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samedi, 06 novembre 2010

Caniveau parisien pré-apocalyptique

J'ai lu intégralement  la Tune dans le caniveau de Thierry Crouzet. A vrai dire, comme je lis vite, les premiers paragraphes m'ont d'abord inspiré un mauvais ressenti : j'ai cru lire du mauvais Barjavel technotronisé, un peu à la façon de  Ravages. Et puis bien réfléchi, j'ai poursuivi ma lecture. Distrayant. En termes d'environnement social et sociétal, c'est une sorte d'hybride de blade runner parisien et du film qui a inspiré Matrix (mais dont je ne parviens plus à me rappeler le nom). Le développement technologique tel qu'il apparaît dans le livre se rapproche évidemment davantage des évolutions des techniques telles qu'on peut les attendre dans les trente prochaines années.

Crouzet imagine un Paris en proie au communautarisme (pas tant religieux que l'esprit de clan) et à l'anarchie. Crouzet plaide pour ce qu'il appelle l'humano-diversité, voyant dans l'humanité un ajustement monumental de particularités, mais il ne peut s'empêcher de diviser sommairement pour pas ne dire binairement voire même primairement,  l'humanité en riches et en pauvres. Extase déteste la bouc-émissarisation, mais les riches apparaissent bien à l'origine de la faillite de la société humaine. 

Ce qu'il y a, c'est que Crouzet récuse la lutte des classes : ses riches sont des pauvres qui sont devenus accidentellement riches. Il n'en reste pas moins que toute sa nouvelle est construite autour d'une opposition forte entre riches et pauvres, opposition dont les riches sont avant tout comptables. Les banquiers sont ainsi comparés à des esclavagistes mâtinés de faussaires dotés du droit imprescriptible de frapper monnaie comme bon leur semble. Crouzet récuse les raisonnements simplistes, mais il invoque lui-même ses banquiers et ses riches comme un deus ex machina à la source des maux ultimes de sa société pré-apocalyptique.

Crouzet avalise les inégalités en s'en remettant à la Loi de Pareto : pour 100 individus, en tout temps, sous tout régime, 80% de pauvres, 20% de riches. L'idée de Crouzet est en revanche de cloisonner tout ce que l'humanité a l'habitude d'évaluer en monnaie. Ainsi, les 20% des riches en argent ne sont pas les 20% des riches en bonheur ni les 20% des heureux en amour et ainsi de suite. Un équilibre subtil est donc envisageable. Sauf que rien ne tient dans la construction  de Crouzet parce qu'il hypostasie une interchangeabilité entre différents critères de mesure de la réussite. Comme si tous les êtres humains allaient s'accorder pour avoir cette raison-là.

Il y a quelque chose chez Crouzet qui me fait furieusement panser à l'homo geslstat de Théodore Sturgeon, une utopie qui ne vaut que pour la science-fiction ou l'Abbaye de Thélème.

Protagoras a dit et écrit que l'homme était la mesure de toutes choses. Aussi, toute vie sociale procède de conventions nécessaires pour pouvoir vivre ensemble. L'important n'est pas de réaliser l'égalité, sur le fond l'objectif de Crouzet, même si elle prend de voies détournées par rapport aux théories marxistes, mais de donner les moyens à tous de vivre ensemble tout en gardant un espoir.

Ce n'est pas grave qu'on constate qu'empiriquement, seuls 20% des individus dans toute société, disposeront de 80% des richesses, à condition qu'ils soient interchangeables. L'origine du désespoir, au fond, sauf à ce que le peuple soit trompé par des démagogues, ce n'est pas de ne pas être là où l'on voudrait être, mais de n'avoir aucune opportunité de changer.

Le Noam de Thierry Crouzet imagine pouvoir contourner la propriété comme mesure de pouvoir et bien-être par la dématérialisation. L'expérience du monde virtuel Second Life aurait du pourtant lui apprendre que tout monde virtuel n'est jamais qu'une réplique du monde réel. Sur Second Life, on vend des biens et des terrains virtuels avec le même appétit que dans notre monde réel. Seule l'échelle change.

Le réseau est une chimère : il s'y reproduit toutes les hiérarchies auxquelles nous sommes habitués, simplement, ces dernières y prennent d'autres formes. 

In fine, c'est l'existant qu'il convient de chercher à aménager au mieux. Les réseaux sont un fait de société, en aucun cas des sur-entités par essence éthiquement supérieures. Croire qu'ils constituent une nouvelle étape du développement humain est un leurre vain qui ne peut conduire qu'à une impasse.

lundi, 05 juillet 2010

Une classe politique à l'image de son peuple ?

L'affaire Woerth déchaîne évidemment les commentaires acides à l'heure actuelle. On conspue la classe politique, et il est de bon ton de déclarer que les hommes politiques ne méritent pas notre confiance.

Je tends à penser, pour ma part, que les peuples ne sont jamais tout à fait innocents. J'irais même jusqu'à dire que, jusqu'à un certain degré, ils méritent les dirigeants qu'ils ont.

La fraude, la collusion d'intérêts, sans être un sport national, comme dans certains pays, touche en réalité de larges fractions de la population. Tout le monde s'y colle dès lors que ses intérêts sont en jeu. Évidemment, un régime républicain devrait faire de la vertu la pierre angulaire de ses fondations. Nous sommes sans doute loin du compte, et il convient de ne pas passer l'éponge là où la morale est soupçonnable. De là à agonir notre classe politique de tous les vices, il y a un pas que je ne franchirai pas. Il suffit de considérer l'absence de scrupules, le sans-gêne du quidam ordinaire pour comprendre comment le pays en arrive là. Quand il y a une crise des valeurs, malheureusement, elle est générale et couve de longue date au sein de la population.

jeudi, 10 juin 2010

Désespérant...ils ne comprennent rien à Bayrou...

Si j'avais pu encore douter un jour que Bayrou était définitivement un OVNI politique, ces derniers jours achèveraient de me convaincre. Je lis les nombreux articles de presse à propos de ses rencontres avec Nicolas Sarkozy, et les bras m'en tombent. Pourquoi faut-il que la presse, les blogueurs aussi (je ne parle même pas des hystériques...) s'échinent à chercher midi à 14 heures, supputent des plans, des accords tacites, pain dont Bayrou n'est pas soupçonnable de se nourrir.

A quel état de déliquescence politique en sommes-nous dans les esprits tordus de nombre de journalistes pour qu'ils soient incapables de comprendre qu'un homme politique puisse se sentir honnêtement, en dépit de ses divergences, co-responsable d'une situation critique ?

Que l'on se rende chez Hashtable, lui qui surveille avec l'attention d'Argos et ses cent yeux pour Io les signes les moins visibles du désastre imminent. Les Credit Swap dont l'objet est d'assurer un défaut de paiement de la France pour sa dette se vendent de plus en plus cher. Autrement dit, de nombreux acteurs financiers jugent que le placement devient plus risqué.

Bayrou n'a cessé de mettre en garde contre le poids de la dette, et contre le risque d'une conflagration des générations en raison de l'évolution démographique ; c'est même sa marque de fabrique. Il est tout de même pertinent que le Président de la République consulte les acteurs majeurs de la sphère politique alors qu'une crise majeure se rapproche à grands pas si des mesures radicales ne sont pas prises.

Il faut bien le comprendre, et Jean Arthuis, le disait avec beaucoup de perspicacité tout récemment, ce n'est pas seulement nos dépenses qu'il faut réduire en France, mais notre manière de dépenser qu'il faut changer. Il y a là un logiciel archaïque, vulnérable aux troyens les plus malveillants, désormais,  à modifier impérativement.

Bayrou a toujours été un homme droit, honnête, intègre. Je crois même qu'il envisage sérieusement une mise entre parenthèses de ses ambitions présidentielles dès lors que la situation du pays exige un effort et une attention soutenue de tous.

Les médias dans leur ensemble, professionnels ou citoyens ne parviennent pas à le comprendre. Il faut forcément qu'il y ait un calcul, un intérêt. Plus personne n'envisage l'action désintéressée. Plus personne ne comprend que l'on puisse aimer son pays sincèrement.

Parce que leurs cerveaux sont pourris, ils ne raisonnent plus qu'en termes d'intérêt personnel, à l'image, vraisemblablement, de ce qu'ils ont tous dans la tête. Voilà l'une des raisons pour lesquelles notre pays marche sur la tête : l'individualisme, le culte de l'intérêt égoïste, la faute des autres, jamais la sienne, y ont pris des dimensions démesurées au point de polluer tout le tissu social.

C'est sordide : Bayrou vient parler des retraites, un sujet sur lequel il y a des désaccords entre leaders politiques ( Non, Nicolas, Bayrou n'est pas pour la retraite à 65 ans, il veut simplement que l'on ne touche pas à ce filet légal, c'est tout...), et partout on lit que Bayrou se recentre, qu'il y a un deal avec l'Élysée. Mais b.... de m...., l'important, ce sont les retraites, oui ou non ? Pas de petits calculs minables qui n'ont d'ailleurs aucun sens. S'il y a bien un électorat incontrôlable qui fait bien ce qu'il veut, c'est celui de Bayrou. Pas la peine de compter sur des reports, il se reporte tout seul sans aucune consigne à son bon gré...

10:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (41) | Tags : bayrou, éthique, crise |  Facebook | | |

dimanche, 05 juillet 2009

Libéralisme contre néo-libéralisme

Avec ce billet, j'ai à peu près l'assurance de voir rappliquer LOmiG et Criticus : ces derniers temps, nous nous sommes heurtés à plusieurs reprises sur la définition du libéralisme et surtout, sur la pertinence du néologisme néo-libéralisme. Je viens d'achever, tout récemment, après une très longue lecture, les apports de l'école autrichienne d'économie de Thierry Aimar. Objectivement, j'en ai sué, parce que j'ai eu du mal à bien comprendre le modèle praxéologique, dans un premier temps, le principe catallactique ensuite, et puis pour finir, j'ai abandonné avec la théorie de la monnaie de Hayek. Le dernier chapitre est passionnant, parce que les Autrichiens s'essaient à tenter de définir une économie du bien-être, et ils butent sur le modèle praxéologique qui récuse toute forme de subjectivisme. En récusant la validité du modèle expérimental appliqué à l'humain, les Autrichiens ont de facto effacé la possibilité d'une morale collective, et, par là, d'une définition du bien commun. Conséquemment, il ne leur est plus possible de circonscrire une économie du bien-être sans devoir se départir de l'impartialité propre au modèle praxéologique.

Ce qu'on appelle communément néo-libéralisme prend en réalité sa source dans les ultimes avatars hayekiens de l'école autrichienne. Pour LOmiG ou Criticus, le libéralisme est avant toutes choses contractuel, et c'est le contrat et la liberté de contracter qui le définit en premier lieu. Donc, le plus important, pour une société, à leurs yeux, c'est de garantir la liberté du contrat et...son exécution ! Cette liberté de contracter est celle de l'individu, je ne parle pas, ici, du contrat social, celui de Jean-Jacques Rousseau. Dans ces conditions, l'éthique est un choix personnel dont la seule limite est de ne pas gêner le voisin dans le cadre de la société. Pas de morale collective, mais un accord général pour admettre certaines règles de vie commune, voilà la substance de ce libéralisme là pour les aspects civils et éthiques. Est-ce un hasard, d'ailleurs, si Criticus invoquait, en décembre dernier, la survie pour justifier son libéralisme ? C'est exactement l'argument qu'Hayek tente désespérément d'invoquer pour tenter de sauvegarder une morale dans le processus catallactique : le marché serait l'expression de l'instinct de survie des individus puisqu'ils y viennent pour satisfaire leurs besoins et y réaliser des transactions avantageuses pour eux (voir dernier chapitre du livre de Thierry Aimar). Qu'il en soit conscient ou non, c'est bien dans cette tradition-là que Criticus s'inscrit.

Pour ma part, j'ai eu souvent l'occasion de le faire valoir, mon principal totem libéral, c'est Montesquieu. Or, chez Montesquieu, la liberté n'est pas première, comme chez les Autrichiens. La liberté est la conséquence d'un choix moral qui est de pratiquer la vertu. Montesquieu constate que seule la liberté permet véritablement l'expression de cette vertu. Et, le type de régime républicain, et tout particulièrement la démocratie, est l'expression politique qui garantit le plus sûrement cette liberté. Et donc la vertu...

Nous sommes donc bien face à deux conceptions du libéralisme, qui partagent évidemment certaines vues, qui s'opposent parfois frontalement, et qui, au final, divergent sensiblement à plus d'un égard.

Avec un billet comme celui-là, il ne me reste plus qu'à attendre des réactions de la sphère libérale...

dimanche, 12 avril 2009

Aides européennes éthiques

Il faut vraiment faire connaître les propositions de Gilles Artigues, candidat MoDem, dans le domaine économique, tant elles me semblent frappées du bon sens. Il s'interrogeait au début de l'année 2009 sur les conditions dans lesquelles des aides publiques européennes deviennent possibles...Ce gars-là est extraordinaire : il a le courage de défendre clairement l'Europe, le Trait de Lisbonne et en même temps il a d'excellentes idées. Eh, oh, dans le Sud-Est : il faut vraiment voter massivement pour le MoDem aux européennes de juin, parce qu'il faut vraiment que ce gars-là soit élu !

Ethiconditionnalité / conditionnement moral des aides européennes

Dans le cadre de ses multiples et divers programmes (politique régionale, politique agricole commune, politique de la pêche, politique de recherche, etc.), l’Union européenne distribue chaque année plusieurs centaines de millions d’euros à des entreprises de toutes tailles et de toutes sortes sur l’ensemble de son territoire. Ses aides s’inscrivent dans le cadre d’une politique volontariste et ambitieuse de favoriser la création, la reprise, la relocalisation, la sauvegarde et le développement des structures indispensables à la sphère socio-économique. L’objectif ultime n’est certainement pas de soutenir les plus riches mais bel et bien de permettre aux plus modestes de générer activités durables, emplois de qualité et revenus décents.

Malheureusement, à l’image de leurs homologues locales et nationales, les subventions européennes portent en elles un inéluctable effet d’aubaine aux terribles conséquences sociales. Quelques investisseurs avides et irresponsables peuvent ainsi être tentés d’en user à leur seul profit. Pour parvenir à leurs fins égoïstes et hypocrites, ils sont capables de satisfaire les moindres exigences communautaires (installation sur zones spécifiques, nombre d’emplois minimum, embaûche de la population locale, etc.). Une fois leur trésorerie abondée dans les proportions souhaitées, ils n’hésiteront pas à délocaliser en dehors de l’Union européenne dans l’optique d’accroître le bénéfice de leurs sociétés comme leurs propres dividendes. Si les contribuables sont indirectement victime de ce jeu de dupes, les salariés sont sans nul doute les plus à plaindre... Or, les cas ont malheureusement tendance à augmenter. Je m’étonne dès lors de l’inactivité des autorités.

Je propose pour ma part une "éthicondionnalité" des subventions comme des prêts accordés par l’Union européenne aux entreprises. Le terme peut sembler barbare et incompréhensible. Il est pourtant fort approprié. Il s’inspire tout spécialement du néologisme "écoconditionnalité" appliqué depuis peu de temps à l’agriculture, à savoir le conditionnement des aides directes aux exploitants sur des critères écologiques. Dans la même veine, je souhaite que le soutien communautaire à toute société soit soumis à de strictes règles morales. Pour exemple, une entreprise bénéficiaire de financements européens mais désireuse de quitter le continent pour des cieux soit-disant plus cléments devraient être tenue de rembourser lesdits financements avec intérêts dans le cas où sa santé économique ne justifie en rien sa délocalisation.

Délocalisations

Par ailleurs, je suis conscient de la souffrance, du désarroi et de l’amertume induits par le départ d’une entreprise installé sur le sol français pour un autre Etat membre de l’Union européenne, notamment à l’Est. Les statistiques officielles ne sont certainement pas en mesure d’y remédier. Je tiens tout de même à souligner que l’élargissement a, certes, détruit 150 000 emplois en France depuis 2004, mais il en a crée 300 000 autres sur la même période. Le solde positif de 150 000 s’explique par une combinaison du développement des pays orientaux et du commerce européen : lorsque les premiers s’enrichissent, leurs principaux partenaires sont systématiquement sollicités pour satisfaire leurs nouveaux besoins (en d’autres termes, incapables de produire certains biens de consommation, les Roumains, les Bulgares ou les Slovaques se fournissent en France à partir du moment où ils en ont les moyens, ce qui y génére de facto activité et travail).

L’ennui est que les coûts salariaux comme les conditions de vie de la Chine ou bien encore du Viet-Nam y attirent les investisseurs au détriment de toute l’Europe. De plus, ils permettent des prix beaucoup plus intéressants que leurs équivalents occidentaux, et ce, malgré les droits de douane. Pour contrer une concurrence parfaitement déloyale (les Chinois s’efforcent de maintenir leur monnaie à un bas niveau de manière à demeurer les plus compétitifs), qui plus est au coeur de la crise économique et sociale actuelle, je suis partisan d’une dose de protectionnisme communautaire au travers d’une élévation des droits de douane (pour renchérir les produits extérieurs par rapport à leurs simili européens) comme de la généralisation de la préférence communautaire (issue à nouveau de l’agriculture, elle vise à favoriser l’achat des productions locales). Je suis persuadé que les entreprises hésiteraient à délocaliser ou reviendraient sur le Vieux Continent dans la mesure où le marché européen est pour l’heure le plus important au monde avec 500 millions de consommateurs au niveau de vie le plus élevé de la planète...

mercredi, 11 mars 2009

Total a AUSSI une responsabilité citoyenne et éthique (réponse à LOmiG)

J'ai lu avec attention la note de LOmIG (Expression Libre) dans laquelle il reproche à Laurent Wauquiez sa réaction quand ce dernier a appris la suppression de 550 postes par Total. Il estime que le propos de Laurent Wauquiez est totalement démagogique et que cela ne le regarde pas. Évidemment, en tant que libéral, je n'aime pas trop les empiètements du pouvoir politique sur les firmes, par principe, parce que les entreprises n'ont pas vocation à être subordonnées aux pouvoirs politiques, mais mon point d'accord avec lui s'arrête là.

Bien sûr, in fine, les entreprises font ce qu’elles veulent, mais dégraisser 550 emplois avec des milliards d’euros de bénéfices, ça fait un peu tâche par les temps qui courent.

L’image que je me fais d’une entreprise, à titre personnel, ne se limite pas au seul aspect économique et comptable : sa valeur humaine au sens humaniste de la chose compte.

Pour ma part, je ne m’arrête plus actuellement dans les stations Total. c’est ma manière de faire valoir mon mécontentement de consommateur.

Les entreprises ont une responsabilité citoyenne au même titre que les individus dans un pays. Autant je ne demande pas à une entreprise lourdement déficitaire ou aux perspectives très sombres de se suicider, autant, en temps de crise tout au moins, une entreprise florissante peut-elle faire quelques efforts.
Il s’agit là d’une question éthique : ceci ne change rien à tout le bien que je pense de l’économie de marché. L'éthique n'est pas le privilège dde l'individu citoyen. L'entreprise aussi a une responsabilité sociale. Libre à elle de l'exercer bien sûr, et je dénoncerais toute forme de pression politique qui viserait à ce qu'elle agisse ainsi, mais il ne me paraît pas inutile de leur rappeler l'existence de cette responsabilité. Ce qu'a dit Laurent Wauquiez, très précisément, c'est ceci :

«Qu’un groupe comme Total, qui fait plusieurs milliards de bénéfices, ne soit pas capable dans cette période d’avoir un comportement exemplaire en termes d’emploi me reste en travers de la gorge”, a lancé Laurent Wauquiez. Pour le secrétaire d’État à l’emploi, “Total ferait mieux pour son image d’essayer d’avoir un comportement exemplaire en disant : En cette période de crise, on garde tout le monde, on ne fait pas de suppressions d’emplois. Ils feraient mieux de corriger leur comportement rapidement.»

Cela dit, il ne tient qu'à la majorité politique de Laurent Wauquiez de promouvoir une autre politique énergétique favorisant d'autres énergies, moins polluantes et aux sources stratégiquement plus sûres. Corine Lepage  trace régulièrement les grands principes d'une relance verte. C'est ce que proposent aussi François Bayrou et le MoDem...

lundi, 02 février 2009

Tibéri & co

J'attends avec impatience le verdict de l'affaire des faux électeurs du cinquième arrondissement. Il se trouve que j'ai vécu et voté dans cet arrondissement à l'époque des faits. J'ai en effet voté là-bas pour les municipales de 1995, et je n'aime pas que l'on se f... de mon vote ni de ma g... d'autant que je n'avais précisément pas voté pour lui...

J'ajoute que s'il y a eu des faux, c'est extrêmement grave. On ne peut pas faire pire que traffiquer un vote en démocratie. Si les Tibéri sont coupables, ils doivent être sévèrement punis : interdits d'exercer une mandature à vie, interdits de vote à vie. Si l'on vivait dans l'ancienne Rome, ils auraient été déchus de leur citoyenneté par les Censeurs. Je suis partisan de délivrer une nota censoria aux tricheurs, et à al mesure de l'indignité commise. Pour ceux qui veulent en savoir plus sur le rôle des Censeurs à Rome, c'est ici...

La pratique qui consiste à maquiller les votes caractérise les dictatures, les régimes totalitaires et les pouvoirs déliquescents et corrompus en général. La République ne doit avoir aucune compassion, aucune pitié envers les menteurs et les voleurs de voix. Tricher à des élections, c'est s'en prendre au corps même de la République. C'est détruire le corps électoral lui-même.

De toutes les fautes et de tous les crimes que peut accomplir un homme politique, celui-là est le pire, digne d'un état maffieux et d'individus habitués aux pratiques maffieuses. J'attends du pouvoir judiciaire, si la culpabilité est retenue, une punition exemplaire qui marquera les esprits pour longtemps.

mercredi, 26 novembre 2008

Statut de l'embryon

Je reviens du blog de Florent, Ataraxosphère, car je viens d'y lire un billet très intéressant sur l'embryon : en deux notes récentes, Florent traite le rapport des sociétés à l'euthanasie, et, sur l'embryon, il a mis les pieds avec un grand courage dans le plat.

Il admet ouvertement dans sa note que l'embryon est un être humain, et ce, dès sa conception. Les pro-life vont être contents...Mais, sur ce point, je suis d'accord avec lui, c'est aussi mon sentiment, et, en réalité, Florent a bien raison d'écarter d'un revers de la main les controverses sur l'humanité ou non d'un être humain.

Je suis d'accord, l'embryon est un être humain. Dès lors, les tergiversations écartées, il pose la seule question désormais valable, qui est de savoir si nos sociétés modernes ont le droit ou non d'euthanasier un être humain, ou, de réaliser des expériences sur un être humain. En effet, en admettant que l'embryon est un être humain, il accepte fatalement que toute expérience sur l'embryon soit une expérience sur un être humain...

La question du statut de l'embryon m'a toujours mis mal à l'aise. Contrairement aux pro-life, je ne suis pas croyant, mais, cela ne m'empêche pas de tendre à penser que l'embryon est bien un être, et j'avoue que l'idée de tuer, car c'est bien de mort dont on parle, un embryon, me met très mal à l'aise. En réalité, tout en saluant la lucidité et le courage de Florent, qui aborde la question en prenant le taureau par les cornes, je ne peux pas accepter ses conclusions.

Je ne suis bien sûr pas opposé à l'avortement, tout du moins, quand les motivations sont sérieuses, et, sur ce point, je rejoins tout à fait ce que dit Florent : si un avortement est un homicide, il ne faut pas tolérer des homicides de confort (par exemple, que l'avortement serve de substitut pratique à la contraception). Mais même si je n'y suis pas opposé, rien n'empêchera ma sensation de malaise de persister.

Reste le cas délicat des embryons surnuméraires en cas de procréation médicalement assistée : Florent est favorable à l'usage de ces embryons pour la recherche. Il fait notamment valoir, que de toutes façons, ils seraient autrement détruits et qu'il s'agirait tout de même d'un homicide légal. J'ai noté un concept intéressant dans l'argumentation de Florent, qui est la notion de projet de vie. Il semble, pour Florent, que cela soit un élément déterminant pour prendre une décision sur les embryons.

Et là, j'ai à nouveau un problème, et je ne peux suivre Florent. La relation des parents aux enfants est avant toutes choses, de mon point de vue, une relation de responsabilité, et non une relation de possession. Bien sûr, un embryon n'est pas un enfant, mais l'absence de projet de vie de sa part justifie-t-il que l'on décide du sort de l'embryon ? Je considère déjà avec horreur l'idée de leur mort, alors la simple pensée d'une expérience me rebute totalement.

J'ai le sentiment, au final, que Florent ouvre le bon chemin, en acceptant de placer le débat sur le terrain qui est le véritable terrain : celui de la mort et de la vie, celui de l'euthanasie et de l'humanité. En revanche, je ne suis pas certain d'accepter toutes ses conclusions. Je crois que ce débat commence, et qu'en effet, nos sociétés modernes vont devoir l'affronter. Il y a là une problématique éthique tout à fait fondamentale.

mardi, 14 octobre 2008

A la mode, et éthique, c'est possible !

J'ai malheureusement raté l'«Ethical Fashion Show» pour avoir lu trop tard la note de Quitterie à ce sujet. Mais, lot de consolation, je peux encore visualiser le reportage vidéo d'Hervé sur le même thème :-)

Des initiatives de ce cette sorte font typiquement partie de celles qui m'enthousiasment : reprendre un phénomène de société universel et presque contingent à l'espèce humaine civilisée, le phénomène de la mode. Avec ce phénomène, développer une alternative qui respecte un code éthique tout en faisant du commerce. En fait, l'image idéale du commerce telle que je me le représente dans une société avancée et développée.

La c....erie que j'ai faite, c'est d'avoir été informé trop tard ! Si je l'avais su avant, je l'aurais annoncé sur plusieurs blogs s'intéressant à la mode, et je pense que certains d'entre eux auraient certainement relayé l'info.

Sur hautetfort, ma plate-forme de blog, par exemple, les Mod-alités de City, un des blogs les plus lus de hautetfort, aurait peut-être été intéressé par cette manifesation au Carroussel du Louvre. Idem pour Marie Pink, qui aime bien annoncer les bons plans, second blog le plus lu de tout hautetfort ; même pari pour l'atypique "So Glamorous", encore l'un des ténors de hautetfort.

Cela dit, je crois que Quitterie donne un certain nombre de liens dans son billet, donc ce n'est pas encore perdu.

Petite observation, au passage, dans l'un de mes derniers billets, Femmes et déesses de l'Olympe, je reprenais une interrogation d'Olympe sur l'absence des femmes dans les classements des blogs ; sur hautetfort, y'a pas photo, elles tiennent, et de loin, le haut du pavé, en tout cas, en classement brut du trafic.

Dernier point : un petit ban pour Manu avec ses pensées, qui sera certainement intéressée aussi par l'annonce !

mercredi, 04 juin 2008

Cestaz meny : individu socialement responsable à la tchèque

 Je poursuis ma lecture des programmes des partis membres du Parti Démocratique Européen, ou de l'Alliance des Démocrates et des Libéraux Européens, et je suis tombé sur ce magnifique morceau d'anthologie, que l'on trouve dans le programme du Cestaz Meny (la voie du changement), parti centriste de la République Tchèque. En fait, j'ai eu la surpise de voir évoquée dans ce programme une définition de l'Individu socialement responsable telle que j'en avais moi-même esquissé les traits sur ce blog,et qui émergeait, à mes yeux, du programme politique du MoDem parisien. 

Voici la traduction que j'en donne en français :

 Nous sommes convaincus que l'avenir de notre pays est inimaginable sans la co-existence de personnes basée sur respect d'une éthique commune et de valeurs spirituelles.Les sociétés puisssantes ont des fondations morales fermes,ce qui est à mettre en relation non seulement avec une bonne qualité de vie, mais aussi avec une économie en bonne santé. C'est la responsabilité des politiques que de créer un climat faovrable de confiance en une société et un état justes. Confiance en soi, diligence, responsabilité et honnêteté de même que la solidarité et le sens civique sont les images que notre nation doit renvoyer. Les progrès que l'économie de marché a réalisé en un temps court doivent être reconnus avec objectivité, mais, en même temps, nous sommes conscients de ses limites pour assurer une redistribution des richesses. Il nous faut donc, désormais, renforcer la démocratie directe et les divers moyens pour les citoyens de participer aux affaires publiques. Plus simplement, l'importance nouvelle de la solidarité et de la citoyenneté qui émergent doit être reconnue comme un cadre important pour le marché libre et la démocratie.

et voilà le texte d'origine en anglais (je n'ai pas trouvé la version tchèque).

We are convinced that the future of our country is unimaginable without the co-existence of people based on respect for common ethical and spiritual values. Strong societies have firm moral foundations, which relate directly not only to qualify of life but also to a healthy economy. It is the responsibility of politicians to create a favourable climate of trust in the healthy, just operation of society and state. Self-confidence, diligence, responsibility and honesty are principles that along with civility, solidarity and civic advocacy must create the overall picture of our country. The progress that the market has made in the short period of democracy must be objectively recognised. At the same time we are aware of the limits that the market economy has as a tool for redistributing wealth. At present we must concern ourselves with the task of strengthening direct democracy and enabling various ways for citizens to participate in public affairs. Simply put, the new significance of solidarity and emerging citizenship must be acknowledged as an important framework for the free market and democracy.

Impressionnantes, les convergences...