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mardi, 26 mars 2013

La gauche compte-t-elle envoyer l'armée au casse-pipe ?

Il y a eu comme un lâche ouf de soulagement au sein du peuple de gauche quand on s'est avisé que la Grande Muette constituait une commode et silencieuse variable d'ajustement budgétaire.

Mais cette fois, la gauche, va trop loin. La Défense n'a cessé de voir sa part diminuer dans le budget national et aujourd'hui la coupe est pleine. Si le gouvernement applique les mesures préconisées par Moscovici il ne restera en France que la dissuasion nucléaire, la gendarmerie et les forces spéciales.

Cela m'exaspère d'entendre le Président Hollande donner des missions à nos forces alors qu'il les désosse. Quand les technocrates de toutes sortes décident d'appliquer leur tambouille, ils ont toujours des mots savants et fleuris pour mieux tromper l'opinion. En matière de défense, on appelle cela un livre blanc.

Je m'exaspère de voir condamner l'armée simplement parce que le gouvernement socialiste n'a pas la moindre détermination pour commencer à réduire nos dépenses. Plutôt que de renoncer à ses créations de postes, à ses réformes coûteuses, à ses contrats d'avenir, à ses comités Théodule, aux divisions administratives dispendieuses et inutiles de notre territoire, aux cumuls de toutes sortes, aux postes pour les copains planqués, il préfère laminer les rouages essentiels du pays.

Politique minable servie par un gouvernement minable. Pas de vision, pas d'idées, pas de volonté mais de la servilité.

J'ai toujours eu du mal avec la gauche réformiste. En théorie, c'est ce qui devrait se trouver le plus proche de moi puisque je suis centriste. Mais son européisme technocratique, sa bonne conscience dégoûlinante, son hypocrisie satisfaite, sa générosité toute nourrie de l'égoïsme forcené de ses fidèles, sa malhonnêteté, sa certitude de détenir la vérité, son mépris du petit peuple, son amour immodéré du mondialisme, l'internationalisation de sa bourgeoisie qui ne connaît plus de frontières, son affection idéologique pour le métissage contre toute forme d'identité, sa haine de la tradition, son amour du mensonge, tout cela me la rend littéralement odieuse.

A cela, il faut ajouter sa collusion avec les administrations technocratiques et satisfaites d'elles-mêmes. On accueille le premiers dans l'État aux drapeaux et aux clairons dans les casernes pendant qu'ils méditent un dernier coup pour perdre l'hôte du jour.

Il paraît que la France veut se limiter à la seule défense de nos intérêts vitaux en Afrique. Mais bientôt, nous ne serons plus même en état de les assurer.

Quand on prétend pouvoir donner de la voix au Conseil de Sécurité de l'ONU comme permanent, on assume. Sinon, on démissionne.

Bref, Moscovici et consorts s'apprêtent à causer des dommages irrémédiables à notre Défense. La Socialiste Patrica Adam tire la sonnette d'alarme : eh bien qu'elle assume ses craintes et vote contre tout budget qui adopterait le projet que concocte l'équipe de Moscovici. Si on veut être crédible, quand on prétend avoir des idées et des valeurs, il faut aller jusqu'au bout.

23:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : défense, armée |  Facebook | | |

samedi, 23 mars 2013

Le MoDem se dote d'un programme

Je ne passe pas tous les jours sur le site du Mouvement Démocrate, mais, à intervalles plus ou moins réguliers, je vais y faire un tour. Eh bien il y a eu des changements depuis dimanche dernier. Le Mouvement Démocrate se décide enfin à faire évoluer son logiciel et à se doter d'un programme mis à jour. Exit le Projet humaniste (bon débarras) et bienvenue au nouveau projet tout droit issu du programme de François Bayrou lors de la dernière présidentielle.

Le projet dispose désormais d'un onglet dédié sur le site du parti, ouvrant sur six items eux-mêmes subdivisés en de nombreuses propositions.

Je suis très satisfait de voir y figurer des propositions que j'avais appelées à cors à et cris pendant la campagne présidentielle. Par exemple, la promotion de circuits courts via la création d'un nouveau type d'entreprise qui bénéficierait d'une fiscalité spécifique incitative.

Au chapitre Finance, je suggérerais de rétablir la proposition suivante  de Bayrou dans son État d'urgence : permettre au capital-risque de déduire ses pertes de ses ponctions fiscales afin de relancer l'investissement. C'était une idée originale et bien pensée.

Du côté de l'énergie et du développement durable, il y a une idée intéressante, mais elle suppose de convaincre nos partenaires européens : créer un consortium du niveau d'EADS dans la production d'énergies renouvelables. 

Je crois que nous percevons clairement, au MoDem, le danger que le nucléaire fait peser sur nos têtes. Les mesures de sécurité qu'EDF met en place ne concernent que des situations ordinaires. Je n'ose imaginer ce qu'il se produidait en cas d'accident grave. Le programme du MoDem parle d'énergie de transition. Plus courte sera la transition, plus tranquille je serai, à titre personnel.

Je suis satisfait, du côté de l'école, de voir enfin les priorités à peu près affichées (il reste encore cette histoire de rythmes scolaires qui demeurent surnuméraires à mes yeux) avec une proposition qui me tient à coeur et que je promeus à titre personnel depuis fort longtemps : la mise en place au lycée d'une filière scientifique et littéraire. Enfin une force dans la sphère politique et éducative pour comprendre que sciences et lettres ne s'opposent pas mais se complètent bien au contraire.

Je suis également très content de voir figurer au chapitre culture la volonté de mettre en oeuvre une politique déterminée pour promouvoir la francophonie. Encore quelque chose qui me tient à coeur depuis longtemps. Il faudrait en revanche assortir cette proposition de mesures plus concrètes (une politique spécifique pour les Alliances françaises, par exemple).

Cela deviendrait long de passer en revue la totalité du programme et de ses entrées, mais je suis évidemment satisfait de disposer enfin d'une base de référence pour engager des contre-propositions et effectuer d'éventuelles comparaisons.

En refondant son site et son programme, le MoDem s'est doté d'un outil essentiel sur le chemin de sa refondation.

02:27 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : modem, programme |  Facebook | | |

dimanche, 17 mars 2013

Le FN flamboie, le MoDem cherche son ADN

Cela fait un moment que les signes anonciateurs d'une grande poussée du Front National se multiplient. Il y a deux ans, déjà, dans un sondage,  50% des sympathisants de l'UMP admettaient tout à fait l'idée d'une alliance avec le FN. Puis, la côte de popularité de Marine Le pen n'a cessé de grimper au point d'en faire la femme politique la plus populaire en France dans un autre sondage il y a peu. Marine Le pen a fait muter son parti pour en faire un mouvement populiste, capable de râtisser bien plus large que l'extrême-droite traditionnelle. La situation économique et sociale favorise plus que jamais un vote contestataire. Enfin, depuis 20 ans, la gauche ignore les préoccupations de l'électorat Front National, et la droite ne vise qu'à les récupérer sans y apporter de réponses. La récente législative partielle dans l'Oise qui se conclut ce soir par un duel UMP-Fn au second tour est un nouveau craquement dans la sphère politique que nous ne devons pas ignorer.

On peut toujours combattre le FN à coups de bons sentiments mais je n'y crois guère. La seule manière de faire reculer le populisme, c'est d'offrir à son électorat une alternative crédible.

Pour cela, il faut et donner un espoir et ne pas mentir. Ne pas mentir, je crois que sur cette ligne, Bayrou est incontestable depuis toujours. Je crois le MoDem de bonne volonté, mais, si, sans nul doute, il relaie le discours de son président, il ne donne aucun espoir. 

Il ne donne aucun espoir parce qu'il n'a pas de substance. Pas d'ADN. Rien qui l'identifie autre que Bayrou, et encore. Le malheur, c'est de ne jamais être parvenu à dépasser l'horizon médiocrissime du projet humaniste.

Aujourd'hui, on ne peut pas emporter des élections avec de bons sentiments. J'attends du MoDem des projets décapants et corrosifs, pas des théories fumeuses et et des indignations parisiennes.

Nous devrions, me semble-t-il, réécrire notre projet pour affiner nos réponses et en apporter de nouvelles à la crise que nous vivons. Je pense, notamment, que nous devons évoquer clairement la mondialisation. Il nous a été claironné de longues années qu'elle était une chance. Je commence à en douter sérieusement. Quand il y a des échanges qui sont équitables, des règles qui sont claires et transparentes, que les États ne vivent pas dans la connivence avec de gros oligopoles, je ne doute pas des vertus du libre-échange mais il n'y a rien de tel dans le monde où nous vivons. 

Nous devrions être plus radicaux dans nos jugements, nos propositions et nos idées et refuser catégoriquement, sans compromis, l'absence d'équité. La transparence intégrale, comme elle existe par exemple sur Internet, devrait devenir la condition sine qua non de nos accords commerciaux et nous, démocrates et libéraux du MoDem, devrions-nous en faire les chantres.

Ce ne peut être un eurocrate de Bruxelles ou de l'OMC qui fixe nos normes dans ce domaine. Parce que nous voulons construire l'Europe, nous pouvons l'accepter de parlementaires européens démocratiquement élus mais d'aucun autre individu. Et même ainsi, la France peut et doit rester souveraine s'il s'avérait qu'on lui imposât, fût-ce par un vote démocratique, des règles inacceptables.

Je voudrais voir le MoDem porter ce discours et cette idée d'une autre Europe, d'un autre monde. Je voudrais voir en notre parti les défenseurs ardents et intransigeants de la démocratie. 

Nous devons sortir du commentaire et de l'imprécation dans lesquelles nous nous complaisons quasiment depuis notre création et tenir à la disposition des Français une contre-proposition pour chaque mesure gouvernementale, pour chaque atteinte à notre cohésion nationale.

C'est ce que j'attendais de notre Shadow Cabinet, or, il n'a jamais été en mesure de remplir ce rôle vital, et, nous nous sommes éteints doucement.

Nous ne devons pas laisser le monopole de l'alternative au Front National. Mais cela implique de changer de logiciel et d'habitus dans son sens le plus aristotélicien qui soit.

Le chemin est long mais l'enjeu magnifique.

23:34 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : modem, fn |  Facebook | | |

vendredi, 15 mars 2013

Budget militaire en baisse, envoi d'armes en Syrie ?

Le gouvernement Ayrault est foncièrement incohérent avec le budget de la Défense que Moscovici veut saigner sans états d'âme.

J'entends qu'il est question de baisser la part dévolue à notre défense nationale à un niveau historiquement bas et, dans le même temps, Hollande veut envoyer des armes en Syrie ???????

Il faut au moins mettre en cohérence les actes et les déclarations. On n'envoie pas d'armes à l'étranger quand on n'est soi-même pas capable d'équiper ses propres forces faute d'allocation des fonds nécessaires.

Si Hollande veut jouer au Grand de ce monde, qu'il s'en donne au moins les moyens.

Un tiers des Français est prêt à sacrifier en priorité notre Défense pour faire des économies. Quelle inconséquence ! En-dessous d'un certain seuil, nous ne serons plus en mesure de monter des opérations de secours pour récupérer des Français en danger à l'étranger, et pas davantage en état de disposer d'un renseignement efficace faute de moyens.

Nous ne devrions pas mettre en danger nos fonctions régaliennes. L'Armée, c'est vraiment la facilité de taper dessus, elle ne dit jamais rien par tradition d'obéissance au pouvoir politique.

Nous risquons de sacrifier notre industrie d'armement et notre défense parce que l'actuel gouvernement est incapable d'aller ponctionner les fonds là où ils sont gaspillés au sein de nos diverses administrations. 

C'est inadmissible. C'est écoeurant de malhonnêteté. Depuis de nombreuses années, les dirigeants politiques français utilisent l'armée pour redorer leur blason et dans le même temps, ils n'en laissent que le squelette. On en est désormais à ronger les os...

jeudi, 14 mars 2013

Choix budgétaires : les Socialistes au bord du gouffre

Pendant la campagne présidentielle le magazine Le point avait accordé en une à François Bayrou le titre de prophète. Ce dernier avait averti que la Grèce n'était pas si loin de la France. Nous y sommes. Bayrou n'a pas gagné les élections parce qu'on ne veut jamais admettres les prophéties des devins. Ni Oedipe ni Créon n'ont voulu croire Tirésias ni les Troyens n'ont  voulu croire Cassandre qu'ils prenaient pour une folle ni Sodome n'a écouté Abraham venu l'avertir de ses péchés. Tous ont payé cher leur aveuglement.

Les Français qui ont cru aux promesses des Socialistes (mais aussi à celles de l'UMP) vont désormais le payer cash.

Notre Défense va subir un désastre renvoyant plusieurs de nos défaites militaires à des feux de paille : une apocalypse budgétaire.

Les pacifistes soufflent déjà en poussant un "ouf" sans imaginer que nul ne viendra les sauver quand ils viendront faire du bobo-tourisme dans des pays instables.

Mais la Défense, si j'en crois les projections du Canard Enchaîné ne va pas être la seule à morfler sévèrement : il y a des sueurs froides à Bercy car on y est contraint d'admettre qu'il va falloir toucher aux prestations sociales des Français. Sans parler des tiroirs qu'il va falloir râcler partout ailleurs. Sauf que, cette fois, les économies sur les gommes, cela ne va pas suffire...

Il serait très sage d'abandonner immédiatement les 60 000 postes de l'Éducation Nationale et de se contenter, disons, de 20 000 au plus (tiens, c'est ce que prévoyait Bayrou, au fait...). Il faut mettre fin à tous les comités Théodule. Il n'est pas supportable que des experts inutiles en tout genre continuent à s'engraisser sur le dos de la fiscalité française pendant que notre armée, notre école et les Français les plus modestes vont devoir souffrir.

2014 va être une année terrible. Les Socialistes savent qu'ils n'ont pas le choix. J'invite depuis longtemps le MoDem à se désolidariser de la gauche parce que nous ne devons pas nous allier avec des gens qui mentent sciemment et promettent n'importe quoi aux Français pour se faire élire.

«Quitte à déranger, il faut dire la vérité» écrit Bayrou dans son dernier ouvrage, De la vérité en politique  et il cite alors Jean Peyrelevade : «Quand on ne dit pas la vérité, on peut être élu, mais on ne peut pas gouverner».

Exactement.

10:27 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : gauche, budget, déficit |  Facebook | | |

dimanche, 24 février 2013

Le FN est-il soluble dans la démocratie ?

La mutation que Marine Le pen a imposé à son parti mérite, me semble-t-il, de me poser une question qui ne m'avait jamais traversé l'esprit tant que Jean-Marie Le pen dirigeait ce parti.

Jean-Marie Le pen, de mon point de vue, est profondément rattaché à l'extrême-droite de l'après-guerre ; celle-là même qui avait collaboré, soutenu le vichysme et dont une partie ne s'était ralliée au Général de Gaulle qu'en 1943 et 1944 voire après-guerre.

Je n'ai jamais eu confiance dans cet homme-là et j'ai toujours été persuadé qu'une fois au pouvoir il aurait au mieux limité au pire supprimé les institutions démocratiques. En aucune circonstance, quel que soit son adversaire il n'eût été envisageable de voter pour lui, même avec un représentant de Lutte Ouvrière ou quelque chose de ce genre en face.

Je continue à me défier grandement du Front National parce que nombre de ses cadres ont accompagné sans états d'âme les dérives infâmantes de cet homme-là.

En revanche, je crois Marine Le pen démocrate sincère, contrairement à son père, et certainement plus droite qu'elle. Oh, bien  sûr, ce n'est à l'évidence pas la même démocratie que la mienne (que penser d'une démocratie dont les principaux alliés seraient la Russie de Poutine et la Chine au parti unique despotique, comme cela figure dans le programme du FN ?) mais une démocratie tout de même. Sans doute avec une très forte composante populiste, évidemment.

Contrairement à son père, Marine Le pen n'est pas obnubilée par l'antisémitisme ou par une quelconque forme de racisme. Je ne le crois pas. Ceci ne l'empêche pas d'appuyer une bonne partie de ses thèses sur un sentiment xénophobe et de chercher ainsi à diviser le pays.

Le souverainisme et le protectionnisme (tout relatif, au demeurant) que prône MLP sont bien sûr aux antipodes du libéralisme centriste que je défends.

Cela dit, si je considère l'opinion que j'ai de MLP, elle est relativement neutre. Je ne me reconnais pas dans la diabolisation infiniment maladroite à laquelle se livre la sphère médiatique à son encontre. Cette diabolisation n'a pas d'objet, n'a pas lieu d'être parce que le projet politique du FN est rentré dans la sphère démocratique et qu'il faut désormais le combattre comme un projet politique et pas autrement.

Je l'ai dit, jamais par le passé, même en pensée, je ne me serais imaginé accorder ma voix à JMLP et ce, dans toutes les circonstances possibles et imaginables. Mais aujourd'hui, si je me pose la même question pour MLP, ma réponse n'est pas négative dans toutes les configurations. Dans tous les duels qui l'opposeraient à un représentant de la sphère modérée de l'espace politique (PS, Verts, MoDem, UDI, UMP et même sans doute PC qui est devenu un parti de gouvernement au fil du temps) elle serait perdante mais, face aux forces qui se situent sur les bords extrêmes, je crois par exemple que je voterais pour MLP plutôt que de laisser passer un représentant du NPA (a fortiori de LO) et tous ses discours haineux contre les "riches" (on est toujours le riche de quelqu'un...).

Si je considère les 60 dernières années, j'observe qu'aucun pays où les communistes ont pris le pouvoir n'est devenu une démocratie mais qu'au contraire la tyrannie s'y est exercée parfois avec une brutalité inouïe comme en Corée du Nord ou au Cambodge. Mais si l'on considère les extrême-droite là où elles ont eu le pouvoir, principalement en Amérique du Sud, le sadisme inconcevable avec lequel leurs polices politiques ont traité leurs opposants est à faire gerber.

Depuis la chute du mur de Berlin, en Europe, les choses ont toutefois évolué : dans plusieurs pays d'Europe occidentale les anciens communistes ont repris le pouvoir, je pense en particulier à la Pologne. Mais ils n'avaient gardé de communistes que le nom et s'étaient mués en partis socialistes ou sociaux-démocrates traditionnels. Il s'est produit à peu près la même chose en Amérique du Sud ou Lula s'est montré un dirigeant social-démocrate exemplaire, de même que Correa, l'actuel dirigeant de l'Équateur, et même Chavez dont j'ai gardé en mémoire la tentative de putsch a, pour sa politique intérieure, globalement respecté son opposition sans user de ses forces intérieures pour la museler.

Pour l'extrême-droite, il y a eu Jorg Haider en Autriche, mais, recadré par l'Europe : il a dû se résoudre à respecter toutes les formes démocratiques. Les frères Kaczynski en Pologne me sont toujours apparus faire partie de cette droite extrême qui s'accomode très facilement des nationalistes et des forces d'extrême-droite en général. En dépit de leurs tentatives, ils ont aussi dû se résoudre à évoluer dans des cadres démocratiques.

Si j'exclus radicalement le NPA c'est que j'ai lu dans leur programme qu'une épuration politique est prévue dans les médias de même qu'un programme d'expropriation. Il y a des choses similaires dans celui du Front de Gauche. Rien de tel dans celui du FN. Voilà pourquoi ces deux partis me paraissent, au moins sur leur base programmatique, bien plus dangereux que le FN. Quant à LO, pour moi, ce sont des Khmers rouges. Les plus idéologues et dangereux, capables de créer des camps de concentration en France. Les pires.

Je ne suis pas certain de savoir ce que je ferais exactement si c'était Mélenchon qui se trouvait en face. Depuis que j'ai lu dans le détail le programme du Front de Gauche, et, après avoir écouté les interventions de Mélenchon (notamment sur Cuba) ces dernières années, je me défie de plus en plus de l'individu.

Bref, qu'un centriste déclare cela, c'est dire la mutation opérée par MLP dans le paysage politique.

De parti à parti, c'est plus difficile : j'ai vraiment une très mauvaise opinion du FN, même face à un candidat NPA. Si le cas de figure se produisait, ce serait à considérer au cas par cas de mon point de vue, et, en principe, face à un candidat front de gauche, il y aurait de bonnes chances que je choisisse le second à condition de ne pas avoir affaire à un chasseur de koulaks (je m'appuierais alors sur ses écrits, ses déclarations et ses prises de distance ou non par rapport au programme de son parti comme a pu le faire par exemple Onfray).

Je pense que le choix se ferait sur la base suivante : tout individu issu de la mouvance skinheads, PFN, négationniste, soralienne, nouvelle droite, grèce et cetera se verrait à peu près assuré d'avoir mon vote contre lui. Mais si en face il devait y avoir des islamo-gauchistes ou des révolutionnaires antisionistes et compagnie, même chose. Bref, ce serait au cas par cas avec une forte probabilité de bulletin blanc compte-tenu du parcours ordinaire des gens qui se trouvent sur ces deux bords.

mercredi, 20 février 2013

Réforme carcérale : il y aurait un principe pourtant simple

Je ne puis que me joindre à mon confrère Hashtable : je suis littéralement saisi par le pseudo-consensus que Taubira, idéologue s'il en est, cherche à faire passer pour une vérité révélée à propos de la politique carcérale de la France.

Taubira se prend pour Victor Hugo : ouvrez les prisons et puis c'est tout. Libérons aussi Dutroux tant qu'on y est.

Taubira constate que les délinquants qui passent par la case prison sont encore plus violents en sortant de cellule. La logique voudrait que l'on s'attachât à réformer les prisons et à les remettre en ordre. Taubira a trouvé mieux : supprimons les prisons, ainsi, plus de problèmes... On ne s'étonne pas qu'avec un tel message laxiste la délinquance explose dans certaines grosses métropoles, au hasard à Paris, par exemple.

Il y aurait pourtant quelques principes simples à appliquer : 

- séparer la délinquance violente de la délinquance non-violente : prison pour les premiers, bracelet électronique et/ou assignation à domicile avec contrôle judiciaire pour les seconds en règle générale.

- amendes accrues pour les récidivistes non-violents et saisie progressive de leurs biens (je pense aux conducteurs alcooliques, entre autres)

- répression impitoyable des viols et des actes de barbarie avec perpétuité réelle sans aucune liberté conditionnelle d'aucune forme.

- une cellule par prisonnier, fût-elle de 4m2.

Cela me paraît simple. Mais cela ne risque pas d'effleurer l'esprit de Taubira pour laquelle les criminels de toutes sortes sont forcément des "pauvres victimes de la société"...

Je suis étonné qu'on ait salué Taubira après la loi sur le mariage pour tous : elle était taillée pour ce rôle non par sa compétence mais parce que l'on savait que son obstination bornée, son appétence pour l'idéologie, son immodéré goût pour le progressisme bien-pensant et si possible repentant faisaient d'elle la martyre idéale pour ce rôle du point de vue de la gauche.

lundi, 11 février 2013

Limiter les paiements en espèces ? Débile !

BANG ! Ça, c 'est juste le mur du çon qui vient d'être explosé haut la main par Ayrault et les Socialos.

La dernière trouvaille ? Interdire les paiements en espèce supérieurs à 1000 euros. Non seulement c'est crétin au possible parce que c'est une entrave aux échanges et à la libre circulation des biens, mais en plus, il ya une volonté toute totalitaire bien caractéristique des idéologies étatistes, de traquer et fliquer tout ce que font les gens.

Personnellement, j'utilise de temps à autre ma carte bleue, mais dans l'ensemble, je n'aime pas l'idée que l'on puisse suivre à la trace les dépenses que je fais et leur répartition.

Je conçois qu'on veuille lutter contre la fraude fiscale, mais cela ne doit pas justifier de fliquer le citoyen à la culotte jusque dans les détails de sa vie personnelle. 

Il faut cesser d'être ridicule : 1000 euros en espèce, on est loin d'être dans la sphère de la fraude fiscale. C'est le prix d'un très bon ordinateur portable de 17 pouces. 

On peut encore être libre de régler comme on l'entend ses achats dans ce pays ou non ? 

Ce gouvernement ne sait plus quoi imaginer pour emm... le citoyen ordinaire. Le seul domaine où en revanche, il manque radicalement de la plus petite once d'imagination c'est celui de la réduction de la dépense publique...

mardi, 29 janvier 2013

Tu fais quoi François ?

Je ne comprends pas Bayrou depuis peu : après une présidentielle dans laquelle il avait eu l'intelligence de remuer des thèmes essentiels, depuis son vote pour François Hollande, le voilà devenu insipide.

Il avait fait des filières courtes et du made in France son principal thème de campagne, mais depuis, il ne dit plus rien ou, du moins, plus rien d'intéressant sur le sujet.

Le voilà réduit au rôle d'un simple commentateur de l'actualité distribuant les bons points çà et là. Plus une propositon, pas d'idées nouvelles, toute forme de critique décapante étant passée à la trappe.

Bon sang, remue-toi, François : le MoDem se meurt dans une soporifique langueur, électro-encéphalogramme bientôt plat.

Il y en a pourtant des choses à dire : j'attendais Bayrou sur la fiscalité, sur le capital-risque, sur la folie normative des cadres juridiques français qui étouffe toute initiative, sur l'Europe avec autre chose que des déclarations d'intention (du genre, l'Europe est dans notre code génétique : il ne suffit pas de le dire, il faut le prouver avec des propositons décapantes). 

Au lieu de cela, le voilà à donner l'accolade à Peillon l'incapable sur les rythmes scolaires.

Du côté de la base militante du MoDem, c'est pire que tout : des débats sans fin et parfaitement inutiles sur les relations avec l'UDI et le PS,  un désintérêt à peu près total pour l'analyse et la recherche d'idées. Le fade projet humaniste sert de petit livre rouge.

Bref, tout part à vau l'eau, on est à la dérive. Tout se délite. Je n'aime pas tirer sur l'ambulance, mais parfois, il vaut mieux enclencher la sirène d'alarme quand tous les voyants sont au rouge.

Je n'ai vu et entendu d'intéressant au MoDem depuis quelques mois que l'action de Marielle (de Sarnez). Pour le reste...

Bref, Bayrou devrait cesser de consater que la gauche a fait du chemin et songer à poursuivre le sien. 

Je l'ai dit, la Présidentielle avait ouvert des voies nouvelles, Bayrou s'était montré une fois de plus un éclaireur : j'aimerais qu'il le reste.

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lundi, 21 janvier 2013

Échelle européenne : Marielle de Sarnez propulse le made in France

L'idée de procéder à un marquage d'origine des produits vendus en Europe existe au Parlement Européen depuis 2010 mais elle figurait déjà dans le programme de l'ADLE, le groupe du MoDem, pour la période 2009-2014. François Bayrou en a finalement développé une version locale pendant la campagne présidentielle puisque sa proposition ne reposait pas sur des barrières protectionnistes mais sur l'information et l'action des consommateurs.

581821186.2.jpgMarielle de Sarnez, eurodéputée du MoDem, agitait de son côté des idées similaires depuis longtemps d'autant que de 2004 à 2009 elle intervenait dans la commission Commerce International de l'ADLE.

Le MoDem, de son côté va plus loin que la proposition originelle de l'ADLE puis du Parlement. Il ne s'agit plus de marquer seulement les produits de terroir mais tous les produits sans exception. C'est une idée qui fait son chemin au sein du Parlement européen.

Dès 2010, le Parlement européen a appelé à la mise en œuvre rapide d’un instrument de marquage de l’origine des produits importés des pays tiers. Mais la proposition de règlement est inexplicablement bloquée au Conseil depuis deux ans et la Commission, organisme bureaucratique sans aucune légitimité élective, a pris la décision de retirer de sa propre initiative le projet existant et de bloquer la procédure législative.

Marielle a donc pris la tête d'une fronde à Strasbourg : elle est à l'origine d'une résolution exigeant donc de la Commission qu'elle revienne sur sa décision.

Coup d'éclat réussi : la résolution a été adoptée à une très large majorité par le Parlement réuni en session plénière il y a quelques jours.

Comme l'exprime très justement Marielle « Il n’est pas admissible que la Commission retire sans justification son projet de règlement sur l’indication du pays d’origine de certains produits importés de pays tiers sans remettre sur la table une proposition alternative conforme aux règles de l’OMC. La Commission comme le Conseil doivent comprendre que l’Union européenne ne peut pas se permettre d’être frileuse en matière de marquage d’origine alors même que d’autres puissances commerciales comme les États-Unis, le Canada, le Brésil ou encore la Chine disposent déjà de cet instrument efficace. Cette avancée est nécessaire pour l’Europe, pour améliorer la compétitivité de nos entreprises, assurer enfin une concurrence loyale et garantir la protection de nos consommateurs ».

Voilà, bien agi et bien dit...