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dimanche, 15 novembre 2009

Sarkozy and Cie déterminés à flinguer le lycée !

Je viens de lire une analyse édifiante d'Agnès Joste, une des têtes de file de l'association Sauver les lettres. Derrière les propos lénifiants des Sarkozy, Descoings, Châtel et compagnie, il n'y a qu'un et unique objectif : économiser le plus d'argent possible sur le dos du lycée. La réforme de Sarkozy va se traduire par un apauvrissement culturel et une raréfaction  de la diversité disciplinaire sans précédent. Toutes les options vont disparaître tandis que les horaires des matières principales seront réduits.

Le privilégié s'étonnait, il y a peu, du silence assourdissant de le classe politique sur l'école. Le pauvre : il est professeur de lycée, il va en prendre plein la gueule. Voilà pourquoi je l'avais critiqué d'être allé discuter avec Descoings. Cela ne sert à rien de discuter avec quelqu'un dont les idées sont arrêtées, et qui n'a absolument aucune bienveillance à votre égard. Descoings est de la même veine que Sarkozy, et plus généralement, ceux que Natacha Polony, journaliste du Figaro, appelle les libéraux modernistes. Je ne sais pas s'ils sont vraiment libéraux ; en revanche, c'est une engeance pire encore que les pédagogols, bien qu'ils en soit l'aboutissement gestionnaire. A force d'évoquer la pédagogie par objectifs, le modèle managerial des compétences, les projets et compagnie, on a fini par attirer l'attention des plus crétins d'entre eux. Pour moi, je trouve que leurs discours lénifiants entâchés de pédagogolâtrie bêlante sont à rapprocher franchement du blairisme britannique. C'est peut-être du libéralisme, mais pas le mien, en tout cas.

A vrai dire, lors de ces deux dernières années, j'ai eu le sentiment que seul le MoDem et Bayrou se préoccupaient encore de ce qu'il se passe dans les écoles, les collèges et les lycées. Il y avait bien une saillie à gauche de temps à autre, mais dont l'objectif était exclusivement politique afin de mettre la droite en difficulté. Quant à cette même droite, elle a confié les rênes de l'éducation à la technostructure, et, in fine, rien ne change si ce n'est qu'il faut faire avaler à l'opinion et surtout aux enseignants la cure d'austérité qu'elle compte administrer à l'Éducation Nationale.

Vincent Peillon organisait une convention sur l'école, aujourd'hui : la presse qui est toujours prête à s'intéresser aux conneries plutôt qu'aux choses intéressantes a préféré titrer sur la venue de Ségolène Royal à Dijon plutôt que sur ce qui s'est dit pendant cette convention. Sur le site de France 3, on trouve bien trois vidéos, mais celle qui pourrait être intéressante, les réactions des représentants des autres partis est complètement faisandée et inaudible (problème de traitement de la bande son, apparemment).

Coup de pot, au MoDem, au moins, on bosse et le boulot a été fait : toute l'intervention de Marielle de Sarnez est disponible en ligne ce soir-même !

Du coup, pas moyen de savoir si Brighelli était là ou non, et surtout, ce qu'il s'est dit pendant cette convention. Nada sur le blog de Vincent Peillon. Il y a quelqu'un qui a lu son livre d'entretiens avec Darcos. Je suis d'accord pour juger que tout n'est pas à jeter dans ce qu'a fait Darcos, mais que la logique qui a commandé les réformes en a anéanti la substance.

Pour revenir à Marielle, il y a des choses que j'ai aimées, par exemple, celle-ci, qui porte clairement la marque du MoDem :

Dans ce que la République doit à ses jeunes enfants pour qu’ils accèdent à l’autonomie, je veux insister devant vous sur la langue. La langue, c’est le pouvoir et c’est la vie. L’expression des émotions, la présentation de soi-même, l’empathie, l’autorité, la reconnaissance, le rire, l’analyse, tout cela, c’est la langue. La langue, c’est le nécessaire et presque le suffisant. Elle doit donc être au sens propre la priorité, puisqu’elle concentre en une seule démarche connaissance et création.

Et il me semble que ceux qui exercent le pouvoir ne l’ont pas vraiment compris puisqu’ils nous expliquent que pour redorer la filière littéraire, on va en faire une filière internationale ! C’est-à-dire une filière qui vaudra non pas par la maîtrise de notre langue mais par la maîtrise des langues étrangères… Or le droit, la psychologie, la réflexion, la philosophie, tout cela est langue et devrait servir de facteur commun à toutes les formations.

Ça, cela m'a beaucoup plu : cela correspond tout à fait à ce que je me dis. Les projets de Sarkozy vont très exactement à rebours. J'ai vu aussi que Marielle semblait en accord avec Peillon sur une réorganisation de l'année scolaire : des journées moins chargées, mais deux semaines de cours en plus. Personnellement, je ne suis pas contre, mais je demande à voir ce que donne une expérimentation avant d'en généraliser le principe. Marielle veut rejoindre la moyenne européenne : très bien, mais, à ce qu'il me semble, en Allemagne où l'on applique cette organisation dans le primaire et le secondaire, le niveau moyen est franchement faible... Cela peut néanmoins être intéressant de travailler avec des chronobiologistes (sérieux, pas militants) afin de savoir ce qu'ils en pensent.

Sur les moyens, Marielle a exprimé sa position, qui est celle, traditionnelle, du MoDem : l'Éducation est le meilleur investissement.

On me dira que je n’ai qu’effleuré la question des moyens.

Je la traite devant vous. L’état des finances publiques est tel que quiconque vous promettra pléthore de moyens supplémentaires vous racontera des histoires. Et cependant je crois que le meilleur investissement pour la nation, c’est la sécurité morale et matérielle d’une école, d’un collège, d’un lycée général, technique ou professionnel. Je crois à l’amélioration, quand on le pourra de la situation des enseignants, à la création de parcours qui leur permettent de bouger, professionnellement, s’ils le souhaitent. Je crois qu’il faut leur faire confiance, les aider en leur fixant des objectifs clairs,en  mutualisant les bonnes pratiques, en donnant plus de liberté au terrain, en favorisant la créativité. Je crois à la place de musiciens, de plasticiens, de sportifs qui se joindront à eux. Je crois que ce fonctionnement, c’est le meilleur investissement. Il faut le protéger et résister à Bercy qui veut, toujours, couper dans l’éducation pour équilibrer ses comptes, comme on le voit depuis des années. Notre école a besoin de sérénité, de stabilité, et de la garantie qu’elle aura les moyens de sa mission. C’est  l’engagement que nous prenons aujourd’hui devant vous.

J'ai trouvé forte sa conclusion, qui répond en écho aux Chatel & cie qui voudraient instrumentaliser l'école au profit de leur identité nationale :

l’École c’est le visage de l’identité républicaine, qui est pour moi, et je crois pour nous, le vrai nom, non déformable, non instrumentalisable de l’identité nationale.

Bien répliqué, Marielle.

 

mercredi, 11 novembre 2009

École : ça va chauffer chez Peillon !

Hé hé, je viens de lire avec une grande satisfaction la note du 02 novembre 2009 de Brighelli : il va se rendre aux journées de Peillon, chef de file du courant socialiste l'Espoir à Gauche, et ça va chauffer. J'ai également lu son billet chez Marianne2 : il dresse un réquisitoire sans pitié des premières propositions de Peillon et ses amis sur l'éducation. Il faut dire que je me suis fait moi-même l'écho de ces rencontres dans un billet où je canardais à vue Philippe Meirieu, le pape du pédagogisme. C'est assez comique : Peillon a convié la crème de la pédagogolâtrie à son colloque, je l'ai dit dans mon billet précédent, ainsi que le MoDem. Et outre les pédagogos, il a également convié Brighelli : je m'étonnais quelque peu de ce mélange explosif, à vrai dire. Le MoDem va y être aussi en force, avec Marielle de Sarnez, Jean-François Kahn et Nathalie Griesbeck.

On a une bonne idée de la bonne foi des ayatollahs pédagogos qui ont menacé de se retirer des débats si Brighelli dit le Grand Satan venait. Du coup, Peillon s'est couché devant la clique pédagogolâtre et a retiré son invitation à Brighelli en dépit des objurgations de Marielle de Sarnez. Ça commence bien, le parlement de l'alternance, si les Socialos virent tous ceux qui portent un discours qui les dérangent.

Du coup, Brighelli a eu un coup de sang et s'est juré de venir aux rencontres de Dijon. Il me semble que l'on a nettement plus de proximité avec Brighelli, au MoDem, qu'avec les pédagogos, encore que...à lire quelques commentaires dans mon dernier billet, je n'en suis plus si sûr. On va bien voir ce qu'il va filtrer de cette rencontre qui pourrait bien commencer à devenir intéressante. Il y a environ 1400 commentaires à la suite du billet de Brighelli, sur son blog...ça promet ! Brighelli envisageait une paix des braves avec Meirieu et la comparait à l'accord Arafat/Rabin. Tiens, ben moi, je préfère encore m'enrôler dans le Hamas... Pas de pax pedagogica avec la pédagogolâtrie !

lundi, 09 novembre 2009

Europe écologie choisit Meirieu, le chantre du pédagogisme !

SOS-éducation qui adore caricaturer Philippe Meirieu va avoir du travail et peut songer à ouvrir une antenne en Rhône-Alpes : Philippe Meirieu prend la tête de la liste Verts/Europe-écologie dans cette région. Je m'en étais fait l'écho, le 22 septembre dernier, mais mes inquiétudes se sont hélas réalisées. Antidote, blogueur associé de Marianne2 a écrit un excellent billet à ce sujet. Comme il l'observe avec justesse, c'est cet homme-là et son clan qui inspirent toute la politique éducative française depuis plus de 20 ans. A cet égard, à mes yeux, il est largement comptable de tous ces échecs. C'est en réalité la gauche soixante-huitarde et libertaire, qui s'est généralement rapprochée de la deuxième gauche que l'on verra ainsi revenir aux commandes.

Elle est certainement plus libérale, économiquement, que la gauche orthodoxe, mais les positions qu'elle défend dans le domaine de l'éducation et de la culture ont le don de me hérisser littéralement. Antidote s'imagine que les départs successifs d'Allègre, Lang puis Meirieu peuvent laisser le champs libre pour une refondation du programme éducatif du PS. Il espère voir les socialistes en finir avec le pédagogisme délirant et proposer enfin une vraie alternative dans le domaine éducatif.

Pauvre Antidote ! L'Espoir à gauche, le courant de Vincent Peillon, organise des rencontres sur l'Éducation samedi 14 novembre ; qu'Antidote consulte donc la liste des participants du 1er atelier, il va largement déchanter ! Le thème en est «Comment adapter l'enseignement obligatoire à l'hétérogénéité des élèves ?». On a là les principaux acteurs du courant pédagogiste au cours des 20 dernières années, à commencer par Pierre Frackowiak le "monsieur éducation" du parti socialiste.

Quelques euro-députés MoDem ainsi que Jean-François Kahn vont participer aux autres ateliers et Marielle de Sarnez sera présente pour les synthèses.Le MoDem a intérêt à bien se tenir : l'éducation et la culture sont des casus belli pour moi. J'ai rejoint François Bayrou d'abord pour ce qu'il en disait. Je continue à lui faire confiance, mais j'espère bien que le MoDem ne va pas s'aligner sur les thèses du PS, et tout particulièrement de la deuxième gauche, particulièrement nocive dans ce domaine.

Je signale tant que j'y suis une intéressante chaîne sur le redoublement : c'est Barrejadis qui s'y colle, pour l'instant, j'ai donné mon avis, et le Privilégié a lancé la chaîne. Synthèse intéressante chez "ce qu'il faudra d'insignifiance"

En tout cas, il est inimaginable à mes yeux d'envisager une quelconque forme de fusion avec les Verts en Rhône-Alpes après une semblable nomination. Ni au premier, ni au second tour. Comme le dit Antidote, la venue de Darcos au Ministère de l'Éducation Nationale a été un premier pas vers une rupture avec la logique pédagogiste dans l'enseignement, mais dans un contexte de réductions importantes si bien qu'elle n'a pu emporter d'adhésions. En outre, Darcos a continué à travailler avec les cadres de l'administration qui étaient déjà là sous Luc Ferry, donc les changements...pas autant que ne le pense Antidote...

J'ai essayé de trouver des propositions sur le think tank du Nouveau centre, histoire de voir ce que ce parti proposait sur l'éducation, mais apparemment, cela ne fait pas partie de leurs préoccupations, à l'heure actuelle. A vrai dire, pour l'instant, le think tank en question est un peu un désert : il ne s'y trouve pas dix contributions au total...Et comme il n'y a rien non plus sur leur site...Pour un parti qui revendique 12 000 militants, je suis étonné d'une telle absence.

Redoublement

Le privilégié se demande ce que je pense du redoublement, après avoir lui-même fait un état des lieux issu de sa pratique professionnelle. Je suis, pour ma part, extrêmement dubitatif sur l'efficacité du redoublement : à mon avis, il ne peut produire des résultats qu'à l'unique condition d'obtenir l'adhésion de l'élève qui redouble. Or, pour ce que j'en connais, c'est assez rare d'obtenir cette adhésion. Je pense donc que cela ne sert à rien, et, en tout cas, que cela ne devrait jamais être présenté comme une sanction mais plutôt comme une possibilité de reprendre des fondamentaux.

Non, sur ce point, je préfère la solution de Bayrou : il vaut mieux mettre en place des classes passerelle très tôt afin de pallier dès le plus jeune âge les carences scolaires des enfants en difficulté, quitte à s'assurer de l'existence d'une classe passerelle à chaque niveau. Évidemment, dans une classe passerelle, il s'agit d'un côté de se recentrer sur les savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter) et d'assurer le suivi le plus individualisé possible.

En ce qui concerne le lycée, je pense qu'il est trop tard pour ces dispositifs et également que cela ne sert à rien de permettre un passage dans la classe supérieure en voie générale si un élève n'a pas la motivation nécessaire pour y poursuivre ses études. Il faut à mon avis une large palette d'orientations, incluant toutes les voies techniques et professionnelles, de manière à ce qu'un élève puisse se réorienter, sauf s'il formule de lui-même le voeu express de tenter une redoublement.

mercredi, 28 octobre 2009

La guerre scolaire

Ça chauffe à Saint-Étienne ! Je viens de lire la lettre que Gilles Artigues adresse à Maurice Vincent, le maire de Saint-Étienne. J'ai eu du mal à comprendre de quoi il retournait, mais j'ai fini par comprendre : apparemment, le maire de la ville règle 533 euros aux écoles privées à Saint-Étienne au titre du forfait communal mais réclame 761 euros aux communes dont les enfants se scolarisent dans une école privée à Saint-Étienne. Il y a comme un écart un tantinet suspect entre les deux sommes : où passe la différence ? Et apparemment, ce n'est pas le seul fait d'armes du maire socialiste : il envisagerait de sucrer toute aide aux écoles maternelles privées, vraisemblablement parce que rien ne l'y oblige puisque la maternelle n'est pas obligatoire. Minable : 99% des Français inscrivent leurs enfants dans une maternelle. Maurice Vincent cherche-t-il à rallumer la guerre scolaire ? C'est en tout cas ce que soupçonne Gilles Artigues, l'élu MoDem, qui met en garde la maire de Saint-Étienne contre toute tentation de retour en arrière.

Une nouvelle loi contraint les communes à financer l'inscription dans des écoles extérieures à la commune d'origine. Elle ne vaut toutefois que dans quatre circonstances :

- absence de capacité d'accueil dans la commune d'origine
- obligations professionnelles des parents
- raisons médicales
- frère ou soeur déjà scolarisés dans une autre commune

Cette loi a fait couler de l'encre, et de la salive socialiste, d'ailleurs, parce que l'opposition estimait, en juin dernier qu'il serait aisé pour les parents d'invoquer l'un de ces quatre motifs pour pouvoir choisir leur école en toute quiétude avec un forfait assuré. Maurice Vincent est un maire socialiste, on comprend donc sa mauvaise volonté... J'ai une assez bonne idée de l'avis de SOS-éducation sur ce sujet, mais je me demande en revanche, ce que la gauche modérée en pense...

jeudi, 08 octobre 2009

Il faut rallumer les lumières de l'école

Communiqué de la Commission Éducation Nationale du MoDem en avant-première chez l'hérétique...


Après la cagnotte à 10 000 € pour récompenser l’assiduité des élèves, c’est maintenant le thème de la sécurité qui devient prétexte à une mesure choc.
La Commission Nationale Education et le Mouvement Démocrate dénoncent cette nouvelle dérive qu’on inflige aux valeurs de l’école de la république.
En instaurant des brigades d’intervention dites « équipe mobile de sécurité » ou en envisageant le développement de la vidéosurveillance, c’est une vision sécuritaire de l’école qui domine.
Le problème de la violence à l’école ne se résoudra pas en ajoutant des vigiles.
Quelle société promet-on à nos jeunes quand la violence et ses attributs prennent le dessus ?
La violence et la délinquance, prétextes malsains aux mesures gouvernementales, doivent être exclues de l’enceinte scolaire.
Mais la solution présentée est tout autant porteuse de violence : démonstration en uniforme, externe à l’équipe éducative, elle valorise une agressivité institutionnalisée qui ne saurait résoudre les problèmes.
Ce n’est pas la bonne façon de parler aux jeunes. Ce n’est pas le bon niveau de réponse.
S’il est un espace à préserver c’est l’enceinte scolaire, lieu d’apprentissage des savoirs et compétences autant que du vivre ensemble.
L’école a besoin d’enseignants, d’éducateurs, d’assistants d’éducation et d’aides à la gestion des conflits au cœur des équipes éducatives. Le surveillant de vie scolaire remplissait ce rôle avec une relation aux élèves bien meilleure que celle qu'on nous propose. L’embauche de 500 personnes devant constituer des brigades d’intervention mobiles allant de collèges en lycées, est un gadget ; pire une illusion sécuritaire néfaste pour nos écoles ; voire une provocation : quand les enseignants dénoncent les suppressions de poste et l’affaiblissement des moyens éducatifs, on peut s’étonner et dénoncer un projet répressif plus qu’éducatif.
Hormis les problèmes de délinquance qui sont du ressort de la police et pour lesquels les chefs d’établissement connaissent les procédures à suivre, l’expérience montre que la solution aux problèmes de violence à l’école (comme l’amélioration des relations enseignants/élèves) se construit au sein des établissements, en équipe, avec la communauté éducative, avec les parents, par l’instauration d’un climat propice aux apprentissages. Celui-ci dépend de l’offre éducative et culturelle et des moyens que notre institution met en place pour soutenir la seule autorité qui vaille: celle des professeurs et du personnel de direction.
Brigades, vidéosurveillance, portiques de sécurité,…, sont autant de façon de "regarder ailleurs" : une vraie politique de sécurité s'attaque à la source de la violence et aux conditions de vie dans les quartiers. Ghettoïsation, manque de lien social, sentiment de non-reconnaissance, politique d'urbanisme… sont les vrais défis. Plutôt que se refermer sur elle-même, l'école doit pouvoir rayonner et diffuser du savoir et de la culture ; gagner la jeunesse !
C’est aussi par les signes qu’une société et ses décideurs donnent à ses jeunes, qu’on valorise ou non un espace qui leur est dédié et dans lequel on souhaite les voir s’épanouir.
Il n’est pas bon de brouiller le message de la mission de l’école par de telles solutions qui désaxent le propos de l’éducation nationale et de ses établissements.

13:33 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : éducation, école, sécurité |  Facebook | | |

dimanche, 04 octobre 2009

Je rêve :l'absentéisme scolaire peut rapporter gros !

On ne sait vraiment plus quoi inventer, dans notre pays. La dernière idée en date est de refiler de l'argent aux élèves de lycée absents pour les faire venir en cours. Soyons clairs : soit ce sont des jeunes qui doivent travailler pour se nourrir et ne viennent pas en cours pour cela, et dans ce cas, il faut accroître les aides pour ceux qui sont méritants et en difficulté, soit on paie des bons à rien pas motivés pour une quelconque forme de travail, et dans ce cas, je suis d'avis de les envoyer prendre la place d'un  enfant brésilien dans les mines d'or au Brésil. Ils comprendront vite, ces petits privilégiés, combien il fait bon vivre dans l'une des dix nations les plus puissantes au monde où l'éducation est 100% gratuite. Bayrou en a eu le souffle coupé, le pauvre. Tu m'étonnes, François ! J'adhère évidemment aux propos qu'il a pu tenir à ce sujet. Extrait :

C’est exactement la société dont je ne veux pas. Là-bas, l’école est payante et très chère. L’idée qu’il faudrait entrer dans un système de "marchandisation" de l’école est mauvaise. Payer pour aller à l’école ou se faire payer pour aller à l’école, c’est la même chose. Il faut se battre pour arracher l’école au monde de l’argent. Mais l’absentéisme a touché, l’an dernier, 438 000 élèves en France. Comment leur donner envie de suivre les cours ? C’est effectivement un chiffre inacceptable. Mais pour les ramener à l’école, il faut de l’autorité et des établissements différents. Quand j’étais ministre de l’Education nationale, j’avais créé des collèges "hors les murs" qui proposaient une formation moins académique et plus d’apprentissage. On y responsabilisait les adolescents, mais sûrement pas par le porte-monnaie.

L'Académie de Créteil est réputée pour ses "expérimentations" : j'ai le souvenir que c'était là-bas, il n'y a pas si longtemps, qu'on payait à prix d'or, dans les IUFM, une sorte de gourou pour enseigner le cri primal aux jeunes stagiaires dans les IUFM. S'il n'y avait pas l'académie de Créteil pour inventer des pédagogolâtries en tout genre, on s'ennuierait à l'Éducation nationale...

vendredi, 25 septembre 2009

Heures de cours perdues, le double tranchant

J'ai appris que la FCPE avait ouvert un site pour repérer les endroits où les enseignants ne sont pas remplacés quand ils sont absents. En dépit des dénégations des représentants de cette organisation, il est difficile de ne pas soupçonner une certaine duplicité de leur part. On peut toujours déclarer qu'il ne s'agit que de montrer les conséquences des suppressions de postes, in fine, cela revient à pointer du doigt les absences des enseignants, quelle qu'en soit la cause. Le Figaro, tout en écrivant un article en apparence neutre, a insidieusement mis les pieds dans le plat. Observons bien le bas de l'article et que trouvons-nous ? le titre suivant, renvoyant évidemment vers un autre article : « 45% des instituteurs ont posé un congé maladie l'an dernier». Astucieux, non ? On pointe ainsi innocemment du doigt et l'air de rien toute une profession, sans en avoir l'air.

Ceci ne signifie pas qu'il n'y a pas d'abus et que la question des remplacements ne mérite pas un traitement sérieux. Mais il y a des manières de le faire, et j'avoue que je n'aime pas trop celle-là...

Tiens, tout de même, c'est marrant les différences de titres, dans la presse. Le Monde, par exemple, a écrit «un site pour remplacer les enseignants non-remplacés». Il n'y a pas besoin d'être grand clerc en sémantique pour comprendre que la signification n'est pas tout à fait la même...Notez que la plupart des journaux utilisent bien le terme "absence ou absents", ce qui en dit long sur ce que pensent leurs journalistes, sur le fond, des enseignants. Même titre chez Vousnousils. C'est plus fort que soi, on ne se refait pas : quand on pense quelque chose, ça sort malgré soi...

10:57 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : école, enseignant, fcpe |  Facebook | | |

mardi, 22 septembre 2009

Unesco, je vote Irina Gueorguieva Bokova

Je regrette d'écrire cette note si tard alors que l'ultime vote se déroule certainement. Je suis très favorable à Irina Gueorguieva Bokova pour accéder à la direction générale de l'UNESCO. En face, un individu aux propos souvent douteux, Farouk Housni, ministre égyptien de la culture réputé surtout pour sa censure féroce. On ne peut pas mettre un type comme ça à la tête de l'UNESCO. Je trouve déjà inquiétant en soi qu'il obtienne autant de voix qu' Irina Gueorguieva Bokova quand on considère les deux parcours. Farouk Hosni a joué un rôle central dans l'étouffement des libertés, particulièrement des intellectuels égyptiens. On ne devrait lui donner aucun crédit. Pour se faire une idée plus précise de ce sale individu, on peut se référer à l'article de Bénédicte Charles et Philippe Cohen dans Marianne2. Il est on ne peut plus éclairant.

Je ne percute pas : à la tête de l'UNESCO, on doit mettre une femme ou un homme de culture, de préférence intéressé(e) par l'enfance, pas un ancien des services secrets qui a sans doute du sang et des affaires louches sur la conscience. Je ne dis pas qu'Irina Gueorguieva Bokova c'est la panacée (son parcours "brillant" au sein du parti communiste bulgare ne m'inspire guère) mais, elle sera toujours mieux que Farouk Hosni.

dimanche, 13 septembre 2009

La méthode globale encore utilisée !

J'en suis resté pantois : pour moi,  la méthode globale appartenait définitivement aux errements de la fin du XXème siècle, or, j'ai découvert avec effarement qu'il n'en est rien. Consultant le livre de CP d'un de mes neveux, horreur et terreur, que vois-je (ou plutôt : que ne vois-je pas !) ? Pas l'ombre d'une syllabe, pas l'ombre d'un début de méthode syllabique. Non, simplement de bêtes et stupides mots à photographier. Circonstance aggravante, l'enseignante est une jeune promue, ce qui signifie que l'on enseigne encore ces niaiseries dans les fameux (mais souvent fumeux) IUFM.

Il faut dire que le grand ponte de la pédagogolâtrie a encore de l'avenir : les Verts veulent l'enrôler comme tête de liste en Rhône-Alpes et Cohn-Bendit l'aurait rencontré en personne.

Rien que ça, ça en dit long sur les sornettes et autres billevisées encore en vigueur dans les programmes éducatifs des Verts. Si la méthode globale n'est pas à elle seule la cause de l'affaiblissement généralisé dans la maîtrise de la langue (la diminution du temps qui lui est consacré au fil des ans me semble la cause première), elle a largement contribué à aggraver le phénomène. Une bonne raison pour ne vraiment JAMAIS porter les Verts au pouvoir...

Une méthode mixte, encore passe, parce que généralement, cela revient à utiliser la méthode syllabique pour apprendre à lire, avec l'apprentissage visuel (donc global) de quelques mots de liaison, mais utiliser la méthode globale encore aujourd'hui après tous les dégâts que cela a occasionné sur toute une génération...

Le mieux me paraît de mettre les points sur les i dans un premier temps avec l'enseignante, entre quatre yeux. Et puis après, si elle persiste, en dépit de la réprobation générale des parents, et surtout, du désintérêt à peu près général de ses élèves pour la lecture, un courrier dûment signé et recommandé de la part des parents à l'inspecteur du coin devrait lui permettre de se nettoyer les méninges de toute nouvelle forme de pédagogolâtrie...