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jeudi, 10 mars 2011

Ah, le gros dégueulasse !

Sur les conseils du Didier, j'ai attaqué la Cousine Bette, puisqu'il m'assure que la vieille peau l'emporte en scélératesse sur la femme sur Colonel Chabert. Je n'en suis qu'aux toutes premières pages, mais j'ai fait la connaissance d'un gros dégueulasse qui vaut bien toutes les scélératesses de la Comédie humaine. Il s'agit de Célestin Crével, ex-commis de César Birotteau, qui a fait fortune. J'ai tout de même l'impression qu'il n'aime pas les parvenus, mon Honoré, à en lire les descriptions qu'il en rend.

Célestin Crével, c'est l'espèce de gros rougeaud bedonnant et parvenu, sûr de son fait parce qu'il a de l'argent ; le voilà à expliquer à la baronne Hulot ses découchages avec le mari de cette dernière. On apprend avec force détail comment ces deux répugnants personnages débauchent avec force finance et pressions des jeunes filles de respectivement 15 et 13 ans. 

Le malhonnête individu, pour se venger de ce que le baron Hulot lui a pris sa "petite", pour reprendre ses termes, veut déshonorer ce dernier avec la baronne, ce qu'il vient tout de go lui annoncer en menaçant d'empêcher la fille de la baronne, Hortense, de se marier faute d'argent.

La grossièreté avec laquelle il annonce toutes ses prépositions dénote l'esprit vulgaire de ceux qui se sont enrichis à bon compte et en fripons.

J'observe que la noblesse d'empire n'est pas mieux considérée par Balzac, à en juger le goût sordide du Baron Hulot pour les jeunes filles et très jeunes femmes...

Après le Lys dans la vallée, cela va être "la merde dans le caniveau", cette histoire-là...

Juste une observation encore sur la fameuse cousine Bette : wikipedia en fait d'ores et déjà l'infâme personnage diabolique que présage sa sale gueule. Trop tôt pour donner un avis, mais le fait est que la vieille fille laide donc pas baisée et même pas riche paraît une figure-émissaire idéale pour servir de caution aux calculs les plus infâmes. Je pressens pourtant que je me porterai du côté de la défense, au fil de ma lecture...

18:10 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : balzac, cousine bette |  Facebook | | |

Commentaires

"Je suis de mon temps. J'honore l'argent." dit ce personnage de Crevel à un moment. Phrase qui résume la Comédie.
Le Didier a du Goux. C'est un des meilleurs Balzac. Il y a une page sublime quelque part sur l'artiste qui, s'il ne travaille pas chaque jour "assiste impuissant au suicide de son talent..."
A lire juste derrière, "Le Cousin Pons" !

Écrit par : solko | jeudi, 10 mars 2011

@solko
ah, justement, j'ai le Cousin Pons sous le coude que j'escompte lire juste après !
Sinon, il y a bien des points communs avec notre propre monde...

Écrit par : l'hérétique | jeudi, 10 mars 2011

Sauf qu'à cette époque, pour encadrer la crudité du monde réel, existaient encore deux mythes : le mythe aristocratique et le mythe révolutionnaire.
Aujourd'hui, nous sommes un peu à court...

Écrit par : solko | vendredi, 11 mars 2011

@solko
Pas d'accord : il existe une bourgeoisie traditionnelle qui continue à servir de modèle, souvent de sensibilité catholique, au demeurant, et n'a rien à voir avec le bling-bling (c'est souvent le cas dans la banque, par exemple).
Cette bourgeoisie-là demeure une référence dans une bonne partie de l'Europe.

Écrit par : l'hérétique | vendredi, 11 mars 2011

Ah, le Célestin est terrible, oui ! Il fait un peu penser au Uriah Heep de Dickens, mais en plus réussi encore.

Quan,t au baron Hulot, c'est sans doute le plus abouti érotomane de toute notre littérature. Sa descente aux enfers est terrible.

Écrit par : Didier Goux | vendredi, 11 mars 2011

Et, sinon, d'accord avec Solko : le cousin Pons "va avec"…

Mais pas d'accord avec vous : cette bourgeoisie dont vous parlez est morte. Ou en tout cas à l'agonie. Il ne reste plus que la petite-bourgeoisie triomphante, celle qui appelle musique la variété et littérature le roman policier. Son règne s'étend à tous, y compris à l'ancienne bougeoisie.

Écrit par : Didier Goux | vendredi, 11 mars 2011

@Didier Goux
J'espère que vous vous trompez et qu'elle vit encore. En tout cas, je parie sur sa vitalité pour ré-émerger. Elle constitue à mes yeux l'un des piliers de la démocratie-chrétienne en politique.
L'absence de vergogne du Célestin est impressionnante. Il faut le lire pour le croire. C'est dément d'imaginer que cette figure est commune au temps de Balzac...Pour le baron, je dois avancer davantage dans le livre pour me faire une idée.

Écrit par : l'hérétique | vendredi, 11 mars 2011

Oui, le baron ne prend toute son ampleur qu'au fil du roman. Vous allez voir, c'est prodigieux.

Quant à Célestin, méfiance tout de même : les personnages de Balzac sont toujours plus grands (et ici plus noirs) que nature…

Pour la bourgeoisie, j'ai bien peur d'avoir raison, malheureusement. À force de vomir ce qu'elle appelle "élitisme", la petite-bourgeoisie a réussi à lui porter un coup mortel.

Comme dirait Gomez d'Avila : aujourd'hui, la seule chose qui différencie encore les riches des pauvres c'est l'argent…

Écrit par : Didier Goux | vendredi, 11 mars 2011

@L'hérétique;
Vous auriez une belle matière pour rédiger un article lumineux avec la nouvelle d'Honoré de Balzac, Jésus-Christ en Flandre : cette parabole teintée de littérature mystique est une allégorie complète d'un monde chrétien chavirant entre la perdition et la résurrection au beau milieu du XIXe siècle (déjà...).Dans cette nouvelle, tel Charon, un pasteur d'âme assume le rôle du passeur entre les deux rives, au beau milieu de la tempête; toutes les couches de la société sont représentées sur cette barque en furie qui ressemble de près au radeau de la Méduse : on se bouscule âprement pour avoir la vie sauve. Une belle nouvelle à méditer en ce début de XXIe siècle. En ayant lu avec intérêt les commentaires de ce post, je me demande si la recomposition des corps sociaux évoquée par Balzac est encore envisageable sur les mêmes bases aujourd'hui; il y a fort à parier que des groupes sociaux aux milieux de vie divers se formeront pour partager des centres d'intérêts culturels communs, à l'exclusion de tout sectarisme, dans une configuration de vie se rapprochant de celle du Bas Empire romain, lorsque diacres, femmes du peuple et aristocrates se côtoyaient pour partager la Sainte Parole.

Écrit par : Jourdan | samedi, 12 mars 2011

c'est contagieux ! je commence les illusions perdues ...

Écrit par : Mirabelle | lundi, 04 avril 2011

@Mirabelle
Je finis actuellement la Cousine Bette, je lis le Cousin Pons, une Ténébreuse affaire, et après, je passe aux Illusions perdues... :-)

Écrit par : l'hérétique | lundi, 04 avril 2011

Les commentaires sont fermés.