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dimanche, 28 mars 2010

Nos retraites

Tiens, Jean-François Copé s'intéresse à l'avenir de nos retraites. Intéressant, puisqu'il prend une position très claire en faveur de la retraite par répartition. Il n'envisage pas non plus de toucher au montant des pensions : c'est en tout cas ce qu'il dit dans son édito. Il a décidé de créer un groupe de travail sur cette délicate question, avec des élus de l'UMP et du Nouveau Centre. La question posée au citoyen lambda sur l'une des pages du site indique que le groupe de travail de Copé envisage prioritairement l'allongement du temps de travail. Il me semble bien avoir lu dans des sondages récents que les Français sont très hostiles à cette solution. Le site a néanmoins le mérite d'exposer clairement à quelle situation nous risquons d'être confrontée dans les années à venir. Patrick Joly, un collègue blogueur après avoir rappelé récemment la position du Parti Socialiste (élargir l'assiette en taxant le capital), envisage lui aussi un accroissement de la durée de cotisation. Le MoDem reprend à peu près l'idée de Bayrou de 2007 de proposer un système de retraites à points, en encourageant l'activité partielle au-delà de la limite légale de la retraite.

La réforme des retraites est un serpent de mer : il paraît à peu près inévitable d'aligner régimes spéciaux et régimes publics sur les régimes privés, mais cela va être très difficile, car il faut s'attendre à une véritable bronca des fonctionnaires. Il faudra donner quelque chose de fort en contrepartie pour que cela puisse être accepté. Il faut bien comprendre qu'elle était calculée jusqu'ici sur les six derniers mois. En passant aux 25 dernières années, cela va générer des dommages considérables dans les revenus de ces retraités qui pourront se retrouver avec parfois deux fois moins que ce qu'ils avaient prévu.

S'il y a un embryon de solution, c'est de distinguer ceux qui s'engagent maintenant dans la fonction publique, en remaniant d'ores et déjà leur contrat dans ce domaine. Pour ceux qui ont signé par le passé, difficile de revenir sur un engagement d'État, sauf à ne vraiment pas pouvoir faire autrement. Il faudrait un expert pour chiffrer cela exactement, mais à mon avis, plus on tarde à faire cette réforme, plus on aggrave les déficits futurs des caisses de retraites.

Le Parti Socialiste essaie à mon avis d'éviter d'affronter le sujet en suscitant l'espoir fou que le «Kapital» paiera...

Cela me paraît très difficile : nous sommes dans une économie mondialisée, et toute taxe sur le capital a des répercussions sur les mouvements de capitaux. Pour établir des taxes sur les capitaux, il faut passer des accords avec au moins la moitié des pays de la planète. Cela me paraît un peu le miroir aux alouettes.

Il me semble que Copé pose le problème en termes clairs dans l'article qu'il a écrit sur Slate. Marielle de Sarnez, dans un entretien avec Linternaute, avait été assez claire : elle estimait que l'on pouvait conserver le principe d'un droit à partir en retraite à 60 ans, mais qu'il serait sans doute nécessaire de travailler plus longtemps pour espérer que ce départ se fasse à taux plein.  Elle soulignait, toutefois, qu'en amont de la question des retraites, on trouvait d'abord celui de l'emploi des Seniors. Elle aussi, se montre tout à fait hostile à une retraite par capitalisation, solution que privilégient de nombreux libéraux. A titre personnel, je suis, pour ma part, très méfiant avec les retraites par capitalisation : que des fonds de pension s'écroulent, et des millions de retraités peuvent se retrouver sans ressource aucune du jour au lendemain. Donc, je ne l'exclus pas, mais pour moi, il faut des garanties d'État derrière et un encadrement très strict des placements autorisés avec ce genre de fonds, en contraignant au passage les établissements financiers à séparer leurs activités dans ce domaine , de manière à ce que d'éventuels fonds de pension soient garantis.

En tout cas, il y a là un débat qui doit absolument dépasser les clivages partisans et auquel nous devons tous prendre part.

 

06:56 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : retraite, démographie, sarnez |  Facebook | | |

Commentaires

c'est une question très complexe en effet, et je ne parle pas des problèmes de la réversion veuvage ...un sacré problème aussi... j'ai mes petites idées là-dessus ...

Écrit par : Mirabelle | dimanche, 28 mars 2010

Travailler plus longtemps pour avoir une retraite à taux plein !!

Les jeunes rentrent de plus en plus tard sur le marché du travail (études plus longues, stages non rémunérés, chômage, etc..).
61 % des 50+, sont éjectés du marché de l'emploi bien malgré eux. Un petit rappel ! "En France, au delà de 50 ans, un chômeur peut espérer 3 ans d'indemnités ASSEDIC maximum".

Ipso facto ceci se traduit par une baisse importante des retraites.
Dire que l'on ne touchera pas à la retraite à 60 ans, ou que l'on ne baissera pas les retraites est un mensonge.

L'appauvrissement de la population : chômage record avec des indemnités limitées dans le temps (maximum 3 ans), baisse évidente des retraites, nivellement des salaires par le bas (de plus en plus de travailleurs pauvres ou au SMIC) plombent la consommation et donc la croissance positive si chère aux néo-libéraux. Conséquance : une spirale négative qui entraine notre pays dans le mur.

Par ailleurs,
1/ une grande partie des salaires sont exonérés des charges sécurité sociale depuis les lois des 35 heures.
2/ certaines grandes entreprises ne payent plus leurs charges patronales depuis de longues années, sans aucune sanction
privant ainsi les caisses maladie et retraite d'une partie importante de leurs ressources.

La part salarial, hier une plus value, aujourd'hui un coût, diminue de plus en plus dans dans le calcul des productivités. Il serait logique de trouver d'autres ressources : taxation des placements financiers, des stock-options et autres plus value etc..., augmentation des taux de cotisation sur les gros salaires, taxation sur l'importation des fabrications délocalisées.

Et notre compétivité ??

Par rapport à qui ? Les chinois....., les roumains avec 184 euro mensuel pour 40 heures hebdo (exemple d'un call-center évoqué dans l'émission "C'est dans l'Air" sur "la 5" afin de nous démontrer que les 35 heures avaient tué la compétitivité française).

Écrit par : CHRIS | dimanche, 28 mars 2010

Travailler plus longtemps pour avoir une retraite à taux plein !!

Les jeunes rentrent de plus en plus tard sur le marché du travail (études plus longues, stages non rémunérés, chômage, etc..).
61 % des 50+, sont éjectés du marché de l'emploi bien malgré eux. Un petit rappel ! "En France, au delà de 50 ans, un chômeur peut espérer 3 ans d'indemnités ASSEDIC maximum".

Ipso facto ceci se traduit par une baisse importante des retraites.
Dire que l'on ne touchera pas à la retraite à 60 ans, ou que l'on ne baissera pas les retraites est un mensonge.

L'appauvrissement de la population : chômage record avec des indemnités limitées dans le temps (maximum 3 ans), baisse évidente des retraites, nivellement des salaires par le bas (de plus en plus de travailleurs pauvres ou au SMIC) plombent la consommation et donc la croissance positive si chère aux néo-libéraux. Conséquance : une spirale négative qui entraine notre pays dans le mur.

Par ailleurs,
1/ une grande partie des salaires sont exonérés des charges sécurité sociale depuis les lois des 35 heures.
2/ certaines grandes entreprises ne payent plus leurs charges patronales depuis de longues années, sans aucune sanction
privant ainsi les caisses maladie et retraite d'une partie importante de leurs ressources.

La part salarial, hier une plus value, aujourd'hui un coût, diminue de plus en plus dans dans le calcul des productivités. Il serait logique de trouver d'autres ressources : taxation des placements financiers, des stock-options et autres plus value etc..., augmentation des taux de cotisation sur les gros salaires, taxation sur l'importation des fabrications délocalisées.

Et notre compétivité ??

Par rapport à qui ? Les chinois....., les roumains avec 184 euro mensuel pour 40 heures hebdo (exemple d'un call-center évoqué dans l'émission "C'est dans l'Air" sur "la 5" afin de nous démontrer que les 35 heures avaient tué la compétitivité française).

Écrit par : CHRIS | dimanche, 28 mars 2010

@Chris
en soi, je comprends vos propositions, mais croyez bien que si nous taxons certains produits importés, en face, ils feront pareil.
Taxer les stock-options, why not, mais à quel moment ? la valeur d'une action est très variable.
Et puis ça ne suffit pas pour régler le problème des retraites.

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 28 mars 2010

Pourquoi ne pas indexer le taux ce cotisation et le temps de cotisation par rapport à la balance entre actif et retraité. (et pourquoi ne pas laisser choisir au nouvel embauché ce qu'il veut privilégier)

On sait que le problème ne vient pas seulement de l'allongement de la durée de vie amis aussi du papy boom de 45. Ces papy et mamies là, vivront jusqu'en 2030, 2035 et après ?

Un système souple (à point par exemple) permettrait d'amortir le coup et de revenir "à la normale" une fois la partie ponctuelle du problème dépassée. Réaliste et équitable.

De plus, j'ai toujours trouver choquant que des types se retrouvent avec des retraites de 5 à 10k euros. Pourquoi ne pas soutenir les basses retraites en les faisant participer ?

ps: je ne connais pas les prélèvement déjà réalisés sur les pensions de retraites, si tu peux m'éclairer, n'hésite pas.

Écrit par : Florian | mardi, 30 mars 2010

Le problème du financement des retraites est le résultat d’une politique fiscale archaïque et destructrice de richesse intérieure. Il m’apparait indispensable de réformer notre fiscalité fondamentalement pour rendre sa « compétitivité » à notre économie. Nous devons réduire la pression de l’impôt sur les salaires (à commencer par la fiscalité des salariés) pour la transférer sur les produits. Je suis personnellement partisan de la création d’une licence de distribution appliquée à tous les produits : Biens, services et revenus financiers ou fonciers (qui comprennent les bonus, primes et autres gratifications excessifs proportionnellement au salaire référant). Aucune parcelle de la vie économique du pays ne doit échapper à une équitable contribution à la vie de la société.
Si nous prenons ce parti, la réforme des retraites n’en demeurera pas indispensable pour rétablir les comptes et la pérennité de notre mode de vie. Le système prôné par François Bayrou apparait comme le plus juste à ce jour. L’équité et la justice sont des notions qui devraient toujours guider les choix de nos hommes d’état. Un pays qui tolère trop longtemps les excès de ses élites est voué au désordre et à l’exaspération de sa population, situation qui est la notre aujourd’hui.

Écrit par : odronne | mercredi, 31 mars 2010

@odronne
Oui, je pense en effet qu'il vaut mieux charger moins les salaires et plus les produits, mais il faut assurer que les gains en charges sociales réalisés par les entreprises se reporteront bien sur les salaires, sinon, cela aboutira à une baisse de pouvoir d'achat...

Écrit par : l'hérétique | mercredi, 31 mars 2010

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