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  • Il va bien falloir renvoyer dans leurs cordes les guignolos du FN

    On parle souvent de dédiabolisation quand on évoque le Front National. C'est bien possible, mais moi, ce qui m'intéresse, c'est ce que ce parti propose.

    C'est dans le domaine économique, surtout, où je ne comprends pas le silence des économistes et la pauvreté du discours politique face au FN.

    On le sait, Marine Le Pen propose de quitter la zone euro, sortir de l'Europe et établir des barrières protectionnistes.

    Il y a bien sûr des nations qui vivent sans faire partie de l'Europe et qui ne s'en portent pas plus mal. C'est souvent ce que fait valoir MLP. Elle oublie un petit détail : ces nations mènent généralement une politique économique plutôt libérale et se gardent bien de fermer leurs frontières comment entend le faire MLP. 

    En sortant de l'euro, nous nous retrouverions immédiatement face à nous-mêmes, c'est à un dire un État endetté jusqu'à la moëlle sans la moindre ressource ni le plus petit soutien amical pour nous assurer les bas taux d'intérêt nécessaires à nos emprunts. 

    A vrai dire, il suffirait de ne pas emprunter, et, pour cela, réduire le déficit budgétaire. Il y a un petit problème : ce n'est pas le programme de Marine Le pen et ses promesses mirobolantes deviendraient intenables sans déficit majeur. 

    Pour rendre sa compétitivité à la France, elle serait contrainte à une sévère dévaluation du franc, de retour sur la scène nationale. Je rigole bien en mon for intérieur en songeant à ses électeurs contraints d'acheter écrans plats, téléphones, robots, et plus généralement objets technologiques importés à des tarifs d'autant plus prohibitifs qu'ils se prendraient dans les dents et la dévaluation de MLP et les taxes aux frontières imposées sur les importations.

    Les ânes qui lui auraient donné leur voix et qui travailleraient dans une industrie ou une entreprise exportatrice n'auraient plus que leurs yeux pour pleurer puisqu'ils se retrouveraient sans travail en raison des barrières douanières que ne manqueraient pas de nous retourner un certain nombre de nos partenaires commerciaux.

    Je ne dis pas que l'Europe  fonctionne bien, loin de là. Je ne dis pas non plus qu'il est impossible de sortir de l'euro. En revanche, je suis sûr d'une chose, c'est que ce que prévoit MLP pour le faire, c'est du pipi de chat.

    MLP espère se faire du fric en mettant fin à l'immigration. Sur l'immigration, il n'y a qu'une seule position qui vaille en France et elle est vraiment de loin la meilleure, c'est celle de Bayrou. C'est le Parlement après débat initié par le gouvernement qui doit voter le seuil d'immigration autorisé et nécessaire en France. A l'heure actuelle, les gouvernements décident, en catimini ou sur des bases idéologiques qui nous devons accueillir ou non. Sur un sujet aussi important, tout devrait être transparent ce qui suppose un passage par la case parlementaire. Il n'y a pas besoin de tout le blabla grandiloquent du FN sur le sujet pour parvenir à contrôler l'immigration. Plutôt que de dire qu'on ramène à tel ou tel chiffre le nombre d'immigrés sur le territoire français, mieux vait laisser le Parlement décider après avoir écouté les experts économiques. Si le Parlement dit que c'est 50 000, eh bien c'est 50 000, s'il dit que c'est zéro, c'est zéro et voilà tout.

    Il y a dans le projet du FN les mêmes travers que dans la méthode Sarkozy : le caractère systématique des mesures. Bayrou a toujours opposé aux roulements de tambour et aux moulinets de bras le cas par cas. Quand on évoque l'immigration, je pense souvent à ce petit tchétchène de 12 ans qui avait sauté d'une fenêtre tout en étant titulaire d'un prix d'orthographe : pourquoi on voulait l'expulser celui-là ? Parce qu'il fallait faire du chiffre. Je ne suis pas contre les expulsions, mais elles doivent être justifiées et, tant qu'à faire, réalisées sur des bases valables. Virer un champion d'orthographe française, par les temps qui courent, c'est particulièrement con. A peu près autant que l'idée imbécile de Guéant, en fin mandat sarkozyste, consistant à emmerder les étudiants étrangers pour les faire partir.

    Tiens, dans la catégorie débile, au FN, j'ai trouvé ça : la fameuse préférence nationale en matière d'emplois :

    Les entreprises se verront inciter à prioriser l’emploi, à compétences égales, des personnes ayant la nationalité française. Afin d’inciter les entreprises à respecter cette pratique de priorité nationale, une loi contraindra Pôle Emploi à proposer, toujours à compétences égales, les emplois disponibles aux demandeurs d’emploi français. Les administrations respecteront également ce principe, et la liste des emplois dits « de souveraineté » sera élargie, notamment dans les secteurs régaliens où les professions seront réservées aux personnes ayant la nationalité française

    Quand je vous dis que ce sont des guignolos, au FN...A deux titres : a) en règle générale, les entreprises privilégient de facto les nationaux b) quand elles engagent des étrangers, c'est qu'elles ne trouvent pas de Français pour faire le job. Feraient mieux de s'occuper de la formation, MLP et le FN...Qu'ils aillent en toucher un mot à la CGME et ses 200 000 emplois non pourvus sur les bras pour comprendre le fond du problème. Mais bon, à des guignolos, faut pas trop leur en demander, au risque de leur faire péter quelques neurones surnuméraires...

    Le programme du FN, c'est toujours de ce tonneau-là : du flan et du creux. Rien ne tient debout, presque tout est idéologique. Au fond, des postures assez communes que l'on retrouve notamment à gauche (pas la nature des postures mais le fait d'en avoir).

    La bataille des européennes approche : j'en bave d'impatience parce que j'ai bien l'intention d'être l'un des tous premiers à mettre en charpie le non-programme du FN. Si jamais j'étais invité à un débat de blogueurs face à un représentant bleu-marine, je m'y colle : il y a des illusions qui voleraient en pièces et on peut compter sur moi pour lui rentrer dans le lard en bonne et dûe forme...

  • Au-delà de Paris, les bobos n'existent pas

    L'Express a réalisé un excellent reportage relayé par la plume de Libie Cousteau sur le transfert de voix socialistes vers le candidat FN lors de la dernière élection législative partielle. J'invite mes lecteurs à en prendre connaissance , on y trouve en quelques témoignages lapidaires un beau bestiaire des errements de l'actuelle majorité.

    Conh-Bendit écrivait dans le Nouvel Obs jeudi dernier qu'il existait trois gauches : la gauche autoritaire, la gauche gestionnaire et la gauche libertaire. C'est justement observé, mais je constate qu'aucune des trois ne répond aux attentes populaires.

    La gauche libertaire est celle des bobos et des étudiants, la gauche gestionnaire, celles des cadres et des hauts fonctionnaires, et la gauche autoritaire, celles des fonctionnaires, petits profs, instituteurs et administratifs de toutes sortes.

    Que reste-t-il pour les ouvriers, les employés, les précaires ? Personne. Tout du moins, si : le Front National dont le discours s'adresse directement à eux.

    Si l'assiociation continuelle du mariage pour tous et de la manif pour tous pendant si longtemps dans les médias et les réseaux sociaux m'a prodigieusement agacé, c'est que l'on voit bien à cette turgescence incongrue que les gens qui sont à l'abri du besoin et de la précarité n'ont vraiment rien à f... de leur journée, ou, tout du moins, ignorent clairement les fins de mois difficiles. Qu'ils soient pour ou qu'ils soient contre. Toutes les enquêtes d'opinion l'ont montré clairement, ce sujet est apparu comme tout à fait secondaire aux Français.

    Cela me frappe de voir les beaux esprits beugler au fascisme parce qu'ils voient des UMP et des FN côte à côte chez les anti. Ils n'ont vraiment rien compris. Et cela ne m'interroge pas moins de constater l'inanité, la vacuité, même, de la droite, qui escompte se refaire une santé sur un sujet qui concerne moins d'1% des Français (l'écrasante majorité des homosexuels se fiche du mariage comme de l'an 40 de même que près de la moitié des Français toutes orientations sexuelles confondues ne se marient plus, je le rappelle, ou, à défaut, divorcent...).

    Fondamentalement, on le voit, les mesures prises par les Socialistes (la fin de l'exonération des heures sup, l'absence de projet pour relancer l'industrie), leurs mensonges, vont à rebours des aspirations populaires dont les envies sont au fond simples : avoir un travail et pouvoir vivre décemment.

    J'aimerais que le MoDem ne verse pas dans la boboïsation, en se préoccupant de sujets secondaires, mais se montre capable de s'adresser aux Français délaissés avec des propositions concrètes.

    La sauvegarde de l'emploi en France parle certainement à ceux qui en sont privés ou, tout du moins, menacés de perte. Bayrou est un homme honnête. Il a vocation à porter un centrisme populaire et tribunicien, bien loin des éructations d'un Mélenchon, afin de ne pas laisser comme seul et trompeur interlocuteur au peuple le Front National.

  • Tiens, y'a le FN petit Suisse ?

    On a perdu une occasion de se taire au FN : en attendant le scandale républicain promis par Mediapart, on a déjà un amuse-gueule avec les comptes suisses de Le pen père.

    Entre les mauvaises fréquentations de Cahuzac dont le compte a été ouvert par un Gudard et conseiller proche de Marine Le pen, cela commence à faire beaucoup au parti de la vertu.

    C'est Aliot ou Philippot, je crois, qui avait évoqué la gauche Caïman ? Et le FN petit Suisse, ils en pensent quoi ?

    Il n'en reste pas moins que le déballage actuel frise le ridicule. Tout comme Christine Espert, je juge consternante la course à l'échalotte à laquelle se livrent les élus à l'heure actuelle sur leur patrimoine.

    Thierry Robert, élu MoDem de la Réunion, a bien raison de mettre les pieds dans le plat en dénonçant les ponctions monumentales auxquelles se livre l'État, d'abord sarkozyste puis aujourd'hui socialiste. On a jugé extrême sa menace de quitter la France, certains s'en sont offusqués, mais la réalité, c'est qu'il y a une chasse à la richesse complètement ridicule à laquelle se livre toute la classe politique (y compris le FN avec sa dénonciation de la finance) dont les effets sont dévastateurs.

    J'ose espérer que le MoDem va se tenir éloigné contre vents et marées de ce populisme-là même si j'entends souvent des voix au sein de mon parti que cette facilité tente.

  • Le FN flamboie, le MoDem cherche son ADN

    Cela fait un moment que les signes anonciateurs d'une grande poussée du Front National se multiplient. Il y a deux ans, déjà, dans un sondage,  50% des sympathisants de l'UMP admettaient tout à fait l'idée d'une alliance avec le FN. Puis, la côte de popularité de Marine Le pen n'a cessé de grimper au point d'en faire la femme politique la plus populaire en France dans un autre sondage il y a peu. Marine Le pen a fait muter son parti pour en faire un mouvement populiste, capable de râtisser bien plus large que l'extrême-droite traditionnelle. La situation économique et sociale favorise plus que jamais un vote contestataire. Enfin, depuis 20 ans, la gauche ignore les préoccupations de l'électorat Front National, et la droite ne vise qu'à les récupérer sans y apporter de réponses. La récente législative partielle dans l'Oise qui se conclut ce soir par un duel UMP-Fn au second tour est un nouveau craquement dans la sphère politique que nous ne devons pas ignorer.

    On peut toujours combattre le FN à coups de bons sentiments mais je n'y crois guère. La seule manière de faire reculer le populisme, c'est d'offrir à son électorat une alternative crédible.

    Pour cela, il faut et donner un espoir et ne pas mentir. Ne pas mentir, je crois que sur cette ligne, Bayrou est incontestable depuis toujours. Je crois le MoDem de bonne volonté, mais, si, sans nul doute, il relaie le discours de son président, il ne donne aucun espoir. 

    Il ne donne aucun espoir parce qu'il n'a pas de substance. Pas d'ADN. Rien qui l'identifie autre que Bayrou, et encore. Le malheur, c'est de ne jamais être parvenu à dépasser l'horizon médiocrissime du projet humaniste.

    Aujourd'hui, on ne peut pas emporter des élections avec de bons sentiments. J'attends du MoDem des projets décapants et corrosifs, pas des théories fumeuses et et des indignations parisiennes.

    Nous devrions, me semble-t-il, réécrire notre projet pour affiner nos réponses et en apporter de nouvelles à la crise que nous vivons. Je pense, notamment, que nous devons évoquer clairement la mondialisation. Il nous a été claironné de longues années qu'elle était une chance. Je commence à en douter sérieusement. Quand il y a des échanges qui sont équitables, des règles qui sont claires et transparentes, que les États ne vivent pas dans la connivence avec de gros oligopoles, je ne doute pas des vertus du libre-échange mais il n'y a rien de tel dans le monde où nous vivons. 

    Nous devrions être plus radicaux dans nos jugements, nos propositions et nos idées et refuser catégoriquement, sans compromis, l'absence d'équité. La transparence intégrale, comme elle existe par exemple sur Internet, devrait devenir la condition sine qua non de nos accords commerciaux et nous, démocrates et libéraux du MoDem, devrions-nous en faire les chantres.

    Ce ne peut être un eurocrate de Bruxelles ou de l'OMC qui fixe nos normes dans ce domaine. Parce que nous voulons construire l'Europe, nous pouvons l'accepter de parlementaires européens démocratiquement élus mais d'aucun autre individu. Et même ainsi, la France peut et doit rester souveraine s'il s'avérait qu'on lui imposât, fût-ce par un vote démocratique, des règles inacceptables.

    Je voudrais voir le MoDem porter ce discours et cette idée d'une autre Europe, d'un autre monde. Je voudrais voir en notre parti les défenseurs ardents et intransigeants de la démocratie. 

    Nous devons sortir du commentaire et de l'imprécation dans lesquelles nous nous complaisons quasiment depuis notre création et tenir à la disposition des Français une contre-proposition pour chaque mesure gouvernementale, pour chaque atteinte à notre cohésion nationale.

    C'est ce que j'attendais de notre Shadow Cabinet, or, il n'a jamais été en mesure de remplir ce rôle vital, et, nous nous sommes éteints doucement.

    Nous ne devons pas laisser le monopole de l'alternative au Front National. Mais cela implique de changer de logiciel et d'habitus dans son sens le plus aristotélicien qui soit.

    Le chemin est long mais l'enjeu magnifique.

  • Le FN est-il soluble dans la démocratie ?

    La mutation que Marine Le pen a imposé à son parti mérite, me semble-t-il, de me poser une question qui ne m'avait jamais traversé l'esprit tant que Jean-Marie Le pen dirigeait ce parti.

    Jean-Marie Le pen, de mon point de vue, est profondément rattaché à l'extrême-droite de l'après-guerre ; celle-là même qui avait collaboré, soutenu le vichysme et dont une partie ne s'était ralliée au Général de Gaulle qu'en 1943 et 1944 voire après-guerre.

    Je n'ai jamais eu confiance dans cet homme-là et j'ai toujours été persuadé qu'une fois au pouvoir il aurait au mieux limité au pire supprimé les institutions démocratiques. En aucune circonstance, quel que soit son adversaire il n'eût été envisageable de voter pour lui, même avec un représentant de Lutte Ouvrière ou quelque chose de ce genre en face.

    Je continue à me défier grandement du Front National parce que nombre de ses cadres ont accompagné sans états d'âme les dérives infâmantes de cet homme-là.

    En revanche, je crois Marine Le pen démocrate sincère, contrairement à son père, et certainement plus droite qu'elle. Oh, bien  sûr, ce n'est à l'évidence pas la même démocratie que la mienne (que penser d'une démocratie dont les principaux alliés seraient la Russie de Poutine et la Chine au parti unique despotique, comme cela figure dans le programme du FN ?) mais une démocratie tout de même. Sans doute avec une très forte composante populiste, évidemment.

    Contrairement à son père, Marine Le pen n'est pas obnubilée par l'antisémitisme ou par une quelconque forme de racisme. Je ne le crois pas. Ceci ne l'empêche pas d'appuyer une bonne partie de ses thèses sur un sentiment xénophobe et de chercher ainsi à diviser le pays.

    Le souverainisme et le protectionnisme (tout relatif, au demeurant) que prône MLP sont bien sûr aux antipodes du libéralisme centriste que je défends.

    Cela dit, si je considère l'opinion que j'ai de MLP, elle est relativement neutre. Je ne me reconnais pas dans la diabolisation infiniment maladroite à laquelle se livre la sphère médiatique à son encontre. Cette diabolisation n'a pas d'objet, n'a pas lieu d'être parce que le projet politique du FN est rentré dans la sphère démocratique et qu'il faut désormais le combattre comme un projet politique et pas autrement.

    Je l'ai dit, jamais par le passé, même en pensée, je ne me serais imaginé accorder ma voix à JMLP et ce, dans toutes les circonstances possibles et imaginables. Mais aujourd'hui, si je me pose la même question pour MLP, ma réponse n'est pas négative dans toutes les configurations. Dans tous les duels qui l'opposeraient à un représentant de la sphère modérée de l'espace politique (PS, Verts, MoDem, UDI, UMP et même sans doute PC qui est devenu un parti de gouvernement au fil du temps) elle serait perdante mais, face aux forces qui se situent sur les bords extrêmes, je crois par exemple que je voterais pour MLP plutôt que de laisser passer un représentant du NPA (a fortiori de LO) et tous ses discours haineux contre les "riches" (on est toujours le riche de quelqu'un...).

    Si je considère les 60 dernières années, j'observe qu'aucun pays où les communistes ont pris le pouvoir n'est devenu une démocratie mais qu'au contraire la tyrannie s'y est exercée parfois avec une brutalité inouïe comme en Corée du Nord ou au Cambodge. Mais si l'on considère les extrême-droite là où elles ont eu le pouvoir, principalement en Amérique du Sud, le sadisme inconcevable avec lequel leurs polices politiques ont traité leurs opposants est à faire gerber.

    Depuis la chute du mur de Berlin, en Europe, les choses ont toutefois évolué : dans plusieurs pays d'Europe occidentale les anciens communistes ont repris le pouvoir, je pense en particulier à la Pologne. Mais ils n'avaient gardé de communistes que le nom et s'étaient mués en partis socialistes ou sociaux-démocrates traditionnels. Il s'est produit à peu près la même chose en Amérique du Sud ou Lula s'est montré un dirigeant social-démocrate exemplaire, de même que Correa, l'actuel dirigeant de l'Équateur, et même Chavez dont j'ai gardé en mémoire la tentative de putsch a, pour sa politique intérieure, globalement respecté son opposition sans user de ses forces intérieures pour la museler.

    Pour l'extrême-droite, il y a eu Jorg Haider en Autriche, mais, recadré par l'Europe : il a dû se résoudre à respecter toutes les formes démocratiques. Les frères Kaczynski en Pologne me sont toujours apparus faire partie de cette droite extrême qui s'accomode très facilement des nationalistes et des forces d'extrême-droite en général. En dépit de leurs tentatives, ils ont aussi dû se résoudre à évoluer dans des cadres démocratiques.

    Si j'exclus radicalement le NPA c'est que j'ai lu dans leur programme qu'une épuration politique est prévue dans les médias de même qu'un programme d'expropriation. Il y a des choses similaires dans celui du Front de Gauche. Rien de tel dans celui du FN. Voilà pourquoi ces deux partis me paraissent, au moins sur leur base programmatique, bien plus dangereux que le FN. Quant à LO, pour moi, ce sont des Khmers rouges. Les plus idéologues et dangereux, capables de créer des camps de concentration en France. Les pires.

    Je ne suis pas certain de savoir ce que je ferais exactement si c'était Mélenchon qui se trouvait en face. Depuis que j'ai lu dans le détail le programme du Front de Gauche, et, après avoir écouté les interventions de Mélenchon (notamment sur Cuba) ces dernières années, je me défie de plus en plus de l'individu.

    Bref, qu'un centriste déclare cela, c'est dire la mutation opérée par MLP dans le paysage politique.

    De parti à parti, c'est plus difficile : j'ai vraiment une très mauvaise opinion du FN, même face à un candidat NPA. Si le cas de figure se produisait, ce serait à considérer au cas par cas de mon point de vue, et, en principe, face à un candidat front de gauche, il y aurait de bonnes chances que je choisisse le second à condition de ne pas avoir affaire à un chasseur de koulaks (je m'appuierais alors sur ses écrits, ses déclarations et ses prises de distance ou non par rapport au programme de son parti comme a pu le faire par exemple Onfray).

    Je pense que le choix se ferait sur la base suivante : tout individu issu de la mouvance skinheads, PFN, négationniste, soralienne, nouvelle droite, grèce et cetera se verrait à peu près assuré d'avoir mon vote contre lui. Mais si en face il devait y avoir des islamo-gauchistes ou des révolutionnaires antisionistes et compagnie, même chose. Bref, ce serait au cas par cas avec une forte probabilité de bulletin blanc compte-tenu du parcours ordinaire des gens qui se trouvent sur ces deux bords.

  • Euro, europe : réclamons un débat Bayrou-Le pen

    Marine Le Pen ne cesse de clamer haut et fort que l'euro est un poison pour l'économie française, et elle réclame la sortie immédiate de l'euro de la part de la France.

    François Bayrou, au contraire, assure qu'une sortie de l'euro ruinerait la France.

    Il s'est déclaré prêt à débattre avec Marine Le Pen à ce sujet. Quel média relèvera le gant ? Il y aurait là un affrontement d'envergure entre les deux porteurs de deux projets de société foncièrement antagoniste. 

    Le MoDem est le plus européen des partis politiques français, on peut même dire que l'Europe rentre dans on ADN alors que le FN est foncièrement hostile à tout projet européen.

    On entend tout et n'importe quoi sur l'euro, aussi bien de nonistes décérébrés que de ouistes fanatisés.

    Sur l'Europe, Bayrou a toujours tenu un langage de vérité sans jamais verser dans le double-langage ni dans un européisme béat, mais en défendant avec force et conviction l'idée européenne, idée qu'il enracine dans la civilisation européenne et ses nations, bien en amont des pères fondateurs que furent Schuman et Monnet.

    Très loin de privilégier l'Europe, le FN et Marine Le Pen rêvent d'un grand axe stratégique Paris-Moscou-Pékin et d'une résurgence des nations telles qu'elles vécurent aux XIXème et XXème siècle.

    Mon propre blogue a déjà été le lieu d'affrontements sur ces thèmes, puisque de temps à autre, des sympathisants ou militants du Front National passent me rendre visite. Bien évidemment, l'Européen convaincu que je suis, préparerait et relaierait avec grand plaisir un tel choc.

    Espérons qu'une chaîne télévisée organisera la confrontation, la France le mérite.

  • Bayrou écrase Borloo au centre...

    J'ai trouvé assez mordante de rire l'analyse du Journal du Dimanche sur le centre et la représentativité des individus qui déclarent en émaner ou le représenter.

    Évidemment, on y lit que Borloo devance Bayrou au centre dans l'opinion des Français. 

    Seulement voilà : si l'on considère les électeurs qui ont vraiment voté au centre en 2007, c'est à dire les 19% de Bayrou, eh bien ils sont 53% contre 27% à citer Bayrou en premier au lieu de Borloo. Et même à gauche, ils sont encore 40% contre 33%.

    En ce qui concerne le centrisme de Borloo, il est vrai qu'il adopte souvent des positions modérées et que l'individu m'a paru souvent sympathique, mais, j'ai tout de même un motif de défiance et deux de griefs.

    Le motif de défiance, c'est qu'il a toujours choisi Sarkozy : en 2007, où il l'a soutenu au moment où le centre pouvait espérer remporter une victoire historique à la présidentielle, puis par la suite, où il a avalé toutes les mesures sarkozystes, et ce d'autant qu'il était encore près à être son premier ministre il y a quatre mois. A comparer avec les choix de Bayrou.

    Les deux griefs, c'est, primo d'avoir constamment soutenu Tapie dont il est le pote et avocat, et, secondo et surtout, d'avoir déclaré en 1993 qu'un accord avec le FN ne le dérangeait pas à condition que toute la droite s'y range.

    Des gens de droite comme Juppé ou Villepin ont toujours affirmé haut et fort leur hostilté au FN au nom du gaullisme. Il ne faut pas oublier que le FN, c'est avant tout l'hériter des Vichystes, certains fussent-ils ralliés à de Gaulle en 1942 à cause de l'occupation de la zone sud par les nazis.

  • 3000 notes chez l'hérétique

    Et voilà ma 3000ème note. L'inconvénient, c'est que je n'ai pas grand chose à dire, éprouvant une certaine forme de lassitude depuis quelque temps.

    J'avoue avoir du mal à me passionner pour notre politique nationale, à l'heure actuelle. Ce qu'il se passe à l'étranger est tellement plus passionnant !...

    Le PS est venu un peu égayer ce morne paysage en proposant un programme. On peut en penser ce que l'on veut, au moins, il y a quelque chose à discuter. Le seul autre parti qui fait des propositions, c'est le FN, mais, quel hasard, toujours rien sur l'économie et l'emploi.

    J'ai bien apprécié ce qu'en disent Benhamias et Madrolle, du MoDem : 

    Le FN entretient depuis toujours un rapport compliqué avec l’électorat français. Dans les années 80, le Front National de Jean-Marie Le Pen était qualifié de «peste brune» par certains médias et représentait surtout aux yeux de l’opinion publique un vote honteux et inavouable. Changement d’époque, et changement de ton. La «vague bleue Marine», le nouvel élément marketing du FN, doit apporter la fraîcheur exaltante du grand air marin. Mais il ne faut pas s’y tromper, la fille n’a rien renié du père. Le discours du Front National reste démagogique et s’assimile toujours plus à un agrégat de slogans simplistes et racoleurs. A ce titre, Marine Le Pen n’est que l’héritière de Nicolas Sarkozy qui, en 2007 avait souhaité «simplifier» le discours politique en menant une campagne basée sur quelques slogans: la France qui se lève tôt et qui travaille dur, travailler plus pour gagner plus, etc…

    Certes, le Front National pose des questions sur lesquelles tout un chacun peut légitimement s’interroger. En apportant des solutions si simplistes, le FN donne à une partie de l’électorat, le sentiment d’avoir à nouveau prise sur l’action politique et de se réapproprier à travers son vote, un rôle de décideur. Historiquement, on connaissait les partis de masse, de cadres ou de notables. Le Front National inaugure une nouvelle forme politique: le parti de libre-service.

    Tel un distributeur automatique de promesses, sur au moins une de ses interrogations l’électeur obtient en écho à sa voix, une réponse facile du «distributeur» Front National: La vie chère? La faute à l’euro!… Donc, sortons de l’euro! Le chômage? La faute aux immigrés… donc, chassons-les! Le trou de la CAF et de la Sécu? Les sans-papiers… donc, expulsons-les! Simpliste? Certes, mais dans le contexte actuel une proposition de ce genre développée par le FN, aussi légère et incohérente soit-elle, suffira à notre électeur déboussolé pour lui faire glisser un bulletin à la flamme tricolore dans l’urne.

    C'est exactement cela : un distributeur de promesses en libre-service. Sauf que derrière, il n'y a que du vent. Tiens, j'évoquais l'international, en début de note. Programme du FN ? Devenirs grands copains des oligarques et des maffieux russes et des féodaux et néo-rouges chinois. Sans façons, merci, j'ai juste une légère préférence pour la démocratie européenne, mais bon, je sais que ce genre de choses ne trouble pas plus que cela nos post-fachos qui ont le culot de se proclamer républicains.

    Cela dit, pour faire face au FN, il s'agit de faire des propositions concrètes, et, sur ce point, toujours pas l'ombre du début de quoi que ce soit de concret au MoDem...Plus ça va, plus cela m'énerve...En 2006, une année avant l'échéance présidentielle, l'UDF avait organisé déjà plusieurs conventions très concrètes. Le MoDem en fait quelques unes, mais primo, on n'en voit guère la couleur sur la Toile, et secondo, les thèmes abordés sont très intéressants dans les cercles intellectuels, mais bien éloignés de notre vie de tous les jours, et tertio, si elles peuvent se montrer attrayantes par les analyses, il n'en sort rien en termes de propositions...La présidentielle, c'est dans moins d'un an, et il n'y a toujours rien...

  • Une droite pas assez à droite ?

    C'est très amusant toutes les analyses que je lis sur le FN ces derniers jours. On reproche à Sarkozy d'avoir droitisé le FN et d'avoir ainsi ouvert la voie au FN. Ben non, ce n'est pas ça le problème. Le problème, c'est de ne pas avoir droitisé ses actes. Quand j'écoute les gens qui votent pour FN, il y a tout de même des antiennes qui reviennent :

    - le sentiment d'être abandonnés, certes, mais, constamment, l'insécurité et l'immigration. Alors, certes, cela ne préoccupe peut-être qu'une minorité de Français, mais pas de chance, la minorité en question vote pour le FN. 

    - il est possible de faire reculer le FN. C'est juste une question de volonté. Il suffit de donner les moyens matériels et humains appropriés à la police, la gendarmerie et la justice pour fonctionner. C'est tout. A la limite, l'immigration n'est que secondaire, car elle ne préoccupe les Français que pour autant qu'elle génère de l'insécurité. Alors bien sûr, l'insécurité générée est le fait d'une minorité, mais le problème, c'est que cette minorité, on la voit sur tous les fronts des mauvais coups et de la délinquance. Les journalistes ont beau parler de jeunes, de jeunes gens, d'adolescents, de rixes entre bandes, personne n'est dupe. On sait très bien, dès que l'on se penche sur les faits, que ce sont majoritairement des jeunes d'origine immigrée qui sont impliqués.

    - finalement, une politique sécuritaire, une vraie politique de répression, avec les moyens qui vont avec, c'est le plus sûr moyen de faire reculer la xénophobie. 

    Je ris quand j'entends des chroniqueurs parler de ces petits villages ruraux et paisibles qui ne connaissent ni insécurité ni immigration et qui votent pourtant FN. C'est parfaitement faux. En fait, d'ores et déjà, dans certains de ces ensembles péri-urbains, il y a des bandes qui débarquent et sèment sinon la terreur au moins la peur. Alors, certes, peu de faits signalés, mais la peur est là. 

    Ce que Sarkozy et l'UMP ne parviennent pas à comprendre c'est qu'ils ne regagneront pas l'électorat qu'ils ont perdu avec des mots. Il faut des actes, et ces actes ne sont possibles qu'avec des moyens ad hoc. Falsifier les chiffres en annonçant des réussites mirobolantes n'y changera rien. La température, ce sont les faits qu'i fleurissent çà et là dans la presse. Quand les faits (qui sont décidément têtus) baisseront vraiment, c'est à dire qu'on fera parler la matraque et le gnouf chaque fois que nécessaire, à ce moment-là, le FN reculera. 

    Il existe d'autres causes qui favorisent le vote FN, mais j'y reviendrai dans un second billet. De toutes façons, les sondeurs politiques qui sont habitués à raisonner sur des faits et pas sur des discours idéologiques expriment de manière claire ce qu'il en est globalement. 

    Enfin, bon, de toutes façons, je me répète : cela ne fait jamais que quatre ans que je dis les mêmes choses à l'envie sur ce blogue. J'adore d'ailleurs, quand on vient me qualifier de réactionnaire de facho, de droitier, ou encore de sous-marin du Front National...

     

     

  • Foutez la paix à l'Islam, à la fin !

    La dernière trouvaille de Copé, c'est d'envisager de légiférer sur la langue que les imams doivent utiliser dans les mosquées. Mais on marche sur la tête en France. N'importe quoi.

    C'est pas un peu fini les débats biaisés avec l'Islam, là, en France ? Enfin, ce n'est pas compliqué : il y a des lois, en France. Quand quelqu'un les enfreint, il est sanctionné. La responsabilité des politiques, c'est évidemment de faire appliquer les lois (comme avec les prières de rue dans le 18ème arrondissement parisien qui sont parfaitement illégales).Qu'il soit musulman, athée ou chrétien ou tout ce que vous voudrez, on s'en f...

    Il y a également des lois contre les sectes. Si l'on s'aperçoit qu'une mouvance, fût-elle religieuse, opprime des individus et procède à d'authentiques lavages de cerveau, il y aussi des lois et même une mission chargé de dresser une liste : la miviludes, je crois.

    Voilà, ce n'est pas plus compliqué que cela. Je crois que Bayrou a très exactement visé dans le mille quand il observe que Marine Le pen est parvenue à faire de la laïcité, principe de tolérance, une arme anti-islam.

    J'aime beaucoup l'image utilisée par Bayrou : c'est un poison mortel pour la France que de dresser les gens les uns contre les autres. Bien d'accord. C'est une spécialité des extrêmes de toute sorte et pas seulement. 

    Plus à droite il va y avoir des responsables politiques pour faire les malins et penser doubler le FN par la droite, plus le FN va grossir.