève ensuite de se comparer à ses congénères s'il le souhaite. C'est la marge de progression de chaque élève qui importe, sur le fond. Un maître bienveillant est un maître bienveillant, avec ou sans notes. Un malveillant est un malveillant, avec ou sans notes. Et un pédagogol abruti demeure un pédagogol abruti avec ou sans notes.

En fait, ce que montrent les Antibi et cie, c'est qu'ils ne possèdent aucun élément de psychologie la plus élémentaire. Le véritable traumatisme dont puisse souffrir vraiment un enfant, c'est surtout que l'on ne s'occupe pas de lui. Je lis partout que l'école ne manque pas de moyens mais les utilise mal. Ah bon ? C'est bien possible, mais alors dans ce cas, j'aimerais que l'on m'explique comment on retrouve partout des classes de CP et 6ème à quasiment 30 élèves (exemple concret, mon second fils est en CP dans une classe à 29, avec, heureusement, une enseignante dévouée et expérimentée, mais surtout,la chance d'avoir des parents qui suivent au jour le jour ses éventuelles difficultés) niveaux où précisément une attention particulière devrait être portée aux enfants éventuellement en difficultés. Ce n'est certainement pas d'enlever les notes qui permettra aux enseignants de mieux s'occuper de ces enfants-là, dans des classes surpeuplées. Non, cela va au contraire enlever l'outil diagnostic qui permet de déceler les premiers problèmes véritables.

Il y a un dernier point qui m'inquiète grandement : je m'étais dit que le privé était désormais la dernière poche d'excellence en France, jusque là, puisque partout ailleurs dans le public , tout est fait pour l'éradiquer. Mais la signature commune de l'APEL, association de parents de l'enseignement libre, est le signe très inquiétant que la médiocrité généralisée gagne désormais les structures du privé. Faudra-t-il aller faire ses études à l'étranger, dans les rares pays où la pédagogolâtrie mondialisée n'a pas encore frappé, pour espérer trouver un enseignement de qualité, désormais ?

23:54 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (36) | Tags : école, note, antibi |  Facebook | | |

vendredi, 23 avril 2010

Ils m'énervent avec l'anglais !

Dans la catégorie des lieux communs insupportables, il y a l'idée reçue que l'anglais doit être enseigné dès la maternelle. Mon Dieu : mais quelle idée conne, mais conne, putain, c'est pas possible ! Ce qui m'exaspère, c'est de considérer le choeur de bêlements qui prélude à cette propositions d'autant plus idiote qu'elle prend les atours de l'évidence. Et voilà le Crapaud, qui s'y met en coassant de travers. Mieux, ce visionnaire nous propose l'étude du mandarin dès l'école primaire. Ça sert à rien. A rien du tout. Contrairement à ce qu'il écrit, la meilleure manière d'apprendre l'anglais, ce n'est pas d'écouter les conneries en anglais, et de faire de "l'oral" (idée débile et commune s'il en est), mais tout au contraire, d'étudier Shakespeare et de s'imprégner de l'essence de la culture anglaise. Ce qui compte, quand on veut apprendre une langue, ce n'est pas d'aller faire le guignol à l'étranger, mais d'abord d'en connaître le vocabulaire, la structure grammaticale, et la culture. Toutes choses que l'on peut apprendre à l'école, mais que les professeurs d'anglais se gardent bien d'enseigner à leurs élèves (souvent par manque de culture, au demeurant). Non, c'est mieux de leur faire écouter des cassettes à la noix, bien sûr : on appelle ce morceau indigeste un labo de langue. En réalité, même si une absorption d'une langue par imprégnation demeure possible (mais elle n'a rien d'automatique contrairement à ce que s'imaginent nos psycho-linguistes en herbe), apprendre massivement du vocabulaire et des expressions en anglais, par coeur, si nécessaire, est le plus sûr moyen de pouvoir profiter pleinement d'un séjour à l'étranger. Seulement, apprendre des listes et des listes de vocabulaire, puis lire des livres ou écouter des émissions, c'est fatigant ; et puis les cours doivent être ludiques...

Pour apprendre une langue, il faut être capable de produire des équivalences correctes avec sa propre langue et de maîtriser les catégories logiques de la langue de toutes les langues, la grammaire. Donc, l'anglais en primaire, ça ne marche pas, ça n'apporte rien du tout, c'est du flan, et ça va encore bouffer du temps sur l'enseignement de notre langue maternelle, déjà si mal maîtrisée.

Le nec plus ultra, c'est le mandarin : il m'a fait rigoler, le Crapaud. En dehors de la sphère d'influence chinoise, où le mandarin est-il parlé ? le chinois est-il une langue internationale ? Bref, c'est intéressant d'étudier le mandarin, mais pas pour les raisons utilitaristes qu'évoque le Crapaud, qui se plante dans les grandes profondeurs ; pour le compte, les Chinois auront appris à parler en anglais bien avant qu'il ait seulement fait le tour des idéogrammes chinois...

De toutes façons, comme les petits crapouillots n'auront pas étudié la géographie, il essaieront sans doute de parler mandarin aux Inuits, et donc, cela ne leur servira de rien d'avoir étudié cette langue.

En fait, une bonne raison d'étudier le Mandarin, c'est de nous confronter à une culture qui nous est fondamentalement exogène. Or, la culture, c'est exactement ce que le crapouillot écarte pour rationaliser les coûts et son effort. On est là bien dans la doxa ambiante, l'antienne mille fois répétées de cette gauche réformiste et de cette droite moderniste que je rêve de botter des centres de décision qui touchent culture et éducation à grands coups de pied dans le c.. Pas de chance, ils ont pignon sur rue...

Hélas, les quatre autres propositions du Crapaud ne vont pas dans le sens du vent : la gauche libertaire convertie au marché et dont la droite moderniste est l'alliée objective ne laissera jamais ne serait-ce que prononcer la vilain mot sélection tout en plaçant sa progéniture au bon endroit, par ailleurs.

Mais puisque le Crapaud veut une élite (ce en quoi il a raison) qu'il sache qu'il n'y a pas d'élite sans excellence et d'excellence sans culture. La culture est même la marque de l'excellence et le signe d'une société capable de s'élever vers le sublime. Tiens, il me rappelle le Beckford du Chatterton d'Alfred de Vigny, tentant de convaincre le jeune poète de renoncer à la poésie et d'accepter un emploi de valet :

- Ah ! c'est vous qui êtes Thomas Chatterton ? Vous vous amusez à faire des vers, mon petit ami ; c'est bon pour une fois, mais il ne faut pas continuer. [...]

- je ne donnais aux Muses que le temps perdu. Je savais bien ce qu'en dit Ben Johnson : que la plus belle Muse au monde ne peut suffire à nourrir son homme, et qu'il faut avoir ces demoiselles-là pour maîtresses, mais jamais pour femmes.

mercredi, 21 avril 2010

Absentéisme, Royal a raison !

J'ai trouvé que Ségolène Royal avait une réaction de bon sens à propos de l'absentéisme scolaire. En règle générale, on a d'un côté les maniaques de la répression qui proposent de sucrer les allocations familiales quand les écoliers sont absents. Débile. Ces allocations sont utiles, en revanche, les défaillances de la famille montrent qu'elles ne sont pas capables de les utiliser correctement pour le bien de leur progéniture. De l'autre, on a les habituels pédagogolâtres bêlant et donneurs de leçons qui estiment qu'il ne faut pas pénaliser la pauvre famille, pas exclure davantage et que tout ça, c'est la faute de la méchante société qui rend les enfants absentéistes et violents, les pauvres. Encore plus débile. La position de Royal me paraît correcte : elle suggère de retirer les allocations aux familles et d'en confier la gestion aux écoles dans lesquelles sont les élèves concernées. Attention au surcroît de paperasse, mais en dehors de cela, cela me paraît le bon sens d'agir ainsi. On amène ainsi les familles démissionnaires à s'amender si elles ont les moyens de le faire : Royal a raison de signaler la situation particulière des femmes seules avec enfants. J'ajoute quelque chose, l'absentéisme est une chose, mais cela ne me semble pas la conduite la plus grave de la part d'un élève ; c'est d'abord la délinquance qui devrait faire l'objet d'actions vigoureuses, et, in fine, elle a raison de conclure en disant «J'estime que l'on n'a pas besoin d'un vocabulaire de combat, mais d'une action de combat contre la délinquance.» Ce n'est pas souvent que je serai en accord avec Ségolène Royal sur les questions d'éducation, et donc, pour le compte, cette fois-ci, voilà une occasion de souligner une convergence.

NDLR (encore un message privé au baveux), en ce moment, je me sens des humeurs de poule pondeuse de billets.

00:09 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (37) | Tags : royal, école, absentéisme |  Facebook | | |

dimanche, 18 avril 2010

L'arnaque des rythmes scolaires

Marrante, la solution universelle, du côté des politiques, pour endiguer les maux issus de l'école : passer de 144 jours d'enseignement à 180. Ils sont presque tous d'accord : l'UMP avec Luc Châtel, le MoDem, c'est dans leur programme, les Socialistes, Royal et Peillon sont pour, et les Verts, avec la bénédiction de Gabriel Cohn-Bendit et Meirieu. Je ne connais pas la position de Nouveau Centre ni du Front de Gauche. Évidemment, si les écoles ouvrent plus, les profs vont rester plus, cela va de soi, en dépit des promesses des uns et des autres. Cela sent l'entourloupe à plein nez...Tiens, un calcul simple : prenons un prof qui doit faire, disons, 2 heures de trajet au total par jour pour aller bosser. Imaginons qu'il passe de 144 à 180 jours d'école, quand bien même il bosserait moins chaque jour, il se retrouvera tout de même avec 72 heures de déplacement en plus au minimum. Mais la réalité est encore plus insidieuse et perverse : imaginons que notre bon prof enseigne en collège et qu'il y ait deux heures de trous dans son emploi du temps ; 36 jours de plus, et le voilà mobilisé 72 heures supplémentaires en plus de ses 72 heures de déplacement. Total gratuit donné en plus, 144 heures de temps. Petite division par huit pour simuler notre sympathique camarade enseignant entubé et le voilà avec l'équivalent de 15 jours et demi de travail en plus, sans même avoir eu le temps de calter. Attention, je suis dans une hypothèse optimiste pour mon pote prof, c'est à dire celle où l'allongement de l'année scolaire se fait à horaires constants. Parce que j'imagine que cela doit être tentant, évidemment, de lui en rajouter quelques louches.

En 1996, il me semble que Bayrou était en désaccord avec Chirac sur l'idée d'allonger l'année scolaire en réservant les après-midis au sport. J'ai souvenir qu'il a été le premier à l'origine de la semaine de quatre jours, mais avec des horaires allégés. Bayrou, me semble-t-il, était favorable à l'idée de ne pas légiférer mais de laisser à chaque collectivité et chaque école le soin de trouver des compromis pour s'organiser au mieux. La proposition du MoDem me paraît autrement plus directive...

Bon, j'ai tout de même une consolation : ces imbéciles de profs votent bêtement à gauche ou pour les verts, dans 70% des cas. Or l'idée vient de chez eux. Donc ils vont en prendre plein la gueule via ceux pour qui ils votent. Bien fait pour eux. Bon, ils peuvent encore voter Bayrou, je ne pense pas qu'il leur imposera manu militari les dits rythmes, en dépit du programme du MoDem (dont il ne se sent pas forcément comptable).

Mais ce qui me fait rigoler, ce sont les pincettes qu'on prend çà et là ; vaudrait mieux leur dire directement : écoutez, bande de cons, de bras cassés et de bons à rien, sales gauchistes et/ou privilégiés petits bourgeois, on va vous faire trimer ! Ouais, tas de fainéants toujours en vacances, 30 jours de plus, ça va vous faire les pieds, les gros nuls qui passez votre temps à rien foutre. Et puis ne récriminez pas, vous êtes déjà payés à rien faire, alors grattez-vous pour avoir le moindre centime d'euro d'augmentation. Vous seriez prêts à prendre les enfants en otages pour vos seuls intérêts égoïste, hein, sales chiens ? Mais vous allez, voir, on va faire jurisprudence : désormais, c'est l'intérêt supérieur de l'enfant qui doit guider nos actions, et donc, toutes les professions en relation avec l'enfance pourront être soumises à implémentation horaire sans contrepartie. La noble certitude de travailler pour l'avenir sera une récompense bien suffisante. Voilà, l'enfant au centre du système scolaire, c'est ça !

Quoi ? Est-ce que c'est du Gabriel Cohn-Bendit dans le texte ? Oh, bien possible...c'est en tout cas ce que pensent les hiérarques socialistes, quelques chronocrétinologistes (ils déterminent scientifiquement le moment où les êtres humains sont les plus débiles dans la journée), quelques instituteurs (et institutrices) mais à la retraite donc pas concernés par les futurs nouveaux rythmes, les profs dégagés/déchargés de toute obligation scolaire (conseillers, membres des commissions Éducation des partis politiques) et une bonne partie de la droite.

Allez, dans les prochains jours, je vous fais quelques autres professions sur le même refrain.

lundi, 12 avril 2010

Éducation traditionnelle...

Mes camarades blogueurs de SOS éducation souhaitent revenir à des méthodes d'éducation plus traditionnelles, y compris dans les zones d'éducation prioritaire. Perso, pour les questions d'autorité, j'ai la solution en vidéo ci-dessous...

23:31 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : éducation |  Facebook | | |

vendredi, 09 avril 2010

Luc Châtel veut maintenir les délinquants DANS les collèges !

Heureusement qu'il y a des blogues vigilants ; je n'avais pas pris garde précisément au discours exact de Luc Châtel, et je viens d'en apprendre une bonne via SOS éducation : Luc Châtel veut compliquer au possible les exclusions des établissements scolaires. C'est à dire qu'il va maintenir les délinquants les plus dangereux, les éléments les plus perturbateurs à l'intérieur des établissements scolaires. Le couvercle, en somme ! La politique du pire. L'exact inverse de ce qu'il faudrait faire ! L'exact inverse de ce que souhaitent les Français. Châtel, t'es vraiment minable ! Ces mecs-là nous parlent constamment de retours au fondamentaux, d'autorité, et ils ne cessent de l'affaiblir par leurs pédagogolâtries de toute sorte. Châtel, t'es vraiment nul.

20:31 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : chatel, éducation, collège |  Facebook | | |

Formation, le mot magique...

Tiens, encore un truc qui m'agace : j'ai remarqué, dès que l'on aborde un sujet qui fâche, à l'école ou dans la police, on invoque toujours la formation. Par exemple, Châtel explique que face à la violence, il suffit de mieux former les profs. En fait, c'est simple : on va leur apprendre à ne pas énerver les professeurs en ne répondant pas quand ils sont insultés, en s'exerçant à éviter les jets d'objets et cetera...Encore du flan et du bla bla. Châtel se moque doublement du monde : il parle de formation alors que son ministère vient de la sabrer en profondeur en envoyant des mômes complètement débutants devant des classes déchaînées (dans certains endroits). Il ferait mieux de proposer une distribution d'anti-dépresseurs, tiens...

Même mécanisme dans la police : au moindre incident, on reparle de formation, jamais des effectifs. Ce que je comprends des propositions de Luc Châtel, c'est qu'il est surtout fermement décidé à ne rien faire. Quant à ses équipes mobiles de sécurité, elles me font rire : je ne vois pas ce qu'elles apportent en plus ou en moins à la sécurité des établissements scolaires. Ce n'est pas d'opérations coupde poing, chères à l'omniprésident qu'a besoin l'école, mais d'une présence continue et de choix sur la durée, tout l'inverse de la pratique du pouvoir.

Le privilégié a eu la flemme d'écrire un billet sur le sujet, mais il signale tout de même une tribune du Monde. Intéressante, évidemment, mais elle se limite à un constat assez largement répandu désormais.

10:43 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : école, violence |  Facebook | | |

jeudi, 08 avril 2010

Violence scolaire, 75% des Français adhèrent à la proposition de François Bayrou !

Il y a quelque chose qui m'échappe. Partout on parle de violence scolaire, à juste titre, d'ailleurs, car elle s'accroît. Luc Châtel convoque des états généraux. Le gouvernement envisage d'augmenter le nombre de patrouilles mobiles de sécurité, tandis que la gauche appelle à accroître les moyens (parfois à raison, au demeurant) ou au moins à revenir sur ceux qui ont été supprimés.

Ce qui m'étonne, c'est que dans toutes les solutions évoquées pour parer à la violence, jamais ne vient sur le tapis celle que François Bayrou a proposé de longue date. Elle dérange ou quoi ? Le climat de violence, c'est le fait de 20 à 40 individus par établissement, c'est nettement établi. François Bayrou propose (d'ailleurs, qu'est-ce qu'il attend pour communiquer, puisqu'on en parle ?) depuis longtemps de retirer les élèves à problèmes des établissements scolaires et de les placer dans des structures à moyens éducatifs spécifiques. C'est pourtant très simple à faire ! Et en plus un sondage tout récent montre que 75% des Français sont favorables à la proposition de François Bayrou ! Ils sont même 78% à gauche et 90% à droite à penser que le fonctionnement des collèges et lycées s'en trouverait grandement amélioré. Mieux, ils sont encore 80% à droite et plus des deux tiers à gauche à juger que le placement en établissement adapté profiterait à son public spécifique.

C'est tout de même très étonnant, alors que la violence scolaire fait l'actualité, que quasiment personne, ni média ni politique, n'ait commenté ce sondage qui date pourtant du 02 avril dernier, donc tout récent. C'est parce que l'idée qui recueille le plus d'assentiment est une idée de Bayrou et que cela dérange ? Bref, quand une idée est bonne, j'aimerais bien qu'elle soit un minimum considérée ! Bon, je me répète, mais ce n'est pas grave, martelons, martelons, il finira bien par en rester quelque chose...

La violence s’aggrave à l’école comme dans l’ensemble de la société. Je pense qu’il faut dire des choses simples. Les élèves violents n’ont pas leur place dans les établissements scolaires. On ne peut pas se contenter, comme c’est le cas actuellement, de les réinscrire dans d’autres établissements. Toute violence doit être fermement sanctionnée par une exclusion. Il faut mettre en place une scolarisation particulière pour les élèves violents, qui représentent à peine entre 1 et 3 % des effectifs. Une scolarisation qui implique non seulement des enseignants, mais aussi des éducateurs. J’ai toujours plaidé pour une sanctuarisation de l’école. Cela passe par des décisions qui protègent les élèves contre toute forme de violence et qui les protège parfois contre eux-mêmes. Je souhaite que l’on cesse de faire tourner les élèves les plus déstabilisés de collège en collège comme si cela résolvait le problème.

François Bayrou, le 04 février 2010

Pas mieux...

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vendredi, 05 mars 2010

Apprentissage, le MoDem plus pragmatique que Huchon et Pécresse

Mardi dernier Fadila Mehal, tête de liste parisienne du MoDem a participé à un débat organisé par la FCPE. Je regrette qu'il n'existe aucun compte-rendu de ce débat, je serais curieux de savoir ce qu'il s'y est dit. J'ai noté que Fadila Mehal, tout en partageant avec la FCPE l'idée que l'Éducation était prioritaire, l'avait mise en garde contre des postures trop idéologiques. J'aimerais bien savoir à quoi elle faisait allusion.

Du coup, il m'est venu l'idée de comparer le programme d'Alain Dolium et celui de Jean-Paul Huchon. Il y a des différences notables qui me frappent, sur l'orientation, par exemple :

MoDem
Prendre en charge l’orientation des lycéens, avec le programme « Passeport Découverte », qui aidera à l’orientation de tous ceux qui veulent découvrir les métiers de leurs départements ; avec l’aide des Chambres de Commerce, le MoDem propose de créer une Bourse des Stages qui permettra à tous de prendre connaissance des possibilités de stage proposées par les entreprises.

PS
Dans le cadre du Schéma des formations, l'objectif est d'identifier et de développer les outils partenariaux d'animation de ce service public (professionnalisation croisée des acteurs, modalités de coopération territoriale, partage des informations sur les filières de formation et les métiers, etc.) et de mise à disposition des informations au public (lien site métiers.net / offre ONISEP, etc.). Nous renforcerons également les coopérations entre les acteurs de l'Accueil Information Orientation (AIO) pour faire face aux étapes les plus sensibles des parcours (passage du secondaire au supérieur, sortie du système éducatif, évolution professionnelle).

Prenez bien le temps de lire : côté MoDem, on s'adresse aux entreprises et aux Chambres de Commerce. Côté PS, tout est entièrement tourné vers le service public et l'Éducation Nationale. Question à mille euros : qu'est-ce qui vous paraît le plus efficace  ? l'entreprise et la chambre de commerce, d'un côté ou le Ministère de l'Éducation Nationale de l'autre ?

Ce n'est pas tout : j'ai également lu de près ce qu'il se disait de près sur l'apprentissage :

MoDem
Revaloriser l’apprentissage dans une relation plus étroite avec le tissu économique local, vers des filières d’avenir et non des voies de garage, avec une aide régionale pour les stages et débouchés à la fin de la formation.

PS
En matière d'apprentissage, nous renforcerons notre action (100000 apprentis en 2010) en développant les formes d'apprentissage dans le secteur public.[...]
Enfin, nous soutiendrons les initiatives d'accompagnement et de formation des décrocheurs de l'université, avec des passerelles vers l'alternance (apprentissage et contrat de professionnalisation)
.

Je résume : en gros, pour le PS, l'apprentissage, c'est pour les décocheurs (d'ailleurs, dans le programme,c'est associé avec l'école de la deuxième chance), tandis que le MoDem veut au contraire le revaloriser vers des filières d'avenir. Une fois de plus, le PS s'appuie sur le secteur public, tandis que le MoDem escompte faire confiance au tissu économique local.

Je ne sais pas ce que Fadila Mehal et la FCPE se sont dits, mais je connais la méfiance traditionnelle de la gauche pour l'apprentissage et le discours anti-patrons de nombre de profs de gauche (ce sont eux qui tiennent la FCPE, généralement) : j'ai une petite idée de ce que pourraient être les postures idéologiques auxquelles pensaient Fadila Mehal...

En tout cas, s'il y en a qui doutent encore des différences entre MoDem et gauche et de l'orientation résolument prise en direction des entreprises par le MoDem, je pense que ce billet a le mérite d'établir clairement les positions de part et d'autre...

Ce n'est pas tout : j'ai regardé le programme de Valérie Pécresse sur le même thème : pas de différences fondamentales avec Huchon, sauf que le mot "public" n'est pas prononcé. Elle aussi compte sur des Lycées des métiers pour assurer l'apprentissage. Pas un mot sur l'entreprise, le mot n'apparaît pas sauf pour la formation des salariés !!! Je retiens toutefois une idée qui me plaît, l'idée de former des Sup de Pro, sans doute sur le modèle des fameuses Sup de Co. Là, il y a une idée à creuser, parce que cela va vers des formations d'excellence dans le domaine des filières professionnelles, et c'est un sens qui me convient. Mais sur le fond, ni l'UMP ni le PS ne semblent compter sur l'entreprise et le secteur privé pour l'apprentissage...