Je suis effaré de lire ou d'entendre les individus çà et là parler des femmes se livrant à la prostitution en parlant de "putes". J'abhorre ce mot détestable. Je trouve que cela marque une absence de respect, un mépris, pour ces femmes, qui a le don de me hérisser. Comme si cela n'était pas déjà suffisant de se retrouver dans une grande misère affective, sociale, souvent matérielle, voilà qu'il faut encore qu'elles soient objets d'opprobre des bien-pensants de tout acabit, à droite comme à gauche. Oh, on le dit sans y penser, mais cela traduit bien la pensée profonde de ceux qui usent du terme...
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Retraites, la patate chaude...
C'est intéressant, les réactions des responsables politiques, à propos des retraites. Personne n'ose jeter de l'huile sur le feu. Ils savent tous qu'on est face à quelque chose de trop sérieux pour faire les c... On est là dans l'ordre de milliers de milliards d'euros pour financer les futures retraites. Après, tout le monde se demande quels sont les moyens de les financer, ces retraites, même si les Français ne veulent pas payer un centime de plus ni plus tard pour partir confortablement passé le délai légal, mais les responsables politiques, eux, savent bien que la potion amère est inévitable. Il va falloir amputer et cautériser sans anesthésie...Le problème, aujourd'hui, c'est que les travailleurs sont usés, carbonisés, parfois, par leur travail. Comme l'observait avec justesse Robert Rochefort, euro-député MoDem, qui a tout de même écrit deux livres sur la question des retraites, c'est aussi toute notre relation au travail qui doit se modifier pour qu'une réforme passe sans trop de casse. Tous ceux qui travaillent n'en peuvent plus aujourd'hui. On ne le dit pas, mais les cadences d'aujourd'hui n'ont plus rien à avoir avec ce qu'elles ont été aux temps glorieux du plein emploi, et les conditions de travail de plusieurs secteurs de la fonction publique se sont considérablement dégradées (police, enseignement, hôpitaux).
La réalité, c'est qu'on a tous la trouille avec nos retraites. Les Français croient qu'en manifestant et en votant contre tout gouvernement qui réformera sur les retraites, ils retarderont l'inéluctable, mais, par définition, l'inéluctable est inéluctable...Si la classe politique, gauche et droite confondues s'entend à souhaiter préserver la répartition, quelques voix isolées prônent le fonds de pension comme solution individualisée. C'est le cas d'Aurélien, par exemple. Moi, la question que je pose à Aurélien, c'est : tu fais quoi le jour où un Madoff s'empare de centaines de milliers de fonds de pension de retraités. Soyons plus précis : tu fais quoi des vieillards et des petites vieilles qui se retrouvent un jour à la rue, complètement ruinés, contraints de mendier dans la rue, et qui finissent par crever de faim et de froid ? Soyons sérieux : on ne fait pas transporter des oeufs à un troupeau de gnous affolés...
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Ils m'énervent avec l'anglais !
Dans la catégorie des lieux communs insupportables, il y a l'idée reçue que l'anglais doit être enseigné dès la maternelle. Mon Dieu : mais quelle idée conne, mais conne, putain, c'est pas possible ! Ce qui m'exaspère, c'est de considérer le choeur de bêlements qui prélude à cette propositions d'autant plus idiote qu'elle prend les atours de l'évidence. Et voilà le Crapaud, qui s'y met en coassant de travers. Mieux, ce visionnaire nous propose l'étude du mandarin dès l'école primaire. Ça sert à rien. A rien du tout. Contrairement à ce qu'il écrit, la meilleure manière d'apprendre l'anglais, ce n'est pas d'écouter les conneries en anglais, et de faire de "l'oral" (idée débile et commune s'il en est), mais tout au contraire, d'étudier Shakespeare et de s'imprégner de l'essence de la culture anglaise. Ce qui compte, quand on veut apprendre une langue, ce n'est pas d'aller faire le guignol à l'étranger, mais d'abord d'en connaître le vocabulaire, la structure grammaticale, et la culture. Toutes choses que l'on peut apprendre à l'école, mais que les professeurs d'anglais se gardent bien d'enseigner à leurs élèves (souvent par manque de culture, au demeurant). Non, c'est mieux de leur faire écouter des cassettes à la noix, bien sûr : on appelle ce morceau indigeste un labo de langue. En réalité, même si une absorption d'une langue par imprégnation demeure possible (mais elle n'a rien d'automatique contrairement à ce que s'imaginent nos psycho-linguistes en herbe), apprendre massivement du vocabulaire et des expressions en anglais, par coeur, si nécessaire, est le plus sûr moyen de pouvoir profiter pleinement d'un séjour à l'étranger. Seulement, apprendre des listes et des listes de vocabulaire, puis lire des livres ou écouter des émissions, c'est fatigant ; et puis les cours doivent être ludiques...
Pour apprendre une langue, il faut être capable de produire des équivalences correctes avec sa propre langue et de maîtriser les catégories logiques de la langue de toutes les langues, la grammaire. Donc, l'anglais en primaire, ça ne marche pas, ça n'apporte rien du tout, c'est du flan, et ça va encore bouffer du temps sur l'enseignement de notre langue maternelle, déjà si mal maîtrisée.
Le nec plus ultra, c'est le mandarin : il m'a fait rigoler, le Crapaud. En dehors de la sphère d'influence chinoise, où le mandarin est-il parlé ? le chinois est-il une langue internationale ? Bref, c'est intéressant d'étudier le mandarin, mais pas pour les raisons utilitaristes qu'évoque le Crapaud, qui se plante dans les grandes profondeurs ; pour le compte, les Chinois auront appris à parler en anglais bien avant qu'il ait seulement fait le tour des idéogrammes chinois...
De toutes façons, comme les petits crapouillots n'auront pas étudié la géographie, il essaieront sans doute de parler mandarin aux Inuits, et donc, cela ne leur servira de rien d'avoir étudié cette langue.
En fait, une bonne raison d'étudier le Mandarin, c'est de nous confronter à une culture qui nous est fondamentalement exogène. Or, la culture, c'est exactement ce que le crapouillot écarte pour rationaliser les coûts et son effort. On est là bien dans la doxa ambiante, l'antienne mille fois répétées de cette gauche réformiste et de cette droite moderniste que je rêve de botter des centres de décision qui touchent culture et éducation à grands coups de pied dans le c.. Pas de chance, ils ont pignon sur rue...
Hélas, les quatre autres propositions du Crapaud ne vont pas dans le sens du vent : la gauche libertaire convertie au marché et dont la droite moderniste est l'alliée objective ne laissera jamais ne serait-ce que prononcer la vilain mot sélection tout en plaçant sa progéniture au bon endroit, par ailleurs.
Mais puisque le Crapaud veut une élite (ce en quoi il a raison) qu'il sache qu'il n'y a pas d'élite sans excellence et d'excellence sans culture. La culture est même la marque de l'excellence et le signe d'une société capable de s'élever vers le sublime. Tiens, il me rappelle le Beckford du Chatterton d'Alfred de Vigny, tentant de convaincre le jeune poète de renoncer à la poésie et d'accepter un emploi de valet :
- Ah ! c'est vous qui êtes Thomas Chatterton ? Vous vous amusez à faire des vers, mon petit ami ; c'est bon pour une fois, mais il ne faut pas continuer. [...]
- je ne donnais aux Muses que le temps perdu. Je savais bien ce qu'en dit Ben Johnson : que la plus belle Muse au monde ne peut suffire à nourrir son homme, et qu'il faut avoir ces demoiselles-là pour maîtresses, mais jamais pour femmes.
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Bayrou, le paradoxe de la Prophétie
Le blog l'hérétique a connu deux habillages : dans sa première période, le programme de Bayrou a figuré en lien, sur la droite, sous la dénomination "propositions". Puis, le temps passant, et les avertissements de François Bayrou prenant de plus en plus de réalité, j'ai modifié l'habillage de mon blogue et j'ai intitulé le même lien "Prophéties".
Le paradoxe, c'est qu'au moment même où le MoDem a sombré, que Bayrou a chuté dans l'opinion, les solutions aux maux dont souffre la France depuis plusieurs années sont récupérées et souvent souhaitées par les Français. Violence scolaire, retraites, déficits et dette, éducation, nous sommes en plein dans le programme de François Bayrou en 2007.
Bayrou a dit un jour à un journaliste qu'il espérait que son MoDem serait une dalle d'Épidaure au sein de la société française. Il y a à Épidaure en Grèce un théâtre fameux aux propriétés acoustiques extraordinaires : que l'on s'y place, sur scène, au bon endroit, et l'on peut se faire entendre jusqu'aux dernières extrémités des gradins. Le malheur de Bayrou, c'est que tous ceux qui l'ont rejoint sur scène n'ont pas voulu jouer la même pièce et que la comédie a viré à la farce. Il est vrai que le scénariste n'a pas non plus respecté la règle des trois unités chères à Aristote dans sa poétique : unité de lieu, unité de temps, unité d'action, rien de tout cela n'aura su éclairer la tragédie du MoDem.
Le drame de cet homme et de son parti, c'est d'avoir voulu ressusciter à tout prix une famille politique disparue de France depuis la fin du MRP : la famille démocrate. Bien évidemment, ni la droite ni la gauche ne voulaient d'une telle résurrection, et on les comprend ; c'eût signifié la fin d'un règne sans partage depuis la fin de la IVème République.
J'ai connu l'époque où quand je lisais ou publiais un article sur Bayrou sur la Toile, il y avait 75% de commentaires positifs et 25 de négatifs. Aujourd'hui, c'est l'inverse. Il faut progresser en milieu hostile ; cela met la patience et la ténacité à rude épreuve, le découragement guette, et en même temps, il ne faut rien lâcher. Je suis parfaitement conscient que le combat que je mène aux côtés de Bayrou peut bien être complètement vain. Bayrou est à l'heure actuelle, en effet, clairement carbonisé dans l'opinion publique.
Cela me rappelle une nouvelle de Dino Buzatti, les Sept messagers : le fils d'un roi veut connaître les frontières du royaume de son père ; il envoie alors tour à tour sept messagers, mais ces derniers mettent toujours plus de temps à revenir, sans parvenir à trouver la limite du royaume. Le dernier messager tient un journal de bord dans lequel il décrit les sentiments qui le gagnent peu à peu.
«Je le soupçonne, il n'existe pas de frontière, du moins dans le sens que nous entendons habituellement. Il n'existe pas de murailles de séparation, ni de vallées profondes, ni de montagnes fermant la route. Je franchirai probablement les confins sans même m'en apercevoir, et continuerai dans mon ignorance à aller de l'avant.»
L'expérience de l'adversité est une expérience inédite : elle permet de savoir ce que l'on vaut. Les Épicuriens conseillaient de ne pas s'en soucier, parce que de toutes façons, il n'est pas dans le pouvoir des hommes de pouvoir y remédier quand elle s'acharne, et finalement, la meilleure des attitudes, c'est de lui ôter tout pouvoir sur les âmes en ne s'en souciant plus. Difficile à admettre pour un militant politique. Les Stoïciens, quant à eux, y voyait un présent des Dieux pour éprouver les vertus des hommes sages. Baudelaire a écrit dans ses Litanies de Satan que l'Espérance était une folle charmante. Mais moi, je préfère avancer au train du Septième Messager :
Je remarque comment de jour en jour, à mesure que j'avance vers l'improbable fin de ce voyage, une lueur insolite brille dans le ciel, une lueur que je n'ai jamais vue, pas même en rêve ; et comment les ombres et les montagnes, les fleuves que nous traversons semblent devenir d'une essence toute diverse ; et l'air est tout chargé de présages d'un je ne sais quoi.
Demain matin, une espérance nouvelle me portera encore plus avant, vers ces montagnes inexplorées que les ombres de la nuit cachent encore. -
Tu fais quoi, Sarkozy, pour le bébé apeuré ?
Ces derniers jours, on a encore entendu Nicolas Sarkozy rouler des mécaniques sur la sécurité. Le problème, c'est que rouler des mécaniques, Sarkozy, il ne fait que ça depuis qu'il est devenu Ministre de l'Intérieur puis Président. Dans la pratique, rien de se passe, ou plus exactement, tout se dégrade. Encore un fait divers qui en dit long sur le sentiment total d'impunité de la racaille : cela se passe à Perpignan. Un jeune père entend des scooters procéder à leur habituelle bronca sous ses fenêtres. Ce soir-là, il est excédé, et sa petite fille ne peut pas dormir ; à vrai dire, la poussette a été renversée par un scooter, l'un de ces scooters, que la racaille conduit en toute quiétude, un mois auparavant ; bilan, une sacrée écorchure au front pour la petite, un ricanement pour le coupable. Il leur demande donc poliment de partir, puis, excédé par son insuccès, leur jette de l'eau. La racaille appelle la racaille, c'est un fait connu.
Ils se sont retrouvés à une quinzaine pour tenter de défoncer sa porte, menacer de mort l'homme, la bébé et de viol sa compagne.
J'adore le coup de matraque dans la gueule. Non, pardon, le tir de flash-ball à bout portant dans la gueule de la racaille. Mieux, la décharge de taser au contact distribuée généreusement à la racaille.
Putain, mais tu fous quoi Sarko ? TU FOUS QUOI ?! Il a fallu sortir par une fenêtre la petite et la mère, tellement la porte était défoncée. Le bébé a huit mois. Une racaille de 15 ans a été interpelée, mais relâchée parce qu'il était mineur. Merde, fallait pas le relâcher, mais le cuisiner jusqu'à ce que le râclure lâche le nom de ses complices. En fait, c'est parce que la BAC est arrivée in extremis que le couple a été sauvée. Putain, pourquoi ils n'ont pas tiré du plomb à bout portant dans la racaille ; oui, c'est du plomb qu'il faut pour les raclures et rien d'autre.
A Perpignan, on a supprimé une école de police, et, plus récemment, des postes de policier. Cela devrait être une question de principe et d'honneur, pour un État qui se respecte, de retrouver les auteurs des faits, de les coffrer tous, et tous ceux qui sont leurs complices, et enfin, de les punir comme ils le méritent, avec de la prison ferme. Seulement voilà, Sarkozy brasse du vent comme il respire : ses discours sur la sécurité, c'est du flan, tout le monde le voit, à commencer par les victimes. Pire, il utilises aussi les forces de police comme variables d'ajustement pour financer ses lubies fiscales.
Aujourd'hui, c'est eux, ils sont loin, demain, c'est toi, c'est moi. Aucune sollicitude pour la racaille, mais de la matraque, du plomb, du taser, et de la tôle !
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Une retraite par points ?
Un système de retraite à points est la solution privilégiée par Bayrou puis le MoDem dans son programme.
«Pour nous, la pérennité de notre système passe par la constitution d’un système par points. Chaque citoyen aura acquis au cours de sa vie un certain nombre de droits, différents selon les cas, selon la durée, la pénibilité du travail... A partir de ces droits, chacun décidera lui-même de l’âge de départ à la retraite et donc du montant de cette retraite. La gestion des emplois pénibles mérite une attention particulière. Nous ne pouvons, en tant que démocrates, nous satisfaire de départs prématurés à la retraite pour ceux qui exercent des métiers aboutissant à la réduction de leur espérance de vie. C’est en amont que l’on doit réformer les choses. Bien sûr, la priorité absolue est de réduire la pénibilité professionnelle. »
Je me suis penché sur la question et j'ai tâché d'interroger les avantages et inconvénients de ce choix. Dans un système à points, les salariés achètent des points tout au long de leur carrière par leurs cotisations. La pension, à la retraite, correspond au nombre total de points accumulés multiplié par la valeur du point au jour de la retraite. A l'heure actuelle, la système de retraites est opaque et peu lisible, et les citoyens ne savent pas facilement où ils en sont ; avec un système par points, les choses auraient l'avantage d'être claires, et chaque citoyen pourrait à tout moment facilement savoir où il en est. C'est ce que fait valoir régulièrement François Bayrou, et je suppose qu'il va le redire à Éric Woerth, puisqu'il est le premier consulté sur la question. Il est également clair qu'un passage à la retraite par points entraînerait nécessairement une refonte complète du système et donc la fin de tous les régimes spéciaux. Là où le bât blesse, c'est que cela suppose fatalement d'aligner retraites du privé et du public et de mettre fin aux régimes spéciaux. Pour que les salariés du public s'y retrouvent, l'État sera contraint d'augmenter significativement le montant des cotisations, au moins pour le financement des retraites qui correspondent à ceux qui se sont engagés dans la fonction publique avec le mode de retraite qui est actuellement en vigueur. Dans le cas contraire, la baisse des pensions sera automatique. Dans tous les cas de figure, ce sera évidemment plus équitable pour les salariés du privé dont la pension est calculée sur les 25 meilleures années et non les six derniers mois.
J'imagine que le coût du point variera selon les aléas de la conjoncture économique. Il me semble que pour que valeur de la pension ne dépende pas uniquement des cotisations, il faut que certains points soient attribués gratuitement en fonction de situations spécifiques personnelles : congés maternité, chômage de longue durée, longue maladie, réversion, épouses d'agriculteurs ou de commerçants, et cetera... Il resterait, bien sûr, à en fixer les pro rata, sachant que pour les congés maternités, il me semblerait logique que les femmes récupèrent 100% de leur points. Le reste doit être examiné au cas par cas.
L'incertitude qui demeure, in fine, c'est la valeur finale du point : si elle sert à ajuster d'éventuels déséquilibres, elle pourrait avoir un fort impact sur le montant des pensions.
Bayrou a ouvert la voie à une réforme des retraites, mais le MoDem demeure trop imprécis : il ne s'agit pas de se contenter de relayer l'adhésion du parti à ces propositions, mais de dire clairement quelle serait la politique suivie sur les retraites en cas d'accès au pouvoir. Or, pour l'instant, la manière dont ces points seraient attribués et dont la jonction se ferait avec ce qui est en vigueur actuellement n'est pas précisée par le programme du MoDem. Je rassure mes amis démocrates : chez les autres, c'est pire, on ne dit rien, on ment, ou l'on rase gratis...
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Trois blogues centristes et démocrates au Top du Post !
C'est marrant quand le Post, webzine gaucho et caviar s'il en est, découvre subitement l'existence de vrais et authentiques blogues centristes ! J'ai jeté il y a deux jours un oeil indifférent à leur palmarès, et ai finalement eu la surprise de trouver là-dedans d'authentiques blogues MoDem. Tout d'abord mon baveux favori (il fait moins le fier, maintenant qu'il est peopolisé...), ensuite Nelly dont l'activité s'était ralentie pas mal de temps et enfin Polluxe qui ne revendique pas d'étiquette mais que je sais proche des idées du MoDem et de Bayrou. Bon, tant mieux qu'ils soient reconnus, ils délivrent en effet des messages originaux, et puis des blogues qui ont le front de s'afficher MoDem sans ambiguïté, par les temps que nous vivons, cela ne coure pas les rues.
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L'ambigüe libéralisation de l'électricité
Jean-Louis Borloo a présenté le 14 avril dernier, un projet de libéralisation de la distribution d'électricité en France. L'objectif est d'ouvrir à la concurrence l'énergie comme le demande la Commission Européenne depuis près de 15 années désormais. Je crois avoir à peu près compris le projet, après une lecture, parfois en diagonale, je le reconnais, de la totalité du dossier. Pour être succinct, d'un côté, EDF, et donc la France, a intérêt à cette libéralisation qui a, je le précise, une dimension européenne, parce qu'elle permet à EDF de se comporter comme un acteur privé sur le marché européen et donc de grossir en achetant et investissant. Mais de l'autre côté, sur le marché français, ça la dessert, et cela ne nous apporte rien du tout, à nous autres Français. Nos politiques ne sont pas fous, et ils l'ont bien compris. Ils freinent donc des quatre fers, et je ne leur donne pas tort, pour tenter de préserver l'organisation qui prévaut actuellement en France. Le projet de loi a en fait un seul objectif véritable : servir de faire-valoir aux yeux de la Commission afin de ne pas se faire taper sur les doigts et accuser de concurrence illicite (pas libre et faussée, en somme). L'inconvénient, avec un principe, c'est qu'il ne se comporte jamais comme on voudrait qu'il se comportât. Dans la théorie, je suis favorable à la concurrence libre et non faussée. Dans la pratique, au moins sur le cas précis d'EDF, je pense que cela ne nous rapporte, à nous, Français, strictement rien de plus. La production d'énergie ne s'est pas organisée sur cette base en France. L'idée, si j'ai bien compris, c'est de faire en sorte qu'une partie de la production d'EDF (un quart, en fait) soit vendue à prix coûtant à ses concurrents sur le marché français, afin de leur laisser le temps de développer leurs propres unités de production. Vis-à-vis des particuliers, objectivement, EDF est plus que compétitive. Elle garantit des tarifs régulés. Cela ne sera jamais le cas avec un secteur concurrentiel. Vis-à-vis des industries et des entreprises, il se peut, en effet, que la compétition leur apporte un plus ; je n'en suis pas certain. Si EDF donne son électricité à ses concurrents, il serait légitime non seulement de leur faire supporter le coût du recyclage et de la modernisation, mais également des les lier contractuellement face aux dépenses imprévues qui pourraient survenir du fait d'aléas technologiques. C'est objectivement bancal, mais cela me paraît une sécurité nécessaire, car il ne faudrait pas se contenter de mutualiser la production ; les coûts de la production, y compris imprévus, doivent l'être également.
Ce qui est gênant, il faut l'admettre, c'est qu'il y a collusion, généralement, entre les intérêts des États et ceux des grandes entreprises de l'énergie. Le principe ne m'en paraît pas bon, même si apparemment, les Français n'ont pas encore eu trop à en souffrir : Proglio, bien que patron d'EDF et Président du Conseil d'Administration de Veolia semble s'être objectivement battu pour le premier, pas pour le second, puisque les concurrents d'EDF voulaient un prix de vente à la source du kw/h de 34 centimes d'euros et que le gouvernement va finalement trancher à 42 centimes.
Je comprends évidemment que les choses pourraient se passer autrement, compte-tenu du fonctionnement d'EDF, mais, à l'heure actuelle, le fait est que je ne vois pas du tout ce que la concurrence va bien pouvoir apporter à la distribution d'énergie, mis à part pomper une partie de la production d'EDF. Je sais bien que le projet de loi précise que les entreprises bénéficiaires de cet accord doivent avoir réalisé des investissements dans des unités de production, mais objectivement, qui aura les reins assez solides pour tenter la chose ?
La seule logique économique qui serait pertinente, ce serait une solution du type Hypérion, dont j'avais déjà parlé, c'est à dire une révolution dans la distribution d'énergie : des sociétés capables de fabriquer de petites unités de production, nucléaires ou non, à proximité des centres urbanisés, même moyens, et exploitant, pour s'implanter, la possibilité de se fournir auprès d'EDF. Il me semble que l'actuel projet de loi devrait permettre cela, a priori, mais un expert doit certainement pouvoir me donner son avis.
Il y a enfin un sac de noeuds politique que nous ne pouvons éviter : difficile de dire oui à la concurrence sur les marchés de nos voisins européens tout en la limitant sur notre propre marché : ils risquent de beugler, à raison, comme des verrats qu'on égorge...
L'Assemblée Nationale a ouvert en ligne une étude d'impact où l'on peut déposer une contribution. Je ne sais pas quoi encore écrire. Je crois que je vais plutôt poser une question et leur demander si une société comme Hypérion, avec ce projet de loi, pourrait s'implanter en France.
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Voies sur berges, position officielle du MoDem parisien
La presse n'a repris qu'une seule phrase du communiqué officiel à l'AFP de Jean-François Martins, conseiller de Paris pour le MoDem. L'hérétique se l'est procuré dans son intégralité pour l'édification de ses lecteurs et des Parisiens. Le voici :
La reconquête de la seine et de ses abords par les parisiens pour les loisirs, les promenades et un nouveau partage de l'espace public est sans aucun doute le bon cap à suivre. Paris est aujourd'hui l'une des rares grandes villes fluviales a faire si peu profiter ses habitants de ses bordures de Fleuve. C'est exactement le sens de la proposition que nous défendons depuis 2008 de "création d'une coulée bleue" à Paris, à l'image de la promenade plantée - coulée verte - de l'est parisien.Cependant la solution qui consiste à faire ce choix au détriment des parisiens, en sacrifiant le centre de Paris à l'engorgement systématique et en supprimant une option utile et efficace pour traverser Paris de part en part est une mauvaise solution qui nous conduirait à sacrifier la qualité de vie de centaine de milliers de Parisiens pour cet objectif pourtant juste d'aménagement urbain"
"La reconquête des bords de Seine est un tournant majeur de l'aménagement parisien et la ville de Paris ne peut le faire contre ses habitants, j'appelle donc à l'ouverture de concertations et d'une étude publique de l'impact de la fermeture des voies sur berges et l'étude exhaustive de toutes les autres options permettant de créer cette "coulée bleue" tout en garantissant la fluidité de toutes les mobilités le long de la seine. Des solutions nouvelles et durables doivent être imaginées au delà des solutions temporaires et précaires proposées aujourd'hui pendant les 5 semaines annuelles de Paris plage où les berges sont fermées."Ouf ! Cela méritait d'être dit. J'ai cru comprendre que l'autre famille centriste parisienne avait un avis relativement similaire ; je l'aurais bien fait connaître ici, malheureusement, leur site est infoutu d'afficher un lien correct sur la question, ce qui est des plus agaçants.
Plus généralement, c'est la méthode Delanoë qui est en question : à l'heure du Grand Paris, on ne peut pas prendre des décisions en montant une catégorie de Parisiens contre l'autre (automobilistes et piétons), et plus grave encore, Franciliens et Parisiens. Il n'est pas non plus acceptable de ne proposer comme alternative que la seule augmentation des temps de trajet, choix dont s'est vantée l'équipe de Bertrand Delanoë.
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Absentéisme, Royal a raison !
J'ai trouvé que Ségolène Royal avait une réaction de bon sens à propos de l'absentéisme scolaire. En règle générale, on a d'un côté les maniaques de la répression qui proposent de sucrer les allocations familiales quand les écoliers sont absents. Débile. Ces allocations sont utiles, en revanche, les défaillances de la famille montrent qu'elles ne sont pas capables de les utiliser correctement pour le bien de leur progéniture. De l'autre, on a les habituels pédagogolâtres bêlant et donneurs de leçons qui estiment qu'il ne faut pas pénaliser la pauvre famille, pas exclure davantage et que tout ça, c'est la faute de la méchante société qui rend les enfants absentéistes et violents, les pauvres. Encore plus débile. La position de Royal me paraît correcte : elle suggère de retirer les allocations aux familles et d'en confier la gestion aux écoles dans lesquelles sont les élèves concernées. Attention au surcroît de paperasse, mais en dehors de cela, cela me paraît le bon sens d'agir ainsi. On amène ainsi les familles démissionnaires à s'amender si elles ont les moyens de le faire : Royal a raison de signaler la situation particulière des femmes seules avec enfants. J'ajoute quelque chose, l'absentéisme est une chose, mais cela ne me semble pas la conduite la plus grave de la part d'un élève ; c'est d'abord la délinquance qui devrait faire l'objet d'actions vigoureuses, et, in fine, elle a raison de conclure en disant «J'estime que l'on n'a pas besoin d'un vocabulaire de combat, mais d'une action de combat contre la délinquance.» Ce n'est pas souvent que je serai en accord avec Ségolène Royal sur les questions d'éducation, et donc, pour le compte, cette fois-ci, voilà une occasion de souligner une convergence.
NDLR (encore un message privé au baveux), en ce moment, je me sens des humeurs de poule pondeuse de billets.