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mercredi, 17 octobre 2012

Ben oui, le MoDem assume les résultats de ses candidats...

A Rue89 on s'est cru très malin en mitraillant un grand blessé : l'un des derniers titres assassinait le MoDem en raison de ses dettes et ses difficultés à payer les imprimeurs de la campagne législative.

Si le MoDem est dans cette situation, c'est surtout parce qu'il est déterminé à ne pas laisser tomber ceux qui se sont battus sous son étiquette et entend les couvrir financièrement jusqu'au bout quel qu'ait été leur score.

C'est donc tout à l'honneur de ce parti et très mal venu de la part de Rue89 (où l'on connaît d'autant moins les jours sans gras que l'on y est allègrement subventionné par l'État) de s'en prendre à un parti qui assume.

14:58 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : politique, rue89 |  Facebook | | |

lundi, 15 octobre 2012

La Normalitude a aussi du bon

J'avoue être assez agacé par le déluge de critiques qui s'abat sur Hollande. Je pourrais juger justifié qu'on critique sa politique sur le fond, mais, en ce moment, c'est à sa personne qu'on s'en prend.

Depuis Pompidou on a en gros, des monarques, des people et des magouilleurs. Parfois, les trois à la fois.

Avec Hollande, on a enfin une respiration. Il ne se prend pas pour Louis XIV, il ne cherche pas à montrer sa bibine dans tous les magazines people et il ne confond pas sa poche et celle de l'État.

Ouf. Respiration. Je ne compte pas me priver d'attaquer les Socialistes sur leurs mesures les plus ineptes mais je n'ai pas l'intention de hurler avec les loups non plus.

D'avoir un président qui ne la ramène pas tout le temps, ça repose aussi. Même remarque pour Ayrault qui m'a l'air d'un honnête homme. On le dit fade. Moi, je préfère les mecs qui ne parlent pas trop à ceux qui ne peuvent pas s'empêcher d'accompagner chaque déclaration d'un roulement de tambour.

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dimanche, 14 octobre 2012

La Verte et la Vertu...

J'aurais pu être tenté de jouer les hyènes. Cette élue EELV qui a un gros compte en Suisse, c'était une aubaine, mais'Authueil m'a un peu coupé l'herbe sous les pieds en exprimant à peu près ce que j'avais à dire en termes globalement mesurés.

Je juge au passage drôlatique au possible la défense tout azimut de Florence Lamblin par le grand ponte des Verts à Paris (hors Baupin), Yves Contassot.

Au fond, je ne suis pas choqué par le compte en Suisse de cette élue a fortiori s'il s'agit d'un héritage , cas dans lequel on ne peut pas même retenir le chef d'accusation d'évasion fiscale. Il faut voir quel est le statut de cet argent en Suisse et s'il peut se voir taxer au titre des successions ou encore de revenus supplémentaires.

En revanche, son rapatriement en liquide indique bien que notre élue n'avait aucunement l'intention de le déclarer. Et puis, excusez-moi du peu, quand on tombe sur quelqu'un qui vous propose de vous ramener plusieurs centaines de milliers d'euros dans des valises on ne peut ignorer que l'on a affaire à quelqu'un de pas très net...

Cela dit, je ne me suis jamais associé à la chasse aux koulaks chère à la gauche en général. Ce qui me choque, c'est évidemment le décalage entre les déclarations de vertu (que personnellement je n'agrée de toutes façons pas) et la pratique des Verts en général. Reste à savoir si Florence Lamblin s'y est associée. Je retiens tout de même qu'elle n'a pas rejoint EELV à l'occasion des dernières européennes mais que c'est une militante verte ancienne puisqu'elle co-signait des tribunes avant même la prise de Paris par la gauche.

Ce qui est dommage c'est que cette élue me semblait par ailleurs avoir une réflexion intéressante avec son compère Jean-Marc Pasquet sur l'usage des berges de la Seine (l'un et l'autre critiquaient la réduction de cet espace à une exclusive zone de loisirs).

Certains blogues de gauche se sont lâchés, récemment, à propos de Pierre Chappaz qui a émigré tout à fait légalement en Suisse (cela commence à puer qu'on ait à s'expliquer sur ses choix personnels, au passage, Val a bien raison de le souligner : c'est de sa faute s'il a été amoureux d'une Suissesse dans une vie antérieure ? ). Ouf, il y a tout de même une gauche qui a sauvé l'honneur.

On attend donc avec impatience les prochains billets d'un Rimbus sur l'exilée fiscale verte du XVIIème ou même des tovaritchi Sarkofrance et Nikolaï Leftblogueskiï ou même Bembelly que j'ai connu plus inspiré...

Alors, les gars, vous tenez peut-être une fraudeuse : encore mieux qu'un «exilé fiscal», patron de son état. A quand les billets enflammés contre la fraude exemple à l'appui ?

T'en fais pas mon Faucon, leur semaine prochaine aussi va être longue...

L'esclavage universel de Monsieur Tandonnet

Je viens de lire la dernière note de Maxime Tandonnet et j'avoue qu'elle m'a fait bondir. Si je veux bien lui concéder que les incessantes manifestations de repentance finissent par lasser, admettons, en revanche, confondre dans une même catégorie toutes les formes d'esclavage qui ont existé c'est une erreur magistrale.

L'esclavage des vikings, des armées romaines ou des pirates chrétiens et musulmans n'a jamais été autre chose que des effets d'aubaine, de la rapine ordinaire. Au détour d'un assaut on en profitait pour capturer des individus en raison de leur seule valeur marchande car s'il s'agissait là d'un bien de valeur comme les autres. 

Jamais il n'a existé avant la traite des noirs de convois organisés d'esquifs transportant des centaines et des centaines d'esclaves après en avoir fait le commerce exclusif. Il y a eu aux XVIème et XVIIème siècle sdes compagnies, des familles bourgeoises et/ou aristocratiques, des ports européens spécifiquement spécialisés dans l'esclavage.

Maxime Tandonnet devrait relire des pièces de Térence ou de Plaute ou même revoir la biographie d'Épictète. Les deux premiers mettent en scène de pendables esclaves en tout point comparables aux domestiques du temps de Molière. Épictète lui-même était un esclave et a accédé à une notoriété inouïe en devenant l'un des plus grands philosophes de tous les temps.

Rien de semblable avec les esclaves noirs des temps modernes. Quelle pièce les met en scène ? Quel esclave noir est devenu philosophe ou pédagogue ou quoi que ce soit de ce genre ?

En réalité, le préjugé racial avait largement pris le dessus. Les esclaves d'Afrique n'étaient pas autre chose que du bétail et, quand ils "encombraient" lors d'une traversée atlantique on n'hésitait pas à les passer par-dessus bord. Mal nourris, mal traités, entassés souvent dans des conditions insupportables et inhumaines, leur mortalité était effrayante. 

Renvoyer la traite des noirs est donc au mieux une grave ignorance historique et une lourde confusion, au pire une authentique malhonnêteté intellectuelle.

09:48 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (34) | Tags : esclavage |  Facebook | | |

samedi, 13 octobre 2012

Audrey Pulvar et le méchant retour de bâton

Il y a eu un très mauvais buzz pour la compagne de Montebourg, Audrey Pulvar à propos du coût de ses lunettes. Je vais être bref. C'est bien fait pour elle et pour la gauche en général.

Personnellement, cela m'est bien égal que quelqu'un s'achète des lunettes à 12 000 euros, et, à la limite, tant mieux si cela fait vivre une industrie quelque part.

En revanche, cela m'interpelle quand je constate que c'est toute la petite coterie médiatique de gauche qui est en cause alors qu'elle passe son temps à dénoncer les "riches" et à cracher sur le fric. Le fric des autres, bien sûr, pas le leur...

Je trouve très drôle le ton mesuré d'un contempteur du Fouquet's comme Roger-Petit même si au final il doit admettre que ça la fout mal. Il tente, fort maladroitement, de défendre Audrey Pulvar. Il va dire quoi Montebourg aux ouvriers licenciés qu'il vient visiter en jurant avec force roulements de tambour de faire rendre gorge aux patrons ?

12:53 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : lunettes, pulvar |  Facebook | | |

jeudi, 11 octobre 2012

Faisons l'union du centre et prenons Paris à la gauche !

J'ai entendu à plusieurs reprises que Borloo pourrait se présenter à Paris en 2014. Dans le même temps il semble qu'une candidature de Fillon s'éloigne. J'ai toujours entendu du bien de Borloo comme édile, du temps où il était maire de Valenciennes. J'en avais émis l'idée une première fois en juillet dernier et je le redis, je suis très favroable à une union du centre en 2014 à Paris. Certains à l'UMP sont prêts à se ranger derrière une candidature Borloo puisque Gloasguen, l'un des chefs de file de la droite à Paris paraît prêt à soutenir le patron de l'UDI.

Je suis pas certain que ce possible ralliement de l'UMP soit une bonne nouvelle tant j'ai une mauvaise opinion de ce parti et tant je constate qu'à Paris, ses intentions ne sont pas fondamentalement différentes de celles du PS.

Le duo de choc ce serait de retrouver Marielle de Sarnez et Jean-Louis Borloo prenant de concert la tête de l'opposition parisienne. Une telle alliance n'aurait toutefois de sens que sur la base d'un programme solide et clairement différent de celui des Socialistes. Il resterait à l'UDI et au MoDem de le concevoir ensemble.

L'un des éléments de ce programme aurait à mon sens vocation à intégrer une baisse très significative des dépenses de la mairie avec à la clef une baisse des taxes foncières et des taxes d'habitation.

De 2006 à 2012 la seule taxe foncière a augmenté de 68%. Je ne comprends pas pourquoi les Parisiens continuent à soutenir l'équipe Delanoë. La facture s'accroît toujours plus, la ville ne s'améliore guère, la majorité socialiste prive progressivement les Parisiens d'une part de leur patrimoine (Jardin d'Acclimatation et Palais de la découverte rognés, Stade Jean Bouin détruit, Piscine Molitor en voie de privatisation, Serres d'Auteuil amputées, tentatives de rétrécissement du Parc Sainte-Perrine), fait exploser de nombreux tarifs (alignement sauvage des tarifs des cantines, hausses vertigineuses des prix des animations et activités de loisirs contrôlées par la mairie), étouffe les associations de particulier (augmentation du prix de location des équipements aux associations, expulsion du Musée en Herbe de ses locaux) et les Parisiens qui n'ont pas encore été chassés de Paris continuent à voter à gauche...

Cela m'évoque une fable fameuse de Jean de l Fontaine mettant aux prises un cormoran et des poissons : ce dernier a vidé un certain nombre d'étangs quand il arrive à un âge avancé. Faute de pouvoir pêcher il convainc la «gent aquatique» qu'un grand péril les menace mais que lui peut les amener dans un endroit sûr. Il engloutit ainsi un par un les poissons trop confiants...

C'est ainsi que les naïfs Parisiens qui ont reconduit Delanoë au pouvoir en 2008 pourraient donner les clefs de la ville à sa dauphine Anne Hidalgo en 2014. Et peu importe si ce ne sont pas les mêmes, puisque les plus modestes d'entre eux ont dû quitter la capitale depuis 2001 en raison de la pression immobilière mais aussi sous l'afflux de taxes diverses.

Là Cormoran le bon apôtre,
Les ayant mis en un endroit
Transparent, peu creux, fort étroit,
Vous les prenait sans peine, un jour l'un, un jour l'autre.
Il leur apprit à leurs dépens
Que l'on ne doit jamais avoir de confiance
En ceux qui sont mangeurs de gens.

Mais ne soyons pas un prophète de malheur et pressentons qu'il est encore possible de sortir Paris de la spirale infernale qui l'aspire depuis le jour où Delanöe a mis le pied à l'Hôtel de Ville. Ceci suppose l'élaboration d'un grand et beau programme capable de séduire les Parisiens et l'abandon d'une politique qui ne profite qu'aux bobos et aux hyper-assistés.

lundi, 08 octobre 2012

Copé ne manque pas d'air

Il y a deux manières de réagir à la burlesque sortie de Copé sur le ramadan et le pain au chocolat : la première c'est de dire qu'il fait le jeu du FN en tenant un discours similaire en tous points à celui des chefs du parti d'extrême-droite, mais le seconde c'est de lui répliquer qu'on se demande ce qu'a fait sa majorité pendant 5 ans. Ce dernier point n'a d'ailleurs pas échappé à Authueil, blogueur de droite émérite

Cela dit, remettons les choses dans l'ordre : ce n'est pas le Ramadan ni l'Islam le problème, contrairement à ce que laisse entendre Copé. Le problème, c'est la racaille délinquante qui essaie de se racheter une image à peu de frais.

Le racisme anti-français, c'est vraiment du blabla à peu de frais. La réalité, c'est qu'il y a du communautarisme dans les cités, c'est tout, primo, et, secundo, principalement dans une classe d'âge.

Copé essaie donc de récupérer minablement l'électorat d'extrême-droite. Et c'est totalement raté, parce que les rodomondades de Sarkozy et ses lois qui brassaient surtout du vent, on a vu ce qu'il en résultait : rien. Quand on mène une politique de répression, on la mène jusqu'au bout et on évite de se payer de mots.

Sarkozy a été le promoteur d'une politique du brassage de vent, en aucun cas de répression de la délinquance. Pendant qu'il faisait de grands discours, il réduisait les effectifs de gendarmerie et de police et Rachida Dati envoyait en sous main des directives pour désemplir les prisons.

Objectivement, Valls qui évacue les campements illégaux, démantèle les réseaux islamistes sans instrumentalisation, et accroît les effectifs de police, est autrement plus efficace que la coterie sarkozyste.

Bref, la droite s'est totalement discréditée dans la lutte contre la délinquance et ce, dès Chirac. Comme elle a été nullissime dans ce domaine, plus elle la ramène, plus en effet, elle fait le lit du FN. Non pas que le sujet ne soit pas légitime comme essaient de le faire valoir certains à gauche, mais plutôt qu'elle y a perdu toute crédibilité.

17:34 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : délinquance, droite |  Facebook | | |

dimanche, 07 octobre 2012

La main invisible

Quoi de plus drôle que de lire les éructations d'un socialo (de préférence avec les cheveux gras) sur la fameuse main invisible d'Adam Smith. Au demeurant, ce qu'il y a de drôle, c'est que ce concept est mineur chez Adam Smith et que ce sont ses successeurs, surtout, qui s'en sont emparés.

Nos socialos se prennent pour des Voltaire en herbe en acceptant implicitement une définition leibnizienne de la main invisible, comme si ses tenants, à l'instar du Pangloss béat de Candide, jugeaient que tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes et que le marché était naturellement efficient.

Cette acception mérite une correction radicale : 

La théorie de la main invisible affirme que si chaque consommateur peut choisir librement ses achats et si chaque producteur peut choisir librement les produits qu'il vendra et la façon de les produire, alors, le marché évoluera vers une situation mutuellement bénéfique pour tous les agents.

C'est en tout cas la réinterprétation qu'en fait Pareto, et je m'accorde avec cette lecture.

Tout le problème réside dans le «si» et dans le «librement». 

Comme plusieurs lecteurs ont pu le constater, je me suis intéressé ici principalement à la liberté du point de vue du consommateur et, pour moi, elle consiste d'abord dans la possibilité pour lui d'être informé sur ce qu'il achète. Dès lors qu'il a cette information, il commande le producteur, et, dans ce cas, j'agrée tout à fait l'idée que le marché évolue vers une situation mutuellement bénéfique pour tous ses acteurs.

Le problème, c'est que l'on est loin du compte. Très loin, même. La concurrence libre et non faussée à la sauce TCE a quasi-occulté cet aspect alors qu'il eût dû être essentiel.

Être informé sur un produit c'est avoir la possibilité de savoir où il est produit, comment, ce qui le compose et quels sont ses effets.

Le jour où le consommateur disposera de toutes ces informations avant de pouvoir acheter un produit, on aura fait une première moitié de chemin vers une société économiquement libérale

Voilà pourquoi, pour ma part, je me suis tant engagé derrière le label que Bayrou proposait de mettre en place, et, plus généralement, derrière l'idée centriste qu'il portait qui était que bien loin d'être une portion de cerveau disponible, le consommateur avait vocation à devenir «consommacteur» dans la sphère économique. A cet effet, les puissantes et efficaces associations de consommateurs démontrent, par leur vitalité, que l'association est la cellule politique de base dans une société libérale.

Une telle réflexion sur la main invisible mérite d'être collective. Voilà pourquoi j'invite les blogueurs libéraux à répliquer à leur tour à la gauche qui s'essaie systématiquement à caricaturer l'esprit du libéralisme.

Xerbias, Libertarien, Alexandre, Hashtable, le Parisien libéral, Objectif Liberté, Aurélien Véron, Lupus, Humeurs de vache, Libertas, blogs emblématiques dans la sphère libérale, sont cordialement invités à proposer leur propre définition de la main invisible, pour autant qu'ils admettent que ce qu'en dit Adam Smith n'est pas suffisant pour s'en faire une idée claire. J'ajouterai à tous ceux-là un blogueur que je ne connais pas mais dont je lis parfois le blog : Nicomaque. Je subodore que son nom ne doit rien au hasard et se réfère à une oeuvre aristotélicienne culte pour moi, l'Éthique à Nicomaque.

Parmi les politiques blogueurs, j'ai déjà lu Alain Lambert se revendiquer du libéralisme. Comme il se mêle assez facilement au petit peuple des blogueurs, je le tague aussi...

Si le libéralisme veut s'extraire de la caricature à laquelle on le réduit (et à vrai dire à laquelle certains libéraux se prêtent aussi parfois...) un débat d'idées doit pouvoir émerger sur les grands concepts libéraux tant je crois profondément qu'ils ont vocation à être revisités.

samedi, 06 octobre 2012

Bayrou demeure le leader du centre

Le sondage commandé par Atlantico est sans appel : Bayrou demeure dans l'opinion le principal représentant du Centre. Loin devant Borloo. Quoi que l'on pense de Bayrou, tout le monde s'accorde à reconnaître que c'est un type courageux et qu'au niveau des valeurs et des actes, il est irréprochable. En soi, je n'ai pas une mauvaise opinion de Borloo, mais je ne le trouve pas fiable. En 2012 il n'a pas osé aller jusqu'au bout parce qu'il se voyait roi avant même d'avoir été sacré et, au final, il s'est dégonflé. Borloo, il ne fait du bruit que lorsqu'il n'y a pas de risques. Bayrou, c'est tout de même autre chose. Il va jusqu'au bout de ce qu'il pense y compris si cela doit lui coûter sa place en politique.

Moi, j'aime bien ce gars-là pour ça, parce qu'il n'a peur de rien.

J'espère qu'il représentera à nouveau le centre en 2017 aux présidentielles. J'espère aussi qu'on réussira à monter une coalition centriste, mais là encore, je crains la faiblesse de Borloo et la pusilanimité de Morin. Bayrou a viré tous les élus qui étaient prêts à s'allier avec le FN en 1998. Borloo, là-dessus, je n'ai pas confiance. J'ai retenu qu'il avait envisagé des alliances en 1993. Cela ne me donne pas confiance, car comme l'écrasante majorité des centristes, je suis radicalement allergique au Front National.

Déjà, de voir dans l'UDI des représentants du CNIP cela me file des boutons. Je n'ai jamais considéré ce parti comme centriste. Quand j'étais jeune, on le plaçait entre le RPR et le FN.

L'UDI de Borloo commence à ressembler à l'UDF de Giscard. Je n'ai jamais reconnu Giscard ni son UDF comme centristes. Il y avait aux côtés de Giscard d'authentiques pré-fachos comme Ponatiowski sans parler d'individus aux parcours plus que tortueux. L'UDF de Giscard était un parti de droite, parfois plus dure que le RPR. Le candidat centriste en 1974, c'était Chaban et pas Giscard. En tout cas, disons que Chaban incarnait la démocratie-chrétienne par ses valeurs et son courage politique. 

Les manuels officiels et la plupart des journalistes s'obstinent à nous présenter les choses ainsi, mais c'est une falsification. Pas des faits en tant que tels, mais de la pensée politique. 

Si je devais faire la genèse de l'ADN du MoDem, j'y trouverais le MRP, Mendès-France, Lecanuet, le CDS puis la Nouvelle UDF, celle de Bayrou. 

En 2017 si Hollande se représente et qu'en face il y a Fillon, je vais être ennuyé si ces deux-là arrivent au second tour. J'ai de l'estime pour Fillon et je le crois sérieux. Mais si entre-temps les Socialistes sont parvenus à l'équilibre budgétaire, ce serait raide de les désavouer.

J'examinerai à la loupe les discours de l'un et de l'autre pour faire un choix. Les Socialistes auront fait leurs preuves s'ils se présentent avec ce bilan-là, pas Fillon. Un handicap pour lui.

Tout dépend aussi de la manière dont ils auront traité la réduction de la dépense publique et les entreprises. Pour les secondes, le compte n'y est pas pour l'instant, et pour la première, je n'ai pas vu grand chose.

En attendant, pour revenir à mes moutons grenouilles centristes, le compte n'y est pas avec l'UDI. Le parti de Borloo est moins indépendant que ne l'était l'UDF. Je peux admettre que l'on préfère une alliance à droite mais déclarer dès la création du parti qu'elle est inconditionnelle, c'est scier d'ores et déjà la branche sur laquelle on est assis.

19:26 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (35) | Tags : bayrou, borloo |  Facebook | | |

mercredi, 03 octobre 2012

Ben oui, Jean-Marie, les détails, ça compte...

Jean-Marie s'excite parce que la droite ne veut pas s'allier avec le FN. Comme on lui fait observer que ses propos sur les chambres à gaz, le fameux "détail" de l'histoire, comme il dit, ont un tantinet enfoncé la stratégie d'alliance de son parti, il réplique qu'il ne comprend pas que les chambres à gaz aient une importance fondatrice dans la politique française.

Ben mon vieux facho, c'est bien ça le problème : t'as toujours pas compris qu'en effet les chambres à gaz ont une importance fondatrice dans la politique nationale française. En fait, mon gros facho, tu n'as, je crois, toujours pas percuté que cela a même une importance fondamentale dans l'histoire de l'humanité.

Mais bon, j'imagine que c'est le genre de "détails" qui t'échappe...