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lundi, 08 avril 2013

J'imagine mal Bayrou devenir 1er ministre de Hollande

Comme d'habitude, une partie de la presse bave sur les intentions de François Bayrou. C'est aux titres crétins et aux délires abracadabrantesques qu'on y lit qu'on comprend que le projet de Bayrou (ni sa personne, au demeurant) n'a jamais été compris par tout ce monde là.

Si Hollande devait proposer à Bayrou de devenir Premier Ministre, ce serait reconnaître de sa part et de toutes ses troupes que son projet présidentiel ne tenait pas la route et que les mises en garde de Bayrou à ce sujet avaient été exactes.

Ce serait aussi reconnaître que le projet présidentiel de Bayrou était le seul valide en 2012 (comme en 2007).

Même si ces conditions étaient réunies, je n'imagine pas les Socialistes dans leur ensemble accepter une telle décision. Et malheureusement, le MoDem de Bayrou est encore largement en convalescence. Jusqu'à nouvel ordre, nain politique dans l'opinion et à l'Assemblée, nous n'avons pas de dot à apporter au marié...

Le temps d'un tel bouleversement n'est pas venu.

Pour que le MoDem puisse accéder au pouvoir, il doit faire ses preuves électorales. S'appuyer sur une majorité qui ne vous représente pas, c'est se condamenr à l'impuissance.

La seule chose que Bayrou accepterait, ce serait de diriger un vrai gouvernement d'union nationale avec des hommes de la trempe de Fillon, Baroin ou Juppé à l'intérieur, ou encore des femmes comme Valérie Pécresse, NKM, Rama Yade, et, bien sûr des personnalités de gauche de premier ordre de l'autre côté.

Si nous devions en arriver là, la situation serait très grave.

Par ailleurs, j'ai de fortes préventions face aux unions nationales et républicaines de toutes sortes : elles laissent le champ libre aux extrêmes pour devenir la seule opposition.

De telles unions ne doivent pas durer longtemps car elles sont contre-nature, et, en leur sein, chacun doit conserver son identité.

Pour ce qui me concerne, j'ai juste le désir de voir l'actuel gouvernement modifier profondément sa ligne économique. Écouter Bayrou est un premier pas. Il n'y a pas de fatalité, seulement de l'impuissance et de la velléité politiques.

Si les Français changent d'avis et commencent à penser que les solutions de Bayrou et du Modem sont les meilleures, qu'ils le fassent savoir dans les urnes lors des prochaines élections, d'autant que ce que nous disons à l'échelle de l'Europe et de la commune est souvent une déclinaison locale de notre programme national. 

08:59 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : hollande, bayrou |  Facebook | | |

dimanche, 07 avril 2013

Trop drôle de voir le PS s'aligner sur une proposition de Bayrou...

Si la situation n'était pas si grave je me laisserais aller à de cinglantes observations envers les Socialistes.

Harlem Désir, 1er secrétaire du PS, sous la pression du scandale, se range donc à l'une des principales propositions de François Bayrou : moraliser la vie publique en passant par la voie référendaire.

Mais il ne fait cette proposition que sous l'effet de la nécessité quand cette dernière était pour Bayrou au coeur de l'action politique.

Allez, un petit flash back : vous rappelez-vous les six premiers mois que Bayrou annonçait s'il devait gouverner ? Non ?

Les voilà : ils sont ici.

Voyons voyons, penchons-nous sur le programme de Bayrou : 10 juin 2012, premier tour des élections législatives, les Français votent par référendum la loi de moralisation de la vie publique.

C'était la première mesure que Bayrou voulait faire passer. C'est dire à quel point il a été, une fois de plus, sage, lucide et visionnaire.

Évidemment, je ne vais pas dire non à la proposition d'Harlem Désir. Je pense même que c'est la meilleure chose que puisse faire le PS car, quelle que soit son impopularité, c'est un vote qu'il peut gagner assez haut la main, ce qui redorerait son blason.

Mais je doute qu'Hollande ait le courage politique nécessaire pour affronter les caciques de son parti. Au cas où il se rangerait toutefois à la proposition de Bayrou, il aura évidemment tout mon soutien. Et probablement celui de beaucoup de sympathisants du MoDem.

En attendant, Bayrou et le MoDem ont bien sûr réitéré leur proposition et appelé les Français à prendre leur destin en mains en signant une pétition à cet effet. Il y a en deux à trois jours près de 28 000 signataires. 

Profond soupir quand je reconsidère le projet politique de Bayrou...Pas de blabla, rien de grandiloquent, mais partout l'essentiel, c'est à dire des mesures pragmatiques, dans le vif du sujet. Des lois pour l'emploi avec le produire en France, des lois pour les entreprises et des lois pour la dette. A cela s'ajoutait une démarche prudente et empirique pour l'école et les fondations institutionnelles avec la loi de moralisation de la vie publique.

Nous sommes coincés, aujourd'hui, avec tout juste deux députés. Mais si les Français s'avisaient de nous soutenir aux prochaines élections, municipales puis européennes, nul doute que notre parole aurait nettement plus de poids, d'autant que les programmes municipaux et européens, même s'ils ont des colorations locales, n'en feront pas moins émerger les mêmes problématiques de fond tant elles traversent tout le territoire national et européen.

00:29 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (33) | Tags : bayrou, désir, modem, ps, moralisation |  Facebook | | |

mercredi, 03 avril 2013

Qu'a dit UBS à Moscovici ?

Je le crains, l'affaire Cahuzac est loin d'être terminée, et l'arbre cache sans doute une forêt plus vaste qu'on ne l'imagine. Je suis désolé, mais j'ai bien l'intention de tirer sur l'ambulance, moi, au contraire du Faucon, parce que Cahuzac et ses amis ne sont pas des ambulances, très loin de là.

Ce que je vois, c'est que l'affaire prend un tour imprévu avec toujours plus de ramifications.

La première chose, c'est que j'aimerais savoir ce qu'UBS a dit à Moscovici. Des documents ont été transmis qui ne sont jamais devenus publics. Soit UBS a démenti la présence d'un compte de Cahuzac chez elle et cette banque a alors menti, soit Moscovici a reçu en temps et en heure des éléments édifiants, et dans ce cas, il a couvert Cahuzac. Et apparemment, à Médiapart, on se pose exactement la même question que moi...

Hollande n'a sans doute pas levé le petit doigt pour défendre Cahuzac, ce qui est bien le moins dans une procédure judiciaire, mais ce n'est pas forcément le cas de tout le monde dans l'entourage de notre exilé fiscal à l'insu de son plein gré. Edwy Plenel, par exemple, assure que tout a été fait pour ralentir l'enquête fiscale. Par qui ?

Ce n'est pas tout : Gonelle affirme que les planques fiscales de Cahuzac étaient connues dans l'administration fiscale dès 2008. On savait et on a soigneusement éludé les questions embarassantes. Question : qui faut-il mettre derrière le "on" que j'emploie, et, précisément, quelles collusions aussi gênantes qu'improbables ?

La grande éclaboussure n'a pas fini de plonger la sphère politique dans la m... Marine Le pen aurait mieux fait d'être prudente : on découvre que Cahuzac était copain comme cochon avec d'anciens Gudards (syndicat étudiant aux sympathies néonazies et/ou vichystes clairement affichées). Et dans le tas, il y en a un reconverti en avocat, conseiller fiscal expert, proche d'Alain Soral et du mouvement facho Égalité et réconciliation, et surtout, conseiller occulte de Marine Le pen.

Hollande veut aller vite en boulot et faire voter en urgence une loi qui interdit à vie tout mandat électif à tout élu corrompu. Ben fais vite, mon gars.

En attendant, moi, je signe la pétition de Bayrou : entre Abus de pouvoir , État d'urgence et Vérité en politique je crois que le Béarnais a clairement balisé les principaux maux dont souffre notre pays...

19:36 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (18) |  Facebook | | |

mardi, 02 avril 2013

Quel beau salaud !

Qu'y-a-t-il de pire que l'enfoiré qui vous fout dans la merde après vous avoir menti comme un arracheur de dents ?

Cahuzac vient de plomber ses amis politiques, son président et son premier ministre qui lui avaient tous fait confiance.

Cet individu s'est permis de jouer la plus sinistre des comédies en jurant ses grands dieux qu'il était victime d'un complot. Et tout ça devant l'Assemblée Nationale. Enfoiré.

Mais le pire n'est pas encore là. Le pire, c'est d'avoir fait de la fraude fiscale son cheval de bataille tout en étant lui-même un fraudeur. Enfoiré.

Il plombe avec lui toute la classe politique, tout du moins, toute celle qui se tient éloigné des extrêmes.

De la vérité en politique, dixit Bayrou. Eh bien il va pouvoir écrire la suite parce qu'il y a du boulot, c'est clair.

En tout cas, ceux qui ont gagné leurs galons de journalisme, c'est Médiapart. Je saurais désormais que lorsqu'ils balancent une information explosive, ils s'appuient sur du dur. Classés dans mes sources journalistiques fiables. J'ai bien fait de prendre un abonnement. Si la crise ne passe pas trop durement chez moi, je le renouvellerai.

Je scrute le spectre politique et j'ai quoi ? Des petits arrangements entre amis à droite et à gauche, des individus qui rêvent de Terreur à l'extrême-gauche (l'idéal politique de Mélenchon), des admirateurs de régimes forts à la chinoise et à la russe à l'extrême-droite (Marine Le pen rêve de réorienter la diplomatie française pour faire copain-copain avec l'oligarchie maffieuse russe et les communistes corrompus et féodaux chinois).

Il me reste quoi ? Ben, y'a Bayrou. Un type modéré,  pas idéologue pour un sou (c'est un des rares en France à ne pas avoir de parti pris idéologique mais à raisonner sur des idées), et surtout honnête. Pas le genre à planquer du fric tout en faisant la leçon aux autres. En fait, pas le genre non plus à en gagner beaucoup de toutes façons...Le fric, ça ne l'intéresse pas.

Le pire n'est peut-être pas encore tombé pour Cahuzac : d'après le Canard de demain, il se pourrait que le million d'euros que Cahuzac avait mis de côté vienne de laboratoires auxquels il aurait rendu des «services» à l'époque où il figurait dans la cabinet de Claude Évin, alors Ministre des Affaires sociales. Enfoiré.

Il y a un dernier point : si comme l'affirme également le Canard, Hollande a laissé pourrir la situation alors qu'il savait depuis fin décembre que Cahuzac mentait, il ne mérite qu'une chose : être viré définitivement en 2017. J'ai encore en mémoire son "Moi j'aime pas les riches de 2007" et son "Nous arrivons" en guise d'avertissement aux «riches» en septembre 2012.

La crise de régime que Bayrou pressent depuis un moment risque bien de se produire plus vite que prévu...

mardi, 26 mars 2013

La gauche compte-t-elle envoyer l'armée au casse-pipe ?

Il y a eu comme un lâche ouf de soulagement au sein du peuple de gauche quand on s'est avisé que la Grande Muette constituait une commode et silencieuse variable d'ajustement budgétaire.

Mais cette fois, la gauche, va trop loin. La Défense n'a cessé de voir sa part diminuer dans le budget national et aujourd'hui la coupe est pleine. Si le gouvernement applique les mesures préconisées par Moscovici il ne restera en France que la dissuasion nucléaire, la gendarmerie et les forces spéciales.

Cela m'exaspère d'entendre le Président Hollande donner des missions à nos forces alors qu'il les désosse. Quand les technocrates de toutes sortes décident d'appliquer leur tambouille, ils ont toujours des mots savants et fleuris pour mieux tromper l'opinion. En matière de défense, on appelle cela un livre blanc.

Je m'exaspère de voir condamner l'armée simplement parce que le gouvernement socialiste n'a pas la moindre détermination pour commencer à réduire nos dépenses. Plutôt que de renoncer à ses créations de postes, à ses réformes coûteuses, à ses contrats d'avenir, à ses comités Théodule, aux divisions administratives dispendieuses et inutiles de notre territoire, aux cumuls de toutes sortes, aux postes pour les copains planqués, il préfère laminer les rouages essentiels du pays.

Politique minable servie par un gouvernement minable. Pas de vision, pas d'idées, pas de volonté mais de la servilité.

J'ai toujours eu du mal avec la gauche réformiste. En théorie, c'est ce qui devrait se trouver le plus proche de moi puisque je suis centriste. Mais son européisme technocratique, sa bonne conscience dégoûlinante, son hypocrisie satisfaite, sa générosité toute nourrie de l'égoïsme forcené de ses fidèles, sa malhonnêteté, sa certitude de détenir la vérité, son mépris du petit peuple, son amour immodéré du mondialisme, l'internationalisation de sa bourgeoisie qui ne connaît plus de frontières, son affection idéologique pour le métissage contre toute forme d'identité, sa haine de la tradition, son amour du mensonge, tout cela me la rend littéralement odieuse.

A cela, il faut ajouter sa collusion avec les administrations technocratiques et satisfaites d'elles-mêmes. On accueille le premiers dans l'État aux drapeaux et aux clairons dans les casernes pendant qu'ils méditent un dernier coup pour perdre l'hôte du jour.

Il paraît que la France veut se limiter à la seule défense de nos intérêts vitaux en Afrique. Mais bientôt, nous ne serons plus même en état de les assurer.

Quand on prétend pouvoir donner de la voix au Conseil de Sécurité de l'ONU comme permanent, on assume. Sinon, on démissionne.

Bref, Moscovici et consorts s'apprêtent à causer des dommages irrémédiables à notre Défense. La Socialiste Patrica Adam tire la sonnette d'alarme : eh bien qu'elle assume ses craintes et vote contre tout budget qui adopterait le projet que concocte l'équipe de Moscovici. Si on veut être crédible, quand on prétend avoir des idées et des valeurs, il faut aller jusqu'au bout.

23:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : défense, armée |  Facebook | | |

samedi, 23 mars 2013

Le MoDem se dote d'un programme

Je ne passe pas tous les jours sur le site du Mouvement Démocrate, mais, à intervalles plus ou moins réguliers, je vais y faire un tour. Eh bien il y a eu des changements depuis dimanche dernier. Le Mouvement Démocrate se décide enfin à faire évoluer son logiciel et à se doter d'un programme mis à jour. Exit le Projet humaniste (bon débarras) et bienvenue au nouveau projet tout droit issu du programme de François Bayrou lors de la dernière présidentielle.

Le projet dispose désormais d'un onglet dédié sur le site du parti, ouvrant sur six items eux-mêmes subdivisés en de nombreuses propositions.

Je suis très satisfait de voir y figurer des propositions que j'avais appelées à cors à et cris pendant la campagne présidentielle. Par exemple, la promotion de circuits courts via la création d'un nouveau type d'entreprise qui bénéficierait d'une fiscalité spécifique incitative.

Au chapitre Finance, je suggérerais de rétablir la proposition suivante  de Bayrou dans son État d'urgence : permettre au capital-risque de déduire ses pertes de ses ponctions fiscales afin de relancer l'investissement. C'était une idée originale et bien pensée.

Du côté de l'énergie et du développement durable, il y a une idée intéressante, mais elle suppose de convaincre nos partenaires européens : créer un consortium du niveau d'EADS dans la production d'énergies renouvelables. 

Je crois que nous percevons clairement, au MoDem, le danger que le nucléaire fait peser sur nos têtes. Les mesures de sécurité qu'EDF met en place ne concernent que des situations ordinaires. Je n'ose imaginer ce qu'il se produidait en cas d'accident grave. Le programme du MoDem parle d'énergie de transition. Plus courte sera la transition, plus tranquille je serai, à titre personnel.

Je suis satisfait, du côté de l'école, de voir enfin les priorités à peu près affichées (il reste encore cette histoire de rythmes scolaires qui demeurent surnuméraires à mes yeux) avec une proposition qui me tient à coeur et que je promeus à titre personnel depuis fort longtemps : la mise en place au lycée d'une filière scientifique et littéraire. Enfin une force dans la sphère politique et éducative pour comprendre que sciences et lettres ne s'opposent pas mais se complètent bien au contraire.

Je suis également très content de voir figurer au chapitre culture la volonté de mettre en oeuvre une politique déterminée pour promouvoir la francophonie. Encore quelque chose qui me tient à coeur depuis longtemps. Il faudrait en revanche assortir cette proposition de mesures plus concrètes (une politique spécifique pour les Alliances françaises, par exemple).

Cela deviendrait long de passer en revue la totalité du programme et de ses entrées, mais je suis évidemment satisfait de disposer enfin d'une base de référence pour engager des contre-propositions et effectuer d'éventuelles comparaisons.

En refondant son site et son programme, le MoDem s'est doté d'un outil essentiel sur le chemin de sa refondation.

02:27 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : modem, programme |  Facebook | | |

dimanche, 17 mars 2013

Le FN flamboie, le MoDem cherche son ADN

Cela fait un moment que les signes anonciateurs d'une grande poussée du Front National se multiplient. Il y a deux ans, déjà, dans un sondage,  50% des sympathisants de l'UMP admettaient tout à fait l'idée d'une alliance avec le FN. Puis, la côte de popularité de Marine Le pen n'a cessé de grimper au point d'en faire la femme politique la plus populaire en France dans un autre sondage il y a peu. Marine Le pen a fait muter son parti pour en faire un mouvement populiste, capable de râtisser bien plus large que l'extrême-droite traditionnelle. La situation économique et sociale favorise plus que jamais un vote contestataire. Enfin, depuis 20 ans, la gauche ignore les préoccupations de l'électorat Front National, et la droite ne vise qu'à les récupérer sans y apporter de réponses. La récente législative partielle dans l'Oise qui se conclut ce soir par un duel UMP-Fn au second tour est un nouveau craquement dans la sphère politique que nous ne devons pas ignorer.

On peut toujours combattre le FN à coups de bons sentiments mais je n'y crois guère. La seule manière de faire reculer le populisme, c'est d'offrir à son électorat une alternative crédible.

Pour cela, il faut et donner un espoir et ne pas mentir. Ne pas mentir, je crois que sur cette ligne, Bayrou est incontestable depuis toujours. Je crois le MoDem de bonne volonté, mais, si, sans nul doute, il relaie le discours de son président, il ne donne aucun espoir. 

Il ne donne aucun espoir parce qu'il n'a pas de substance. Pas d'ADN. Rien qui l'identifie autre que Bayrou, et encore. Le malheur, c'est de ne jamais être parvenu à dépasser l'horizon médiocrissime du projet humaniste.

Aujourd'hui, on ne peut pas emporter des élections avec de bons sentiments. J'attends du MoDem des projets décapants et corrosifs, pas des théories fumeuses et et des indignations parisiennes.

Nous devrions, me semble-t-il, réécrire notre projet pour affiner nos réponses et en apporter de nouvelles à la crise que nous vivons. Je pense, notamment, que nous devons évoquer clairement la mondialisation. Il nous a été claironné de longues années qu'elle était une chance. Je commence à en douter sérieusement. Quand il y a des échanges qui sont équitables, des règles qui sont claires et transparentes, que les États ne vivent pas dans la connivence avec de gros oligopoles, je ne doute pas des vertus du libre-échange mais il n'y a rien de tel dans le monde où nous vivons. 

Nous devrions être plus radicaux dans nos jugements, nos propositions et nos idées et refuser catégoriquement, sans compromis, l'absence d'équité. La transparence intégrale, comme elle existe par exemple sur Internet, devrait devenir la condition sine qua non de nos accords commerciaux et nous, démocrates et libéraux du MoDem, devrions-nous en faire les chantres.

Ce ne peut être un eurocrate de Bruxelles ou de l'OMC qui fixe nos normes dans ce domaine. Parce que nous voulons construire l'Europe, nous pouvons l'accepter de parlementaires européens démocratiquement élus mais d'aucun autre individu. Et même ainsi, la France peut et doit rester souveraine s'il s'avérait qu'on lui imposât, fût-ce par un vote démocratique, des règles inacceptables.

Je voudrais voir le MoDem porter ce discours et cette idée d'une autre Europe, d'un autre monde. Je voudrais voir en notre parti les défenseurs ardents et intransigeants de la démocratie. 

Nous devons sortir du commentaire et de l'imprécation dans lesquelles nous nous complaisons quasiment depuis notre création et tenir à la disposition des Français une contre-proposition pour chaque mesure gouvernementale, pour chaque atteinte à notre cohésion nationale.

C'est ce que j'attendais de notre Shadow Cabinet, or, il n'a jamais été en mesure de remplir ce rôle vital, et, nous nous sommes éteints doucement.

Nous ne devons pas laisser le monopole de l'alternative au Front National. Mais cela implique de changer de logiciel et d'habitus dans son sens le plus aristotélicien qui soit.

Le chemin est long mais l'enjeu magnifique.

23:34 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : modem, fn |  Facebook | | |

vendredi, 15 mars 2013

Budget militaire en baisse, envoi d'armes en Syrie ?

Le gouvernement Ayrault est foncièrement incohérent avec le budget de la Défense que Moscovici veut saigner sans états d'âme.

J'entends qu'il est question de baisser la part dévolue à notre défense nationale à un niveau historiquement bas et, dans le même temps, Hollande veut envoyer des armes en Syrie ???????

Il faut au moins mettre en cohérence les actes et les déclarations. On n'envoie pas d'armes à l'étranger quand on n'est soi-même pas capable d'équiper ses propres forces faute d'allocation des fonds nécessaires.

Si Hollande veut jouer au Grand de ce monde, qu'il s'en donne au moins les moyens.

Un tiers des Français est prêt à sacrifier en priorité notre Défense pour faire des économies. Quelle inconséquence ! En-dessous d'un certain seuil, nous ne serons plus en mesure de monter des opérations de secours pour récupérer des Français en danger à l'étranger, et pas davantage en état de disposer d'un renseignement efficace faute de moyens.

Nous ne devrions pas mettre en danger nos fonctions régaliennes. L'Armée, c'est vraiment la facilité de taper dessus, elle ne dit jamais rien par tradition d'obéissance au pouvoir politique.

Nous risquons de sacrifier notre industrie d'armement et notre défense parce que l'actuel gouvernement est incapable d'aller ponctionner les fonds là où ils sont gaspillés au sein de nos diverses administrations. 

C'est inadmissible. C'est écoeurant de malhonnêteté. Depuis de nombreuses années, les dirigeants politiques français utilisent l'armée pour redorer leur blason et dans le même temps, ils n'en laissent que le squelette. On en est désormais à ronger les os...

jeudi, 14 mars 2013

Choix budgétaires : les Socialistes au bord du gouffre

Pendant la campagne présidentielle le magazine Le point avait accordé en une à François Bayrou le titre de prophète. Ce dernier avait averti que la Grèce n'était pas si loin de la France. Nous y sommes. Bayrou n'a pas gagné les élections parce qu'on ne veut jamais admettres les prophéties des devins. Ni Oedipe ni Créon n'ont voulu croire Tirésias ni les Troyens n'ont  voulu croire Cassandre qu'ils prenaient pour une folle ni Sodome n'a écouté Abraham venu l'avertir de ses péchés. Tous ont payé cher leur aveuglement.

Les Français qui ont cru aux promesses des Socialistes (mais aussi à celles de l'UMP) vont désormais le payer cash.

Notre Défense va subir un désastre renvoyant plusieurs de nos défaites militaires à des feux de paille : une apocalypse budgétaire.

Les pacifistes soufflent déjà en poussant un "ouf" sans imaginer que nul ne viendra les sauver quand ils viendront faire du bobo-tourisme dans des pays instables.

Mais la Défense, si j'en crois les projections du Canard Enchaîné ne va pas être la seule à morfler sévèrement : il y a des sueurs froides à Bercy car on y est contraint d'admettre qu'il va falloir toucher aux prestations sociales des Français. Sans parler des tiroirs qu'il va falloir râcler partout ailleurs. Sauf que, cette fois, les économies sur les gommes, cela ne va pas suffire...

Il serait très sage d'abandonner immédiatement les 60 000 postes de l'Éducation Nationale et de se contenter, disons, de 20 000 au plus (tiens, c'est ce que prévoyait Bayrou, au fait...). Il faut mettre fin à tous les comités Théodule. Il n'est pas supportable que des experts inutiles en tout genre continuent à s'engraisser sur le dos de la fiscalité française pendant que notre armée, notre école et les Français les plus modestes vont devoir souffrir.

2014 va être une année terrible. Les Socialistes savent qu'ils n'ont pas le choix. J'invite depuis longtemps le MoDem à se désolidariser de la gauche parce que nous ne devons pas nous allier avec des gens qui mentent sciemment et promettent n'importe quoi aux Français pour se faire élire.

«Quitte à déranger, il faut dire la vérité» écrit Bayrou dans son dernier ouvrage, De la vérité en politique  et il cite alors Jean Peyrelevade : «Quand on ne dit pas la vérité, on peut être élu, mais on ne peut pas gouverner».

Exactement.

10:27 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : gauche, budget, déficit |  Facebook | | |

dimanche, 24 février 2013

Le FN est-il soluble dans la démocratie ?

La mutation que Marine Le pen a imposé à son parti mérite, me semble-t-il, de me poser une question qui ne m'avait jamais traversé l'esprit tant que Jean-Marie Le pen dirigeait ce parti.

Jean-Marie Le pen, de mon point de vue, est profondément rattaché à l'extrême-droite de l'après-guerre ; celle-là même qui avait collaboré, soutenu le vichysme et dont une partie ne s'était ralliée au Général de Gaulle qu'en 1943 et 1944 voire après-guerre.

Je n'ai jamais eu confiance dans cet homme-là et j'ai toujours été persuadé qu'une fois au pouvoir il aurait au mieux limité au pire supprimé les institutions démocratiques. En aucune circonstance, quel que soit son adversaire il n'eût été envisageable de voter pour lui, même avec un représentant de Lutte Ouvrière ou quelque chose de ce genre en face.

Je continue à me défier grandement du Front National parce que nombre de ses cadres ont accompagné sans états d'âme les dérives infâmantes de cet homme-là.

En revanche, je crois Marine Le pen démocrate sincère, contrairement à son père, et certainement plus droite qu'elle. Oh, bien  sûr, ce n'est à l'évidence pas la même démocratie que la mienne (que penser d'une démocratie dont les principaux alliés seraient la Russie de Poutine et la Chine au parti unique despotique, comme cela figure dans le programme du FN ?) mais une démocratie tout de même. Sans doute avec une très forte composante populiste, évidemment.

Contrairement à son père, Marine Le pen n'est pas obnubilée par l'antisémitisme ou par une quelconque forme de racisme. Je ne le crois pas. Ceci ne l'empêche pas d'appuyer une bonne partie de ses thèses sur un sentiment xénophobe et de chercher ainsi à diviser le pays.

Le souverainisme et le protectionnisme (tout relatif, au demeurant) que prône MLP sont bien sûr aux antipodes du libéralisme centriste que je défends.

Cela dit, si je considère l'opinion que j'ai de MLP, elle est relativement neutre. Je ne me reconnais pas dans la diabolisation infiniment maladroite à laquelle se livre la sphère médiatique à son encontre. Cette diabolisation n'a pas d'objet, n'a pas lieu d'être parce que le projet politique du FN est rentré dans la sphère démocratique et qu'il faut désormais le combattre comme un projet politique et pas autrement.

Je l'ai dit, jamais par le passé, même en pensée, je ne me serais imaginé accorder ma voix à JMLP et ce, dans toutes les circonstances possibles et imaginables. Mais aujourd'hui, si je me pose la même question pour MLP, ma réponse n'est pas négative dans toutes les configurations. Dans tous les duels qui l'opposeraient à un représentant de la sphère modérée de l'espace politique (PS, Verts, MoDem, UDI, UMP et même sans doute PC qui est devenu un parti de gouvernement au fil du temps) elle serait perdante mais, face aux forces qui se situent sur les bords extrêmes, je crois par exemple que je voterais pour MLP plutôt que de laisser passer un représentant du NPA (a fortiori de LO) et tous ses discours haineux contre les "riches" (on est toujours le riche de quelqu'un...).

Si je considère les 60 dernières années, j'observe qu'aucun pays où les communistes ont pris le pouvoir n'est devenu une démocratie mais qu'au contraire la tyrannie s'y est exercée parfois avec une brutalité inouïe comme en Corée du Nord ou au Cambodge. Mais si l'on considère les extrême-droite là où elles ont eu le pouvoir, principalement en Amérique du Sud, le sadisme inconcevable avec lequel leurs polices politiques ont traité leurs opposants est à faire gerber.

Depuis la chute du mur de Berlin, en Europe, les choses ont toutefois évolué : dans plusieurs pays d'Europe occidentale les anciens communistes ont repris le pouvoir, je pense en particulier à la Pologne. Mais ils n'avaient gardé de communistes que le nom et s'étaient mués en partis socialistes ou sociaux-démocrates traditionnels. Il s'est produit à peu près la même chose en Amérique du Sud ou Lula s'est montré un dirigeant social-démocrate exemplaire, de même que Correa, l'actuel dirigeant de l'Équateur, et même Chavez dont j'ai gardé en mémoire la tentative de putsch a, pour sa politique intérieure, globalement respecté son opposition sans user de ses forces intérieures pour la museler.

Pour l'extrême-droite, il y a eu Jorg Haider en Autriche, mais, recadré par l'Europe : il a dû se résoudre à respecter toutes les formes démocratiques. Les frères Kaczynski en Pologne me sont toujours apparus faire partie de cette droite extrême qui s'accomode très facilement des nationalistes et des forces d'extrême-droite en général. En dépit de leurs tentatives, ils ont aussi dû se résoudre à évoluer dans des cadres démocratiques.

Si j'exclus radicalement le NPA c'est que j'ai lu dans leur programme qu'une épuration politique est prévue dans les médias de même qu'un programme d'expropriation. Il y a des choses similaires dans celui du Front de Gauche. Rien de tel dans celui du FN. Voilà pourquoi ces deux partis me paraissent, au moins sur leur base programmatique, bien plus dangereux que le FN. Quant à LO, pour moi, ce sont des Khmers rouges. Les plus idéologues et dangereux, capables de créer des camps de concentration en France. Les pires.

Je ne suis pas certain de savoir ce que je ferais exactement si c'était Mélenchon qui se trouvait en face. Depuis que j'ai lu dans le détail le programme du Front de Gauche, et, après avoir écouté les interventions de Mélenchon (notamment sur Cuba) ces dernières années, je me défie de plus en plus de l'individu.

Bref, qu'un centriste déclare cela, c'est dire la mutation opérée par MLP dans le paysage politique.

De parti à parti, c'est plus difficile : j'ai vraiment une très mauvaise opinion du FN, même face à un candidat NPA. Si le cas de figure se produisait, ce serait à considérer au cas par cas de mon point de vue, et, en principe, face à un candidat front de gauche, il y aurait de bonnes chances que je choisisse le second à condition de ne pas avoir affaire à un chasseur de koulaks (je m'appuierais alors sur ses écrits, ses déclarations et ses prises de distance ou non par rapport au programme de son parti comme a pu le faire par exemple Onfray).

Je pense que le choix se ferait sur la base suivante : tout individu issu de la mouvance skinheads, PFN, négationniste, soralienne, nouvelle droite, grèce et cetera se verrait à peu près assuré d'avoir mon vote contre lui. Mais si en face il devait y avoir des islamo-gauchistes ou des révolutionnaires antisionistes et compagnie, même chose. Bref, ce serait au cas par cas avec une forte probabilité de bulletin blanc compte-tenu du parcours ordinaire des gens qui se trouvent sur ces deux bords.