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International - Page 3

  • Migrants : le problème vient d'Érythrée et du Sud-Soudan

    J'ai essayé de savoir d'où venaient les migrants qui traversent actuellement la France et notamment Paris : principalement d'Érythrée et du Sud-Soudan.

    Je me suis alors demandé ce qui poussait à ce point les gens qui vivent là-bas à partir. Que dire ? C'est édifiant. Que ferait-on à leur place ?

    L'Érythrée est une sorte de Corée du Nord africaine, et le Sud-Soudan est ravagé par la guerre civile depuis son accession à l'indépendance.

    Évidemment, on serait tenté de proposer que l'Europe intervienne directement dans ces pays pour y établir les conditions d'un ordre et d'un droit acceptables. L'inconvénient, c'est que les récentes tentatives européennes ou américaines de renverser des pouvoirs locaux épouvantables ont à chaque fois abouti à propager un chaos sur lequel a prospéré la mauvaise herbe islamiste.

    L'Enfer, plus que jamais, est pavé de bonnes intentions. Très honnêtement, je ne sais pas quoi faire. Je n'ai pas d'idées. Les yakafaukon ne m'intéressent pas, et, toute solution qui consisterait à assister des pays entiers ou à leur verser des sommes astronomiques (dont l'essentiel s'étiolerait dans la corruption, au demeurant) n'est pas viable.

    Peste ou choléra, voilà le choix actuel, jusqu'à ce qu'un diplomate de génie imagine les solutions géopolitiques de demain.

    Je n'ai aucune expertise dans ce domaine, mais intuitivement, je tendrais à dire que tout effort pour stimuler et protéger les micro-activités économiques dans ces pays (est-ce possible par la force, je ne le sais pas) est de nature à nous dégager l'espoir de jours meilleurs.

  • Qatar : pas si simple.

    Je ne peux pas dire que j'ai grande estime pour le régime qatari. Ce pays fait parie des pires de la planète à de nombreux égards. Pour autant, il est réducteur d'affirmer qu'il finance urbi et orbi toutes les filières djihadistes de la planète. Pas plus que l'Arabie Saoudite, d'ailleurs.

    Ce qui est vraisemblable, c'est que des financements importants au sein de la mouvance djihadiste proviennent de ces deux nations. Il est également possible voire probable qu'elle bénéficie de sympathies au sein des appareils d'État de ces deux régimes. Mais cela ne signifie pas pour autant qu'elle soit approuvée au plus haut niveau dans ces deux pays.

    On appréhende assez mal le fonctionnement des pays du golfe, me semble-t-il dans nos pays européens. Il ne s'agit pas d'états centralisés et structurés comme les nôtres. Au contraire, en dépit de leurs richesses, ces nations ont conservé un fonctionnement féodal reposant sur des alliances et des allégeances entre différentes tribus. 

    Ce qui est probable, c'est que le Qatar a joué un jeu trouble pendant un long moment en Syrie parce que son pouvoir pensait pouvoir contrôler ou orienter une large partie du spectre islamiste. Ce qui est aussi vrai, c'est que le Qatar est peu regardant ni vigilant sur les mouvements de fond sur son territoire. Mais ce n'est pas spécifique au financement des filières djihadistes. C'est son mode de fonctionnement de manière générale sur les mouvements d'argent, où qu'ils aillent et d'où ils proviennent.

    La porosité est tellement forte entre les différentes factions islamistes, quelles que soient leurs allégeances, qu'il est bien difficile d'y voir clair. 

    On ne sait pas trop ce que finance le Qatar et je ne sais pas si le Qatar le sait clairement lui-même. Sur le fond, cela ne le dérange sans doute pas d'armer des groupes proches d'Al-Qaeda dès lors qu'ils se contentent de mener des guerres locales, notamment là où un arc chiite pourrait devenir un danger pour les pays sunnites. Un Iran et un Irak Chiite, un Hezbollah puissant au Liban et un pouvoir Alouite en Syrie, cela commençait à faire beaucoup pour les pays du Golfe. Leurs alliés naturels leur ont semblé la réaction sunnite partout où elle se produisait, or, elle a pris à chaque fois les traits du djihadisme.

    Il est très peu vraisemblable que le Qatar soutienne des attentats sur notre sol ou dans quelque pays européen que ce soit. En revanche, il considère ses intérêts régionaux, et, là-dessus, on peut dire qu'il est prêt à prendre des risques (du moins à nos yeux) d'autant que l'intégrisme islamiste ne le gêne pas plus que ça.

  • Une partition de la Syrie et de l'Irak est inévitable.

    A la tournure que prennent les événements, je me suis résolu à penser qu'une partition de la Syrie et ne pouvait plus être évitée.

    Dans chacun de ces pays, il faut trouver des compromis pour réserver une terre pour les Sunnites, pour les Chiites, pour les Alaouites et pour les Kurdes. Les Chrétiens, les Druzes, les Yézidis et les autres minorités ont toujours vécu en bonne intelligence avec les Kurdes et les Alaouites. C'est donc du côté de ces deux communautés qu'il faut chercher une association.

    Je rejoins François Bayrou pour penser que c'est une erreur, désormais, de chercher à faire tomber Bachar el Assad, malgré les horribles et nombreux crimes de son régime. Mieux vaut préparer la partition devenue inévitable du pays. Les Alaouites jugeront si oui ou non, ils souhaitent conserver ce dirigeant.

    Sauvons de la Syrie ce qui peut l'être et reprenons d'urgence Palmyre aux Djihadistes. 

    Même si cela nous fait mal au coeur, il faut coopérer avec Bachar el Assad pour chasser et détuire l'ennemi commun. Ni les dirigeants syriens ni les dirigeants iraniens ne cherchent à déclencher une guerre mondiale ou à propager un islam si intolérant, rigide et cruel qu'il n'a jamais existé quoi que ce soit de tel dans son histoire.

    Il ne faut pas se tromper : les djihadistes ne renvoient pas l'Islam à une époque rêvée de son histoire mais à une horrifiante dystopie capable de donner à un régime aussi inquiétant que celui de la Corée du Nord, l'aspect d'un Eden accueillant.

    Le maître mot doit être de détruire Daech. Mais pour cela, il est essentiel de ne pas donner de raisons aux Sunnites de voir en ce dernier leur protecteur. Ce n'est pas gagné en Irak où le régime joue avec le feu avec ses milices chiites...

  • On ne peut absolument pas s'allier avec Bachar El-Assad.

    Comme le fait justement observer mon confrère du blog le Centrisme, bien que les crimes de Daech et sa barbarie soient odieux, on ne peut pas s'allier avec le régime syrien actuel. Daech impressionne par sa stratégie médiatique et horrifie l'Occident, mais la réalité, c'est que 90% des atrocités les plus épouvantables sont le fait des milices du parti Baas. La position du gouvernement français, depuis de le début de ce conflit me semble la bonne en espérant parvenir à armer et promouvoir une opposition syrienne rebelle modérée et si possible démocratique. Bien sûr, nous le savons tous, c'est une voie difficile, avec vraiment peu de chances de réussite mais on ne peut pas cautionner les horreurs d'Assad (puisse-t-il étouffer sous la honte !).

    L'ASL est marginalisée, désormais, et active essentiellement dans la région de Dera. On pourrait en tirer la conclusion que tout est fichu et qu'il n'y a plus d'interlocuteurs en Syrie. Je crois qu'il faut prendre son parti de la situation militaire et partir de l'existant, c'est à dire de Dera.

    On sait que le Qatar joue double-jeu en Syrie, en aidant les Salafistes, mais on lui mêle souvent à tort l'Arabie Saoudite qui a changé son fusil d'épaule depuis un moment, et préfère, de concert avec la Jordanie l'opposition laïque, modérée ou non.

    Je n'oublie pas les Kurdes, bien sûr, dont les combats héroïques à Kobané ont soulevé l'admiration du monde entier.

    Ce sont avec ces forces qu'il faut discuter, en faisant un très gros effort de renseignement : les officines qui s'en réclament à l'étranger sont rarement crédibles. Il faut alors essayer d'identifier les chefs rebelles sur place et négocier directement avec eux, en prenant garde à ne pas livrer d'armements sophistiqués au front al-Nosra au passage par mégarde.

    Les seuls qui ne sont pas gênés plus que cela par les tortures épouvantables qu'Assad et ses sbires administrent aux femmes et aux enfants, ce sont le FN et ses affidés. D'ailleurs, l'un de leurs principaux responsables, Frédéric Châtillon, est un grand ami du régime syrien.

    Un dernier mot : Slate relate la création d'une armée rebelle chrétienne. Elle ne reçoit aucun subside. Alliée avec les Kurdes du PYG elle a pourtant accompli de beaux exploits. L'Europe, et la France au premier chef, devrait sans tarder armer et financer le Conseil Militaire Syriaque. Les Chrétiens ont tout intérêt à disposer d'une force armée dans une région où la poudre parle avant tout autre argument diplomatique...

  • Guerres impossibles ?

    Quelle est l'efficacité des armes et engins de guerre aujourd'hui dans les conflits ? On peut légitimement se poser la question en constatant les effets des frappes aériennes des forces qui luttent contre Daech en Syrie et en Irak.

    Un avion de chasse coûte des dizaines de millions de dollars et chaque obus ou bombe des centaines de milliers de dollars. Or, quand l'on considère le bilan des frappes contre les terroristes on obtient quelques dizaines de cibles atteintes. Il faudrait ajouter aux coûts évoqués la logistique et le carburant nécessaire pour opérer les sorties. 

    Ce n'est plus un gouffre, c'est un trou noir financier. Et j'ai l'impression que le bilan serait inférieur encore sans l'efficience très forte des technologies les plus avancées.

    Est-ce que, à ce stade-là, ce ne serait pas bien plus rentable d'engager des tueurs à gage et de promettre un million de dollars par têtes de djihadistes identifiées ? Bien que cette proposition soit moralement affreuse, elle a le mérite de ne pas faire plus de victimes civiles que nos frappes chirurgicales et d'être financièrement abordable. Il reste à savoir s'il existe qui que ce soit dans le monde capable d'accomplir une mission aussi dangereuse...

    Si la progression contre Daech semble très lente, il y a malgré tout un point dont il faut se féliciter absolument : les frappes alliées sont si calibrées et précises qu'elles ne semblent avoir guère fait de victimes civiles (il n'y en a pas eu d'échos, en tout cas). Ce bilan-là est impressionnant.

    A l'exception de la France au Mali qui semble à peu près contenir son ennemi, toutes les autres interventions occidentales se sont soldées sinon par des échecs du moins par des retraits sans que les buts annoncés soient atteints.

    On peut mettre en exergue l'absence de finalité politique commune dans ces interventions, comme le fait Jean-Marc Lafon sur le blog Theatrum Belli, bien sûr, mais cela n'explique pas les difficultés militaires. 

    Les guérillas, je le sais, ont toujours été difficiles à réduire. La volonté occidentale de ne pas faire de victimes dans ses propres rangs ajoute une contrainte, et, celle de ne pas blesser de civils dans les opérations militaires rend très délicates toutes les opérations. Cela suffit-il à expliquer pour autant la disproportion entre les moyens engagés et les résultats obtenus ? Je ne le sais pas.

     Je note que des progrès sont enregistrés quand les forces occidentales disposent d'un appui terrestre assuré par des alliés très engagés et impliqués.

    Les YPG kurdes à Kobané, les forces tchadiennes au Mali en sont des bons exemples. En Afghanistan, tant que les Américains ont pu compter sur des tribus sunnites alliées et sur l'Alliance du Nord, la grande force militaire de feu le commandant Massoud, ils ont progressé. Mais après, les choses se sont délitées, les Talibans regagnant petit à petit du terrain.

    Peut-être est-ce aussi une question de temps. Daech s'est préparé de longue date à la guerre. Il faudra du temps pour que les alliés kurdes soient opérationnels avec du matériel moderne, et, sans doute est-ce à l'usure, paradoxalement, que les djihadistes tomberont. En Afghanistan, l'issue semble bien plus compromise faute d'alliés fiables et motivés.

  • Kobané : ouf, il y a les Kurdes et l'Amérique !

    Bien joué, camarades Américains ! Les USA ont largué du matériel militaire  aux PYD, les Kurdes de Syrie (Socialistes et laïcs) tandis qu'ils continuent les sorties aériennes contre Daesh.

    J'ai bien aimé de quelle manière la presse a rapporté les derniers contacts entre les USA et la Turquie sur ce largage. La Turquie a été informée des intentions américaines et de son importance pour le Président Obama. Je vous fais la traduction ?

    La Turquie énervait sérieusement l'Amérique à laisser écraser les Kurdes par Daesh, voire à favoriser les combattants islamistes. Du coup, l'Amérique a cessé de demander son avis à la Turquie et l'a mise devant le fait accompli sans utiliser le territoire turc.

    Plus inquiétant pour les Turcs, et ils feraient bien d'y réfléchir : les USA ont pris contact directement avec les PYD, cette branche armée du PKK en territoire syrien que la Turquie honnit. 

    De plus, l'image de ce parti change dans le monde entier car les Kurdes se couvrent de gloire à Konabé par leur courage. Je peux d'ailleurs donner un exemple très éclairant de ce changement : jusqu'à peu, j'avais une mauvaise opinion du PKK. Mais de les avoirs vus à l'oeuvre, de considérer la place qu'ils accordent aux femmes, d'observer avec quelle détermination ils combattent les déments de l'EIIL m'a fait changer d'avis à leur égard.

    Cela dit, je ne suis pas devenu une oie blanche pour autant : le PKK a été impliqué dans pas mal d'opérations d'extorsion de fonds et ne me semble pas vraiment clair avec le narco-trafic. Il va devoir sérieusement évoluer s'il veut vraiment pouvoir s'asseoir à la table de la démocratie et devenir un interlocuteur crédible.

    En tout cas, pour l'instant, je le redis, ses unités syriennes sont admirables à Konabé.

  • Monsieur Hollande, donnez des armes aux Kurdes de Konabé

    Je ne sais pas ce que l'on peut faire pour aider les Kurdes qui se battent héroïquement à Konabé, mais tout ce que je pourrai faire, je le ferai.

    Quoi qu'il advienne désormais, la résistance inouïe de ce vaillant peuple contre la barbarie rentrera dans l'Histoire.

    Il faut donner des armes aux Kurdes et/ou les appuyer au sol. D'autres que moi expriment un voeu proche s'il n'est similaire, comme le fait avec justesse Romain Blachier sur le Huffington Post. 

    Je nuancerai son propos en souhaitant non pas qu'il n'y ait pas d'autres Konabé mais que Konabé ne tombe pas tout simplement. Les Djihadistes de Daesh n'ont pas encore gagné la partie.

    Bernard Henri-Lévy n'est pas un bon diplomate, c'est le moins que l'on puisse dire, mais il a raison de poser la question de l'appartenance de la Turquie à l'OTAN. Ce pays ne doit pas l'emporter en paradis si les Kurdes sont écrasés et leurs populations cruellement violentées par les plus vils individus qui aient jamais peuplé la région.

    Nous ne devrions pas attendre et forcer la main aux Turcs en les contraignant à choisir leur camp une bonne fois pour toutes : livrons sans plus attendre des armes aux Kurdes, et, puisque c'est devenu une nécessité, désormais, allions-nous avec la Syrie de Bachar non sans avoir obtenu des garanties pour l'ASL au préalable.

    Il semble que l'Amérique ait obtenu les premières concessions ottomanes, mais ce n'est pas encore suffisant.

    mayssa.jpgEn attendant, hommage et respect à Mayssa Abdo, l'une des chefs kurdes à Kobané.

    Monsieur le Président, qu'attendez-vous ? Kobané, nos amis Kurdes, ont besoin de nous !

  • Les coups pourris de la Turquie contre les Kurdes à Kobane

    Difficile de ne pas évoquer l'antipathie que j'éprouve pour la Turquie, désormais, pays que je soutenais autrefois. On peut dire que depuis l'arrivée des Islamistes au pouvoir, l'alliance occidentale nourrit un véritable serpent en son sein, serpent qui finira la par la piquer.

    On sait que Erdogan soutient l'air de rien Daesh depuis un moment. Il a tout fait pour faire tomber El-Assad et peu lui importe le sort des Chrétiens et des Alaouites.

    Mais le coup le pire, c'est celui que la Turquie fait aux Kurdes. Elle a fermé sa frontière non pour juguler une avancée des djihadistes sur son territoire mais pour empêcher des Kurdes de Turquie de venir défendre leurs frères syriens. Erdogan m'en rend le PKK sympathique, c'est dire.

    Retors monument de malhonnêteté perverse, la Turquie a annoncé rejoindre la coalition contre les djihadistes pour mieux faire illusion et servir dans le même temps d'enclume contre laquelle la résistance kurde sera écrasée.

    Je conseille l'excellent article de Wikipedia sur la deuxième bataille de Kobane afin d'avoir enfin une idée claire de ce qui se joue là-bas. Qu'est-ce qu'elle est précieuse cette encyclopédie en ligne ! Chaque année, je cotise et fais une donation, mais ce n'est vraiment pas de l'argent perdu car elle accomplit le travail qu'on attendrait d'organes de presse sérieux.

  • Djihadisme et Islam

    J'ai lu deux articles de presse que j'ai trouvés très bons et très éclairants sur les récents événements survenus en Kabylie. Il y a d'abord celui de Christophe Rauzy sur francetvinfo.fr et celui de Peter Harling sur Le Point. On peut s'étonner de voir un peuple si épris de liberté comme les Kabyles demeurer passif alors que les djihadistes viennent occuper leurs montagnes mais, Christophe Rauzy le souligne bien, qui protégerait de manière durable les Kabyles si les djihadistes commençaient à enlever des locaux et massacraient des villages. Il fut un temps, me semble-t-il, où ce peuple aurait pu imposer par la force de demeurer maître de son territoire mais il est hélas révolu. Cela fait évidemment mal au coeur de se dire que c'est sur les terres du FFS, le parti le plus authentiquement démocrate d'Algérie, que se cachent les individus les plus exécrables. 

     J'ai trouvé très maladroite la sphère médiatique après l'assassinat horrible d'Hervé Gourdel. A quoi bon demander des comptes aux Musulmans de France en général. Et quitte à le faire, quelle utilité d'aller voir ceux dont on sait qu'ils condamnent sans ambages tous les extrémismes ? La Mosquée de Paris pratique un Islam éclairé, on le sait. L'imam de Drancy est un libéral, sorte d'OVNI dans le paysage musulman. Je ne connaissais en revanche pas l'imam de Bordeaux, Tareq Oubrou, et j'ai trouvé très intéressante son analyse. Il faisait en outre ailleurs observer que ce n'est pas tant l'Islam ou le Coran qui est en question mais le fait que des jeunes gens issus de notre société préfèrent une interprétation dévoyée des textes les plus sacrés à celles qui sont habituellement en vigueur. C'est un double échec : celui de la République, et celui de l'Islam en France.

    Quitte à demander des comptes aux Musulmans, la sphère médiatique aurait dû opérer une sélection : c'était aux imams des caves, aux habitants des cités, à la rigueur à Tariq Ramadan qu'il fallait demander ce qu'ils pensaient du crime atroce survenu en Kabylie. Comme d'habitude, les bien-pensants préfèrent entendre ce qui sonne agréablement à leurs oreilles s'imaginant que les plus médiatiques sont forcément les plus représentatifs de l'opinion commune. Erreur qu'ils font d'ailleurs souvent dans la sphère politique...

     Bref, s'il y avait des condamnations à aller chercher, c'était sur les terres-même du recrutement, pas chez ceux dont on connaît la solidité des valeurs.

    Cela dit, il ne faut pas oublier que les faits se sont produits en Algérie, pas en France. Des Français sont-ils comptables de ce qu'il se produit en Algérie ? Je ne le crois pas. Il en irait autrement s'il s'avérait que les djihadistes implantés dans les montagnes de Kabylie ne sont pas exclusivement des Algériens mais aussi des Français, ce que je n'exclus pas...

  • Étonnantes victoires militaires de l'EIIL

    Il y a un aspect qui m'interpelle depuis le début dans les victoires remportées par l'EIIL : ils ont écrasé une armée d'un million d'hommes disposant à l'origine d'un matériel flambant neuf. L'État irakien comporte en principe un million de soldats et les experts disent que les troupes de l'EIIL comptent 20 000 individus. Et encore, au début, ils étaient bien moins nombreux. On peut gloser sur leurs richesses et leur matériel, il n'en reste pas moins qu'ils sont partis de rien et ont constitué de leurs propres mains à peu près tout ce qu'ils ont.

    C'est étonnant et très inquiétant. Cela signifie qu'une petite troupe d'individus déterminés peut mettre à genoux des États tout de même assez importants. Il s'en est fallu de peu au Mali, et, au Nigeria, Boko Haram agit dans la plus totale impunité.

    Je sais que d'anciens généraux baassistes combattent aux côtés de l'EIIL, mais tout de même, à ce point de supériorité militaire, il y a quelque chose qui cloche. Si toutes les armées de la région sont du même tonneau, ils pourraient, dans ces conditions, rentrer comme dans du beurre à peu près partout.

    Il y a eu un article assez intéressant des Échos relatant l'évolution de ce groupe terroriste en organisation militaire, mais il me laisse avec beaucoup d'interrogations et de perplexité sur les aspects militaires.