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samedi, 03 mars 2012

Profs et escoqueries, Sarko, the Artist !

Bon. Sarko : 2, Hollande : 1 au connomètre. Là, c'est du grand art : Sarkozy propose "d'augmenter de 25%" les enseignants du secondaire qui accepteraient de demeurer 26 heures dans leur établissement au lieu de 18. La charge de travail hebdomadaire estimée d'un enseignant est d'environ 37 heures, avec un sévère bonus pour les enseignants de lettres. Chaque heure passée dans l'établissement se double généralement d'une heure de préparation. Cela dit, le coeur de l'escroquerie, c'est que, comme dans toutes les professions, les enseignants peuvent déjà faire des heures supplémentaires. Leur profession est  la seule (à ma connaissance) en France, où une heure supplémentaire légalement déclarée est payée moins qu'une heure ordinaire (elle n'est payée que 8 mois sur 12). Mais là, bingo, Sarko propose ni plus ni moins de réduire significativement le salaire de ceux qui feront des heures plus, puisqu'un tel choix reviendrait pour eux à perdre 50% du surplus qu'ils gagnent actuellement.

Travailler plus pour gagner moins, il l'a fait le Sarko. C'est incroyable, ce gars-là : il ressort les mêmes slogans à la noix qu'en 2007, mais cette fois, il propose en bonne et due forme des solutions pour gagner moins en travaillant plus.

Bilan des propositions de Sarkozy pour les profs : travailler plus dans la semaine, travailler plus dans l'année, être payé moins à la fin du mois. Il paraît qu'il existe encore 19% d'enseignants qui envisagent de voter pour Sarkozy : eh, les gars et les filles, vous êtes sûrs de votre choix ? C'est pas pour dire, mais Bayrou, lui au moins, vous pouvez être certains qu'il ne vous arnaquera pas dans les grandes longueurs comme les deux autres...

10:46 Publié dans Education, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : sarkozy, profs, salaire |  Facebook | | |

mardi, 14 février 2012

Le Panthéon de Bayrou est une école...

Voilà qui vaut le détour : Bruce Toussaint sur Europe 1, ce matin, demande à Bayrou : 

 Si vous devenez Président quelle sera votre 1er geste symbolique, votre Panthéon comme Mitterand en 1981?

Réponse de l'intéressé : 

Mon Panthéon est modeste et beaucoup plus ambitieux , j'irai dans une école , parce que c'est là que ça se joue.

Joli. J'aime bien. Un Panthéon, dans l'Antiquité, c'était un endroit dans lequel on honorait les dieux. Heureux d'entendre que Bayrou a consacré le sien à la déesse École.

Je crois qu'à Rome,  on ouvrait l'année au mois de mars après une fête en l'honneur de Minerve, déesse du savoir et des écoliers. Cette divinité d'origine Étrusque fut introduite à Rome par Numa Pompilius Bayrus le plus sages des rois romains. Nul doute qu'elle ne dépareillerait pas dans le panthéon démocrate :-)

Vous enseigneriez avec des consoles de jeux, vous ?

C'est toujours distrayant de lire Brighelli dans ses oeuvres : bien qu'il fasse souvent des observations de bon sens, il a une allergie à la modernité qui ne laisse pas de bien me faire rire. Analysant le programme pour l'école de François Bayrou, il attribue globalement un satisfecit au candidat centriste mais bute sur le numérique. Manifestement, l'e-learning (mais si ça existe en français, mon cher Jean-Paul, cela s'appelle l'enseignement à distance et le CNED - Centre national d'enseignement à distance -  le pratique de longue date !) lui génère une grosse éruption de boutons.

Sur le fond, que dit Brighelli : qu'il est fâcheux de donner à de jeunes élèves des ordinateurs parce qu'ils passent leur temps à jouer plutôt que d'étudier. C'est ce que j'appelle l'effet console de jeu. Sur ce point, c'est aussi mon avis. Si vraiment on décide que des collégiens utilisent des ordinateurs, il faut brider les machines et les accès à la mode de Dracon : pas de jeux, accès internet restreints à une sélection de sites jugés fréquentables et intstructifs.

Mais pour le reste, Brighelli s'en prend aux copié-collé made in Wikipedia. Parce que c'était mieux les copié-gratté made in Universalis ou Petit Robert d'antan ? Très mauvais procès fait à l'encyclopédie en ligne. Le problème, c'est la demande. Quand un enseignant veut qu'un élève fasse une recherche, il doit lui faire savoir qu'il compte l'interroger sur ce qu'il aura retenu de la recherche en question. Nul doute qu'une telle exigence poussera à la rationnalisation du dit copié-collé.

Le grand plan du numérique que veut Bayrou ne me paraît donc pas insensé. En soi, je pourrais en penser autant de celui d'Hollande si je ne connaissais pas par trop bien les Socialistes et la gauche en général. Ils confondent l'outil (donc le moyen) et son but. A gauche, le numérique est un objectif en soi (tout comme dans les diverses officines de l'UMP au demeurant) : c'est bien là où le bât blesse, et c'est, au fond, la nature même d'un tel projet qui provoque des réactions épidermiques chez des individus comme Brighelli.

Le pédagogisme a tué l'informatique comme il a flingué la pédagogie. De même qu'il a fait de la pédagogie une idéologie il fait de l'informatique le Graal universel de la très sainte pédagogie.

Mais en soi, ni la pédagogie ni l'informatique ne sont à condamner. La première est une passionnante science humaine, la seconde une technologie aux ressorts et aux apports prodigieux.

Les pédagogistes ont sans nul doute entâché ce qu'ils voulaient défendre par des comportements sectaires et malhonnêtes, mais leurs adversaires pourraient bien se tirer une balle dans le pied en s'obstinant à jeter le bébé avec l'eau du bain...

vendredi, 10 février 2012

Hollande et l'éducation ? Nul et inquiétant.

J'ai pris connaissance du discours de Hollande sur l'Éducation à Orléans. Nul. Du para-UMP en version socialiste. Et encore. Je trouve le programme de l'UMP supérieur en qualité à celui du PS. C'est dire. Je ne reviendrai pas une énième foi sur la question des rythmes scolaires, mais pour les enseignants qui douteraient encore des intentions de Hollande je ne résiste pas à la satisfaction d'y aller de ma petite citation : 

Autre cheval de bataille du candidat PS: la réforme des rythmes scolaires. Il prévoit donc un d’allonger «le temps scolaire sur l'année et sur la semaine [...] Enfin, concernant l’évolution des missions et des statuts des enseignants, François Hollande propose que la question soit discutée avec les principaux intéressés...

Je vais passer au reste, plutôt : Bayrou, dans son programme, a annoncé des choses simples, mais fortes : 50% du temps scolaire en primaire consacré à l'étude de la langue française, fin des querelles pédagogiques en donnant la primauté à l'efficacité, création d'un bac scientifique et littéraire, propédeutique pour le supérieur en terminale, classes parallèles pour remises à niveau des élèves en difficulté ou collège hors les murs pour ceux qui en perturbent le fonctionnement, avantage à la méthode syllabique, sans toutefois trancher par une directive, maintien des concours de recrutement, accent mis sur l'exigence et voies d'excellence partout. 

Que propose Hollande ? rétablir la toute-puissance des IUFM, supprimer les notes (ce qu'il appelle les évaluations obligatoires), rétablir 60 000 des 77 000 postes supprimés mais pas avec la même répartition et avec une prorportion de postes d'enseignants très diminuée, allongement du temps de présence des enseignants. Voilà en somme. Un programme éducatif, ça ? Vide, creux, nul. Pas de projet, pas d'ambition, mais les mêmes antiennes qui font le malheur de l'école depuis l'époque de Lionel Jospin avec de forts relents pédagogisants.

Je n'ai pas de mots pour rejeter la scolarisation d'enfants de deux ans tant je trouve l'école déjà tellement incapable de gérer des enfants de 3 ans avec douceur. Mieux vaudrait, et de loin, multiplier les places en crèche qui font cruellement défaut.

Au passage, je suis fasciné par la mahonnêteté de la sphère médiatique dont on a bien compris qu'elle a fait de Hollande son champion. Tout en cirage de pompes, aucun argument à charge. Quant aux profs de gauche, ils préfèrent faire l'autruche ou pleurer tous seuls dans leur coin au lieu de se battre pour le seul candidat qui vaille d'être soutenu dans ce combat pour une école exigeante, Bayrou.

Bref, la réforme globale, c'est un bide, ça fait pschitt, du flan. Il n'y a rien dedans. Je suis inquiet pour mes enfants : après l'école UMP ils vont avoir l'école PS. A quand l'école Bayrou, le dernier espoir de remettre en marche une école qui part toujours plus à la dérive...

00:10 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : bayrou, hollande, école, ump |  Facebook | | |

jeudi, 09 février 2012

On ne devient pas prof pour gagner de l'argent. Ah bon ?

Je crois vraiment que les enseignants qui s'apprêtent à voter pour Hollande doivent regarder cette vidéo. Absolument. Dialogue entre Ferry et Vincent Peillon, le grand manitou du programme éducatif de  Hollande. 

Peillon : Si les marges de manoeuvres le permettent, la question de revaloriser le traitement des enseignants se permet...[...] on ne devient pas enseignant pour gagner de l'argent...[...] la question des salaires n'est pas exclue, mais elle n'est pas la première question. Il ne faut pas laisser penser aux enfants que les gens choisissent leur métier pour l'argent...

Ferry : On ne fait pas le professeur pour gagner de l'argent

L'UMPS dans toute son ampleur. Copains comme cochons. Et moi alors ? Je fais balayeur parce que j'aime bien passer le balai dans la rue ? Quelle paire d'abrutis. Je m'échine à dire qu'en éducation PS et UMP ont le même programme. Y-a-t-il encore des enseignants qui ne seraient pas convaincus dans la salle ? Et pas la peine de vous rabattre sur les autres candidats de gauche, amis enseignants : Meirieu le conseiller d'Éva Joly sur l'éducation partage exactement le même point de vue que Peillon et Ferry. J'ai entendu que Mélenchon a également l'intention de coller les enseignants aux 35 heures dans les établissements. Pourtant, dans cette émission, Peillon reconnaît que les enseignants en question travaillent au minimum de 37 à 39 heures par semaine en moyenne.

Amis enseignants, dans cette présidentielle, seul Bayrou défend clairement la pérénité de votre actuel statut. Vous ne voulez pas vous livrer à un vote corporatiste ? Vous culpabilisez ? C'est mal de défendre aussi ses intérêts ? Croyez-bien que la gauche dans son ensemble n'aura aucune reconnaissance de quelque sorte pour votre sacrifice. Et ne comptez pas sur vos syndicats. Dans le principe, ils sont acquis à l'idée d'allonger le temps de travail, même s'ils parlent de concertation, SNES compris. Désolé, amis de gauche, de vous peiner, mais, à la rigueur, le seul syndicat enseignant qui s'y oppose clairement est...le SNALC ! Un syndicat de droite ! Oh, comme c'est triste, camarade gauchiste, n'est-ce pas ? Allez, je ne remue pas le couteau dans la plaie...

Alors, un petit effort : lions un bon paquet de blogs de profs, particulièrement ceux qui voient en Hollande une alternative à Sarkozy, voire un sauveur...

Alors ? Cycee (qui s'inquiète de l'annualisation de son temps de travail) ? Food d'amour (c'est Hollande l'alternative ?) ? Prof en campagne ? Privilégié (c'est parce qu'il déprime qu'il est silencieux depuis un mois ?) ? Et toi, mon pauvre prof à la dérive, tu comptes échouer jusqu'où ? C'est toujours le pied, prof (qui croit que les 35 heures ce n'est qu'une idée de Châtel)

Ela Dame de la Cité, ne va-t-elle pas avoir à son tour une vraie raison de détester aussi le parti socialiste ? C'est pas le grand Bzzazar le temps de travail des enseignants ?

Bref, on ne va pas épiloguer : je trouve le principe de déclarer à quelqu'un qu'il devrait travailler gratis par amour de son travail ridicule. Comme une auxiliaire parentale à laquelle je refuserais une augmentation de salaire parce que c'est une noble tache que de s'occuper d'un enfant. Ou encore un médecin que je refuserais de régler à cause du Serment d'Hippocrate.


LES DEBATS DE LA PRESIDENTIELLE, La même école... par publicsenat

09:53 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (24) | Tags : profs, temps de travail |  Facebook | | |

samedi, 04 février 2012

Bayrou : un nouvel espoir pour l'éducation

J'ai assisté au forum sur l'éducation organisé par François Bayrou et j'avoue que j'ai été subjugué. Le Bayrou de 2012 surpasse celui de 2006, celui-là même qui m'avait fait adhérer à l'UDF. Pas une proposition avec laquelle je ne sois pas d'accord. Bayrou a conclu la journée par 30 propositions : elles me conviennent toutes, mais j'ai choisi d'en sélectionner quelques unes qui me paraissent particulièrement pertinentes.

a) halte à la réformite

Au lieu d’être dans la « réformite », il faut un plan de progrès continu, inscrit dans le long terme. Pour vraiment changer les choses, il faut cesser d’aller en fausses « réformes » en fausses « réformes », qui ne changent rien sur le fond, mais déstabilisent perpétuellement l’éducation nationale et le moral, la confiance professionnelle des enseignants et des parents. C’est de la fausse monnaie.

b) les professeurs vont pouvoir respirer : enfin un candidat qui ne rêve pas de réformer leur statut

Il faut restaurer la confiance de la nation dans ses enseignants. Je ne suis pas pour qu’on remette en cause le décret des années 50 qui définit le statut des enseignants. La définition du temps de travail est légitime. Il peut être réaménagé sur la base du volontariat, on peut faciliter si on le souhaite une présence plus longue dans l’établissement, par exemple en construisant des bureaux, mais les procès doivent cesser.

Allez, pour rigoler : militant socialiste qui serait enseignant, essaie de demander à Vincent Peillon ou François Hollande s'ils comptent toucher à ton statut : courage, et reviens-me voir si tu as une réponse, c'est à dire sans doute dans très longtemps, ou, quand ton statut aura été réformé si jamais le ciel t'est tombé sur la tête et que la candidat UMP ou celui du PS est élu...

La notation pédagogique des enseignants doit être assurée par des évaluateurs (corps d’inspection ou autres) expérimentés, de la même qualification au moins, de la même discipline et non par le chef d’établissement étranger à la discipline enseignée. Au demeurant, il n’y a rien à changer. Le chef d’établissement évalue déjà les capacités et les qualités des enseignants, individuellement, et son évaluation représente 40% de la note attribuée. J’ajoute que plus on trouvera d’éléments objectifs pour assurer l’évaluation, et plus j’approuverai.

c) tiens, un bon coup de torchon dans la paperasse et la technostructure administrative

Arrêter avec les surcharges administratives, la multiplication de réunions, l’avalanche des livrets de compétences. À l’école, comme dans tous les autres secteurs d’activité, la surcharge paperassière étouffe, asphyxie, et ne sert à rien. Idem avec les circulaires de toute nature !

d) Exit le mariage monstrueux de la pédagogie et de l'idéologie

La question des méthodes pédagogiques doit être tranchée non pas par l’idéologie, mais par l’évaluation des résultats. Ne croyez pas que comme tous les parents et tous les enseignants, je n’ai pas une opinion que je crois solide et nourrie par l’expérience. Par exemple, je pense que la question des méthodes de lecture devrait être tranchée depuis longtemps : en effet le clavier, avec lequel désormais toute personne vit, le clavier ce n’est pas global, c’est lettre par lettre. Et donc du son à la lettre, de la lettre à la syllabe, de la syllabe au mot, cela me paraît devoir être la démarche désormais indiscutable. C’est une opinion personnelle, je la trouve pertinente. Mais ce n’est ni au gouvernement ni au président de la République de trancher des méthodes d’apprentissage. C’est à la classe, aux résultats effectifs, à condition qu’aucune méthode ne se voie exclue pour raisons idéologiques.

e) Alliance des sciences et des humanités

Contre la double pénurie de scientifiques et de littéraires, réfléchir à l’organisation des baccalauréats, notamment la réflexion sur un baccalauréat d’excellence générale, à la fois littéraire et scientifique.

Si Bayrou devient président, c'est le bac vers lequel, pour ma part, j'essaierai d'orienter mes propres enfants.

f) en finir avec la violence à l'école

Refaire de l’école un lieu d’où la violence est exclue et où le respect est la règle.

Toutes les propositions de Bayrou, une nouvelle fois, m'ont séduit. J'invite d'ailleurs les enseignants qui me lisent à en prendre connaissance. Il n'est pas possible, s'ils sont objectifs, qu'ils n'apportent pas leur suffrage à Bayrou, après en avoir pris connaissance. Pour ce que je connais du monde enseignant, il est vraiment le seul à vraiment épouser leurs inquiétudes et y répondre de manière franche et claire.

J'ajoute qu'il a été beaucoup question du handicap dans les tables rondes et que Bayrou en a parlé à plusieurs reprises. le handicap fera toutefois l'objet d'un forum spécifique.

18:41 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (29) | Tags : bayrou, éducation |  Facebook | | |

mercredi, 01 février 2012

Hollande tentera de coller les enseignants aux «35 heures»

Qui ne connaît les deux bons vieux proverbes : «qui ne dit mot consent» et «les promesses n'engagent que ceux qui y croient».

Il faut décrypter les silences de Hollande et ses demi-propos. Son programme annonce vouloir ouvrir un grand débat sur l'attractivité du métier d'enseignant ainsi que sur le statut de cette profession, tout en discutant de la revalorisation des salaires.

Soyons honnête : on ne crée pas 60 000 postes dans une branche tout en augmentant les salaires. Plus généralement, je dirais simplement : dis-moi quel est ton conseiller je te dirai ce que tu feras.

Le conseiller éducation de François Hollande est Vincent Peillon. Vincent Peillon rêve de coller les enseignants 35 heures dans les établissements et d'allonger leur année scolaire. Il l'a dit à plusieurs reprises. 

Jamais je n'ai entendu qui que ce soit dans l'entourage socialiste revenir sur ces objectifs. Verba volant, scripta manent, seuls les écrits font foi à mes yeux. A ma connaissance, seul François Bayrou a explicitement fait savoir qu'il s'opposait à tout allongement du temps de service des enseignants. Il l'écrit noir sur blanc dans son État d'urgence, faisant observer que nul ne sait ce qu'est le butinage de l'enseignant (et le temps qui va avec) quand il prépare ses cours.

Demain, c’est leur temps de travail qui sera attaqué, à la suite, "naturellement", d’une large concertation. Dont on connait le résultat à l’avance puisqu’il a été décidé à l’avance (…). Personne pour expliquer qu’une heure de cours, ce sont des heures de préparation, de corrections, de lectures, de butinage intellectuel, pour essayer tous les jours un peu mieux, de comprendre ce qu’on enseigne, et de mieux l’enseigner.

De la même manière, Bayrou s'oppose à ce que les enseignants ne soient évalués que par les chefs d'établissement, ne serait-ce que parce qu'une administration qui se prive de ses corps d'inspection signe sa déliquescence.

Le grand silence de Hollande et des Socialistes en général (pas un n'a soutenu les syndicats enseignants dans leur révollte) est éloquent.

Il ya évidemment parmi les enseignants des adeptes de ces 35 heures-là. En partie par conviction (Ségolène Royal s'en faisait déjà l'apôtre en 2007), en partie par militantisme. Tiendront-ils puisqu'ils doivent craindre le froid, désormais ?

C'est très intelligent, 35 heures dans les établissements à l'heure où 1 agent sur 4 de l'Éducation Nationale est en état d'épuisement.

J'avoue que je ne comprends pas les enseignants : ils sont actuellement 35% à accorder leurs suffrages à Hollande et aux Socialistes contre 10 seulement pour Bayrou.

Pourtant, ils doivent le comprendre : s'il y a une majorité socialiste qui accède au pouvoir, ils sont morts. De même si l'UMP survit à son déclin et parvient à conserver une majorité.

Seul Bayrou défend explicitement le statut des enseignants. On n'entend aucune autre protestation à gauche, preuve que les Mélenchon, Joly et compagnie sont exactement sur la même longueur d'ondes que François Hollande...

Mieux, vous allez voir : surveillez bien les commentaires de ce billet ! Si la pravdasphère débarque ici, vous pouvez vous attendre à ce qu'elle justifie son champion et en aucun cas à ce qu'elle ne critique les orientations de son poulain.

Mieux vaut faire confiance à un homme dont les axes directeurs sont à la fois clairs et sains. Pas de fioritures, des mesures simples et justes.

samedi, 28 janvier 2012

Le silence des enseignants

Je suis très frappé de l'atonie du monde enseignant dans cette campagne présidentielle. Peut-être, aussi, que les partis politiques ont tué le débat pédagogique en se mettant tous d'accord sur les mesures à appliquer, seuls les montants à attribuer à l'éducation les distinguant les uns des autres.

Je crois très profondément que cette élection ne se jouera pas sur l'école même si bien sûr l'éducation est présente dans les esprits, particulièrement ceux des familles.

Je suis également étonné de l'inactivité des blogueurs enseignants. Oh, on en trouve bien quelques uns de temps à autre pour faire entendre leur voix, mais quand ils s'expriment sur l'éducation, on constate qu'ils ont totalement embrassé le point de vue dominant au sein de leur formation politique, abjurant toute forme d'esprit critique.

S'il y a bien une profession que sa hiérarchie s'ingénie à faire ch... par tous les moyens possibles et imaginables, c'est pourtant bien celle-là. Réformes incessantes, faits du prince, interventions inutiles mais imposées dans les séances de cours, formulaires aussi crétins qu'abscons à remplir pour évaluer les élèves, méthodes kafkaïennes, circulaires au jargon incompréhensible et aux nomenclatures improbables... 

Ce qui m'impressionne, avec les profs, c'est qu'ils n'ont jamais de revendications salariales. Pourtant, en valeur absolue, depuis 40 ans, leur salaire n'a cessé de baisser.

En règle générale, ils se contentent simplement de demander qu'on leur foute la paix. En vain.

Le 31 janvier prochain, quelques uns de leurs syndicats appellent à la grève : la dernière trouvaille des Châtel Cie, c'est d'attribuer aux chefs d'établissement le pouvoir de juger de la qualité pédagogique ou non de ses enseignants et de les noter donc en conséquence. Ainsi, un chef d'établissement ayant été formé en fabrication de macramé pourra désormais donner son avis sur les transgressions des règles de bienséance dans la Phèdre de Racine. Riche idée, non ?

En attendant, un grand consensus mou se dessine au sein de l'opinion : l'école telle qu'elle fonctionne semble satisfaire tout le monde. Enfin...presque...

20:04 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (41) | Tags : enseignant |  Facebook | | |

mercredi, 25 janvier 2012

Mélenchon et Bayrou : si loin et si proches...

C'est curieux : je suis un centriste d'obédience libérale et je devrais donc considérer Mélenchon et ses supporters comme mes adversaires principaux, et pourtant, ce n'est pas le cas.

Bayrou et Mélenchon s'opposent radicalement par leur analyse de l'environnement économique, ce qui est loin d'être négligeable, mais ils partagent aussi un goût prononcé et profond pour la culture et la défense de la culture et un véritable amour du peuple français.

Quand j'entends Mélenchon parler sur l'école, par exemple, en dehors de Bayrou, je trouve que c'est le seul qui échappe à la doxa bien-pensante et si c'était l'unique critère de mon vote, nul doute qu'il lui serait acquis immédiatement après Bayrou.

Bon, évidemment, si vous lisez de temps en temps le blog du товаричь (tovaritch : paf, j'ai réussi à l'écrire en russe :-) !) Gauche de combat et ses échos de la gauchosphère, vous allez constater de, comment dirais-je, substantielles divergences de vue...

Au fond, Mélenchon et Bayrou ont en commun d'être des trublions, des empêcheurs de tourner en rond. J'ai bien aimé la manière dont Mélenchon a envoyé ch... le petit Journal. Il paraît que Barthès va perdre sa carte de presse. Bon débarras. Ce gars-là fait du divertissement, pas de l'information et en plus il diffuse des contre-vérités. A preuve l'histoire de l'audi qui n'appartenait pas à Bayrou ou encore, plus récemment, la fausse absence d'effusions entre Éva Joly et Mélenchon.

Bref, respect pour Mélenchon, mais...ça s'arrête là, parce que politiquement, les amis, c'est la baston, on n'a presque rien de commun, les gauchos et moi :-)

09:34 Publié dans Education, Politique | Lien permanent | Commentaires (24) | Tags : bayrou, mélenchon |  Facebook | | |

dimanche, 22 janvier 2012

École, les axes directeurs de Bayrou

Le discours que Bayrou a prononcé à Dunkerque évoque clairement et nettement l'école qu'il entend mettre en place. A vrai dire, j'ai souri en l'entendant pester contre la méconnaissance du calcul mental aujourd'hui, envisageant de coller trois semaines au pain sec et à l'autre ceux qui l'ont enlevé de l'école primaire. On peut donc s'attendre à un retour en force des mathématiques à l'école si Bayrou accède au pouvoir suprême. Mais ce n'est pas tout.

Il a réitéré son intention de faire des pratiques des enseignants la pierre angulaire des pédagogies qui seront appliquées à l'école. Voilà qui changera a) des réformes incessantes b) de la pratique constamment descendante qui caractérise la technocratie de Grenellle.

Il a également précisé sa volonté de procéder à un dépistage précoce des difficultés des enfants à l'école et d'y apporter immédiatement une réponse adaptée.

Il a aussi pris un engagement très clair pour le collège, préconisant des classes parallèles et adaptées pour permettre à ceux qui en ont besoin de rattraper leur retard.

Enfin, il a rappelé le rôle essentiel de la culture générale (n'est-ce pas Monsieur Descoings qui vient d'en supprimer l'épreuve à Scien-Po) et renvoyé sans ménagement dans les cordes la bourdieuserie : 

Ceux qui prétendent qu'il faudrait abandonner la culture générale, parce qu'elle serait affaire de privilégiés, ce sont les pires complices des pires abus de positions dominantes. C'est une école exigeante en culture générale qui est la seule école de l’égalité républicaine.

Cela me paraît très bien. Je pense que l'école n'a pas besoin de plus que cela. Il a d'ailleurs conclu en appelant à une école exigeante.

Au lieu d'une école qui abaisse le niveau d'exigence, je suis pour une école qui hausse le niveau d'exigence parce que l'exigence à l'école, c'est une résistance.

PS et MAJ : je reçois parfaitement les préconisations de Brighelli. Elles me semblent cadrer avec ce que propose Bayrou.

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