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Société - Page 16

  • D'où vient le succès des Salafistes...

    Je pense depuis longtemps que le djihadisme prospère sur le terreau de nos carences et je crois l'avoir même déjà écrit. J'ai eu plaisir à lire un entretien avec Samir Amghar, spécialiste du salafisme, car ce qu'il dit confirme très exactement ce que je pense.

    Il analyse avec une pertinence impressionnante le principal ressort du succès salafiste non seulement en Afrique ou en Asie mais aussi en Europe :

    Ce succès salafi correspond aussi à une demande de normes très strictes. L’individualité, clé de voûte de notre société moderne, est dure à supporter. Devenir salafi, c’est faire porter le poids de la vie par l’islam : les journées sont alors rythmées par les prières quotidiennes, les faits et gestes normés par un « code salafi ». C’est en quelque sorte une réponse à une crise de l’individualisme de la personne. Celle-ci devient salafie en s’affiliant à des groupes religieux intensifs forts, capables d’offrir des codes de sens et une sécurité apaisante. Ce sont des structures refuges, qui pensent dispenser la vérité, loin de toute forme d’incertitude qui peut paraître angoissante. Cette appartenance est aussi vécue comme un défi manifeste à l’opinion majoritaire. Les salafis pensent incarner un groupe dangereux ou redoutable pour les classes moyennes et supérieures, celles-là même qui, selon eux, maintiennent les musulmans dans un statut de dominés. Rejeté par les nantis, le salafisme fascine ceux qui ont un différend avec l’ordre social. En adhérant à l’islam de ces mouvements, les jeunes pensent s’opposer à la société des « puissants ».

    Ce qu'apporte le salafisme à la jeunesse en déshérence, nous autres Européens sommes incapables de l'apporter aussi, que ce soit sur nos territoires ou que ce soit via notre diplomatie. 

    Quand l'Europe utilise son soft power, c'est toujours via de lourds programmes chargés de bonnes intentions. Dans les faits, même quand on fait de l'humanitaire, on n'est pas efficace sans alliés. Il faut des relais. Les djihadistes le savent et comprennent bien que l'action humanitaire occidentale est sa rivale directe dans le domaine de la solidarité avec les plus précaires.

    Nous n'arrivons pas à nous constituer en réseaux de solidarité avec objectif politique pour contrer les salafistes qui eux, savent très bien associer l'un et l'autre.

    Il faudrait créer un renseignement européen pour identifier les acteurs locaux sur lesquels s'appuyer. Même s'ils ne sont généralement pas très puissants ou influents et que souvent, ils ont bonne presse seulement dans les milieux aisés, les partis libéraux et sociaux-démocrates devraient être nos partenaires privilégiés partout où le salafisme est puissant. Non seulement l'Europe a un intérêt direct à les aider financièrement, mais elle devrait les aider à mettre en place, eux aussi, de puissants réseaux de solidarité. Après tout, si les Communistes ont su le faire, pourquoi les libéraux et les démocrates n'y parviendraient-ils pas ?

    Être solidaires, redonner une dignité à ceux qui n'en ont plus, nourrir, aider à s'enrichir, voilà quelles devraient être nos priorités.

    Déboulonner le salafisme, cela suppose une diplomatie très fine : il faut trouver des alliés acquis aux idéaux démocratiques, experts en leur pays, pas des théoriciens de salons parisiens, londoniens ou genevois. 

    Il y a une particularité de l'Islam : le monde arabe ne représente pas même 10% des Musulmans et pourtant, il rayonne si fortement qu'il influence à lui seul un milliard de fidèles. C'est dire son impact considérable. On pourrait me répliquer que l'Iran chiite représente un pouvoir politique régional majeur. C'est vrai. Mais son impact sociétal sur l'Islam, a fortiori en Europe, est minimal au regard de la force ce frappe salafiste. Les immigrés musulmans d'Europe ignorent généralement tout des chiites et il existe fort peu de mosquées chiites sur notre continent. Dans tous les cas de figure, il n'existe plus de figures charismatiques capables de rayonner, comme le fut l'Ayatollah Khomeiny.

    Au fond, ce qui devient comique, avec l'Europe, c'est que pendant que nous négocions avec les dirigeants des pays arabes et versons des sommes considérables parfois, les Salafistes, appuyés par certains de ces pays, usent chez nous de leur propre soft power !!! Et il est autrement plus efficace que le nôtre si l'on en compare les effets dans chacune des deux sphères.

    Il y a à mon avis toute une branche du renseignement et de la diplomatie à créer ou à recréer. Ce sont des liens directs avec les peuples arabes qu'il nous faut créer, et ce n'est pas simple. En Europe, la France et l'Angleterre ont certainement un rôle à jouer car ce sont ces deux nations qui connaissent le mieux les nations arabes et qui ont le plus d'interconnexions avec leurs peuples. Il faut toutefois une révolution dans les mentalités de nos dirigeants et nos services diplomatiques pour pouvoir en tirer quelque chose d'intéressant.

  • Sous le 3ème Reich, Dieudonné aurait perdu ses couilles...

    Il aime bien faire des blagues, Dieudonné. Les camps de concentration, les fours crématoires, tout ça, ça l'amuse bien, notre gentil blagueur post-colonial.

    On peut supposer qu'il aurait bien faire rire les nazis dans l'Allemagne du IIIème Reich, sans doute autant qu'il amuse Soral et les copains de Jean-Marie Le pen de ses bons mots. Ouais. Il aurait pu faire l'amuseur public. Mais il aurait perdu ses couilles.

    C'est pas grave, hein ? Salut nazi, quenelle, tout ça, ça peut se faire avec une voix de fausset.

    Ben oui. Les Nazis considéraient les noirs comme des êtres de rang inférieur et stérilisaient leurs descendants métis et tous ceux qui se risquaient à avoir une relation intime avec une femme allemande.

    Une des lois de Nuremberg stipule également la chose suivante :  « la terre ne peut appartenir qu’à celui qui est de sang allemand ou apparenté. N’est pas de sang allemand celui qui a, parmi ses ancêtres, du côté paternel ou du côté maternel, une fraction de sang juif ou de sang noir »

    Dieudonné aurait pu faire le comique devant un public de SA ou de SS conquis (les blagues sur les Juifs, ils auraient adoré) mais n'aurait jamais possédé quoi que ce soit sous le régime nazi.

    Si les Noirs n'ont pas subi de persécutions aussi violentes que les Juifs, les Nazis ne les en considéraient pas moins comme des sous-hommes et leur tour serait venu à la moindre révolte.

    Dieudonné aurait toutefois eu une porte de sortie : il n'est pas un peuple, pas une ethnie qui n'ait pas ses Judas. Les Noirs comme les autres. Quelques Noirs ont combattu avec les unités nazies, et, apparemment, cela leur a plu. Je suppose qu'on a dû leur laisser leurs couilles, à ceux-là, en récompense de leur servilité.

  • Philippe Martel, ta g...

    Ça doit être le naturel du FN qui revient au grand galop. Oui, je pense que c'est ça. Il va fermer sa gueule, le c....ard de Philippe Martel. Il se croit autorisé à décréter les noms que l'on a le droit de donner ou non à un enfant en France. Mais ta g.... mon gars, mêle-toi de tes affaires. Chacun sa merde, occupe-toi de la tienne.

    Ce poussah prétentieux se croit autorisé à donner un brevet de francité aux gens selon le nom qu'ils donnent à leurs enfants. Il ferait mieux de commencer par laver son linge sale. Comme le souligne à raison Metronews, c'est quand même un des sept types qui a vécu sur le dos de la bête en bénéficiant d'un emploi fictif à Paris.

    Il y a des choses qui relèvent du rôle de l'État et d'autres du libre choix des individus et des familles. Rachida Dati a choisi d'appeler sa fille Zohra, ce qui signifie la Lumineuse en arabe. Très joli prénom. J'ai connue une Zohra. Une brune magnifique. Et l'autre c.. qui vient cracher sa bave purulente en se permettant de donner son avis sur des choses qui ne le regardent pas.

    Mais la crapule en rajoute une couche avec la fille de Nicolas Sarkozy et Carla Bruni parce qu'elle s'appelle Giulia, ce qui, je présume, a une consonance trop italienne à ses yeux. Adolf, Benito, ça fait quoi ? Trop étranger aussi ou ça lui convient comme prénoms ?

  • Prostitution : synthèse pro/anti pénalisation du client

    J'ai bien réfléchi sur la question de l'abolition de la prostitution et la pénalisation du client et je pense avoir trouvé une synthèse intéressante.

    - quand un client s'implique dans la prostitution illégale, c'est lui qui est sanctionné si on l'attrape, ce qui n'empêche pas de donner la priorité à la lutte contre le proxénétisme.

    - mais à côté de cela, on autorise une prostitution légale en profession indépendante avec des lieux clairement identifiés, des normes précises, et une protection juridique et sociale pour les travailleurs du sexe.

    En outre, en édictant des normes de conduite (répression des violences, des insultes, des menaces et cetera...), on peut espérer permettre plus facilement aux prostituées de porter plainte en cas de violences ou de comportements injurieux. Il faut mettre en place un système dans lequel le bénéfice du doute profite toujours aux prostituées. Si le client sait qu'on la croira préférentiellement, il saura qu'il a tout intérêt à se montrer le plus respectueux possible.

    Je ne dis pas que cela me satisfait, mais ça a le mérite de concentrer l'effort de protection vers les femmes les plus vulnérables et de toutes façons, c'est tout ce que j'ai trouvé pour l'instant.

  • Aznavour, lâche des noms ou ferme-la !

    Moi, les mecs qui blablatent et font leur mystérieux, ils me chauffent. Je ne les supporte plus.

    Aznavour affirme qu'il a payé des politiques de tous les bords pour éviter de payer des impôts. Eh bien qu'il le prouve au lieu de dire n'importe quoi à n'importe qui.

    Vous savez quelle impression il me donne ? Celle d'un homme qui lance des paroles en l'air afin de se rendre intéressant. Soit il a des choses à dire et il parle, soit il n'a rien à dire et il la boucle. Mais qu'il s'abstienne de salir toute la classe politique avec son blabla sans apporter un seul élément qui puisse confirmer ou infirmer ses assertions.

    Toutes proportions gardées, ça me rappelle Luc Ferry assurant qu'il y avait eu un pédophile parmi un pack d'anciens ministres. Cet abruti a fait le malin, mais le jour où on a lui a demandé des explications, il s'est retrouvé bien incapable de dire quoi que ce soit d'intéressant.

    Soit on l'ouvre et on a quelque chose à dire, soit on a rien à dire et dans ce cas, on la ferme.

    Moi le poujadisme facile dans l'air de temps de la part de gens qui se sont largement engraissés et font ensuite les délicats, ça m'insupporte.

  • Marielle de Sarnez et la sécurité à Paris

    Je dois un mea culpa à Marielle de Sarnez : j'ai écrit récemment en comparant les programmes de l'UDI et du MoDem à Paris qu'elle ne s'était pas exprimée sur les questions de sécurité à Paris, pas plus que le MoDem. Vous allez rire, mais c'est en partie un problème de mot-clef, et pour l'autre partie, lié au statut très particulier de Paris.

    Quand on tape dans un moteur de recherche "Sarnez"+"sécurité" ou toute combinaison similaire, on ne trouve effectivement rien. Mais si on remplace "sécurité" par "pouvoirs de police"+"maire"+'paris", là, on trouve quelque chose

    Ce n'est pas le rapprochement avec NKM qui m'intéresse en tant que tel mais la remarque sur les pouvoirs de police du maire de Paris. Il n'en a pas. Et, cela m'est revenu à l'esprit, c'est quelque chose que Marielle de Sarnez dénonce depuis fort longtemps. Interrogée sur une politique de sécurité intéressante dans une grande ville, elle citera spontanément Gérard Collomb à Lyon, au-delà de toute étiquette partisane. Sans rentrer dans le détail, disons que Collomb, c'est un peu la ligne politique de Valls au PS. Pragmatique donc.

    La question que l'on peut se poser, dans ces conditions, c'est de déterminer si le maire de Paris peut faire quelque chose dans le domaine de la sécurité. Le blog du Monde spécialisé en délinquance ne semble guère optimiste sur le sujet et critique de manière quelque peu acerbe les imprudentes promesses de NKM dans ce domaine.

    Il est vrai que les pouvoirs de police sont dévolus au préfet à Paris, mais les consultations entre l'édile et le maire sont régulières et je doute fortement qu'un préfet puisse suivre une ligne foncièrement hostile au projet du maire. En réalité, jusqu'à un certain point, ils s'entendent comme larrons en foire. Pendant ces deux mandatures, Delanoë n'a eu de cesse de dresser en priorité des PV de stationnement. Un aspect qu'occulte totalement le blog que je cite. Oubli ou parti-pris partisan ?

    En ce qui concerne Marielle, la sécurité était présente en page 67 de son projet de 2008. On y trouvait ainsi le constat suivant : 

    En matière de sécurité et de circulation, Paris est une exception. Alors que les 36 000 maires de France disposent des pouvoirs de police municipale, le maire de Paris en est dépossédé au profit du Préfet de Police. Cette situation, qui date du Consulat, est très révélatrice de la méfiance des pouvoirs publics à l’égard de la capitale, longtemps considérée comme le foyer de toutes les contestations et de la défiance vis-à-vis du pouvoir central. Si l’on comprend aisément que l’État assure la sécurité des institutions et la mise en œuvre des politiques de lutte contre les différentes formes de criminalités, on doit, à l’inverse, s’interroger sur l’interdiction qui est encore faite au maire de Paris de s’occuper de tout ce qui relève, de par la loi ordinaire, des pouvoirs de police municipaux, essentiellement axés sur la proximité et la prévention.

    Marielle, comme NKM, était en 2008 favorable à l'instauration d'une police de quartier. Mais, bien plus prudente sur la réalité effective des pouvoirs du maire, elle ne disait pas qu'elle la mettrait en place mais qu'elle demanderait au préfet de le faire. Il y avait dans le projet de Marielle, tant c'est sa marque de fabrique toute centriste et proche des idées de Montesquieu que de vouloir associer les corps intermédiaires aux décisions politiques, la volonté d'associer les citoyens à la sécurité par le biais des associations mais aussi du volontariat. Comprenons-nous : il ne s'agissait en aucun cas de former des milices mais de demander par exemple aux associations de parents de participer aux opérations de prévention aux abords des établissements scolaires, ou encore, de créer une réserve de citoyens disponibles capables de porter une assistance psychologique et matérielle en cas de risques majeurs. Sur ce dernier point, je peux vous assurer que lorsque le risque en question se produit, la présence de milliers de personnes capables de décharger les services de police et de sécurité des taches humaines simples est un apport inestimable. J'aime bien en outre cette philosophie de la responsabilité où l'on se montre solidaire et l'on se prend en mains.

    Je ne doute pas que Marielle finira pas d'exprimer plus précisément sur la sécurité mais je pense que les idées de 2008 sont toujours valides globalement. Et je pense aussi qu'il y a chez Marielle, comme chez Bayrou, au demeurant, une volonté très ferme de ne pas instrumentaliser la sécurité en divisant les citoyens et en les montant les uns contre les autres.

    Je note par exemple qu'elle est la seule à avoir eu une réaction censée à propos des Roms à Paris : pas d'angélisme (PS), pas de stigmatisation (NKM, UMP) mais simplement l'observation très juste que si des Roms étrangers viennent jusque chez nous c'est que leurs pays d'origine ne mettent pas en oeuvre les politiques qu'ils devraient mener et ce alors qu'ils reçoivent des fonds très importants de l'Europe pour cela...Bref, comme souvent dans ce genre de cas, les solutions sont souvent européennes et exigent des contrôles des fonds alloués. Il ne faut pas oublier que Marielle de Sarnez est aussi eurodéputée et qu'elle sait de quoi elle parler. Nonobstant ces observations elle est évidemment favorable à l'application ordinaire de la loi, et à l'extension de la vidéosurveillance dès lors qu'elle respecte les libertés publiques.

  • Abolir la prostitution ?

    J'avoue être très tenté par la proposition d'abolir la prostitution : à vrai dire, le seul fait d'imaginer les 343 connards les menottes au mains et embarqués dans une fourgonnette de police me met en soi en joie.

    Mais, d'un autre côté, il y a quelque chose qui me chiffonne dans cette proposition : tout d'abord, il me semble que la lutte contre le proxénétisme devrait être la priorité en matière de lutte et je ne pense pas que la bonne intention de faire disparaître la prostitution officielle en viendra à bout. Ensuite, ce qui me choque plus que tout dans la prostitution c'est la situation de violence que subit une femme, situation que j'associe à l'esclavage et au viol. Rien ne me choque plus que le mot "pute" qui m'insupporte et le mépris avec lequel il est employé pour désigner des femmes qui se prostituent. Il n'y a qu'à voir l'usage que font les 343 connards du déterminant possessif accolé à ce mot pour comprendre qu'ils considèrent ces femmes comme un bien que l'on peut traiter comme on l'entend dès lors qu'on paie, et encore. Ils font hypocritement semblant de croire qu'il ne s'agit que d'une relation contractuelle librement consentie.

    Mais justement, c'est un peu là où le bât blesse pour moi : je veux l'abolition de la prostitution parce que la plupart du temps, c'est une situation de violence, pas parce qu'il y a paiement en échange d'une relation sexuelle. Non que j'approuve d'une quelconque manière un tel "échange commercial" mais plutôt que je juge qu'il est difficile de le rendre répréhensible moralement.

    Pour moi, la sphère de la prostitution est plus large que la définition qu'on lui reconnaît : le mannequinat avec les porcs de photographes qui tentent de monnayer des recommandations contre des faveurs sexuelles, et dans la même veine les échelons du star-system pour les femmes sont au fond de même nature que la prostitution traditionnelle. Je pense que cet univers interlope n'est pas réglementé ni contrôlé et il devrait l'être. Mais du coup, où commencent et où s'arrêtent les limites ?

    Je voudrais être certain de légiférer sur une base saine : je ne lutte pas contre les pratiques sexuelles déviantes ou non mais bien contre l'esclavage des femmes. Il ne serait pas honnête d'occulter que des jeunes femmes choisissent parfois de se prostituer, je ne parle évidemment pas de celles que l'on trouve dans les réseaux, parce qu'une passe avec un homme riche rapportera le salaire d'une caissière en une nuit. Bien que je désapprouve formellement de telles relations, je ne suis pas certain que ce soit le rôle de la loi de légiférer à ce sujet, dès lors que ces jeunes femmes sont protégées.

    En même temps, si on encadre ces pratiques, il est évident que le jeu de la libre concurrence amènera assez vite sur le "marché" des prostituées à bas coût. Tout cela est fort sordide, au final mais pas simple à définir.

    On en revient quand même finalement à la place de la sexualité dans nos sociétés. Les relations sexuelles ont un statut particulier dans nos lois, que nous le voulions ou pas, car dans le cas contraire, vendre la force de ses bras et louer l'usage de son sexe reviendraient l'un comme l'autre à louer son corps. Pour décréter l'un mauvais, il faudrait en faire autant pour l'autre.

    Une violence faite à une femme, ce n'est pas seulement une relation sexuelle non consentie : c'est aussi une douleur qui lui est infligée lors d'un rapport sexuel, et de ce fait, cela va bien au-delà de la seule prostitution. Les premiers rapports sexuels entre jeunes gens rentrent aussi dans cette catégorie et, pour moi, le jeune mâle imbécile qui fait mal à sa compagne la première fois n'est guère plus estimable que le client de la prostituée...

    Bref, je m'aventure dans des méandres dont je ne connais pas l'issue.

    C'est un débat difficile et je ne puis conclure. Je comprends la position de Libre affichage  mais il y a quelque chose qui continue pourtant de me heurter. J'ai lu aussi l'article de la tovaritcha spartakiste Rosaelle sur le sujet : Je ne suis pas sûr de la suivre. Je lis chez elle ces lignes : 

    Ok. On va dire que c'est comme ça. C'est vrai que des prostituées sont violentées par des clients, voire pire. On va laisser volontairement de côté la question des réseaux et de la traite des femmes. Oui mais... Si je suis ce raisonnement, et on n'est pas loin de la réalité, dans l'échangisme, il arrive que des femmes soient forcées par leur compagnon (j'ai lu des histoires à ce propos), et qu'elles soient violentées, allant contre leur volonté, on s'en sert comme jouet sexuel. Donc faudrait interdire l'échangisme? De la même manière, faut interdire aussi la pornographie, puisque les femmes qui y bossent sont soumises aux fantasmes des réalisateurs et on sait pas si elles sont pas forcées, d'ailleurs, et si elles aiment faire ça. Interdisons la pornographie!

    Peut-être. Peut-être faudrait-il interdire en effet tout cela. Pourquoi considérer comme une évidence que les films pornographiques auraient une légitimité ? On est tout à fait dans la problématique de la violence faite aux femmes en tout cas.

     Il faut aussi interdire le sado-masochisme, ça tombe sous le sens.

    Ça en revanche, non : on n'est pas dans le cadre d'une violence faite aux femmes, en tout cas, pas telle que je l'ai définie. Je rappelle qu'il y a une contrainte dans la violence qui ne se trouve pas dans le sado-masochisme envers et contre toutes les apparences puisqu'il s'agit de relations qui apportent du plaisir aux deux partenaires. Or, par essence, le plaisir et la contrainte sont antagonistes.

    Faut arrêter le bordel: le sexe n'est pas un instrument de domination machiste de la société patriarcale. C'est surtout un acte entre deux personnes consentantes, quel que soit le lieu ou les circonstances. Si ça n'en est pas, ce sont des violences.

    Là, d'accord, mais le problème demeure entier ; il est où le curseur des violences ? Je ne sais pas s'il est vain de débattre. Je sais que Platon a écrit nombre de dialogues qualifiés d'aporétiques, c'est à dire sans issue apparente. Ils ont pourtant fait progresser la pensée philosophique.

    Je ne sais pas s'il y a une issue, mais la violence faite aux femmes mérite en tout cas bien qu'on en débatte quand bien même nous aboutissons à une aporie.

  • Racisme : les digues sautent de partout

    J'avoue avoir été stupéfié par les attaques racistes dont Taubira a fait l'objet cette dernière semaine. N'en déplaise à la réacosphère qui ne voit pas le mal, "guenon" est une insulte spécifique pour les femmes noires (surtout quand on agite une peau de banane en même temps). Je n'ai d'ailleurs jamais entendu (ou alors de manière anecdotique) une femme blanche se faire traiter de guenon.

    Il y avait un cortège d'excités issus de la manif pour tout qui attendait Taubira et avait dressé sa progéniture à l'insulte raciste. Sans doute la frange extrémiste qui se pique d'intégrisme et défile le 1er mai dans le cortège du Front National.

    Ce que je regrette c'est que les professionnels de l'indignation en profitent pour associer ce qu'ils appellent islamophobie et racisme. Cela n'a rien à voir. Je vois plein de raisons objectives de détester l'Islam de notre époque et aucune valable de s'en prendre à quelqu'un pour la couleur de sa peau. Ces professionnels de la confiscation du sens m'énervent à systématiquement semer la confusion.

    Le racisme se déverse malheureusement comme un poison dans notre corps social. Dans les cités, il prend la forme de l'antisémitisme et irrigue l'immigration africaine principalement (arabe et noire), ailleurs, chez les "petits blancs", il prend la forme d'une détestation ordinaire qui ciblera toujours les individus vulnérables ou symboliques (personne n'ira traiter de singes en face une bande ethnique de banlieue, par exemple...).

    Il y en a qui rêvent évidemment de réunir les "SA" des deux rives, skins ou FAF d'un côté, racaille de l'autre : au premier chef les Soral et Dieudonné qui voudraient unir tout cela contre l'Ennemi commun, le Juif Süss, en somme.

    La principe difficulté , à vouloir lutter contre le racisme, c'est de devoir affronter d'un côté les néo-réactionnaires et leurs circonvolutions et de l'autre les professionnels de l'antiracisme.

    Le racisme, au fond, c'est très simple : c'est refuser de s'en prendre à un individu pour ce qu'il est, ce qui ne'empêche pas de le contester pour ce qu'il professe. 

    On devrait en rester à cette seule définition et récuser tout le reste (notamment tous les discours qui associent race et culture).

  • Khatchik est loin d'être un martyr, hélas !

    Dénoncer les amalgames et rejeter les a priori douteux et nauséabonds c'est aussi défendre à propos ceux que l'on veut protéger. Après avoir hésité faute d'éléments pour se faire un avis et dénoncé une campagne souvent haineuse, dans l'affaire Leonarda j'avais conclu en jugeant que la famille et la jeune fille n'étaient défendables ni l'une ni l'autre.

    Le cas de l'étudiant arménien Khatchik Kachartyan est encore plus clair : voilà un menteur sans scrupules qui réclame la nationalité française les larmes aux yeux et vole dans les étalages en bande de surcroît. C'est d'ailleurs de cette manière qu'il s'est fait interpeller. Pris sur le fait, la police a contrôlé ses papiers et s'est aperçu qu'il n'était pas en règle.

    Les organisations étudiantes perdent toute crédibilité en faisant de l'agit-prop pour défendre des individus qui n'ont en aucune manière prouvé leur attachement à notre pays. On ne leur demande pas non plus d'en faire des cent et des mille mais simplement de vivre en honnêtes citoyens.

    Le problème, c'est que ces organisations décrédibilisent ensuite les luttes que d'autres mèneront pour ceux qui souhaitent s'intégrer. 

    Au fond, quand j'observe les réactions des Français, ils ne s'émeuvent pas quand une famille étrangère qui souhaite s'intégrer fait l'unanimité autour d'elle. 

    Le malheur c'est que leur exaspération se traduit en vote pour des forces politiques qui n'auront cure des efforts de familles étrangères qui auront voulu s'intégrer mais qui vireront tout le monde sans vergogne.

    Pour bien considérer ce que le FN pense du droit, il suffit de regarder les alliés qu'il veut se choisir : il veut briser notre alliance démocratique avec nos amis européens et américains pour la remplacer par une amitié avec des pays orientaux qui s'assoient allègrement sur les droits les plus élémentaires des êtres humains. Les grands démocrates que sont les Syriens, les Chinois et les Russes ne pourraient évidemment que se réjouir de l'arrivée de Marine Le pen au pouvoir. Les camps de concentration existent toujours en Russie et en Chine et les conditions d'existence y sont terribles. On pourrait se consoler en pensant que l'on n'y trouve que des délinquants : pas de chance, ils sont truffés de prisonniers d'opinion précisément livrés à leur vindicte. Les camps nazis, les goulags de Staline fonctionnaient de la même manière. Les droits communs y faisaient régner la terreur. Pour les Français qui ne comprennent pas, imaginez que vous soyez suspecté et placé dans une de nos prisons avec la racaille ordinaire qui y traîne : là-bas, dans ces pays, c'est tout simplement cent fois pire. Pas de droit, pas de protection, vous y deviendrez les souffre-douleurs de la racaille, cent fois battu, tourmenté et violé. Vous croyez que je verse dans l'hyperbole ou l'extrapolation ? Pas du tout. Lisez les témoignages. Ils sont affreux.

    Pourquoi cette aparté ? Dis-moi quels sont tes amis je te dirai qui tu es. Marine Le pen n'a pas craint de se rendre à un bal d'une organisation autrichienne réputée pour ses sympathies néo-nazies, à Vienne. J'ai déjà parlé de Frédéric Chatillon, éditeur négationniste et responsable de la communication du FN.

    Quand on parle de l'immigration, il faut bien considérer notre environnement personnel.

    On connaît tous des immigrés. Il est certain que le débarquement de la racaille dans les gares, les halls d'immeubles ou les rames de RER n'incite à aucune forme de fraternité. Pas de chance, ce ne sont généralement pas ceux-là qu'on renvoie. Ils ont obtenu sans rien faire la nationalité française et crachent maintenant sur la France et les Français. 

    Mais il y a aussi le commerçant arabe ou kabyle du coin, souriant, sympathique, amène et amical ou encore le vendeur de pizza ou la nounou à laquelle on a confié ses enfants. Et ceux-là vous avez envie de les renvoyer, vous ? Pas moi. En fait je signerai les yeux fermés une pétition s'ils étaient en danger d'expulsion.

    Le drame, c'est que les réalités se télescopent parfois en une crase improbable : à côté de chez moi, un petit commerce tenu par des Arabes vend des pizzas. Ce sont des gens adorables. La pizza est toujours amenée dans les délais prévus. Ils savent que j'ai des enfants, et, une fois sur deux, prévoient des douceurs pour mes petits (desserts, friandises) toujours à titre gratuit. Et pourtant, dans leur boutique, toutes les femmes portent le voile et eux-mêmes sont barbus. Et voilà. Ils sont sympas, mais ce sont des fondamentalistes. Ce sont des fondamentalistes mais ils sont aussi sympas.

    C'est un peu ça le problème, au fond : on ne peut jamais réduire les individus à une seule caractéristique. On est content quand elles sont cohérentes entre elles, mais c'est rarement le cas. Pareil au FN, du coup : ce serait cool si c'étaient tous des salauds. Mais ça ne marche pas comme ça. Marine Le pen, elle-même, est une femme droite, sans doute courageuse. Ce qui ne l'empêche pas de s'asseoir tranquillement sur nombre de valeurs humanistes. La réduction ne marche pas, là encore. Il reste tout de même heureusement de presque parfaits salauds pour nous aider à conserver nos catégories, mais il se trouve qu'ils ne constituent pas la majorité, hors, pour qu'une catégorie soit un tantinet plausible, il faut justement qu'elle repose sur une majorité.

    J'ai déjà écrit je ne sais plus quand un billet sur l'article défini. Dans les déterminants, je crois que c'est l'un des plus dangereux à employer car il a vite fait de cataloguer ce dont on parle. Je ne dénie pas que le catalogue existe, quand bien même on parlerait de réalités humaines, mais il n'est pas exhaustif, donc pas suffisant.

    Même Khatchik, au fond, je l'imagine, doit être un bon copain. Peut-être. Il n'en reste pas moins qu'il a piqué quelque chose en bande organisée.

    Alors quoi ? Cela veut-il dire qu'il ne faut pas placer de curseur ? Je pense le contraire. Mais quand on le fait, on doit avoir toujours présent à l'esprit la complexité des réalités humaines et se défier des simplifications de toute nature, à droite comme à gauche.

  • Quand Copé renifle la charogne...

    Je sens que l'UMP va encore me mettre hors de moi avec leur réforme du droit du sol.

    Comprenons-nous : je ne suis pas hostile à des aménagements du droit d'asile et j'avais proposé en 2010 un système de nationalité à points. Les Anglais, me semble-t-il ont essayé de mettre en place un système d'acquisition de la nationalité britannique sur ce principe. Marine Le pen avait repris en apparence cette idée en 2011 mais avec une différence de taille par rapport à ce que je proposais. Dans mon esprit, le système de points ne valait que pour une période probatoire. Il ne s'agissait pas de faire peser une épée de Damoclès à vie sur la tête de nos futurs concitoyens. Rien de tel pour Marine Le pen qui entend bien les tenir en otages jusqu'à la fin de leur existence sur notre sol.

    Mais ce qui m'énerve avec l'UMP c'est que son patron rapplique toujours quand ça pue au lieu de créer un débat serein. Une affaire Léonarda, des sondages favorables au FN et le voilà à brandir une loi qu'il aurait eu toute latitude d'appliquer quand son parti gouvernait.

    Le débat lancé sur l'identité nationale ne m'avait pas moins paru relever de l'enfumage sous le gouvernement de Fillon.

    Les Socialistes devraient envoyer chier Copé et sa bande. C'est ce que je ferais si j'étais eux. La loi, ils l'appliquent et ils n'ont pas à se faire dicter leur agenda par l'UMP ou le FN.

    J'espère en tout cas que nous autres, centristes du MoDem et nos alliés de l'UDI n'allons pas tremper dans cette fumisterie.

    On peut se dire qu'il faut réformer notre droit d'asile et la protection sociale qui y est associée pour ne pas se retrouver à financer à fonds perdus des individus qui ne devraient pas vivre sur la bête, mais ce n'est pas la même chose que de distiller la méfiance et la division dans le pays par des mesures purement opportunistes.