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dimanche, 05 janvier 2014

La délicate question du diesel à Paris

La pollution de l'air s'est invitée dans tous les programmes des candidats à la mandature suprême à Paris.

C'est le projet de Marielle de Sarnez qui a fait l'objet de la meilleure couverture médiatique mais, bien entendu, tous les candidats ont présent à l'esprit cette problématique. Le diesel ne représente pas la totalité de la pollution atmosphérique, loin de là, mais bien 25 à 30% sans doute.

Je parle en connaissance de cause : j'ai un véhicule diesel et j'habite Paris. Cela fait un moment que je fais mes comptes et mes décomptes. Il n'y a rien à faire : quelle que soit la solution envisagée, je suis vraiment perdant financièrement si j'opte pour la solution sans voiture ou pour l'achat d'un véhicule propre. La seule location d'une automobile pour partir en vacances me coûterait l'équivalent de l'entretien de mon véhicule personnel pendant un an. Si je devais ajouter les frais d'utilisation d'autolib et ceux des transports en commun en prime, je double voire triple mon budget de déplacement. Sans véhicule, tous mes temps de transport sont de doublés à triplés et cela m'occasionnerait d'autres frais (gardes d'enfants entre autres) et un inconfort bien supérieur (sans automobile on doit renoncer aux visites en banlieue, aux départs en vacances au moment souhaité et, sur le lieu de vacances, à toute forme de mobilité).

En somme, l'absence d'automobile est une perte terrible de mobilité, particulièrement si l'on a une famille relativement nombreuse.

Face à cela, il y a les effets de la pollution de l'air. Des maladies respiratoires à répétition : asthmes, pharyngites, bronchites, laryngites et cetera. Sans en être la conséquence directe , elles "bénéficient" d'un environnement devenu propice.

S'il est évident que le trafic automobile dégrade la qualité de l'air, il n'est pas évident du tout que sa réduction améliore les choses. Une étude de l'ANPAA semble même démontrer une très faible incidence des mesures de ce type.

Accessoirement, la pollution ne connaît pas de frontières : à Paris subit par exemple toute la pollution venue d'île de France et inversement d'ailleurs. On peut toujours pointer du doigt la voiture, mais c'est un plan global, incluant les autres sources de pollution, qui peut avoir quelques chances d'améliorer la situation.

Si on considère l'histoire de la pollution de l'air on voit que ce sont les retenues et filtres à la source qui sont les plus efficaces en matière de pollution atmosphérique. C'est très net en Europe.

Je n'ai pas de solution miracle, mais je vois que la majorité socialiste à Paris a favorisé l'achat de centaines de bus au diesel quand il eût été possible de choisir du GNV. Et pendant ce temps, des centaines de millions d'euros, peut-être même des milliards, ont été gaspillés en projet qui n'amenaient rien à la qualité de l'air à Paris.

Paris a toutefois un vrai problème : la municipalité ne contrôle pas la flotte de véhicules qui la parcourt parce qu'une très grande partie d'entre eux viennent de banlieue, de province ou de l'étranger.

Il existerait sans doute des solutions pour amener un air propre à Paris, mais elles seraient brutales : prévoir de gigantesques parkings aux portes de Paris, voire même un peu plus loin  pour tous les véhicules extérieurs à la capitale (sauf ceux qui sont propres) et prévoir des taxes records pour ceux qui polluent intra-muros. 

De telles mesures sont inconcevables si elles ne s'accompagnent pas d'un quadrillage parfait, propre, fréquent, et à toute heure du jour et de la nuit de toute la ville. Ce n'est pas le cas actuellement. Prévoir une voie réservé aux transports en commun et aux taxis sur le périphérique, en soi, ce n'est pas stupide, à condition que ces transports soient propres et rivalisent en régularité, prix et vitesse avec le véhicule individuel. Nous n'y sommes absolument pas y compris là où des couloirs spécifiques ont été créés. 

C'est un trait, une manière de penser qui m'agace à gauche et chez les Verts. Par idéologie, ils prennent des mesurettes qui ne sont satisfaisantes pour personne au lieu d'attaquer le mal à la racine en commençant par le plus efficace et le plus pratique.

Il en va dans les transports comme pour tout le reste : c'est une affaire de concurrence. Tant que les transports collectifs ne sont pas concurrentiels (et la concurrence, ce n'est pas seulement une histoire de prix), ils ne peuvent emporter la victoire.

 

23:53 Publié dans Paris, Société | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : diesel, transports, pollution | |  Facebook | | | |

Commentaires

J'habite Paris depuis 1977, il n' y a jamais eu autant de bouchons et cela grâce à notre bon maire , j'ai nommé Delanoë "créateur de bouchons".

Je suis toujours en transport en commun et c'est devenu l'enfer, complètement congestionné, sale et parfois on ne s'y sent plus en sécurité , depuis quelque temps une folle envie de quitter cette ville me traverse l'esprit ce qui dernièrement a surpris un ami qui lui s'est enfui de ce cloaque pour vivre sur l' île du Levant, je n'irais pas encore jusque là mais encore six années de pouvoir municipal socialiste finiront peut être par me convaincre.

Écrit par : grandpas | lundi, 06 janvier 2014

Allez hop, j'ajoute deux liens, le dernier n'est pas incongru il concerne la Thaïlande ou la plupart des véhicules touk touk etc fonctionnaient au gaz si mes souvenirs ne m'abusent pas. Je crois que comme en toute chose de la vie il faut préserver une certaine diversité pour un équilibre.
http://www.pollutiepiek.be/spip.php?article14
http://www.lepetitjournal.com/bangkok/accueil/en-bref/72689-sante-niveau-critique-de-la-pollution-de-lair-a-bangkok
Bonne journée, l'héré

Écrit par : Martine | lundi, 06 janvier 2014

Ce que j'écris n'est qu'une impression, mais..
A part ceux qui rêvent à la voiture zero polution que nous ne sommes pas prêts de voir, il faut rester réalistes, en moyenne les français gardent leur voiture 5 ans, c'est donc une engagement de courte durée. Donc, je me demande depuis longtemps pourquoi, surtout pour les parisiens, le diesel à tant de succès.
J'entends par parisiens, le pole urbain de Paris au sens de l'insee (396 communes). Ceux-la font en moyenne 10/11000 km/an, je ne suis pas certain que le diesel ait vraiment un intérêt dans ces conditions, outre le fait, non chiffrable, que cela ne pue pas, qu'en hiver l'essence elle ne fige pas et les reprises sont bien meilleures.
http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/E_D14.pdf
Et je ne suis pas au fait des progrès du GPL...
Quant à la longévité, j'ai une 806 essence qui à 300 000 Km et qui tourne comme une horloge, eh oui, même pas une voiture allemande :-)

Écrit par : Michel | mardi, 07 janvier 2014

@ Grandpas:
Je me suis enfui de paris en 1980, à cette époque je traversai paris en voiture toute la journée pour mon travail.
Maintenant j'y viens (le moins souvent possible, pour des motifs professionnels ou pour voir ma fille), je prends mon auto uniquement si je dois livrer des clients, sinon, les transports.
Et je ne vous rejoins pas du tout, si ce n'est sur le constat mais quant aux responsables, comment pouvez-vous attribuer à Delanoë les difficultés de circulation des bus? Je vois, moi, des automobilistes qui s'engagent dans les intersections sachant pertinament qu'ils y seront immobilisés, des véhicules non autorisés qui circulent voire stationent dans les files réservées, en bref ce que je qualifie d'incivilités

Écrit par : Michel | mardi, 07 janvier 2014

Désolé, voici la suite de mon message entier qui n'est pas passée précedemment...
@ Grandpas:
...
On pourrait même se poser la question de l'utilisation de ces files par les taxis? Eh oui, ce sont des voitures particulières qui polluent autant que la voiture de Mr. Toutlemonde, ah, bien sur, le lobby des taxis...
Je crois qu'il serait à moyen terme rentable d'orienter la répression sur ces incivilités, sur ce type de comportement, plutôt que sur ces radars qui n'ont d'autre utilité que remplir les caisses vides, bien sur ce n'est pas la meilleure façon pour devenir populaire, bien sur nous sommes dans un pays qui considère que les petits tricheurs sont des gens sympathiques, mais je rêve d'hommes politiques courageux et déterminés. Pour ma part, c'est plutôt de la droite ou du centre que j'attends ce discours, en vain, il faut bien le reconnaître !

Écrit par : Michel | mardi, 07 janvier 2014

Il n'y a pas que la qualité de l'air pour lesquels les transports individuels motorisés (bagnole et moto) sont néfastes : il y a les nuisances auditives (essayez d'habiter à côté du périf'), il y a le gigantisme d'infrastructures en béton inhumaines consacrées au Dieu automobile, il y a toutes ces zones de banlieues sinistres (parkings d'hypermarchés géants, zones commerciales sinistres) conèues autour de la bagnole. Il faut à tout prix revoir notre modèle de société, l'omniprésence de ce mode de transport est devenu invivable. Personnellement je préfére y perdre financièrement et me déplacer moins, tant pis! quand j'ai vraiment besoin ponctuellement d'une voiture (pas par plaisir) j'en loue une (j'évite le diésel), c'est cher,tant pis!
mais évidemment à notre époque d'individualisme exacerbé, c'est mal vu de ne pas sacrifier au culte du vroum!vroum!

Écrit par : anti bagnole viscéral | mardi, 07 janvier 2014

@anti bagnole
La bagnole, c'est la liberté. Un vrai progrès pour l'humanité.
La pollution est une nuisance pour la santé.
La solution, ce sont des bagnoles qui ne polluent pas.
CQFD

Écrit par : l'hérétique | mardi, 07 janvier 2014

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