mercredi, 13 mars 2013

L'indigente loi de refondation de l'école socialiste

Difficile d'étouffer un éclat de rire généralisé quand je pense à tout le baroufle dont nous ont gratifié les Socialistes avec leur loi de refondation sur l'école. Je n'adhère pas toujours aux points de vue de SOS Éducation mais l'association me semble avoir vu juste  en observant que l'actuelle loi n'aborde aucun des points qui sont défaillants dans notre école. 20% des enfants de 10-11 ans ne savent pas lire et comptent mal. Que propose la loi pour résoudre ce fléau ? Rien.

Les bien-pensants qui s'indignent de notre méconnaissance des langues étrangères en conseillent depuis toujours l'étude précoce . Ce sont les mêmes qui se satisfont des lacunes phénoménales de toute une classe d'âge dans sa propre langue. Il y a une espèce de collusion entre les rapports de l'OCDE et les libertaires qui proclamaient l'orthographe science des imbéciles il y a 20-30 ans. Sans doute parce qu'entre temps, ils ont accédé aux postes à responsabilité dans toutes les institutions internationales.

Notre débat n'est pas franco-français, bien loin de là. Le pédagogisme qui touche notre éducation atteint tous les systèmes scolaires d'Europe et souvent, d'outre-Atlantique.

Pour revenir à la loi de Peillon, on y invoque le numérique, l'expression artistique, les langues vivantes, mais la grammaire, l'orthographe, le calcul, la maîtrise de la langue sont personna non grata.

Le problème de notre classe politique, dans le domaine éducatif, c'est sa totale absence d'idées depuis 30 ans. Comme nos parlementaires font preuve d'une pauvreté affligeante dans ce domaine, ils se reposent sur la technostructure de l'Éducation Nationale, et parfois des syndicats ou des officines de toutes sortes pour émettre des propositions.

Je suis amusé de voir la droite crier haro sur Peillon. La droite est gênée aux entournures parce qu'au fond, elle a exactement les mêmes idées que la gauche. Il y a eu avec Xavier Darcos une voix discordante (mais pas assez déterminée et parfois malheureuse pour évoquer les maternelles) mais en dehors de cette dernière, ce sont des clones qui se succèdent les uns aux autres depuis des années, ne brillant que par leurs saillies et leurs vains moulinets de bras.

Rudy Salles est drôle avec ses critiques : en quoi a-t-il un avis différent de Vincent Peillon ? En réalité, ils ont les mêmes idées sur l'école, seule la forme varie. Il le reconnaît, d'ailleurs, en admettant que les rythmes scolaires sont une réforme de premier ordre. 

J'ai lu toutes les contributions à l'heure où j'écris ce billet chez newsring : aucune ne conteste sérieusement Peillon. Tous sont d'accord pour des recettes de forme, personne ne vient interroger directement ce qui fait que des enfants sortent de l'école primaire sans être parvenu à apprendre à lire. 

Que l'on traite cette question fondamentale avant de songer à modifier les rythmes scolaires, le statut des enseignants ou encore à introduire toujours plus d'expression artistique et de langues étrangères dans les enseignements.

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lundi, 25 février 2013

Sacré Peillon...Et si on posait les vraies questions à l'école ?

Le Peillon est un créature politique improbable : c'est déjà la m.... dans la réforme qu'il propose et il en ajoute une seconde couche.

Je suis fasciné de voir à quel point la question des rythmes scolaires brouille le paysage pédagogique au point d'effacer toute pensée construite.

L'unaninisme imbécile qui s'est emparée de tous nos corps intermédiaires n'est pas rassurant. Droite, gauche, centre, académie de médecine, syndicats enseignants, associations de parents, sur le fond, tous sont d'accord. Ils ne font que diverger sur la mise en oeuvre.

On  nous assure que les vacances d'été sont trop longues et que cela pèse sur les résultats scolaires de nos enfants : ah bon ? Pourquoi la Finlande prévoit deux mois et demi de vacances l'été dans ces conditions ?  Pourquoi à la fin des années 70, à une époque où une partie conséquente des enfants savaient encore lire et écrire, on comptait le même nombre de jours qu'en Finlande ? 

Cette réforme imbécile va bousculer non seulement l'organisation de l'école elle-même, et sans doute pas de la manière la plus heureuse, mais aussi celle de la vie des familles, des enfants et jeunes gens. 

Avec le zonage, comment feront les parents séparés, les cousins qui veulent se revoir, les lycéens qui veulent travailler l'été, l'économie du tourisme dont la baisse de revenus se traduira en réductions d'emplois, les entreprises qui devront réorganiser tous les congés sachant que le mois d'août n'est pas réputé une grande période d'activité ? Et les enfants qui devront se rendre dans des classes surchauffées, dans le sud de la France par des températures de 30 ° ? Que diront les enseignants : accepteront-ils de travailler deux semaines de plus pour aucune compensation alors que leur pouvoir d'achat régresse depuis 10 ans et que leur grille indiciaire est bloquée ?

SOS éducation que je n'ai guère vu inspirée sur la question des rythmes scolaires depuis le début de ce sujet se décide enfin à tirer la sonnette d'alarme et à dénoncer le leurre : plus que tout, c'est l'organisation et les méthodes pédagogiques qui peuvent renverser la vapeur dans notre école déclinante. L'association rend compte d'une expérience intéressante en Angleterre qui a consisté à appliquer strictement la méthode syllabique avec des groupes de niveau dans la langue maternelle au sein de chaque classe dans des quartiers défavorisés afin d'assurer à tous l'acquisition de la lecture et de l'écriture. Les résultats étonnants auxquels sont parvenus les Anglais battent en brèche nos idées reçues sur l'hétérogénéïté.

A ses débuts, j'ai entendu le MoDem et surtout Bayrou prendre en considération que c'étaient la lecture et l'écriture au début de la primaire qui étaient la clef de tout. Bayrou voulait axer son action dans ce domaine sur les premières classes, envisageant clairement de laisser toute lattitude pédagogique aux enseignants afin de sélectionner les méthodes qui marchaient.

Quelle déception de voir par la suite le MoDem emboîter le pas au pédagogisme unanimiste ambiant et s'imaginer que les rythmes scolaires étaient la nouvelle baguette magique qui allait résoudre nos difficultés et mettre fin à notre déclin.

Il existe en Europe autant de rythmes que de pays européens, et, ce qui apparaît très clairement, c'est qu'ils ne sont pas corrélés à la réussite scolaire. Peillon fait donc de l'esbrouffe pour rien.

Moi, ce qui m'effraie, c'est d'entendre des enseignants dire d'un enfant au collège qu'il n'existe plus d'issues positives pour son orientation dès la sixième : le redoublement n'étant pas souhaité sera un échec assuré et le passage sans restriction en classe supérieure l'enverra immanquablement dans les cordes. Le plus terrible, c'est de constater que les enseignants de primaire savent déjà quelles seront les victimes d'un système qui broie et oublie impitoyablement ceux qui ne s'y ajustent pas parfaitement.

Face à ce constat angoissant, partis, associations de parents et syndicats font assaut de pédagogolâtries aussi diverses que variées pour mieux noyer le poisson. Mention particulière à la FCPE qui remporte la palme de la nullité.

Une remarque à ce sujet : PEEP et FCPE verrouillent la représentation des parents dans les écoles et les collèges de manière odieuse. Si on vote, on ne peut faire autrement que de voter pour eux, et on ne peut se présenter comme délégué qu'au sein de ces deux organismes verrouillés. Leurs représentants ne tiennent aucun compte des préoccupations du parent ordinaire, ne songeant qu'à asseoir le futur de la progéniture de leurs délégués, et, pour le reste, servent de courroie de transmission aux partis dont ils sont membres. Plus encore que la PEEP, la FCPE est experte dans ce domaine.

J'aimerais que Jean-Jacques Hazan se taise. Cet individu prétend parler au nom de tous les parents d'élèves, mais je puis assurer qu'il ne parle en mon nom et encore moins d'une série de parents de toutes sortes que je connais.

En somme, ce que je vois, c'est que l'enjeu scolaire est verrouillé de partout et entre les mains d'une minorité incompétente, largement relayée par des médias à sa botte.

J'avoue que j'ai le coeur serré : notre école a longtemps été un modèle pour le monde entier. Aujourd'hui, j'en ai honte. J'ai honte de mon ministre et de la lâcheté de son administration, j'ai honte de notre recherche pédagogique, honte des associations de parents qui devraient en principe me représenter, honte de nos médias qui s'appliquent à rallumer constamment la guerre scolaire, et honte des syndicats enseignants dont la ligne ambigüe et l'adhésion au système augurent des lendemains inquiétants mâtinés de trahisons envers le corps enseignant.

J'ai honte pour mon pays, honte pour les enfants que nous abandonnons à leur sort le main dégoûlinante de bonne conscience sur le coeur.

Oui, j'ai vraiment honte et ne vois aucune raison d'espérer. J'ai juste l'ambition que mes propres enfants échappent au désastre, et c'est tout.

18:29 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (23) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : école, peillon | | |  Facebook

mercredi, 16 janvier 2013

Instits vraiment pas contents le 22 janvier...Encore un coup de Peillon !

Comme j'allais chercher ma petite dernière à l'école, mardi dernier, j'ai appris que l'intégralité des instituteurs et institutrices seraient en grève mardi 22 janvier. Maternelle et Primaire. 100% d'enseignants grévistes dans une école où elles sont très rares (je n'en ai vu qu'une seule en 5 ans !) ce n'est pas commun ! Je me suis donc enquis de la raison de la chose et j'ai appris que dès l'année prochaine les enfants devraient se rendre à l'école 5 jours par semaine et non 4. Bien entendu, contrairement à ce qu'affirmait Peillon, ils ne finiront pas les cours à 15h45. En fait, rien ne bougera. Ils auront juste des cours en plus le mercredi et leurs enseignants avec eux.

Par le passé, avant la réforme de Darcos, les instituteurs et institutrices (comme je regrette que ces beaux substantifs soient tombés en désuétude, je les trouve autrement plus élégants que "professeurs des écoles") recevaient les parents ou se réunissaient un samedi sur deux, l'autre étant consacré aux heures de cours.

Peillon, lui fait fort : des cours le mercredi matin et les réunions pédagogiques le mercredi après-midi. Eh bien entendu, pas un kopeck socialiste en plus. Je rappelle au passage, qu'avec l'assentiment d'une floppée d'imbéciles de toute sorte, le raccourcissement des vacances scolaires est toujours dans les cartons (communs, pour le compte, à la gauche et à la droite). Cinq jours pleins en somme, avec la perspective de voir les congés réduits.

Bref, Peillon qui a été nourri à l'école de Ségolène Royal avant de la poignarder dans le dos considère que les enseignants gagnent trop et ne travaillent pas assez. Il a déjà expliqué à maintes reprises qu'ils n'oeuvraient pas pour l'argent afin de préparer le terrain, je présume.

De ce fait, les enseignants de la maternelle et du primaire qui vont encaisser de plein pot les lubies pédagogolâtres que Peillon met en oeuvre l'ont très mauvaise. On comprend aisément pourquoi.

Sarkozy voulait payer moins les heures supplémentaires que les heures réglementaires pour les profs : Peillon fait encore mieux en envisageant purement et simplement de ne pas les payer. Il appelle ça annualisation du temps de service...

23:19 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : peillon, école, rythmes scolaires | | |  Facebook

vendredi, 11 janvier 2013

Enfant de 5 ans sans cantine, la vérité.

Comme d'habitude, la presse s'est précipitée sur une information jugée croustillante sans en vérifier la substantifique moëlle, suivie avec célérité et appétit par le bon Docteur Vincent. Je dois admettre que seule France-Info échappe à cette opprobe générale car c'est par elle que j'en sais un peu plus, cette radio ayant eu le bon sens d'interroger le directeur de l'école concernée.

Si un gendarme est venu c'est d'abord parce que les parents étaient censés venir chercher leur enfant à 11h30 ce qu'ils n'ont pas fait. Les mêmes parents, qui divorcent mais ne sont pas en difficulté, omettent sans doute sciemment de régler la cantine depuis près d'un an. Je suppose qu'ils comptaient cyniquement sur le scandale qude devrait provoquer le rejet de leur petite fille de la cantine. Pari réussi.

On ne devrait pas pouvoir expulser une enfant de 5 ans d'une cantine : pour cela, il ne faut pas permettre aux parents défaillants de prendre en otage leurs propres enfants.

En mettant en place une saisie automatique sur salaire ou sur allocations familiales ou encore sur l'allocation de rentrée scolaire, nous n'en serions pas là aujourd'hui.

Cette enfant est victime du sans-gêne outrancier de sa famille : sans-gêne qui frise largement la malhonnêteté.

Pas plus que Mister Peillon je ne puis tolérer qu'on envoie un gendarme chercher une petite fille de 5 ans au milieu d'une cantine, mais, plutôt que de menacer de ses foudres l'école concernée, je ne saurais trop lui conseiller d'aller enquêter du côté de la famille pour défaut de soins.

17:39 Publié dans Education, Société | Lien permanent | Commentaires (39) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cantine, enfance, peillon | | |  Facebook

vendredi, 14 décembre 2012

Les mensonges de Peillon

Ça me fait rire de lire dans la presse que Peillon est courageux. A l'Express, on peine à passer de l'amateurisme au journalisme. Peillon n'a cessé de débiter contre-vérités sur contre-vérités dans un récent entretien. France-info a eu le professionnalisme de corriger les falsifications du Ministre de l'Éducation Nationale. En Allemagne, les enseignants sont face à leur classe 25 heures par semaine, certes, mais pas pour 25 heures de cours car ils y gèrent le travail et les devoirs que les Français donnent au domicile.

On sait de longue date que Peillon rêve d'annualiser le temps de travail des enseignants pour peanuts. Il a déjà expliqué par le passé que les enseignants ne travaillaient pas pour de l'argent (ah bon ? Pour la gloire, alors ?). Le voici maintenant à minorer sérieusement les écarts de salaires. En réalité, en début de carrière, un enseignant allemand gagne le double de ce que touche son collègue français, et, en fin de carrière, il est encore 40% supplémentaires au-dessus. A cela s'ajoute en Allemagne un coût de l'immobilier très inférieur à celui de la France, capitales et grandes villes comprises.

Peillon essaie toujours de la ramener d'une manière ou d'une autre : tantôt il veut réduire les vacances, tantôt allonger la semaine de cours, tantôt augmenter les heures travaillées par les enseignants. Parfois, les trois à la fois.

L'Express qui n'est pourtant pas soupçonnable de sympathie envers les enseignants doit reconnaître l'évidence de certains chiffres : 10% des enseignants en état de burn-out dès leur première année d'enseignement. Et le phénomène s'aggrave au fil du temps. Ça interroge, non ?

Les mots magiques à l'Éducation Nationale et dans les cercles pédagogolâtres bien pensants ce sont les mots "ressource", "formation" et quelques autres de ce genre. Est-ce que l'on  croit sérieusement un seul instant qu'une formation en "gestion des conflits" va faire baisser la violence à l'école ? Seuls les pédagogos font semblant d'y croire. Peillon dénonce les incivilités mais la réalité est qu'il a bien l'intention de ne rien faire sur le sujet.

On a beau de toutes parts dénoncer la vilaine et méchante répression, la réalité est têtue : New-York a vu son taux de criminalité régresser jusqu'à son niveau de 1962. Comment ? Par une répression systématique des crimes et délits. Même Sarkozy qui a été conchié pour sa demi-politique de répression a finalement obtenu des résultats puisque les derniers chiffres publiés valident une petite réussite de sa part dans le domaine de l'insécurité. La solution est donc simple : il suffit juste d'avoir la volonté politique, morale et idéologique de l'appliquer.

Peillon fait rire avec son plan 2.0 pour l'école. «2.0» est un autre de ces vocables ridicules censés désigner la modernité. Les ressources numériques, comme on dit à l'Éducation Nationale, peuvent bien être parfois pertinentes, absolument rien ne remplace la présence humaine. Cela a un sens de proposer des corrigés, des cours en ligne, des assistances de toute sorte si derrière, il y a des enseignants qui peuvent réagir et répondre.

In fine, quoi que l'on en dise, ce sont bien les contenus des enseignements dispensés et les méthodes avec lesquelles on les transmet qui sont à revoir dans notre système éducatif toujours plus hypocrite.

Ceci ne signifie pas qu'un coup de pouce ne soit pas nécessaire à certains niveaux, mais, plutôt que d'engager de nouveaux enseignants, il serait certainement plus pertinent de mettre en place de véritables équipes spécialisées dans l'enfance dans chaque école : psychologues, orthophonistes, infirmières présents au moins la moitié de la semaine, et, pour assurer l'encadrement, davantage d'assistants d'éducation. Curieusement, Hollande, pendant sa pré-campagne, avait eu cette intuition assez juste. Il n'en a plus parlé depuis. L'idée est passée à la trappe ?

Le simple fait de cesser d'assommer les enseignants de réformes plus délétères les unes que les autres, de les infantiliser en faisant d'inspecteurs en mal d'autorité leurs maîtres souverains, serait peut-être pour eux la garantie d'une nécessaire tranquillité pour exercer leur métier dans des conditions saines.

09:31 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : peillon, école | | |  Facebook

mardi, 11 décembre 2012

Peillon et ses 43 000 postes font rire...

Peillon demeure décidément impayable : qui espère-t-il convaincre avec ses promesses d'allongement du temps de travail pour recruter de nouveaux enseignants ?

En dépit de la crise, qui va être assez bête pour consacrer 5 années d'études avec pour but de pratiquer un métier déconsidéré ? Plus grand monde, évidemment.

Il y aurait un moyen simple de regonfler les effectifs, mais Peillon n'aura pas l'audace de s'y résoudre : la pompeuse masterisation est depuis sa mise en place la poudre aux yeux qui a fichu le feu à l'Éducation Nationale.

Bac+3, c'était largement suffisant pour des enseignants de primaire et de collège. Avec l'année de stage et le concours, cela faisait un bac+5 au final, au demeurant.

Les pédagogos européanistes béats de tout poil, que l'on trouve aussi bien à gauche qu'à droite, ont voulu bêler en choeur une fois de plus, mais cette fois, ces cons ont cassé la machine avec leur masterisartion à la noix.

Bref, Vincent Peillon, si vous voulez vraiment recruter des enseignants, revenez à bac+3. Cela coule de source, mais vous ne le ferez pas, parce qu'au fond, vous êtes un pédagogo vous aussi.

00:19 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : peillon, recrutement | | |  Facebook

mardi, 13 novembre 2012

La farce faite aux dindons

Difficile de se retenir de soupire d'aise tout en ricanant : souvenez-vous, profs, je vous ai avertis de longue date des intentions de la gauche à commencer par Peillon à votre propos.

Peillon a toujours fait comprendre entre les lignes (parfois il l'a dit clairement) que a) les enseignants ne travaillaient pas pour de l'argent b) il allait augmenter leur temps de travail.

Chose promise, chose dûe. Les enseignants sont les dindons de la farce. Concrètement, la demi-journée d'école en plus (que je juge particulièrement calamiteuse pour les enfants), ça va être 100% pour leur pomme puisque Peillon veut faire faire une demi-heure de devoirs après la fin des cours.

Concrètement les enfants continueront de quitter l'école à 16h30 et les enseignants verront leur charge de travail alourdie sans aucune compensation. Tout cela pour une efficacité nulle et pour des frais significatifs en plus pour toutes les communes rurales. Je ne parle évidemment pas du tissu associatif qui va morfler sévèrement avec la perte du mercredi matin pour les activités extra-scolaires.

Bref, Peillon fait le Grand Chelem avec sa réforme des rythmes scolaires. Pensez-donc : le très pédagogiquement correct Café Pédagogique s'est même emparé du sujet...

dimanche, 23 septembre 2012

Hollande et Ayrault ? A rebours des sondages...

Je crois que je fais jamais les choses comme tout le monde. Le dernier sondage IFOP fait état d'une chute sans précédent des cotes du couple exécutif. Hollande a perdu 20 points dans l'opinion en 3 mois et Ayrault 15.

Pour ma part, je suis passé de la catégorie "mécontent" à "plutôt satisfait". Je m'attendais à du socialisme et de l'idéologie de gauche pure de dure et, au final, je crois l'avoir déjà dit, c'est un gouvernement social-démocrate qui s'est installé en mai dernier.

Compte-tenu du contexte difficile, toutefois, je pense que la gauche devrait se garder d'agiter le chiffon rouge : le vote des étrangers, par exemple. 

Pour ma part, le seul vote des étrangers qui est acceptable, c'est celui qui est réciproque, et pour autant que l'on en reste à des élections municipales. Je rejette fermement toute autre solution, même si au fond, la mesure, une fois appliquée, ne concernerait que quelques milliers de personnes seulement.

Le PS n'a pas intérêt à insister sur ce point et on peut espérer que le projet sera assez vite abandonné.

Au fond, ce sont les reniements du candidat Hollande qui finissent par me rendre son action sympathique. 

Le plus drôle, c'est évidemment l'éducation : Peillon a affirmé embaucher 40 000 enseignants à la rentrée prochaine. Trop drôle : en fait, il y en a 22 000 qui partent à la retraite, ce qui ne fait plus que 18 000. Le problème, c'est que les concours de recrutement se sont effondrés : personne ne veut consacrer 5 années d'études pour exercer un métier en voie de dévalorisation rapide, aux conditions dégradées et au salaire peu en rapport avec les efforts consentis.

Si ce ministre avait pour un sou de bon sens il devrait commencer par revenir immédiatement sur la masterisation. Quel mot idiot, d'ailleurs, tout droit venu de la doxa européïste qui chercher à aligner tous les systèmes éducatifs. Bref, il faut revenir d'urgence à bac+3 pour espérer décongestionner le recrutement. Je ne suis pas sûr que cela suffise : dans l'ancien système, il fallait une licence, préparer une année le concours puis faire une année de stage pour devenir titulaire, soit...bac+5 au final ! S'il faut six années pour devenir médecin généraliste (on en manque d'ailleurs de plus en plus et le résultat des courses c'est que l'on va finir par se retrouver avec des praticiens roumains aux diplômes incertains en guise de toubibs...) quel est l'intérêt d'étudier 5 années pour devenir prof ? Comparons les salaires, c'est tout vu. Je me demande ce que cet incapable de Châtel aurait d'ailleurs fait si Sarkozy était resté au pouvoir face à une situation qui aurait été davantage dégradée encore...

Côté justice on va voir comment les juges vont interpréter les déclarations laxistes de Taubira, mais je crains le pire. Le Syndicat de la Magistrature va pouvoir continuer à condamner lourdement les petits excès de vitesse et libérer les mineurs violeurs récidivistes au nom des grandes politiques généreuses de "réinsertion". Vivement qu'on puisse coller un procès aux juges pour leur décision : cela deviendrait drôle bien que juste.

Côté économie, j'ai une proposition : renommons l'actuel Ministre de l'Économie et des finances Ministre des impôts. Je n'entends jamais Moscovici parler d'autre chose que d'impôts nouveaux... En fait, le seul cap qui est fixé, mais je l'agrée, c'est la réduction du déficit budgétaire. Pour le reste, contrairement à ce qu'affirme Mosco, le gouvernement cherche son chemin.

Les autres ministres sont quasiment transparents sauf lorsqu'ils font des bourdes, spécialité de Duflot. Je propose d'ailleurs de supprimer le Ministère du Logement qui ne sert à rien et n'a jamais servi à rien. Ce sera toujours cela d'économisé. Malheureusement, aujourd'hui, nous n'avons plus le choix qu'entre l'étalement urbain et la concentration urbaine. Sans révolution dans l'organisation du travail, je ne vois pas comment les gens peuvent faire autre chose que d'affluer vers les grandes villes.

S'il existait des transports ultra-rapides qui reliaient toutes les grandes et moyennes villes en France, avec des transports en commun non moins rapides au sein de chacune, maillant parfaitement leur territoire, on pourrait peut-être envisager un sérieux relâchement de la pression immobilière car les travailleurs pourraient passer très facilement d'une ville à une autre. On est loin du compte et c'est une politique de très longue haleine (au moins une décennie voire deux).

Voilà, la représentation que je me faisais du gouvernement socialiste s'est améliorée par rapport au mois de juin dernier, mais cela ne m'empêche pas de conserver un oil critique...

10:19 Publié dans Education, Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : peillon, ayrault, hollande | | |  Facebook

jeudi, 13 septembre 2012

Décrochage scolaire ? Tu ferais mieux de lire Bayrou, camarade Peillon !

Allez, c'est reparti pour un nouveau concert d'incantations et de mantras à l'Éducation Nationale. Peillon appelle la communauté éducative à se mobiliser contre le décrochage scolaire. Archétype de la formule complètement creuse qui ne mange pas de pain. 

On a le droit à la traditionnelle antienne sur le primaire. Concrètement, il fait quoi Docteur Peillon ? Parce que Mister Vincent  voudrait bien améliorer le lien entre le monde professionnel et l'élève décrocheur, mais le problème, c'est que Docteur Peillon, lui s'empresse de fermer les classes de préparation à l'apprentissage dans les collèges. 

Cela dit, pour lutter contre l'échec scolaire Bayrou avait fait une proposition fûtée : créer des classes passerelles pour remettre à niveau les élèves en difficulté. Et si on commençait par cela ?

De manière générale si on veut vraiment lutter contre l'échec scolaire il faut détecter dès le CP et peut-être même avant les enfants en difficulté et les prendre en charge quitte à individualiser leur instruction pour qu'ils parviennent à intégrer le groupe-classe sans trop de "douleur". Évidemment, cela peut coûter cher mais si l'on évite le redoublement et le décrochage ensuite, cela vaut peut-être le coup. Peut-être faut-il envisager un instituteur à disposition sur longue durée d'élèves en difficulté et, puisque Hollande songeait à d'autres postes que ceux d'enseignant, des psychologues et des orthophonistes en milieu scolaire. 

On pourrait également imaginer des pratiques novatrices en prévoyant pour des orthophonistes et psychologues spécialisés dans l'enfance la possibilité d'exercer en semi-libéral dans les écoles (avec, pourquoi pas, un bureau et du matériel) pour les débutants, par exemple.

Dans tous les cas de figure il serait temps de proposer un projet, et, chiffré de préférence que l'on sache ce que l'on peut faire ou non. Bref, de l'action, Mister Vincent, parce que la parlotte...

Il paraît que Bayrou trouve du mérite à Mister Vincent ; ah ? Moi, je ne dois pas avoir de chance, je n'entends que Docteur Peillon.

15:30 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : peillon, échec scolaire | | |  Facebook

mardi, 04 septembre 2012

La morale, elle commence dans les cours d'école...

Après Châtel, Peillon : le retour de la morale à l'époque. En fait, plus on en discourt dans l'école, moins elle s'y applique. Sur le fond, j'agrée évidemment ce que dit Peillon sur la morale, mais sur la forme, c'est du pipeau, comme d'habitude, une spécialité socialiste.

Plutôt que d'absoudre sa mauvaise conscience de gauche en assommant les enfants et les jeunes de discours aussi lénifiants et ennuyeux qu'inefficients mieux vaut, et de loin, engager le nombre d'assistants d'éducation suffisant pour assurer la protection des enfants victimes ou maltraités et prendre des dispositions pour qu'ils soient pris au sérieux par l'institution.

Cela suppose aussi de punir avec énergie les écoliers ou collégiens auteurs de maltraitances sur leurs congénères. 

En fait de morale, rien ne vaut la morale appliquée. Quand l'école montre qu'elle ne laisse pas tomber ceux qu'elle est censée accueillir, elle fait oeuvre morale. Bien plus qu'en faisant des leçons de morale.

Quant aux enseignants, ils ont évidemment le plus grand intérêt à se montrer exemplaires si eux-mêmes veulent être crédibles. Cela suppose d'accueillir les enfants différents (handicapés, par exemple) sans rechigner ni gémir et de dénoncer en classe, devant les élèves, les comportements qu'ils ne tolèrent pas quand les élèves sont entre eux. Dans ce dernier cas, il va de soi que les administrations des établissements scolaires et plus en amont, inspections et rectorats soutiennent pleinement les enseignants dans cette détermination.

Plus généralement, je n'aime pas trop quand l'État se mêle de décréter ce qu'il considère comme bien ou mal. L'idéologie n'est pas loin. Pour ma part, je lui demande juste d'assurer des conditions d'étude décentes dans ses écoles et de veiller à ce que les enfants n'y soient pas malheureux. C'est déjà très bien s'il s'en tient à ces modestes objectifs...

18:48 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : morale, école, peillon | | |  Facebook