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mercredi, 25 janvier 2012

Mélenchon et Bayrou : si loin et si proches...

C'est curieux : je suis un centriste d'obédience libérale et je devrais donc considérer Mélenchon et ses supporters comme mes adversaires principaux, et pourtant, ce n'est pas le cas.

Bayrou et Mélenchon s'opposent radicalement par leur analyse de l'environnement économique, ce qui est loin d'être négligeable, mais ils partagent aussi un goût prononcé et profond pour la culture et la défense de la culture et un véritable amour du peuple français.

Quand j'entends Mélenchon parler sur l'école, par exemple, en dehors de Bayrou, je trouve que c'est le seul qui échappe à la doxa bien-pensante et si c'était l'unique critère de mon vote, nul doute qu'il lui serait acquis immédiatement après Bayrou.

Bon, évidemment, si vous lisez de temps en temps le blog du товаричь (tovaritch : paf, j'ai réussi à l'écrire en russe :-) !) Gauche de combat et ses échos de la gauchosphère, vous allez constater de, comment dirais-je, substantielles divergences de vue...

Au fond, Mélenchon et Bayrou ont en commun d'être des trublions, des empêcheurs de tourner en rond. J'ai bien aimé la manière dont Mélenchon a envoyé ch... le petit Journal. Il paraît que Barthès va perdre sa carte de presse. Bon débarras. Ce gars-là fait du divertissement, pas de l'information et en plus il diffuse des contre-vérités. A preuve l'histoire de l'audi qui n'appartenait pas à Bayrou ou encore, plus récemment, la fausse absence d'effusions entre Éva Joly et Mélenchon.

Bref, respect pour Mélenchon, mais...ça s'arrête là, parce que politiquement, les amis, c'est la baston, on n'a presque rien de commun, les gauchos et moi :-)

09:34 Publié dans Education, Politique | Lien permanent | Commentaires (24) | Tags : bayrou, mélenchon |  Facebook | | |

dimanche, 22 janvier 2012

École, les axes directeurs de Bayrou

Le discours que Bayrou a prononcé à Dunkerque évoque clairement et nettement l'école qu'il entend mettre en place. A vrai dire, j'ai souri en l'entendant pester contre la méconnaissance du calcul mental aujourd'hui, envisageant de coller trois semaines au pain sec et à l'autre ceux qui l'ont enlevé de l'école primaire. On peut donc s'attendre à un retour en force des mathématiques à l'école si Bayrou accède au pouvoir suprême. Mais ce n'est pas tout.

Il a réitéré son intention de faire des pratiques des enseignants la pierre angulaire des pédagogies qui seront appliquées à l'école. Voilà qui changera a) des réformes incessantes b) de la pratique constamment descendante qui caractérise la technocratie de Grenellle.

Il a également précisé sa volonté de procéder à un dépistage précoce des difficultés des enfants à l'école et d'y apporter immédiatement une réponse adaptée.

Il a aussi pris un engagement très clair pour le collège, préconisant des classes parallèles et adaptées pour permettre à ceux qui en ont besoin de rattraper leur retard.

Enfin, il a rappelé le rôle essentiel de la culture générale (n'est-ce pas Monsieur Descoings qui vient d'en supprimer l'épreuve à Scien-Po) et renvoyé sans ménagement dans les cordes la bourdieuserie : 

Ceux qui prétendent qu'il faudrait abandonner la culture générale, parce qu'elle serait affaire de privilégiés, ce sont les pires complices des pires abus de positions dominantes. C'est une école exigeante en culture générale qui est la seule école de l’égalité républicaine.

Cela me paraît très bien. Je pense que l'école n'a pas besoin de plus que cela. Il a d'ailleurs conclu en appelant à une école exigeante.

Au lieu d'une école qui abaisse le niveau d'exigence, je suis pour une école qui hausse le niveau d'exigence parce que l'exigence à l'école, c'est une résistance.

PS et MAJ : je reçois parfaitement les préconisations de Brighelli. Elles me semblent cadrer avec ce que propose Bayrou.

15:01 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : bayrou, école |  Facebook | | |

mercredi, 28 décembre 2011

Et si vous proposiez de relocaliser l'excellence, François Bayrou ?

Ce n'est pas facile d'amener l'éducation comme thème dans une campagne présidentielle. L'absence de pensée et d'originalité des partis politiques sur ce thème est tout simplement prodigieuse. Ils se contentent de reprendre les recettes éculées  des think tank et autres cercles de spécialistes tenant le haut du pavé.

François Bayrou vide la querelle pédagogique en s'en remettant à un pragmatisme absolu : juger les enseignants sur leurs résultats. C'est le début du chemin, mais le début seulement.

Si Bayrou veut s'extraire de la doxa ambiante, il doit aller bien plus loin : remettre en cause tout l'utilitarisme ambiant et débilitant. Le culte de la compétence, du savoir-faire, du savoir-être et tous ces infinitifs abscons qui permettent de mieux noyer le poisson.

Qui remettra enfin en cause les fameux tests PISA dont l'objet n'est que de mesurer les "compétences utilitaires" des individus ? Le terme de "compétence" qui s'est désormais imposé partout est en tant que tel d'une débilité déconcertante. Comme on fait des bilans de compétence dans les entreprises (ce qui a un sens) des imbéciles ont imaginé calquer ce schéma professionnel sur l'école. Depuis, on mesure les compétences dans les écoles, les collèges et bientôt les lycées puisque le mal se propage comme une gangrène. On fait ainsi gaspiller un temps précieux aux enseignants.

Aujourd'hui, je vois les partis politiques agiter le statut des enseignants comme si c'était là ce dont souffre notre école : haro sur le temps de présence des enseignants dans les écoles, haro sur les rythmes scolaires (c'est à dire les vacances des enseignants en somme). Croit-on un seul instant que les résultats scolaires des élèves vont s'améliorer parce que les enseignants feront plus de réunions pédagogiques bidon ? Est-ce juste, au demeurant, de s'apprêter à faire travailler davantage une profession toute entière, a fortiori sans les moyens financiers pour la compenser  de ce surcroît ?

Marielle de Sarnez dans sa lettre européenne de juillet 2011 a réalisé un tour d'horizon de pays d'Europe différents avec des rythmes très différents. Corrélation avec les classements PISA (pour autant qu'on accepte de leur accorder l'importance qu'ils ne méritent sans doute pas) ? Zéro.

Je ne comprends pas que Bayrou n'évacue pas définitivement ces balivernes, puisqu'il s'obstine à citer les rythmes scolaires comme une réforme à faire dans l'Éducation Nationale dans son État d'urgence, ou encore qu'il n'ait pas rejeté les compétences qu'il accepte si elles sont "bien faites" dans sa première tweetinterview.

Je l'invite plutôt à relire les premières pages  du livre de son ami béarnais, Jean Lassalle, la parole donnée : celui-ci y évoque avec émotion sa découverte des philosophes grecs et observe qu'il fut un temps où dans chaque village de France, on pouvait étudier les humanités.

François Bayrou avait fait de l'excellence l'un de ses chevaux de bataille en 2007. Il a fait valoir tout au long des dernières années que l'État avait d'abord besoin d'être présent là où il avait déserté.

Moi, je lui propose comme programme cette fusion de ces deux préoccupations : relocaliser l'excellence. Voilà qui me paraît très bien s'associer avec son Made in France et la relocalisation des industries.

Deux modèles s'opposent :

- d'un côté la super High School dont rêve le Descoings qui distribue des dividendes à ses associés tout en se donnant bonne conscience avec sa pseudo discrimination positive.

- de l'autre, le rêve de Lassalle, une école implantée sur tout notre territoire donnant à chacun les moyens de se réaliser, et ce, quels que soient ses moyens. Allez entrer à l'IEP sans passer par la très coûteuse préparation privée IPESUP...Sauf à faire partie de l'heureuse cohorte des discriminés, évidemment...

Évidemment, quand je parle d'excellence, je la fais rimer avec exigence. Et cette excellence doit pouvoir s'exercer sur tous les chemins de l'école et de l'apprentissage. Du latin et du grec partout, puisqu'ils sont emblématiques, mais aussi du compagnonnage dans chaque village. Voilà comment je vois la chose.

Ceci suppose des décisions courageuses : épurer la technostructure de l'Éducation Nationale qui impose ses délires pédagogico-khmeresques depuis trop longtemps, reconsidérer toutes ses structures, et notamment les chaînes de hiérarchie, redonner un vrai rôle à l'inspection pédagogique, en finir avec les lieux de vie et "l'éveil". Plus généralement, je le redis, laisser les enseignants et les établissements scolaires s'organiser comme ils l'entendent, y compris du point de vue de leurs méthodes et leur fixer seulement des objectifs. Ce dernier point est assez proche des vues de Bayrou.

Il ne suffira pas d'épurer la techno-structure : Ulysse se bouche les oreilles dans l'Odyssée pour échapper au chant des sirènes. Bayrou doit bien comprendre qu'il ne doit plus écouter conseillers, commissions, think tank, spécialistes, syndicats et autres pédagogolâtres patentés, mais suivre son instinct, car, quand il agit ainsi, il est souvent bon. A lui de jouer, maintenant : il a voulu axer son projet sur un tryptique produire, instruire, construire. Produire, on y est mais instruire, cela reste à faire. Et, je l'ai dit au mois de juillet, il ne s'agit surtout pas de proposer la même chose que les autres partis. Il faut créer le clivage, et sur ce sujet,c 'est d'autant plus aisé que les autres parlent tous d'une même voix. Ils ne s'affrontent que sur le nombre de postes à supprimer ou à réaffecter à l'école, c'est là tout ce qui leur tient lieu de débat. Sur tout le reste, ils sont d'accord à 100%.

Notre école et les Français méritent autre chose, non ?

17:59 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : bayrou, école |  Facebook | | |

mardi, 20 décembre 2011

Enseignante immolée par le feu, la vérité !

Nom de .... Je viens, grâce à Brighelli, de m'apercevoir que comme tant de Français, j'avais été entubé par les médias et le Ministère de l'Éducation Nationale. Là, j'ai un peu la haine, parce que je n'aime pas trop me faire rouler. Vous vous souvenez de cette enseignante qui s'était immolée par le feu fin octobre à Béziers ? J'y avais vu pour ma part le geste désespéré de quelqu'un qui allait de plus en plus mal. Les Médias s'étaient empressés de souligner des conflits avec ses élèves et le Ministère, Châtel en tête, avaient embrayé sur sa fragilité.

LES ORDURES. La vérité ? De sales petits merdeux ont tenté de filmer la scène de l'immolation avec leurs portables pour la diffuser sur Internet. Je viens d'apprendre ça en lisant le blogue de Brighelli. Mon verdict ? Les accompagner au cachot à coups matraque dans la gueule et les laisser au trou pour plusieurs années sans excuse de minorité aucune. A vrai dire, ce sont aussi les mêmes branleurs qui ont chanté et passé de la musique sur leur portable pendant la marche blanche en se vantant d'en avoir eu "une". Finalement, pas à coups de matraque. A coups de décharges de Taser l'accompagnement jusqu'au gnouf.

Réactions des médias ? Aucune. Ils ont diffusé des mensonges sans vergogne. Par exemple, ils ont relaté que l'enseignante avait déclaré aux élèves avant de s'immoler, «c'est pour vous». FAUX. Elle leur a dit «c'est pour vous que je le fais» ce qui donne un tout autre sens et une toute autre dimension à son geste. Je viens à nouveau de l'apprendre par Brighelli.

Des connards parmi les parents d'élève (les parents de ceux qui ont cherché à filmer la scène ?) ont chargé à mort l'enseignante laissant entendre qu'elle faisait mal son métier et ne s'occupait que de ceux qui réussissaient. Son père et ses collègues ont eu beau s'évertuer à défendre sa mémoire , précisant que c'était simplement une enseignante qui avait des exigences et aimait son métier, personne n'a relayé la vérité. Sans doute était-elle trop gênante. Et moi, comme un con, et pourtant je suis censé être un décrypteur averti, je suis tombé dans le panneau et j'ai cru tout ce que disaient médias, inspection et ministre. 

Mea maxima culpa. 

jeudi, 24 novembre 2011

Blocage des salaires à l'Éducation Nationale

Châtel, il a vraiment la tête du fayot de la Sarkozie. Toujours content de lui, quand il a son nonos. C'est vraiment le roi de l'entube.

Là, il est tout content parce qu'il vient d'annoncer qu'il va augmenter les jeunes profs. Il a juste oublié de préciser qu'il bloquait les salaires de tous les autres enseignants pendant trois ans, dans le même temps.

Hop, un petit coup d'oeil sur le site du SNES, le puissant syndicat des enseignants du secondaire, et qu'apprend-on ?

Le Ministère a dans ses cartons une réforme qui consiste à faire évaluer les enseignants non plus par des inspecteurs, mais par des chefs d'établissement. Au passage, réforme idiote : elle favorise les effets de cour, et surtout, prive l'État d'un corps indispensable : l'inspection. Un État qui se débarasse de ses inspecteurs est un État qui entend bien se laver les mains de ce qu'il se passe dans ses basses oeuvres. Or, partout un corps de contrôle est absolument nécessaire.

Squizzer l'inspection pédagogique est un grand moment de la chateloconnerie. Rendons à Châtel ce qui ne lui appartient pas, c'est en projet sans doute ailleurs qu'à l'UMP.

Non, le tour de force, c'est l'arnaque de 1ère qualité qu'a mis au point Châtel. Pour appliquer sa réforme, il a décidé de bloquer l'avancement des enseignants pendant trois ans à l'ancienneté. De 2012 à 2015.

Or, un enseignant ne met jamais moins de trois ans à franchir un échelon de carrière. C'est même trois ans au début, mais rapidement 3.5, puis 5 ans. 

Je ne suis pas mauvais en soustraction : 2015-2012 = 3.

Les salaires des enseignants seront donc bloqués pendant trois ans à l'Éducation Nationale.

Heureusement qu'il y a le SNES et l'hérétique qui veillent au grain, non ? Y'a quand même un truc qui me frappe,  c'est qu'un grand silence plane dans la presse et les appareils politiques...

On dit quoi, sinon, au Président du pouvoir d'achat, chez les enseignants ? Merci ? Quand je pense que l'UMP veut au passage les coller 35 heures dans les établissements, tout comme les Socialistes, je pense que le recrutement n'a pas fini de s'effondrer...

17:01 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : salaire, enseignant |  Facebook | | |

dimanche, 20 novembre 2011

Le Nouveau centre à l'Argus !

Je ne sais pas comment a fait Laureline Dupont pour se procurer de l'information sur le projet politique du Nouveau Centre, mais moi, je ne trouve rien chez eux.

Il faut dire qu'ils ont une stratégie de communication  qui a le mérite de provoquer une forte hilarité générale : Intituler Argus les actuelles propositions de leur projet, compte-tenu de leur histoire et de leur situation actuelle, c'est vraiment donner des verges pour se faire battre :-D

A cela s'ajoute qu'il faut payer pour récupérer leur projet ! Très intelligent, ça, pour avoir l'assurance de ne pas voir leurs idées diffusées sur la Toile. Qui voudra payer pour lire le projet politique du Nouveau Centre ?

Cela dit, en termes de projet, pour ce que j'ai pu lire, j'ai pas mal de convergences avec eux, notamment sur les retraites, mais malheureusement pour le Nouveau Centre, j'ai le sentiment que ces convergences-là seront bien mieux défendues par François Bayrou que par n'importe quel néo-centriste. Les 5 années passées m'en ont largement convaincu...

J'ai vu qu'ils avaient recyclé Gabriel Cohn-Bendit dans leur convention sur l'école (il est partout, celui-là, décidément) et la chronobiologie, la nouvelle marotte de la classe politique. Peu importe, au demeurant, que la comparaison avec d'autres pays ne donne aucun résultat probant en termes de résultats selon les rythmes scolaires.

Si, toutefois, je m'appuie strictement sur les informations que Laureline Dupont a obtenues (comment a-t-elle fait ?), pour l'instant, je ne vois pas de choses fondamentalement choquantes dans leur projet. Autonomie totale des établissements scolaires ? Avec des garde-fous, je suis pour. Pour les rythmes scolaires allemands, je n'ai pas d'avis, mais j'observe que les Allemands eux-mêmes sont justement en train d'en revenir...

Sur les aspects économiques et budgétaires, on retrouve une partie des positions de Bayrou, TVA sociale, désendettement de l'État, tranche supplémentaire sur l'IR, et cetera...

Bref, pas grand chose à ajouter dans l'immédiat. Il faudra sérieusement étoffer la chose pour apparaître crédible.

dimanche, 16 octobre 2011

Ailleurs.

Sur la suggestion d'Isabelle, je viens de regarder l'émission d'Ardisson, le Boucan du Jour. Ardison a choisi de s'entretenir avec une jeune fille, Anne-Claire, et sa mère, Nicole.  Anne-Claire a comme particularité d'avoir développé le syndrôme d'Asperger, une des nombreuses et multiformes manifestations de l'autisme. Anne-Claire a pourtant surmonté ce handicap d'origine et a su le sublimer pour en faire l'un des éléments les plus marquants et les plus charmants de sa personnalité. Elle est devenue en effet une belle jeune fille au langage aussi châtié que précis et aux pensées profondes.

La présentation d'Ardisson m'est toutefois déplaisante à plus d'un égard. Pourquoi sous-titrer à l'écran, Syndrome d'Asperger, rencontre du troisième type ? Cela signifie-t-il qu'il faut considérer que les autistes sont des extra-terrestres, puisque je suppose qu'il s'agit là d'une allusion au film fameux de Spielberg ?

J'observe que la plupart du temps, dans son entretien, Ardisson s'adresse surtout à la mère d'Anne-Claire, ne semblant pas relever les réponses de la jeune fille quand il l'interroge. A vrai dire, j'ai un soupçon quant à cette absence de réponse : ce qu'exprime Anne-Claire dénote une pensée philosophique, dans un langage riche et souvent complexe, avec, enfin, des références littéraires précises et peu communes. J'ai eu à plusieurs reprises l'impression qu'Ardisson ne comprenait pas Anne-Claire, faute de culture et même de vocabulaire, parfois...

Il y a une sorte de condescendance des présentateurs vis à vis des handicapés qui commence à me chauffer. Tenez, par exemple, cet abruti crétinoïde d'Hondelatte, qui vient pleurnicher à la suite de sa réception par Natacha Polony chez Ruquier et exige des excuses, ce qui ne l'empêche pas d'insulter tous les handicapés de France.

Je me suis intéressé de très près aux témoignages respectifs de Nicole et d'Anne-Claire quant à la vie d'Anne-Claire à l'école. 

Je me demande ce que peut penser une mère, un père lorsque la maternelle finie, on leur fait savoir avec une brutalité inouïe que leur enfant ne peut pas, ne doit pas, passer dans une école primaire, mais aller "ailleurs". Oui : ailleurs. Ailleurs, quoi...

Si la France tarde à se montrer capable de prendre en charge des enfants différents, pour ma part, j'ai au moins observé qu'à l'école primaire, ce n'est pas faute de bonne volonté et de compétence des institutrices et des psychologues scolaires, qui accomplissent souvent un travail extraordinaire (il y a aussi des brebis galeuses, toutefois).

Il en va tout autrement au collège. Levée de boucliers de bien des enseignants qui seraient trop contents d'envoyer paître ailleurs ces éléments dérangeants, malhonnêteté et hypocrisie des administrations, des inspections, mais surtout du Gouvernement, qui se vante d'accueillir davantage d'enfants handicapés, mais en réalité, les déverse dans les collèges quasiment sans accompagnement, et enfin, pour couronner le tout, cruauté et méchanceté des congénères de ces enfants, qui rappelons-le, formeront le gros des troupes de l'humanité adulte quelques années après.

J'ai été très frappé des paroles d'Anne-Claire citant Jean Raspail et comparant les agressions, les humiliations, les obscénités subies à une veillée d'armes.

Ce dernier point relève d'une autre de mes antiennes : tenons pour responsables la racaille et les petits salopards de tout âge pour comptables de leurs actes. Je crois qu'au collège, passé 12 ans, on peut en effet commencer à leur faire sentir le poids des sanctions judicaires, même s'il serait bplus judicieux de commencer par appliquer strictement le règlement des établissements scolaires.

En particulier, l'école devrait se montrer impitoyable avec tout ce qu'il s'apparente à de la persécution et ne pas se contenter non plus de punir sévèrement les meneurs. Il faut taper, et fort, sur tout le groupe, quand un groupe de persécuteurs est identifié.*

J'en viens à quelque chose de plus positif : pour ceux qui s'intéressent au handicap en général et suivent ce qu'il se passe sur la Toile, ils ne devraient pas ignorer l'existence du blog d'Isabelle et des solutions qu'elle propose.

Au passage, je tire mon chapeau à Martine Aubry qui a pris la peine de répondre directement à la lettre que lui a adressé Isabelle à ce sujet.

Cela dit : ce que propose Martine Aubry ne me satisfait pas. Pour ma part, je suis résolument favorable au modèle d'école inclusive que prône Isabelle et notamment à son projet de classe à deux enseignants pour des enfants touchés par un handicap. Évidemment , il faudra convaincre les enseignants, sachant que pas mal d'entre eux poussent des cris d'orfraie à l'idée qu'un simple AVS mette les pieds dans leur salle de classe. Isabelle a d'ailleurs intelligemment calculé, et ce à plusieurs reprises, que l'école inclusive en sus d'être bien plus humaine et efficace que ce qui existe actuellement, coûte bien moins cher que l'hôpital de jour, dont on use et on abuse avec les enfants dont on ne sait pas quoi faire.

Bayrou avait, en 2007, des propositions intéressantes, qui rejoignent assez fortement celles d'Isabelle. J'ai apprécié, notamment, à cette époque, le refus de Bayrou de scincer le monde en deux, et je fais miens ses propos d'alors : 

Je refuse de découper le monde en deux : les valides d’un côté, les handicapés de l’autre. Il faut en quelque sorte désincarcérer le handicap et proposer à la société un modèle qui soit simplement ouvert et universel. Je suis en forte rébellion contre le glissement vers une société pour les forts, où la loi de la jungle règne.

Ministre de l'Éducation Nationale, Bayrou avait ouvert beaucoup de classes d'intégration en école primaire, mais de mon point de vue, il demeure encore au milieu du gué : il faut aller plus loin et supprimer la classe d'intégration pour favoriser l'intégration. Une classe d'accueil d'enfants handicapés ne devrait plus être une classe d'intégration, mais une classe ordinaire avec un deuxième enseignant et un AVS si nécessaire.

Bayrou a parler juste en refusant une scission qu'il juge bien à raison dangereuse et artificielle. Mais il doit, pour 2012, accomplir sa pensée en allant jusqu'au bout de sa prescription. S'il le fait, il doit logiquement aboutir au projet qu'Isabelle défend...

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jeudi, 13 octobre 2011

École, l'arnaque socialiste...

Je me disais bien aussi, que les Socialistes avaient une idée derrière la tête, quand ils parlaient de re-créer des postes ex nihilo dans l'Éducation Nationale.

Ben, voilà, après le débat, c'est à peu près clair. En fait, François Hollande ne va pas créer des postes d'enseignants supplémentaires. Non, au contraire, il va en supprimer !

Son calcul est simple : interdisons le reboublement et récupérons ainsi des heures. Sauf que cela revient en fait à supprimer des postes d'enseignants supplémentaires....Avec le surplus, il compte améliorer l'encadrement avec des assistants, des psychologues et cetera...

C'est fumant : les Socialistes ne vont pas créer de postes, en revanche, avec tout leur bla-bla sur le statut des fonctionnaires, le temps de service des profs et les rythmes scolaires, ils vont les faire bosser plus pour pas un kopeck de plus. 

On parie que le serpent de mer de l'annualisation du service hebdomadaire des enseignants va ressortir ? Oh, pas tout de suite, mais juste après l'élection présidentielle. Si la gauche gagne...

Du côté de Martine Aubry, autre tactique, mais mêmes résultats : elle va concentrer les moyens sur les zones en difficulté. La vérité, c'est que l'école, elle est en difficulté à peu près partout. Mais l'intention d'Aubry, c'est de charger la mule au maximum. Elle l'a clairement dit, elle augmentera le nombre d'élèves par classe.

Bien entendu, elle aussi parler de GRANNNNNDDDDEEE réforme et...de rythmes scolaires...

Et pendant ce temps, ces andouilles de profs vont voter pour le PS ou ses affidés (programme à peu près similaire) parce qu'ils croient que ça va être mieux que Sarko....

Mwwwwwââââââââââââahhhh...oh, m...j'ai encore renversé mon café sur mon clavier en me roulant de rire par terre...

Cela dit, entre nous, les redoublements, c'est vrai que cela ne sert à rien. Le problème, c'est que Hollande ne propose aucune solution alternative au redoublement...!

Or, c'est par là qu'il faudrait commencer. Et, de ce point de vue, Bayrou est l'unique candidat à la Présidentielle qui commence d'abord par traiter cette question avec ses classes parallèles.

C'est aussi le seul à rétablir 20 000 postes d'enseignants cash, sans contre-partie.

Eh oui, camarades profs : bientôt, vous allez même regretter Claude Allègre, Luc Ferry et Luc Châtel, c'est à dire les plus nullards des derniers ministres de l'Éducation Nationale.

M'en fous, moi : suis pas prof :-) Mais j'ai des enfants, en revanche, et là, ça me fait beaucoup moins rire :-(

J'en connais des profs, et je les écoute. C'est triste, tout de même : autant d'études pour se faire avoir comme des bleus, être traités comme des merdes, et être payés comme des sous-merdes.

Ah, notez, bientôt, il y aura un Lumpen-Profletariat qui va remplacer les actuelles castes. Le recrutement s'effondre.

Tenez, profs des écoles ? 5 fois moins de candidats en 2011 qu'en 2007. Certifiés ? Des postes non pourvus partout.

J'aurai tout de même une consolation si la gauche passe : je verrai la mine déconfite des profs électeurs socialistes qui auront voté pour leur poulain en croyant que l'Eden socialiste était à portée de mains.

Feraient mieux de prendre le temps de réfléchir, d'enlever leurs oeillères gauchistes, et de voter Bayrou une bonne fois pour toutes. C'est le seul dont le programme ne prévoit pas d'entourloupes pour eux...

Je vous passe le programme éducatif socialiste qui est dans la droite ligne du pédagogisme débilitant que subissent nos enfants depuis près de 30 ans désormais avec le beau résultat que l'on connaît aujourd'hui...

23:04 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (24) | Tags : bayrou, école, socialiste |  Facebook | | |

samedi, 01 octobre 2011

Cherche profs disparus (forte récompense !)

Il y a un truc que je ne percute pas : je viens de jeter un oeil sur la vidéo de SOS Éducation. Je ne suis pas fondamentalement certain d'en partager les analyses, en revanche, je fais confiance à la rigueur de cette association en ce qui concerne les chiffres qu'elle donne.

Voilà : elle a calculé qu'il y a en France en principe 1 enseignant pour 14 élèves hors personnels adminsitratifs, techniques et assistants d'éducation. Moi, autour de moi, je ne vois que des classes à 30 élèves, ou, en tout cas, jamais inférieures à 24. Et même si l'on considère les options, on ne voit jamais des groupes avec option descendre en-dessous d'une dizaine d'élèves. En règle générale, on tape plutôt dans la vingtaine à la trentaine. Alors, nom de Zeus : où sont donc passés ces  profs ? J'ai quelque mal à croire comme l'affirme SOS Éducation, que les décharges syndicales soient comptables d'un tel holocauste.

Bon, je vais appâter le chaland : très sérieusement, j'offre les DVD 1 et 2 de la première saison de Clone Wars, encore sous blister, aux trois premiers blogueurs ou commentateurs qui me proposent une explication chiffrée de ces mystérieuses disparitions vuia un article de blogue ou un billet que je publierai ici.

C'est un phénomène qui demeure inexplicable pour moi et qui reste cause d'une très grande perplexité.

Ils sont où, ces profs

Grève du 27 Septembre | Information à la population from soseducation on Vimeo.

16:49 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (31) | Tags : école |  Facebook | | |

samedi, 10 septembre 2011

75 000 postes dans l'Éducation ? Mais pour quoi faire ?

Les déclarations de Hollande, c'est symptomatiquement le genre de promesses qui éveillent en moi la plus grande méfiance.

Déclarer qu'on va rétablir 75 000 postes dans l'Éducation Nationale, c'est aborder la problématique à l'envers en terme de projet politique.

La question de fond, ce n'est pas de déterminer ab ante les effectifs dont a besoin notre école, mais d'avoir un projet et seulement ensuite de se demander combien il nécessite de postes.

Par exemple, comparons avec Bayrou. Quelles seraient les mesures phare que Bayrou mettrait en place s'il accédait au pouvoir suprême ? Eh bien à mon avis, il ferait deux choses de bon sens : il accentuerait les moyens dans le primaire en ciblant le calcul et la lecture, et il créerait certainement des dispositifs de remédiation (probablement des classes) pour assurer des remises à niveau complète, sans limites dans le temps, au collège. La troisième chose, je pense qu'il ferait, ce serait de rétablir les enseignements rares, notamment les langues, y compris anciennes et régionales, là où ils ont été supprimés.

Je ne crois pas qu'il chercherait à créer des divisions en créant artificiellement des classes sous prétexte qu'il est plus facile d'enseigner à 25 qu'à 29 (je ne crois guère à ces effets de seuil). En revanche, comme il l'a maintes fois fait valoir, il retirerait des établissements les adolescents qui en empêchent le fonctionnement.

En somme, il y aurait en primaire sans doute une assistance individualisée pour les enfants en difficulté lourde, y compris auprès des parents, en collège, des classes de remise à niveau, et, hors les murs, des centres éducatifs pour adolescents pré-délinquants et/ou désocialisés.

En lycée, je sais qu'il veut faire de la Terminale une préparation à l'Université, mais j'avoue que je ne vois pas clairement comment concrètement il compterait s'y prendre.

Pour les facultés, il laisserait, je le pense, se poursuivre le processus d'autonomisation engagé à l'heure actuelle, mais ferait en sorte d'interdire la concentration des pouvoirs autour d'une seule personne dans les universités. Vraisemblablement, comme dans les universités anglo-saxonnes, il ferait en sorte de séparer la gestion financière et la gestion pédagogique et admnistrative et de faire du Conseil d'Administration un organe plus ouvert et décisionnaire. En ce qui concerne le mouvement vers l'autonomie, je crois que toutefois que Bayrou tient à ce qu'il demeure une unité finale au sein de l'Université française, qui fasse qu'un diplôme dans l'une soit valable dans une autre.

Ce que je voulais simplement dire, c'est qu'avant de parler de chiffres sur les postes dans l'Éducation Nationale, il vaut mieux avoir un programme et le chiffrer. 

L'Éducation, cela ne se réduit pas à une seule question de moyens : ce n'est pas parce que l'on arrosera notre école de fonds que l'on obtiendra des résultats meilleurs. Il faut bien considérer quels sont nos objectifs et ce que nous voulons, et seulement après, fixer quels moyens sont nécessaires et quels sont ceux qu'il est en notre pouvoir d'apporter.