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dimanche, 02 juin 2013

Pourquoi ne pas libérer le recrutement des enseignants ?

Je m'étonne souvent du système de mutations qui coiffe l'ensemble de la fonction publique et particulièrement l'Éducation Nationale. Aucune équipe ne se choisit : c'est l'âge et le temps resté dans le poste précédent qui déterminent le pourcentage de chances d'obtenir un nouveau poste.

Il y a là quelque chose d'aberrant.

Il est imprudent de donner trop de pouvoirs, surtout dans l'administration, aux chefs dans un système porté au mandarinat. C'est l'une des raisons pour lesquelles je juge assez ridicule et contre-productive l'idée constamment relayée dans les think tank qui se copie les uns les autres de donner plus de pouvoirs aux chefs d'établissement et directeurs des écoles et établissement du secondaire.

Mais il y a une liberté plus qu'un pouvoir qu'on devrait pouvoir leur donner, en revanche, c'est celle de recruter comme ils l'entendent.

Pour limiter les effets d'aubaine et éviter de retrouver le neveu de l'amie de la belle-soeur de l'épouse des chefs d'établissement dans les institutions les plus prestigieuses, il faudrait accompagner cette réforme d'une refonte des grilles salariales.

Et quelque chose de radical : par exemple, qu'un enseignant exerçant dans un collège de la cité des Francs-Moisins à Saint-Denis gagne très exactement deux fois plus que celui qui dispense son savoir à Henri-IV.

On assisterait alors à un véritable renversement : il y aurait une ruée vers les établissements sensibles. Pensez donc : un salaire doublé !

Pour éviter des effets d'aubaine à l'envers, cette fois, on pourrait décréter qu'aucun enseignant ne peut postuler pour les établissements les plus difficiles s'il n'a pas derrière lui plus de dix années d'exercice, ou, tout du moins, qu'en proportion de l'effectif, les enseignants inexpérimentés ne peuvent dépasser 10 à 15% du personnel.

Il y aurait évidemment quelques contre-coups d'une telle mesure : la mobilité dans les établissements difficiles serait sans doute très faible, personne ne trouvant goût à voir son salaire diminuer sérieusement...

Pour éviter deux catégories d'établissements scolaires, il paraîtrait logique d'établir une échelle, un indice de difficulté d'exercice pour établir le salaire de base de chacun d'entre eux.

Plutôt que de créer 60 000 postes qui ne vont guère servir sauf peut-être un peu au début du primaire, Mister Peillon et Docteur Vincent auraient tout intérêt à considérer avec intérêt une telle révolution.

Je tends de plus en plus à penser qu'il y a un problème de méthode et d'organisation dans notre Éducation Nationale et que ce n'est pas le fait d'engager encore plus d'enseignants qui y changera grand chose.

Il y a sans doute beaucoup de choses qui se jouent en maternelle et à l'orée du primaire, dans les premières classes.

Qu'est-ce qui fait que par la suite, un programme qui demeure au fond le même pendant plusieurs années ne soit pas assimilé par les élèves en dépit des répétitions chaque année ? Il y a là quelque chose qui mérite qu'on creuse même si je ne doute pas que plusieurs chercheurs en pédagogie s'y intéressent depuis quelque temps.

Laisser les gens qui travaillent s'organiser entre eux est en tout cas, à mon sens, de nature à assouplir non seulement les conditions d'exercice mais aussi l'atmosphère dans les écoles, les collèges et les lycées. Bien sûr, il faut sans doute repenser ma proposition afin d'établir des garde-fous solides contre les abus de toutes sortes mais elle mérite l'examen.

mardi, 22 janvier 2013

Le recrutement des enseignants tourne à la catastrophe...

J'ai à de nombreuses reprises ici expliqué que les mesures successives prises par Châtel puis par Peillon allaient provoquer un effondrement du recrutement des enseignants. Bingo. Cette année, c'est encore pire que l'an dernier. Les crétins imbéciles qui ont imposé la masterisation pour devenir enseignant dans le primaire et le secondaire puis qui ont durci considérablement les conditions d'exercice en début de carrière tout en bloquant l'évolution des salaires en milieu de carrière sont comptables à 100% de cette catastrophe.

Et le pire est à venir : il faut bien comprendre qu'il y a pénurie d'enseignants en pleine crise. Que la situation économique s'améliore et cela tournera au drame. Les connards qui continuent à cracher sur les avantages des profs n'auront plus qu'à venir prendre leur place.

Le bilan de la dernière session laisse rêveur :

Les lettres classiques et les mathématiques, ce qui fut autrefois le sel des humanités, vont disparaître faute de combattants à ce rythme.

108 admissibles pour 200 postes pour les premières et 1326 admissibles pour 1210 postes pour les secondes. En langue espagnole 446 admissibles pour 340 postes, en sciences économique et sociale 200 admissibles pour 130 postes, en lettres modernes, 1139 admissibles pour 1000 postes, j'arrête là le jeu de massacre.

Et Peillon trouve le temps de pourrir la situation avec des débats aussi périphériques que vains tels que les rythmes scolaires. L'armée de pédagogols de toutes sortes qui pollue l'Éducation Nationale depuis 30 ans a parachevé son oeuvre de destruction à commencer par la FCPE censée représenter l'intérêt des parents d'élèves mais qui n'a cessé de conspirer contre le savoir et la pensée.

J'avoue ma très grande inquiétude pour ma dernière : qui seront ses enseignants quand elle mettra à son tour les pieds dans le collège de secteur ? Des récidivistes de l'échec aux concours recrutés au rabais ? Des vacataires ignorants et incompétents ? Des immigrés d'Afrique ou d'Asie sans doute mathématiciens confirmés mais n'alignant pas trois mots de français dans une langue correcte ?

Bref, un interlope prolétariat de l'éducation bien incapable d'assurer sa mission mais déjà présent à de nombreux étages dans un certain nombre d'établissements scolaires ?

A Paris, demain, les professeurs des écoles sont à près de 85% en grève. J'ai expliqué pourquoi il y a quelques jours. Les syndicats enseignants sont évidemment largement responsables de cette situation : par antisarkozysme, habitués à être la plus vulgaire des courroies de transmission du PS, eux-mêmes englués jusqu'au cou dans la pédagogolâtrie, souvent juges et parties (nombre de profs syndicalistes sont membres du PS et tiennent les postes à responsabilité de la FCPE) ils n'ont jamais eu le cran ni l'honnêteté de convenir que Peillon égalait Châtel en nullité.

Et autour de cela, il y a tous les connards de journalistes qui servent la même soupe sur l'enseignement depuis de longues années. On les retrouve à peu près partout, de l'express au parisien, toujours avec des intentions pernicieuses dont l'objet est de monter l'opinion contre les enseignants. Il suffit de considérer la question posée au Parisien, par exemple : Rythmes scolaires, comprenez-vous la grève des enseignants ? Ben moi oui, mais pas les 85% de crétins qui ont répondu le contraire, manifestement.

 Quant à l'Express, bel étalage de malhonnêteté crasse : faire semblant de croire que la réforme de Peillon correspond à ce que demandaient les enseignants c'est vraiment les prendre pour des cons. Comme je l'ai dit, les syndicats enseignants représentent en réalité l'idéologie en vogue au PS et rien d'autre.

Le tableau ne serait toutefois pas complet si je ne finissais pas par charger les enseignants eux-mêmes : ce sont qui les imbéciles qui votent aveuglément pour la gauche et tiennent constamment des discours sirupeux sur toutes les propositions socialistes ?

Au fond, les enseignants méritent ce qu'il leur arrive de la même manière que les Américains se sont pris un jour un 11 septembre 2001 à force de soutenir aveuglément les islamistes sans voir toute la haine que ces derniers leur vouaient.

Mais au final, ceux qui vont payer les pots cassés, ce seront nos enfants dont les pédagogols invoquent à tout va l'intérêt supérieur dès que l'on met le doigt sur leurs dogmatismes et leurs contradictions.

mardi, 11 décembre 2012

Peillon et ses 43 000 postes font rire...

Peillon demeure décidément impayable : qui espère-t-il convaincre avec ses promesses d'allongement du temps de travail pour recruter de nouveaux enseignants ?

En dépit de la crise, qui va être assez bête pour consacrer 5 années d'études avec pour but de pratiquer un métier déconsidéré ? Plus grand monde, évidemment.

Il y aurait un moyen simple de regonfler les effectifs, mais Peillon n'aura pas l'audace de s'y résoudre : la pompeuse masterisation est depuis sa mise en place la poudre aux yeux qui a fichu le feu à l'Éducation Nationale.

Bac+3, c'était largement suffisant pour des enseignants de primaire et de collège. Avec l'année de stage et le concours, cela faisait un bac+5 au final, au demeurant.

Les pédagogos européanistes béats de tout poil, que l'on trouve aussi bien à gauche qu'à droite, ont voulu bêler en choeur une fois de plus, mais cette fois, ces cons ont cassé la machine avec leur masterisartion à la noix.

Bref, Vincent Peillon, si vous voulez vraiment recruter des enseignants, revenez à bac+3. Cela coule de source, mais vous ne le ferez pas, parce qu'au fond, vous êtes un pédagogo vous aussi.

00:19 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : peillon, recrutement |  Facebook | | |