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jeudi, 07 novembre 2013

La difficile fusion programmatique de l'UDI et du MoDem

L'Alternative est née, je ne puis que saluer cette association, bien évidemment. J'espère d'ailleurs qu'à terme elle effacera les identités respectives de l'UDI et du MoDem afin de tourner définitivement la page des détestables chapelles centristes.

Je suis très étonné de voir à quel point les commentateurs de cet événement ne l'abordent que sous l'angle des alliances politiques et des individus.

La vraie friction et c'est elle qui génère toutes les autres, elle est programmatique. Il y a des convergences, certes, entre l'UDI et le MoDem, mais aussi d'importantes divergences. Je l'ai écrit à plusieurs reprises ici, le centre-gauche et le centre-droit, ça a beau être centriste, ce n'est pas pareil. Si je devais simplifier, je dirais que l'UDI est d'obédience libérale quand le MoDem penche assez nettement vers la social-démocratie.

Le cas d'école, c'est la comparaison des programmes de Marielle de Sarnez et de Christian Saint-Étienne à Paris. C'est très simple : comparez ce que disent l'un et l'autre sur les déplacements (plan air de Marielle de Sarnez), ça va être dur de les rendre compatibles. Le leader de l'UDI à Paris, considère la mobilité comme une liberté fondamentale (ce que j'approuve pleinement) et cela inclut l'usage des véhicules particuliers ; en face, le programme du MoDem est quasiment aligné sur celui du Parti Socialiste, avec toutefois une touche plus incitative que coercitive. Pour avoir regardé de près ce que dit NKM, je constate que l'UMP est plus proche de l'UDI que le MoDem sur ce point. Bref, on a un bloc de droite (UMP/UDI) et un bloc de gauche (PS/MoDem) sur ce sujet. Si l'électorat du MoDem est aux 2/3 centriste ou de centre-droit, sa base militante est aux 3/4 de centre-gauche et son programme politique s'en ressent.

On le voit bien en lisant le blog de Marielle (nettement plus modérée que sa base militante, pourtant), ses priorités ne sont pas les mêmes  que celles de Christian Saint-Étienne.

Soyons positifs : je vais essayer de sélectionner au moins ce qui nous rassemble.

- la volonté de faire de Paris une ville à énergie positive

- la multiplication de bus et navettes électriques ainsi que le développement du transport fluvial

- des mesures incitatives pour favoriser les véhicules propres (clairement incitatives à l'UDI, nettement plus coercitives au MoDem...)

- liberté d'ouverture des commerces (bémol côté MoDem qui estime que ce sont les salariés qui doivent prendre la décision)

- pour l'instant ni le MoDem ni l'UDI ne l'ont évoqué, mais je pense que ces deux partis sont d'accord sur la nécessité de réaliser le Grand Paris. Le projet de couverture du périphérique de Marielle de Sarnez est d'ailleurs un procédé astucieux pour associer deux objectifs, le premier de dégager du foncier pour le logement, le second de faire tomber la barrière physique entre Paris et la petite couronne.

A côté de ça...l'UDI n'a pas de projet spécifique pour le logement mais une visée plus globale sur le pouvoir d'achat en promettant de baisser les dépenses de la ville de Paris ainsi que le montant de la taxe d'habitation. Marielle de Sarnez ne réclame qu'une pause fiscale (pas une baisse, quoi...). Il va sans dire que l'UDI semble plus proche de l'UMP que du MoDem sur ce sujet, mais les apparences sont trompeuses. Pourquoi ? Parce que le projet de l'UDI est économiquement crédible alors que l'UMP et NKM multiplient les promesses de dépenses somptuaires en même temps qu'elles assurent vouloir réduire les impôts. Le beurre et l'argent du beurre, on sait ce que cela fait, au final...J'ai l'impression que l'UDI aborde la question du Grand Paris davantage du point de vue de la Région tandis que le MoDem compte d'abord sur les municipalités. Il y a eu une intervention intéressante au Conseil de Paris, d'un élu UDI en février dernier qui proposait de fusionner quatre départements en un seul.

Si l'UDI ne dit rien ou presque sur le logement, c'est quasi-silence radio sur la sécurité côté MoDem pas plus préoccupé que cela de la question.

Je sais qu'il est question de s'allier avec l'UMP dès le premier tour, mais je crois, bien réfléchi et contrairement à ce que j'avais écrit il y a quelque temps, que nous avons intérêt à des listes centristes indépendantes. Marielle de Sarnez à 13% dès le premier tour dans le XIVème puis à 16 au second tour, cela signifie que nous n'avons a priori pas perdu notre potentiel électoral et que notre association avec l'UDI peut même l'augmenter légèrement. Or, nous étions à un peu plus de 9% en 2008. En dépassant partout les 10%, ce que je crois possible parce qu'ensemble, nous avons les armes pour le faire, nous pouvons arriver en position de force au 2ème tour.

Je connais beaucoup d'électeurs socialistes exaspérés par les impôts autour de moi. Ils ne voteraient sans doute pas pour une liste de fusion avec l'UMP mais pour une liste MoDem ou pour une liste MoDem/UDI, ils m'ont assuré qu'ils le feraient.

Toutefois, il faut le dire, seule Marielle de Sarnez dispose de la notoriété et de la popularité suffisante à Paris, au sein de la sphère centriste, pour mener une telle bataille. Cela suppose d'accorder nos violons avec nos amis de l'UDI et puis surtout, je le souligne, une très sérieuse refonte des programmes des uns et des autres pour parvenir à une voie moyenne...

Alors...en route pour une Alternative ?

01:03 Publié dans Paris, Politique | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : modem, udi, alternative |  Facebook | | |

Commentaires

Sérieusement, l'"alternative" ne change rien sur Malakoff. Le centre est toujours dans le mur (comme le reste de l'opposition municipale d'ailleurs).

Écrit par : Phil | jeudi, 07 novembre 2013

Pour moi personnellement, la messe est dite... la droite dite républicaine qui est naturellement notre partenaire politique, çà me reste en travers de la gorge...
Je vais attendre que les instances statutaires du MoDem valident ce partenariat avant de rendre ma carte et aller chercher ailleurs une offre politique qui me corresponde...
Quel gâchis...

Écrit par : serge92 | jeudi, 07 novembre 2013

Oui, une liste L'Alternative UDI/Modem parisienne avec Marielle de Sarnez en tête me paraît logique (même si je vois ça de loin).

@serge92

"aller chercher ailleurs une offre politique qui me corresponde..."

Je trouve cela triste. Il n'y a pas d'autre offre politique qui vous correspondra, pas d'autre parti important qui puisse la soutenir. Vous pourrez peut-être comme certains fonder ou rejoindre un micro-parti, une association, mais cela ne fera pas bouger les choses. C'est participer à l'affaiblissement du seul parti qui reste proche de vos idées. Rien n'est plus contre-productif, mais malheureusement beaucoup d'ex-centristes et démocrates ne s'en rendent pas compte apparemment.

Les adhérents UMP s'accrochent coûte que coûte à leur parti, quitte à donner de leur poche massivement pour le remettre d'aplomb, même s'ils ne sont pas d'accord avec tout, mais parce qu'ils savent comment fonctionne la vie politique.
Pendant ce temps, combien a-t-on pu voir de Modem partir ou ne pas renouveler leur carte en disant être déçus ou ne pas apprécier un point de détail ? Libre à eux. Mais qu'ils ne se plaignent pas ensuite si leurs idées ne décollent jamais.
Plus de 170 000 adhérents au PS. Plus de 200 000 à l'UMP. Le FN a au moins deux fois le nombre d'adhérents du Modem, et apparemment en a plus que l'UDI...
Enfin...

Écrit par : Ascagne | jeudi, 07 novembre 2013

@Ascagne

Ma position n'est pas liée à un "point de détail", bien au contraire...
Elle est liée à un élément fondateur de l'identité du MoDem qui est l'indépendance par rapport aux deux grands blocs...

D'un point de vue économique, ma "sensibilité de gauche" faisait que j'étais en décalage sur certains raisonnements économiques plus orientés "centre droit". Néanmoins, je n'ai jamais bloqué là dessus car l'indépendance du mouvement me garantissait que toute proposition programmatique se ferait avec une volonté d'équilibre et de respect des différentes sensibilités afin d'arriver à quelque chose auquel tout un chacun puisse adhérer ou qu'au moins si un tel équilibre n'était pas possible sur un thème donné, j'ai la conviction que le choix aura été fait pour des motifs pragmatiques et non idéologiques..
Le rattachement à l'udi avec la reconnaissance explicite d'un partenariat naturel avec l'ump fait voler en éclat le rapport de confiance existant entre les différentes sensibilités du mouvement...

Le MoDem était un lieu "neutre" où des gens venant d'horizons politiques différents s'écoutaient vraiment et cherchaient des points communs au lieu de se disputer sur les différences...
C'est cela qu'on est en train de perdre...
Si j'osais, je parlerai de la disparition de l'"âme" du mouvement...

Quant au fait que je ne trouverai pas de mouvement pour représenter mes idées, ce ne sera pas très grave... je continuerai à m'intéresser à la politique mais sans militer et en décidant, au coup par coup, à qui apporter ma voix, en fonction des propositions...

Écrit par : serge92 | jeudi, 07 novembre 2013

Je ne pense pas que nous ayons troqué notre indépendance. Pour l'instant, notre allié naturel, c'est avant tout l'UDI. Évidemment, il a fallu faire un geste pour que l'alliance fonctionne, mais on peut remarquer que la Charte précise tout aussi nettement l'ouverture au centre-gauche, au-delà du Modem proprement dit.

Il faut attendre les actes et les décisions pour voir comment va se traduire dans les faits cette phrase. A mon avis, la réponse de Bayrou à tel journaliste lors de la conférence de presse montre ce qu'il en est, du moins pour l'instant.
Le Modem reste indépendant. Il est même une sorte de gage supplémentaire d'indépendance relative pour l'UDI. A mon avis, on est dans une situation où de toute façon, les deux partis ont en quelque sorte besoin l'un de l'autre.

"L'alliance avec le PS et les appareils de la coalition au pouvoir est impossible. En ce qu’elle respecte les valeurs humanistes, la droite républicaine est naturellement notre partenaire politique. Pour autant nous considérons que le pays a besoin d’une large majorité réformiste, allant non
seulement de la droite républicaine au Centre mais jusqu'aux sensibilités écologistes et sociales-démocrates. Dans cette majorité à construire, la volonté d’émancipation, de respect des personnes, et de solidarité effective a toute sa place"

"naturellement notre partenaire politique". Ce n'est pas aussi fort que "est notre allié politique naturel". Les mots ont été soigneusement posés. Il s'agit d'appeler à la coalition dont Bayrou a toujours voulu la formation. Évidemment, certains choix d'alliances locales posent problème, pour les municipales par exemple, mais c'était prévu d'avance.

Je suppose qu'effectivement, le Modem n'aura plus grand sens si les adhérents et militants qui sont plutôt de centre-gauche ou autre, partent. D'où la nécessité d'y rester. ;) Justement, il faut continuer à cultiver la spécificité du Modem. D'ailleurs l'Alternative en a besoin, au fond, sinon elle n'existerait pas.
Je ne vois rien dans la charte qui viendrait détruire la spécificité du Modem. Nous faisons une concession à l'UDI, mais elle est compréhensible nationalement vu la situation. En toute logique, le centre de l'échiquier se rassemble, non sans précautions évidemment. La charte se veut réaliste, mais appelle surtout le rassemblement large, la fondation d'une "large majorité réformiste"... ce qui correspond au projet du Modem.

Écrit par : Ascagne | jeudi, 07 novembre 2013

"Quant au fait que je ne trouverai pas de mouvement pour représenter mes idées, ce ne sera pas très grave... je continuerai à m'intéresser à la politique mais sans militer et en décidant, au coup par coup, à qui apporter ma voix, en fonction des propositions..."

Évidemment, et ce n'est évidemment pas critiquable comme choix personnel.
Après, si, par exemple, tant de Modem plutôt au centre-gauche décident de partir à cause de la concession faite à l'UDI... Voilà.
Je comprends si, dans les faits, cela se traduit par des décisions vraiment critiquables de votre point de vue ; or il me semble que ce n'est pas le cas et surtout, qu'il est trop tôt sans doute pour l'affirmer...

Écrit par : Ascagne | jeudi, 07 novembre 2013

@Ascagne
Vous avez raison de dire que les mots ont un sens...

La charte fait une différence nette entre la droite républicaine (c'est à dire l' ump) qui devient naturellement notre partenaire politique et les sensibilités écologistes et sociales-démocrates qui ont vocation à intégrer une large majorité réformiste.

D'un point de vue sémantique, il y a d'un côté, la droite républicaine, donc un mouvement politique, qui est un partenaire politique naturel ce qui ramène vers des alliances politiques tout aussi naturelles.
De l'autre côté, il y a des sensibilités écologiques ou sociales démocrates donc des individus ou des clubs à qui on propose d'intégrer une large majorité tout comme Sarkozy a pu ouvrir sa majorité à des "sensibilités de gauche" comme les Kouchner, allègre et autre besson...

D'un côté l'alliance, de l'autre des strapontins...

Dans cette charte c'est le MoDem qui fait les réelles concessions...l'UDI elle ne donne et surtout ne risque pas grand chose...

Ce partenariat est donc déséquilibré...
Je n'en suis pas étonné car j'ai à l'esprit une émission politique il y a quelques semaines dans laquelle il y avait entre autre Robert Rochefort et un élu UDI dont j'ai oublié le nom.
Je me souviens avoir été très mal à l'aise de voir Robert Rochefort essayer de faire ami-ami alors que l'élu UDI le prenait de haut...

Ascagne, vous semblez sincèrement y croire donc çà m'embête un peu de refroidir vos espoirs mais moi, après 6 années passées au MoDem, je n' y crois pas, autant à cause du contenu de la charte que de la défiance, naturelle là aussi, que j'ai vis à vis des responsables de l'UDI.

Écrit par : serge92 | jeudi, 07 novembre 2013

le problème est qu'au delà du coté gauche droite, on a l'impression que nos amis du Modem ne sont pas près à rejetter clairement non pas juste le PS, mais surtout le socialisme.

Écrit par : Le Parisien Libéral | jeudi, 07 novembre 2013

Notez, l'UDI n'est pas no, plus vierge, en matière de socialisme de droite ...

Écrit par : Le Parisien Libéral | jeudi, 07 novembre 2013

@ L'Hérétique

Intéressant. Après avoir longtemps confessé le dogme MoDem du "Ni-ni", vous revenez à plein dans une conception bipolaire des choses, en expliquant que "le centre-gauche et le centre-droit, ça a beau être centriste, ce n'est pas pareil".

Comme quoi, c'est vraiment une grille de lecture très solidement ancrée. ;-)

Écrit par : Ch. Romain | jeudi, 07 novembre 2013

@Christian
Je n'ai jamais professé le ni-ni. Dès les débuts de ce blog j'ai marqué la différence entre centre-gauche et centre-droit car elle m'est toujours apparue nettement.

Écrit par : l'hérétique | jeudi, 07 novembre 2013

"D'un côté l'alliance, de l'autre des strapontins..."

Il ne me semble pas qu'on puisse tirer cela de la charte telle qu'elle est écrite. ;)

De mon côté, j'espère que cela va donner des résultats. Quelle autre voie que cette alliance, pour peser, surtout en cette période ? N'est-ce pas une bonne nouvelle de savoir que l'UDI se prépare à passer du côté de l'ALDE ? Qu'en majorité apparemment les différents responsables tant du centre indépendant que ceux s'étant émancipé de l'UMP jouent le jeu ? Évidemment, ce n'est pas très simple, mais c'est normal, c'est un début... Si cela permet au centre d'éviter au maximum des risques comme 2002 (scission vers l'UMP) et 2007 (quasi annihilation de l'élan donné par la présidentielle à cause de la scission avant même les législatives)...
C'est déjà un grand pas si pour ma génération politique (24 ans) du centre et les suivantes, cette alliance entre le courant plus traditionnel (UDI) et le mouvement démocrate, apparaît comme une évidence.

Écrit par : Ascagne | vendredi, 08 novembre 2013

@Ascagne

Alors bonne chance et je vous souhaite de réussir... :)

Mais pour ma part, je ne vous suivrai pas sur cette route là...

Écrit par : serge92 | vendredi, 08 novembre 2013

En tous cas cher Hérétique, je crois que la ligne très libérale du programme UDI confirme leur utilité toute relative dans la reconquête de Paris. Déjà parce qu'à Paris comme ailleurs ça reste un discours qui séduit un minorité (je me sens pourtant moi même libéral). Ensuite parce qu'avec une telle ligne ils ont bien du mal à se différencier de l'UMP, ce qui fait qu'un accord avec l'UMP n'a aucune valeur ajoutée politique. Tandis qu'avec un MODEM qui affirme sa différence, il y a un sens.
Une fois ceci dit, je suis très favorable à l'Alternative. Faisons des concessions, acceptons les (menues)différences, la France a besoin d'un centre large et fort.

Écrit par : Mesina | vendredi, 08 novembre 2013

@Mesina
Oui, c'est leur problème un peu dans tous les domaines : on a du mal à voir leur identité. Mais le MoDem souffre parfois d'un mal similaire par rapport à la gauche (du moins son aile droite). Sauf que nous ne leur sommes pas arrimés.

Écrit par : l'hérétique | samedi, 09 novembre 2013

"Sauf que nous ne leur sommes pas arrimés."
Voilà, tout est dit en deux mots seulement ! En un seul, on aurait... "indépendance" !

Écrit par : Françoise Boulanger | samedi, 09 novembre 2013

Puis-je rajouter que ce n'est pas le MoDem qui est parti vers la droite mais l'UDI qui s'est recentré. La preuve François Fillon va en faire autant et pour être crédible, il sera bien obligé de refuser la moindre "alliance officielle" avec le FN...

Écrit par : Françoise Boulanger | samedi, 09 novembre 2013

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