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  • La gauche hystérique

    Il existe sur toute la palette de la gauche, c'est à dire des intégristes du grand soir jusqu'aux bobos décomplexés, des individus qui deviennent hystériques dès que l'on prononce des gros mots comme "ordre", "sécurité" ou encore "police" ou "gendarme".

    Le gendarme, le policier sont toujours des fascistes/nazis en puissance, à les écouter. Ils n'ont de compassion que pour les truands, voyous, délinquants voire criminels de toutes sortes et demeurent silencieux pour toutes les victimes.

    Leur silence est le reflet de leurs prédicats idéologiques : l'infâme société capitalistico-libérale génère des déclassés, et si certains de ces déclassés versent dans la délinquance, ce sont avant tout des victimes à leurs yeux. 

    Comme sur le fond, ils conservent le vieux prédicat marxiste d'une humanité scientifiquement éducable, ils ont du mal à admettre toute forme de libre-arbitre de l'individu y compris quand il commet des méfaits (sauf quand c'est un gendarme ou un policier, pardon, parce que la police, c'est le mal, forcément).

    Revenons à notre gendarme de Draguignan ; cela me paraît tout de même simple : fuir un poste de gendarmerie alors qu'on est suspecté d'un délit grave, c'est risquer de se prendre une balle dans la peau, comme le dit justement Le Crapaud du Marais (LCDM) en commentaires de mon billet précédent :

    A défaut d'être légitime, c'était légal... Pour moi, quand on fuit devant les flics, quand on cambriole une baraque, quand on braque une banque, on accepte un risque : celui d'être descendu. A chaque "métier" son risque. Je suis adepte du bon sens populaire qui répond à chaque fois "personne ne l'a obligé à...". C'est sûr que ce n'est pas intellectuellement original, mais c'est juste. 
    Le gendarme y songera toute sa vie mais ce n'est pas à la justice humaine de s'occuper de ce cas.

    J'aimerais aussi citer 100 000V (Val le Nain) qui écrit sur son blogue :

    Je ne sais pas si le gendarme devait tirer, mais il a tiré. Il a tiré sur un homme violent qui s’enfuyait de la gendarmerie, un hors-la-loi en somme. Il n’a certainement pas voulu l’abattre mais le fait est qu’il l’a fait. Il n’a rien d’un assassin, il joue son rôle de gendarme à qui on donne le droit de tirer s’il le faut. Moi j’accepte, ou du moins je pardonne. Ce devait être son dernier recours, il ne s’y attendait pas, on ne lui a donné qu’une demi-seconde pour réfléchir et il a tué ce voleur violent. Bon. Espérons que ça ne se reproduira pas mais ne nous lui en voulons pas non plus.

    Alors à gauche, évidemment, on s'émeut, on fait un procès d'intention aux forces de l'ordre, sous-entendant qu'il y avait là un guet-apens, on verse dans l'attaque ad hominem (il paraît que j'ai une réputation, au fait !) faute d'argumentation sérieuse tout en répétant comme un leitmotiv l'un des dix commandements, mais on ne produit rien de bien crédible, in fine.

    Oh, il peut bien arriver à cette gauche-là d'avoir un début d'illumination, mais cela ne dure généralement pas longtemps (comparer début et fin du billet pour constater que la gauche sociologique est décidément irrécupérable...).

  • Je parraine une fille !

    Tiens, si Quitterie lit ces lignes, elle aura une satisfaction, elle qui a toujours cru à la force des réseaux sociaux. Je m'apprêtais tranquillement à rédiger un billet sur la gauche hystérique (qui va venir, patience, patience...) et je parcourais à cet effet mon compte twitter, consultant mes derniers échanges avec mes camarades gauchistes, quand je suis tombé subitement  sur un tweet de Quitterie relayant la campagne de l'organisation PLAN pour les droits des filles.

    La dernière campagne lutte en particulier contre les mariages forcés de jeunes filles âgées parfois d'une dizaine d'années.

    Tous ceux qui lisent mon blog régulièrement savent que je suis très sensible à la condition de la femme. Or, en parcourant le site, je me suis rendu compte qu'il y avait une campagne pour parrainer spécifiquement une fille. L'occasion ou jamais pour moi. Petite remarque :  à 30 euros par mois, avec les déductions fiscales, vous n'y êtes que de dix euros de votre poche seulement, l'État français ayant la générosité de prendre en charge le reste. Dix euros, quand je vois tout ce que l'on dépense en conneries inutiles de toutes sortes, c'est trois fois rien.

    Alors, hop, c'est fait, j'ai une filleule, désormais :-) J'espère être en mesure, dès que cela sera possible, de vous en donner des nouvelles. Tiens, pour une fois que j'ai l'occasion de faire quelque chose de bien dans ma vie, c'était le moment de la saisir.

  • Les pédagogolâtres dans le Monde de Narnaia

    Je fais en ce moment quelque chose que j'aurais du faire depuis longtemps : je lis les Chroniques de Narnaia de C.S Lewis. C.Lewis intervient rarement en tant que narrateur, mais quand il le fait, c'est toujours plaisant. J'adore particulièrement la première page du Tome VI, le Fauteuil d'Argent. Jill Pole, l'une des deux héroïnes de ce tome-là est pensionnaire dans un établissement mixte en Angleterre  ; l'action débute peu de temps après la Seconde Guerre Mondiale, et l'enseignement est alors encore largement traditionnel. Ceci n'empêche pas les premiers pédagogols de pointer leur nez. A preuve ce savoureux extrait, issu de la première page, que je porte à la connaissance de mes lecteurs :

    Ces gens-là  s'étaient mis en tête qu'on devait laisser les enfants faire ce qu'il leur plaisait. Et ce qui plaisait à une dizaine ou une quinzaine d'entre eux, les plus costauds, c'était malheureusement de persécuter les autres. Il se passait sans cesse dans cette école  toutes sortes de choses horribles, auxquelles, dans un établissement ordinaire on aurait mis bon ordre en moins d'un trimestre. Mais pas dans cette école-là. Les coupables n'étaient ni renvoyés ni punis. Le proviseur disait que c'étaient des cas psychologiques intéressants, les convoquait et leur parlait pendant des heures. Et, si on savait bien quelle genre de choses il fallait lui dire, on ne tardait pas à devenir un de ses chouchous, plutôt que l'inverse.

    J'en connais au moins un qui va bien rigoler en lisant cet extrait qui pourrait servir de légende à plusieurs des dessins qu'il publie.

    Il y a au moins un autre extrait qui revient sur ce collège "expérimental" : alors que Jill et Eustache auraient besoin au cours de leurs pérégrinations d'un savoir didactique, le narrateur observe qu'hélas, dans leur collège expérimental, on n'apprend ni l'anglais, les mathématiques ou le latin, mais plutôt à courir vite et à se cacher pour échapper à d'éventuels persécuteurs...

  • Une occupation illégale, c'est surtout un problème de droit de propriété

    J'ai trouvé très bien la réflexion de Nathalie Griesbeck,  euro-députée démocrate (MoDem) à propos des démantèlements de camps de Roms illégaux suivis d'expulsions.

    Les décisions prises récemment par l'Etat français en matière de sécurité et les textes censés leur apporter une base légale, telle la fameuse circulaire du ministre de l'Intérieur sur les Roms du 5 août, sont manifestement entachés d'illégalité. A tel point que le ministre lui-même n'a pu faire autrement que de la remplacer immédiatement par une autre, dès que la première a été connue. Toutes ces erreurs et violations du Droit français et européen ont malheureusement porté un coup sévère à la réputation de la France et viennent compliquer singulièrement les relations de notre pays avec la Commission comme avec nos partenaires européens, même les plus fidèles et les plus proches, tels l'Allemagne ou le Luxembourg.  On ne peut que regretter ces erreurs graves, d’autant plus qu’elles enlèvent toute efficacité aux mesures qu’il aurait fallu pouvoir prendre pour sanctionner les violations, notamment à l’égard du droit de propriété, commises par tel ou tel individu, quels qu’en soient les auteurs. En tant que juriste et député européen, je ne peux que déplorer que le gouvernement de notre pays se montre aussi incapable d’efficacité pratique et de rigueur juridique que d’humanité. En un mot, c’est Ubu-Roi.

    Voilà : c'est exactement cela, et c'est le champ que cela n'aurait jamais du quitter...

  • Acht so ! Mais comment font-ils ?

    On se pose la même question que moi, chez les libéraux. La différence, c'est que j'avais la flemme d'écrire un billet, jusqu'ici.

    J'ai beau lire et relire les diverses publications de la Toile, on en arrive toujours au même invariable constat : les Allemands font toujours mieux que nous, les Français, dans le domaine économique.

    Il y a eu une période, celle du franc fort, au cours des années 90, où le commerce extérieur français s'était redressé sérieusement, mais depuis l'euro, paradoxalement, c'est la fuite en avant.

    Je me suis posé mille fois la question : mais comment font-ils ? On en revient toujours au tissu de PME et aux créneaux d'exportation choisis. Les Allemands ont un très gros tissu de petites et moyennes entreprises, pas les Français. Et pourtant, ce n'est pas faute, chez nous, de chanter les louanges de la PME sur tous les airs.

    Comme le dit Christine Murris, l'auteur de l'article que cite Lumière et Liberté, en France, on ne jubile qu'à coups de "grands contrats". Quand Sarkozy fait le VRP, c'est pour les entreprises de luxe ou pour notre la très grande industrie. Les PME, c'est pour le décorum dans nos élections internes, mais une fois que les choses sérieuses commencent, c'est la berezina. 

    En fait, l'industrie française, quand elle cherche à réduire ses coûts, pense d'abord aux délocalisations et jamais à l'amélioration de ses outils de production ou à une innovation dans la gamme de ses produits.

    La désindustralisation de la France ne laisse pas d'inquiéter : c'est l'un des chevaux de bataille de François Bayrou depuis 2007, et cela préoccupe le Sénat puisqu'il a mis en place une mission d'information avec l'ambition d'apporter des éléments d'action à la puissance politique.

    On y réfléchit jusqu'au Ministère de l'Économie et des Finances où un rapport a été rendu en juin 2010.

    J'ai commencé à le lire le rapport : dans la démarche, déjà, il y a des choses qui me frappent. Lilas Demmou observe que la demande de biens industriels baisse à proportion de la hausse des revenus car ceux-ci se tournent alors vers les biens de consommation. Mais raisonner ainsi, c'est compter sur la demande intérieure pour soutenir l'industrie, or, on voit bien, avec l'Allemagne, que c'est la demande extérieure qui soutient la production.

    Par ailleurs, le document constate une baisse (en proportion) de la demande intérieure adressée au secteur industriel : mais est-ce le secteur industriel français ou tout le secteur industriel ? Dans le premier cas, cela signifie simplement que ce secteur-là n'a pas su s'adapter le moment venu, pas que la demande en biens industriels a baissé tant que Lilas Demmou le dit.

    En France, on commande rapport sur rapport sans parvenir à agir efficacement. Le Conseil d'Analyse économique en a produit un en 2005 ; contrairement au document précédent, il a au moins le mérite de ne pas avancer que la déindustrialisation n'est pas nécessairement une évolution naturelle des économies développées. Jean Arthuis, en 1993, s'était posé des questions tout à fait similaires pour le textile, préconisant de donner aux entreprises françaises les moyens de lutter contre la concurrence alors nouvelle des pays du Magrheb, de la Chine et de la Turquie.

    La réalité, c'est que les firmes industrielles se réorganisent sur des bases non plus nationales mais mondiales ; si la France ne peut plus rien apporter à ces firmes en main d'oeuvre ou innovation ou technologies, il est logique que sa part se restreigne.

    J'ai souvent le sentiment qu'il n'y a pas de stratégie de sortie par le haut en France. La seule ébauche de quelque chose de ce type que j'ai pu lire, ces dernières années, mais j'insiste sur le fait que ce n'est qu'une ébauche et qu'il faudrait la débarrasser de sa vulgate à demi altermondialiste, c'est le Vivre Autrement de Corine Lepage, qui comporte un authentique programme industriel et une fiscalité associée.

    Il y a bien eu également la tentative de Raffarin et ses pôles de compétitivité, mais j'ai l'impression que le projet patine, même s'il faudra du temps pour juger de ses effets réels.

    Mais comment font donc les Allemands ?

  • Le gendarme devait tirer.

    Mon titre est certainement brutal, mais il faut bien remettre les choses dans leur contexte : Joseph Guerdner, le gitan qui a été abattu par le gendarme Christophe Monchal était un homme violent, auteur de plusieurs vols avec violence. Christophe Monchal a  essayé de viser les jambes du fuyard, et n'a pas cherché intentionnellement à le tuer. 

    La mission de la gendarmerie, c'est d'abord de protéger les citoyens, particulièrement les plus faibles. A 25 mètres de la gendarmerie d'où a fui Joseph Guerdner, il y avait un pensionnat, une institution religieuse accueillant des enfants. C'est d'ailleurs là que l'homme a finalement échoué. 

    Un gendarme ne peut en aucun cas prendre le risque de laisser un homme connu pour des faits de violence représenter une menace pour un pensionnat d'enfants. Cela me paraît l'évidence même. Rappelons qu'il avait déjà foncé sur un véhicule de gendarmerie par le passé, et qu'on pouvait donc présumer que cet homme-là était parfaitement capable de tuer...

    Il devait donc l'arrêter et le seul moyen, puisque l'homme refusait d'obtempérer, c'était de tirer. Le malheur, c'est que les balles aient touché le dos au lieu de toucher les jambes. Il faut ajouter que le gendarme a tiré sept balles au total. Les quatre premières n'ont pas touché le fuyard, probablement parce que le gendarme cherchait à toucher les jambes.

    Il faut bien concevoir que l'évasion du gitan appréhendé s'est déroulé tard dans la soirée, c'est à dire de nuit. Il est difficile de viser correctement dans ces conditions.

    La mort de ce jeune homme, fût-il un délinquant, est évidemment très regrettable, mais entre deux risques, le gendarme a choisi celui qui était le plus légitime. On ne peut absolument pas le lui reprocher. 

  • L'Europe, enjeu de la présidentielle de 2012 ?

    Quel coup de pot de Sarko ! Voilà qu'une commissaire européenne, Viviane Reding, vient à point nommé le secourir au moment où il est mal en point dans l'opinion. La divine surprise !

    S'il l'a fait exprès, alors c'est vraiment un artiste de la manoeuvre. L'Europe n'a pas bonne presse dans l'opinion, et elle ne risque pas de redorer son blason avec les interventions de Barroso et Reding. Il eût été bien plus simple de laisser Roumanie et Bulgarie régler le problème de leurs ressortissants avec la France, tout en rappelant discrètement à cette dernière qu'elle avait signé des conventions et n'était donc pas censée s'en affranchir.

    Au passage, cela va bien à Reding and co de hausser la voix après avoir laissé la question du statut des Roms pourrir tranquillement des années et des années. Viviane Reding, on ne peut pas dire que cela soit l'originalité  faite femme. Commissaire à la culture, elle m'avait surtout frappé par des initiatives frappées du coin de l'opinion commune : développer les nouvelles technologies dans l'éducation (bla bla habituel, en somme) faciliter les échanges entre les écoles, mais d'action forte en faveur d'une culture européenne, nada, rien. Les technocrates n'ont pas ce genre d'audace.

    Parce qu'ils sont nomades et pas sédentaires, les Roms auraient vocation à devenir les premiers citoyens supra-nationaux de l'histoire de l'Europe, mais, évidemment, cela suppose un volontarisme dont sont bien incapables la plupart des chefs d'État de l'Union...

    Pour Sarko,c 'est du pain béni, cette histoire. L'élection présidentielle ne se joue jamais sur les préoccupations principales des citoyens. Pour une raison très simple : côté emploi et économie, les Français renvoient dos à dos toutes les formations politiques, jugeant qu'aucune ne leur fait de propositions convaincantes. Ils se décident donc nécessairement sur les clivages les plus forts.

    Or, le camp anti-européen, en 2005, c'est 55% de la population. Une chouette magot électoral, pour un démagogue qui n'aurait peur de rien...

    On pourrait se dire que c'est gonflé pour quelqu'un qui a finalement fait passer un ersatz de traité sans vote direct du peuple. On pourrait, mais ce serait malhonnête, et c'est d'ailleurs l'argument habituel des nonistes. Sarkozy avait été très clair en prévenant lors de l'élection présidentielle qu'il ferait passer un traité simplifié par voie parlementaire. On ne peut pas lui reprocher d'avoir appliqué son programme , enfin, je veux dire, on ne peut pas l'accuser d'être malhonnête. Si certains voulaient avoir un référendum, il fallait voter pour Bayrou, puisqu'il le proposait, lui...

    L'idéal, en fait, c'est le cocktail détonnant que représente l'addition de la sécurité et de l'Europe. Que l'Europe hausse le ton contre la politique de sécurité de Nicolas Sarkozy, que celui-ci réplique vertement, et voilà l'électorat FN ravi, au grand damn de son leader...

    Il faut dire que la presse européenne a fait assaut d’imbécillité en parlant de déportation à propos des Roms. Il fallait le faire.

    C'est pourtant possible de les accueillir, les Roms, sans que cela pose particulièrement de problèmes. Un maire MoDem, Nicolas Lebas, me semble, dans les limites de son pouvoir (il ne peut délivrer de permis de travail) l'avoir amplement prouvé.

    En tout cas, si Sarkozy réussit à tenir sur ces thèmes-là jusqu'à 2012, la gauche et le centre ont du souci à se faire. 

  • L'Express raconte vraiment n'importe quoi sur Bayrou...

    Ce serait drôle si ce n'était pas à pleurer, tant cela en dit long sur le rigueur journalistique à l'Express. Consultant mes alertes google-actualités consacrées à Bayrou, comme tout groupie du leader du MoDem qui se respecte, voilà que je tombe sur un entre-filet de l'Express qui titre "Convergence Bayrou-Raffarin". Ah. Tel que présenté, le texte laisse entendre qu'il serait possible d'associer Bayrou à un projet qui rassemblerait deux Français sur trois, et l'Express de conclure par une déclaration de Jean-Pierre Rafarin assurant que Bayrou n'était pas perdu pour l'UMP. Bon. Par curiosité, je vais tout de même voir le billet de JPR que l'Express cite comme source ;  voici ce que j'y trouve, finalement : 

    Avec le President du Modem les analyses divergent notablement. Nous avons pu le constater à l’occasion, cette semaine, d’un dîner de l’équipe dirigeante de Dialogue & Initiative. Etaient avec moi Marc Laffineur, Axel Poniatowski, Bernard Deflesselles (Dominique Bussereau, Pierre Lequiller et Jean-Claude Carle étaient indisponibles). Nous avions invité Francois Bayrou comme premier interlocuteur dans le cadre de notre démarche pour « l’apaisement républicain » qui nous conduira à formuler à Nicolas Sarkozy des propositions qui rassembleront « 2 Francais sur3″. Les sujets de désaccords sont multiples : bilan des années Chirac, politique de reformes, stratégie de l’UMP, volontarisme présidentiel, bouclier fiscal, relations avec la gauche

    Voilà, c'est ce que l'Express appelle une convergence. C'est utile de savoir lire en diagonale quand on est journaliste, mais il ne faut pas en abuser dès que l'on veut faire de l'information sérieuse...

  • Un idéal de perfection individuelle

    J'entends souvent dans la bouche de proches ou de gens que je côtoie que notre société est individualiste, égoïste, même. Et l'on déroule, çà et là, les phrasés sur les nécessaires solidarités, ou encore la redistribution des richesses.

    C'est saisissant de voir à quel point l'égoïsme ne réside pas dans notre modèle de société mais vraiment dans les comportements individuels. Et il ne faut pas s'y tromper : l'égoïsme n'a pas de couleur politique. Les mêmes qui déclarent vertueusement être les défenseurs du service public sont parfois les premiers à rejeter avec un égoïsme forcené bien que gêné la différence. La religion n'est pas non plus une sauvegarde. J'ai à l'esprit le statut particulier du handicap.

    Pas de pitié pour les crapauds dans nombre d'établissements du second degré : ici, dans le public, refus de présence d'auxiliaire de vie scolaire dans les classes par certains enseignants, par exemple, parce qu'ils perçoivent l'AVS comme une "gêne" ; là-bas, dans le privé, une mère pratiquante, habituée de la messe de 11h00 le dimanche refuse catégoriquement une fusion avec un établissement pour handicapés parce qu'elle ne veut pas que ses enfants fréquentent des "tarés".

    A désespérer de la nature humaine. Ils peuvent bien crever, ces pauvres gamins pas gâtés par les hasards de la fortune, auxquels on refuse toute mansuétude, toute assistance pour des motifs largement irrecevables.

    Sur le fond, la générosité, ce ne peut être une politique publique. C'est avant tout un comportement individuel, un idéal de perfectionnement personnel.

    N'attends pas que les événements arrivent comme tu le souhaites ;  décide de vouloir ce qui arrive et tu seras heureux.

    Manuel, VIII, Épictète

     

     

  • Judas pousse-t-il Sarkozy dehors ?

    Souvenez-vous, il y a 5 mois environ paraissait un livre au titre éloquent : Pourquoi Nicolas Sarkozy va partir, comment nous allons l'y aider. Et l'ouvrage était signé Judas.

    Les derniers sondages sont en apparence fâcheux pour le chef de l'État, mais les sondages sont aussi souvent des miroirs aux alouettes s'ils ne sont pas étudiés de près. Oh, certes, Dominique de Villepin peut bien faire jeu égal avec Nicolas Sarkozy, et François Fillon le dépasser, mais, dans son propre camp, le plus populaire demeure Nicolas Sarkozy. Que l'on interroge l'électorat de l'UMP, et c'est lui qu'il choisit en premier. Le jour ou un outsider menacera le chef de l'État dans son propre camp, alors la droite pourra songer à une candidature alternative. Il faut bien comprendre que pour accéder à un second tour, il faut d'abord rassembler son camp...Eh non, faucon, ils ne sont pas au coude à coude, Sarkozy et Villepin. C'est la gauche qui rétablit l'équilibre, pas la droite. A l'UMP, Villepin est persona non grata.

    J'observe toutefois que les révélations se multiplient depuis quelques mois : l'effet kisskool du compagnonnage avec Judas ? Oui, effectivement on pourrait penser qu'on pousse Nicolas Sarkozy à ne pas se représenter, et que plus on pousse, plus son premier ministre en profite. Et pour cause : Nicolas Sarkozy a réussi le tour de force d'inverser le rapport de protection qui lie président et premier ministre dans notre République. C'est lui le fusible de Fillon et non l'inverse ! Résultat des courses, un sondage récent le fait apparaître comme plus populaire que Sarkozy chez les sympathisants de l'UMP !

    Seulement voilà, si Sarkozy s'efface, Fillon perd son fusible, et alors, il lui faudra bien assumer le bilan de son gouvernement. Que pourra-t-il dire d'autre aux Français ? Voilà où le bât blesse pour lui...