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  • Grippe, ah, je viens de sniffer mon rail de h1n1...

    Et hop, toc, je suis vacciné contre la grippe et bien entendu, la souche H1N1. Il paraît qu'il y a des morts en Angleterre. Bon, je voulais vous donner des nouvelles depuis l'an dernier. Ah, tiens, je me servirais bien une seconde dose de squalène, moi. 

    Bon, déjà, je voulais vous rassurer, je n'ai pas muté, en dehors de ma troisième main et de mon deuxième cerveau, qui expliquent la cadence à laquelle je ponds des billets ici.

    Pendant ce temps, la saisonnière se propage, et avec toutes les théories complotistes, les Français ont pris un mauvais pli. Ils ne se font pas vacciner, alors que le seuil épidémique vient d'être franchi dans plusieurs régions de France.

    Par rapport à l'an dernier, cela commence à monter au moment même où cela redescendait. Mais si l'on compare à 2008-2009, la progression est à peu près similaire, tout cela d'après google, toutefois.

    Le vaccin de cette année est multi-souche et devient efficient au bout de 10 jours à deux semaines environ.

  • Moi, j'aime bien la LOPPSI 2 et d'ailleurs, je vote pour...

    Aïe, non, pas taper tous en même temps, à cent contre un, ce n'est pas loyal. Ce préambule étant passé, je ne vois pas ce qu'on lui reproche, moi, à la LOPPSI II. Tenez, je me suis même renseigné sur le site d'un opposant ad hoc : http://www.loppsi.fr/ .

    On en fait tout un plat, mais où est le problème ? La loi prévoit simplement d'impliquer les FAI en leur imposant de bloquer l'accès à des sites illicites (la loi parle de la pédophilie) quand ils ne sont pas hébergés en France. Cela me paraît une bonne chose, et j'avoue que j'ai quelque mal à suivre le choeur des pleureuses hurlant à la mort et à la privation de liberté.

    La loi prévoit aussi un délit d'usurpation d'identité : ben très bien, j'applaudis des quatre mains. 

    Ah, ce qui est comique, c'est l'argumentation de notre opposant : le net a appris à s'auto-réguler depuis 15 ans. C'est une blague ou quoi ? S'il y a bien terre sauvage genre Far West, c'est bien la Toile. Cela a des côtés sympas, parce que tout le monde peut s'y installer et y émerger (enfin, jusqu'à un certain point), mais à côté de cela, les comptes s'y règlent au colt électronique et tout le monde se fout bien du shérif.

    Il est grand temps d'y instaurer de la loi et de l'ordre, bordel ! 

    Bon, il y a tout de même quelques saloperies dans la LOPPSI, comme le fait pour l'État de pouvoir communiquer sans en aviser un propriétaire les données personnelles issues des cartes grises.

    Comme d'hab, l'internettosphère, complètement auto-centrée n'a pas pipé mot (elle n'a sans doute pas vu la chose), et, à ma grande surprise, les blogueurs libéraux sont demeurés complètement cois ! Là, en revanche, il y aurait un combat à mener, car le procédé est inadmissible.

    Tiens, j'aimerais savoir ce qu'ont finalement fait les députés, sur ce coup-là, parce qu'en séance, à moins que les compte-rendus ne soient pas complets, je n'ai absolument rien trouvé sur ce sale coup.

    L'autre chose qui m'embête, c'est l'extension des pouvoirs de sécurité données à des sociétés privées, ou même à la police municipale : ça, je n'aime pas trop non plus.

    Bref, il y a quelques points qui peuvent faire tiquer, dans cette loi, mais certainement pas ce qui concerne internet.

  • Logement social, le mauvais procès fait à Paris

    J'ai toujours jugé la formalisation de la loi SRU sur le logement social fort mal adaptée à son objectif. Il est parfaitement débile de demander à une ville de 5000 habitants et à une ville de deux millions d'habitants le même nombre de logements sociaux. C'est non moins idiot quand le prix au m2 est plus de dix fois supérieure dans la seconde à celui de la première.

    Paris frise les 20% de logements sociaux (en tenant compte de ceux qui sont en commande). La façon dont Delanoë tente d'imposer son logement social dans l'ouest parisien m'agace, de même que les critères d'éligibilité, mais on ne peut pas lui reprocher de ne pas chercher à se démener pour tenter de le promouvoir.

    19% de logements sociaux, cela signifie que plusieurs centaines de milliers d'habitants en bénéficient à Paris. Dans une ville où les prix ont explosé entre 2001 et 2010, cela me paraît plutôt une réussite que d'être parvenu à accroître la proportion de logements sociaux.

    L'assertion de Myriam Chauvot dans les Échos est stupide, quand elle affirme que Paris paie la plus forte amende de France en raison de son retard par rapport à la loi SRU : elle est aussi l'une des trois villes les plus peuplées de France. Si amende il y a, puisque la mairie de Paris a démenti, elle est de toutes façons fonction du nombre d'habitants et non de la proportion. En proportion, Paris est très loin de mal figurer en France, surtout si l'on considère sa valeur foncière.

  • Catastrophe au Secours Populaire !

    L’APPEL DU SECOURS POPULAIRE

    Voici le texte de l’appel aux dons du Secours populaire du Nord, publiés sur son site internet :

    La nuit du 27 décembre, la centrale de collectage départementale de la Fédération du Nord du Secours Populaire Français à été incendiée. Six mois de denrées alimentaires destinées aux 15000 familles les plus pauvres de notre département se sont envolées en fumée. Nous faisons donc appel à la solidarité de tous afin de pouvoir répondre aux attentes de nos bénéficiaires...
    Merci d'envoyer vos dons financiers à :

    SECOURS POPULAIRE FRANCAIS

    18-20 RUE CABANIS - BP 17

    59007 LILLE cedex

    TEL : 03 20 34 41 41

    MAIL : secourspopulairenord@wanadoo.fr

    CCP 2 555 57 Z LILLE

     

  • Aciérie en danger, que peut faire Jean Lassalle ?

    Le député MoDem Jean Lassalle, qu'on sait très sensible au sort de l'industrie dans sa région, escompte faire des pieds et des mains pour sauver une aciérie pyrénéenne. Filiale du groupe Théis France, l'entreprise Laprade, spécialisée dans le laminage à froid de l'acier, a déposé son bilan en décembre 2008. Depuis, les salariés multiplient les efforts pour tenter de sauver leur usine. Au nombre de 13, ils ont engagé chacun 10 000 euros sur le montant de leurs indemnités de licenciement et se sont échinés à trouver des partenaires avec l'aide de leur député, du département et du Conseil Régional. Les choses semblaient avancées, un partenaire solide, le groupe Acier Coste, avait apporté des garanties en avril dernier, mais le liquidataire en a jugé autrement et a repoussé le plan de sauvetage.

    En 2008, l'activité de laminage de l'entreprise est passée de 700 tonnes d'acier mensuelles à 400 tonnes seulement. Ce qui me semble dommage, c'est que dans le même temps, un groupe italien investit des sommes conséquentes pour implanter un laminoir dans les Landes. D'Arudy à Tarnos, la distance ne me semble pas si grande. Je ne suis pas un expert en métallurgie, mais peut-être un rapprochement peut-il être envisagé ? 

    La situation des salariés de Laprade va devenir bientôt critique : à l'issue du premier trimestre 2011, ils cesseront de toucher l'assurance-chômage, et comme ils ont tout investi dans leur entreprise, ils n'auront alors plus rien.

    Le Groupe Theis dont Laprade était une filiale, déclare encore cette entreprise comme une filiale sur son site. Sauf que le lien est brisé...Comme celui de Gorcy la Roche l'est aussi, faut-il en déduire que Théis réduit sa présent en France ?

    A vrai dire, il n'est pas certain que le groupe Théis joue franc-jeu dans cette histoire : il y avait en 2009 encore des commandes en provenance d'Espagne, or, le groupe a refusé de financer l'achat d'acier nécessaire à la confection des pièces laminées. Essaie-t-il de pratiquer une politique de la terre brûlée ? Cédée à un concurrent, en effet, l'entreprise pourrait redevenir un fleuron susceptible de menacer les positions commerciales du groupe.

    La difficulté, c'est que Théis envoyait des pièces d'Allemagne pour les faire revenir ensuite sur place. Dans le même temps, EADS, autrefois client de Laprade et de Theis a réduit ses coûts et, je le subodore, est allé commander de l'acier laminé à froid ailleurs. 

    Je ne doute pas de la bonne volonté de Jean Lassalle, mais que pourra-t-il faire ?

    Je ne sais pas si cela pourrait contribuer à favoriser une reprise, mais à l'heure où l'on s'informe beaucoup sur la Toile, entreprises françaises, j'ai eu toutes les peines du monde à rassembler de l'information sur l'activité exacte du laminoir. Outre qu'elles étaient parcellaires et disséminées sur des pages en cache, dans des discussions de forums et cetera, elles n'étaient bien évidemment pas en anglais.

    Si un dossier technique et commercial pouvait figurer quelque part sur Internet et être facilement identifiable, je tends à penser que cela contribuerait à faciliter les diverses négociations. J'ai passé deux heures à faire des recherches sur le laminoir, et j'ai du mal à identifier clairement son activité. Une entreprise devrait ne pas avoir à y passer plus de dix minutes. Un blogue est créé en une minute, un nom de domaine, pour 10 euros par an, acheté en aussi peu de temps. Jean Lassalle pourrait aussi l'héberger, le cas échéant, et d'ailleurs, plus généralement, je lui suggère de constituer un dossier sur chaque entreprise qu'il veut sauver. C'est peut-être très modeste comme apport, mais il ne faut rien négliger pour favoriser des opportunités.

  • Asia, impure et infidèle...

    L'opinion publique française a pu prendre connaissance du destin tragique et édifiant de la chrétienne pakistanaise Asia Bibi. Je tiens toutefois à signaler un très bon article de Célia Mercier, une envoyée spéciale du journal LiBération au Pakistan.

    Il y avait dans l'histoire d'Asia, un élément qui n'avait pas manqué de m'étonner : les voisins musulmans de la famille d'Asia refusait de manger et de boire dans la même vaisselle qu'elle. Il s'agit là de quelque chose que l'on retrouve en Inde chez les Hindous, mais, à ma connaissance, pas en terre d'Islam, tout du moins, pas dans les préceptes religieux musulmans. 

    Or, Célia Mercier a fait un vrai travail de journaliste, une vraie professionnelle en somme, en enquêtant sur les circonstances exactes des faits : le Pakistan est voisin de l'Inde, et, pour être lapidaire, il faut rappeler que jusqu'à 1947, le Pakistan n'était qu'une région de l'Inde. Enfin...des Indes, plutôt.

    Or, pendant des siècles et des siècles, et ce en dépit de la conquête puis de la domination musulmane sur l'Inde pendant 600 ans, le système des castes a perduré dans toutes les strates de la société indienne, de l'est à l'ouest et du nord au sud. La partition de l'Inde et du Pakistan n'a rien changé à cet état de fait. 

    Face à une répartition aussi rigide des statuts sociaux, seules une religion ou une idéologie universalistes et égalitaires pouvait attirer ceux-là mêmes qui se trouvaient au bas de l'échelle sociale.

    C'est donc tout naturellement que les intouchables soit adhérèrent aux thèses marxistes, au cours du 20ème siècle, soit, plus tôt dans l'histoire de l'Inde, se convertirent au christianisme. 

    Mais la culture commune n'oublia pas que ces nouveaux convertis étaient avant toutes choses des intouchables. L'animosité des musulmans pakistanais à l'égard des chrétiens locaux s'explique donc en grande partie par ce souvenir inscrit dans l'inconscient collectif indien.

    Les autorités religieuses musulmanes sont conscientes, évidemment, de cette déviation par rapport à l'éthique islamique, mais elles laissent faire par impuissance ou par calcul politique. Un mollah interrogé par Célia Mercier explique ainsi : 

    «Les musulmans ici n’aiment pas partager leur vaisselle avec les chrétiens. Ce n’est pas écrit dans le Coran, c’est mal de se comporter ainsi. Mais, même en tant que mollah, je ne peux pas dire la vérité, car c’est un tabou culturel. Les gens m’accuseraient d’être un infidèle !»

    Aussi puissantes soient-elles, les religions monothéistes ont toujours peiné à éradiquer le substrat culturel qui les avait précédé. Soit elles l'ont récupéré (spécialité du catholicisme) soit elles l'ont laissé subsister dès lors qu'il n'entravait pas fondamentalement l'expansion politique du nouveau pouvoir religieux, choix de l'Islam en plus d'une circonstance.

    Le comble de l'histoire, c'est que le Pakistan dispose d'un ministère des minorités, et qu'au final, c'est ce dernier qui finance actuellement la famille d'Asia. Le pouvoir politique pakistanais marche sur des oeufs. Évidemment, il aimerait bien exfiltrer discrètement Asia et que l'affaire s'arrête là, sans bruit. Mais de part et d'autres on ne l'entend pas ainsi : les extrémistes religieux veulent faire d'Asia un cas d'école pour asseoir leur influence et prouver qu'ils conservent la main sur la justice. Les libéraux et les progressistes (mais combien sont-ils ?) aimeraient bien enfoncer un coin dans la loi sur le blasphème. Si cette loi tombait, elle profiterait à tous ceux qui aspirent à plus de liberté, pas seulement aux Chrétiens. Mais c'est justement la confession d'Asia qui cristallise le conflit : chrétienne, elle est assimilée à l'Occident honni, et la défendre publiquement peut revenir, aux yeux d'une partie de l'opinion, à se faire les suppôts de ce même occident.

    Il n'y a d'issue pour Asia que hors du Pakistan. Ce ne sont pas seulement des fanatiques qui sont prêts à attenter à sa vie, mais ses propres voisins. Je me devais de corriger ma première note : battue, violée et torturée parce Chrétienne ET Impure.

    Ces derniers éléments avalisent en tout cas mon sentiment : à chaque cas de ce type, on trouve toujours une frange tiers-mondiste et lénifiante de l'opinion pour nous assurer de ne pas nous inquiéter et nous expliquer qu'une minorité d'extrémistes ne doit pas prendre en otage toute une religion (l'Islam, en la circonstance). Je suis au regret de devoir leur signifier que ce n'est pas une minorité mais une majorité, au Pakistan, qui partage nombre de vues des extrémistes de tout poil. Pire : l'enquête de Célia Mercier prouve même clairement que les religieux sont dépassés par leur base, contraints, in fine, de taire la vérité.

    Il faut sauver Asia, et, assurément, la France s'honorerait à lui accorder l'asile politique ; le Brésil, par la voix de Lula, n'a d'ailleurs pas entendu pour le lui proposer. Le malheur, c'est que la cause d'Asia est perdue, même si sa famille et elle demeurent sauves.

    Il eût fallu d'abord des voix fortes pour prendre sa défense, mais des voix fortes à l'intérieur même du Pakistan. Ensuite, il eût fallu aussi que ces voix fussent astucieuses : défendre Asia seulement sur la base de sa religion était risqué. On pouvait, en revanche, faire valoir que justement la condamnation n'était pas le fait de sa croyance religieuse, mais d'un ancien statut qui contredisait clairement les préceptes de l'Islam. Le malheur, c'est qu'il n'y a pas de religieux libéraux en terre de Pakistan parce qu'il n'y a pas de débat théologique.

    Il existe pourtant bien une opinion pakistanaise progressiste, qui s'exprime dans des journaux d'idées, mais aussi sur des blogues.

    Il ne convient, néanmoins, de ne guère se faire d'illusions : tout libéraux et progressistes qu'ils soient, ces blogueurs et ces journalistes font preuve du même nationalisme étroit que leurs semblables moins éduqués. Ils n'éprouvent aucune difficulté à placer sur le même plan Aafia Siddiqui et Asia Bibi.

    Or, la première, loin d'être une pauvre paysanne pakistanaise est une femme éduquée en lien avec Al Qaeda, impliquée dans des projets d'attentats. Mais voilà, même éduqués, on est prompt, au Pakistan, à invoquer le complot ou la main secrète d'Israël derrière chaque cas monté en épingle.

    Conclure plus généralement, à propos des Chrétiens d'Orient, comme le fait Romain qu'il n'y a pas choc des civilisations et que la droite ne cherche qu'à faire son beurre sur cette thématique me paraît un tantinet illusoire. Et encore, c'est un euphémisme. Ce qui est vrai en revanche, c'est que si choc il y a, il n'est pas réductible à un affrontement bloc contre bloc parce que ni l'Islam, ni l'Occident et ses valeurs d'origine judéo-chrétienne ne sont monolithiques. Il y a chocs. Pas choc, mais chocs, qui se déclinent en autant de cas de figure qu'il existe de facettes des civilisations. Parfois, de ce choc, naissent des illuminations, et parfois, au contraire des cascades de malheurs.

  • Être centriste en 2011

    Alexandre m'a demandé, dans une chaîne, une définition du centre. Mais comme je ne suis pas le seul qu'il ait interrogé, je vais avoir du mal à ajouter quelque chose d'intéressant de plus. Xerbias a en effet développé une réflexion qui recoupe à peu près à 90% mes vues sur le sujet. Nous sommes plusieurs blogueurs à nous interroger sur ce qu'est le centrisme. Certains, comme Fulrad, récusent viscéralement un positionnement de centre-gauche. D'autres font remonter la voie centrale à Cicéron (pas faux, au demeurant )! Ce qui me frappe, quand je consulte des blogues centristes appartenant pourtant à des chapelles différentes, c'est la proximité fondamentale de leurs vues.

    Entre Life's Good, Humeurs de Vache, Vogue Haleine,BobJ'ai rarement tort, le Chafouin, Xerbias que je citais, on a là une belle brochettes de blogueurs centristes que pas grand chose ne sépare quand chacun exprime son opinion. Et pourtant, ils appartiennent ou sympathisent avec des forces politiques différentes (radicaux de gauche, MoDem, Alliance Centriste, Nouveau Centre, UMP !); on y retrouve ce qui compose le centre : démocrates-chrétiens, libéraux, sociaux-libéraux. 

    Je n'y cite ni les sociaux-démocrates, ni les écologistes, parce que si je crois que les sociaux-démocrates peuvent rejoindre une formation comme le MoDem, ils ne sont pas pour autant centristes. Il en va de même pour les écologistes, à la notable exception de Cap21 qu'on peut assimiler à des sociaux-libéraux verts. Il y a quelques socialistes qui sont proches des centristes, comme Gérard Collomb, François Rebmasen ou encore Manuel Valls, mais ils demeurent une exception, en dépit de leur poids politique localement. Bockel, à n'en pas douter, aurait certainement fait bonne figure au centre, mais il a finalement choisi de s'associer à l'UMP.

    Qui taguer sur une telle réflexion ? J'aurais dit Laurent de Boissieu, mais il a répondu, d'ores et déjà, avec sa foire aux questions sur le centre. Je crois que ce serait tout de même intéressant d'avoir l'avis d'un blogueur comme Romain, proche de Collomb et clairement positionné au centre-gauche. J'ai cité le Chafouin, qui représente, pour moi, la démocratie-chrétienne traditionnelle. Si le coeur lui en dit, j'aimerais avoir son avis. Rubin incarne cette aile libérale qui s'est reconnue à un moment donné en Bayrou et demeure une composante du centrisme, même si elle est souvent occultée.

    Il serait dommageable sur un sujet de cet acabit, de ne pas demander l'avis d'un chroniqueur en ce domaine aussi avisé que l'est Hervé. Je n'ai jamais su trop classer Polluxe, mais je crois qu'elle entre aussi dans la mouvance centriste. C'est peut-être bien parce que je ne parviens pas à la classer qu'elle y figure, d'ailleurs...

    Il y a un dernier blogueur que je voudrais interpeller, mais cela suppose que son blogue se réveille du long sommeil dans lequel il est plongé : KPM. Il incarne, avec quelques autres assez rares au MoDem, cette lignée issue de l'entre-deux guerres, présente d'abord dans la résistance puis au MRP, et qui se dispersa jusqu'à la constitution de la Nouvelle UDF puis du MoDem : le personnalisme. Elle se manifeste notamment dans un courant anti-libéral au MoDem qui donne parfois de la voix. Pas facile de al concilier avec les libéraux présents dans ce même parti...

  • La SNCF peut-elle imploser ?

    Tiens, les déplacements en train, parlons-en. Quand je m'entretiens avec des personnes qui traversent la France de part en part en utilisant le chemin de fer, je suis effaré d'en constater la dégradation continue. Jeune, j'ai beaucoup pris le train. Je ne crois pas avoir été spécialement chanceux quand j'affirme qu'il y a encore 20-25 ans, les retards étaient l'exception. Je me souviens très bien d'avoir été impressionné à de nombreuses reprises par l'exactitude parfaite des trains de la SNCF. Comme dans le même temps je voyageais de temps à autre à l'étranger, je ne pouvais que constater avec fierté à quel point la qualité de notre réseau national l'emportait sur ceux des autres pays.

    Je me suis longtemps demandé comment on en était arrivé au point où nous en sommes aujourd'hui, et, j'en ai pas mal discuté avec des usagers, notamment des usagers anciens.

    Il y a, semble-t-il, une cause première fort simple : l'explosion du trafic. Toujours plus de trains, avec des cadences toujours plus soutenues. La circulation ferrée est tellement intense, avec l'accroissement des échanges, sur le territoire français, qu'elle devient très difficile à gérer.

    A cela s'ajoute un sous-entretien des voies ; les sommes investies pour les maintenir sont très inférieures à ce que consentent les autres pays européens, alors même que la France est une plaque tournante de l'Europe.

    En cinquante ans, les effectifs de la SNCF ont été divisés par deux, c'est à dire qu'ils sont passés de 350 000 individus à environ 175 000. Je veux bien concevoir que le progrès technique explique une partie de ces diminutions, mais j'ai aussi cru comprendre que les progrès en termes de rendement et de rentabilité de l'entreprise étaient en grande partie liés à une politique de contraction de l'emploi.

    Toute la difficulté, désormais, c'est qu'il va bien falloir régler la dette de l'entretien des voies. Ce dernier n'incombe plus à la SNCF, désormais, mais à l'État. Or, la facture se chiffre en milliards d'euros (15 milliards). La SNCF risque de toutes façons d'avoir d'autres chats à fouetter : elle va devoir renouveler son matériel roulant, ce qui suppose des investissements très lourds.

    La solution, pour l'État, qui ne peut se permettre de creuser davantage son déficit, est d'instaurer un droit de péage que la SNCF devra lui régler ; la SNCF ou toute autre compagnie ferroviaire. Mais il deviendra alors difficile de demander à la SNCF de pratiquer des tarifs sociaux. 

    Il va bien falloir se résoudre, in fine, à devoir trancher entre un réseau en mauvais état mais peu coûteux pour l'usager à utiliser, ou au contraire des voies flambantes neuves, mais avec des prix en croissance exponentielle ou presque.

    Dans le même temps, la SNCF doit subir la concurrence des compagnies aériennes low-cost. Peut-être pas indéfiniment, toutefois : le ciel français devient petit à petit aussi encombré que les voies ferrées ou les routes automobiles. 

    J'observe que la problématique du transport touche tous ses modes. Bertrand Delanoë décidant de fermer Paris aux automobiles sur le seul critère de leurs émissions de CO2, c'est ridicule, et cela montre combien l'homme ne réfléchit guère au-delà de son périphérique. Bertrand Delanoë ne se demande ce qu'il peut faire pour fluidifier le transport ; il se demande ce qu'il peut faire pour gentrifier sa ville et, au passage, empoisonner l'existence des automobilistes qui la traversent. Et le plus grave, c'est que les mairies de la petite couronne parisienne commencent à l'imiter...

    Sébastien Musset fait bien de constater l'entassement des transports à Paris. Il n'est d'ailleurs pas le seul. Il voit également juste en visant une décentralisation incomplète. Mais ces deux sympathiques blogueurs de gauche se fourrent le doigt dans l'oeil s'ils espèrent sincèrement que le transport collectif puisse être la solution à leurs maux.

    Peut-être faut-il se demander si nous n'en sommes pas arrivés à saturation quant aux transports sur notre territoire national. Les transports en commun dont nombre de forces politiques se sont faits les apôtres en lieu et place de l'automobile sont-ils seulement en mesure d'absorber un surcroît de voyageurs ? J'ai quelques doutes sur la question.

    Dès lors, si les utilisateurs principaux sont des utilisateurs professionnels, il est à envisager, avec le développement des diverses formes de la communication à distance, de repenser le rapport entre le travail et les déplacements. Leur limitation suppose une autonomisation accrue des taches, et donc, une organisation différente des entreprises en premier lieu, de la société à terme.