Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Canal+ et les Guignols mentent sans vergogne à propos de Benoît XVI | Page d'accueil | Libéralisme et Révolution »

vendredi, 14 décembre 2012

Les mensonges de Peillon

Ça me fait rire de lire dans la presse que Peillon est courageux. A l'Express, on peine à passer de l'amateurisme au journalisme. Peillon n'a cessé de débiter contre-vérités sur contre-vérités dans un récent entretien. France-info a eu le professionnalisme de corriger les falsifications du Ministre de l'Éducation Nationale. En Allemagne, les enseignants sont face à leur classe 25 heures par semaine, certes, mais pas pour 25 heures de cours car ils y gèrent le travail et les devoirs que les Français donnent au domicile.

On sait de longue date que Peillon rêve d'annualiser le temps de travail des enseignants pour peanuts. Il a déjà expliqué par le passé que les enseignants ne travaillaient pas pour de l'argent (ah bon ? Pour la gloire, alors ?). Le voici maintenant à minorer sérieusement les écarts de salaires. En réalité, en début de carrière, un enseignant allemand gagne le double de ce que touche son collègue français, et, en fin de carrière, il est encore 40% supplémentaires au-dessus. A cela s'ajoute en Allemagne un coût de l'immobilier très inférieur à celui de la France, capitales et grandes villes comprises.

Peillon essaie toujours de la ramener d'une manière ou d'une autre : tantôt il veut réduire les vacances, tantôt allonger la semaine de cours, tantôt augmenter les heures travaillées par les enseignants. Parfois, les trois à la fois.

L'Express qui n'est pourtant pas soupçonnable de sympathie envers les enseignants doit reconnaître l'évidence de certains chiffres : 10% des enseignants en état de burn-out dès leur première année d'enseignement. Et le phénomène s'aggrave au fil du temps. Ça interroge, non ?

Les mots magiques à l'Éducation Nationale et dans les cercles pédagogolâtres bien pensants ce sont les mots "ressource", "formation" et quelques autres de ce genre. Est-ce que l'on  croit sérieusement un seul instant qu'une formation en "gestion des conflits" va faire baisser la violence à l'école ? Seuls les pédagogos font semblant d'y croire. Peillon dénonce les incivilités mais la réalité est qu'il a bien l'intention de ne rien faire sur le sujet.

On a beau de toutes parts dénoncer la vilaine et méchante répression, la réalité est têtue : New-York a vu son taux de criminalité régresser jusqu'à son niveau de 1962. Comment ? Par une répression systématique des crimes et délits. Même Sarkozy qui a été conchié pour sa demi-politique de répression a finalement obtenu des résultats puisque les derniers chiffres publiés valident une petite réussite de sa part dans le domaine de l'insécurité. La solution est donc simple : il suffit juste d'avoir la volonté politique, morale et idéologique de l'appliquer.

Peillon fait rire avec son plan 2.0 pour l'école. «2.0» est un autre de ces vocables ridicules censés désigner la modernité. Les ressources numériques, comme on dit à l'Éducation Nationale, peuvent bien être parfois pertinentes, absolument rien ne remplace la présence humaine. Cela a un sens de proposer des corrigés, des cours en ligne, des assistances de toute sorte si derrière, il y a des enseignants qui peuvent réagir et répondre.

In fine, quoi que l'on en dise, ce sont bien les contenus des enseignements dispensés et les méthodes avec lesquelles on les transmet qui sont à revoir dans notre système éducatif toujours plus hypocrite.

Ceci ne signifie pas qu'un coup de pouce ne soit pas nécessaire à certains niveaux, mais, plutôt que d'engager de nouveaux enseignants, il serait certainement plus pertinent de mettre en place de véritables équipes spécialisées dans l'enfance dans chaque école : psychologues, orthophonistes, infirmières présents au moins la moitié de la semaine, et, pour assurer l'encadrement, davantage d'assistants d'éducation. Curieusement, Hollande, pendant sa pré-campagne, avait eu cette intuition assez juste. Il n'en a plus parlé depuis. L'idée est passée à la trappe ?

Le simple fait de cesser d'assommer les enseignants de réformes plus délétères les unes que les autres, de les infantiliser en faisant d'inspecteurs en mal d'autorité leurs maîtres souverains, serait peut-être pour eux la garantie d'une nécessaire tranquillité pour exercer leur métier dans des conditions saines.

09:31 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : peillon, école | |  Facebook | | | |

Commentaires

Faut bien faire quelque chose des sousous trouvés avec les nouveaux impôts.
Puis, hein, c'est pas comme si on avait un état en faillite, hein. Non mais oh.
Peillon, qui se dit lui-même prof de philo (débatablement les profs les plus inutiles/branleurs au lycée, ca s'améliore dans les études supérieures), est l'image parfaite du grand politicien beau parleur qui irait sèduire n'importe quel audimat avec son sophisme pour récolter, au choix, son petit pécule pour son petit ministère ou former/créer de nouveaux électeurs socialistes.

Écrit par : Elphyr | vendredi, 14 décembre 2012

M.Peillon devrait consulter d'urgence Francois Bayrou, car certaines clés semblent lui faire défaut.
"La gestion des conflits" cela n'est déjà pas si mal, mais inutile sans la gestion du stress, la mise en place d'un outil web, d'un juridique mais aussi de classes parallèles.
Je n'en dirai rien de plus, n'est-ce-pas? ;o))
Salut!

Écrit par : Martine | vendredi, 14 décembre 2012

Écrire un commentaire