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lundi, 27 décembre 2010

Être centriste en 2011

Alexandre m'a demandé, dans une chaîne, une définition du centre. Mais comme je ne suis pas le seul qu'il ait interrogé, je vais avoir du mal à ajouter quelque chose d'intéressant de plus. Xerbias a en effet développé une réflexion qui recoupe à peu près à 90% mes vues sur le sujet. Nous sommes plusieurs blogueurs à nous interroger sur ce qu'est le centrisme. Certains, comme Fulrad, récusent viscéralement un positionnement de centre-gauche. D'autres font remonter la voie centrale à Cicéron (pas faux, au demeurant )! Ce qui me frappe, quand je consulte des blogues centristes appartenant pourtant à des chapelles différentes, c'est la proximité fondamentale de leurs vues.

Entre Life's Good, Humeurs de Vache, Vogue Haleine,BobJ'ai rarement tort, le Chafouin, Xerbias que je citais, on a là une belle brochettes de blogueurs centristes que pas grand chose ne sépare quand chacun exprime son opinion. Et pourtant, ils appartiennent ou sympathisent avec des forces politiques différentes (radicaux de gauche, MoDem, Alliance Centriste, Nouveau Centre, UMP !); on y retrouve ce qui compose le centre : démocrates-chrétiens, libéraux, sociaux-libéraux. 

Je n'y cite ni les sociaux-démocrates, ni les écologistes, parce que si je crois que les sociaux-démocrates peuvent rejoindre une formation comme le MoDem, ils ne sont pas pour autant centristes. Il en va de même pour les écologistes, à la notable exception de Cap21 qu'on peut assimiler à des sociaux-libéraux verts. Il y a quelques socialistes qui sont proches des centristes, comme Gérard Collomb, François Rebmasen ou encore Manuel Valls, mais ils demeurent une exception, en dépit de leur poids politique localement. Bockel, à n'en pas douter, aurait certainement fait bonne figure au centre, mais il a finalement choisi de s'associer à l'UMP.

Qui taguer sur une telle réflexion ? J'aurais dit Laurent de Boissieu, mais il a répondu, d'ores et déjà, avec sa foire aux questions sur le centre. Je crois que ce serait tout de même intéressant d'avoir l'avis d'un blogueur comme Romain, proche de Collomb et clairement positionné au centre-gauche. J'ai cité le Chafouin, qui représente, pour moi, la démocratie-chrétienne traditionnelle. Si le coeur lui en dit, j'aimerais avoir son avis. Rubin incarne cette aile libérale qui s'est reconnue à un moment donné en Bayrou et demeure une composante du centrisme, même si elle est souvent occultée.

Il serait dommageable sur un sujet de cet acabit, de ne pas demander l'avis d'un chroniqueur en ce domaine aussi avisé que l'est Hervé. Je n'ai jamais su trop classer Polluxe, mais je crois qu'elle entre aussi dans la mouvance centriste. C'est peut-être bien parce que je ne parviens pas à la classer qu'elle y figure, d'ailleurs...

Il y a un dernier blogueur que je voudrais interpeller, mais cela suppose que son blogue se réveille du long sommeil dans lequel il est plongé : KPM. Il incarne, avec quelques autres assez rares au MoDem, cette lignée issue de l'entre-deux guerres, présente d'abord dans la résistance puis au MRP, et qui se dispersa jusqu'à la constitution de la Nouvelle UDF puis du MoDem : le personnalisme. Elle se manifeste notamment dans un courant anti-libéral au MoDem qui donne parfois de la voix. Pas facile de al concilier avec les libéraux présents dans ce même parti...

mercredi, 01 avril 2009

Ce soir-là, l'hérétique dînait chez LHC

La soirée d'hier a été l'occasion de découvrir quelques membres les plus éminents du Réseau LHC autour d'un dîner festif. J'ai ainsi pu faire connaissance avec LOmiG, Criticus et Lolik. Une occasion de se découvrir réciproquement et d'évoquer divergences et convergences. Si un goût commun pour la liberté et les discussions enflammées nous animent tous, les divergences n'ont toutefois pas manqué.

Pour être lapidaire, je dirais que LOmiG est un libéral pur de dur et Criticus un libéral conservateur. J'ai moins bien identifié Lolik, mais je pense qu'elle évolue dans la même zone politique que LomiG.

Des divergences, il y en a tout de même eu :

Les retraites, par exemple : Lomig et Criticus sont favorables à une retraite par capitalisation. Je suis complètement opposé à cette vision. On voit comment les marchés boursiers sont instables et surtout, comment les fameux fonds de pension ont une forte propension à générer de fortes instabilités boursières en raison de la nécessité de trouver des rendements élevés. Ce n'est donc pas une bonne garantie pour les retraites. A cela s'ajoute une divergence philosophique : de mon point de vue, je m'oppose à l'idée de renvoyer l'individu à sa seule responsabilité dans le domaine de la santé et de l'éducation. Nous sommes en fait d'accord sur la nécessité de payer les retraites, mais pas sur la manière de le faire. Compte-tenu de ce qui nous pend au-dessus, je ne vois pas d'autres solutions que d'augmenter la fiscalité sur les citoyens. Même chose pour les soins. En ce sens, je ne suis pas totalement libéral, car si j'estime que les individus sont responsables de leurs actes, ils ont souvent des capacités d'anticipation limitées, et, il devient nécessaire de limiter alors leur responsabilité par l'intervention d'un acteur plus stable et plus fiable : l'État.

Nous avons ensuite évoqué l'impôt sur le revenu et nous sommes tombés d'accord sur le fait que personne, y compris les plus pauvres, ne devrait pouvoir y échapper, même si la contribution est très modeste. L'impôt est un lien social qui manifeste l'appartenance à la société. Il ne devrait y avoir ni niches fiscales qui permettent de l'éviter enitèrement, ni situations de pauvreté qui justifient de ne rien payer. Passé cet accord, nous divergeons, en revanche sur la quantité d'impôts, puisque LomiG et Criticus, et je crois, sans doute Lolik aussi sont partisans de les limiter en renvoyant à chaque individu le soin de financer lui-même le service rendu par l'État.

Criticus a par exemple évoqué l'éducation et proposé la mise en place d'un chèque-éducation afin que chaque famille puisse choisir ou non de passer par l'école publique. Cela me paraît assez curieux : pour qu'un tel système soit acceptable, il faudrait que les établissements privés aient les mêmes contraintes que les établissements publics en matière de population à accepter. In fine, je ne vois pas trop l'intérêt de la chose. Tout ce que cela risque de produire, ce sont des effets de seuil négatifs dans les effectifs scolaires qui engendreront alors des coûts supplémentaires puisqu'il faudra maintenir des postes pour des classes incomplètes ou embaucher des personnels non-formés pour boucher les trous. J'ajoute que cela risque de créer une fragmentation supplémentaire dans le système éducatif, et j'ai quelques doutes sur la salubrité de la chose.  Bref, pas d'accord.

Autre divergence : Ségolène Royal. J'exagère à peine si je dis qu'ils la prennent tous pour une cruche et qu'ils estiment qu'elle incarne l'absence de crédibilité de la gauche. Je l'ai souvent dit ici : Ségolène Royal était à l'origine une réformiste. Son problème, c'est de s'être laissée phagocyter par le programme archaïque du PS, mais dire qu'elle est par exemple incompétente en économie montre surtout qu'on ne l'a pas lue. Ce qui est vrai, en revanche, c'est qu'elle a des côtés péronistes (social-populisme à la sud-américaine) et un culot certain qui ont le don d'agacer, à commencer par ses petites camarades socialistes qui ne la supportent pas. Je suis loin d'être un fan de Ségolène Royal mais il faut avoir l'honnêteté de reconnaître que c'est une femme intelligente. Je pense en outre qu'elle aurait certainement fait moins d'erreurs économiques que Sarkozy si elle avait remporté l'élection présidentielle. Sa victoire eût alors consacré l'alliance d'un pôle réformiste chez les socialistes avec le centre et les démocrates, puisqu'une telle victoire n'était pas possible sans Bayrou. C'est pour cela que j'ai voté pour elle au second tour contrairement à mes camarades LHC.

On n'est pas non plus d'accord sur l'Islam. Criticus et LOmiG s'obstinent (à mes yeux) à considérer que le texte lui-même est à l'origine des dérives intégristes de l'Islam. Ils rejettent donc en bloc cette religion et tout ce qu'elle représente préférant à une lecture circonstanciée une critique radicale. Ce n'est pas mon raisonnement. Mais j'ai déjà eu l'occasion de le dire. Ce sont les interprétations et ce qui en est dit qui est important à mes yeux. Ce n'est donc pas l'Islam en tant que tel qui est un problème. Je peux d'ailleurs leur en faire une démonstration assez nette : certains versets du Coran présentent Allah avec des organes. Or, Allah est en principe insubstancié, et cet attribut est même absolument fondateur pour lui. Les théologiens islamiques commandent donc de se garder d'une lecture du Coran à la lettre. Il en va ainsi de tout l'ouvrage, et voilà pourquoi il n'existe aucune interprétation univoque du texte.

En revanche, nous nous sommes à peu près tous accordés pour estimer que l'Iran n'était pas un pays dangereux. Les évolutions de l'Islam là-bas ont paru à tous intéressantes (par exemple, le fait qu'au sein du monde islamique, l'Iran soit le pays où le plus de droits sont reconnus aux femmes...).

Nous nous sommes opposés également sur la Turquie avec des arguments divers : pour certains, la Turquie n'est pas géographiquement dans l'Europe, pour d'autres, elle ne l'est pas culturellement. La vision qui m'a paru la plus radicale est celle de Criticus : il ne s'accorde avec une Europe qu'à la condition qu'elle soit occidentaliste. Et, il n'intègre dans l'occidentalisme que les héritages catholiques et protestants. Exit donc la plus grande partie de l'Europe Orientale, sans parler de la Russie et des pays du Caucase, mais, à la limite, la Grèce aussi (qui est orthodoxe). Pour ma part, je m'inscris résolument en opposition à une telle vision. Je dois donner une précision : l'occidentalisme de Criticus est culturel, mais il ne le rapproche en aucun cas des mouvements d'extrême-droite dont il ne partage absolument aucune valeur. Je vois souvent sur les blogs des confusions à ce sujet. En revanche, revers de la médaille, il est évident que l'extrême-droite tendra certainement à être plus intéressée par l'occidentalisme que le centre, par exemple...

J'en profite pour corriger une erreur souvent lue et entendue : les LHC sont très loin, mais alors très loin d'être sarkozystes. Ils sont avant tout libéraux. Je pense qu'actuellement, LomiG ou Criticus ne soutiennent pas plus Sarkozy que le PS. Je me demande bien d'ailleurs pour qui ils vont voter aux européennes. La logique voudrait qu'ils se dirigent par défaut vers les partis les plus proches de l'ADLE en Europe (dont le MoDem est membre, par exemple). Mais la logique sera-t-elle respectée ? C'est ce que nous verrons dans les prochains mois.

Ce qui m'a tout de même frappé, au sein du réseau LHC, c'est d'abord le culte rendu à l'individu et au contrat (société contractuelle). En ce sens, à mes yeux, les blogs LHC sont davantage individualistes que libéraux. Mais l'individualisme est consubstantiel du libéralisme sans toutefois pour autant le circonscrire. En outre, l'exercice particulier de l'écriture sur un blog renforce ce trait.

Je pourrais continuer à disserter longuement sur cette rencontre, mais il me semble que ce que j'ai écrit n'est déjà pas si mal...

12:31 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : lhc, libéraux, libéralisme, blog |  Facebook | | |

jeudi, 18 décembre 2008

LHC, l'autre blogosphère

J'ai eu le très grand plaisir, tout récemment, d'être accepté dans un nouveau réseau de blogs. Il s'agit du réseau LHC. Voici comment LHC définit sa charte éthique :

  • Liberté d’expression : Droit pour tout individu de communiquer une opinion.
  • Esprit Critique : Capacité de l’esprit à juger un être, une chose à sa juste valeur, après avoir discerné ses mérites et défauts, ses qualités et imperfections. − En partic. Esprit de libre examen qui, dans ses jugements, écarte, rejette l’autorité des dogmes, des conventions, des préjugés.
  • Humanisme : Attitude philosophique qui tient l’homme pour la valeur suprême et revendique pour chaque homme la possibilité d’épanouir librement son humanité, ses facultés proprement humaines.

J'ai trouvé évidemment très à mon goût une telle charte, d'autant que je suivais déjà un certain nombre de blogs LHC. Globalement, les blogs LHC sont libéraux, et plutôt à droite. Pour moi, c'est un vrain régal que de découvrir une autre forme de pensée, différente de la sphère démocrate. Non pas que le réseau démocrate soit inintéressant (on y trouve en maints lieux des articles de grande qualité) mais, il se cantonne trop souvent au sociétal, à l'humanitaire, et à la critique systématique de l'action gouvernementale ou de la présidence.

Découvrir LHC, c'est avoir l'opportunité de débats d'idées passionnants avec des gens qui ne pensent pas nécessairement comme vous. Trop souvent, la sphère démocrate apparaît comme une sorte de Left Blogs light. Elle gagnerait à se démarquer et à élaborer une démarche et une pensée originales, ces dernières ne s'esquissant, à l'heure actuelle, qu'à l'état d'ébauche. Notamment, soutenir François Bayrou, cela ne signifie pas être systématiquement à sa remorque sur sa critique sarkozyste. François Bayrou a bien des qualités, mais, sa contestation systématique de la Présidence devient parfois agaçante, et je préfère nettement la modération de Marielle de Sarnez sur le sujet.

Je pense en particulier que le discours démocrate actuel face à la mondialisation et au libéralisme est à repenser. De ce point de vue, j'ai beaucoup apprécié la déclaration de candidature de Gilles Artigues. Voilà qui a remis les pendules à l'heure.

Pour revenir à LHC, j'invite vraiment les démocrates à se rendre sur les blogs membres de ce réseau. Je tends à penser que nous avons des points communs avec les libéraux. Nous avons aussi des divergences. C'est donc une occasion de nous comparer, de nous mesurer, et de débattre avec des individus de qualité.