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  • Libye, le temps presse...

    Nicolas Sarkozy et David Cameron, bousculant l'Europe, ont laissé entendre que France et Grande-Bretagne pourraient intervenir directement en Libye pour empêcher l'aviation de Kadhafi de tirer sur son peuple et de réduire à néant l'opposition libyenne.

    Je ne sais pas si la reconnaissance du Conseil National de l'opposition libyenne était une bonne chose ; je ne sais pas non plus s'il fallait promettre d'intervenir. Mais une chose est sûre : quand le vin est tiré, il faut le boire.

    Évidemment, si nous avions été un pays démocratiquement idéal, voilà comment les choses se seraient passées : Nicolas Sarkozy aurait réuni d'abord les principaux responsables des partis pour entendre leur avis, puis aurait consulté son Ministre des Affaires étrangères ainsi que son Ministre de la Défense, et enfin, aurait rassemblé le Parlement en procédure accélérée pour obtenir ou non son assentiment.

    Puisqu'il se veut énergique et actif, il aurait pu faire tout cela en trois jours, en limitant le débat sur une intervention militaire dans le temps, afin de ne pas se perdre en discutailleries pendant que Kadhafi bombarde sa population.

    A l'heure actuelle, les forces libyennes perdent pied et se replient sur Benghazi, leur dernier bastion. Soit, dans les heures qui suivent, des avions décollent des bases aériennes françaises et britanniques, ou, tout du moins, un ultimatum est envoyé aux forces de Kadhafi, soit, une fois de plus, le Président de la France aura passé pour un charlot en voulant jouer au cow-boy.

    Je ne suis pas sûr du tout qu'intervenir soit une bonne décision, loin de là, et à vrai dire, mieux vaut peut-être, passer pour des charlots que de se trouver en demeure de prouver l'efficacité réelle de nos fameux rafales.

    Mais à quoi servait-il, alors, comme les Américains et leurs alliés en 1991 en Irak , de laisser l'espoir se lever, avec en filigrane la possibilité d'un appui aérien, pour finalement laisser écraser la résistance libyenne sans moufter ?

  • Israël et les enragés

    Je crois que Laurent Pinsolle va très mal prendre ma note. C'est pourtant en lisant sa note sur Israël puis les réactions qu'elle a engendrées sur Marianne2 que m'est venue l'idée du titre de mon article.

    Boycotter commercialement Israël, rompre les liens diplomatiques, et cetera...on aura tout vu. Ah non, il ne manque plus qu'une intervention militaire en Cisjordanie, pourquoi pas tant qu'on y est ? Il est vrai que Laurent Pinsolle appartient à un courant politique qui a lâché Israël à un moment critique après avoir été son allié (Guerre des Six-Jours, la France du Général de Gaulle interrompit les livraisons de munitions et de pièces de rechange au beau milieu de la guerre alors qu'Israël était attaqué par trois pays supérieurs en force...).

    Je le dis et je le redis, dans une frange de l'opinion française, Israël génère des réactions hystériques. Et pourquoi ne pas rompre les relations diplomatiques avec la Chine pour le Tibet, la Russie pour l'Abkhazie et tant qu'on y est la Tchétchénie, le Maroc pour le Sahara, l'Algérie pour la Kabylie, le Soudan pour le Darfour (faits autrement plus graves) l'Inde pour le Bengale, l'Égypte et le Pakistan avec leurs minorités chrétiennes, et cetera...

    Je suis soufflé par l'argumentation qui figure dans l'article : 

    Par rapport à la Corée du Nord ou à Cuba, nous sommes dans un cas différent. Ces pays sont des dictatures et je ne suis pas un partisan du refus de dialoguer avec les dictatures, car, comme vous l’avez noté, je ne crois pas que l’ostracisme fasse progresser les choses alors que le contact avec l’extérieur me semble créer un appel d’air pour la liberté et la démocratie. Dans le cas d’Israël, il s’agit non seulement de l’occupation d’un territoire qui ne lui appartient pas, mais en plus d’une colonisation d’une partie de ce territoire. Il me semble normal de sanctionner un pays qui en envahit un autre, l’occupe et le démembre. De simples réprimandes verbales me semblent beaucoup trop faibles surtout après de nombreuses protestations.

    Donc, massacre ton peuple, enferme-le dans des prisons, fais-le crever de faim, menace le monde avec tes bombes nucléaires, tu es un interlocuteur acceptable.

    Mais si tu es la seule démocratie de ta région, que tu respectes à peu près le droit, que plusieurs états sont toujours en état de guerre avec toi (pas de paix signée) et que l'un d'entre eux au moins menace de t'éradiquer, alors tu es un paria. 

    J'ai bon ?

    Mon camarade blogueur devrait un jour se faire traduire ce qui figure dans les manuels scolaires palestiniens à propos non seulement d'Israël, mais des Juifs en général, pour son édification, puisqu'il a toujours dénoncé clairement toute forme d'antisémitisme sur son blogue...

    La France s'est discréditée de longue date par ses prises de position à l'emporte-pièce et souvent injustes envers Israël : le boycott d'un État qui lui est déjà hostile, je crois franchement qu'Israël s'en tape un peu. Il pourrait à la rigueur craindre un boycott coordonné de toute l'Europe, mais je crois que Laurent Pinsolle est anti-européen, pour le souvenir que j'en ai.

    J'ai de la sympathie, généralement, pour les Gaullistes, mais j'avoue que depuis quelque temps, je ne parviens plus à les différencier des alter-mondialistes et des souverainistes de tout acabit : comme eux, ils veulent sortir la France de l'Europe et de l'euro, comme eux, ils veulent nationaliser à tour de bras, même haine d'Israël et de l'Amérique, même détestation de toute forme de libéralisme...

    Je ne considère pas tous les états à égalité, contrairement à mon camarade blogueur : je préfère avoir comme amis des démocraties que des dictatures qualifiées. 

    Mon amitié pour Israël ne m'empêche pas de dire aux citoyens de ce pays qu'ils se trompent quand ils se trompent, mais en aucun cas, je n'essaie de mettre à genoux leur État pour les amener à récipiscence, ce que propose ni plus ni moins Laurent Pinsolle. Il se proclame "ami" d'Israël, mais je crois que des deux "amis" d'Israël que nous sommes, s'il fallait demander auquel de nous deux Israël accorderait la réciprocité, nul doute que j'en aurais la primeur...

    La seule chose qui puisse changer la donne dans le conflit israélo-palestinien, c'est une évolution des régimes arabes vers la démocratie. Ce serait même une chose qui la modifierait radicalement. Plutôt que de boycotter Israël, mieux vaut soutenir les Tunisiens, qui me paraissent bien engagés, et les forces égyptiennes qui se rangent clairement du côté de la démocratie. 

    Marielle de Sarnez a fort bien exprimé cette considération, tout récemment, au Parlement européen.

    Je crois [...] que l’irruption démocratique aux frontières d’Israël et des territoires palestiniens, peut être une opportunité à saisir pour les deux parties. Aujourd’hui, Israéliens et Palestiniens se trouvent face à une réalité : le monde autour d’eux bouge. C’est le moment pour eux de bouger aussi.

    Dans tous les cas de figure, des pressions (sans aller jusqu'à la rupture diplomatique : heureusement, mon camarade blogueur n'est pas le Quai d'Orsay...) européennes, essentiellement commerciales, auraient alors bien plus de sens. Et si pressions il y a, encore faudrait-il s'assurer de ce qu'il y a en face. Parce que comme le fait observer judicieusement Causeur dans la réponse qu'il apporte à Laurent Pinsolle, chaque retrait d'Israël ces dernières années s'est traduite par une insécurité croissante...

     

     

  • Carrefour/Restos du coeur, soutenir ou pas ?

    Comme d'autres blogueurs, j'ai reçu une demande des Restos du coeur pour assurer une campagne de promotion de Carrefour et de Danone associée à des repas fournis. Après avoir hésité, j'ai décidé finalement de ne pas la relayer, tout en étant traversé de sentiments contradictoires. Partageons mon avis fait état d'un débat similaire : en fait, je partage en partie l'argumentation de Nicolas, sans toutefois y associer la vulgate gauchiste habituelle. Moi non plus, je ne me vois pas faire la promotion de Carrefour ni de Danone : non parce que ce serait de très méchantes entreprises capitalistes qui font des bénéfices (ah, les vilaines, alors, c'est forcément sur le dos du petit peuple), et encore moins parce qu'elles auraient le devoir de financer les repas des Restos du coeur sur leurs bénéfices. 

    Non, ce n'est pas cela qui me choque dans une entreprise comme Carrefour.

    Ce qui me choque, ce sont les pratiques sociales de ce groupe. J'ai de très bonnes raisons de connaître la Grande distribution. C'est un univers pourri. Le personnel est payé au lance-pierre, on lui décompte de son temps ses passages aux toilettes ou alors on le contraint à se pisser dessus. Il y a des pressions incessantes pour le pousser à travailler plus, parfois pour pas un kopeck. On demande aux vigiles, souvent via une pseudo sous-traitance, des horaires inadmissibles. Quand il s'agit de surfaces plus petites, le kapo de service vient voir nominalement les victimes dominicales désignées pour leur demander un "service" par exemple. Je n'évoque pas non plus le sort fait aux fournisseurs, si du moins ils n'appartiennent pas à de très gros groupes agro-alimentaires. Les ristournes et marges qu'on leur demande sont telles qu'on les condamne à la paille.

    En fait, Carrefour participe de cette précarisation rampante du salariat français : les mêmes qui sortent les trompettes pour claironner leur soutien aux Restos du Coeur sont les premiers à y envoyer leurs travailleurs pauvres, leurs agriculteurs-fournisseurs pressurisés au point de ne plus pouvoir vivre de leur travail. Tapez un peu "Carrefour condamné" dans google.fr et vous aurez un aperçu des pratiques de ce groupe...Condamné une première fois il y a deux ans pour des salaires inférieurs au SMIC, rebelote il y a quelques jours, harcèlement moral, des promos bidon, tiens, même en Chine (étiquetage des prix trompeur), bref, la liste serait vraiment longue à dresser...

    A côté de cela, je reçois parfaitement l'argumentation du blog A perdre la raison ou de celui de Philippe Méoule. D'un point de vue pratique, ils n'ont pas tort d'être pragmatiques avec ceux qui n'ont rien, et c'est vrai que la position de principe comme la mienne, comme celle de jegoun, est commode quand on a l'estomac rempli. Pour moi qui considère la responsabilité individuelle comme le moteur de l'action humaine, évidemment, je ne puis qu'adhérer à leur propos, en tout cas, au moins sur le principe.

    J'ai lu en commentaires chez Jegoun qu'il n'aimait pas la charité. Pourquoi la demande-t-il aux grands groupes, alors ? Moi, j'aime bien la charité. C'est une vertu chrétienne. Une vertu cardinale. Mais surtout, c'est une vertu qui interdit à l'individu de se dédouanner de sa propre responsabilité. Je comprends très bien qu'une telle vertu contrarie et offense le gauchiste engoncé dans ses certitudes, habitué à ce que l'État endosse toute la misère du monde. Une version laïque et gauchiste du Christ rédempteur, quoi...

    Je ne jette évidemment pas la pierre aux Restos : le partenariat stratégique avec la grande distribution est vital pour eux, ne serait-ce que pour des raisons logistiques (se tenir derrière les caisses les jours de fêtes pour tenter de récupérer des surplus alimentaires ou simplement obtenir quelques menues marchandises de la charité individuelle...).

    Mais voilà, je ne veux pas cautionner Carrefour and co. Je préfère mettre la main à la poche pour aider les Restos du Coeur, à titre personnel, que de renvoyer vers un logo de Carrefour.

  • Fusion nucléaire et séisme légendaire au Soleil-Levant

    Si j'étais au Japon, à l'heure actuelle, je pense que mon trouillomètre aurait fait exploser son couvercle depuis un moment. Un réacteur nucléaire menace d'entrer en fusion, et donc, en réduisant en charpie son enveloppe, de répandre ses vapeurs radio-actives dans l'atmosphère japonaise (et sans doute au-delà, au demeurant).

    Comme Unhuman, je tends à penser que la construction de centrales nucléaires sur une zone sismique n'est pas exactement une chose souhaitable, même s'il faut évidemment prendre en compte les besoins énergétiques du Japon et la nécessaire diversification stratégique de ses sources.

    En France, je fais partie de ceux qui ne sont pas résolument hostiles au nucléaire, tout en souhaitant une évolution progressive vers d'autres formes d'énergie beaucoup moins dangereuses (solaire, éolien, géothermie, par exemple). C'est grosso modo ce que défendent aussi Bayrou et le MoDem.

    Mais quand on considère les risques encourus, finalement, on se prend à penser que le plus tôt sera le mieux. Le Japon est pourtant expert en risques sismiques, et d'ailleurs, s'il n'avait pas développé une compétence hors du commun dans ce domaine, nul doute que les conséquences du tremblement de terre (séisme le plus puissant jamais enregistré au Japon) seraient terrifiantes.

    Quand on songe que seuls 3700 édifices sont tombés, après une telle secousse, on peut se dire que le miracle de la technologie le dispute à celui des cieux.

    Il n'en reste pas moins que les dégâts sont très lourds et que des milliers d'êtres humains ont péri. J'avoue me sentir très désarmé, je ne sais pas quoi faire pour aider le Japon.

    D'après un journaliste français vivant au Japon, le réacteur nucléaire n'aurait pas été touché par l'explosion. Encore faut-il que la pression ne monte pas ! Un autre blogueur francophone vivant là-bas assure que l'enveloppe aurait été remplie en une heure au lieu de cinq. L'efficacité japonaise. Toujours impressionnante. 

    Il ne reste plus quà prier pour que les 10 000 disparus du port japonais ne soient pas 10 000 morts.

    Il faut s'imaginer la puissance du cataclysme : il aurait déplace l'île, c'est à dire le Japon tout entier, de 2.4 mètres et désaxé l'actuel axe de rotation de la Terre de 10 centimètres !!!!

  • Sarkozy et la Lybie à quitte ou double

    Et voilà, Sarkozy a court-circuité une fois de plus nos alliés européens, et, bien sûr, son propre ministre, Alain Juppé, qui a appris la nouvelle par la presse : la France serait donc prête à neutraliser militairement l'aviation de Kadhafi, en compagnie de la Grande-Bretagne.

    Bien sûr, plusieurs pays occidentaux n'ont sans doute pas oublié l'implication passée de Kadhafi dans une série d'attentats dans les années 80, mais je subodore fortement qu'il y ait également de leur part une forte volonté de ne pas rater le coche.

    Moi, j'avoue que je suis gêné : Nicolas Sarkozy a déroulé le tapis rouge au colonel Kadhafi, a tenté de lui vendre des centrales, et maintenant, il veut le chasser avec son aviation. 

    La situation ne me paraît pas claire en Lybie : certes, il y a une véritable volonté populaire, mais je note aussi qu' a été nommé comme chef de l'opposition un ancien ministre de Kadhafi, c'est à dire, en somme, un homme qui a partagé un certain temps les mêmes vues que lui.

    Moustapha Abdeljalilb est l'ancien ministre de la justice de Kadhafi. Jusqu'à l'année 2010, je n'ai pas souvenir de l'avoir entendu moufter contre Kadhafi et ses sinistres pratiques.

    Le vocable "opposition libyenne" est subitement apparu ces deux dernières semaines, dans le vocable journalistique, mais le fait est que je ne sais pas du tout qui il y a dans la dite opposition.

    On dit qu'il y figure des opposants de l'étranger, complètement inconnus de la population, des libéraux, des monarchistes, des islamistes (qui attendent leur heure), des notables reconnus de l'ère Kadhafi, bref un assemblage très hétéroclite dont on ne voit pas clairement le projet.

    A cela s'ajoute que le soulèvement populaire se défie de ces oppositionnels auto-proclamés et qu'enfin, il semble bien que le poids des tribus soit déterminant pour fixer l'issue des troubles.

    Bref, le problème, c'est que je ne sais pas ce que Nicolas Sarkozy a exactement reconnu, et que je me demande s'il le sait exactement lui-même.

    Si Kadhafi a vraiment demandé la possibilité de fuir le pays sans dommages avec sa famille (je l'ai entendu, mais est-ce vrai ?) pourquoi l'opposition libyenne a-t-elle refusé une solution qui épargnait bien des vies humaines ?

    L'Italie a refusé de se joindre à l'Angleterre et à la France. J'imagine que Berlusconi a trop le sens des fines parties passés avec le compère Mouamar pour avoir le coeur d'aller saboter ses joujoux désormais.

    Il semble que BHL soit devenu notre nouveau ministre des affaires étrangères, et pas seulement celui de la France : l'Egypte aussi, puisqu'il envisage que l'armée égyptienne se charge d'une partie du sale boulot.

    La diplomatie est un art difficile. Je ne sais pas, in fine, si Nicolas Sarkozy a tort ou raison de reconnaître le camp adverse en Libye. Mais je trouve que nous manquons singulièrement d'éléments pour juger, que nous nous précipitons beaucoup, et j'espère enfin que ses seuls buts ne sont pas de se refaire une santé dans l'opinion et de mettre la main sur la production de pétrole en Libye.

    Nicolas Sarkozy envisage que la France assure seule la couverture  de la zone d'exclusion aérienne en Libye ! Mais en avons-nous vraiment les moyens ?

    En tout cas, nous devrions nous limiter vraiment à un engagement minimal : neutraliser l'aviation et pas plus. Cette histoire-là sent le souffre à plein nez...

  • Foutez la paix à l'Islam, à la fin !

    La dernière trouvaille de Copé, c'est d'envisager de légiférer sur la langue que les imams doivent utiliser dans les mosquées. Mais on marche sur la tête en France. N'importe quoi.

    C'est pas un peu fini les débats biaisés avec l'Islam, là, en France ? Enfin, ce n'est pas compliqué : il y a des lois, en France. Quand quelqu'un les enfreint, il est sanctionné. La responsabilité des politiques, c'est évidemment de faire appliquer les lois (comme avec les prières de rue dans le 18ème arrondissement parisien qui sont parfaitement illégales).Qu'il soit musulman, athée ou chrétien ou tout ce que vous voudrez, on s'en f...

    Il y a également des lois contre les sectes. Si l'on s'aperçoit qu'une mouvance, fût-elle religieuse, opprime des individus et procède à d'authentiques lavages de cerveau, il y aussi des lois et même une mission chargé de dresser une liste : la miviludes, je crois.

    Voilà, ce n'est pas plus compliqué que cela. Je crois que Bayrou a très exactement visé dans le mille quand il observe que Marine Le pen est parvenue à faire de la laïcité, principe de tolérance, une arme anti-islam.

    J'aime beaucoup l'image utilisée par Bayrou : c'est un poison mortel pour la France que de dresser les gens les uns contre les autres. Bien d'accord. C'est une spécialité des extrêmes de toute sorte et pas seulement. 

    Plus à droite il va y avoir des responsables politiques pour faire les malins et penser doubler le FN par la droite, plus le FN va grossir.

  • Ah, le gros dégueulasse !

    Sur les conseils du Didier, j'ai attaqué la Cousine Bette, puisqu'il m'assure que la vieille peau l'emporte en scélératesse sur la femme sur Colonel Chabert. Je n'en suis qu'aux toutes premières pages, mais j'ai fait la connaissance d'un gros dégueulasse qui vaut bien toutes les scélératesses de la Comédie humaine. Il s'agit de Célestin Crével, ex-commis de César Birotteau, qui a fait fortune. J'ai tout de même l'impression qu'il n'aime pas les parvenus, mon Honoré, à en lire les descriptions qu'il en rend.

    Célestin Crével, c'est l'espèce de gros rougeaud bedonnant et parvenu, sûr de son fait parce qu'il a de l'argent ; le voilà à expliquer à la baronne Hulot ses découchages avec le mari de cette dernière. On apprend avec force détail comment ces deux répugnants personnages débauchent avec force finance et pressions des jeunes filles de respectivement 15 et 13 ans. 

    Le malhonnête individu, pour se venger de ce que le baron Hulot lui a pris sa "petite", pour reprendre ses termes, veut déshonorer ce dernier avec la baronne, ce qu'il vient tout de go lui annoncer en menaçant d'empêcher la fille de la baronne, Hortense, de se marier faute d'argent.

    La grossièreté avec laquelle il annonce toutes ses prépositions dénote l'esprit vulgaire de ceux qui se sont enrichis à bon compte et en fripons.

    J'observe que la noblesse d'empire n'est pas mieux considérée par Balzac, à en juger le goût sordide du Baron Hulot pour les jeunes filles et très jeunes femmes...

    Après le Lys dans la vallée, cela va être "la merde dans le caniveau", cette histoire-là...

    Juste une observation encore sur la fameuse cousine Bette : wikipedia en fait d'ores et déjà l'infâme personnage diabolique que présage sa sale gueule. Trop tôt pour donner un avis, mais le fait est que la vieille fille laide donc pas baisée et même pas riche paraît une figure-émissaire idéale pour servir de caution aux calculs les plus infâmes. Je pressens pourtant que je me porterai du côté de la défense, au fil de ma lecture...

  • Sarkozy n'est pas comptable du FN mais...

    Je lis décidément beaucoup d'imbécilités ces derniers jours sur le FN et Sarkozy. Mais la pire d'entre elles, c'est d'expliquer que Sarkozy serait la cause de la montée du Fn à cause des débats qu'il amène sur la place publique. A gauche, notamment, mais aussi dans la droite modérée proche du centre (Nouveau Centre), c'est très tendance de faire valoir cet argument.

    Ils sont un paquet à ne pas avoir compris, j'en ai bien l'impression : ce n'est pas en escamotant un débat, en l'esquivant, qu'on parvient à l'éteindre. Au contraire, du coup, Marine Le pen va s'en faire le porte-flambeau.

    Partout en Europe, les populismes gagnent du terrain, et parfois, bien plus qu'en France ! Il faut être insondablement crétin pour ne pas le comprendre. Il n'y a donc pas de phénomène Sarkozy. Au contraire, même Sarkozy avait réussi à siphonner le FN. Le problème, ce sont les actes...

    Pendant que Sarkozy lançait idiotement un ballon d'essai sur les Roms, il naturalisait à tour de bras en France : en 2010, l'immigration familiale a augmenté de près de 6%, l'immigration de travail de près de 2%. Sarkozy a donc continué à laisser venir des immigrés en France alors que la France explose sous le poids de l'immigration et des problèmes d'intégration qu'elle génère. STOP, nom de ... STOP, quoi, il faut mettre fin complètement à l'immigration, c'est tout, et ne pas se laissser impressionner par les bêlements de gauche. Le pompon, c'est ceux qui annoncent qu'ilspourraient voter Marine Le pen contre Sarkozy au second tour d'une présidentielle...(hein l'Nicolas...). Je vous rassure, même si personne ne me l'a demandé, évidemment, dans un tel cas de figure, je voterais pour Sarkozy.

    Pendant ce temps, à droite, on ne fait pas mieux : Chantal Brunel reprend avec une bêtise incroyable la petite chanson de Marine Le pen sur les hordes de Carthaginois (Tunisiens) censées venir envahir la Gaule. Ah ? Elle est où la flotte carthaginoise ? Au lieu de se payer la tête de Marine Le pen en dénonçant ses fantasmes délirants et le ridicule de ses déclarations, voir de l'inviter à venir faire le tour de nos côtes méditerrannéennes pour constater qu'il n'y a pas de débarquement en Provence, Chantal Brunel accrédite un mensonge éhonté. A ce mensonge s'ajoute la brutalité du propos envers un peuple qui progresse vers la démocratie à pas de géants (la mise en place accélérée d'un état de droit en Tunisie est tout simplement stupéfiante !) : les jeter à la mer. J'en ai déjà parlé. Tiens, ça me fait penser à la manière dont les négriers traitaient les esclaves au XVIIIème siècle : quand il y avait un risque de contrôle douanier, ils les enchaînaient les uns autres et les jetaient à la mer pour les noyer. Marine Le pen, elle me fait penser à ce genre de sinistres individus.

    Cela dit, l'immigration n'est qu'un aspect d'un phénomène plus vaste : la mondialisation. Telle qu'elle prend forme, elle donne l'impression (peut-être bien avérée, au demeurant) d'échapper à tout contrôle populaire : europhilie euro-béate, pouvoir des technostructures qui prennent les décisions à la place des politiques (l'Éducation Nationale en est une illustration éclatante), domination des lobbies, dumping social, aplaventrisme des dirigeants occidentaux.

    Les responsables politiques doivent apporter une réponse aux angoisses que suscite la mondialisation, mais également à ses dérives. C'est exactement le sens du combat de responsables politiques centristes comme Marielle de Sarnez ou François Bayrou. La première souhaite une révision radicale des règles de l'OMC. Elle a compris que le repli tant vanté par les souverainistes n'a aucune chance d'apporter de solutions, et elle propose donc de faire pression par le haut. C'est pour cela aussi que François Bayrou avait répliqué lors des élections européennes que personne ne l'empêcherait de parler de la France. Et c'est pour cela encore que le programme du MoDem proclamait que si les nations étaient fortes de l'Europe, l'Europe, elle, était forte de ses nations.

    Cela suppose de trancher évidemment sur un certain nombre de points : c'est bien gentil de vouloir juguler l'immigration, mais la meilleure solution pour y parvenir, c'est d'apporter le développement là d'où l'immigration se produit. Cela suppose donc d'admettre un certain niveau de délocalisation et de partager une part de la croissance.

    Il faut avoir le courage de le dire. Il faut faire en sorte que le co-développement ne soit pas l'occasion d'utiliser le dumping social pour affaiblir les salariés et ouvriers français et plus généralement européens, notamment dans l'industrie. Il va falloir plancher sur la relocalisation de l'industrie. Bayrou y réfléchit, et, à ce que j'ai compris, Martine Aubry aussi, depuis peu. On attend donc leurs propositions...

    Notre politique ne doit pas passer exclusivement par l'Europe, même si je pense que l'Europe est notre bras armé (à condition de priver les technocrates de leur pouvoir et le donner aux Parlementaires). Nous pouvons aussi mener une habile politique franco-française grâce à notre diplomatie et à notre culture, en développant et finançant partout alliances françaises, centres culturels francophones, écoles et lycées français et en tentant d'y attirer les élites locales afin de les imprégner de notre culture. Idéalement, en nouant des partenaraits commerciaux afin que les seuls débouchés de notre politique francophone ne soit pas nécessairement la venue en France pour les francophones et francophiles.

     

  • Cantonale démocrate et jolies femmes à Montrouge...

    A Montrouge, ce chanceux candidat MoDem cède sa place à une fort jolie femme...Le veinard met à profit la date du à 08 mars pour être bien entouré. Miam, on les croquerait si on pouvait (voir la vidéo ci-dessous).

    Cela dit, ce ne serait pas suffisant si ce duo de choc ne disposait pas d'un vrai programme pour le déaprtement du 92, phénomène assez rare dans ces insipides élections. Je me suis rendu sur le site consacré à la campagne et ai jeté un oeil sur les propositions. Il se trouve que je connais bien les Hauts de Seine...

    Il y a au moins un premier aspect qui m'a intéressé : Sylvie Brenez et Jean-Eric Branaa proposent d'expérimenter le fameux Small Business Act à la française de Bayrou dans le département. Très bonne idée, mais bonne chance : je ne sais pas si Jean-Eric et Sylvie ont entendu parler des écuries d'Augias, mais je crois que Devidjian pourrait les rencarder à ce sujet. L'opacité sur les appels d'offre dans le 92 est à peu près totale. Je crois qu'il ne faut pas seulement s'engager à simplifier les procédures, comme cela figure dans leur programme, mais également promettre un affichage transparent, comme le font la Mairie de Paris ou celle de Bordeaux, par exemple, sur les marchés qui sont passés.

    Autre idée que j'ai trouvée pas mal : financer le permis de conduire pour les jeunes en échange d'un investissement dans le secteur associatif, plus précisément les services à la personne (aide au 3ème âge, au handicap, à l'enfance).

    J'ai jeté oeil l'éducation dans le programme : à ma connaissance, c'est le Conseil Général qui finance la construction et une large partie de l'équipement des collèges. Il y aurait pourtant beaucoup à dire dans ce domaine. Sylvie et Jean-Eric veulent assurer les études dirigées que l'actuel Conseil Général commence à réduire sous prétexte que l'Etat le prend désormais en charge. Moi, je leur conseille de se pencher sur les conditions d'obtention des marchés dans les collèges et la manière dont les équipements s'y déploient : il y a un gisement pétrolifère d'économies à exploiter tant le gaspillage et la gabegie atteignent des sommets...Economies qui pourraient être réaffectées aux vrais priorités éducatives, bien  sûr...

    Bon, dans la partie budget et finance, les deux candidats MoDem/Alliance centriste/Cap21 veulent lancer un audit : ouarf ! Bonne chance ! Au moins, s'ils y parviennent, on va rigoler quand les cadavres vont sortir des placards...

    Sur le logement, rien de particulièrement novateur, mais deux engagements qui m'intéressent : celui d'interdire les préemptions sans motif valable (utilité publique) et celui de maintenir et rénover la cité universitaire d'Antony que la majorité actuelle veut condamner.

    Au niveau transport, je vais être méchant : c'est du sous-Delanoë comme cela se pratique désormais partout toutes tendances confondues en proche-banlieue. Ce n'est pas en congestionnant le trafic que l'on améliorera les conditions de transport. Or, la guerre  que livrent désormais toutes les tendances politiques à l'automobile à peu près partout participe largement aux rigidités qui affectent Paris et sa petite couronne, à commencer par les Hauts de Seine.

    L'offre de scooters électriques, c'est bien gentil, mais à quoi bon si Paris ne suit pas ? Moi, je préfère cela évidemment à l'auto-lib (une dispendieuse delanoconnerie de plus), mais plutôt que des scooters, il faudrait des side-cars, histoire que les familles ne soient pas comme d'habitude les sacrifiées de la politique de transports.

  • Donnez au filles d'aujourd'hui les moyens de devenir les femmes de demain...

    Aujourd’hui toutes les femmes du monde sont mises à l’honneur… 

    …mais pour espérer résoudre définitivement les injustices auxquelles elles sont confrontées dans le travail, l’éducation, ou face à la violence, il faut commencer par donner aux petites filles toutes les chances de grandir dans le respect de leurs droits.

    En contribuant à notre fonds de soutien pour les droits des filles, vous permettrez à PLAN de financer des projets concrets pour lutter contre les différentes formes de discrimination dont les filles sont victimes au Cameroun, au Vietnam  ou encore en Inde

    Pour elles, merci ! 

    Alain Caudrelier-Bénac, directeur de Plan France 

    Voilà, rien à rajouter...