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vendredi, 23 novembre 2012

Il va y avoir des déconvenues à l'UDI...

Il y a actuellement un fort afflux vers l'UDI. Pas mal de militants MoDem il y a quelque temps après la déconvenue des législatives puis, avec la tempête qu'affronte l'UMP, des populaires modérés qui rappliquent à leur tour en masse.

Je n'ai pas d'a priori défavorable envers l'UDI, bien au contraire, mais l'inconvénient c'est que ne n'y crois pas du tout et surtout pas en Borloo. Il y a aura donc de lourdes déconvenues.

Avec tous les élus dont dispose aujourd'hui ce parti il est toujours incapable de produire un programme. Il en allait autant du Parti Radical Valoisien et du Nouveau Centre.

L'UDI comme autrefois l'UDF est un réseau d'élus mais il n'a pas de programme parce qu'elle ne prend pas la peine de se donner de la consistance.

Et à vrai dire, elle est bien mal dirigée : au fond, je n'ai pas une mauvaise opinion de Borloo, mais je le crois profondément faible et velléitaire. Il s'est montré incapable de se présenter à la présidentielle et, pour un centriste, de porter les couleurs du centre quand le centre a eu une chance de percer nationalement.

Yves Jégo, le président du Parti Racidal a eu une bonne idée avec son label Pro France, mais en dehors de cela, je trouve qu'il traite par le mépris ses interlocuteurs ordinaires, c'est à dire les citoyens lambda ne faisant pas même l'effort de leur répondre. Je ne l'entends d'ailleurs émettre une idée intéressante et je le juge au final très inconsistant.

Je ne juge rien de plus risible que l'enthousiasme de nouveaux venus issus du MoDem. Je les vois de loin recréer les espèces de mêmes micro-structures spontanées au sein de l'UDI que celles qu'ils avaient déjà essayé de faire monter en puissance à la création du MoDem. Ils se couvrent de ridicule. Je comprends évidemment beaucoup mieux les modérés de l'UMP qui affluent : ils ont avalé beaucoup de couleuvres ces dernières années et on peut comprendre qu'ils se sentent plus proches de l'UDI que de Copé. Ce qu'il y a, c'est qu'ils risquent de déchanter quand ils vont comprendre que Fillon, c'était tout de même une autre trempe que Borloo...

Je suis assez agacé quand on me présente comme un groupie de Bayrou. Je connais assez bien le personnage et je sais ses défauts : parfois de mauvaise foi, et surtout, trop souvent approximatif. Je comprends, j'ai exactement les mêmes...

Mais c'est tout de même un individu d'une toute autre tenue que les précédents. Quelqu'un qui a de la suite dans les idées et qui va jusqu'au bout de ces dernières. Comme il se trouve que je les partage à peu près toutes, difficile de ne pas saluer l'homme qu'il est.

C'est vrai que le MoDem est dans un sale état aujourd'hui et que ses effectifs ont singulièrement fondu. Mais justement : c'est maintenant que cela devient intéressant et qu'on peut espérer y construire quelque chose. Évidemment, c'est un risque : beaucoup se contentent de ce que véhicule le MoDem à l'heure actuelle. D'autres ne rêvent que d'alliance avec la gauche (pas moi).

Il est possible que dans un an, deux ans, le MoDem n'existe plus. Mais il est tout autant possible que dans le même laps de temps, il rebondisse soudainement parce qu'il se sera redressé par surprise au moment même où personne ne l'attendait.

La politique de François Hollande qui tend vers une certaine forme de social-libéralisme pourrait le vider de sa raison d'être ; c'est bien pour cela qu'il faut remodeler programmatiquement le MoDem et le repositionner. 

Pour moi, les pistes existent toujours, même si pour l'instant, plus personne ne semble en faire mention au MoDem : les productions locales, le lien social, les labels, les rééquilibrages institutionnels, notamment au niveau européen, la révolution énergétique et l'agriculture durable, la décentralisation européenne mondiale contre le mondialisme et le technocratisme des organismes de toutes sortes mais qui ont en commun de n'avoir aucune légitimité démocratique.

vendredi, 16 novembre 2012

Le Hollandais Volant

« Les marins de toutes les nations croient à l'existence d'un bâtiment hollandais dont l'équipage est condamné par la justice divine, pour crime de pirateries et de cruautés abominables, à errer sur les mers jusqu'à la fin des siècles. On considère sa rencontre comme un funeste présage. »

Les métaphores maritimes ont toujours fleuri de toutes parts quand il s'agissait de qualifier en bien ou en mal l'action gouvernementale, particulièrement en France. C'était quelque chose d'assez commun dans l'Antiquité en philosophie politique et je ne crois pas me tromper en disant que c'est Platon qui en a introduit le principe dans sa République.

J'ai lu et entendu beaucoup de jugement sur la prestation de Hollande à la suite de sa conférence de presse. C'est devenu un lieu commun que de lui tomber dessus à bras raccourcis. 

C'est trop drôle de songer que dans la plupart des légendes, le Hollandais Volant se manifeste aux alentours du Cap de Bonne-Espérance, comme quoi, tout n'est peut-être pas cuit pour Normal 1er :-)

Toutefois, en ce qui concerne le Hollandais Volant, en dépit de témoignages dignes de foi (celui du roi d'Angleterre Georges V, par exemple) bien peu peuvent certifier sans risquer de se tromper son existence.

Sérieusement, pour ce qui me concerne, je dois admettre que la politique générale menée par Hollande se rapoproche de plus en plus sérieusement de celle que suggérait Bayrou même s'il y a du chemin encore à faire.

Hollande est un gestionnaire sérieux mais il manque d'audace, tout comme Ayrault. Les Socialistes ont compris qu'il fallait mettre en oeuvre une politique de l'offre, pas de la demande, mais je ne crois pas les mesures prises efficaces pour l'instant même si on ne peut pas leur dénier de la bonne volonté.

Commencer à permettre aux entreprises de dégager des marges plus importantes, c'est bien, mais je crois au moins autant en la simplification administrative et la stabilité juridique. 

Ensuite, face à l'Europe, l'heure est aussi venue de faire un nécessaire bilan : on ne peut pas continuer à construire une Europe qui ligote à ce point les États sous prétexte de concurrence libre et non faussée. Que les États ne puissent apporter d'aides financières aux entreprises, c'est quelque chose que je peux comprendre, encore que la préservation d'un nécessaire tissu industriel justifie l'existence de fonds stratégiques d'investissement souverains.

Je suis favorable à ce qu'il existe des normes européennes communes, mais elles ne devraient pas interdire l'existence de choix locaux en termes d'information commerciale. 

Il y a quelque chose qui ne va pas avec l'Europe telle qu'elle se construit, j'en suis de plus en plus convaincu : sa construction est de plus en plus verticale avec des organismes qui décrètent ce qui est bien et mal, infligent des amendes, délivrent des subventions tout en bloquant l'initiative privée et le développement de relations saines entre consommateurs, distributeurs et producteurs.

Bref, notre Europe ressemble de plus en plus à un "machin" pour plagier de Gaulle évoquant l'ONU, mais en version père fouettard.

L'Europe nous préserve mais en même temps, elle alimente notre marasme. Il y a donc une réforme de son fonctionnement absolument indispensable et je finis par penser que si cette réforme n'est pas possible à 27, il faudra quitter l'Europe telle qu'elle existe actuellement et recréer quelque chose de plus petit avec les partenaires qui partagent nos vues.

Au final, mieux vaut être seuls que mal accompagnés...

mercredi, 07 novembre 2012

De Bayrou à Gallois...

Que dire du rapport Gallois ? J'ai eu l'impression de passer en revue les tables rondes et les débats que nous avions eus ou du moins initiés pendant la campagne présidentielle de François Bayrou. J'y ai retrouvé plusieurs de ses mesures-phare. J'ai lu en entier toutes les propositions et franchement, ma seule objection va sur les gaz de schiste. J'admets que l'on étudie la question mais certainement pas que l'on passe à l'exploitation compte-tenu des risques connus. Les pro-schistes peuvent toujours faire valoir qu'une pollution définitive d'une nappe phréatique est peu probable, le jour où elle se produit, c'est 10 millions de personnes qui peuvent être empoisonnées. 

Certes, je comprends l'argument de Louis Gallois observant que son exploitation amorce une réindustrialisation en Amérique et que désormais, ce pays paie deux fois et demi moins cher son gaz que nous, mais le risque est vraiment trop élevé.

Pour tout le reste, conseil stratégique, stabilisation juridique, soutien aux entreprises exportatrices, phase d'industrialisation pour les pôles de compétitivité, nécessaire accroissement des marges des entreprises, on ne peut qu'abonder dans le sens de Gallois.

Il y a toutefois un grand absent du rapport Gallois : rien, absolument rien sur le consommateur et sur son rôle. Je crois pourtant que les Associations de consommateurs, les labels (écologiques, équitables, locaux comme le Made In France), les actions de groupe pourraient jouer un rôle déterminant dans le redémarrage de notre économie. Rien non plus sur l'économie solidaire de type SCOP. Il y a des secteurs passés sous silence et en ce sens, je juge le rapport Gallois incomplet même s'il offre des perspectives.

J'ai titré de Bayrou à Gallois, j'aurais voulu écrire de Gallois à Bayrou. Malheureusement, le Béarnais demeure le seul, pour l'instant, au sein de la sphère politique, à avoir voulu penser le consommateur comme un acteur économique de premier plan.

Dans le concert de louanges adressé à ce projet il y a eu tout de même quelques voix discordantes : bien sûr, celle de la gauche de la gauche, et elles étaient prévisibles mais aussi quelques voix de droite et c'est une surprise. Authueil ne fait pas dans la dentelle en qualifiant le rapport d'escroquerie. J'avoue avoir été fort surpris de le voir reprocher à ce rapport de ne pas permettre à l'État d'assurer un contrôle sur les entreprises et de proposer de dégager des marges pour les entreprises sans contrepartie. Jean Peyrelevade faisait observer il y a quelques années (et je crois qu'il n'est pas le seul) que les enteprises françaises ont les marges les plus faibles d'Europe. Comment améliorer leur RD dans ces conditions ? Enfin, je m'étonne de voir le protestant plutôt d'obédience libérale qu'est Authueil réclamer davantage d'économie administrée si l'État doit se mêler des contreparties qu'il escompte obtenir. 

Laurent de Boissieu a sommairement mais assez justement exprimé dans son dernier billet la différence entre baisse de TVA à droite et baisse de TVA à gauche. Si j'en crois les intentions d'Ayrault et le billet d'Authueil, il faut donc en conclure que le premier est à droite et le second à gauche, alors ?

J'ai  lu également l'article de Marie-Anne Kraft assez complet sur le rapport. Je crois qu'elle fait erreur sur un point : elle aurait voulu que le gouvernement cible les crédits d'impôt qu'il prévoit sur l'industrie or je crois que le droit communautaire nous empêche de mener une fiscalité ciblée de ce type. Raison de plus pour rester sur l'idée d'un transfert vers la CSG et dans une moindre mesure vers la TVA comme le préconisait Bayrou dans son État d'urgence.

Le gouvernement y vient de toutes façons peu à peu puisqu'il vient d'augmenter une première fois la TVA au grand damn des blogueurs de gauche au demeurant, certains ayant assuré il y a peu que jamais ce gouvernement ne s'y risquerait...

Tout doucement mais inexorablement, le gouvernement Ayrault glisse vers une politique économique et sociale à peu près social-libérale, comme l'observait à nouveau judicieusement Laurent de Boissieu.

Certains de mes lecteurs s'étonnent sans doute de me voir avoir beaucoup modéré mes propos contre la gauche ces derniers mois : si j'excepte le fait que Hollande n'a pas dit la vérité aux Français, contrairement à Bayrou - et cela me reste en travers de la gorge - je dois admettre qu'un nombre important d'aspects de la politique menée par ce gouvernement se rapproche de mes propres préconisations. Pas tous, toutefois : il reste chez les Socialistes une méfiance consubstantielle envers les initiatives privées. Ils se méfient des entrepreneurs et cela transparaît dans leurs discours, ils se méfient des individus et cela transparaît dans leurs mesures ou leur absence de mesures. Le chemin vers un libéralisme pragmatique et moédéré est encore long.

Et puis...il y a un autre choc que l'on attend et qui dégagerait bien des marges, je l'ai déjà écrit récemment, c'est la réduction de la dépense publique comme le rappelait opportunément Alain lambert hier...

lundi, 22 octobre 2012

Un jeune poulet UDI caquetant...

Dans un poulailler on peut parfois trouver des poulets qui viennent tout juste de perdre leur duvet très pressés de pousser leur premier cocorico.

Malheureusement pour eux, ils n'émettent en fait de chant du coq qu'un inaudible caquètement aussi inconsistant que ridicule.

Thibault Grillon, jeune poulet centriste en herbe, s'imagine pouvoir «soumettre» Bayrou. Je le cite :

 «Soit François Bayrou intègre l’UDI et se soumet à nos conditions de fonctionnement, soit il disparaît de la vie politique très prochainement»

C'est drôlatique au possible de la part d'un représentant d'un parti qui n'existe que par le bon vouloir de ses alliés. En fait, Thibault Grillon ne risque pas de disparaître un jour de la vie politique faute d'y être apparu...

Les rodomondades de la volaille laissent généralement de marbre le vieux renard jusqu'au jour où il décide de lui voler dans les plumes...

Il faut dire que...attendez, je ne résiste pas l'irrépressible tentation de citer l'une des plus hilarantes déclarations de notre jeune coquelet :

«l’UDI, cela a de la gueule ! Le Parti Radical, Le Nouveau Centre, la Force Européenne Démocrate, L’Alliance Centriste, la Gauche Moderne, le Centre National des Indépendants et Paysans, Territoires en mouvements, Les IDées de Louis Giscard d’Estaing»

Mouâââââââ :o) J'ai pris du temps en fait, à rédiger ce billet car quand j'ai lu l'entretien chez Nouvelles de France, je me suis tellement roulé de rire par terre que mon café est tombé sur le clavier.

Mon pauvre garçon, t'as vu la gueule de ton UDI avec sa coalition de groupuscules tous plus célèbres les uns que les autres ?

J'ai déjà dit ici que je ne voyais pas d'objections à des alliances contractuelles avec la droite modérée, mais de grâce, à condition de nous proposer autre chose que des clowns...

Allez mon garçon, termine ton petit château de sable, grandis un peu et tu seras autorisé à jouer dans la cour des grands une fois que tu auras fait tes preuves avec ta petite pelle et son seau...

23:06 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (33) | Tags : udi, bayrou, grillon |  Facebook | | |

jeudi, 18 octobre 2012

Montebourg découvre le Made in France...

Hop, c'est Melclalex (un ancien soutien de Montebourg pendant les primaires socialistes) qui l'affiche : Arnaud Montebourg habillé en made in France avec montre et robot fabriqué dans notre pays.

Tiens, c'est PMA qui se foutait de ma g... en commentaires d'un billet parce que j'ai expliqué sur mon blogue comment acheter une machine à laver française.

Peut-être que l'exemple venu d'un ministre de gauche en titre va enfin lui faire comprendre que la manière de dépenser son argent est un acte politique et que le faire savoir également.

Allez, encore un petit effort, Monsieur Montebourg : il ne vous reste plus qu'à lire deux ouvrages intéressants. 1. État d'urgence de François Bayrou 2.Produire en France c'est possible de Robert Rochefort.

Vous allez y trouver des idées. Propulser des labels explicites sur l'origine des produits par exemple.

Je vais acheter le Parisien, évidemment, puisque la une doit être celle du 19 octobre.

D'après le lab d'Europe 1, il vante d'autres marques françaises pour d'autres produits à l'intérieur du journal. Il commence à comprendre, c'est bien. Je ne fais pas autre chose depuis un moment ici.

Je pense que Montebourg est aux abois car il a compris qu'on lui a confié une mission très difficile. Terminé les moulinets et la phraséologie, il faut aller au charbon et franchement, il y a des coups de grisou à tous les tournants de galerie.

Je n'ai pas de détestation pour Montebourg. S'il s'engage résolument dans le redressement de notre industrie, bien évidemment, il aura mon soutien. Je lui suggère toutefois une mesure cosmétique préalable : changer le titre de son ministère. Redressement productif, cela ne donne pas une image sérieuse de sa fonction. Qu'il soit le Ministre de l'Industrie et du Commerce, tout simplement.

Cela étant dit, je l'engage vivement à réfléchir aux propositions de François Bayrou sur le sujet.

A ce sujet, il y a un salon du made in France à l'espace Champerret à Paris les 9,10,11 et 12 novembre à Paris. Venons-y nombreux.

samedi, 06 octobre 2012

Bayrou demeure le leader du centre

Le sondage commandé par Atlantico est sans appel : Bayrou demeure dans l'opinion le principal représentant du Centre. Loin devant Borloo. Quoi que l'on pense de Bayrou, tout le monde s'accorde à reconnaître que c'est un type courageux et qu'au niveau des valeurs et des actes, il est irréprochable. En soi, je n'ai pas une mauvaise opinion de Borloo, mais je ne le trouve pas fiable. En 2012 il n'a pas osé aller jusqu'au bout parce qu'il se voyait roi avant même d'avoir été sacré et, au final, il s'est dégonflé. Borloo, il ne fait du bruit que lorsqu'il n'y a pas de risques. Bayrou, c'est tout de même autre chose. Il va jusqu'au bout de ce qu'il pense y compris si cela doit lui coûter sa place en politique.

Moi, j'aime bien ce gars-là pour ça, parce qu'il n'a peur de rien.

J'espère qu'il représentera à nouveau le centre en 2017 aux présidentielles. J'espère aussi qu'on réussira à monter une coalition centriste, mais là encore, je crains la faiblesse de Borloo et la pusilanimité de Morin. Bayrou a viré tous les élus qui étaient prêts à s'allier avec le FN en 1998. Borloo, là-dessus, je n'ai pas confiance. J'ai retenu qu'il avait envisagé des alliances en 1993. Cela ne me donne pas confiance, car comme l'écrasante majorité des centristes, je suis radicalement allergique au Front National.

Déjà, de voir dans l'UDI des représentants du CNIP cela me file des boutons. Je n'ai jamais considéré ce parti comme centriste. Quand j'étais jeune, on le plaçait entre le RPR et le FN.

L'UDI de Borloo commence à ressembler à l'UDF de Giscard. Je n'ai jamais reconnu Giscard ni son UDF comme centristes. Il y avait aux côtés de Giscard d'authentiques pré-fachos comme Ponatiowski sans parler d'individus aux parcours plus que tortueux. L'UDF de Giscard était un parti de droite, parfois plus dure que le RPR. Le candidat centriste en 1974, c'était Chaban et pas Giscard. En tout cas, disons que Chaban incarnait la démocratie-chrétienne par ses valeurs et son courage politique. 

Les manuels officiels et la plupart des journalistes s'obstinent à nous présenter les choses ainsi, mais c'est une falsification. Pas des faits en tant que tels, mais de la pensée politique. 

Si je devais faire la genèse de l'ADN du MoDem, j'y trouverais le MRP, Mendès-France, Lecanuet, le CDS puis la Nouvelle UDF, celle de Bayrou. 

En 2017 si Hollande se représente et qu'en face il y a Fillon, je vais être ennuyé si ces deux-là arrivent au second tour. J'ai de l'estime pour Fillon et je le crois sérieux. Mais si entre-temps les Socialistes sont parvenus à l'équilibre budgétaire, ce serait raide de les désavouer.

J'examinerai à la loupe les discours de l'un et de l'autre pour faire un choix. Les Socialistes auront fait leurs preuves s'ils se présentent avec ce bilan-là, pas Fillon. Un handicap pour lui.

Tout dépend aussi de la manière dont ils auront traité la réduction de la dépense publique et les entreprises. Pour les secondes, le compte n'y est pas pour l'instant, et pour la première, je n'ai pas vu grand chose.

En attendant, pour revenir à mes moutons grenouilles centristes, le compte n'y est pas avec l'UDI. Le parti de Borloo est moins indépendant que ne l'était l'UDF. Je peux admettre que l'on préfère une alliance à droite mais déclarer dès la création du parti qu'elle est inconditionnelle, c'est scier d'ores et déjà la branche sur laquelle on est assis.

19:26 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (35) | Tags : bayrou, borloo |  Facebook | | |

samedi, 29 septembre 2012

Pour négocier avec l'UDI le MoDem doit peser plus : l'Europe nous tend les bras

Je sais que l'on débat actuellement au MoDem de l'attitude qui doit être la nôtre vis-à-vis de l'UDI. Cette formation vient d'ailleurs de se doter d'un site d'adhésion. Si Borloo nous renvoie dans les cordes, à l'heure acutelle, ainsi que tous les cadres de l'UDI, en refusant de bouger d'un iota sur la questions des alliances, c'est que nous sommes faibles. Dans leur esprit, nous pesons 2 à 3% de l'électorat.

Pour peser plus, nous devons montrer que nous pouvons séduire l'opinion. 2014, c'est dans moins de deux ans en termes d'années électorales.

Pour peser plus, il faut pouvoir proposer aux Français un programme qui décape, et en même temps, un programme réaliste. Nous avons une chance à jouer aux élections européennes, mais cette chance, pour la saisir, il va falloir travailler. Il ne suffit pas de s'imaginer que l'Europe est dans notre "code génétique" et que donc les Français europhiles vont spontanément voter pour nous : la désillusion serait sanglante. Je pense d'ailleurs que nous ne nous relèverons pas si nous échouons aux élections européennes. Un objectif viable serait simplement de reconduire nos euro-députés, c'est à dire de réaliser 7.5 à 8% des voix. Si nous faisons plus, c'est du bonus, évidemment.

Du travail, pour réaliser un beau programme européen, il y en a, je peux le dire. Cela va être difficile car nous allons devoir fabriquer une baguette magique pour venir à bout des obstacles apparemment insurmontables qui permettraient à la France et à l'Europe de se relancer.

L'UDI s'apprête à lancer aussi des ateliers autour de l'Europe. On verra ce qu'il en sortira et vers quel euro-groupe se parti se tournera. Pour nous, nous demeurons dans l'ADLE dont la feuille de route recoupe plusieurs de nos préoccupations principales. Je crois que si nous réalisons un score en 2014 l'UDI nous regardera d'un autre oeil et commencera à réfléchir à la pertinence de ses alliances, surtout si le score en question comportait deux chiffres...

En 2014, nous jouerons le tout pour le tout. Contrairement à ce que beaucoup disent, y compris à Guidel au sein de l'Université du MoDem, l'important n'est pas l'alliance ou les alliances. L'important, c'est ce que nous disons et la manière dont nous le disons. Ce que nous proposons. C'est ce que pense au fond François Bayrou et c'est pour cela que je lui renouvelle ma confiance. Nous sommes d'accord, une fois de plus.

Voilà pourquoi j'appelle les militants démocrates de bonne volonté à rejoindre les groupes de travail existant sur l'Europe ou à en constituer eux-mêmes.

18:51 Publié dans Europe, Politique | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : modem, udi, europe, bayrou |  Facebook | | |

dimanche, 23 septembre 2012

Bayrou ne dit pas non à Borloo

Caramba, troisième note aujoud'hui mais l'actualité l'exige. Bayrou vient de s'exprimer sur I-télé sur de nombreux sujets et notamment sur le projet de rassemblement du centre de Borloo.

Je pense qu'il lui a largement rendu la main en proposant de constuire ce centre ensemble afin de porter des idées et des valeurs communes. Il a en revanche réaffirmé sa volonté de ne pas être prisonnier d'une alliance proposant à chacun de pouvoir conserver son cap. Liberté de vote, en somme, ce qui était l'un des principes de la nouvelle UDF de 2002 à 2007.

Ceci ne l'empêche pas de souhaiter une opposition responsable qui ne s'oppose pas pour s'opposer. Mais sur ce point, j'ai entendu Borloo dire que son groupe n'excluait pas de voter certains projets gouvernementaux socialistes s'il jugeait qu'ils allaient dans le bon sens.

En somme, Bayrou propose à Borloo une unité des idées et une unité électorale pendant les premiers tours électoraux.

Il reste à voir quelle va être la réaction de l'UDI...

11:06 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : bayrou, borloo |  Facebook | | |

vendredi, 14 septembre 2012

CSG et charges : Sapin a lu Bayrou ?

J'étais tranquillement en train de faire ma revue de presse sur google actualités ce matin quand je m'arrête sur un article de l'Expansion à propos des charges trop importantes sur les CDI. Sapin voudrait les baisser et procéder à un rééquilibrage avec les CDD. Je parcours donc machinalement l'article mais tombe soudainement sur ceci :

 "La seule question posée" est de savoir si "le financement de l'assurance maladie ou de la solidarité familiale doit reposer uniquement sur le travail. La réponse est non, ça doit reposer sur l'ensemble des revenus", a jugé le ministre du Travail.

C'est texto ce qu'a écrit Bayrou dans son État d'urgence en août 2011 juste avant les Présidentielles et ce que l'on s'est échiné à faire valoir au MoDem depuis.

Bon, très bien, je ne vais pas protester mon gars : tu veux élargir l'assiette de la CSG, c'est exactement ce que je pense, mais fais-le, maintenenant.

Parce que voilà, est-ce que Sapin aura le courage d'aller jusqu'au bout ? si la CSG doit concerner l'ensemble des revenus, certes, elle va toucher ceux du capital mais aussi ceux de l'aide sociale : les retraites, les allocations familiales, tout, quoi. Moi, je trouve cela juste et je soutiendrai cette mesure si les Socialistes la prennent. Je crois que Bayrou la soutiendra aussi.

Le problème, pour la gauche, c'est que pour avoir promis de raser gratis en soutenant son candidat, ça va être un peu plus dur d'appliquer une mesure de Bayrou...

Évidemment, elle pourrait s'en tirer en ne taxant que les revenus des capitaux, mais si le gouvernement socialiste fait cela, il risque de décourager l'investissement dont il a tant besoin pour relancer son industrie car alors, la CSG pèserait trop lourdement sur les rendements qu'exigent les investisseurs. Il faut donc un équilibrage. Attendons la suite avant de juger...

Camarades Socialistes, si vraiment vous avez l'intention d'appliquer le programme économique de Bayrou (enfin, une partie, parce que le matraquage fiscal n'en faisait pas partie, lui, en revanche, de ce programme, pas plus que la multiplication excessive des emplois publics, d'ailleurs) pouvez-vous également penser au label Made in France, au Conseil stratégique associé au fonds d'investissement, évidemment, et à la fiscalité attractive pour le capital-risque ? Ce seraient de bonnes avancées et j'aurais moins d'hésitations à vous accorder ma voix lors des seconds tours à l'avenir...

Ah, dernier détail, électeur de gauche, si tu approuves ces mesures, pourquoi ne pas voter MoDem et Bayrou, désormais, afin de mettre en adéquation ce que tu entends et ce qui sera appliqué lors des élections ? N'hésite pas à venir en discuter ici...

11:24 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : sapin, bayrou, csg, modem |  Facebook | | |

vendredi, 29 juin 2012

Médiapart et le journalisme à la sauvette...

J'ai suivi à ses débuts les premiers pas de Médiapart avec un certain intérêt. Malheureusement, force est de constater que cela se délite sérieusement là-bas depuis un bon moment !

La dénommée Valentine s'est notamment fait une spécialité de cracher n'importe quoi sur le MoDem et ses cadres. 

Tantôt un collectif de cadres s'apprêterait à prendre le pouvoir, tantôt l'une de nos figures de proue aurait déclaré le MoDem ruiné et cetera...

Les finances du MoDem ne sont certes pas fameuses, mais le parti s'étant montré très prudent, elles sont équilibrées. Valentine Olberti assure que Marielle de Sarnez aurait tenu les propos concernés : renseinement pris auprès de l'intéressée herself, c'est totalement faux.

Je crois que Valetine Oberti devrait retourner faire un petit stage au CELSA ou une école de journalisme de niveau comparable : le B.A.B.A du métier c'est d'abord la vérification des sources. Un aspect que notre apprentie-reporter semble avoir quelque peu négligé...

L'inconvénient, c'est que de la presse qui se veut sérieuse a cru bon de reprendre l'intox de Mediapart : la République des Pyrénées d'abord puis Libération plus récemment.

Je ne peux augurer évidemment des décisions qui seront prises au Collectif National de demain, mais j'ai suffisamment de sources fiables, au contraire de Mediapart, pour pouvoir déclarer que Bayrou poursuivra son engagement politique. Il y a plusieurs centaines de conseillers nationaux au MoDem. S'il suffit du communiqué ou des confidences de deux ou trois d'entre eux pour que Médiapart y voie une lame de fond, c'est quelque peu inquiétant quant à la pertinence de leur traitement de l'information.

En fait, ce qui m'interpelle davantage, c'est que Médiapart a fait la une de la presse sur d'autres informations d'une toute autre importance par le passé. Si les enquêtes qu'ils ont menées l'ont été avec la même absence de sérieux et de rigueur il y a de quoi être largement inquiet. 

Du coup, je commence à me demander si ce qu'ils ont écrit par le passé y compris sur les sujets les plus graves était fiable...

Les autres journaux, bon, on sait qu'ils ne font plus de journalisme d'investigation depuis fort longtemps...

23:29 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : médiapart, modem, bayrou |  Facebook | | |