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  • La dette ? un petit restaurant entre amis...

    Je ne résiste pas à la tentation de faire connaître l'une de mes dernières découvertes : la page facebook d'un groupe intitulé Réduire la Dette publique. Leur dernière publication sur leur mur m'a fait franchement rigoler ; copie ici :

    La zone euro, c’est comme quand on va au restaurant entre amis, on essaie de prendre les mêmes menus. Là, c’est comme si les Grecs prenaient du caviar, les Français de la langouste et qu’ils laissaient l’addition aux Allemands Comment voulez-vous que le dîner se termine bien !

    Excellent ! :-D

  • Yess ! elysee.fr et inondable, ça marche avec Exalead

    Bonne technologie, Exalead, avec leur système de mots-clefs associés à d'autres mot-clefs et de résultats proposés. J'ai appris que sur le nouveau site de Sarko, elysee.fr, Exalead avait mis au point un système permettant de retrouver la vidéo correspondant à un ou des mots prononcés par Nicolas Sarkozy. Côté vidéo, ça n'a pas marché des masses, en revanche, sur le moteur de recherche des discours, cela permet de constater que ce qui est vrai en Vendée ne l'est plus à Paris :-) Ainsi, tandis que le discours du 17 mars 2010 parle d'interdire reconstructions et réinstallations en zones inondables, celui du 29 avril 2009, lui suggère en région parisienne l'édification d'habitats sur pilotis en zone inondable. Mieux, foin de précautions, un peu plus loin, notre Sarko national se lâche :

    Le problème, c'est la réglementation. Pour libérer l'offre il faut déréglementer, élever les coefficients d'occupation des sols et rétablir la continuité du bâti dans les zones denses, permettre à chaque propriétaire d'une maison individuelle de s'agrandir, d'ajouter une pièce ou un étage, rendre constructibles les zones inondables pour des bâtiments adaptés à l'environnement et au risque, utiliser les interstices, les délaissés d'infrastructures...

    C'est pas beau la technologie ? C'est quoi, au fait, des bâtiments adaptés à l'environnement et au risque en zones inondables ? Inconnus au bataillon, ces trucs-là : jamais entendu parler.

    Ce qui est assez comique, c'est qu'en regard du discours de Sarkozy sur le Grand Paris et les zones inondables constructives, le moteur de recherche offre la vidéo du 16 mars 2010 à La Rochelle où il dit très exactement l'inverse.

    Je reconnais que j'ai fait preuve de mauvais esprit, j'ai cherché "inondables" comme requête dans le moteur de recherche...

    Bref, s'il n'y avait pas de pauvres gens, du côté de l'Aiguillon et de La Faute sur mer (un de mes lieux de vacances, au demeurant) qui tremblaient, désormais, à la moindre marée, cela aurait prêté à rire. Aujourd'hui, cela prête plutôt à grincer des dents.

    Merci,  en tout cas, aux concepteurs du site pour ce très bel (involontaire ?) exemple de transparence. Il ne reste plus qu'à améliorer le moteur pour les vidéos, et ce sera parfait...

  • Ces grands démocrates...

    Impressionnant : pour se débarrasser définitivement de toutes les voix qui pourraient gêner, trois parlementaires UMP, Christian Vanneste, Franck Reynier et Éric Ciotti, appuyés par Monsieur Copé ont eu la riche idée d'interdire les triangulaires. Ils proposent une loi en ce sens.

    Digne d'une république bananière : ces messieurs n'admettent pas le verdict des urnes, alors ils veulent pouvoir gouverner en étant ultra-minoritaires. J'espère que cette proposition ne va pas aller jusqu'au vote. En tout cas, je jure d'inscrire sur un Mur de la Honte tous ceux qui joindront leur voix et leur vote à une mascarade aussi insupportable.

    Je pense qu'on peut tout de même compter au moins sur la gauche pour s'y opposer, et puis les députés Nouveau centre seraient tout à fait suicidaire s'ils se privaient du seul moyen de pression qui leur reste sur la majorité, de même que ceux du Parti Radical.

    Éteindre toute voix dissonante est décidément une obsession chez certains. On va bien voir ce que le groupe UMP en dit puisqu'il faut qu'il accepte de déposer la proposition : si c'est le cas, c'est que son état de déliquescence est arrivé à un point que je n'imaginais pas. J'en tirerai des conséquences pour l'avenir et mes votes futurs de second tour.

    Je saurai aussi rappeler ce fait, désormais, à chaque élection où je verrai Jean-François Copé. Cela en dit long sur son sens du débat démocratique.

  • Dette, les efforts que les Français sont prêts à consentir...

    Passionnante étude que celle commandée par la Fondapol à l'IFOP sur la crise grecque. Elle touche cinq grand pays européens : Italie, France, Espagne, Allemagne et Royaume-Uni. Si les Français et les Espagnols ont bien conscience de leur situation (ils sont plus de 60% à penser que leur pays pourrait connaître le sort de la Grèce), il n'en va pas de même pour le Royaume-Uni et l'Italie où seule la moitié des citoyens ont ce sentiment. Quant à l'Allemagne, confiante, sans doute, en la force de son économie, un tiers de ses citoyens croit à l'éventualité d'un tel scénario.

    Si Français et Espagnols sont partagés sur l'opportunité d'aider la Grèce, les 3/4 des Allemands et des Anglais ne veulent pas payer pour les Hellènes. A l'inverse, les 2/3 des Italiens sont prêts à être solidaires. A noter qu'en France, les plus convaincus de la chose sont les électeurs et/ou sympathisants du MoDem qui partagent l'avis des Italiens aux deux tiers. A'inverse, ceux qui n'affichent aucune sympathie partisane sont majoritaires (presque 60% pour refuser d'aider la Grèce).

    Seuls Italiens et Espagnols sont favorables, en partie, du moins, à la création d'un impôt européen pour aider les pays en difficulté. Les autres n'en veulent globalement pas (opposés aux trois quart et plus). En France, c'est particulièrement le cas de ceux qui n'ont aucun engagement politique.

    Les Français ont compris qu'il y a une menace sérieuse sur les retraites, plus que toutes les autres nations, puisqu'avec 91% de convaincus, ils détiennent la palme. Pays au hit-parade de la démographie européenne, ils font jeu égal avec les Allemands, nation la moins prolifique, et convaincue à bon escient à 90% de ce risque. Les sympathisants socialistes sont les plus réalistes sur la réalité de la menace : ils sont 98% à la percevoir...Il faut dire que, nombreux dans la fonction publique, si les régimes spéciaux rejoignent le régime général, ils seront, en effet, les premiers touchés...

    Les Français sont non moins inquiets quant aux déficits à et à la dette de leur pays (je m'étonne, dans ces conditions, que le propos de François Bayrou ne percute pas plus, car enfin, il est le premier et de longue date, à mettre en garde contre ce danger) : 88% ! Ceux qui croient que les Français sont des veaux se sont trompés...enfin...attendons de savoir ce qu'ils sont prêts à sacrifier pour résorber leur dette...!

    Je vous le donne dans le mille, la victime expiatoire de tous les pays européens, c'est la défense et l'armée. A la très notable exception du Royaume Uni (13% seulement), ils sont plus de 40% à vouloir faire des économies là-dessus. Viennent ensuite les aides aux entreprises (27% en France, mais...40 en Angleterre !) et puis l'aide aux chômeurs en France (16) et au Royaume-Uni (21) surtout.

    En revanche il n'y en a pas 1% pour toucher aux retraites et à l'éducation, priorités des priorités. Pas du tout enthousiastes non plus pour faire souffrir sécurité et police (3-4% en France, mais 6 au MoDem !), et les hôpitaux. En France, c'est simple : il n'y a même pas le 1% syndical ! personne ne propose de faire des économies sur la santé ! Voilà qui va donner à réfléchir à notre actuel gouvernement, qui supprime à tour de bras des moyens dans tous ces secteurs...

    Cela dit, sur la Défense, qui paraît toujours un poste bien aisé et pratique à ponctionner, il faut bien avoir conscience des enjeux : sans commande nationale, c'est la fin de l'industrie d'armement française, et donc, du dernier îlot d'indépendance face aux Américains et aux Russes.

    Sans une véritable défense, il est hors de question de vouloir prétendre jouer au Grand. Finies les interventions militaires, finis les contingents en Afrique, terminé le porte-avion envoyé dans le Golfe Persique. Corollairement, plus question de mener grande vie au Conseil de Sécurité et de prétendre y dicter la moindre condition au nom de la grandeur de la France. Clairement, le rôle d'un Villepin pour l'Irak n'est plus concevable avec une nouvelle donne en matière de défense. Plus question non plus d'aller se battre en Afghanistan, sachant que c'est laisser la porte ouverte aux Talibans et à l'islamisme radical, avec, du coup, un grand terrain d'entraînement pour le terrorisme. A défaut, c'est admettre que seule l'Amérique décidera du sort du monde occidental. Si jamais l'armée fait les frais de la crise, il ne faudra pas reprocher ensuite au gouvernement une éventuelle inaction en  situation de crise. Dans tous les cas, si elle voit ses moyens diminués, il est hors de question de lui laisser toutes ses missions, et plutôt que de toucher à la qualité de son équipement, je préfère que l'on mette fin immédiatement à toutes les opérations extérieures. Et puis fini de jouer à bateau sur l'eau avec notre gros porte-avion, vu les coûts de fonctionnement du bestiau...

    A ce que j'ai compris, les 3/4 des Français sont prêts à admettre une perte de souveraineté dans le domaine de la Défense afin de favoriser une politique communautaire pour réduire les coûts. Il faudra aller jusqu'au bout et céder notre siège au conseil de Sécurité à l'Europe, dans ces conditions. Simplement, une nouvelle fois, les mêmes qui hurlent sur facebook à l'inaction de la France en Afrique ou ailleurs ne devront plus venir couiner si la France se retrouve incapable d'agir faute de forces adéquates.

    On peut, oui, choisir la défense comme poste de réduction de dépenses, mais que cela soit fait en connaissance de cause.

    Les Français sont accrochés à leurs retraites comme des chapeaux chinois agglutinés sur un rocher à marée basse : je ne sais pas si vous avez déjà essayé d'en enlever un, mais c'est la croix et la bannière, autant tenter de casser le rocher au burin directement...Le problème, c'est que sur les retraites, il y a un vrai problème... Bref, c'est pas gagné...