lundi, 27 décembre 2010

La SNCF peut-elle imploser ?

Tiens, les déplacements en train, parlons-en. Quand je m'entretiens avec des personnes qui traversent la France de part en part en utilisant le chemin de fer, je suis effaré d'en constater la dégradation continue. Jeune, j'ai beaucoup pris le train. Je ne crois pas avoir été spécialement chanceux quand j'affirme qu'il y a encore 20-25 ans, les retards étaient l'exception. Je me souviens très bien d'avoir été impressionné à de nombreuses reprises par l'exactitude parfaite des trains de la SNCF. Comme dans le même temps je voyageais de temps à autre à l'étranger, je ne pouvais que constater avec fierté à quel point la qualité de notre réseau national l'emportait sur ceux des autres pays.

Je me suis longtemps demandé comment on en était arrivé au point où nous en sommes aujourd'hui, et, j'en ai pas mal discuté avec des usagers, notamment des usagers anciens.

Il y a, semble-t-il, une cause première fort simple : l'explosion du trafic. Toujours plus de trains, avec des cadences toujours plus soutenues. La circulation ferrée est tellement intense, avec l'accroissement des échanges, sur le territoire français, qu'elle devient très difficile à gérer.

A cela s'ajoute un sous-entretien des voies ; les sommes investies pour les maintenir sont très inférieures à ce que consentent les autres pays européens, alors même que la France est une plaque tournante de l'Europe.

En cinquante ans, les effectifs de la SNCF ont été divisés par deux, c'est à dire qu'ils sont passés de 350 000 individus à environ 175 000. Je veux bien concevoir que le progrès technique explique une partie de ces diminutions, mais j'ai aussi cru comprendre que les progrès en termes de rendement et de rentabilité de l'entreprise étaient en grande partie liés à une politique de contraction de l'emploi.

Toute la difficulté, désormais, c'est qu'il va bien falloir régler la dette de l'entretien des voies. Ce dernier n'incombe plus à la SNCF, désormais, mais à l'État. Or, la facture se chiffre en milliards d'euros (15 milliards). La SNCF risque de toutes façons d'avoir d'autres chats à fouetter : elle va devoir renouveler son matériel roulant, ce qui suppose des investissements très lourds.

La solution, pour l'État, qui ne peut se permettre de creuser davantage son déficit, est d'instaurer un droit de péage que la SNCF devra lui régler ; la SNCF ou toute autre compagnie ferroviaire. Mais il deviendra alors difficile de demander à la SNCF de pratiquer des tarifs sociaux. 

Il va bien falloir se résoudre, in fine, à devoir trancher entre un réseau en mauvais état mais peu coûteux pour l'usager à utiliser, ou au contraire des voies flambantes neuves, mais avec des prix en croissance exponentielle ou presque.

Dans le même temps, la SNCF doit subir la concurrence des compagnies aériennes low-cost. Peut-être pas indéfiniment, toutefois : le ciel français devient petit à petit aussi encombré que les voies ferrées ou les routes automobiles. 

J'observe que la problématique du transport touche tous ses modes. Bertrand Delanoë décidant de fermer Paris aux automobiles sur le seul critère de leurs émissions de CO2, c'est ridicule, et cela montre combien l'homme ne réfléchit guère au-delà de son périphérique. Bertrand Delanoë ne se demande ce qu'il peut faire pour fluidifier le transport ; il se demande ce qu'il peut faire pour gentrifier sa ville et, au passage, empoisonner l'existence des automobilistes qui la traversent. Et le plus grave, c'est que les mairies de la petite couronne parisienne commencent à l'imiter...

Sébastien Musset fait bien de constater l'entassement des transports à Paris. Il n'est d'ailleurs pas le seul. Il voit également juste en visant une décentralisation incomplète. Mais ces deux sympathiques blogueurs de gauche se fourrent le doigt dans l'oeil s'ils espèrent sincèrement que le transport collectif puisse être la solution à leurs maux.

Peut-être faut-il se demander si nous n'en sommes pas arrivés à saturation quant aux transports sur notre territoire national. Les transports en commun dont nombre de forces politiques se sont faits les apôtres en lieu et place de l'automobile sont-ils seulement en mesure d'absorber un surcroît de voyageurs ? J'ai quelques doutes sur la question.

Dès lors, si les utilisateurs principaux sont des utilisateurs professionnels, il est à envisager, avec le développement des diverses formes de la communication à distance, de repenser le rapport entre le travail et les déplacements. Leur limitation suppose une autonomisation accrue des taches, et donc, une organisation différente des entreprises en premier lieu, de la société à terme.

 

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samedi, 17 avril 2010

La voiture est-elle l'avenir de l'homme ?

Tiens, je viens de lire quelques billets qui m'ont bien fait rigoler ; c'est tout d'abord Olivier, sorti de son antre, qui a décidé de partir à l'aventure et de se rendre de Rodez à Lyon. Un parcours hexagonal transversal, en somme. En fait le plus rigolo, ce n'est pas son annonce, c'est sa relation d'aventure. Après avoir tenté un aller avec la SNCF, maintenant, il a compris comment vivent les Sri-lankais. Je relève tout de même qu'un Néo-Zélandais (à une demi-circonférence terrestre d'ici) lui révèle avoir mis autant de temps pour faire 800 kms en France avec la SNCF que pour venir de son pays jusqu'en France...Au retour, co-voiturage pour limiter les frais : il est tombé sur un gars qui a cessé d'utiliser la SNCF à cause des trains qui ont failli lui coûter son job... Il y a un autre blogueur qui a mal vécu la grève, constatant que les grévistes du SUD de la France, parviennent à semer encore plus de chaos qu'un volcan islandais. Je crois qu'il n'a pas trop apprécié la blague, le Toréador, et je le soupçonne d'avoir vu rouge en essayant de réserver ou prendre un train...

Il y a peut-être des bouchons sur les routes, mais, admettons que l'automobile, sauf quand elle tombe en panne, est tout de même plus fiable, pour les vacances et les rendez-vous...Voilà pourquoi l'acharnement thérapeutique des uns et des autres pour supprimer l'automobile avec moult promesses de transports en communs plus performants (souvenez-vous des programmes écolo et socialiste pendant les régionales) doit faire doucement rigoler les usagers, j'imagine, à l'heure actuelle. Non, voyez-vous, j'ai bien peur qu'en réalité, les transports en commun aboutissent dans une impasse une fois sur deux...

15:09 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : transports | | |  Facebook

mercredi, 10 mars 2010

La bagnole est-elle l'avenir du Francilien ?

J'ai bien rigolé, en lisant le dernier billet de Vincent Bénard : je me suis imaginé l'oeil exorbité de l'écolo lisant l'article. A vrai dire, il prend vraiment à rebrousse-poil la doxa ambiante sur le transport. On ne jure plus que par les transports collectifs notamment ferroviaires, or, Vincent Bénard observe qu'ils coûtent une véritable fortune en termes d"investissements, alors qu'ils assurent moins de 5% des déplacements. A comparer avec l'automobile qui en garantit 86% ! Vincent Bénard remarque que le chemin de fer est apparu au XIXème siècle : c'est un moyen de transport qui a connu son âge d'or aux deux derniers siècles, mais, fondamentalement, ce n'est pas un manière de se déplacer qui correspond à la demande de mobilité qui est la nôtre. En réalité, rien, absolument rien n'égale la performance de l'automobile, sauf à lui mettre des bâtons dans les roues, ce en quoi excellent Socialistes et Verts.

Sur la foi de ce qu'il affirme, je me plais parfois à faire un calcul : combien coûte la mise en place d'un TER ? Il cite par exemple la ligne Nantes-Chateaubriant qui coûtera 200 millions d'euros d'investissement. Voyons, 200 millions d'euros d'investissement, c'est le prix de 10 000 berlines genre peugeot 407 (on trouve de belles remises en 1 litre 6 diesel, actuellement). Voyons, selon le Direction Régionale de l'Équipement, on peut tabler sur 4 000 trajets quotidiens. Donc, en gros, si le Conseil Régional faisait l'acquisition de 4 000 407 peugeot, ça lui coûterait 60% de moins, pas de frais d'entretien massif, en comparaison du matériel roulant du rail (estimé à 40 millions d'euros) pour le même résultat...

Extrapolons : c'est peut-être plus rentable de payer une ligne de bus, avec un bus rapide, confortable et performant pour les voyageurs qui ne veulent vraiment pas de la voiture, et des automobiles pour les autres. En outre, quand je compte 4000 407, c'est un passager par véhicule. Si je remplace une 407 par une 107 peugeot, par exemple, ce n'est plus 4000 bagnoles mais 12 000 que l'obtiens comme parc.

Bon, évidemment, il faut avoir le courage d'investir dans les infra-structures routières. A défaut d'un carburant, propre, on peut mettre en place des véhicules électriques. C'est plus cher que des automobiles diesel, mais toujours moins que la ligne de chemin de fer...

Côté bilan Carbone, on l'ignore, mais ne pas oublier que l'automobile recycle 90% de ses composants. Une sacrée performance. Pourquoi Peugeot ? Parce que Peugeot maintient 2/3 de ses emplois en France, alors que Renault en délocalise la même proportion. Alors autant favoriser l'industrie qui se trouve sur notre sol.

J'ai pris cet exemple dans les Pays de la Loire, mais en île de France, il y a de la marge aussi. Vincent Bénard observe que 60% des déplacements se font de banlieue à banlieue : il vaudrait mieux finir de boucler l'A86 une bonne fois pour toutes, et penser à de nouvelles voies de circulation plutôt que de construire des lignes tangentielles coûteuses, peu pratiques et peu exploitées.

Il y avait eu un débat serré sur ce blogue, au sujet du bouclage de l'A86 entre Alain Lipietz et moi, au moment de la législative partielle de Plaisir dans les Yvelines, en octobre dernier. Je suis très étonné, comme Vincent Bénard de ne pas voir ressurgir le sujet pendant ces régionales. Pas de chance : il y avait une liste centriste qui voulait en faire l'une des pierres angulaires de son programme, Plan d'Urgence, mais elle n'a pas réussi à se constituer. Cette liste observait que les autres listes cèdent à des effets de mode sans considérer l'île de France à long terme.

Ils sont un peu durs : il y a tout de même une liste qui a eu le courage d'en parler dans son programme. Je suis content que cette liste soit celle d'Alain Dolium, donc, du MoDem.

Q33 : Je ne bénéficie pas de transports en commun car j’habite dans une zone rurale. Pour me déplacer, je prends ma voiture mais aller à Paris est une vraie galère. Comment améliorer la circulation ?

1. l’achèvement des rocades de contournement pour détourner les trafics de la zone centrale de l’agglomération ;

2. la mise à l’étude de voies dédiées au fret routier pour limiter le nombre de camions en transit ;

3. la mise en place d’une voie supplémentaire sur certains tronçons de route ;

4. le développement de l’information en temps réel (IdF trafic 24/24) sur des supports variés.

Se pose également la question des tronçons d’autoroutes payants en Île-de-France (A10, A4, A6 ou A14) : quand les réseaux de transports en commun font défaut, il s’agit de trouver des solutions compensatoires (que la Région pourrait engager avec l’État et les concessionnaires d’autoroutes) en faveur des automobilistes concernés. Il nous parait indispensable que la Région puisse avoir une compétence régionale spécifique pour les voies autoroutières régionales, afin d’optimiser le réseau. Enfin, des voies spécifiques dédiées aux deux-roues permettront de diminuer le flux sur certains axes.

Q34 : Les poids lourds provoquent des nuisances lors des traversées d’agglomérations, existe-t-il un moyen pour réduire le flux de ces camions ?

R34 : Le transport routier répond encore à une nécessité de notre tissu économique. La protection de notre environnement nous impose cependant de concevoir le transport de marchandises en fonction des objectifs de développement durable. La priorité est de réduire le flux de camions qui traversent la région sans s’y arrêter. C’est pourquoi, nous proposons de :

- Mettre en place un schéma régional pour le fret, de façon à limiter les transits par camion de marchandise dans la région : fret à grande vitesse, ferroutage et voies fluviales ;

- Aider à l’acquisition de véhicules propres pour les collectivités et les transporteurs assurant des dessertes locales. Nous développerons aussi des zones intermédiaires de stockage logistique pour limiter les déplacements de poids lourds dans les agglomérations.

Pas de risques de trouver quelque chose de ce genre ailleurs. Chez Europe écologie, même pas la peine d'y penser, même en rêve, et côté UMP et PS on cherche bien trop à surfer sur la vague de l'écologie pour se risquer à de telles déclarations. Sans surprise, le MoDem reprend la position qui était celle de Richard Bertrand à la législative partielle sur la nécessité des bouclages de contournement.

Conclusion, ceux qui se retrouvaient dans le programme de Plan d'Urgence, peuvent en retrouver quelques éléments dans celui du MoDem.

Tiens, je lisais le dernier numéro de l'Itinérant, un journal de rue francilien vendu par des SDF: ça fait deux trois numéros que Ladislasz Von Martinidesz, l'éditorialiste, leur taille un sacré costard aux écolos, avec un certain nombre de réflexions de bon sens sur les incertitudes climatiques (par exemple, que les effets d'un réchauffement climatique se font sentir plus de 200 ans après son début, ou encore qu'il y a 8 000 ans, l'ours polaire existait déjà et a survécu à un réchauffement bien plus intense que celui auquel on s'attend à l'heure actuelle). Clairement, l'Itinérant s'est rangé dans le camp de ceux qu'on appelle les climato-sceptiques, et goûte très modérément, c'est le moins que l'on puisse dire, l'écologie boboïsée et les leçons de morale de nos écolos de salon...

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lundi, 08 février 2010

Transports, Alain Dolium pose la bonne question !

Bon, je viens d'écouter le débat sur LCI entre Dolium, Dufflot, Pécresse et Huchon. Je trouve qu'Alain Dolium a le mérite de poser la question comme il faut la poser : on s'en fout des grands projets, ce qu'on veut, ce sont des solutions tout de suite. Ok, très bien.  J'ai vu qu'il connaissait les problèmes concrets (par exemple, passer  de Montrouge à Velizy). Son idée d'une agence "gendarme du logement", soit pourquoi pas, je demande à voir. Mais maintenant, ce que j'attends, puisqu'on me dit qu'il n'est pas finalisé, tout du moins dans sa version "hard", j'attends son programme pour savoir ce qu'il propose concrètement. La balle est dans son camp.

23:21 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dolium, modem, transports | | |  Facebook

Programmes pour les transports en île de France

J'étudie de près les programmes des différents partis politiques pour l'île de France. C'est en fait assez simple de le résumer : Huchon et les Socialistes se satisfont du statu quo et donnent quelques touches vert pâle à leur projet. Les Verts, c'est plus simple : ils s'apprêtent à organiser la paralysie générale du transport routier et la fin du stationnement partout où ils auront le pouvoir : on peut déjà prévoir un budget spécial fourrière et PVs s'ils accèdent au pouvoir. Il faut lire leur programme , il a le mérite d'être clair : ils escomptent faire circuler davantage de bus dans des couloirs privilégiés, comme ils disent, quitte à en créer d'autres. Comme on sait qu'ils sont hostiles à toute expansion de l'espace routier, ce sera forcément par rétrécissement de l'existant. Proposer aux entreprises de se localiser de manière à réduire les temps de transport, c'est ridicule et infaisable. Les entreprises aussi ont besoin d'être mobile. Le but, c'est de pouvoir se déplacer très vite d'un point à un autre de l'île de France, c'est pas sorcier à comprendre, tout de même.

Le MoDem, c'est facile d'identifier le programme sur le transport, y'en a pas ou presque : c'est du simili-vert (en nettement plus creux) sans les aspects les plus totalitaires et ayatollesques. Alain Dolium veut faire fonctionner correctement l'existant : très bien, le problème, c'est que dans la catégorie irréaliste, en voilà une promesse sans lendemain. Les failles, c'est consubstantiel de l'organisation et du maillage du territoire par les réseaux ferrés d'île de France. Si cela pouvait se résoudre d'un coup de baguette magique, ça se saurait. Je ne lui jette pas la pierre à Alain Dolium : les autres candidats disent tous la même chose !

C'est simple à comprendre, pourtant : l'île de France est engorgée. Engorgée, et les mesures prises par  Delanoë et ses alliés verts, puis plusieurs maires de gauche de la proche-couronne déterminés à faire leur Delanoë dans leur royaume, ont aggravé les choses, en plus de coûter une véritable fortune (plusieurs milliards d'euros) en 6 années. Si, pendant ce temps, l'argent avait été investi dans des solutions de type métrophérique (une bonne idée de Christian Blanc mais à échéance trop lointaine) que de temps nous aurions alors gagné. Au lieu de cela, les différents partis en lice en sont tous à essayer de trouver des correctifs aux problèmes générés par ceux qui détiennent Paris, la Région et une bonne partie des communes d'île de France depuis 6-7 ans.

Reste l'UMP : je regrette de devoir dire que c'est pour l'instant le parti le plus proche de ce que j'attends en termes de transport. Bonne idée de prévoir un axe routier supplémentaire (et pas de les réduire, au contraire, comme veulent le faire les Verts) pour les transports propres et collectifs, bonne idée de boucler la Francilienne, et bonne idée également d'envisager un wagon réservé aux femmes en Seine Saint-Denis. Ça, au moins, ce sont des propositions concrètes.

Bon, c'est pas compliqué à comprendre : les Franciliens, ils veulent mettre moins de temps pour se rendre sur leur lieu de travail, se déplacer facilement et en sécurité. C'est hallucinant : pour se rendre du sud de l'Essone au nord du Val d'Oise, il faut jusqu'à trois quatre heures si l'on n'est pas sur un grand axe, plus de temps que pour aller de Paris à Lyon. Et vive la région...!

Alors les billets gratuits, les zones pass et compagnie, c'est secondaire à côté. Ça peut venir, mais après, après avoir amélioré le temps de transport.

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mardi, 02 février 2010

PS, UMP, Verts, ils n'ont décidément rien compris !

Je commence à parcourir les programmes des différents candidats pour les prochaines élections régionales, notamment en île de France. Et je suis exaspéré : Pécresse, Huchon, Duflot, ils ne comprennent décidément rien à rien en ce qui concerne les besoins des Franciliens pour les transports. Leurs mesures tiennent en deux axes : des tarifs bas, uniques, spécifiques et tutti quanti pour une catégorie de population (jeunes, vieux et cetera...) et des projets pharaoniques que les enfants de nos enfants verront peut-être un jour. En somme, strictement rien pour améliorer l'offre (et la rapidité !!!) des transports existant. Rien pour faire en sorte que l'on puisse se déplacer plus vite d'un point de l'île de France à un autre. On s'en fout des gratuités de toutes sortes (c'est bien le moment, tiens !). Ils feraient mieux, tous «verdâtrisés» qu'ils sont, de se préoccuper de décongestionner les transports, voilà la priorité.

Seuls le MoDem, et une coalition de libéraux et de centristes (Parti libéral-démocrate, Alliance centriste, Gauche Moderne) semblent s'être penchés sur la question. Alain Dolium propose de développer le réseau de bus de banlieue à banlieue, observant que c'est l'un des moyens de transport les moins coûteux, et la liste des seconds (Plan d'Urgence pour l'île de France),propose de libérer la concurrence sur les dessertes assurées par des lignes de bus RATP ou SNCF afin d'accroître l'offre de bus. Elle suggère également de boucler les projets autoroutiers nécessaires à la fluidification de la circulation automobile. Cette dernière liste a d'ailleurs le mérite d'avoir un plan précis et pragmatique sur la question des transports, particulièrement individuels. J'aimerais bien en voir autant ailleurs...

Je ne saurais que recommander la lecture des tribulations de Jean-Paul chez Hashtable, bien évidemment, pour compléter l'information. Il faut dire qu'il y a de la répartie en face, avec Chantal Jouanno qui s'est pris un mawachi gueri pleine tronche avec son projet d'automatisation de la ligne 14... J'ai lu également que la tête de liste parisienne envisageait de rétablir le bon vieil octroi moyen-âgeux féodal qui permettait l'entrée dans la ville (plus communément appelé péage urbain, de nos jours). Franchement, je me demande si je ne vais pas envisager une partie de pêche au second tour des élections régionales si Dolium n'y est pas, moi. Et à vrai dire, même au premier tour, le MoDem a intérêt à être compétitif, parce que le projet des libéraux et des centristes me tente drôlement, moi...

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mardi, 16 juin 2009

MoDem versus Verts, l'enjeu des transports en région

J'ai quelques mois d'avance, très certainement, sur les élections régionales, mais je crois que les défis qui attendent le MoDem sont si lourds à relever que nous avons tout intérêt à nous pencher d'ores et déjà dessus. Pour moi, il ne fait pas l'ombre d'un doute que l'enjeu majeur et prioritaire des prochaines élections régionales, c'est le transport. Une problématique que l'on peut d'ailleurs lier avec le temps de travail, tant elles sont éminemment associées.

Le transport, dans nos sociétés modernes, représente un temps considérable, et, à certains égards, à la fois une perte en termes économiques et un problème de santé publique puisqu'il épuise les Français et impacte lourdement leur vie de famille ou leurs réseaux de relations.

En île de France, par exemple, ce doit être à mon avis la pierre angulaire de toute réflexion économique et sociale. Évidemment, les transports ont également un rapport direct avec la qualité de l'environnement, et toute la difficulté, cela sera de résoudre des équations en apparence impossibles. On peut deviner ce que seront les positions de quelques partis d'après leurs programmes municipaux en 2008. On sait, par exemple, que les Verts sont prêts à paralyser tout le trafic en île de France ou, à défaut, à doubler les temps de transport des Franciliens pour améliorer la qualité de l'air. C'est leur priorité absolue. L'amélioration des transports publics ne vient qu'en second.

Las des bonnes paroles, les Franciliens pourraient bien se révolter. La situation n'a cessé de s'aggraver cette dernière décennie, et les mesures des municipalités, prises souvent sans concertation avec le voisinage, tout particulièrement à la Mairie de Paris, ont créé parfois des situations inextricables.

J'entends depuis un moment parler du Grand Paris. Mais le Grand Paris, les Franciliens, ils s'en foutent. Pas la peine de sauter comme des cabris en criant Grand Paris, Grand Paris ! Ce qu'ils veulent, les Franciliens, c'est circuler vite, en île de France. Peu importe que cela soit en automobile ou en transports en commun. Ils veulent simplement pouvoir aller vite d'un point à un autre. Or, actuellement, même pour de courtes distances, les transports en commun prennent un temps considérable.

Les seules mesures imaginées par les Verts et les Socialistes ont consisté, pour l'instant, à accroître les temps de parcours des automobiles. La Région île de France a pris un retard, en matière de transports publics, tel qu'elle va finir par en crever. Ils sont sales, ils sont vieillis, ils sont dangereux dans certains secteurs en raison de la délinquance et ils sont lents. Voilà quel portrait on peut dresser de nos transports.

Le métrophérique est une arlésienne. On en parle beaucoup, et même depuis longtemps, mais on ne le voit jamais.

La question du transport ne devrait pas seulement se décliner à l'aune des noeuds de communication mais aussi de l'organisation du travail. Ainsi, favoriser le travail à distance, c'est aussi limiter le transports. Le MoDem ne devra pas faire l'économie d'une réflexion de fond sur le sujet en se gardant bien, là aussi, de sauter comme un cabri, à l'instar des autres formations politiques, en clamant "haut débit, haut-débit !". Pas plus que le Grand Paris, le haut-débit n'est la solution universelle à tous les maux de l'île de France. Il faudra plutôt enquêter auprès des entreprises ou des administrations qui utilisent le télétravail et pour lesquelles ça marche.

A en lire les épanchements de mon crapouillot favori, je vois bien que le problème des transports se décline également en province. Il est évident que le maillage du territoire par des transports publics de qualité et rapides va représenter un enjeu de première importance pour conserver une certaine qualité de vie et assurer un développement harmonieux du territoire. Pour des questions de commodités, nous allons vers des mégalopoles monstrueuses dont les problématiques ne se liront plus à l'échelle de la municipalité mais, au-delà du département encore, à celle de la région. Je ne suis pas certain que ce soit ce développement-là que je souhaite pour mon pays. Le problème, c'est que les très grandes villes aspirent à absorber toujours plus de communes autour d'elles.

En île de France, la position traditionnelle des centristes (UDF, puis MoDem et Nouveau Centre) c'est  l'extension de la municipalité parisienne. Sa taille actuelle tend à l'affaiblir économiquement face aux autres capitales mondiales. Valérie Sachs, ex-candidate UDF-MoDem aux législatives, devenue par la suite Centriste indépendante aux élections municipales avait établi clairement, fin 2007, les insuffisances de la mandature et les défis à relever afin de faire de Paris une capitale de premier ordre. Le Grand Paris apparaît régulièrement comme objectif prioritaire et solution dans ce rapport. Mais jamais il n'est concrètement évoqué. Il se trouve que ce sujet est le sujet qui fâche par excellence, et qu'aux Régionales en île de France, on va certainement en entendre parler. Christian Blanc (Nouveau Centre) est demeuré transparent pour ne pas dire diaphane pendant plusieurs mois sur le sujet, en dépit de sa mission, et on sait l'acromonie qui existe entre Huchon, l'actuel président de la région IdF et Delanoë le maire de Paris, sur ce thème. Et pour cause : il y a là une situation particulière puisque communes, départements et région se télescopent frontalement.

Nicolas Sarkozy a mis son grain de sel là-dedans depuis quelques mois, évidemment. Sur le papier, son Grand Paris vert est séduisant. En apparence du moins... Moi, ce qui me frappe, c'est le chapitre "transports", je reviens à mon sujet. On parle de transports doux, de métros, tramways et tutti quanti. La Région s'apprête à investir des milliards d'euros pour favoriser les déplacements en île de France.

Moi, je m'en fous de leurs tramways, de leurs prolongations de métro et tutti quanti. Je m'en tape. Je n'en ai rien à carrer. Ça m'en touche une sans faire bouger l'autre, comme dirait l'Chichi...

Comme le Crapaud en son temps, je souhaite aussi lever le voile sur certaines impostures , mais, pour la circonstance, il ne s'agit pas des impostures politiques mais des contradictions des Verts dans le domaine économique. Ça va chauffer, parce que je compte bien leur mettre le nez dedans et il faudra que les Verts choisissent entre leur fibre verte et leur fibre sociale, compte-tenu de leurs orientations économiques, toute entière tournées vers la décroissance et l'arrêt du développement. Mais il n'y a pas que les Verts : il y a aussi les socialistes qui parlent d'écologie et détruisent dans le même temps une large part d'espace vert au Jardin d'Acclimatation à Paris et sont déterminés à édifier des tours monumentales. Et ils n'en sont pas à leur coup d'essai : Sainte-Perrine a failli se faire amputer également d'une bonne partie de ses arbres, avec l'aval de la majorité socialiste en dépit des dénégations d'un de ses élus...

Côté UMP, on a déjà une approche de ses priorités en île de France avec le programme européen de Michel Barnier, tout entier tourné vers la région. Un catalogue de bonnes intentions dont on attend de voir les premiers prémices...

Moi, in fine, ce que je veux savoir, c'est si je peux me rendre sur mon lieu de travail en un temps décent. Et ce que je veux aussi, c'est respirer dans ma région et aller facilement d'un point à un autre. Je ne veux pas mettre 3/4 d'heures à passer d'un endroit à un autre quand je mets 10 minutes en automobile. Et je ne veux pas, comme les Verts le souhaitent, que l'on congestionne la circulation afin que je mette 3/4h également en voiture pour faire mon trajet. Bref, je voterai pour le parti qui me proposera une solution réaliste en la matière et qui saura articuler ces deux exigences. Et j'espère bien que ce parti, ce sera le MoDem.

 

jeudi, 24 juillet 2008

Philippe Arnaud utilise la LME pour favoriser les transports collectifs

Arnaud.jpgZarathoustra , dans l'Ainsi parlait Zarathoustra de Nietzsche dit qu'il ne souhaite pas être le pont qui conduit au surhomme mais simplement une pierre de ce pont. Le raisonnement vaut pour les effets de serre. Je prends l'exemple d'un amendement tout simple proposé par Philippe Arnaud, sénateur UDF-MoDem à la LME. Le voici :

Les articles L. 2333-64 et L. 2531-2 du code des collectivités territoriales, visés au VIII de l'article 12, concernent le seuil des effectifs de l'entreprise pris en compte pour la contribution au financement des transports en commun, dite "versement transport".

Or l'augmentation de ce seuil, porté de 9 à 10, entraînera inéluctablement une diminution de cette contribution et par voie de conséquence, du financement affecté aux transports collectifs dont le développement est pourtant déclaré prioritaire dans la lutte pour la réduction des gaz à effet de serre.

Il est donc proposé de supprimer la modification du seuil, envisagée dans cet article
.

Et voilà. Et cela a été adopté. 

 

 

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mardi, 08 janvier 2008

Automobiles en libre service à Paris ?

Mettre en place des automobiles en libre-service, à Paris, voilà une idée qui fait son chemin au sein de la classe politique parisienne. L'idée est d'installer des véhicules électriques dans des stations, un peu sur le même modèle que le velib parisien. Un autolib, en somme. Il existe bien un autolib à Lyon, mais le nombre de stations et de véhicules est très insuffisant.

Bertrand Delanoë songe à un projet de ce type pour 2008, et très précisément, envisage 2000 véhicules. Pas en reste, Françoise de Panafieu pense, elle, à 2500 véhicules. Les Verts y avaient pensé dès 2003, mais n'avaient finalement pas fait aboutir le projet (et ô combien c'eût été bien plus intelligent, pour faire baisser la circulation automobile plutôt que d'empoisonner l'existence des automobilistes par des méthodes coercitives et souvent injustes à tout point de vue).

L'UDF-MoDem de Marielle de Sarnez y réfléchit également depuis un moment, puisque l'idée est en discussion depuis deux ans au sein des groupes de réflexion qui ont travaillé sur le projet déplacement à Paris. On trouve d'ailleurs dans les pistes évoqués sur son blog de travail pour les municipales 2008, au chapitre transports de personne, cette idée :

- Développer les Plans de Déplacements d’Entreprises pour augmenter l’utilisation des transports en commun, le co-voiturage, les flottes de véhicules propres, etc.

C'est donc une bonne idée qui fait consensus, apparemment, au sein de la classe politique parisienne. Il ne reste plus qu'à passer de l'intention à l'action.

Outre les véhicules électriques pressentis, nous attirons aussi l'attention, ici, sur Démocratie et Hérésie économique, sur la One Cats à air comprimé de Guy Nègre et de son entreprise, MDI-Energy.Nous avons déjà eu l'occasion de parler ici de leur implantation en Inde et en Australie. Ce pourrait être une solution alternative.

jeudi, 09 novembre 2006

Entreprises publiques, Entreprises privées, Services publics, services privés ?


Peut-on ouvrir les services à la concurrence, et en particulier l'énergie , les transports et sous certaines conditions l'éducation ?

Le débat autour de Gaz de France est un bon exemple des controverses et différences d'approche qui pèsent actuellement sur les grandes entreprises publiques dispensatrices de biens communs.


Doit-on réellement admettre que l'on puisse demander à des entreprises d'entrer en concurrence sur le l'électricité d'origine nucléaire ? L'énergie implique des investissements massifs qui ne peuvent dépendre des fluctuations des matières premières uniquement. Juste après la première guerre du golfe, le baril de pétrole est descendu à 11 dollars,  ; à l'époque, les services du Ministre de l'économie et des finances, Pierre Bérégovoy avaient calculé qu'il fallait que le baril descende à 7 dollars pour que le nucléaire ne soit plus rentable (en réalité, ils n'avait pas vraiment pris en compte le coût des investissements à venir). Toutefois si l'on avait fonctionné dans un système concurrentiel, à l'époque, qui aurait préconisé de continuer à développer le nucléaire, d'autant que le pétrole est demeuré longtemps bon marché... A l'heure où les énergies renouvelables offrent des débouchés moins gourmands à nos appétits de croissance et de consommation, est-il raisonnable de mettre le sort de l'énergie entre les mains de la seule concurrence ? Il n'est pas choquant, finalement qu'EDF récupère de magnifiques rentes de sa production, c'est même très bien. Tant mieux. C'est une affaire qui tourne. On cite souvent Tchenrobyl que l'on agite comme un épouvantail comme modèle de la faillite d'une production d'énergie d'état : mais sur ce point,  le problème n'est pas que la centrale fût publique, mais plutôt que l'Etat fût déliquescent et irresponsable.

En ce qui concerne les transports, considérons l'Angleterre : il y existe de profondes disparités de développement économique entre les régions, parce que les transports ne sont plus assurés sur les lignes jugés "non-rentables", et il y en a un grand nombre. Il faut maîtriser un minimum la politique des trtansports pour envisager un développement harmonieux du territoire. A la limite, on peut envisager que l'Etat délègue certaines responsabilités par un cahier des charges, mais pas toutes.

Est-il juste de se plaindre de la SNCF ? les TER sont une véritable réussite. Rapides, à l'heure, modernes, confortables et efficaces. Quand, effectivement, la ligne ferrée n'est vraiment pas rentable, il y a des lignes de bus qui désservent les petites communautés rurales à proximité d'une plus grande communauté. Par ailleurs, la ponctualité des trains est la plupart du temps impressionnante, ces derniers arrivant à la minute près à l'horaire prévu. Il faut avoir voyagé dans de nombreux pays pour réaliser que cette performance est tout à fait exceptionnelle. Confier des lignes non-rentables à des entreprises privées pourraient coûter très cher , et peut-être bien au minimum aussi cher que d'utiliser une entreprise qui a déjà un savoir-faire reconnu et ancien en la matière. Objectivement, qui serait capable de rivaliser avec la SNCF à l'heure actuelle ?

Et comment comprendre la décision de privatiser un système autoroutier qui s'avérait perfomrant et rentable ? 

Quant à l'Education,  les écoles privées existent déjà. L'enseignement privé alternatif existe plus que largement :  les écoles de commerce, mais aussi  les CFA (très reconnus sur le marché du travail et dans plus d'un établissement public) les établissements scolaires sous contrat (pas une commune où il n'y en ait pas au moins un) ...

 En revanche, le monolithisme de l'Education Nationale, est certes patent. Mais, sur ce point, il faudrait regarder les choses de près : les reponsables presqu'exclusifs de ce monolithisme sont à trouver dans les administrations centrales : partout elles bloquent à peu près toutes les innovations, et, bien plus encore que les syndicats, promeuvent non les plus méritants, mais les plus courtisans. Toute la programmation de l'EN actuelle n'est pas le fait des enseignants, qui, pour une large majorité, et contrairement à une idée fort répandue, d'ailleurs, se contentent d'appliquer ce qu'on leur dit de faire. En ce qui concerne la Cartes Scolaire, en l'état, il vaut mieux en effet la supprimer : l'hypocrisie de ceux qui la défendent est tout simplement insupportable. Toutefois à l'instar de François Bayrou on pourrait aussi proposer que tous les établissements scolaires doivent pouvoir offrir un parcours d'excellence. Cela suppose de revenir sur un dogme, lui, hélas, ancré chez les professeurs, les associations de parents d'élève (PEEP comprise), les professeurs, beaucoup de parents d'élève et plus encore l'administration centrale : le dogme de l'hétérogénéïté. Pour qu'un établissement offre un parcours d'excellence, il faut admettre qu'il y ait au moins une classe d'élite. Beaucoup confondent également (souvent volontairement) hétérogénéïté sociale et hétérogénéïté scolaire (des résultats et du niveau scolaire) même s'il faut reconnaître qu'elles tendent à se superposer. Cette hétérogénéïté sociale, ce n'est pas la peine de confier à l'école la mission de la réaliser. Ce n'est pas un problème scolaire comme on essaie de le faire croire, mais avant tout d'urbanisme.

On pouvait lire  tout récemment un échange sans fard rapporté par l'hebdomadaire Marianne entre Gaston Deferre et George Marchais. Aucun des deux n'y allaient par 4 chemins pour expliquer que les concentrations d'immigrés dans une commune grevaient les budgets sociaux et posaient de graves problèmes pour l'ordre public. Moyennant quoi, et cela se passe en 1977 ou 1978,  ils concluaient qu'il faudrait disperser les immigrés sur toutes les communes de France à raison de 10% maximum par commune. On connaît la suite...le problème est là. Et l'école n'y peut absolument rien. A cela s'ajoute une démagogie sans précédent depuis trente ans à propos de l'école pour camoufler l'échec des méthodes et la dispersion des moyens sur des enseignements non-disciplinaires (heures de vie de classe, EJCS et TPE au lycée, brevet de sécurité routière, info ceci, info cela, pseudo activités d'éveil" au primaire et cetera...). Le pompon, c'est ce que l'on demande au baccalauréat et au brevet des collèges aujourd'hui. Mais là encore, ce n'est pas la faute des professeurs : qui conçoit ces épreuves ? inspecteurs, recteurs, formateurs et tutti quanti, assistés de leurs créatures , quelques professeurs contraints ou rénégats, prêts à avaler toutes les couleuvres possibles et imaginables par servilité ou pour un avantage misérable (au moins s'il s'agissait de détourner quelques millions, on pourrait se dire qu'il y a un intérêt pécunier objectif, mais même pas en plus...).

 

L'appropriation publique d'entreprises marchandes est-elle nécessairement néfaste ? L'Etat doit-il  se nourrir exclusivement de recettes fiscales, et non d'activités marchandes qui reposeraient sur une prise de risque qui n'est pas de son ressort.

Soyons  très pragmatiques. Concernant le capitalisme monopolistique d'état, il est tout de même intéressant d'en observer les effets dans un pays comme la Chine, dont la croissance frise les 10% chaque année. Evidemment, la Chine n'est pas non plus partie du niveau de la France, mais tout de même. Plus près de nous, la gestion socialiste des années 80  mérite d'être examinée à la loupe. La nationalisation des banques a été un fiasco complet du début jusqu'à la fin, en revanche, pour l'industrie, le verdict est plus contrasté. Si l'on considère l'industrie automobile (mais pas seulement, la sidérurgie, la construction navale, l'aéronautique), sous l'effet des fonds publics injectés, on peut constater qu'elle s'est considérabement rénovée. Les renault 25 et 21 sont  symptômatiques de cette modernisation. Il y a quelques années, on pouvait lire dans un magazine automobile l'exemple d'une renault 21 turbo diesel qui avait passé son existence a parcourir l'Europe et la Sibérie de long en large, accomplissant ainsi un périble de 1 200 000 kilomètres, et ce, en changeant deux moteurs seulement. Renseignements pris sur ce modèle, on s'appercevait que  grand nombre d'entre eux dépassaient allègrement les 500 000 kilomètres... L'Etat français, en nationalisant a aussi modernisé considérablement une bonne partie de l'appareil productif français, celui-là même qui s'est avéré en partie responsable de l'échec patent de la relance par la demande de 81.

Il est vrai que  l'appropriation publique  a un relent de dékoulakisation peu séduisant. Mais, à l'heure actuelle, ce serait plutôt les bijoux de famille que les trois derniers gouvernements ont tendu à vendre (les Socialistes ont été d'autant plus silencieux sur nombre de privatisations que ce ce sont eux qui les ont entamées, et notamment celles des autoroutes...). Il ne s'agit nullement de s'opposer par principe aux privatisations mais elles doivent être  censées. 

Il est vrai qu'un état marchand pourrait déroger à la règle  de la concurrence libre et non-faussée,

Fondamentalement, quels sont les deux reproches que l'on peut adresser à une entreprise d'état ? 1. De ne pas respecter les règles de concurrence 2. De ne pas être perfomante. Si l'entreprise d'état  répond à ces deux critères, pourquoi faudrait-il la privatiser ? En outre, en ce qui concerne la concurrence, le véritable problème pour un pays comme la France, ce sera les réactions de ses partenaires européens. Pour les cas que nous citons, transports et énergies, c'est surtout de concurrents européens que la France a à craindre l'ire. Toutefois, dès lors qu'un accord serait trouvé et conclu avec nos partenaires pour que l'Etat français conserve sous la marque déposée et estampillée "état français" certaines entreprises, où serait le mal ? Au final, dès lors que nos entreprises publiques ne participent pas à notre asphyxie (mais il faut tenir compte de leur valeur ajoutée, pour cela, et pas seulement de leur coût) pourquoi devrait-on inciter l'état à s'en désengager ? Le reste est une affaire de gestion. 

Toutefois, on peut envisager de déléguer certains services de proximités à des partenaires privés dans les communes rurales éloignées des grands centres urbains : .  On assisterait alors au retour de l'épicerie d'antan, c'est à dire un commerce généraliste, sauf que, cette fois, ce ne serait plus seulement des biens de consommation que l'épicerie vendrait, mais aussi des services que lui délèguerait  l'Etat : poste, caisse de sécurité sociale, impôts... Voilà un métier nouveau qui pourrait avoir de l'avenir : un épicier-buraliste qui suivrait une formation sommaire d'agent de l'état multi-fonction. Nombres de services administratifs ne requièrent pas de formation approfondie. Ces épiciers pourraient en assurer le fonctionnement moyennant une rétribution de l'état, et ce serait à l'avantage de tous, car cela permettrait de conserver une vie dans les petites communautés et coûterait à l'évidence moins cher à l'Etat, donc au contribuable.


Les monopoles (ou oligopoles !) ne sont pas le seul fait des entreprises publiques. La Lyonnaise des eaux, et la CGE se sont certainement longtemps accordées secrètement pour fixer sur une base non-concurentielle le prix de l'eau. Dans les premiers temps du câble, cette même Lyonnaise des eaux sous le doux nom de cybercable, numéricable et deux trois autres opérateurs passant par le câble (leurs noms m'échappent) se sont partagés longtemps le marché.
Pour la téléphonie, l'année passée l'on soupçonnait un accord secret entre les opérateurs de téléphonie. En remontant plus loin dans l'histoire, on trouve sept compagnies pétrolières qui se partagaient 90% des consessions de la planète dans les années 60-70 : les majors.

Les coûts de production d'une entreprise publique sont-ils nécessairement prohibitifs?  Il serait intéressant de comparer ceux de Renault et de PSA sur les trente dernières années. Evidemment, pour être juste, il faudrait prendre en compte les subventions mastodontesques que PSA a reçu aussi.

Enfin, à qui dénigrerait les résultats de la France, sous économie dirigée, par rapport à d'autres pays, il faut rappeler qu' elle a tout de même longtemps été classée au quatrième rang mondial pour la puissance économique, et surtout, qu'en la comparant  au Japon ou à l'Allemagne, il faudrait considérer le coût monstrueux pour son économie de sa sanctuarisation nucléaire,  de son  financement d'une armée pendant longtemps opérationnelle et autonome , de sa  politique de soutien et de développement dans ses ex-colonies (seuls l'URSS et les USA en ont fait autant pendant les années 60-70-80). Si le Japon et l'Allemagne avaient du payer leur défense nationale au prix fort  ainsi que leur décolonisation,  seraient-ils parvenus à un tel niveau de développement si vite ?...

 Sans être favorable à un tout public, il demeure souhaitable  que les états conservent, s'ils le peuvent, évidemment,  un pied dans les secteurs stratégiques (Education, Transports, Energies, Communications) , soit par la biais d'une entreprise d'état, soit par le biais de l'actionnariat ( c'est à dire en disposant d'une part de capital suffisante pour infléchir la politique de l'entreprise).

 

Pour conclure,il ne s'agit pas de promouvoir une économie planifiée ni même dirigée, mais de plaider pour une présence de l'Etat là où un opérateur privé n'a pas les reins assez solides pour se préoccuper de l'avenir à long terme, et finalement, de mettre en avant les solutions qui marchent publiques ou privées , sans dogmatisme, mais avec pragmatisme.

00:05 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Privé, public, entreprise, énergie, transports, SNCF, pétrole | | |  Facebook