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mardi, 14 février 2012

Vous enseigneriez avec des consoles de jeux, vous ?

C'est toujours distrayant de lire Brighelli dans ses oeuvres : bien qu'il fasse souvent des observations de bon sens, il a une allergie à la modernité qui ne laisse pas de bien me faire rire. Analysant le programme pour l'école de François Bayrou, il attribue globalement un satisfecit au candidat centriste mais bute sur le numérique. Manifestement, l'e-learning (mais si ça existe en français, mon cher Jean-Paul, cela s'appelle l'enseignement à distance et le CNED - Centre national d'enseignement à distance -  le pratique de longue date !) lui génère une grosse éruption de boutons.

Sur le fond, que dit Brighelli : qu'il est fâcheux de donner à de jeunes élèves des ordinateurs parce qu'ils passent leur temps à jouer plutôt que d'étudier. C'est ce que j'appelle l'effet console de jeu. Sur ce point, c'est aussi mon avis. Si vraiment on décide que des collégiens utilisent des ordinateurs, il faut brider les machines et les accès à la mode de Dracon : pas de jeux, accès internet restreints à une sélection de sites jugés fréquentables et intstructifs.

Mais pour le reste, Brighelli s'en prend aux copié-collé made in Wikipedia. Parce que c'était mieux les copié-gratté made in Universalis ou Petit Robert d'antan ? Très mauvais procès fait à l'encyclopédie en ligne. Le problème, c'est la demande. Quand un enseignant veut qu'un élève fasse une recherche, il doit lui faire savoir qu'il compte l'interroger sur ce qu'il aura retenu de la recherche en question. Nul doute qu'une telle exigence poussera à la rationnalisation du dit copié-collé.

Le grand plan du numérique que veut Bayrou ne me paraît donc pas insensé. En soi, je pourrais en penser autant de celui d'Hollande si je ne connaissais pas par trop bien les Socialistes et la gauche en général. Ils confondent l'outil (donc le moyen) et son but. A gauche, le numérique est un objectif en soi (tout comme dans les diverses officines de l'UMP au demeurant) : c'est bien là où le bât blesse, et c'est, au fond, la nature même d'un tel projet qui provoque des réactions épidermiques chez des individus comme Brighelli.

Le pédagogisme a tué l'informatique comme il a flingué la pédagogie. De même qu'il a fait de la pédagogie une idéologie il fait de l'informatique le Graal universel de la très sainte pédagogie.

Mais en soi, ni la pédagogie ni l'informatique ne sont à condamner. La première est une passionnante science humaine, la seconde une technologie aux ressorts et aux apports prodigieux.

Les pédagogistes ont sans nul doute entâché ce qu'ils voulaient défendre par des comportements sectaires et malhonnêtes, mais leurs adversaires pourraient bien se tirer une balle dans le pied en s'obstinant à jeter le bébé avec l'eau du bain...

Commentaires

@ l'hérétique :

Le jeux ça peut être une bonne source de motivation.
Jeux en ligne par exemple; la finalité c'est de former des groupes pour aller accomplir x objectifs à plusieurs.
Si tu mets le jeux en anglais sur des serveurs anglophones, ils seront bien obligés d'utiliser ce qu'ils voient en cours et ils apprendront certainement des autres joueurs aussi.
Ou incarner des héros grecques pour apprendre la mythologie, des jeux de guerre historiques etc ...

Pourquoi ne pas accorder des subventions aux éditeurs dans ce sens ? ça peu être un bon outil pour la culture générale.

Et attention, des jeux avec de la violence et tout ce qui va bien. Si les jeux sont chiants et moches c'est pas la peine.
Faut arrêter de gueuler pour rien, le principe de catharsis c'est vieux comme le monde. Personnellement j'ai tué virtuellement plus de gens que les plus grands tyrans de la planète et je suis quelqu'un de calme.

PS:
Je dis tout ça pour le jeux à la maison bien sûr.

Écrit par : skunker | mardi, 14 février 2012

@skunker
acquérir une culture générale avec les jeux ? Tu plaisantes ? Pour connaître les héros de la mythologie, mieux vaut lire Homère, Sophocle, Euripide, et cetera, ou, à la rigueur, un dictionnaire mythologique ou encore des livres de vulgarisation.

Écrit par : l'hérétique | mardi, 14 février 2012

@ l'hérétique :

Si les ados s'intéressaient d'eux même à la mythologie nous n'aurions plus de problèmes d'éducation. Déjà que c'est tout juste s'ils lisent ce qu'on leur donne en cours ...

Le jeux video est un support créatif, la seule limite est l'imagination.
De là on peut bien imaginer des jeux tournant autour de l'art, de l'histoire etc ... Quitte à ce que ce ne soit qu'un moyen de les pousser à ouvrir un bouquin pour en savoir plus.
Pour lire Homère, Sophocle etc ... il faut déjà savoir qu'ils existent et ce n'est pas le cas de tout le monde.
Au moins on toucherait un public assez large.

Là tu gueules à propos du conteneur, mais penses au contenu.
Et puis ils jouent déjà, donc autant en profiter non ?

Écrit par : skunker | mercredi, 15 février 2012

L'enseignement numérique questionne aussi l'importance que l'on accorde à une transmission incarnée. Beaucoup d'enseignants évoquent le besoin et le plaisir qu'ils éprouvent à sentir leur classe, tel ou tel élève qui peine etc
Vous évoquez Homère, Sophocle et d'autres. Mais ne s'agit-il que d'une transmission de connaissances à mémoriser? Allez demander à un ordi de vous transmettre les émotions des héroïnes raciniennes.

Écrit par : pierre | mercredi, 15 février 2012

L'enseignement numérique questionne aussi l'importance que l'on accorde à une transmission incarnée. Beaucoup d'enseignants évoquent le besoin et le plaisir qu'ils éprouvent à sentir leur classe, tel ou tel élève qui peine etc
Vous évoquez Homère, Sophocle et d'autres. Mais ne s'agit-il que d'une transmission de connaissances à mémoriser? Allez demander à un ordi de vous transmettre les émotions des héroïnes raciniennes.

Écrit par : pierre | mercredi, 15 février 2012

L'enseignement numérique questionne aussi l'importance que l'on accorde à une transmission incarnée. Beaucoup d'enseignants évoquent le besoin et le plaisir qu'ils éprouvent à sentir leur classe, tel ou tel élève qui peine etc
Vous évoquez Homère, Sophocle et d'autres. Mais ne s'agit-il que d'une transmission de connaissances à mémoriser? Allez demander à un ordi de vous transmettre les émotions des héroïnes raciniennes.

Écrit par : pierre | mercredi, 15 février 2012

L'enseignement numérique questionne aussi l'importance que l'on accorde à une transmission incarnée. Beaucoup d'enseignants évoquent le besoin et le plaisir qu'ils éprouvent à sentir leur classe, tel ou tel élève qui peine etc
Vous évoquez Homère, Sophocle et d'autres. Mais ne s'agit-il que d'une transmission de connaissances à mémoriser? Allez demander à un ordi de vous transmettre les émotions des héroïnes raciniennes.

Écrit par : pierre | mercredi, 15 février 2012

"Wikipédia c'est génial parce que n'importe qui y écrit n'importe quoi" (Michael Scott, traduction libre). C'est aussi pour ça qu'Universalis est plus fiable. Wiki, un outil formidable, est pour l'essentiel régulé par les utilisateurs a posteriori. Donc sans un minimum d'esprit critique, on en viendrait à faire de Peneloppe une icône féministe (l'est pas passée celle-là). A mon sens, de la même manière que wiki n'a pas sa place dans les travaux universitaires, il ne l'a pas dans les devoirs scolaires.

Pour les jeux, et leur utilisation à des fins pédagogiques, je serais plutôt d'accord avec Skunker (et certains psychopédagogues anglo-saxons). Ces jeux développant capacité de réflexion, language et culture générale existent. Je n'en connaît pas sur la mythologie gréco-romaine, mais premièrement c'est envisageable, deuxièmement la culture générale ne se résume pas à la littérature classique.

Sur le fait de "brider" les ordinateurs, donner accès uniquement au programmes ou sites que l'enseignant entend utiliser, bien entendu. C'est simple. Si c'est un travail de recherche sur le net, c'est plus tendu, et ne rien faire est le mieux, quitte à ce que ça parte en c...

Écrit par : Pas convaincu | mercredi, 15 février 2012

@skunker et Pas convaincu
Je ne crois absolument pas dans les vertus pédagogiques des jeux. Toutes les études sur les jeux montrent surtout les risques d'addiction. Après, évidemment, il peut y avoir des exceptions à la règle, mais envisager la connaissance sous le seul aspect de son caractère ludique ou non est une catastrophe pour notre civilisation.

Il n'est pas exact que n'importe qui écrit n'importe quoi dans wikipedia. L'encyclopédie en ligne a été testée il y a plusieurs années, elle est aussi pertinente que la Britannica ou l'Universalis.

Écrit par : l'hérétique | mercredi, 15 février 2012

Une clé USB suffit. ;)
Par contre, les départements pourraient servir de facilitateur pour le recyclage d'ordinateurs, tant pour les particuliers que pour les entreprises lorsqu'elles changent leur matériel.
Pourrait constituer un parc pour alimenter les établissements scolaires et ceux qui en sont dépourvus.
Enfin bon bref

Écrit par : Martine | mercredi, 15 février 2012

@ l'hérétique :

Pitié ... les jeux vidéo qui rendent accrocs ...
La dépendance c'est toujours la conséquence d'un problème plus profond, que ce soit les jeux, la drogue, le sexe etc ... c'est juste un moyen de se satisfaire.
Un héroïnomane en manque, s'il ne trouve pas d’héroïne il prendra de la coke, l'important c'est la défonce pas le produit, tu me suis ?
Et puis les "études", j'ai compris à l'usure qu'on leur fait bien dire ce qu'on veut. "Les jeux rendent accroc" ça doit mieux faire vendre que "circulez y a rien à voir".

Pour leur apprendre à parler on leur fait bégayer des "hareu" sans queue ni tête, et ça marche très bien.
Je ne comprends pas ton blocage sur l'apprentissage ludique. Comment tu veux capter l'attention de jeunes qui ne tiennent pas en place autrement ?
Les livres c'est bien mignon, mais aucun ado n'aura jamais le goût de se prendre une après-midi au calme pour lire un roman et apprécier les qualités et le style d'un auteur. Tout cela vient plus tard.

Là il y a un support qu'ils ont déjà entre les mains et dont personne ne fait rien de constructif ...

Écrit par : skunker | mercredi, 15 février 2012

@ pierre :

On peut retranscrire ce qu'on veut sur ordinateur, y compris les jeux d'acteurs.
Certains films d'animations valent leur poids en cacahuète, y a pas que l'âge de glace !

Je dirais même qu'on peut aller plus loin sur pc que dans la réalité. Déjà tout ce qui est contes, animaux qui parlent, mythologie ... vous essaierez vous de trouvez un kraken qui veut bien interpréter son propre rôle !
Et bien sûr tous les effets spéciaux qu'on ne remarque même plus ...

Écrit par : skunker | mercredi, 15 février 2012

L'armée entraine ses soldats sur des consoles de jeux ! Certes high-Tech mais des consoles quand même !

Écrit par : Orange Sanguine | mercredi, 15 février 2012

Ok OrangeS, message bien recu ;) Je passerai, promis :)

Écrit par : Martine | mercredi, 15 février 2012

@ skunker

Mon propos n'est pas de remettre en question les progrès du numérique. Je suis moi aussi stupéfait de la qualité avec laquelle le numérique retranscrit la réalité.

Toutefois je suis assez prudent avec l'idée que le numérique puisse remplacer les vertus pédagogiques de la relation parent-professeur. Il y a des situations pour lesquelles le numérique peut apporter une aide (apprentissage de la lecture, développement de la motricité par exemple). Pour le dire autrement, le risque est de déléguer à la technique, ce à quoi les enseignants ne se sentiraient pas aptes à répondre.

Écrit par : pierre | mercredi, 15 février 2012

petite correction:
Je veux parler de la "relation professeur-élève", et non "relation parent-professeur".

Écrit par : pierre | mercredi, 15 février 2012

Cet outil peut aussi se révéler un instrument formidable de formatage des esprits comme l'est un peu à sa facon l'audiovisuel, tout dépend de l'usage que l'on en fait, et des pédagogies développées. :)
Raison pour laquelle j'aime beaucoup la position de FB quand aux carnets pédagogiques rédigés par les enseignants en fonction des résultats à classes identiques. :)

Écrit par : Martine | mercredi, 15 février 2012

"Il n'est pas exact que n'importe qui écrit n'importe quoi dans wikipedia. L'encyclopédie en ligne a été testée il y a plusieurs années, elle est aussi pertinente que la Britannica ou l'Universalis."

Sur quels articles ont porté ce test?
Wikipedia est révisée en majeure partie a posteriori, contrairement aux encyclopédies "papier", d'où le manque de fiabilité : l'article que vous avez lu la veille ne sera peut-être plus le même aujourd'hui, et ne le sera pas demain. On ne l'accepte pas à l'unif', pourquoi l'autorisé dans les écoles, collèges, lycées... propédeutique...

Écrit par : Pas convaincu | mercredi, 15 février 2012

@ pierre :

La remplacer non, bien sûr, mais la compléter je penses. L'idée en gros c'est que le jeune qui rentre de cours et allume ( après les devoirs bien sûr ^^ ) sa console puisse avoir accès à un contenu plus "intellectuel" que tuer en chaîne diverses ennemis.
Par exemple, la série des call of dutty, un jeux de tir très prisé, ne perdrais pas grand chose à mettre des citations de personnages historiques pendant les temps de chargement.
Après libre à lui s'il le souhaite d'aller regarder sur le net pour s'y intéresser de plus près ... c'est un peu le même principe que sortir le dico pour avoir la définition d'un mot.

Disons que je vois ça comme un des outils possibles pour essayer de tirer un peu le niveau vers le haut.

Écrit par : skunker | jeudi, 16 février 2012

http://fr.wikipedia.org/wiki/Age_of_Mythology

@+

Écrit par : Martine | jeudi, 16 février 2012

bon exemple

Écrit par : skunker | jeudi, 16 février 2012

@ Skunker, l'Hérétique, Philippe, et la chose

Age of mythology (comme Age of Empires) n'est vraiment pas la série que je prendrais en exemple. Elle peut donner envie d'apprendre éventuellement, mais n'apprend rien...
Des séries comme Victoria, Europa Universalis, ou Heart of Iron (toutes éditées par Paradox Entertainment) ont une ambition éducative.

Personnellement, j'ai appris l'anglais par le biais de Larry Laffer et Police quest (en vga). Triste que mes premiers mots soient : "open door" et "put condom", mais je suis maintenant relativement fluent en anglais (et me protège).

L'outil informatique n'est pas synonyme de désincarnation. Je vous conte, Philippe, une histoire personnelle... Un professeur de français et religion que j'ai adoré (pour moi qui suis athée), et qui non content de nous donner cours sur l'Islam, le Bouddhisme, etc... a décidé de donner cours sur les sectes. L'outil? Internet. Après un film documentaire et un bref topo du directeur de l’observatoire des sectes de la région, boum sur le net à dénicher des sectes... Bien sûr c'est parti en sucette, mais l'idée était géniale. Et c'est le prof' dont je garde les meilleurs et plus chaleureux souvenirs...

Écrit par : Pas convaincu | vendredi, 17 février 2012

Contez contez donc, nous serons au moins deux à ne point vous écouter, vous laisse en deviner la raison.

Écrit par : Martine | vendredi, 17 février 2012

Sur le post précédent, lire "Pierre" et non Philippe évidemment, mille pardons.
(merci Martine de me faire remarquer mon erreur)

Tant qu'à faire, l'hérétique, je reviens sur l'enseignement par le jeu, et vous conseille par exemple "Res publica" jeu de plateau qui m'a jadis été conseiller par un prof' de langues anciennes. Un bon jeu. Éducatif certainement.

Écrit par : Pas convaincu | vendredi, 17 février 2012

"mille pardons" espérés...

Un système d'édition de commentaires me semblerait bienvenu l'Hérétique... me gêne de me relire parfois ("m'a été conseiller"), et je ne pense (espère) pas être le seul.

Quelques autres grandes réussites de jeux vidéos intelligents, gratuits (années '80, abandonwares) : Cardinal of Kremlin; Shadow President; Conflict in Middle East; Guns or Butter; ou le plus récent (et payant) Fate of the World. Tous idéologiquement marqués, mais intelligents.

Écrit par : Pas convaincu | vendredi, 17 février 2012

@ Pas Convaincu
Je ne considère pas que le numérique soit synonyme de désincarnation. Il permet d'accéder à des informations précises en peu de temps et en tout lieu.
Mais pour des parents et peut-être des enseignants, il peut y avoir un écueil à se dégager parfois d'un travail d'éveil et de transmission qui leur revient.

Ceci me permet de faire le lien avec la réponse de @shunker.
Oui il existe des jeux qui sont bien faits et concourent à l'ouverture d'esprit des jeunes et des moins jeunes.
Mais le risque est que les jeunes restent un peu seul avec cet outil. D'où l'importance d'un investissement des parents pour accompagner cet apprentissage.
J'espère enfoncer des portes ouvertes.

Écrit par : pierre | vendredi, 17 février 2012

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