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mercredi, 02 mars 2011

Marine Le pen prête à jeter à la mer des réfugiés...

radeaumeduse.jpgJe ne titrerai pas comme Laureline Dupont de Marianne, immigration, Marine Le pen la rechute, mais en revanche, je rejoins totalement Laureline pour mettre à jour l'embrouille à laquelle se livre Marine Le pen.

Bien loin de se réjouir de voir les despotismes  tomber au Maghreb, Marine Le pen n'a qu'une inquiétude : voir des réfugiés lybiens et tunisiens débarquer en France.

Et elle met dans le même sac l'immigration ordinaire (qu'il faut en effet juguler et arrêter complètement) et l'accueil de réfugiés, que l'on ne peut pas même qualifier d'immigration, au demeurant, et qui a un caractère parfaitement temporaire.

Il y a eu un sondage récemment sur le sujet, c'est sans doute ce qui a donné des idées à Madame Le pen. Comme 2/3 des Français, je pense aussi qu'il faut privilégier des secours sur place. 

Mais quand j'entends Marine Le pen déclarer « L’union européenne est totalement impuissante à nous protéger, il faut passer un accord bilatéral avec l’Espagne et l'Italie pour permettre à nos marines de préserver nos eaux territoriales et repousser dans les eaux internationales les migrants qui voudraient entrer en Europe. » difficile de ne pas faire un bond.

Il ne faudrait pas être sur le Radeau de la Méduse avec elle, celle-là : elle aurait vite fait de vous balancer un coup de rame sur la tronche pour vous jeter à la flotte, parce qu'en gros, c'est exactement ce qu'elle propose. Elle veut refaire le coup des boat people crevant de soif et d'inanition dans les années 70, repoussés de partout, en somme. Allez, ouste, les Lybiens et les Tunisiens, à la mer, quoi...

Il y a peut-être un moyen terme entre l'accueil d'immigrés et celui, temporaire, de réfugiés terrorisés, chose qui ne semble pas frapper plus que cela Madame Le pen.

dimanche, 27 février 2011

Juppé aux affaires étrangères ? Bonne nouvelle !

Des rumeurs de plus en plus insistantes font état de la nomination prochaine d'Alain Juppé à la tête des affaires étrangères, puisqu'il paraît acté que Michèle Alliot-Marie va partir. Il conserverait de surcroît la Défense, situation inédite dans l'histoire de notre Vème République.

Bonne nouvelle de mon point de vue : j'ai conservé le meilleur souvenir de la gestion des affaires étrangères par Alain Juppé. Je sais que c'est un homme qui ne sacrifie pas les principes, tout en promouvant une diplomatie efficace.

A vrai dire, il va devoir s'adapter à une nouvelle donne mondiale : les révoltes successives dans les pays arabes vont redistribuer les cartes dans une large portion du monde de manière tout à fait inattendue. La question que tout le monde se pose, du moins en Europe, c'est de découvrir ce qui émergera des décombres des despotismes : démocraties ? théocraties ? régimes militaires ? Personne ne peut le dire avec certitude, même si les armées semblent avoir pris fait et cause pour les peuples, dans l'ensemble, et que les islamistes, Al Qada en tête, ont été pris de cours par des révolutions qui à aucun moment ne se sont réclamées d'Allah et encore moins des fous de Dieu... 

Comme le dit Alain Juppé, tout en invitant à la vigilance, et si les peuples arabes réussissaient ? Ce n'est pas le seul défi que devra relever le maire de Bordeaux : l'affaire Florence Cassez, les otages en Afghanistan, le désengagement ou non de ce pays, le délitement européen, les relations avec la Chine, le déclin de l'influence française, particulièrement en Afrique...

Il restera à Alain Juppé la difficile tâche d'effacer les relents brouillons de l'agitation sarkozyste. Juppé est une forte tête, mais saura-t-il faire entendre sa voix ? L'avenir seul le dira...

vendredi, 18 février 2011

Le Liban, ami d'Israël ?

J'ai mis la main sur un sondage très intéressant (réalisé par l'Université du Maryland) : il analysait en août 2010 les sentiments des opinions publiques de six pays arabes (Égypte,Liban, Jordanie, Maroc, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis) envers les USA, et le conflit israélo-palestinien. C'est assez curieux, à la lecture du sondage qui comporte de nombreuses questions, de constater que les Libanais (en dépit de la guerre récente !!!) sont les moins défavorables à Israël : par exemple, sur leurs impressions à propos de l'holocauste, ils sont 21%, à ressentir une véritable empathie avec les Juifs, 59% à éprouver des sentiments mêlés, et 20% seulement (le Hezbollah et ses affidés ?) à juger que la mention de l'holocauste dessert la cause arabo-palestinienne.

Les Jordaniens, voisins immédiats des Israéliens, demeurent assez modérés envers Israël et les Juifs. Ce n'est qu'au Liban que les sentiments plutôt positifs l'emportent sur les sentiments négatifs. 

Je me demande si la diplomatie israélienne a connaissance de sondages de cette nature. Ils devraient en tout cas amener Israël à réviser profondément sa stratégie vis à vis du Liban. Par ricochet, il montre aussi que la position du Hezbollah au Liban est très minoritaire et que ce mouvement armé essaie de tenir en otage tout un pays qui ne partage pas ses vues bellicistes et terroristes...

16:05 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : israel, liban, hezbollah |  Facebook | | |

Deal Corée-Europe, quelle est la compensation ?

L'Europe vient de passer un accord de libre-échange avec la Corée du Sud. Enfin, quand je dis l'Europe, j'entends par là la Commission, et, de surcroît, pour s'appliquer, le traité doit être ratifié par le Parlement européen. La Commission a été prudente : 

Les mesures de sauvegarde permettraient à l'UE de suspendre l'octroi de réductions supplémentaires des droits de douane ou d'augmenter ceux-ci pour atteindre les niveaux précédents, au cas où des taux plus bas entraîneraient une augmentation excessive des importations en provenance de Corée du Sud, portant ou menaçant de porter un préjudice grave aux producteurs de l'UE.

Le texte de l'accord est disponible sur le site du Parlement européen (cliquer sur le 17 février). J'ai évidemment parcouru le texte de l'accord. Il faut préciser qu'une mesure de sauvegarde ne dure que deux ans, exceptionnellement quatre, mais jamais plus.

Il faut également préciser qu'un état peut faire une demande, mais que c'est la Commission qui prend la décision de juger la demande pertinente ou non.

Le projet de traité accorde aux produits coréens des baisses de droits de douane tels qu'ils sont actuellement fixés. La Corée fait de même avec les produits européens. Si une mesure de sauvegarde doit s'appliquer, le taux revient à la case départ ou peut même être augmenté, mais attention, à certaines conditions : l'accord UE-Corée demeure encadré par les règles de l'OMC. Les règles de l'OMC prévoient que l'on ne peut pas faire de discriminations (en principe) entre ses divers partenaires commerciaux. C'est ce que l'on appelle la clause de la nation la plus favorisée. La règle prévoit des exceptions, notamment les accords spécifiques de libre-échange. 

Le projet spécifie qu'une hausse du droit de douane ne peut excéder le taux de la nation la plus favorisée. Ceci signifie, en somme, qu'on ne peut imposer plus les produits coréens que ceux des autres pays non concernés par des accords spécifiques.

Il est assez étonnant, finalement, ce traité, avec ses sous-entendus et ses non-dits : voyons, qu'est-ce qui pourrait mettre en danger des pans de notre industrie ? Eh bien au premier chef le dumping social, c'est à peu près évident. C'est bien ce qu'a pressenti Marielle de Sarnez, euro-députée MoDem-ADLE, en faisant observer que pour garantir une concurrence qui soit vraiment loyale, il faudra bien que les normes sociales, sanitaires et environnementales soient prises en compte dans les accords commerciaux. Ceci est inéluctable.

La Commission (pour une fois !) a pris ses précautions. A la fin du projet de traité, il y a une annexe (Annexe I) qui reprend une déclaration de la Commission :

La Commission observe que la désignation de zones de production délocalisée dans la péninsule coréenne, conformément aux dispositions de l'article 12 du protocole sur les règles d'origine, nécessiterait un accord international entre les parties, auquel le Parlement devrait donner son approbation. La Commission informera pleinement le Parlement concernant les délibérations du comité au sujet des zones de production délocalisée dans la péninsule coréenne.

Eh oui, pas folle la guêpe...L'accord concerne des zones de production, pas uniquement des États comme entités, histoire de ne pas se faire avoir au tournant. La Corée ne pourra donc pas réaliser tranquillement sa production en Chine puis venir la proposer en Europe comme issue de Corée. Les annexes du traité comportent des mises en garde particulières sur le secteur automobile notamment pour les petites voitures.

Le dumping social est un aspect, mais il n'est pas suffisant de lutter contre ce dernier pour s'assurer d'être compétitifs. Marielle de Sarnez appelle à une réflexion stratégique au niveau de l'Europe : l'Europe devra se doter, enfin, des instruments nécessaires pour conserver ou retrouver une capacité de production, industrielle ou agricole par exemple, et préserver - c'est absolument vital pour son avenir - son avance technologique.

C'est une évidence. Il reste désormais au Parlement Européen à s'assurer que le projet d'accord repose sur des garanties solides, puisque pour l'instant, il relève essentiellement de la déclaration d'intention. Comme l'observe Marielle de Sarnez, ce traité est le premier à être signé (proposé pour l'instant) après l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne. Voyons donc ce que va donner cette Europe-là...

jeudi, 17 février 2011

Affaire Cassez, ne tombons pas trop vite sur le dos de Sarkozy

Il a parfois (en fait rarement) raison, l'Didier. Les blogues de gauche, parfois, ils n'auraient qu'à écrire un énorme billet collectif, ça ferait l'affaire et éviterait de parcourir la même note 50 fois dans son reader. Je ne dis pas ça à propos de la prestation de Sarkozy mais plutôt sur l'affaire Cassez.

On reproche à la diplomatie française de s'impatienter. Il y a peut-être de quoi ! s'il y a un point sur lequel je ne doute pas de Sarkozy, c'est de son empressement à vraiment prendre en mains le sort des Français à l'étranger quand ils sont en danger. Je crois que là-dessus, c'est l'un des rares domaines où il est fiable.

Si MAM ou Sarkozy s'agacent aujourd'hui, c'est que le Mexique ne respecte pas les textes qu'il a signés (Florence Cassez aurait du être transférée), que le Président patiente depuis 2007 sur les "bons" conseils de son "ami" Calderon et qu'aujourd'hui, il s'aperçoit qu'il a été joué, et que les Mexicains ont bien l'intention de garder Florence Cassez en prison.

Pauline Tissot de l'Express a consacré un billet récapitulatif des charges qui pèsent contre Florence Cassez et des contre-arguments de ceux qui la défendent. La défense me paraît tout de même plus convaincante que l'accusation. 

Le seul argument que je pourrais à la rigueur retenir, c'est celui de Bayrou jugeant que tout ce bruit pourrait mettre en danger Florence Cassez. C'est un argument. En même temps, les autorités mexicaines se foutent de nous depuis le début dans cette affaire, et donc, il est logique que l'on finisse par s'agacer en France. Simplement, peut-être, en effet, la méthode n'est pas la bonne. 

Il n'en reste pas moins que l'on ne peut pas continuer à se faire marcher sur les pieds sans rien dire, alors qu'on est face à un monument de mauvaise foi. La diplomatie française essaie de négocier depuis 4 ans. Après le rejet de l'appel de Florence Cassez, elle a compris qu'elle n'obtiendra rien et qu'il ne reste plus qu'un tribunal international, désormais. Alors perdu pour perdu, autant faire connaître son fort mécontentement. 

Mais bon, écrivez Sarkozy, S-A-R-K-O-Z-Y, et vous avez l'assurance d'avoir une horde de blogueurs de gauche (et du centre !) enragés, prêts à en découvre avec l'ogre hongrois. Il faudrait peut-être éviter de transformer le moindre pet de travers de Sarkozy en acte d'accusation automatique à son encontre. Je pense que sur l'affaire Cassez, il essaie de faire son possible et prend très au sérieux le sort de la Française. Cessons de lui faire de faux procès et de l'accuser de chercher à instrumentaliser l'affaire, c'est l'accusation vraiment facile, alors qu'il la suit avec attention depuis le début.

17:08 Publié dans International, Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : sarkozy, cassez |  Facebook | | |

vendredi, 11 février 2011

Tiens bon Florence !

S'il y en avait qui doutaient encore que le Mexique fût un simulacre de démocratie, les voilà édifiés. Florence Cassez ne sera donc pas libérée, et ce, alors même que toutes les évidences et des indices manifestes montrent qu'elle n'est pas coupable.

Je m'intéresse de très prêt aux cultures aztèques et mayas, et rêve de longue date de visiter Teotihuacan, la cité des dieux. Eh bien cela n'est pas pour demain, parce que je ne mettrai pas les pieds dans ce pays tant que Florence Cassez ne sera pas libre. Mieux : je vais soigneusement regarder les étiquettes des produits que j'achète. Tout ce qui sera estampillé made in Mexico restera en rayons.

J'approuve à 100% Michèle Alliot-Marie d'avoir prévenu que cette décision de (parodie de) justice aurait une incidence sur les relations franco-mexicaines. Elle a évoqué à raison le déni de justice qu'elle constituait et compte engager la France à explorer une condamnation du Mexique par un tribunal international. Calderon, l'actuel président, fait le malin en jouant avec une opinion publique surexcitée contre les enlèvements.

Son opinion a besoin d'un bouc-émissaire, Calderon la lui a trouvée. Pratique pour éviter de réformer en profondeur une justice et une police corrpompues jusqu'à la moëlle. Des meurtres de femmes horribles et barbares se produisent depuis des années à Mexico sans que l'opinion publique mexicaine ne semble s'en émouvoir plus que cela. 

Des complicités de la police mexicaine ont été évoquées pour ces crimes atroces. Qui sait ? Un rejeton dégénéré et pervers d'un chef de maffia locale pour lequel truands et policiers ont un égal égard ? Dans un pays corrompu, tout devient possible dès lors qu'on tient le haut du pavé.

Il ne faut pas laisser Florence Cassez dans ce trou à rats. Hélas, la procédure internationale va être longue. Dur de lui dire de devoir attendre alors qu'elle vient de bouffer une partie de sa vie dans les geôles mexicaines ! Comme le Mexique a tort, la France finira par obtenir gain de cause. Il faudra alors à ce moment-là, demander au Mexique une indemnité monumentale en réparation de la vie foutue en l'air de Florence Cassez ; une peine mémorable qui fera réfléchir les autorités de ce pays pour longtemps à la notion de justice et d'honnêteté. Et poursuivre Calderon également, à titre privé, dès que cela sera possible, pour avoir ordonné de monter de toutes pièces tous les éléments de l'acte d'accusation.

jeudi, 10 février 2011

Entre externalisation, relocalisation et immigration

Dans ce qu'il faudra porter au passif de Nicolas Sarkozy, il y a l'immgration. Je me souviens très bien du candidat de 2007 clamant haut et fort que l'immigration serait à 40% de travail, désormais. Tu parles Charles, 200 000 naturalisations par an. En réalité, il faut deux mesures fortes pour stopper l'immigration :

1. Fermer clairement les vannes à l'arrivée en France

2. Promouvoir un véritable co-développement

Je développe le 1er point : quand je parle de fermer les vannes, j'entends par là qu'il faut poser des conditions drastiques à la venue en France. A vrai dire, ce ne devrait pas être des conditions de ressources, du moins pas en priorité, contrairement à ce qu'exigeait Nicolas Sarkozy, mais des conditions de culture et de maîtrise de la langue française. En somme maîtrise du français et connaissance des lois et de notre culture exigées pour venir s'installer et travailler en France, sauf quand il y a un accord spécifique avec une entreprise qui expatrie l'un de ses salariés. Nous devrions être intraitables. Les "sans-papiers" n'ont rien à faire ici dès lors qu'ils ne maîtrisent pas notre langue et n'adhèrent pas à notre culture et à notre projet social, sociétal et politique.

Évidemment pour que de tels pré-requis aient un sens, il convient de développer considérablement la francophonie et dans ces conditions de réhabiliter et de doter les alliances françaises partout où elles existent. Il faut pouvoir dispenser des cours de langue et de culture française dans les pays d'émigration et y faire une sélection sur place, et non chez nous. Tout l'inverse de la politique menée depuis près de 10 ans.

Passons au second point : soyons clairs et ne jouons pas avec les mots. Pour assurer un véritable développement dans les pays d'immigration, il est nécessaire d'y créer des emplois, cela va de soi. Une bonne partie de ces emplois ne peuvent être que des services externalisés ou des productions délocalisées de pays déjà industrialisés et développés. Les hot-line des FAI par exemple, aboutissent en Tunisie ou au Maroc, parfois en Afrique noire. Une des raisons qui rendent entre autres ridicule le programme d'un parti comme le FN, c'est l'assurance dans ses propositions de concilier jugulation de l'immigration et protectionnisme. Cela ne tient pas.

Bernard Kouchner, il y a de cela plusieurs années, avait eu le courage de reconnaître que pour partager la croissance à l'échelle mondiale, il fallait admettre un certain niveau de délocalisations. Le tout est de déterminer avec précision lesquelles nous acceptons ou non. Cela devrait faire l'objet d'un programme politique clair et explicite.

Bayrou d'abord, puis Royal ensuite, en 2007, avaient eu cette intuition de la nécessité du co-développement, sans toutefois l'approfondir au point de l'intégrer dans un programme économique complet.

J'en suis convaincu, les liens entre réindustrialisation/relocalisation, externalisation et immigration, s'ils ne sont inexctricables, sont du moins étroits. Il n'existera pas de projet valable qui ne les associent les uns aux autres de manière cohérente.

mercredi, 09 février 2011

De la Démocratie Athénienne à François Fillon et MAM...

Des prémices de ma démocratie à Athènes jusqu'à l'actuel gouvernement, 2500 années nous contemplent. La démocratie athénienne avait certainement des travers, entre autres de donner prise aux conflits d'intérêt, mais, au moins offrait-elle une certitude : ceux que le sort ou les citoyens choisissaient n'acceptaient pas la charge de diriger la cité pour s'enrichir. Diriger Athènes était considéré comme un honneur, et la vox populi du temps jugeait que les plus riches qui s'engageaient en politique devaient le faire à leurs frais. Je ne suis évidemment pas d'avis de rétablir une pratique qui a plus que largement montré ses limites, mais, j'écoutais François Bayrou ce matin sur France Info, et j'ai mesuré alors le chemin parcouru depuis les premiers temps de la démocratie.

Aujourd'hui, alors que les responsables politiques reçoivent déjà des salaires conséquents, l'État leur fournit la plupart du temps des moyens publics pour assurer des activités privées. Bayrou notait que le financement par d'autres états des vacances de nos responsables politiques n'était pas plus souhaible, au demeurant. Dès lors qu'on représente la France, on ne peut pas prendre le risque d'être redevable alors que l'intérêt privé ne doit en aucun cas rentrer en conflit avec l'intérêt général. 

Fillon et MAM ne sont pas pires que d'autres : ils ont juste pris leurs vacances au mauvais moment. Quant aux Socialistes, ils ont la mémoire courte : François Miterrand qu'ils honorent quasi-idolâtrement faisait de même.

Comme l'observe Bayrou, tous ces passe-droits qui accroissent constamment la distance qui existe entre le simple citoyen et l'homme d'État sont détestables et nuisibles à notre pays et à sa cohésion. Qu'est-ce que ce gouvernement où les hommes et les femmes d'État ne paient même plus leurs vacances mais les laissent à la charge d'hommes d'État de premier plan d'autres pays ? 

Je crois qu'il serait plus que temps de fixer un code de conduite contraignant pour nos hommes et femmes d'État.

lundi, 07 février 2011

La Tunisie est devenue le centre du monde

Ce qui se déroule en Tunisie est vraiment exceptionnel. Je me demande ce qu'il en résultera. Si la Tunisie devient une démocratie, et pour l'instant, elle en prend clairement le chemin, elle révolutionnera complètement le Magrheb et le Proche-Orient. On assiste à un déverrouillage dans précédent. En fait, c'est même mieux que cela : les verrous ont purement et simplement sauté. Les Tunisiens vivent un très grand moment dans l'histoire de l'humanité.

J'ai enfin un sondage :  je me demandais quand un institut de sondage allait avoir une bonne de le faire, un résultat de sondage sur l'opinion politique tunisienne. L'agence sigma en a donc fait un.

Difficile d'en tirer des enseignements, car la Tunisie ne connaît pas encore sa classe politique. Ceux qui craignaient l'islamisme en Tunisie en sont pour leurs frais. Si le parti islamiste est connu, son leader n'a qu'une très faible cote de popularité (moins de 4% !!!). C'est fou de se dire que seul un quart de de population connaît l'ex-parti au pouvoir, autant pour l'ancien parti d'opposition laïque, et de même pour le mouvement islamiste Ehnada. Presque la moitié de la population ignore tout de la politique. 

Finalement, la force politique qui semble la plus populaire, pour l'instant, c'est encore le gouvernement qui remporte une majorité de suffrages en dépit de la méfiance des Tunisiens.

Les Tunisiens sont reconnaissants envers leur jeunesse : ils estiment à 99% qu'elle a été le fer de lance de la révolte.

Parmi les institutions qui obtiennent un succès d'estime, on compte l'armée avec une cote de confiance de plus de 87%.

La présidentielle va être très ouverte, les Tunisiens ne savent pas pour qui ils vont voter : l'homme qui obtient le plus de suffrages est l'ancien opposant Ahmed Néjib avec 8% d'intentions de vote !!!

Il ne s'agit pas pour autant de tomber dans un optimisme béat : les islamistes tenteront d'appliquer une stratégie qui marche à peu près partout où ils ont pris pied. Ils mettront en action des organisations confessionnelles caritatives partout où il y a des besoins et se gagneront ainsi le soutien d'une partie de la population, notamment parmi les déshérités. Il est possible de contrer cette stratégie à condition de financer des programmes d'aide dans les zones désertées de Tunisie et en s'appuyant sur le tissu laïc local auquel devra en revenir le mérite.

Pour éviter de devoir affronter une "hard war", mieux vaut gagner la "soft war". Dans ce domaine, les Européens ont jusqu'ici été assez bons sur les marches de leur civilisation (l'Europe, en somme) mais vraiment pas fameux partout ailleurs. C'est en injectant massivement des fonds dans le tissu associatif solidaire laïc en Tunisie qu'on peut s'assurer de mettre en pièces les Islamistes en dépit de l'argent de la Réaction dont ils ne manqueront pas de disposer.

Cela suppose un renseignement efficace, capable de distinguer les associations transparentes des associations corrompues. Une chose est de vouloir et pouvoiir distribuer de l'aide et de l'argent, une autre est de déterminer à qui en toute confiance.

On dépense des sommes folles en avions espion, satellites et systèmes d'observation de toute sorte (et sans doute n'est-ce pas complètement inutile, j'en conviens), mais si l'on agissait en amont, c'est à dire au milieu des populations avec des relais d'information locaux, et de l'aide locale efficace, on s'épargnerait par la suite bien des soucis et bien des investissements aussi lourds que peu rentables, in fine.

samedi, 05 février 2011

L'Égypte comme l'Iran, mais lequel ?

Je ne suis pas certain de me réjouir du climat de révolte en Égypte. Bien sûr, la population cherche à chasser son despote, mais de l'autre, même s'ils n'ont pas été à l'origine des troubles, les Frères Musulmans vont tenter de récupérer la situation.

Ils ont été nombreux, en 1979, les intellectuels, à se réjouir de la révolution en Iran. Il suffit d'avoir lu le témoignage de Bani Sadr pour comprendre que les islamistes, comme les communistes à leur début au demeurant, sont prompts, même s'ils sont encore minoritaires, à prendre les rênes d'un mouvement populaire afin de l'instrumentaliser et prendre le pouvoir. Bref, je ne crois pas que ce soit la récente révolte des jeunes en Iran qui soit le modèle de la révolte égyptienne.

La prise de pouvoir par des islamistes en Égypte ferait courir un risque géopolitique majeur à toute la région. 

L'armée semble toutefois déterminée à contrôler la situation tout en évitant de heurter la population. Je suis sceptique sur Baradei : il est connu à l'étranger, les forces progressistes à l'Égypte le soutiennent, mais ce n'est absolument pas une garantie de popularité auprès des masses populaires.

Dans des révolutions comme celles qui se produisent, il faut toujours se garder d'un enthousiasme naïf : gauchistes, libéraux, syndicalistes, étudiants, parce qu'ils sont là et parlent facilement aux médias, ils ont toujours l'impression de parler au nom du peuple, voire d'être le peuple.

Mais le peuple, en Afrique du Nord, a des préoccupations plus prosaïques : il veut simplement travailler et manger à sa faim. Accessoirement, quand il se montre réceptif à une idéologie, c'est généralement celle de l'islamisme triomphant. Le temps de Nasser, fer de lance de la laïcité,  est passé de date depuis fort longtemps déjà.