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  • Pourquoi Sarkozy va partir, comment nous allons l'aider (Judas)

    Tiens, récemment, j'ai été contacté par les auteurs d'un livre et webmestre d'un blogue. Leur livre s'intitule Pourquoi Sarkozy va partir, comment nous allons l'aider et les auteurs (un collectif) répond au doux patronyme de Judas.

    Il ne fallait pas autre chose de plus pour attirer mon attention, évidemment. Tiens, l'Sarko qui voit des complots partout, il devrait lire mon blogue. Que l'auteur ait choisi un tel pseudonyme littéraire, et vraisemblablement politique, devrait attirer son attention. Au début, je n'ai pas trop fait gaffe, puis, au fur et à mesure qu'ils m'envoyaient des extraits, j'ai commencé à ouvrir l'oeil et dresser l'oreille.

    Ils m'ont mis l'eau à la bouche, ces rascals :-D ! Le livre sort le 15 avril, et j'ai très hâte de l'acheter et le lire. L'éditeur est Denoël, donc ça sent le sérieux à plein nez, pas les amateurs, quoi.

    Du coup, je me suis rendu sur le site de l'éditeur, et j'ai trouvé ! j'aime bien la présentation :

    Avec la liberté rare que lui confère le port du masque, le groupe informel de politiques, d'intellectuels et de hauts fonctionnaires de tous bords rassemblés sous le nom de Judas révèle tout haut ce que les cercles concentriques du pouvoir pensent tout bas ; à savoir que nous n'avons plus le choix : réformer à outrance ou sombrer âprement et sûrement avec le navire. 
    Sarkozy va partir. Judas en explique les raisons. Judas va l'aider parce que les réformes que cet agité a eu la grâce de commencer et l'impossibilité de finir sont indispensables pour éviter à la France une Berezina sans fin ni gloire. 
    Judas vend la mèche : c'est sa vocation. À chaque citoyen le droit – le devoir – de l'allumer
    .

    Ce qui m'a interpelé, ce sont les remarques sur les réformes de Sarko : a priori, ils n'étaient pas contre les premières réformes, mais ont estimé qu'elles sont devenues très vite du flan. Je subodore donc fortement que le coup de flibuste vient de la droite, eh bien, donc, de proches ou au moins des cercles du pouvoir. J'en déduis que ça va clairement saigner. Ça tombe bien, j'aime bien le sang et la tripaille.

    Et puis j'ai eu connaissance d'un autre extrait dans lequel ils écrivent :

    Qui ne préfère l’agitation de Sarkozy à l’immense léthargie d’hier et d’avant-hier ? Sarkozy était un mal nécessaire : il fallait ce simulacre d’électrochoc pour réveiller une masse infantilisée par les promesses des uns et les trahisons des autres, persuadée qu’on lui fournirait toujours le vivre et le couvert et que la crise mondiale, tel le nuage de Tchernobyl, contournerait la France sans jamais la polluer.

    Ce sont des mecs de droite, y'a pas photo. J'essaie juste de déterminer où ils sont exactement sur l'échiquier. J'ai l'impression qu'ils sont plutôt vers le centre, et qu'il y a également des libéraux (des vrais) dans le tas.

    J'ai un peu analysé les extraits qu'ils publient évidemment sur leur blogue. Bon, ils n'aiment pas Aubry, c'est clair...

    Une France sous la houlette de Martine Aubry, cela peut inquiéter. Les 35 heures ont aidé la France comme la corde aide le pendu ; l’époux de madame Aubry, l’avocat Brochen, est le défenseur d’un certain nombre de groupes islamistes du Nord et a plaidé notamment, dès 1993, pour des filles qui souhaitaient à toute force porter le voile. Sans parler d’une piscine municipale de Lille où les horaires sont partagés entre hommes et femmes, ce qui en dit long sur les conceptions laïques et républicaines d’une certaine gauche à géométrie variable.

    Sur Ségolène Royal, c'est pas trop hostile, pour l'instant, du moins :

    D’ores et déjà, nous savons que Ségolène Royal ira son chemin présidentiel jusqu’au bout en 2012 ; si elle n’est pas adoubée officiellement par le PS, elle présentera une liste dissidente et ne se dérobera pas devant ce qu’elle estime être son destin. A bon entendeur socialiste, salut.

    A propos de DSK, mort de rire, ils ont tapé dans le mille :

    Dominique Strauss-Kahn a toujours été contre le capitalisme : tout contre.

    Bref, ce bouquin promet. D'ailleurs, j'ai déjà donné consigne à mon libraire de m'en réserver un exemplaire. Y'a intérêt à ce que je ne sois pas trompé sur la marchandise, mais j'ai plutôt confiance. Après l'Abus de pouvoir de Bayrou, dont on ne soulignera jamais à quel point il est visionnaire à plus d'un égard, j'ai là le deuxième livre, je le pressens, qui va signer le coup de grâce contre le Sarko...Bayrou a peut-être payé très cher son opposition frontale (mais souvent justifiée) au Sarkogogo, mais eux, ils m'ont l'air déterminés et à l'abri. La récente histoire du MoDem m'a montré qu'il n'y a rien de plus nocif, ,nuisible et dangereux, pour un puissant, que ses plus proches. C'est ce qu'un certain Denys de Syracuse s'est ingénié à expliquer, à grands renforts de mise en scène, à un non moins certain Damoclès, il y a de cela 2400 ans...

    Et puis Judas, ça me plaît bien, moi, comme nom. Ça me plaît même beaucoup, même si je pense que l'Sarko, il a du nous coûter bien plus que 30 deniers, depuis qu'il est en fonction...

  • Fiscalité, enfin une convergence politique !

    Content. Oui, je suis plutôt content : il y a enfin une convergence politique pour sucrer l'ISF tout en remettant à plat les niches fiscales. On savait que c'était la position de François Bayrou depuis longtemps, le temps de l'UDF pour être précis, que certains élus Nouveau Centre avaient un avis similaire, que certains radicaux de gauche partageaient ces propositions, mais aujourd'hui, outre la position officielle du MoDem, c'est celle désormais du Nouveau Centre, de plusieurs élus socialistes, Peillon et Valls entre autres, et d'élus centristes comme Luca, Le fur ou Méhaignerie. J'ajoute à ces voix celle de Jean Arthuis qui en réclame le principe depuis aussi longtemps que Bayrou.

    Apparemment, MoDem, Nouveau Centre et  Alliance centriste sont sur la même longueur d'ondes, de même que plusieurs élus UMP et Socialistes, donc. En revanche, sur l'opportunité de créer une nouvelle tranche d'imposition sur les hauts revenus, il y a des disparités.

    Si on pouvait réunir une majorité transpartisane sur un compromis intelligent, je pense que notre pays ferait un grand pas en avant. Comme je l'ai dit récemment, il me semble que ce sont les niches qui pervertissent le bouclier fiscal, mais cela ne me gêne pas pas de le voir supprimer si on arrive à des résultats justes et pas spoliatrices par un autre biais.

    Des majorités de projet à géométrie variable, voilà comment devrait être gouverné notre pays, à l'instar de ce qui se fait au Parlement européen. Espérons que les débats vont aboutir à quelque chose et que le gouvernement et Nicolas Sarkozy ne chercheront pas à maintenir une mesure minoritaire et rejetée.

  • Si Sarkozy ne se représente pas...

    Je me demande ce qu'il se produira si Nicolas Sarkozy ne se représente pas en 2012. Il faut bien comprendre que l'homme a fédéré contre lui beaucoup d'oppositions par son style et la politique qu'il a menée. Ce qui a donné un sens aux glissements de Bayrou vers le centre-gauche, ces trois dernières années, c'est le rebutoir qu'a pu constituer Sarkozy et sa politique.

    Si jamais des changements importants se produisent à droite, et que la droite classique présente un candidat pas trop impliqué dans les dérèglements sarkozystes voire critiques, du genre Alain Juppé, par exemple, il me paraît évident que le centre se recentrera. L'alliance avec les forces de gauche les plus modérées n'avaient de sens, jusqu'ici, que dans la mesure où elle permettait de faire front contre le bonapartisme délétère qui avait caractérisé le règne de l'actuel Président de la République.

    Pour ma part, si la droite présente un candidat présentable, avec un programme acceptable à mes yeux, je n'aurai plus aucune raison d'envisager un vote de gauche au second tour de l'élection présidentielle si jamais Bayrou n'y est pas.

    Le problème, c'est que la politique de débauchage généralisée à laquelle s'est livré Nicolas Sarkozy, la faiblesse des hommes et l'attrait du pouvoir ont corrompu et sali beaucoup d'individus politiques qui pouvaient passer pour fiables jusque là. Par exemple, François Fillon, en dépit de sondages flatteurs, en est la première victime : comment pourrait-il apparaître, dans l'avenir, comme une alternative alors qu'il a appliqué sans sourciller la politique de Sarkozy ?

    Dominique de Villepin ne me paraît pas non plus une solution : je crois que son but est de faire chuter Sarkozy, pas d'offrir une issue viable, et d'ailleurs, il n'a actuellement aucun programme politique. Toute la difficulté de la droite, si elle veut espérer sortir de l'alternative mortifère dans laquelle l'a plongée son chef, sera de trouver le candidat critique, charismatique et viable qui puisse incarner ce visage ; ce n'est pas gagné. A presque tous, on pourra lancer qu'ils sont comptables du bilan de leur leader, y compris le populaire Borloo, qui, sur le fond, a été son ministre d'État.

    Dans tous les cas de figure, faire les comptes et les décomptes du sarkozysme sera le prix à payer nécessaire pour la droite si elle veut espérer retrouver l'électorat de centre-droit dont j'estime être particulièrement symptomatique.

  • Dragons, le triomphe de la différence

    Je reviens d'une séance de cinéma avec ma petite famille, et notamment, nous avons eu le plaisir de visionner en 3D l'excellent film d'animation Dragons. Convaincant ! Je l'ai vraiment trouvé très bon. Sans dévoiler le film, je trouve extraordinaire de faire d'un dragon victime d'un handicap très grave l'un des deux principaux héros du film. Il réserve à par ailleurs quelques autres surprises savoureuses : le concepteur des dragons s'en est donné à coeur joie, et il y en a pour tous les goûts et de toutes les formes. Bref, petits ou grands, je vous recommande vivement ce morceau d'anthologie.

  • Record battu !

    Selon google analytics 23 518 visites, selon hautetfort 15 958 visiteurs uniques absolus. La plus grosse fréquentation sur un mois enregistrée depuis que ce blogue existe. Plus de 150 000 pages vues.

    Je vois que Neumbeur Ouâne a déjà publié ses chiffres. Le problème, c'est que j'ai la flemme de commenter le reste, d'autant que le mois a été assez équilibré, avec quelques pointes parfois, mais, globalement, une bonne répartition par journée du nombre de visites. Un peu plus de 39% d'accès directs, marianne2 à 4.2, wikio à 2.1 facebook et twitter qui m'envoient de plus en plus de visiteurs (1.9 et 1.6) et puis mon h16 de qui je reçois 1.2% de mes visites à lui seul. Démos suit à 0.9, Antonin à 0.8, Laurent à 0.7, puis mon socialo favori à 0.6.

    Pas de stats du côté de tout et de rien, mais ça devrait sortir. En revanche, Mon Puteaux, le blog de Christophe Grébert, fait un véritable carton avec 15 000 visiteurs uniques. Si c'est du Google Analytics, on peut facilement en ajouter 2 à 3000 de plus pour avoir le nombre de visites exactes. Belle fréquentation à la hauteur de l'engagement politique du taulier.

    N.B j'espère toujours disposer de participants plus nombreux à cette opération pour essayer de dégager des tendances de fréquentation des blogues...

  • Un axe Bayrou-Villepin est-il possible ?

    Je crois que ce n'est pas la première fois que j'évoque le sujet ici. J'en avais parlé en novembre dernier, me semble-t-il. Bien sûr, il faudrait s'accorder sur un programme, ce qui ne serait pas chose aisée, même si à côté de la catastrophe Sarkozy, le bilan de Villepin est mille fois préférable. J'ai le souvenir que c'est le seul à être parvenu (au prix d'un tour de passe-passe, il est vrai) à faire reculer un peu le déficit budgétaire. Dans tous les cas, il apparaîtrait nécessaire d'élargir une telle majorité, et il faudrait aussi que les militants et l'électorat de l'un et de l'autre acceptent de voter pour l'un des deux hommes, logiquement le mieux placé, sachant qu'ils sont à égalité à l'heure actuelle.

    Pour ma part, sous réserve d'un contrat clair, d'un groupe conséquent à l'Assemblée Nationale, et d'un rassemblement élargi, je pourrais admettre de voter pour Villepin si Bayrou s'avérait moins bien positionné en 2012. Mais le chemin est bien long, et la situation pour les villepinistes, pas clairement dans l'opposition à Sarkozy pourrait être difficile d'ici là, d'autant que Sarkozy va tout faire pour assécher les forces de Dominique de Villepin.

    Idéalement, il faudrait au moins qu'une partie du Nouveau Centre accepte de rejoindre une alliance élargie et, mais cela apparaît difficile étant donné l'imbrication du Nouveau Centre et de l'UMP, désormais...

  • L'Église catholique survivra-t-elle ?

    Au fur et à mesure que se dévoile le passé trouble de l'Église catholique des cinquante dernières années, je ne puis m'empêcher de penser qu'elle ne finisse pas par en subir le contre-coup. La multiplication de cas de pédophilie dans un grand nombre de pays interpelle tout de même. Pour avoir une idée précise du fait, il conviendrait de rapporter le nombre de cas de pédophilie au nombre de prêtres, afin de vérifier si la proportion est supérieure nettement ou non à celle du reste de la population. Wikipedia rend compte de quelques statistiques sans qu'il soit aisé de conclure de manière précise. Je crois comprendre, toutefois, que les prêtres ne représentent pas une spécificité. La vigilance des autorités ecclésiastiques joue également un rôle évident : ainsi, en France, les évêques, au moins depuis le début des années 2000, ont veillé à ne jamais passer l'éponge et à signaler aux autorités judiciaires tous les cas dont ils avaient connaissance.

    Le fait est que l'Église revendique une autorité morale qui génère, de ce fait un effet lourdement démultiplicateur dès qu'elle se montre faillible. En réagissant avec énergie et fermeté, l'Église peut espérer limiter la casse, mais elle va devoir revoir son fonctionnement à plus d'un égard : il était déjà difficile de recruter des prêtres ; cela va devenir impossible. L'Église devra donc de plus en plus souvent faire appel à des diacres, et je vois bien cette fonction reprendre son lustre d'antan, puisqu'un homme marié peut l'exercer. Notons, d'ailleurs, que François d'Assise, qui a été canonisé par l'Église, était un diacre.

    Difficile d'évaluer l'onde de choc de ces scandales à l'heure de l'hyper-médiatisation ; cette dernière a une caractéristique : si l'information se répand très vite, elle est également encore plus vite chassée par une autre information.

    Les indulgences ont précipité le schisme de l'Église Catholique à la Renaissance ; si ce risque me semble être écarté, à notre époque moderne, on ne peut exclure l'avènement de dissidences qu'il sera au fil du temps de plus en plus difficile de ramener dans le bercail.

     

  • Ouille mon lumbago...

    J'ai une saleté de lombalgie aigue depuis deux semaines qui ne favorise pas l'écriture de billets. A cela s'ajoute une ..**##! censuré d'intoxication alimentaire depuis avant-hier à double-détente. Estomac gonflé + lombalgie, chaque effet s'aggrave l'un l'autre. Médecin du matin, hop, avec un spasfon, j'ai cru que c'était bon, et je suis parti bosser, renonçant à un possible arrêt de travail, le tout après une nuit blanche avec moult haut-le coeur...Blood'n nuts...! Une nausée toutes les minutes toute la journée...l'Enfer...Du coup, j'ai eu un grand moment de compassion pour les femmes enceintes : il paraît qu'entre deux et trois mois, elles ont des nausées, des douleurs dans le dos, et cetera... Nom de Zeus, si elles ont ça tous les jours, ce sont des héroïnes !

    Bon, moi, je me suis auto-mis à la diète, et j'ai dormi presque 12 heures d'affilée, chose tout à fait inhabituelle et qui ne s'était plus produite depuis très très longtemps (ça se compte en dizaine d'années).

    En tout cas, hier, j'étais tellement K.O que j'ai eu à peine la force de taper Bayrou dans le moteur de recherche de google actualités. Comme quoi, même à l'article de la mort, je pense encore à lui, n'est-ce pas ?...

    Ceci explique l'absence de billets du 1er avril (dommage, j'avais eu quelques idées).

  • Un État sans dette ?

    Bon : il se trouve encore des furieux pour affirmer très péremptoirement qu'un État ne peut faire faillite. J'en ai croisé quelques uns sur la Toile, et il y en a même un qui tient un blogue : un spécialiste de la mystification économique... Quand je pense que je viens de le faire référencer chez wikio...je suis trop bon. Nous sommes comme ça, nous autre libéraux : charitables.

    Mon bon mystificateur a un petit problème avec l'argent, et plus généralement, de la monnaie : il a du mal à comprendre que la monnaie n'est pas une création ex nihilo, comme il semble le croire, mais se trouve directement reliée à la création de richesses. Et la valeur de ces richesses n'est pas, évidemment, celle que les divers mystificateurs lui prêtent, mais bien le prix qu'autrui est prêt à les payer.

    Notre bon démystificateur définit donc ainsi la dette :

    une dette c’est de l’argent que l’on doit à quelqu’un. D’où vient cet argent ? Pour faire vite, ce sont les banques qui créent cet argent et qui le prêtent ensuite…moyennant intérêt.

    De l'argent que l'on doit à quelqu'un ou une personne morale, c'est tout à fait une évidence. En revanche, d'utiliser un raccourci pour dire que ce sont les banques qui créent cet argent et le prêtent ensuite moyennant intérêt, c'est une contre-vérité totale, révélateur de notre chasseur de koulaks vert de liquider ces salauds de banquiers. En réalité, c'est totalement faux : il n'existe pas d'emprunt sans une contrepartie. La plupart des emprunts servent à créer l'argent nécessaire pour acheter un service ou un bien.

    En revanche, il est vrai que le système des réserves fractionnaires fait qu'une partie de la création monétaire n'est pas garantie sur des fonds existants (ou du moins, à hauteur d'un pourcentage ridicule). En somme la banque prête de l'argent qu'elle n'a pas. Que la banque n'ait pas l'argent ne signifie pas que l'argent créé ne finisse pas par correspondre à de la création de richesses ; cela finira par se produire, mais avec un décalage dans le temps.

    Il ne faut pas croire que cette création ne soit pas encadrée : des règles prudentielles s'appliquent (Bâle2 entre autres) même si l'on peut en contester la légitimité. De plus, le mécanisme fonctionne dans les deux sens : une fois le crédit remboursé, une destruction monétaire est opérée à la mesure exacte de la création.

    Je sais que pas mal de penseurs libéraux de l'école autrichienne sont très hostiles à cette création-là, la jugeant dangereuse et estimant ainsi la masse monétaire et le crédit artificiellement gonflés. Mais d'un autre côté, la démultiplication du crédit ainsi générée relance plus facilement consommation et investissement.

    Cela dit, je trouve fort du collier de notre démystificateur de s'inspirer d'une analyse libérale des réserves fractionnaires pour en déduire que les États peuvent, eux, créer du crédit et surtout de la monnaie à tour de bras.  D'ailleurs, le texte auquel se réfère notre ami va tout à fait dans ce sens. Il est vrai qu'il est étonnant de voir des penseurs libéraux invoquer ainsi l'État afin de réguler les risques du crédit ; la diversité des établissements des crédits, cela me paraît une condition sine qua non de la liberté d'entreprendre car cela entretient une concurrence nécessaire. En effet, le crédit n'obéit pas seulement à la seule logique du profit : l'estimation que peut faire d'un profit futur un bureaucrate et un banquier n'est à mon avis pas la même. Si seuls les États ouvrent et ferment les robinets de crédit, nous entrerons dans une logique d'étatisation de planification du crédit. Je crois bien, quoi que dise Christian Gomez sur le sujet, que cela n'a pas empêché les États socialistes de s'endetter lourdement par le passé ; et pourtant, ils contrôlaient le crédit sur leur territoire.

    In fine, de toutes façons, ces économistes ne proposent pas de créer de la monnaie pour résorber les dettes, mais de laisser le robinet du crédit entre les seules mains de l'État. En réalité, leur principale préoccupation, c'est de couvrir la création de crédit par des réserves métalliques, c'est à dire, en somme, de revenir au système en vigueur avant 1971, afin d'éviter tout emballement du crédit et mieux réguler les économies nationales.

    Pour revenir à notre démystificateur, il constate la chose suivante :

    « le déficit budgétaire est sensiblement égal au montant des intérêts du service de la dette (en dehors des périodes de crise). La dette est donc en gros, créée par ces mêmes intérêts. La question qui peut alors venir à l’esprit est : pourquoi l’Etat doit il payer (des intérêts) pour quelque chose (la monnaie) qu’il pourrait créer lui-même ? »

    Observons l'interrogation purement rhétorique qui consiste à objecter que l'État pourrait se prêter de l'argent à lui-même. Bien évidemment, c'est de la création monétaire sans contrepartie si elle sert à financer ce que nous finançons à l'heure actuelle, c'est à dire les frais de fonctionnements de l'État. Même s'il s'agit d'investissements, encore faut-il espérer un retour sur cette création monétaire, je le suppose, via la fiscalité produite par les richesses facilitées par ces investissements.

    Quand Gomez écrit qu'un crédit sous contrôle de l'État serait à l'abri des humeurs animales des agents économiques (page 6 en pdf)et que par exemple un boom immobilier comme celui des dernières années aurait été impossible, je suis quelque peu sceptique : aux USA, actuellement, on invente les subprimes d'État, c'est à dire que pour assurer la pérennité des emprunts immobiliers, c'est l'État, désormais, qui garantit la valeur hypothécaire des biens immobiliers. On voit donc bien  qu'un État est tout à fait capable des mêmes erreurs qu'une banque, même s'il est évidemment plus solide.

    Écomystificateur est très sûr de lui et considère ses contradicteurs (enfin... au moins ma personne) comme des demeurés bêlant "la dette, la dette, la dette !". Qu'il comprenne bien que les auteurs du texte qu'il cite ne proposent nullement de faire fonctionner la planche à billets, comme il le suggère. D'ailleurs, Gomez, tout en recevant l'analyse des Autrichiens, est bien contraint d'admettre que son État vertueux serait contraint de créer de la monnaie, à son usage exclusif, certes, mais de créer de la monnaie ex nihilo tout de même (page9).

    Si j'ai bien compris, les banques centrales récupéreraient les derniers crédits des banques afin de financer la création monétaire nécessaire au remboursement des dettes publiques (p13 et 14). Cette opération n'aurait lieu qu'une seule fois, en principe.

    Le document de Gomez mérite évidemment le détour, et son calcul est séduisant en apparence. Il s'appuie toutefois sur l'impression que l'État est un prêteur infaillible. Ensuite, l'imbrication des économies entre elles est telle que la mise en place d'un tel système suppose un accord mondial, or, c'est là une arlésienne : on sait bien que le principal obstacle à la mise en place d'une régulation à l'échelle mondiale, c'est la difficulté à s'accorder entre des États très différents. Il faut donc raisonner sur l'existant, même si on peut tenter de promouvoir des solutions séduisantes au moins intellectuellement.

    In fine, pour bien comprendre les tenants et les aboutissants du débat, il faut lire évidemment le document de Gomez, l'éco-mystificateur a raison sur ce point, et, pas seulement le résumé, bien trop insuffisant pour comprendre la logique du raisonnement.

    On pourrait admettre que la solution proposée par Gomez résorbe à terme la dette, mais elle ne l'enlève pas à l'heure actuelle, et si notre bon mystificateur s'appuie sur la thèse de Gomez pour lancer une telle assertion, il n'a rien compris à la thèse.

    In fine, c'est assez étonnant de voir l'auteur invoquer les Mânes de tant de penseurs libéraux, parce que ces derniers ont estimé que le seul secteur qui ne pouvait et ne devait être libre était celui de la monnaie, privilège des États, sauf à risquer de graves déséquilibres. Peut-être est-ce ma méfiance instinctive de l'État qui me pousse, pour le compte, à me montrer plus libéral que les libéraux eux-mêmes. Peut-être, aussi, qu'après un examen plus attentif, je me laisserai finalement convaincre par cette solution. En fait, je pense que je vais en reprendre la lecture avec une attention renouvelée et aller jeter un oeil du côté de la critique.

     

     

     

     


  • Je ne suis pas contre le Bouclier fiscal

    Paradoxalement, dans les mesures de Sarkozy, je n'étais pas contre le principe d'un bouclier fiscal. Je trouvais en effet quelque peu spoliatoire que quelqu'un dût payer à l'État plus de 50% de ce qu'il obtenait par ses revenus.

    Mais ce bouclier fiscal devient injuste s'il exclut certains revenus de son calcul. En somme, il me semblerait logique de devoir faire un choix entre niches fiscales et bouclier fiscal : on ne devrait pas pouvoir bénéficier de l'un et de l'autre. Cela devrait être l'un ou l'autre.

    Dans le même ordre d'idées, je juge également injuste l'impôt sur les grandes fortunes, dès lors qu'il s'attaque à des biens immobilisés, non-productifs de revenus : non seulement ces biens sont des charges pour leur propriétaire, mais ils doivent de surcroît acquitter des taxes supplémentaires, si bien que la taux théorique de 0.8 à 1.1% de la fortune peut représenter en fait une partie conséquente des revenus, bien supérieure à 50% dans certains cas.

    On peut supprimer le bouclier fiscal, mais alors, dans ces conditions, il faut faire comme en Finlande en 2005 et supprimer dans la foulée l'ISF. Ce serait à mes yeux la réforme la plus pertinente, et, ce pourrait être pour Nicolas Sarkozy et l'UMP une manière intelligente de ne pas perdre la face, au regard de ses déclarations électorales sur le niveau et le montant des impôts en France...

    Pour terminer sur l'ISF, je rappelle la proposition de François Bayrou, toujours valide, qui consistait à le remplacer par un impôt très léger (de l'ordre de un pour mille) sur le patrimoine.