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lundi, 09 novembre 2009

Redoublement

Le privilégié se demande ce que je pense du redoublement, après avoir lui-même fait un état des lieux issu de sa pratique professionnelle. Je suis, pour ma part, extrêmement dubitatif sur l'efficacité du redoublement : à mon avis, il ne peut produire des résultats qu'à l'unique condition d'obtenir l'adhésion de l'élève qui redouble. Or, pour ce que j'en connais, c'est assez rare d'obtenir cette adhésion. Je pense donc que cela ne sert à rien, et, en tout cas, que cela ne devrait jamais être présenté comme une sanction mais plutôt comme une possibilité de reprendre des fondamentaux.

Non, sur ce point, je préfère la solution de Bayrou : il vaut mieux mettre en place des classes passerelle très tôt afin de pallier dès le plus jeune âge les carences scolaires des enfants en difficulté, quitte à s'assurer de l'existence d'une classe passerelle à chaque niveau. Évidemment, dans une classe passerelle, il s'agit d'un côté de se recentrer sur les savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter) et d'assurer le suivi le plus individualisé possible.

En ce qui concerne le lycée, je pense qu'il est trop tard pour ces dispositifs et également que cela ne sert à rien de permettre un passage dans la classe supérieure en voie générale si un élève n'a pas la motivation nécessaire pour y poursuivre ses études. Il faut à mon avis une large palette d'orientations, incluant toutes les voies techniques et professionnelles, de manière à ce qu'un élève puisse se réorienter, sauf s'il formule de lui-même le voeu express de tenter une redoublement.

Commentaires

Donc, tu adhères assez à la proposition de Sarkozy ?

Ces classes-passerelles sont intéressantes, mais sans doute très coûteuses. Dans l'éducation, dépenser de l'argent, ce n'est malheureusement pas dans l'air du temps.

Écrit par : Mathieu L. | lundi, 09 novembre 2009

@ Mathieu
Mais je ne crois pas que cela soit dans le projet de Sarkozy, de faire des classes-passerelles !
et sur l'orientation, je suis encore moins sur la même longueur d'ondes.

Écrit par : l'hérétique | lundi, 09 novembre 2009

"pallier les carences". Transitif :)

Écrit par : h16 | lundi, 09 novembre 2009

on peut discuter longtemps sur les méthodes de rattrapage des élèves en difficulté, je crois que c'est difficile car il faut des moyens et la coopération du jeune.
mes souvenirs en la matière sont simples: j'ai la conviction qu'il s'agit davantage d'un problème de rythmes scolaires ... perso, il y avait des moments où je roupillais littéralement en classe et après j'avais besoin d'explication car j'avais raté un coche ! une technique excellente pour les enfants ( et les adultes ) consiste également à mettre en place des séances de sophrologie ... résultats garantis !

Écrit par : Mirabelle | lundi, 09 novembre 2009

@ h16
blood'n nuts...la faute qui discrédite le discours :-( je corrige !

Écrit par : l'hérétique | lundi, 09 novembre 2009

@ L'Hérétique : je parlais de la suppression du redoublement, pas des classes-passerelles.

Écrit par : Mathieu L. | lundi, 09 novembre 2009

Actuellement, dans de nombreux cas, le passage en classe supérieure est totalement absurde et pourtant...
La seule autre solution offerte étant l'honni redoublement, on ne résiste pas au désespoir des parents.

Je pense qu'on peut arriver à trouver une solution qui n'implique pas de parler toujours "de pognon" mais il faut que la société évolue et que l'on apprenne à penser un peu différemment.

Écrit par : Florian | lundi, 09 novembre 2009

@ Mathieu
Je suis d'accord pour le primaire et le collège.
Pour le lycée aussi à condition que cela ne soit pas remplacé par un passage automatique en voie générale.
@ Florian
montrer les statistiques de l'emploi pour ceux qui n'ont qu'un bac général face à ceux qui ont un diplôme professionnel...

Écrit par : l'hérétique | lundi, 09 novembre 2009

L'hérétique, connais-tu le principe de l'inclusion scolaire pour les enfants à besoins spécifiques, passagers ou durables : (difficultés d'apprentissage, relationnelles, handicaps, etc.)?

Ici, en Belgique, nous avons des expériences de classes inclusives dont l'expert scientifique est le Pr Tremblay.
En gros, pour une classe de 28 enfants, un quart est en inclusion.
Pour cette classe, il y a un instituteur "ordinaire" et un orthopédagogue (enseignant spécialisé, je précise pour les lecteurs qui ne connaissent pas ce terme), ce qui résout aussi les problèmes de remédiation, de discipline, d'absence de professeur...
Soutien en psychomotricité et orthophonie selon besoins à l'intérieur de l'établissement, sous le sceau d'un secret professionnel partagé.

Des statistiques sont actuellement menées afin de chiffrer publiquement combien ces expériences sont bénéfiques à l'ensemble des élèves de la classe.

Le projet que je porte au sein des commissions s'inspire de ces expériences d'inclusion, et d'autres à travers le monde.

Je participe régulièrement à des colloques et des journées portes ouvertes sur le thème de l'éducation à Bruxelles.

Quant au coût de ces classes, il faut le comparer à celui de l'échec scolaire, du redoublement (chaque année 2 milliards d'Euros en France, selon le HCEE, Haut Conseil de l'Evaluation de l'Ecole), de la déscolarisation d'enfants (et de l'arrêt de travail d'un des 2 parents), du coût futur pour l'économie de la société (un jeune adulte qui se retrouve sur le marché du travail avec peu ou pas de formation ni de diplômes dans un système économique où la main d'oeuvre subissant la concurrence des pays émergents, doit acquérir le plus de qualification possible).

Sans parler des récents procès intentés à l'état Français devant la cour Européenne pour défaut de scolarisation d'enfants. Les nouvelles dispositions concernant en fait l'automaticité de l'inscription à l'établissement le plus proche du domicile des enfants à besoins spécifiques, certains enfants avec des problèmes trop importants pour être pris en charge sans soutien se retrouvant dans les faits partiellement ou totalement déscolarisés. Cela coûte cher aussi à la France. Et de toute façon, il est inadmissible que ce pays soit à la traîne de tant d'autres qui se sont déjà penchés sur ce genre de problèmes depuis des décennies.
Un récent rapport de l'OCDE met la France championne du Monde du redoublement, loin devant les autres pays.

Les soins paramédicaux étant déjà assurés en externe pour les enfants qui en ont besoin, l'intérêt de les pratiquer avec l'équipe éducative est : une collaboration entre l'enseignement et le paramédical afin d'inclure ces méthodes dans le plan éducatif de l'enfant, et éviter ainsi de surcharger les emplois du temps des enfants et personnes concernées.
Par exemple, mieux vaut un orthophoniste qui se déplace à l'école pour 5 enfants que 5 parents accompagnant leur enfant en se déplaçant après les cours, en fin d'une journée déjà bien chargée, chez l'orthophoniste.

Tiens, c'est plus écologique, aussi...

Écrit par : luciolebrune | lundi, 09 novembre 2009

Merci à Luciolebrune : "besoins particuliers" que j'évoquais à propos des pays du nord chez Le Privilégié.

Solution à moyens constants (coût du redoublement égal au coût de l'accompagnement) et maintien de la progression dans la cohorte.

C'est un pis aller mais sans doute moins délétère et inefficace que le redoublement à l'heure actuelle.

Cdt,

2Casa

Écrit par : 2Casa | lundi, 09 novembre 2009

Merci, 2Casa, mais, non, en fait ce n'est pas un pis aller, mais c'est vraiment une amélioration de l'éducation : ainsi, l'école s'adapte aussi à l'enfant, et non plus seulement l'inverse.

Le travail des enseignants spécialisés et des personnels paramédicaux peuvent contribuer au dépistage précoce des troubles instrumentaux ou autres problèmes, passagers ou durables chez les enfants de la classe qui ne font pas partie à l'origine de ceux du groupe inclus.

La remédiation immédiate est ainsi pleinement efficace, et la différenciation tout à fait possible et naturelle.

Il est vrai qu'au départ, ces méthodes ont été éprouvées dans l'enseignement spécialisé. Mais nous constatons chaque année une importance grandissante de la proportion d'enfants à besoins spécifiques dans l'enseignement, ordinaire et spécialisé.

Nous pouvons estimer qu'aujourd'hui, un enfant sur deux en Belgique, (puisque c'est l'exemple belge que je connais le mieux), est dans ce cas, passagèrement ou plus durablement, et que cette proportion continuera à s'accroître dans le futur.

L'école inclusive est donc l'école de l'avenir, de surcroît, elle nous apprendra dès le départ de la vie en société (l'école) à vivre ensemble, valides et moins valides. Enseigner ainsi en pratique la tolérance, l'ouverture aux autres, l'altruisme, valeurs humanistes...

Souvent, nous écartons l'autre, car nous redoutons l'inconnu.

Il ne faut pas perdre de vue non plus que l'éducation n'est pas seulement une dépense : elle est surtout un investissement, afin d'éviter que le pays ne s'appauvrisse, mais plutôt s'enrichisse avec les générations suivantes.

De nos jours, notre société connaît le "descendeur social", qui voit les enfants moins bien lotis que ne l'étaient leurs parents.

Cela ne doit pas être, ou par exception : accident, choix...

Écrit par : luciolebrune | lundi, 09 novembre 2009

2Casa, j'ai lu votre billet en lien chez le privilégié, en effet, très intéressant et, par les propos que vous soulignez, rejoignant mes commentaires.

Mon fils fait partie de l'expérience du Pr. Tremblay d'école inclusive.
Un bilan sera effectué en février, en parallèle, afin de comparer les résultats de cette classe avec ceux d'une classe "ordinaire" de même niveau dans une autre école primaire.
Ce bilan portera sur tous les enfants de la classe entière, groupe en inclusion compris, et l'autre classe.
Ces statistiques seront certainement très importantes pour voir réellement les bienfaits de l'école inclusive sur tous les enfants.
L'objectif est que pas un des élèves la classe inclusive ne soit en-dessous de la moyenne, y compris ceux à besoins spécifiques.

Mais, par les connaissances que nous avons de ces expériences, nous espérons qu'elles démontreront que ce genre d'enseignement tire toute la classe "vers le haut", et non vers le bas, cette crainte, répandue chez les parents et les pros, étant l'un des obstacles à l'inclusion scolaire des enfants "pas comme les autres", avec le manque de formation et de sensibilisation des instituteurs "ordinaires" au handicap et autres besoins. Dans ces expériences, ils enrichissent leur propre expérience d'un co-mentorat avec l'orthopédagogue. Co-mentorat, car cela fonctionne dans l'autre sens aussi, pour l'enseignant spécialisé qui peut s'enrichir de l'expérience de l'enseignant ordinaire, les objectifs à atteindre de cet enseignement, etc.

J'y reviendrais sans doute ici, aussi sur mon blog, et sur tous ceux qui aborderont ce genre de sujet.
à bientôt, j'espère,
Isabelle.

Écrit par : luciolebrune | lundi, 09 novembre 2009

Désolé pour le "pis aller", il ne concernait bien entendu que ma proposition et non pas les expériences que vous suivez, menez...

Merci pour ce complément d'information.

Une réserve cependant concernant la France : on peut voir là aussi, dans certains cas (très lourds, trop lourds) une manière de se défausser sur l'Ecole qui subit une inflation démesurée des exigences qui lui sont faites.

Très cordialement,

2Casa

Écrit par : 2Casa | lundi, 09 novembre 2009

Tout à fait d'accord avec vous, l'école inclusive n'étant possible que pour les enfants aptes à suivre les programmes scolaires.
Néanmoins, dans un établissement, avoir à la fois des classes spécialisées, des classes inclusives, et des classes ordinaires pour chaque niveau permettrait de pouvoir apporter à beaucoup d'enfants, sans séparer les fratries, et aussi accompagner l'évolution positive d'un enfant sans avoir à changer d'établissement à chaque changement de catégorie d'enseignement (déménagements, internat ou longs trajets scolaires).
J'en sais quelque chose, notre fils, à 8 ans 1/2, en est déjà à son 4e établissement, et pourtant le maternel et le primaire sont regroupés en Belgique.
Les instituts médicaux restant indispensables pour les problèmes trop importants.
Mais je parlais plutôt de l'école inclusive, car le problème évoqué dans le billet était celui du redoublement, et donc des problèmes de mauvaises performances scolaires, le concept de l'école inclusive abordant tout de même aussi l'aspect du spécialisé.

Faire votre "connaissance" a été un plaisir,
Isabelle

Écrit par : luciolebrune | lundi, 09 novembre 2009

Mais en effet, j'ai abordé le concept de la classe inclusive dans le cadre des mauvais résultats scolaires, il intègre les moyens du spécialisé, mais seulement pour les enfants aptes à suivre le programme scolaire.
Certains enfants, aux problèmes trop importants, relèveront plus d'une classe spécialisée, voire d'établissements médicaux.
C'est un plaisir que d'avoir pu vous lire,
Isabelle

Écrit par : luciolebrune | lundi, 09 novembre 2009

En effet, le concept de classe inclusive s'applique aux enfants susceptibles de suivre le programme scolaire.
Pour d'autres cas, une classe spécialisée, voir un établissement médical reste nécessaire.
Au plaisir de vous lire à nouveau,
Isabelle.

Écrit par : luciolebrune | lundi, 09 novembre 2009

ça bugue un peu ce soir, chez l'hérétique... excusez les redites.

Écrit par : luciolebrune | lundi, 09 novembre 2009

Comme je l'ai dit chez moi : la réorientation que tu proposes serait d’autant mieux acceptée qu’elle serait plus précoce et ne serait donc pas présentée - et ressentie - comme une voie de garage. Alors qu'aujourd'hui, lorsqu'il y a réorientation, elle intervient tard, beaucoup trop tard...

Écrit par : SOS Éducation | jeudi, 12 novembre 2009

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