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mardi, 05 avril 2011

J'ai fini la Cousine Bette

Plus qu'à passer à un autre Balzac. Étonnant, tout de même, Balzac, par sa propension à friser le fantastique dans certains de ses romans. La vengeance du Brésilien Montès fleure bon  quelqu'antique malédiction inca ou, mieux encore, du vaudou. Une maladie qui décompose le sang en moins d'une semaine, et qui ne peut être guérie qu'aux «Indes». Quel final magistral. Magistral mais pas tragique : tout est bien qui finit bien ou presque. Les gentils sont récompensés, les méchants sont punis.

Dans son histoire des XIII, l'atmosphère mystérieuse qui entoure les réunions secrètes ou encore un Ferragus m'avait déjà fait songer à plus d'un égard à ce genre littéraire.

Quand je lis un roman de Balzac, je retrouve une évolution presque similaire dans le déroulement de l'action. Lent d'abord pendant une bonne moitié du roman puis accélération progressive et une montée en puissance dans les dernières pages, celles pour lesquelles je suis prêt à me coucher à 3 heures du matin pourvu que je puisse les dévrorer jusqu'à la dernière lettre.

La Cousine Bette ne me paraît pas vraiment un personnage diabolique. Plutôt une vieille fille un peu mauvaise mais entière qui n'éveille pas vraiment l'attention. C'est en fait sa seule force. La virtuose, c'est la belle Valérie, même si elle finit en tas de boue pour en avoir trop fait. Pas de scrupules, experte à tromper son monde, un aplomb sans faille.

Les hommes ne sont pas à la fête : Crevel, Hulot, des vieux débris, des tas de ruine libidineux. Steinbock, un bon à rien, un rêveur-poseur expert en paroles, limité en actes. Je partage l'avis de Balzac : avec des natures faibles de cette sorte, il ne faut pas des femmes douces, mais rudes ; le non-actif total, en somme, le Polonais.

Il y a bien sûr Adeline, un modèle de dévouement, la dame patronesse chrétienne par excellence. Je vois déjà de là qu'elle a du déplaire à plus d'un, parmi ceux qui n'aiment pas le sentiment dégoûlinant, n'est-ce pas, l'Didier ? S'il considère Lady Dudley comme une forme d'idéal féminin, Valérie Marneffe a bien dû lui plaire aussi, à tous les coups...

Eh bien moi, ma préférée, dans cette histoire, ce n'est pas une sainte, cette fois, Josépha, une jeune et belle actrice juive. Elle donne une leçon d'humanité extraordinaire à tout le monde, et par la manière dont elle prend soin finalement de Hulot, et par la noblesse d'âme avec laquelle elle accueille Adeline, sans pour autant renier ce qu'elle est (au contraire d'une Valérie Marneffe sur son lit de mort).

Il ne me reste plus qu'à sélectionner mon prochain Balzac. A priori le Cousin Pons, mais j'envisage aussi une Ténébreuse affaire. Je pense aussi que je devrais relire la Peau de chagrin, alors...j'ai du pain sur la planche, sans compter les Illusions perdues qui m'attendent également sur ma table de chevet...

23:56 Publié dans Culture, Lectures | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : balzac, cousine bette |  Facebook | | |

jeudi, 10 mars 2011

Ah, le gros dégueulasse !

Sur les conseils du Didier, j'ai attaqué la Cousine Bette, puisqu'il m'assure que la vieille peau l'emporte en scélératesse sur la femme sur Colonel Chabert. Je n'en suis qu'aux toutes premières pages, mais j'ai fait la connaissance d'un gros dégueulasse qui vaut bien toutes les scélératesses de la Comédie humaine. Il s'agit de Célestin Crével, ex-commis de César Birotteau, qui a fait fortune. J'ai tout de même l'impression qu'il n'aime pas les parvenus, mon Honoré, à en lire les descriptions qu'il en rend.

Célestin Crével, c'est l'espèce de gros rougeaud bedonnant et parvenu, sûr de son fait parce qu'il a de l'argent ; le voilà à expliquer à la baronne Hulot ses découchages avec le mari de cette dernière. On apprend avec force détail comment ces deux répugnants personnages débauchent avec force finance et pressions des jeunes filles de respectivement 15 et 13 ans. 

Le malhonnête individu, pour se venger de ce que le baron Hulot lui a pris sa "petite", pour reprendre ses termes, veut déshonorer ce dernier avec la baronne, ce qu'il vient tout de go lui annoncer en menaçant d'empêcher la fille de la baronne, Hortense, de se marier faute d'argent.

La grossièreté avec laquelle il annonce toutes ses prépositions dénote l'esprit vulgaire de ceux qui se sont enrichis à bon compte et en fripons.

J'observe que la noblesse d'empire n'est pas mieux considérée par Balzac, à en juger le goût sordide du Baron Hulot pour les jeunes filles et très jeunes femmes...

Après le Lys dans la vallée, cela va être "la merde dans le caniveau", cette histoire-là...

Juste une observation encore sur la fameuse cousine Bette : wikipedia en fait d'ores et déjà l'infâme personnage diabolique que présage sa sale gueule. Trop tôt pour donner un avis, mais le fait est que la vieille fille laide donc pas baisée et même pas riche paraît une figure-émissaire idéale pour servir de caution aux calculs les plus infâmes. Je pressens pourtant que je me porterai du côté de la défense, au fil de ma lecture...

18:10 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : balzac, cousine bette |  Facebook | | |